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Les archives de Côté Beurre

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Les archives de Côté Beurre
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8 septembre 2006

Billets d'Aout 2006

Note de l'Auteur : Voici les derniers billets de mon ancien Blog, ceux d'Aout 2006, eux aussi classés par ordre déchronologique, en respectant presque la mise en page originelle... Presque, parce que Micro$oft a versé la goutte d'eau qui... Mais lisez plutôt le dernier billet, il expose les raisons qui ont mené à la création de mon nouveau Blog, et de ces pages d'archives. Questions et réactions seront bienvenues.

02/08/2006

Ch-ch-ch-ch-changes

Ah, les pouffiards ! Vous avez vu ça ? Non, mais vous avez vu ? Sous prétexte d'une update de MSN, Microsoft me relooke mon site sans me demander mon avis. Mais il était très bien, ce blog, pourtant ! Pourquoi tous les thèmes ont changé soudain ? C'est n'importe quoi. Enfin, c'est lisible, c'est déjà ça. Surtout que je ne sais pas si vous avez noté mais l'update, était carrément inutile.

C'est vraiment du cosmétique. La nouvelle fonctionnalité du jour : vous pouvez faire la même chose qu'avant mais avec un seul programme. C'est presque pareil, le design est légèrement décalé, mais évidemment c'est encore plus une usine à gaz que le programme précédent. Déjà que ce blog et le reste étaient longs à charger, maintenant c'est pire. Du moins c'est mon expérience.

Comme d'habitude, plutôt que de faire du neuf, Microsoft fait du réchauffé. Comme les updates de Windows, ils empilent les couches de code, refont un truc par dessus la précédente version plutôt que de la réformer, ils remaquillent le tout dans l'espoir que ça passe inaperçu et s'étonnent des conflits que ça génère et de la longueur accrue de tous les temps de chargements.

Oui, je sais, c'est facile. Facile de critiquer Microsoft parce que c'est de la merde... Mais c'est facile, justement. Les programmes Microsoft sont faciles. Faciles à utiliser, accessibles, non spécifiques, pas franchement professionnels sur certains points d'ailleurs (ne leur demandez pas de programmes d'édition, par exemple...), et surtout TOUT LE MONDE s'en sert. C'est navrant.

C'est ça le standard. Si l'on ne veut pas être coupé de ses amis (du moins des amis qui ne sont pas licenciés en informatique et qui, de temps en temps, aiment à sortir à la lumière du jour...) il faut avoir MSN. Si l'on a envie d'avoir des programmes à peu près jolis et ergonomiques avec des gros boutons simples et qu'on ne comprend rien au code, c'est à eux qu'il faut s'adresser.

C'est un problème et une bénédiction : quand on ne sait pas faire, on se remet entre les mains de ceux qui peuvent faire. On achète leurs produits. C'est ce que j'ai fait : je n'avais pas envie de me faire chier à paramétrer un blog, j'avais juste envie de choisir un truc standard et commencer à écrire... C'est un service gratuit. Vous savez quoi ? C'est bien fait pour moi.

Aujourd'hui mon Blog a changé contre la volonté. Ce n'est pas une bouse totale, et il ressemble un peu à l'ancien, mais C'est le principe. Il a changé. Il a changé parce que je n'ai pas su, pas voulu me donner la peine d'apprendre comment faire ça moi-même. Cet espace que je croyais personnel, presque un an jour pour jour après mon premier billet, n'est soudain plus le mien.

Et ça m'apprendra à choisir la solution de facilité.

01/08/2006

Hôtel d'Abyssinie et du Calvados réunis...

Pour certains, il n'y a pas de petites économies. C'est du moins ce qu'il semble lorsqu'on voit l'état des hôtelleries à bas prix Formule 1. Eh oui, on cite, on balance... Mais surtout, on dénonce. Là, il le faut vraiment. Vous connaissez sûrement ces établissements préfabriqués au personnel mal aimable et à la propreté si douteuse qu'on ne doute plus qu'elle n'existe pas (je ne sais pas si je suis clair mais ça m'est égal)...

Peu cher, c'est encore trop payé pour les petits "cadeaux" de la maison. Nommément, les poux, les puces et les cafards. On pourrait montrer, exemple parmi d'autres, la crasse des locaux, universellement reconnue : il ne s'agit pas d'un seul hôtel, mais bien de toute la chaîne. Si vous avez al chance de dormir dans des draps propres et un lit sans punaises, c'est vrai, il faut admettre que c'est plus confortable qu'un carton de SDF. De peu.

Les douches sont communes, bien entendu, c'est plus convivial. Comme au camping. En plus de l'hygiène déplorable de ce type de commodités (bonjours les verrues plantaires, salut les mycoses, adieu intimité chérie...), j’ai le ressouvenir d'une aventure narrée par une bonne amie. Elle et un groupe de collègues s'étaient arrêtés dans un de ces hôtels que l'on dira pudiquement "garni"...

Dés l'abord, la direction les prévient qu'un pervers s'amuse de temps en temps à faire des trous dans les parois des douches. C'est très facile, les parois étant très fines, à l'image des murs entre les chambres. A l'heure de la douche, mon amie pénètre dans la scène d'un film de série Z intitulé "les thermes de l'horreur" : Au sol, un slip souillé, un tampon usagé, une seringue, et une flaque de sang faisant plus penser "meurtre" que "ragnagnas".

Le tout flottait dans une eau saumâtre : le tuyau d'évacuation n'évacuait plus rien, à demi bouché. La police est venue constater, sans pouvoir ouvrir d'enquête sur la propriétaire de ces accessoires, ni sur les traces du douteux contenu de la seringue. Après tout, il n'y avait personne, et pas de crime apparent... Ce qui apparaissait, par contre, c'est la rouille et les moisissures, mais je vais passer là-dessus, c'est moins intéressant.

C'est dans de tels hôtels (et je ne parle plus seulement des ignobles Formule 1, il y en a d'autres...) que l'on vous fait dormir à trois dans un canapé-lit poussiéreux, clic-clac que vous devez d'ailleurs déplier vous-même et dans lequel vous retrouvez des vieilles chaussettes, des rognures d'ongles et des reliefs de repas... Ceci est une expérience que j'ai vécue à Londres, et je ne vous la souhaite pas, sincèrement.

Un seul mot convient : Immonde. Et pourtant ça marche. La chaîne existe. De nombreux clochards y élisent temporairement domicile, ainsi que les beaufs près de leurs sous. Les cadres moyens trop moyens (disons des "garagistes cadrifiés" par la tertiarisation abusive de la population active) y dorment le temps d'une formation, et y ramènent des salopes, ou carrément des putes, tout contents de baiser hors du lit conjugal.

Ces tas d'ordures rapportent donc de l'argent à des patrons qui profitent abusivement de leurs employés sous-payés et vendent bel et bien de la merde à leurs clients sans goût, et tout le monde le sait. Ils osent faire des publicités à la radio, effrontément mensongères. Ce qui m'étonne, c'est que les anti-malebouffe, les anars et les communistes activistes endéféquent les McDonalds plutôt que ces horreurs bien de chez-nous.

Ah, mais j'oubliais, où coucheraient-ils à vil prix, tous ces manifestants, entre deux émeutes ?

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8 septembre 2006

Billets de Juillet 2006

Note de l'Auteur : Voici les billets de mon ancien Blog, classés par ordre déchronologique, pour le mois de juillt 2006. La mise ne page est à peu près respectée... Toutefois il n'y a pas beaucoup de billets. C'est normal, il ne s'agit que des derniers jours du mois, je n'ai pas eu accès à Internet pendant quelques semaines pour cause de vacances. Alors il n'y a pas grand monde, mais c'est d'un choisi... Rien que pour ce mois-ci, on a deux billets particulièrement intéressants sur la coupe du monde et Amélie Nothomb (Qu'elle soit maudite jusqu'à la treizième génération). Bonne lecture !

31/07/2006

Enflés de la balle

La coupe du monde est passée, et son cortège de faux héros, simiesques pantins aux pouvoirs octroyés pas de grands chimistes, qui frappent dans une balle tels des croisements contre-nature entre des chiots et des orangs-outans. Et dire qu'on est considéré comme un mauvais français, un anti-patriote, si l’on n’encourage pas ce quarteron de trisomiques au salaire démesuré. Et pourtant, quelle horreur, quels excès, que de turpitudes !

Il y a eu des morts, évidemment. Des poignardés, des trucidés par balle, un noyé à la suite d'un pari stupide, des excités divers... Nous ne savons d'ailleurs pas la moitié des petits drames de la coupe, alcoolisme, insolation, déshydratation, surdité partielle ou totale, angines, rixes avec coups et blessures, et j'en passe. On n'en parle pas, mais en blessés, je pense que ça a fait plus de dégâts que la dernière rechute de canicule en juillet.

Combien de petits incidents ne font pas les infos de vingt heures ? Les insultes racistes qui reprennent de la vigueur et qu'on dissocie trop peu, et trop difficilement, de cet "esprit de saine compétition entre nations"... Moi je n'ai entendu aucun "que le meilleur gagne", à part à la télévision (et celui qui l'a dit le pensait-il ?), mais j'ai assisté à des "tu soutiens l'Italie, sale bicot ? Algérien de mes deux, retourne dans ton pays !", assortis de menaces.

Quelle distinction. Entre ça et le remix quasi-staracadémou de "Douce France" dont je vous ai déjà parlé, sur l'air de "jusqu'ici tout va bien", la coupe du monde qui prenait les neuf dixièmes du journal télévisé (et cet accident d'avion en Sibérie ? Allons, 140 morts, ce n'est pas si important...), le reste de l'info à peine mentionné par Claire Chazal, en Allemagne pour l'occasion. Même Laborde le Vampire avait un linceul aux couleurs des bleus...

Les sponsors sont contents, c'est ce qui compte. Vous l'avez compris, je n'ai aucun amour pour les dandinements stupides d'autistes légers ou de cons profonds (autrement dit le foot), mais ce que je déteste le plus n'est pas le jeu. Je hais le fait que tous puissent se monter le bourrichon et plonger dans le chaos à cause d'une telle fumisterie, d'une diversion aussi évidente face au manque de programme et d'idées des politiciens.

Et pour du chaos, c'est du chaos. Seul le matraquage médiatique est organisé. On se souvient du film conceptuel sur Zinedine Zidane, sa vie, son oeuvre, ses gestes... Un peu comme Microcosmos et La Marche de l'Empereur, sans le côté écolo : Un cerveau de mouche dans un corps aussi gracieux qu'un pingouin dans le stade machinchose, le tout sur grand écran et tout en longueur, sans histoire, sans rime ni raison.

A la question "voteriez-vous pour Zidane s'il se présentait à la présidentielle ?", posée lors d'un pseudo-débat quelques mois avant cette coupe du monde, TOUS les invités ont répondu oui. Et il s'agissait d'un panel complet de tous les partis et toutes les tendances du moment. Tous. Chacun avec des raisons différentes mais similaires. Sans aucune hésitation. A les entendre, Zizou eut pu être l'âme d'une union sacrée en politique.

Soyons sérieux cinq minutes... Même si Monsieur Coup de Boule n'est pas un crétin bavant, il est quand même à peu près aussi bien taillé pour être président que la chaise sur laquelle il s'assiérait s'il était élu. Même Olivier Besancenot, ce facteur au sourire si mou, se sent plus qualifié. Il a raison, de peu. Tout le monde le sait. Et pourtant personne n'a dit non. Personne n'a dit que mener un pays n'avait rien à voir avec taper dans la balle.

Personne ne peut se permettre de dire non devant Joe Public, en français "l'électeur moyen", le fils bâtard de la ménagère de moins de cinquante ans et Monsieur Martin, le beauf qui se prend pour un fier barbare gaulois qui se peint le visage et hurle, bière en main, les derniers slogans qu'il vient d'entendre. Il oublie allègrement ceux d'avant car il a la mémoire d'une mite lobotomisée : c'est le dernier qui parle qui a raison.

C'est lui qui, tout en se plaignant que "c'est tous des pourris", demande à toute force qu'on lui mente et qu'on lui promette monts et merveilles, c'est à cause de lui que les politiciens ne peuvent pas dire ce qu'ils pensent vraiment... C'est lui-même qui, aux beaux jours (comme disait Desproges), vote. Oui, c'est lui qui, écrasante majorité du con oblige, décide de l'avenir de tous les autres. Bienvenue à la Démocratie Spectacle.

Mais je digresse. Revenons à nos moutons de footballeurs. D'ailleurs, je ne sais plus quel comique disait que si les footballeurs et les mannequins se mariaient ensemble, ce n'était pas un hasard : ils ont le même QI et les mêmes caméras devant, et surtout la même catégorie de salaire... Ah, je chérirai le jour où l'on fera une réforme du football. Une vraie réforme, une réorganisation des tenants et des aboutissants du jeu.

D'ailleurs, avec toutes les dérives vers les extrêmes et l'escalade mondiale de la violence, je m'étonne que personne n'y ait encore songé : pourquoi ne pas régenter les dérives de ce sport ? Plutôt que de laisser les morts et les blessés s'accumuler de façon irrationnelle, pourquoi ne pas les institutionnaliser une fois pour toutes ? On a déjà le football "national", pourquoi pas ajouter "socialiste" derrière, au point où on en est ?

La solution (finale...) est évidente pour qui connaît un peu l'Empire Aztèque. Je vous explique. Les Aztèques bénéficiaient d'une société aux rouages bien graissés, bureaucratisée, et dont la mobilité sociale était pourtant assez importante (surtout par rapport à la nôtre, quasi nulle). Comment ce fait-ce ? J'en vois déjà qui ont deviné la réponse depuis qu'ils ont pensé aux nazis : on en tue certains, ça fait de la place aux autres.

Les Aztèques, méso-américains bon teint, avaient un sport national, eux aussi. Nous, nous l'appelons la "Pelote Aztèque" par souci de simplicité, le Nahuatl étant assez ardu. Les règles tiennent un peu de la pelote basque, il faut faire rebondir la balle (un gros sac de cuir rempli de lourdes pierres) sur les murs du terrain spécial en ne la touchant que des genoux, des coudes, de la tête, et autres membres pas pratiques du tout.

Chaque équipe représentait des forces surnaturelles, et le déroulement comme l'issue de la partie avaient des significations divinatoires. C'était un grand honneur que de faire partie d'une équipe... Et l'honneur de gagner était plus grand encore, puisqu'ils étaient sacrifiés en hommage aux dieux que leur équipe représentait ! C'est la condition pour que les prédictions des prêtres se réalisent. Couic, splatch. Je résume, mais c'est ça.

Et à quoi bon avoir une carrière qui s'éteint mollement, comme sur un coup de tête, lorsqu'on peut mourir de façon flamboyante et rester, tel James Dean, dans le coeur des gens ? Si en plus, comme lui, on peut le faire sans jamais avoir rien fait de génial qu'amuser un peu la galerie avec un jeu quelconque, puis rester très jeune, très beau (et très mort) pour l'éternité, comme à l'heure du triomphe... Cela peut tenter certains.

Vous imaginez ça de nos jours ? Zidane, Ronaldo et les autres, sacrifiés sur l'Autel du Sport, le coeur arrachés ou écorchés vifs, le tout retransmis en direct... Un sacrifice littéral plutôt que la lente pression médiatique qui extrait tout le jus des champions avant de les jeter, exsangues, comme de vieilles canettes. Les économies de salaire seraient considérables, et je pense que l'audimat ne baisserait pas d'un poil. Au contraire.

Il y aurait, c'est évident, beaucoup moins de volontaires pour manquer l'école à force de taper dans la balle et de s'abreuver de "potions magiques" pour courir vite : peut-être que plus de gens comprendraient que les seuls gagnants à ce jeu, sacrifice ou non, sont les grands prêtres des médias. Evidemment, on ne va pas réaliser ce cauchemardesque plan d'action. Ce ne sont pas des façons, tuer gratuitement, tout de même.

D'abord c'est immoral, ensuite trop de gens trouveraient ça jouissif, justifié et normal. Voyez le succès de la Corrida, qui malgré les associations, ne baisse pas. Le foie gras, pareil. Le journal de vingt heures avec des morts bien sanguinolents à l'heure du dîner, les films gore... Du pain et des jeux. Du tapin et des jeux, d'ailleurs, quand on parle d'émissions comme l'Ile de la Tentation et autres produits de racolage actif.

Toujours est-il que le meurtre institutionnalisé, c'est quand même pas des trucs à faire, même si on peut en rêver un peu. On dépasse la dérive dangereuse : c'est justement ce à quoi mène la dérive. Et puis, on commence comme ça et on finit par les autodafés. Ou par mettre d'autres gens que des sportifs sur l'Autel, comme par exemple des politiciens agaçants ou des grands prêtres. Ou pire, n'importe qui. Ou pire, moi !

Ces trucs là, on ne sait jamais où ça mène. Regardez les Aztèques et les Nazis aujourd'hui.

30/07/2006

Gros Thon II, le retour !

Mes lecteurs assidus (Si, si, il y en a ! Je vous ai vu, là, derrière... N'ayez point de honte !) se souviennent peut-être d'un billet sur Amélie Nothomb. Je l'avais mise, guidé par un infâme préjugé, dans la rubrique "les auteurs qu'on n'y arrive pas". C'était un grand tort, je l'en ai retiré et je me suis excusé pour cette faute inqualifiable : on ne critique pas sans avoir lu. C'est vrai, ce serait trop facile, et puis c'est d'un commun : tout le monde le fait.

Eh bien là, dans la liste, elle y retourne et elle y reste. Elle en prend pour longtemps. Parce qu'entre temps, je suis tombé sur son premier roman, intitulé "L'hygiène de l'Assassin". Et je l'ai lu. Ah, la sale péteuse plus haut que son cul. Ah la grosse pouffe imbue. Ah la connasse de première. Ah la gourde mal baisée. Ah, la radasse suintante de fatuité. Ah l'indicible mocheté pleine de la bave académique des crétins cultivés. Quelle erreur, ce livre.

Peut-on vraiment juger un auteur sur son premier roman ? Certains diraient "peut-être pas". UN premier roman, c'est toujours mauvais, et c'est toujours trop personnel : il permet plus d'indiscrétions sur l'individu que sur l'auteur, qui n'est pas encore "formé". Voit-on les performances du grand marathonien à son premier sprint ? Oui et non. Les plus grands promettent dés l'enfance, comme d'autres se bonifient avec le temps.

Mais j'affirme que l'on peut voir à son premier livre si l'on aime un écrivain. Un livre, un seul, et à fortiori le premier, c'est tout ce dont dispose le lecteur pour faire son choix. C'est un fait : il n'y a qu'avec ça qu'on peut décider si l'on va prendre de son temps et de sa personne pour lire le reste. C'est le premier livre qui doit convaincre l'éditeur et les lecteurs du talent de l'auteur, de sa "solvabilité stylistique". C'est un examen, quoi.

Si on déteste, on ne va tout de même pas se forcer : Il y a tant de livres dans le monde, personne ne peut tous les lire, si en plus on ne devait lire que ceux qui sont chiants... Et je trouve que c'est un excellent test, justement parce qu'il paraît injuste à ceux qui ratent. Or, le premier roman d'Amélie Nothomb a raté, du moins à moitié. Je dis ça parce qu'elle vend, qu'elle plaît, qu'elle publie, qu'elle passe à al télé... Bref, elle a fait école, inexplicablement.

Moi, je trouve qu'elle a fait tout ce qu'il ne faut pas faire dans son premier livre. D'abord, c'est une logorrhée sans fin dans laquelle elle étale sa culture. Oui, elle a fait ce que MOI je fais à longueur de temps dans ce blog, mais étendu à un seul sujet sur plus de 200 pages. Un unique éditorial, une interminable humeur, un robinet de bile qui ne sait pas s'arrêter. On dirait la version intello de Charlie Hebdo. A la longue, c'est lassant.

Comme de bien entendu, elle émaille son oeuvre de tous les poncifs et de leur contraire. On ne se laisse pas prendre au jeu : ce ne sont pas les protagonistes qui pontifient, on voit bien l'auteur déblatérer au travers. Elle croit se déguiser derrière ses marionnettes, choses unidimensionnelles qu'elle appelle "personnages". Ils sont plats, prévisibles, peu creusés (même l'assassin éponyme, la grosse Tach, le Prétextat futile au roman)

Lesdits personnages ne sont qu'une accumulation de symboles à peine liés par un nom ou une fonction, des archétypes simplistes, irréels, que la Nothomb croit sans doute élégants. Pourquoi, je vous le demande ? Pêché d'orgueil. Cela se voit, elle croit que ce qu'elle a à dire est plus important que ses personnages. J'aurais pu dire "pourquoi pas", mais là, elle croit aussi que ce qu'elle déblatère peut remplacer l'histoire.

Son propos n'est pas un récit, ni une histoire, c'est une vague trame squelettique qui articule les considérations prétentieuses d'Amélie Nothomb, précieuse ridicule, sur l'écriture et la lecture. C'est un essai à peine déguisé sur l'art d'écrire. Il y a quand même un gros problème : c'est son premier roman, elle ne sait donc pas du tout comment écrire, elle n'en a qu'une vague idée issue du milieu plein d'illusions de la fac.

Elle n'y connaît strictement rien, à ce processus, puisque c'est la première fois qu'elle passe par là. Maintenant, je ne sais pas, elle doit s'en repentir, mais au moment où elle a écrit cette bouse, la petite Amélie confondait littérature et écriture, universitaire et classique, académique et talentueux. Son style est fluide et travaillé, son roman fait la longueur réglementaire, il y a peu d'incohérences, du rythme... Et rien d'autre.

Elle ne connaît de l'écriture que l'idée, la mécanique théorique, n'ayant jamais mis ses mains dans le cambouis. Son truc, là, c'est trop léger et trop arbitraire pour être une thèse, et trop lourd pour être un sketch. Ou alors un sketch très long qui s'adresserait uniquement aux professeurs de français. C'est de l'érudition, de l'étalage, des figures de style, de l'esbroufe, de jolis petits paquets de coïncidences narratives et des "punch lines".

Mais ça n'est pas de l'écriture. C'est quelqu'un qui se fait mousser tout seul. C'est masturbatoire. Et je m'y connais. En bref, c'est de la fabrication, pas de la création. C'est comme comparer une toile de maître avec la même quantité de toile et de pigment mis dans un mixer et transformés en bouillie. Comme comparer un chien vivant avec un chien mort reconstitué à partir de morceaux de cadavres : il y manque quelque chose !

Histoire de parler un peu du livre lui-même (il le faut bien, on serait capable de m'accuser de ne pas l'avoir lu, bien que ce soit assez chiant d'y revenir), sachez que c'est l'histoire d'un prix Nobel de littérature soi-disant génial que personne ne lit (comme tous ces gens là, et sur ce point, Amélie Nothomb est percutante, mais ça ne la sauve pas) qui a commis un meurtre il y a belle lurette, et qui va crever bientôt.

Ce meurtre, il l'a lui-même raconté dans un de ses romans, inachevé, et tout le monde n'y a vu que du feu. Comme sa mort est proche et qu'il est à la fois immonde, reclus et plus grand que nature, des journaleux vont successivement l'interroger. Et ce jusqu'à ce qu'une femme (évidemment) qui l'a vraiment lu (évidemment) et percé à jour (évidemment) le force à avouer, à ramper... Puis elle le tue et devient son avatar.

Je dirais bien que la fin est bancale, à côté de la plaque, mais comme le début est mou, donneur de leçons et prévisible, on ne peut décemment pas être déçu par une fin pareille. C'est trop téléphoné pour être vrai, et la quantité invraisemblable de petites saillies dans lequel tout ça marine n'a bine souvent rien à voir avec la choucroute. Digressions ? Non. Diversions et dilutions, oui ! Un exercice scolaire et froid, sans originalité.

Et Amélie Nothomb croit sans doute avoir pondu un classique. Voilà ce que donne l'intelligence sans talent, une intelligence pourtant (de toute évidence) pénétrante, sans rien d'autre pour s'accoupler qu'une imagination chétive : un mariage bine stérile, et des coïts bien ternes. Je ne voulais plus croire quand on me disait "La Nothomb, intello mal baisée qui s'est faite une culture asociale à cause de son physique ingrat..."

A la lire, à la voir et à l'entendre parler à la télévision, je suis forcé de me rendre à l'évidence. Elle mérite son surnom d'Amélie Gros Thon. Et elle en souffre, d'où son excès d'orgueil. Elle en pue, le thon. Réaction classique de qui se sent rejetée et frustrée à souhait. Et pour son coup d'essai, vous savez où elle peut se le mettre, si je puis paraphraser les classiques (elle le fait mieux que moi). C'est un roman "moi-je".

Le premier roman est toujours personnel : ça n'a pas loupé. Elle n'a pas résisté à la tentation, toujours présente, de se gargariser d'elle-même, d'écrire pour écrire, d'écrire sur l'écriture, ou du moins sur l'idée préconçue qu'elle s'en fait... Je ne puis souffrir cette lâche méthode, et je pourrais ne pas tarir d'adjectifs bas et avilissants à déverser sur ce genre de pratique littéraire, si je n'étais point limité par la langue française.

Comment ! C'est la plus grande des trahisons ! La différence entre le billet qui se gargarise de grands mots et l'écriture, la vraie, la Création, c'est justement ça : Un Vrai Auteur n'écrit pas pour se satisfaire, pour son plaisir, pour l'épate, en dilettante, pour la gloire ou l'argent, même si cela peut entrer en jeu de manière secondaire. Il écrit parce qu'il en a BESOIN, comme de manger et de respirer, comme un peintre peint.

Un écrivain véritable ne se la joue pas, il ne donne pas de leçons, ça c'est l'affaire des éditorialistes et de ceux qui bloguent dans les coins. Il écrit pour son histoire, il écrit pour son lecteur. Le premier livre d'Amélie Nothomb n'intéresse donc que ceux qui se trompent eux-mêmes : ceux qui ne l'ont pas lu ou qui n'y ont rien compris, mais qui trouvent ça génial parce que c'est rythmé, facile et qu'il y a des mots compliqués.

Parmi eux, la cohorte des féministes forcené(e)s qui crient au génie dés qu'une vieille fille moche qui ne baise pas prend sa plume pour écrire des mots de plus de trois syllabes. Ajoutons les intellectuels moisis, les étudiants naïfs, les littérateurs cons et les gens de la gauche-caviar. Autant dire, personne d'important. Comme Max Gallo et Marc Levy, ça se vend parce que c'est de la soupe, même si ça ne se lit pas.

Tout au plus ce livre aura-t-il eu le mérite de ne pas m'indifférer plus de dix minutes, un record pour de la crotte. Sans doute ma curiosité morbide.

29/07/2006

C'est une maison bleue

Tiens, voilà un bon sujet : Avec le chassé croisé des vacanciers (une expression qui sent son lieu commun pire qu'un métro bondé), la reprise de "Douce France" dans le plus pur style "Tout va bien, notre pays ne se casse pas la gueule", comme si on y croyait... En plus je reviens de voyage, alors ça fait bien. Oui, allez, c'est décidé, aujourd'hui je vous cause vacances. Plus précisément location saisonnière. Nous sommes des millions à le faire.

Vous avez déjà loué pour les vacances ? N'importe quelles vacances, ne chipotons pas. Il vous est peut-être arrivé, alors, de tomber sur une maison inhabitée. Vous allez dire "Heureusement qu'il n'y a personne quand on arrive !"... Mais je vous répondrai que vous n'avez rien compris. Je vous parle d'une maison vraiment inhabitée, vide, sans âme, sans occupants du tout en dehors des gens de passage. Une maison exsangue.

Mais je m'exprimais mal. Des maisons refaites, propres, sympathiques ou non, mais dont il est évident qu'elles n'ont jamais été occupées à l'année dans leur état actuel, voilà le genre de maison auquel je fais allusion. Ce n'est pas une question de propreté ni de construction récente : propre ou sale, une vieille bâtisse refaite peut n'avoir jamais été habitée dans son état actuel, bine qu'elle ait pu être une bergerie, une grange, un presbytère...

Il y a des détails qui, passez-moi l'expression, tuent. Les tableaux hideux avec lesquels on ne pourrait pas vivre (mauvais portraits au strabisme scrutateur, immondes croûtes trouvées dans une brocante, tableaux froids et impersonnels de chambres d'hôtels, photos et paysages de carte postales...) sont une forte présomption, mais après tout, il y en a qui aiment. La maison appartenait peut-être à des mongoliens incestueux fans de Céline Dion.

La présence d'une salle d'eau par chambre dénote, avec d'autres détails, une organisation de la maison en plusieurs appartements fonctionnant comme des suites, ou des studios privatifs : Là encore, c'est une forte présomption qu'une grande villa a été refaite pour sous-louer à plusieurs familles et rentabiliser l'espace. Mais ce n'est pas une preuve : certains invitent beaucoup d'amis, et d'autres aiment se laver sans avoir à attendre.

Certaines choses, par contre, ne mentent pas : une cuisine toute équipée dans une grande maison, à laquelle il ne manque que la place pour ranger les victuailles que l'on suppose nécessaire lorsque la maison est pleine. Ou alors c'est qu'il manque une cocotte minute, ou une râpe : Un détail, certes, mais un instrument indispensable, que deux personnes qui réaménagent une maison pour douze oublient toujours.

Un signe certain : la présence de lampes de chevets et autres appareils électriques dans les pièces, juste posés à un endroit visuellement logique... Alors que les prises de courant sont à l'autre bout de la pièce, derrière un autre meuble, voire carrément absentes. A moins qu'un gnome malin soit passé voler toutes les rallonges et les prises multiples, c'est que quelqu'un a refait l'électricité sachant qu'il ne vivrait pas là.

Si vous voyez des objets qui ne collent pas les uns avec les autres, ce sont des articles de récupération placés là parce que les propriétaires gardent les objets sympas pour l'endroit où ils vivent, et que c'est censé faire pittoresque. Ce sont surtout les lampes de chevet dont on parlait : il y a toujours des lampes chinées hideuses dont personne ne veut, dans ces maisons. C’est comme ça, c'est inexplicable, ce doit être la loi de Murphy.

De même, si vous avez des objets homogènes et bon marché absolument partout sans autre trace personnelle, qui collent parfaitement, soit le propriétaire est maniaque, soit tout a été acheté en gros chez IKEA. Surtout si c'est moche et si il y a du papier peint crème, beige, ou tout autre ton apaisant qui va bien avec IKEA. Les vieilles pierres et IKEA, ça jure. IKEA, c'est l'impersonnel à son summum, le meuble d'appoint.

Des arbres tous plantés récemment, pas de traces d'usure, l'odeur de neuf, la peinture fraîche, le béton pas sec, aucun objet personnel, rien d'original, un inexplicable manque de personnalité qui se manifeste par une impression indéfinissable, autant de signes que ce n'est pas un vrai foyer, mais un lieu où l'on s'arrête et où l'on fait attention de ne rien laisser en partant, où l'on arrive mal à l'aise et d'où l'on s'efforce de repartir anonyme.

On pourrait dire que c'est un lieu de passage et pas un lieu de vie, mais au fond, c'est le cas de tous les lieux... Mais vous voyez la différence. Non que cela soit mieux ou moins bien : que vous dormiez dans le lit de votre prédécesseur ou dans celui du propriétaire légitime, vous dormez toujours dans le lit d'un autre. Mais je trouve amusant de voir les traces que cet autre a pu laisser, parfois malgré lui. C'est mon côté historien.

Vous savez bien, les affiches qui proclament leurs goûts en matière d'art et de musique, les vrais livres à lire, les recettes de cuisine dans les tiroirs, les tableaux étranges et mauvais tous signés du même nom (peut-être un ami du propriétaire, ou lui-même, qui sait ?), des portes fermées à clé, un coffre-fort, une vieille cachée dans un coin... Je suis même tombé, une seule fois, sur une pin-up épinglée sur l'intérieur de la porte des toilettes !

Tout le monde n'a pas cette curiosité malsaine, ni l'imagination pour inventer ou retrouver ce qui se trame derrière chaque grain de poussière, ce qui repose dans chaque coffre à la cave, ce qui attend dans chaque malle au grenier, derrière chaque pouce de rideaux en tergal, au coeur de chaque bouquin écorné, sous chaque matelas solitaire et entre les pages collées de chaque magazine douteux...

Je me suis trouvé témoin involontaire de la vie d'inconnus, et j'ai joui de cette opportunité avec un plaisir coupable. J'ai trouvé ici un exemplaire usé du Kama Sutra, là une copie tout aussi usée de la Morale de l'ordre des Jésuites, ailleurs de vieux comics accolés à George Simenon dans une copulation délétère... J'ai déterré des trésors dans certains tiroirs, non pas en monnaie mais en détails croustillants qui piquent l'esprit.

Une photo sépia d'un homme faisant du nudisme, des crucifix, des recettes de mémé, des vieilleries charmantes, des placards fermés à clé dont dépassaient des magazines de fans boutonneuses des boys band à la mode à l'époque, des maquettes d'avion suspendues au plafond de chambres dont la décoration entière était l'apologie du football, des disques immondes autant que sympathiques. Je les ai laissé reposer en paix.

Vous l'aurez compris, je préfère les maisons avec du caractère pour mes vacances. Même si j'aime me sentir chez-moi, tout vaut mieux que de ne se sentir chez personne. J'apprécie surtout qu'il y ait une continuité, que les hôtes acceptent des invités dans leur maison, leur foyer, et que ce foyer reste le leur quoi qu'il arrive, quoi que les invités de passage puissent y faire. Un abri qui fait croire à l'authentique, c'est du préfabriqué.

Question de goûts. Quittons-nous sur une citation, ça fait toujours bien. J'en ai une qui est très appropriée, mais je doute de ma mémoire à son sujet, toujours faillible en ce qui concerne la formulation du français familier... Qu'on me pardonne mon inexactitude. C'est une brève de comptoir recueillie par Jean-Marie Gourio (qui d'autre ?) : "Les fantômes, t'en trouveras jamais dans un pavillon phénix. C'est trop moche."

28/07/2006

Génie de la restauration, aide à notre résurrection...

Si vous êtes de mes amis, vous aimez les livres. Ou au moins lire, un peu. Je dois avoir deux ou trois amis qui lisent peu, mais même eux adorent lire les journaux, lisent un livre de temps en temps et vont au musée plus souvent qu'à leur tour. Je n'y peux rien, je n'aime pas les cons. Sans culture il est très rare que quelqu'un soit intelligent : quelqu'un d'intelligent voit tout de suite les bénéfices de la culture et combien elle est facile à avoir.

Mais peu importe. Voyons le côté pratique des choses : vous aimez lire, vous avez sans doute pas mal de livres chez vous, dont certains assez vieux. Qu'en faire ? Jeter un livre est impensable, c'est un sacrilège à peine moins important que le brûler. Reste à les vendre si vous avez VRAIMENT besoin de sous, les donner à quelqu'un qui les lira, ou les garder. Mais c'est vrai que les vieux bouquins crades, nids à poussière, ça fait tache.

Solution : à vos moments perdus, vous n'avez qu'à les réparer ! Sans entrer dans les détails de la profession de restaurateur de livres anciens, voici quelques conseils : Si la tranche se décolle ou que la couverture se dédouble, enduisez les deux parties à coller de colle à papier peint. Il faut mettre le livre à sécher fermé sous un poids. Faites bien attention de ne pas coller de pages, et éliminez le surplus de colle avec un coton-tige moite.

Si vous détestez votre livre mais que vous voulez juste le lire, les réparations avancées au système D se font avec du gros scotch marron. Si vous l'aimez, amenez-le chez un restaurateur qui utilisera des résines spéciales à diluer dans l'alcool absolu, par exemple, qui combleront les fissures minimes de façon transparente. On ne trouve plus d'alcool absolu en pharmacie, vu que ça peut servir aux cocktails Molotov, juste de l'alcool à 95°.

Le nettoyage des couvertures en cuir se fait  en utilisant une éponge très légèrement humide (c'est à dire humidifiée puis essorée au maximum, quasiment sèche) qui ne laissera pas de traces... Ne la passez pas sur la couverture directement, elle sert à passer un savon pour l'entretien des selles de cheval (savon neutre en vente dans tous les magasins pour sportifs). Les meilleurs sont anglais. Lustrez ensuite au chiffon en laine sec.

Pour la plupart des couvertures rigides, frottez un chiffon doux (en laine par exemple) sur une bougie blanche et frottez la couverture avec. Vous pouvez aussi utiliser la cire à livres de la bibliothèque nationale (attention, elle fonce, n'utiliser que sur les ouvrages à couverture foncée) ou la formule du British Museum, mais bon courage pour en trouver... Consultez un bouquiniste ou un libraire d'ancien, il cirera pour vous.

Evidemment, ce traitement ne s'applique pas aux pages, vous les ruineriez ! Pour nettoyer la tranche côté pages de vos livres, neufs ou vieux, voici un petit truc à savoir : n'utilisez pas de chiffon, même doux et délicat, car cela ferait pénétrer la poussière entre les pages, mais un pinceau plat et souple. Le temps de nettoyage n'en est pas augmenté ni diminué, et puis vous n'avez pas besoin de le faire tous les jours non plus.

Lorsqu'un livre a pris l'humidité, même s'il apparaît sec, ses pages sont gondolées. Saupoudrez les pages incriminées avec une bonne dose de talc et laissez agir pendant une journée, au moins une dizaine d'heures, à l'abri des courants d'air. Essuyez, puis remettez du talc, et placez le livre fermé sous un poids pendant quelques jours. Miracle, le talc aura absorbé l'humidité et vos pages seront à nouveau toutes plates.

Si votre livre a des pages jaunies à outrance et tachées de noir ou de gris, il commence à moisir. Posez-vous al question : où l'avez-vous rangé ? Evitez les étagères contre les canalisations, les caves humides, les fuites d'eau... Quoi qu'il en soit, il va falloir nettoyer ça page par page, de chaque côté. Eh oui, mais si ce n'est pas un livre hérité comme ça, c'est de votre faute, vous n'aviez qu'à faire attention !

Pour nettoyer les traces de moisissures, trempez un coton-tige dans un mélange qui ressemble un peu au Pastis, en encore moins buvable : un volume d'eau de Javel pour cinq volumes d'eau. Tamponnez la tache jusqu'à disparition totale, puis laissez sécher le livre. Si vraiment il y en a trop, et si les caractères imprimés finissent par disparaître, ou si le bouquin est carrément au bord de la décomposition, allez voir un professionnel.

Voilà... Si vous procédez avec précautions en suivant ces conseils, vous devriez pouvoir réparer les livres anciens moyennement ou peu abîmés, voire plus. Je ne vous ai pas dit comment restaurer une page dont les caractères se sont partiellement effacés, ni avec qui nettoyer les pages jaunies, ni même comment re-relier un livre, mais je pense que vous ne vous embêterez pas avec ça si vous n'êtes pas bibliophile...

Souvenez-vous toutefois de ces derniers conseils : pour conserver vos livres longtemps, maintenez-les à l'abri de la lumière du jour, dans un endroit frais et sec où il n'y a aucun risque d'incendie, pas de différence de température notable dans la pièce, et bien à l'abri des insectes (les poissons d'argent aiment l'humidité, et leurs pattes effacent l'encre d'imprimerie). Mettez aussi de l'antimite, la mite du papier fait des ravages.

A défaut, rangez-les sur une étagère, c'est bien aussi.

27/07/2006

Tapissé partout

Chacun peut admirer les somptueuses tapisseries d'Aubusson, et la Dame à la Licorne qui se montre "à son seul désir" au musée médiéval de Cluny, à Paris. La tapisserie de Bayeux, retraçant l'épopée de Guillaume le Conquérant, n'est pas moins impressionnante malgré son style plus naïf. Ceci n'est pas un exposé sommaire vantant mes goûts d'esthète, je cherche à vous sensibiliser à cet art perdu de la tapisserie.

Faites un tour dans une mercerie. Vous y verrez, à part l'invraisemblable bric-à-brac de fils, assez peu de choses rappelant les grands ouvrages de dames du temps jadis, ce à quoi s'attelaient les disciples de Pénélope aux manufactures des Gobelins. Des napperons, des abécédaires, quelques écussons, deux ou trois images boiteuses des personnages de Walt Disney qui déshonorent la toile qui leur sert de support... C'est miteux.

Au mieux, vous trouverez des réalisations plus complexes, comme des portraits de chiens et de chats, une rombière boudinée copiée du XVIIIe ou XIXe siècle et figurant Diane au bain, ou quelque autre sujet tout aussi bucolique. Bien sûr, omniprésents, l'immense collection de broderies de phares de toutes les mers s'insinue partout. Il n'y a que ça, à part les livres-guides et les fils des deux seules marques existant à l'heure actuelle.

Et ne cherchez pas, tous les magasins sont les mêmes ou presque. Selon la taille, le choix dans ces articles de base est plus ou moins étendu, mais les sujets représentés sont toujours d'uns mièvrerie sans borne. A peine deux marques de fils, les mêmes ouvrages partout... Je sais bien que le marché s'étiole et que personne ne tapisse plus, mais là on se croirait carrément dans un pays communiste.

Ou plutôt non : Traditionnellement, les pays de l'est ont toujours réservé une place importante à la broderie populaire, et la pauvreté force à se faire ses propres vêtements. Cette tradition perdure aujourd'hui dans les costumes folkloriques et les napperons kitsch, horreurs touristiques vendues à côté des matrioshki... Mais de Prague au Kamchatka, cet art féminin n'est pas mort dans toutes les maisonnées, loin s'en faut.

Mais de grâce, qui veut l'extermination des mercières ? Je ne connais qu'une personne qui voulait manifester pour cette cause, Pierre Desproges. L'anti-mercièrisme est, je pense, mort avec lui... Doit-on donc forcer nos tapissières à ne rien broder d'autre que des niaiseries tout droit sorties d'un calendrier de la poste ? Même les images pieuses des vieilles paroissiennes sont plus variées et plus belles.

Certes, ces vieilles paroissiennes, avec les mères catholiques soumises jusqu'au martyr, les mamies-gâteau, les immigrées de l'est et les vieilles filles désoeuvrées, forment a priori le noyau dur des femmes qui s'adonnent encore à ce genre d'ouvrages. Je suis le premier à dire que les vieux et les religieux sont des trucs mous qui ne servent à rien, mais là, je m'insurge : ce n'est plus de l'euthanasie, c'est du sadisme.

Où sont passés les chasses médiévales, les millefleurs, les animaux fabuleux, les scènes préraphaélites ou bibliques, dragons, licornes et saints, les armoiries et les motifs en arabesques ? Doit-on condamner nos grand-mères innocentes à faire au point de croix et sans relâche des pommes et des ABC Disney ? Ne sont-elles pas des femmes avec des intérêts plus variés que les paysages bretons ?

Je ne le puis souffrir ! Boycottons les mânes de DMC, ne leur achetons plus que les fils et la toile vierge. Cherchons plutôt sur Internet, photocopions des livres d'art s'il le faut, scannons les photos qui nous plaisent et disons merde aux motifs standards. "le jardin des délices" de Jérôme Bosch est peut-être un peu plus compliqué à broder qu'un chaton avec sa pelote, mais ça a tout de même plus de gueule dans un salon !

Mille tonnerres

Un retour en fanfare avec un gros orage nocturne sur Paris, voilà qui me sied bien... Surtout après des vacances bien méritées. Enfin, des vacances, c'est déjà ça. J'arrive aussi avec la fin théorique de la canicule, durant laquelle notre président n'a bien entendu pas manqué de se rendre ridicule avec un message du genre "Françaises, français, il fait chaud, rangez vos vieux dans un endroit frais et sec et aérez-vous."

Il n'a rien dit non plus pour le 14 juillet, enfin il a beaucoup parlé, mais il a dit peu de choses... C'est un grand comique, dommage que son seul gag repose sur le fait d'enfoncer des portes ouvertes. Mais je n'ai que des ouï-dires fragmentaires, aussi je tairai mes remarques les plus acerbes sur notre chef d'état à nous, qui a bien de la peine en ce moment à l'ONU. On nous fait croire à TF1 que c'est le seul qui veut faire de l'humanitaire...

Voilà ce que c'est que la misère de l'information: pas de réseau pour les portables, une presse provinciale anémique qui préfère les querelles de clocher à la crise du Moyen Orient, pas de radio à portée d'oreille, d'Internet point (sevrage annuel oblige), et trois chaînes sur une télé mal réglée : Pendant mes congés, réduit à m'abreuver à la source empoisonnée, je dus quérir les nouvelles du vaste monde auprès de la première chaîne.

Il ne faut pas dire "Fontaine...", n'est-ce pas ? L'alternative était peu réjouissante ; une chaîne quasi locale et à al réception floue, dont je tairai le nom, qui diffuse à tout crin des publicités pro-vieillards : sièges automatiques pour monter les escaliers (sorte de "monte-vieux"), baignoire à portières, périodiques de mots fléchés et autres sudoku... Je m'attendais à voir une réclame du genre "ce mois-ci dans vieux-mag, vivre épanoui sans prostate"...

Le coin de région PACA où je séjournais, bien qu'ensoleillé, pullulait de ces monstres kafkaïens pleins de l'intolérance gamine de l'âge, grabataires faisant vivre tout un peuple de livreurs, marchands de piscines, docteurs, pharmaciens et infirmières blondes à domicile. Ces retraités argentés commandent leur monde depuis leurs villas sur les hauteurs comme dans une version gériatrique de la Toscane du Quattrocento.

Cela fait du travail aux autres et c'est déjà ça. Il ne sert à rien de se dire que de tels soins sont gâchés lorsqu'ils sont prodigués à des impuissants séniles qui se déplacent plus volontiers pour voter FN que pour changer seul leur poche à merde... L'alternative est de refuser leur argent, ou admettre que l'on n'aimerait pas avoir les moyens de se payer les mêmes trucs, et ça, honnêtement, je ne le ferai jamais.

Il ne reste qu'à espérer que la canicule... Mais je m'égare. AU départ, je voulais vous parler encore de la boite à cons, TF1. Vous avez vu le petit nouveau, Harry Roselmack ? Je suis sous le charme. Jeune, beau, dynamique, sérieux, bonne diction, présentant bien, le gendre idéal. Bien meilleur que ce vieux bafouilleur de Poivre, et ses cheveux raréfiés, qui parlait dans sa barbe avec une voix de paysan breton.

Je vous parie que Tf1 reçoit des plaintes de nombreux crétins qui pensent que, parce qu'il est noir, il sent mauvais, même à travers la télé. Notamment des lettres de l'ignoble gent retraitée dont je parlais tout à l'heure. Ne riez pas, j'en ai vu... Jeunes et vieux. Finalement je n'étais pas si hors sujet que ça.

Qu'importe, il restera, ils mourront de vieillesse, et ce sera bien fait. Je pourrais dire que Harry Roselmack fera beaucoup contre le racisme en France, mais ce serait un peu trop politiquement correct d'énoncer une telle évidence... Ce que je peux dire, parce qu'on n'a pas el droit de cracher sur le volontariat, c'est qu'il fera plus contre le racisme que les grosses associations prestigieuses à coups de procès et de manifs.

Et pendant ce temps, on refuse de remplacer Catherine Laborde, un "visage qui rassure" même s'il n'est pas rassurant du tout. C'est un cadavre ambulant, une horrible liche, un vampire squelettique sorti du tombeau pour présenter la météo au lieu de nous sucer le sang ! Sèche et momifiée dans ses abjectes hardes qui pendent sur ses os saillants, elle tend ses membres grêles, macabre pantin à la voix rauque...

Elle doit partir. Elle fait peur aux enfants et épouvante les vieux en leur rappelant leur destin prochain. Brr...

6 septembre 2006

Billets de Juin 2006

Note de l'Auteur : Voici les billets de mon ancien blog pour tout le mois de juin 2006, par ordavec une mise en page proche de celle de l'original, et sans les images ni les commentaires. N'hésitez-pas à me faire part de vos questions ou de vos réactions...

29/06/2006

Chapeau bas

Avez-vous déjà vu ce dessin animé de la Warner quand vous étiez jeunes ? Celui ou Bugs Bunny est poursuivi par Elmer Fudd dans un bois, et dans lequel un camion de chapeaux laisse s'envoler aux quatre vents une partie de sa cargaison... Sans plus de justification, les couvre-chefs atterrissent les uns après les autres sur les têtes des héros, et ceux-ci changent de personnalité en fonction ! Illogique, impossible, mais ça passe.

Vous vous êtes déjà déguisé étant petit ? Non ? Vous n'aviez pas la panoplie de votre modèle préféré (un super héros quelconque, Zorro, un pompier, un policier, un chevalier, un cow-boy, un indien, ou, pour les filles, une fée, une princesse, une reine... Oui, j'ai aussi trouvé ça injuste envers les filles, déjà à l'époque). Si vous ne vous êtes jamais déguisé, même pas pour une fête de l'école dans un costume tarte, vous ne pouvez pas comprendre.

Si vous n'avez pas porté la panoplie de Spiderman, vous ne pouvez pas savoir ce que c'est d'incarner votre héros : pendant un bref instant, vous pouvez vous faire croire que vous l'êtes. Evidemment, si vous n'avez jamais été emmitouflé façon bonbon, oignon ou quelque autre fantasme bizarroïde pondu par l'esprit malade d'un éducateur lors d'un spectacle de fête d'école, vous ne savez pas non plus combien c'est tragicomique.

Se déguiser, changer de peau, mettre un masque (même alors que tout le monde vous reconnaît !) pour dire momentanément "ce n'est pas moi", c'est se permettre des choses que l'on ne ferait pas ordinairement. C'est dépasser ses limites, comme dans un carnaval, jour des fous où tout est permis, ou dans une mascarade, ou l'on pouvait alors courtiser à qui mieux-mieux sans représailles ni souci des convenances.

Si en prime on adopte le costume, la pose, la démarche et le rôle d'un personnage ou d'un archétype connu, non seulement on lui rend hommage, mais on partage ses capacités et sa réputation... Le temps du bal en tout cas. Le psychodrame improvisé fonctionne, que l'on soit acteur masqué au théâtre grec, Arlequin sur scène ou dans un bal de la Renaissance, ou Vampire le temps d'une soirée d'Halloween.

Tels sont les prémices et les délices du Cosplay (contraction de Costume Play, évidemment), qui consiste à se déguiser lors de conventions en son personnage de japanimation favori. Souvent, les costumes sont primés, et il est mal vu de ne pas avoir fait le sien soi-même... Voire de porter deux fois le même costume en public. C'est la dernière "incarnation" d'un carnaval qui ne meurt jamais, revitalisé par le phénomène Fandom...

A peine différent, le phénomène de la mode, dont nous parlions à peine quelques jours plus tôt, ne nécessite pas d'avoir des vêtements que l'on fait soi-même... Mais bien de porter un costume spécifique (et plus ou moins cher) en fonction de sa tribu, son origine, pour marquer son appartenance à tel ou tel groupe plus ou moins couru (d'où l'existence de clones de la mode...) ou imiter telle ou telle personnalité.

C'est justement pour sortir de ce carcan vestimentaire de convenances et ces panoplies qui vont et viennent, mais qui sont toujours acceptées socialement (même quand elles sont "provoc", oui madame !) que le carnaval existe... Et si certains chanteurs osent sortir eux aussi de ce carcan d'une manière plus régulière que le commun des mortels (Voir Elton John à une certaine époque), c'est surtout à cause du symbole.

Quoi, vous en croyez tout de même pas que les Drag Queens se baladent vraiment avec des plumes dans le cul, des crinolines et des semelles ultracomepnsées 24/7 ? Vous m'inquiétez...

27/06/2006

The Power in my Purse

Je me suis laissé entraîner sur la mauvaise pente. Lundi, des amis m'ont emmené faire les magasins. Je sais, je sais, ce ne sont pas encore les soldes... Mais apparemment ce n'est pas grave ! Voyez-vous, mes amis sont très tendance, alors ils vont faire les magasins pour voir ce qu'ils vont acheter quand ce sera les soldes. Et s'ils voient quelque harde qui les tente et qui risque de disparaître trop vite une fois soldée, ils l'achètent.

C'est d'une logique parfaitement spécieuse, mais ça a l'air de totalement leur échapper, alors je n'ai trop rien dit... D'autant qu'il y avait ce qu'on appelle des "avant-soldes" dans certains magasins plus ou moins exclusifs, des ventes privées (en fait pas super privées non plus sinon ils ne vendraient pas grand chose, mais bon). Pour vous dire, une vente privée, c'est comme une version bêta-test d'un jeu vidéo, mais avec des fringues.

J'ai donc été immergé dans l'univers fabuleux (oui, Absolument Fabuleux...) de la Fashion Victim moyenne. Et c'est épuisant. Rien que porter les sacs de façon élégante, ça fait mal... Sérieusement, ça peut provoquer un tennis elbow (ou shopping elbow, en l'occurrence). Heureusement, de tels désagréments sont réservés à ceux qui achètent chaque semaine l'équivalent du budget bouffe d'une famille moyenne pendant un an.

Dans des boutiques plongées dans une ambiance tantôt planante, tantôt techno, issue d'une mauvaise compil de bar gay, j'ai vu les innombrables clones de la mode. Toujours présents, ils changent de tenue selon la tendance, mais leur regard est toujours aussi morne et blasé. D'ailleurs, depuis que les mannequins en plastique ont des yeux peints et des poses plus molles, on peut les confondre : difficile de discerner le bovin de l'atone.

Ces jours-ci, ils portent des couleurs ternes, grises, brunes, United Colors of Moche-Marron... Des polos en véritable toile de sac à patate sont apparemment très à la mode, comme les imprimés à fleurs (ressortez vos chemises années 60) et des jeans brodés ou recousus (apprenez le point de croix). Economisez en coiffeur, la coupe "j'ai ouvert la fenêtre et ça fait trois jours que je me suis pas lavé" est aussi très en vogue.

Parfois, il ya de gros cafouillages... On retrouve des chemises presque hawaïennes, avec des motifs de flammes et de fauves, dans la catégorie hyper tendance et pour un prix prohibitif... Des colliers griffés avec des petits coquillages ou des bouts de bois, des cornes taillées façon surfeur parfaitement exorbitants... Alors que sur les plages à touristes, il y en a depuis belle lurette à pas cher, à côté des fausses lunettes Dior.

Tout de même, il faut le voir une fois dans sa vie, ce spectacle de la mode. Il n'y a que là que l'on assiste à des dialogues d'anthologie du style "_Oh, regarde ! _ Oh, c'est quoi ? _ Une veste !"... C'est le seul endroit où l'on peut croiser des gens aussi épanouis et pourtant aussi dépressifs : capables d'avoir tout ce qu'ils veulent, et pourtant de pleurer lorsqu'un bout de tissu miniature et informe dépasse en prix leurs possibilités de retrait.

Voire leur autorisation de découvert. Voire leur salaire annuel. Imaginez l'espèce de boite miniature Vuitton, dans laquelle vous pouvez ranger quelques clous, et, en tassant bien, un paquet de mouchoirs... Et ce micro-sac dans lequel une seule carte de crédit tient péniblement... Tout ceci est largement plus cher que le demi-mètre carré d'appartement Avenue Foch dans lequel vous les poserez.

Mais passons. Non, les fashion victimes sont épanouies, bien plus que les midinettes (et d'ailleurs, ne soyons pas misogynes, les fashion victimes sont autant hommes que femmes). Pensez-vous ! Elles ne réfléchissent pas, elles ont trouvé leur passion, leur hobby, leur équilibre. Leur seul problème est de gagner assez d'argent pour acheter encore. Bienheureuses, elles ont trouvé leur point G : il est chez Gucci.

Et elles gloussent de plaisir à chaque fois qu'elles y vont.

26/06/2006

L'art et la matière

Dans la série des objets inutiles, la littérature occupe quand même un certain créneau. Dit comme ça, on dirait que je ne lis pas et que je suis un gros inculte... Eh bien je n'ai peut-être pas tout lu, mais j'ai une maîtrise d'histoire obtenue à la Sorbonne et les choses lisibles sont à peu près mon seul achat compulsif. Non, je voulais simplement dire que certains livres se posent quand même là dans l'absurdité.

A la limite, on peut respecter les livres saisonniers des hommes politiques et de leurs nègres, ces "livres de campagnes", et on peut même apprécier les éditions Harlequin, si ce n'est pour la qualité de leurs parutions, au moins pour un succès qui ne s'est jamais démenti (les taches tenaces persistent et signent...). Dieu sait qu'il faut garder l'esprit ouvert : la SF a encore du mal à avoir bonne presse auprès d'une soi-disant élite.

Mais là, tout de même. Je suis contre les autodafés par principe, mais qu'on brûle celui-là, je ne sais pas si je le remarquerai. Il s'agit d'un ouvrage des éditions Edimontagne, collection 4camp (des livres de camping pour randonneurs et écolos, militants alter-mondialistes nomades, ou chevriers du Larzac, éventuellement). L'auteur en est Kathleen Meyer. Cela se présente comme un manuel ou une monographie.

Le titre en est à la fois descriptif, simple, et délicieusement poétique : "Comment Chier dans les Bois". Le pire c'est que le livre cherche à se faire passer pour à la fois didactique, intéressant et indispensable : le sous-titre en est "Pour une approche environnementale d'un art perdu". Certaines critiques dithyrambiques déclarent avec emphase que l'auteur nous ouvre les yeux sur un problème très actuel.

Moi, j'ai pas forcément envie de regarder, mais bon... C'est vrai que c'est actuel. Quotidien, je dirais. C'est un gros problème. Enfin, une grosse commission. Ahem. Poursuivons. Je disais donc que ce livre adresse le problème du caca dans la nature, car certains campeurs (là encore selon le livre, mais c'est vraisemblable) ne se préoccupent pas de l'endroit où ils se soulagent et du devenir de leurs étrons.

C'est d'ailleurs mon cas, ou ça le serait si je campais. Crapahuter en compagnie d'insectes sans matelas et sans luxe sous une tente bruyante, que ce soit à l'aventure et à la dure ou bien en compagnie de douzaines d'autres boeufs immondes dans leurs caravanes puantes avec leurs sales lardons gâtés pourris et leurs barbecue qui puent, le tout dans la crasse, merci bien, ça ne me sied pas au teint.

Et dire que c'est un best-seller. Vous, je ne sais pas, mais moi, je n'ai pas besoin qu'on m'explique "comment" on chie dans un bois. A part la notion toute humaine de discrétion, comme il n'y a pas plus biodégradable que les crottes et que tous les animaux le font, pourquoi se retenir ? Bien évidemment, les mauvaises langues (si j'ose dire) auront déjà trouvé une utilité à ce livre, surtout si ses pages sont bien fines.

C'est peut-être ça, cette nouvelle méthode...

25/06/2006

He's dead, Jim !

Aujourd'hui, un petit billet vite fait... Je me suis dit que j'allais peut-être en faire une autre liste, mais non, ça n'est pas la peine : Je vous livre ces dix entrées sympathiques presque en forme de top ten (presque parce que je n'arrive pas à décider de l'ordre...). Ces détails ne sont pas rédhibitoires, et peuvent même ajouter au côté "culte" du film. D'ailleurs ils sont souvent repris exprès dans des comédies...

Dix détails débiles qui rendent un film désuet ou cassent l'ambiance dés que c'est un peu sérieux :

_ Un acteur trop maquillé, surtout en gros plan et quand il dégouline de sueur

_ Les acteurs jouant les enfants ont l'air plus vieux que les acteurs jouant les parents

_ Une fausse gifle ou un faux coup qui se voit, une cascade ratée, une plaie qui ne saigne pas...

_ Des rires enregistrés, des applaudissements au héros dans le film, surtout avec une musique triomphale

_ Un acteur qui a un problème (un doute comme Harrison Ford, rentre son ventre comme Tom Cruise...)

_ Un détail historique qui tue (indiens avec des montres, grecs antiques avec des arbalètes...)

_ Un personnage irréaliste (petit gosse super intelligent et débrouillard, vieux sage qui a l'air omniscient...)

_ Un acteur qui postillonne ou bave (pas seulement au théâtre ! Voir le Hamlet de Kenneth Branagh)

_ Des costumes trop propres pour des miséreux et qui ont l'air découpé pour ressembler à des haillons

_ Des grosses couleurs qui tachent et/ou des effets spéciaux en mauvaises images de synthèse partout

Bonne séance !

Bring out your dead (Rire et Châtiment?)

Raymond Devos est mort, paix à son âme. C'est bien dommage. Soit. Il écrivait bien. Dernièrement il bloblotait un peu du ciboulot, il était vieux... Il a fait son temps, il a eu une très bonne vie bien remplie, et on pourrait même dire que ses héritiers sont en plein dans le sordide au sujet de son héritage, si l'on voulait soi-même être oiseux. Il était quand même un peu énervant à écouter, avec sa voix couinante et inaudible, essoufflée...

Il était gros et laid, ses lèvres violettes et molles pendaient de façon tellement immonde qu'on eut dit un gigantesque mérou, surtout avec ses yeux binoclards et globuleux. Je le préférais à lire qu'à voir, et surtout à entendre, puisqu'en parfait autodidacte, il était incapable de jouer correctement du moindre instrument de musique... Disons, jamais plus que l'amateur à peine correct. Mais soit, c'était son style, un peu "cirque".

Non, voilà une vraie bonne grosse perte pour le monde du spectacle : Aaron Spelling est mort, lui aussi. Ce juif texan né en 1923 nous a apporté plus que quelques textes d'une matière à rire... Il a été auteur et acteur, certes, mais c'est surtout en tant que très grand producteur qu'on le connaît. Le producteur, le donneur de sous despotique, quelle mauvaise presse a ce beau métier pourtant indispensable...

Le producteur, qui reconnaît la valeur des oeuvres et sait diriger la créativité vers autre chose que l'impasse, est au spectacle ce que l'éditeur (et son armée de relecteurs) est à la littérature : quand il n'est pas là, vous obtenez à 90% de la merde, de la boue infâme et élitiste incompréhensible... Sauf génie pur, l'autoédition c'est comme les films d'art et d'essai : C'est triste et on a honte pour les pauvres bougres.

Merci à Mel Brooks pour avoir par deux fois rappelé la valeur de cette grande profession. Aaron Spelling fait donc partie de ces légendes d'Hollywood et de la télévision, quelqu'un qui, comme les meubles, semble avoir toujours été là. Je ne vous citerai pas sa filmographie complète en tant qu'auteur, réalisateur ou producteur, vous n'en comprendriez pas le quart : En France nous ne bénéficions pas de tous les programmes américains.

C'est parfois un bien, certes... Toujours est-il que Aaron Spelling est l'homme derrière "Murder One", "S.W.A.T.", "Starsky & Hutch", "Drôles de Dames (Charlie's Angels, y compris les films)", "La croisière s'amuse (The Love Boat)", "L'île fantastique (Fantasy Island)", "L'amour du risque (Hart to Hart)", "T.J. Hooker (vous savez, l'AUTRE rôle de Shatner...)", "Melrose Place", "Beverly Hills", et même "Charmed" comme producteur exécutif !

Il n'a pas non plus hésité à s'engager dans le caritatif (puisqu'il avait plein de sous, tant qu'à faire...), et aussi sur d'autres sujets. Il a par exemple produit la version télévisée et filmée de "And the Band Played On", une pièce de théâtre très gay qui relate le début des années SIDA. Ce fut la première à en parler ouvertement et à dire au grand public que, non, le SIDA, ça n'était pas que pour les pédés.

Alors évidemment, Aaron Spelling n'était pas l'ami de George Brassens comme Raymond Devos. Il avait aussi eu la chance, contrairement à lui, d'avoir un diplôme. Il n'a pas fait que des choses bien, et il a même fait énormément d'alimentaire et de "commercial"... C'est un "mass entertainment" après tout. Il a même pistonné sa fille Tori Spelling, plus célèbre que lui à présent. Etait-il mauvais ou malhonnête pour autant ? Non.

Cet homme, plus que Raymond Devos, dans des domaines bien plus variés et toujours avec un goût exquis (Enfin, qui en appelle au plus grand nombre) a réellement épaté la galerie. Ce qui n'est pas un mal, et surtout pas facile, comme certains auteurs voudraient le faire croire. Il est souvent plus difficile de savoir ce que les gens vont aimer que ce que vous, vous aimez. Surtout quand eux-mêmes ne savent pas ce qu'ils veulent.

Je ne veux pas établir de hiérarchie, d'ailleurs elle se fait d'elle-même et elle est parfois injuste de na pas reconnaître ceux qui n'apparaissent pas en public... Mais je pense que, sans salir la mémoire de l'immense artiste (littéralement, diront les mauvaises langues...) qu'était Raymond Devos, archétype du clown du verbe, l'on peut rendre à César ce qui est à César, et hommage à Aaron Spelling, fils spirituel de P. T. Barnum.

22/06/2006

To sleep, perchance to dream

Incompréhensible. Vraiment. No comprendo. Moi y en a rien biter. Enfin je me comprends. C'est déjà ça... Comme vous êtes en passe d'arrêter de lire parce que vous n'y comprenez rien non plus, je vous explique. Suite à un problème de congestion, j'ai des ennuis, et suite à un problème de gestion de cons (je ne dis pas ça pour toi, ô, mon semblable, mon autre moi-même, et qui n'est pas la moitié d'un frère, rassure-toi), j'ai des soucis.

Mes ennuis, qui sont des ennuis de santé, sont aisément correctibles par le traitement approprié, prescrit pas mon fidèle docteur, un Chevalier servant que j'ai connu récemment et qui me suit très bien. Ledit traitement, indispensable et sans alternative, simple à suivre et sans équivoque dans sa posologie se compose entre autres de corticoïdes. Et là, les ennuis commencent sérieusement.

Les corticoïdes, voyez-vous, ça fait gonfler, tout le monde le sait. Bonjour les kilos. C'est génial, ça, quelques semaines avant le départ en vacances d'été et à la veille de pas moins de trois fêtes entre amis et avec ma famille. Si je comptais faire un régime, c'est plus la peine, ça ne marchera pas. Qui plus est, il faut que j'évite de manger salé, et j'adore manger très salé...

D'ailleurs bientôt, pour l'occasion d'un des trois repas-fêtes dont je vous parlais et juste pour me faire plaisir, on m'a promis mon plat favori, des Saltimbocca Alla Romana (des escalopes de veau ultrafines poêlées avec de la sauge et du jambon italien, très salé. Même TRES TRES salé. Mais délicieux !). Je ne peux pas refuser, et surtout je n'en ai pas envie... Et si je mange salé, je vais gonfler encore plus.

La vie est pleine de cruels dilemmes de ce genre... Heureusement que je n'ai pas le choix entre la chaise électrique et le billot, ou entre la peste et le choléra, me direz-vous... Certes, vous avez raison, mais si je vous racontais mes autres problèmes (que je m'en voudrais d'étaler) je sacrifierai ce blog sur l'autel d'un apitoiement personnel qui me laisse froid, bien loin du pragmatique cynisme qui me sied beaucoup mieux.

Mais la chose qui m’échappe dans tout ça c'est que je suis crevé. Fatigué. Vanné. Las. Par terre. Du genre à ne pas pouvoir m'allonger même sur un lit de clous rouillés et de tessons aiguisés, de peur de me réveiller trois heures plus tard encore plus crevé qu'avant. Et c'est là que le bat blesse, les corticoïdes sont censés être des excitants. C'est notoire. Allez coucher un gosse qui en a pris, par exemple.

Alors bon, ça doit être autre chose. Les soucis sans doute. Tant pis. J'irais bien faire un somme, moi...

21/06/2006

Ya plus de saisons

Tiens, nous sommes bientôt le 25... Ne serait-ce pas le moment de parler de Noël ? Comment ça nous sommes en juin ? Mais ça n'est pas une excuse. Et puis là n'est pas la question de toutes façons... Si tout le monde faisait un peu plus attention aux fêtes ils ne s'agglutineraient pas dans les magasins au dernier moment... Et puis... Et puis j'ai envie de parler de Noël, alors j'en parle. Taisez-vous. Je sais ce que je dis.

De toutes façons, qui d'entre-vous connaît par coeur le noms des rennes du Père Noël ? Ailleurs, certains enfants vous regarderaient d'un oeil peiné. Pas triste, mais peiné pour vous. Bon, parce que je suis gentil, je vais vous les donner, moi, les noms des rennes. Le Père Noël possède huit rennes, plus un renne de tête doté d'un nez rouge luisant qui lui montre le chemin au travers des rudes intempéries hivernales.

Les huit rennes du traîneau s'appellent, dans l'ordre de leur licol, Dasher (Filant), Dancer (Danseur), Prancer (Sauteur), Vixen (Renarde), Comet (Comète), Cupid (Cupidon), Dunder (Brunerobe ou Brunpoil, parfois appelé Donner...) et Blitzen (Eclair, parfois appelé Blixen, sans doute à cause de l'auteur de Out of Africa...). Le renne de tête s'appelle Rudolph (Rodolphe) addition poétique de 1939 par Robert L. May.

C'est le beau frère du poète qui a composé la chanson de Rudolph le Renne au Nez Rouge que connaissent la plupart des enfants d'Amérique. Par ailleurs, tout de même, le Père Noël bénéficie d'une certaine amélioration de statut par rapport à son prédécesseur Saint Nicolas. N'oublions pas que celui-ci était seul et sans elfes pour apporter de maigres peins d'épices aux enfants, le cul posé sur son âne.

Bon. Continuez d'être sage les enfants, plus que six mois à tenir !

La valise, un carton ?

Finalement, le jeu des mots valises (lancé par Miss Poivert et repris par le Loupil) a-t-il eu beaucoup de succès ? Le dessin de Gadins et Bouts de Ficelles (qui représente clairement l'éléptère mâle, d'ailleurs, Archaeopachydermyx Pterans, ancêtre bien connu de l'éléphant-dinde) a eu du succès, certes, mais qui s'est embêté à trouver des définitions pour mes mots ? Et qui en a trouvé d'autres à part moi ?

Pas de commentaires sur le site concernant ce genre de choses en tout cas. J'espère donc que vous vous êtes bien amusés à la maison, et comme je pense que vous avez marinés suffisamment longtemps pour être confits, je vais vous donner mes définitions... C'est à dire els définitions que j'ai devisé pour les mots que j'ai moi-même composé et soumis à Miss Poivert. Par ordre alphabétique :

Alexandring, ou Alexandingue : n. m.

     D'Alexandrin, vers de douze pieds, et Dring,

     Onomatopée rappelant une sonnerie.

     D'Alexandrin, vers de douze pieds, et Dingue,

     Terme familier pour désigner un fou.

Vers qui réveille, rai qui rit, rêve d'air, vent,

Vers qui veille, vent qui vit et qui rend rêvant.

Alphabruti : adj.

     De l'Alphabet, liste raisonnée des lettres d'une langue, et Abruti, personne rendue stupide.

Personne écrivant phonétiquement ou en langage SMS en toutes occasions, éliminant la plupart des lettres de l'alphabet (remplacement systématique de Qu ou C par K, etc.).

Mathon : n. f ?

     De Maton(ne), gardien(ne) de prison (fam. et argot) et Thon, poisson de mer connu pour sa taille imposante, sa gueule immonde et son odeur écoeurante (familièrement, une personne très laide). Gram : désigne toujours un féminin mais s'accorde au masculin. Exemple : "Le mathon était une tireuse hors de pair". Gardienne de prison grosse, moche, et dont la fonction remplace le genre et la personnalité. Dans le cas d'un officier de police de sexe féminin, que cela se voie ou pas, on dirait un Chapon (argot policier).

Prostitulaire : adj. et n.

     De Prostitué(e), personne à l'affection négociable, et Titulaire, possesseur d'un titre. Client si régulier de personnes à l'affection négociable que celui-ci bénéficie de réductions, coupons, carte de fidélité, cadeaux gratuits, ou toute autre forme de bonus.

Rhododindon : n. m.

     De Rhododendron, arbuste à fleur encombrant, et Dindon, gros gallinacé originaire d'Amérique du Nord. Dinde trop ronde pour entrer dans le four.

Tolkienambour : n. m. (féminin : Tolkienambourde)

     De Tolkien, auteur fantastique, et Topinambour, une sorte de patate.

Fan enragé de Tolkien se targuant d'avoir lu toute son oeuvre avant tout le monde, et surtout avant toutes les adaptations (qu'il juge mauvaises), se hâtant de cracher sur tous ceux qui ont "copié le maître", c'est à dire inexplicablement, tous les auteurs du genre Fantasy ainsi que tous les auteurs de jeux de rôles.

Voisaint : n. m. (féminin : Voisainte)

     De Voisin, personne vivant près d'une autre, et Saint, personnalité réelle ou mythique canonisée par une autorité religieuse, par ext. personne d'une grande bonté et/ou vertu.

Créature mythique. Voisin qui n'est jamais embêtant.

Voussoimenteur : n. m. (féminin : Voussoimenteuse)

     De Voussoiement, sorte de vouvoiement, et Menteur, personne qui ne dit pas la vérité.

Personne qui vouvoie uniquement par flatterie, et tutoie ceux qu'il respecte vraiment.

Voilà, fini ! N'hésitez pas à me proposer vos définitions, et surtout amusez-vous, ne vous forcez pas. Pour plus de mots inventés de cette façon, consultez le "Dictionnaire des mots qui n'existent pas" de Jean-Loup Chiflet, lui-même joueur de mot émérite mais trop souvent pesant à force... Un ouvrage pas indispensable, car vraiment axé adultes des années 90, et de ce fait tombant parfois à plat...

Mais il a de très bon mots, de très bonnes trouvailles, comme la chaltitude (hauteur maximale et souvent impressionnante que peut atteindre un chat faisant le gros dos pour rencontrer une main au dessus), le crustasybarite (personne très agaçante qui attend d'avoir décortiqué tous ses fruits de mer avant de les manger, les sélectionnant avec soin), et quelques autres.

Je vais personnellement mettre mes mots dans mes valises et soigner celles que j'ai sous les yeux avec quelques vacances bien méritées (ou pas, on s'en fout, l'important c'est que je me casse et que je vous emmerde... Sans blague...) très bientôt, c'est à dire pendant à peu près guère plus mais pas moins que tout le mois de juillet. C'est pas demain, mais ça approche, alors je préviens.

A bon entendeur, salut !

20/06/2006

Pouvoir Psy

J'ai entendu dire l'autre jour par je ne sais quel expert badernoïde que les voyants et autres marabouts étaient "déconnectés de la réalité". Rien que ça. Ha ! Oh, je n'ai rien contre le sain scepticisme qui devrait toujours marcher avec la science, main dans la main (car sans la mise en doute, il n'y a pas de question, pas d'expérience et pas de progrès...), mais soyons tout de même clairs.

Si nous refusons l'ignorance au nom de la science, nous devons aussi la refuser lorsqu'on parle du surnaturel. Je ne vais pas vous dire qu'il y a des phénomènes inexpliqués, nous le savons tous : j'ai l'espoir qu'un jour on les explique, et en même temps je me dis que le monde sans eux serait bien moins intéressant... je ne vais pas non plus vous recommander un médium ou vous tirer les cartes.

Non, simplement, dire qu'un praticien du paranormal est déconnecté de la réalité simplement à cause de son métier, même s'il croit à ses pouvoirs (ce qui n'est pas certain...), c'est quand même un peu fort de la part d'un simple psychiatre. La psychiatrie met des années pour arriver au même résultat que la voyance-conseil obtient en quelques séances, chez la plupart de ceux qui y croient vraiment.

Même si la voyante est plus chère (et ce n'est pas toujours le cas), ça fait quand même pas mal d'économies... Du moins si madame Irma cherche à aider et pas juste à empocher son blé et faire revenir le gogo. Mais voilà encore un préjugé : de nombreux psychiatres font la même chose, et entament des analyses de longue haleine, sans fin, à raison de deux séances très chères par semaine, alors que ça n'est pas nécessaire.

C'est le côté autoritaire de la voyance qui aide le patient crédule en quête de conseils, ce côté "je ne suis pas juste diplômé et entraîné à lire les gens par déduction, mais je sais ce qui arrive via le surnaturel et je ne me trompe jamais"... Même si c'est complètement faux, c'est une réputation que n'ont pas les psychiatres. Quant aux accusations de charlatanisme, les deux corps de métier son ex-aequo.

Enfin, entre un psychiatre qui, après des années d'études, se retrouve soumis à des tas de règles, dont les consultations sont tarifées et contrôlées et qui a de la paperasse à remplir par dessus la tête histoire de fréquenter des psychopathes... Et une voyante qui ne fréquente que des gens "normaux", qui n'a pas fait trop d'études, qui se fait payer cher et au black et qui fait ce qu'elle veut sans licence...

Vous me direz lequel de ces deux-là est le plus déconnecté de la réalité !

19/06/2006

N'est haut logique

Je suis tout content d'avoir eu un beau livre pour mon anniversaire. Oui, ça fait très niais, quand on le dit comme ça... Mais je retombe en enfance : imaginez un peu, on vient de m'offrir un dictionnaire. J'adore ça ! J'en manquais justement. Le dictionnaire est un outil indispensable à chacun, et il est bon de le renouveler environ tous les dix ans en moyenne... certains le gardent toute une vie, les écrivains et professeurs changent souvent.

Celui là est très bien. C'est le nouveau Littré, référence absolue de la langue française. Absolument imbattable sur l'étymologie, l'origine des mots, bref, la linguistique. Par contre ce n'est pas du tout un dictionnaire technique ni illustré, et il fait uniquement les mots communs... Ne lui demandez pas de définitions plus explicites et plus complètes que le style "Merisier : Cerisier sauvage. Bois dont on fait des meubles."

Il a tout de même une section annexe particulièrement instructive sur les néologismes. On peut constater que bien des barbarismes courants ou non y ont leur place, certains très usités ("Maronnasse"), très spécialisés ("Hard-core gamer"), et d'autres que l'on croirait déjà entrés dans le dictionnaire ("scénaristique"). On y trouve aussi quelques drôleries comme "Dieudonnerie" et "Raffarinade"...

Mais au delà de cette innocente nomenclature mutante se trouve toujours le spectre du Journalois (oui, un autre néologisme issu de cet ouvrage précieux). Il s'agit du parler journalistique, cette langue sensément efficace et simple qui, pour mieux "convoyer du sens", rend exsangue et sèche la belle langue qu'est la nôtre. Par bien des côtés, celle-ci rappelle la Novlangue (comme le fait remarquer l'exemple du Littré, d'ailleurs).

Rappelons ici ce qu'est la Novlangue, Newspeak en anglais. C'est un idiome inventé par George Orwell dans l'immortel 1984. Il en fait la langue officielle de son état totalitaire, une langue rapide dont toutes les nuances (et particulièrement celles qui sont subversives, pour en éliminer jusqu'au concept !) ont été élaguées avec l'ablation de mots jugés superflus, la simplification de la grammaire, bref, une agglutination à l'extrême.

Par exemple, pourquoi dire "mauvais" alors qu'on a déjà le mot "bon", et qu'il suffit de dire "inbon" ? Pourquoi dire "poux" et "canaux" alors qu'on a "pous" et "canals" ? On le voit, cette langue se rapproche du politiquement correct, dans le sens ou l'entendait Pierre Desproges : un aveugle est un non-voyant, un sourd un malentendant... On résout un problème cosmétique en appelant un chat un chien, en niant la réalité.

D'ailleurs, on entend régulièrement certains, pour rire, redire les mots courants de cette langue, parfois sans même avoir lu le livre : "C'est doubleplusbon" plutôt que "c'est meilleur". Il existe quantité de langages crées de cette façon, d'ailleurs. Le Japonais en fait partie, d'une certaine manière, de même que l'Espéranto (fondé de façon à être un langage universel, donc aux concepts et à la grammaire modulaires et faciles)...

Mais je m'égare. Je vous parlais de mots bien réels utilisés en dépit du bon sens, des horreurs employées pour rien à cause d'une méconnaissance du vocabulaire français. Pensez-vous, des mots qui sonnent faux, lourds et peu gracieux, lâchés couramment parce que certains abrutis ne connaissent pas le mot (pourtant usuel) qui se rapporte au concept qu'ils évoquent... Comme des pets ponctuant une logorrhée.

On les entend partout : Contraventionnaliser plutôt que verbaliser, Masculinisme plutôt que machisme, Quinzomadaire plutôt que bihebdomadaire, Rectilignité plutôt que droiture... N'importequoitesque au lieu de farfelu ! Ce sont de vraies ordures verbales, pas de ces mots qui auront l'espoir de passer dans la langue, tels méandreux (au lieu de sinueux), démoniser (pour diaboliser), ou à la limite hommager (écrire un hommage)...

Ces mots qui réinventent l'eau chaude m'agacent profondément. Si beaucoup de néologismes sont justifiés, plus encore sont l'expression d'un concept déjà parfaitement défini, comme cister (et cisteur, cistage...), c'est à dire s'adonner à la chasse aux objets sans valeur à l'aide d'énigmes, autrement dit le bon vieux cache-tampon, en version "adultes régressifs friqués ayant du temps à perdre". Pareil avec les anglicismes.

Dieu sait que je ne suis pas pour cette pantalonnade qu'a été la loi Toubon, et je suis pour l'évolution de la langue (Pantalonnade aussi a été un néologisme, à une époque), mais quand il existe un mot français parfaitement élégant et adapté, doit-on vraiment adopter la version microsoftienne ? Doit-on, même si l'on apprend l'anglais ou quelque autre lingua franca, abandonner pour autant des mots tout à fait valables ?

Que dire du mot forwarder, totalement synonyme de réexpédier ou transmettre ? De Gentryfication, pale copie d'embourgeoisement ? D'un objet must-have, en fait indispensable ? Du move qui n'est en définitive qu'un mouvement ? D'un testing qui n'est autre qu'une expérience ou un test ? D'un slide-show qui starte et remplace impunément un diaporama qui commence ou bien débute ?

Mais je me tais, on va me prendre pour une vieille andouille faisant l'apologie inutile d'une langue française surannée que plus personne ne parle, pas même les français, et que le monde a largement abandonné au profit d'un idiome plus simple et plus universel comme l'anglais... Je ne vais même pas vous parler du langage SMS, cette ignominie cause d'une plus forte recrudescence des fautes, et pas uniquement chez les jeunes.

Il n'y a plus qu'une chose à dire : Sélectez lé mot avek sw1...

18/06/2006

Dia de Independencia (Independance Day)

Les Catalans sont heureux. Plus heureux aujourd'hui qu'hier, en tant que peuple, car ils ont obtenu sans difficulté une quasi-indépendance méritée. Depuis longtemps qu'ils sont fiers d'être Catalans, ils ont choisi de ne pas faire comme certains Basques qui posent des bombes partout : Ils mettent en avant leur culture. Et quelle culture ! Picasso, Dali, Gaudi, Miro, l'art gothique et roman, la mer Méditerranée, la crème, le thon...

Barcelone est la capitale culturelle de l'Espagne, certes, mais c'est volontaire : Elle s'est mise ne avant de cette manière depuis bien longtemps, et d'autres villes auraient pu prétendre à ce titre (notamment dans la Junta de Andalucia) si elles avaient été aussi enclines au pacifisme, ou tout simplement misé sur le bon cheval. On peut arguer que la Catalogne est naturellement plus riche que des régions comme la Mancha... Soit.

Mais le résultat est là : à présent, l'autonomie de langue et de culture est renforcée, et leur autonomie fiscale avance à pas de géants (la région catalane peut maintenant administrer et prélever 50% des impôts sur le revenus, par exemple). S'ils ont atteint ce but, à un rythme que certains jugent lent et d'autre approprié, c'est par des voies pacifiques... Ce qu'ont aussi essayé certains Basques comme le grand auteur Max Aub.

Ne produisant hélas pas un best seller international par an, mais ayant écrit un chef-d'oeuvre absolu qui n'est autre que son recueil de nouvelles intitulé Obabakoak, Max Aub rachète une peu le déshonneur que les séparatistes de l'ETA (Euzkadi Ta Azkatasuna, ou "Le Pays Basque et sa Liberté"... J'espère qu'avec le nom complet vous ne confondrez plus avec d'autres acronymes, moi ça m'arrive tout le temps).

Alors oui, c'est vrai, la route de l'indépendance catalane est longue, mais au moins ils y arrivent. Regardez où en est le pays Basque aujourd'hui : les attentats n'ont réussi qu'à renforcer ce qu'ils combattaient. On se retrouve avec plus de flics, moins de touristes, plein de bouseux qui font bosser leurs gosses au lieu de les envoyer à l'école... Et un grand besoin des subventions que l'état hésite à donner pour ne pas financer les terroristes.

Résultat, le Pays Basque et ses diverses régions fonctionnent moins bien que la Catalogne. C'était déjà le cas depuis bien longtemps, mais comment voulez-vous que ça ne se soit pas creusé ? Plus de terroristes c'est moins d'investisseurs, moins de sous, moins de routes correctes, moins d'écoles, moins de tout. Heureusement, comme cela fait quelques temps que l'ETA s'est calmé, il y a de l'espoir.

13/06/2006

Vie de chien

Arrêtez les rotatives, réveillez PPDA, passez en DEFCON 1, téléphonez au Président ainsi qu'à Jacques Chirac tant qu'à faire, faxez le Pape (si, si, introduisez-le dans la fente !), larguez les bombes, tirez les torpilles quantiques, lâchez les blanches colombes, faites évacuer le zoo, Catapultez des nains enflammés dans le ciel nocturne (lesquels seront habillés comme dans les tableaux de Vélasquez et crieront "Mira ! Mira !")...

Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. Autrement dit, j'ai un an de plus, pour tous les non-comprenants congénitaux. Ce qui me fait... Un certain âge. Vous savez que ce n'est pas poli de demander ça à une Dame ? A Lady ? Eine Frau ? Una Dona ? Et le fait que je sois un homme n'a rien à voir dans l'histoire. D'ailleurs je suis extrêmement jeune et je n'ai pas honte de mon âge. Aujourd'hui j'ai deux ans.

Parfaitement. Deux. Ce qui fait que j'ai créé ce Blog dés les premiers mois de mon existence. Quand je vous disais que j'étais un génie, un prodige absolu... Quoique pas tout à fait, puisque je suis un chien. Donc en années de chien ça fait 14 ans. Oui, je suis un chien (un labrador, pour être précis) génétiquement modifié dans un centre de recherches, et j'écris grâce à une interface clavier adaptée pour que je puisse l'utiliser avec la langue.

Quand je vous disais que j'étais petit, brun et poilu. Vous croyiez vraiment que j'étais un humain ? Ha, vous vous êtes bêtement fié à mes photos et à des tas de fausses pistes que j'ai dispersé çà et là. Voyez-vous, c'était la condition sine qua non qu'ont posé mes maîtres, les chercheurs (ceux qui ont fait le chat hypoallergénique, vous voyez ?). Comme je ne peux pas sortir du labo, j'ai le droit d'aller sur le Net, mais sous une fausse identité.

Ah, merde, j'ai tout dit... Ils vont devoir m'emmener loin, me piquer ou me cloner, ou m'enfoncer une sonde anale extraterrestre... Un vendredi soir habituel, quoi.  Bon, d'accord, je vous fais marcher. Mais vous n'avez évidemment pas cru un mot de ce que j'ai dit. Si c'est le cas, c'est dommage, parce que c'est vraiment mon anniversaire ! Et je remue la queue quand je suis content, aussi. Bon, c'est l'heure de la promenade...

12/06/2006

Au delà du réel

Interprétez vos rêves grâce à l'almanach des fermiers, plutôt que de faire confiance à Jung ou ce vieux pervers de Freud... Bien entendu aucun rapport avec quoi que ce soit de réel, mais plutôt une forme de divination apparentée à l'astrologie ou au Tarot : L'oniromancie est un vieil art. Attention, ceci n'est censé concerner que les rêves faits lorsqu'on est calme, sobre, ni affamé ni trop repu, et qu'on n'a pas l'esprit "altéré par le vice".

Autant dire que ça ne marche pour personne...

"Rêver de routes indique la fortune; si elle est claire et lumineuse, c'est une bonne fortune; si elle est sombre et sinistre, c'est une mauvaise fortune et le signe de futurs revirements. Les anneaux symbolisent le mariage, l'argent et l'amitié. Le serpent est le symbole de la fausseté de l'inimitié, et dénote les ennemis. Il devrait mettre sur ses gardes, car il avertit des problèmes, vexations et tracas. Le cercueil, emblème de mort, signifie une longue vie heureuse; c'est aussi un signe d'accroissement de ses propriétés par l'industrie, et annonce des nouvelles d'amis lointains. Le chien, symbole de fidélité, signifie les amis et la jalousie. Rêver de carrés indique paix et prospérité; de figures oblongues, des problèmes domestiques. Les lignes droites indiquent la paix, les voyages, le bonheur et une longue vie. Les lignes tordues et courbes indiquent des tracas; le triangle ou la couronne indiquent une fortune inopinée. Rêver de croix signifie la mort d'un ami, et dénote l'adversité, les épreuves et le malheur. Rêver de fleurs est un bon présage, cela implique la joie, le bonheur, des gains matériels rapides, un mariage prospère et une vie heureuse. Les lettres indiquent des nouvelles : claires et aisément lues, elles indiquent de bonne nouvelles. Rêver d'arbres évoque la bonne santé et les souhaits exaucés. Rêver de montagne indique des amis et la bonne fortune. Les nuages, le soleil, la lune et les étoiles dénotent le bonheur, la chance, les honneurs, un changement dans la vie, la respectabilité et l'industrie, selon leur luminosité. Rêver d'oiseaux est un bon présage; c'est le signe que la persévérance viendra à bout des difficultés. Rêver d'animaux en général (sauf le chien) est mauvais signe, signe de perte par vol, problèmes et difficultés, et que le rêveur devra recourir à la plus grande vigilance pour les surmonter. Rêver d'enfants est le signe de troubles dans la vie amoureuse; et de grandes dépenses arrivant sans prévenir. Rêver de femmes dénote la joie et le bonheur d'une façon générale. Rêver d'hommes indique des visiteurs, des cadeaux, etc. Rêver de vers ou de choses rampantes, d'horloges, de forêts ou de choses désagréables, signifie la rivalité en amour et en affaires, l'hypocrisie, la tromperie et la trahison d'amis. Rêver de poissons signifie qu'on va recevoir des nouvelles de l'étranger, la confiance de ses amis, les voyages et l'argent, les événements heureux, l'amélioration de ses affaires. Rêver de maisons ou de grandes villes indique un changement favorable de fortune, mais aussi la prudence dans toutes les situations. Rêver de voyage est signe d'embarras et de retards."

Ceci est un extrait de l'almanach du fermier du docteur MacDonald, publié en Amérique en 1918. Selon toute apparence, ce sont des présages simples à interpréter... Et pourtant ils contredisent l'interprétation traditionnelle des rêves selon les techniques de l'Inde ancienne ! En ce qui concerne le soleil, la lune et les étoiles, notamment, mais aussi les animaux.

Les textes traditionnels indiens considèrent que monter sur le dos d'une vache, d'un taureau ou d'un éléphant est de bon augure. Le soleil et la lune ne sont de bons présages que lorsqu'on les touche de la main. De même, ce n'est que si l'on grimpe sur une maison, une montagne ou dans un arbre que le rêve augure une bonne fortune. Rêver qu'on pleure ou qu'on est mort augure d'un avenir brillant.

Et je ne vous parle pas de l'interprétation babylonienne des rêves religieux, ni de la dimension psychologique de tout ça : chaque culture a ses propres grilles de décodage, et bien malin celui qui peut arriver à lire l'avenir dans les rêves plutôt que les voeux inconscients de personnalités endormies ! Les rêves ont un domaine ou chacun se trompe souvent, et surtout le rêveur. Ne nous demandons pas qui a raison.

Personnellement, j'aime les rêves parce que c'est agréable et que ça donne des idées, c'est pourquoi j'essaie toujours de me souvenir des miens. Je ne les prends pas comme des présages, ni forcément comme des manifestations de désirs plus profonds, mais tout simplement comme des histoires, des mines d'aventures et de dépaysement, des cadeaux de l'esprit qui se repose. Enfin, je rêve, tout simplement !

11/06/2006

Perestroïka Pride

"Trois quarts des Russes approuvent la décision d'interdire la gay-pride de Moscou". C'est le titre de la dépêche qui rapporte le sondage Russe. Plein de chiffres intéressants, du genre "même si plein de gens sont contre les homosexuels, d'autres n'ont rien contre mais pensent que ça n'est pas naturel et que ça ne leur rend pas service de marcher dans les rues comme ça...». Je note qu'aucun homo n'ose se dire homo dans le sondage.

La Russie n'est pas connue pour diffuser des informations fiables sur quoi que ce soit, surtout quand ça va mal, mais admettons. La situation était identique aux Etats-Unis entre 1969 et 1973, et, on le voit à la croisade anti-gay de leur président, les mentalités n'ont pas encore fini de changer. Rappelons que l'homosexualité n'a été dépénalisée en France qu'en 1981, ce qui fait 25 ans tout rond... C'est affreusement récent.

Entre les popes qui chassent le juif à leurs moments perdus, les autorités répressives, la pauvreté perpétuelle qui s'est à peine arrangée depuis la chute du communisme, la mafia russe impitoyable pour qui l'homosexualité paie moins que le crime et la mentalité générale qui veut que les pédés, ça se casse plus que les bouteilles de vodka, il y a quand même du boulot.

C'est comme pour le Pape et l'Eglise Catholique, personne de sensé ne pense honnêtement que, du jour au lendemain, il y aura une gay-pride vaticane. Je sais bien que les églises orthodoxes ressemblent à des godemichés, que le stéréotype veut que les prêtres soient tous pédés, pédophiles ou les deux, mais sérieusement, de la part de l'Ours Russe, vous ne vous attendiez tout de même pas à une Bear Pride, si ?

Je réponds donc à tous ceux qui marchent à Paris pour protester contre l'homophobie des slaves : souvenez-vous de la paille et de la poutre. Les mentalités ne changent pas en un instant, surtout pas dans un pays comme la Russie. Je ne m'adresse pas à ceux qui font ça par soutien ou parce qu'il ne "faut pas mollir", mais à ceux qui croient qu'à cause de leur petite manif tout va s'arranger d'un coup.

Ne riez pas, il y en a ! J'en ai connu. On n'arrange pas les choses simplement en disant "ah ouh les cornes".

10/06/2006

Mais que fait George Clooney ?

Ah, le monde merveilleux des urgences parisiennes... J'étais inopinément à l'hôpital Bichat, non pour moi-même mais pour accompagner quelqu'un qui avait fait une subite crise de tombéd'unescabeautite aiguë. Une maladie courante et néanmoins dangereuse que l'on contracte le plus souvent en faisant l'andouille en hauteur pour accrocher des tableaux, des guirlandes d'anniversaire, changer des ampoules, etc.

Il a fallu attendre environ cinq heures qu'un médecin daigne examiner la plaie occipitale ouverte (!!!), ce qui est un délai normal (enfin disons "habituel" bien qu'aberrant) dans la plupart des services d'urgences lorsque la victime n'est pas en train d'agoniser. Et encore, Bichat a les deuxièmes plus grandes urgences de Paris. On nous dit qu'il y a trop de médecins en France alors que les couloirs sont remplis uniquement de patients qui attendent...

Cette situation paradoxale m'a permis d'étudier la faune locale, entre deux cris inarticulés de la grasse harpie malienne de l'accueil ("Je sais pas, vous voyez pas que je suis occupée ? Ne m'agressez pas ! Je peux rien faire, c'est pas moi qui..."). Soit dit en passant, c'est le seul rôle de l'accueil : permettre aux rares médecins de boire un café entre deux patients et d'arriver en "sauveurs" lorsqu'ils viennent la houspiller, prenant le parti du patient.

Comme on l'a vu, "patient" n'est pas un vain mot. Parmi eux on trouve certains types inévitables : le clochard qui est tombé ou s'est fait agresser, et qui continue de mendier dans la salle d'attente; le vieux avec des trucs genre décapsuleur en plastique qui dépassent de la poitrine; la vieille dame tyrannique ne parlant pas français et sa fille soumise, qui interprète et tempère les propos visiblement méprisants de l'impotente grabataire...

Il y a aussi un ou deux enfants avec un jouet absurde coincé dans un orifice au hasard (ou même ailleurs), l'adolescente tendance mais un peu grassouillette qui baisse les yeux et vient aux urgences "parce qu'elle a mal au ventre"... N'oublions pas le type complètement crevé qui bave dans un coin, et le groupe de blacks qui ont l'air en parfaite santé mais regardent tous le sport à la télé (un match qu'on a mis pour couvrir les cris...).

Presque toujours, on trouve une gentille dame un peu âgée qui vient dire d'une voix douce que telle ou telle partie du corps lui fait mal, mais qu'elle ne veut pas déranger. Au contraire, il y a ceux qui crient, surtout les familles qui viennent voir leurs proches admis en urgence et à qui personne ne dit rien, jamais. Si vous êtes encore capable de rouspéter, vous êtes probablement là pour rien de toutes façons !

De temps en temps, un ambulancier arrive pour prendre une série de cafés de ses doigts agiles pour lui et ses collègues. On peut aussi croiser un pompier tout en pectoraux, plus gonflé que l'agent de sécurité. Au dehors, chacun se sert de son portable (bien que ce soit aussi le cas à l'intérieur en dépit de l'interdiction), et on croise plus d'internes en train de fumer que dans les couloirs à soigner les malades...

Ce qui est clair c'est qu'on ne peut pas soigner tout le monde, et que le tri est fait soit par les pompiers et les ambulanciers (parfois très sexy mais rarement aussi qualifiés qu'un médecin), soit par l'infirmière d'accueil (idem)... Conseil : pour augmenter vos chances d'être traité en premier, si votre blessure n'est pas trop grave ou ne saigne pas assez, éventrez-vous avec un couteau à pain. C'est la seule chose à faire...

09/06/2006

Yak Rivais, Yillustrais aussi

Les blogs du Loupil et de Miss Poivert (voir ma liste de blogs ou c'que faut y aller, juste à côté) m'ont gentiment plongé dans l'atmosphère doucereuse de l'enfance, nostalgie qui vaut tous le lexomil du monde, en parlant des mots-valises. Figurez-vous que quand j'étais petit (ce qui était il n'y a pas si longtemps... d'autant que je mesure encore moins de 1m75), j'étais fan de Yak Rivais.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas, Yak Rivais est professeur (à présent à la retraite, du moins je l'espère pour lui) et écrivain joueur de mots qui a fait les riches heures de l'Ecole des Loisirs, maison d'édition qui aime les enfants. C'est pour ses élèves qu'il a écrit, entre autres, "Les contes du miroir" et "les sorcières sont NRV", deux recueils d'histoires, chacune basée sur un jeu de mot ou de lettre différent.

Il y a par exemple une histoire entière en calligrammes, une histoire semée d'artabanismes, une histoire ou chaque mot commence par la dernière lettre du mot qui le précède, une histoire dans laquelle chaque phrase dissimule un prénom, une histoire caviardée à partir du petit chaperon rouge de Perrault, une histoire en calembours, et de nombreuses autres encore... Et bien entendu une histoire en mots-valises.

Yak Rivais illustre aussi ses livres, ce qui lui permet de s'adonner aux rébus. Il est aussi le père de livres tels "Guide Zinzin d'Histoire de France, de l'à peu préhistoire au monde contempourien", de "Moi pas grand mais moi malin" (Un livre pour enfant entièrement écrit sans la lettre E !), du "Métro mé pas trop" (un spectacle pour fêtes d'écoles à la Raymond Queneau), et bien sûr des enfantastiques.

La longue série des enfantastiques n'a pas vraiment de jeux de mots, à part dans le titre. Enfin si, à l'occasion, mais ça n'est pas le but premier. Il s'agit d'une série de contes contemporains dont les héros sont tous élèves de ses classes dans son école près de la place de la Contrescarpe : Chaque élève fait montre d'un pouvoir extraordinaire et original, prétexte à histoire. Il paraît évident qu'il a été élevé au lait de Gripari...

Qui n'a rêvé, honnêtement, d'avoir un tel professeur ? Chacun devrait acheter son ouvrage sur les mots-valises pour ses enfants, ses nièces, voire pour le donner à n'importe qui en passant devant une école primaire. Mon exemplaire est tout écorné... C'est "le Rhinocérossignol et autres animots-valises", depuis réécrit et augmenté en "Le Rhinocérossignol et le Coca-Koala". Offrez-le, vous ferez aimer le français.

Mais ce serait vous bouder le plaisir de le lire en premier : Comment résister devant un savoir aussi indispensable que les moeurs de l'escargodasse (un pataugastéropode), la moralité de la fable de la cigalipette et de la fourmilitaire, de l'histoire de ces deux jumots-valises que sont le pangolin et le pangolautre, et de l'étendue de la famille des poux (poupulaire, poubelle, poudingue, hippoupotame...) ?

Achetez-le donc et rangez-le dans votre bibliothèque, à S comme Superflutile.

08/06/2006

Non, ce n'était pas le radeau de la méduse ce bateau...

Je ne suis pas de ceux qui prennent les sportifs pour des héros, et surtout pas leurs agissements pour des exploits. Surtout pas à notre époque, ou l'on devrait faire monter les médecins et les chimistes sur les podiums plutôt que les "champions". Désabusé, moi ? Point du tout. Encore eut-il fallu que je m'y intéresse au départ : les gesticulations de ceux qui excitent le peuple autour du néant absolu m'indiffèrent au plus haut point.

Mais tout de même, il y a certaines choses qui sont un peu grosses, un peu dures à avaler... Des héroïnes, des "aventuriers de l'extrême" qu'il est difficile de prendre au sérieux. Prenez Raphaëla le Gouvello. A 46 ans, elle vient de finir saine et sauve sa traversée de l'océan indien en planche à voile, en solitaire et sans escale. Dit comme ça, ça force le respect, non ?

Une seule et faible femme, plus toute jeune, face aux éléments déchaînés, aux requins affamés, avec pour tout soutien un maigre bout de bois et une voile ? Ne vous fiez pas au stéréotype. Déjà, elle s'entretient, et elle est vachement bien conservée pour son âge. Elle connaît bien la mer, elle fait ça depuis trente ans. Ensuite, elle n'a pas le matériel de tout le monde... Elle est archi-sponsorisée !

Sa planche à voile n'a rien d'un bout de bois : c'est un miracle de technologie qui mesure presque huit mètres de long et deux mètres de large ! Cet énorme bouzin profilé, aussi grand qu'un bus, est bardé de tas d'appareils de navigation, garanti matériaux composites incassables, possède un mat qui tient pratiquement la voile tout seul en cas de tempête (voile dont la surface renvoie le catamaran moyen chez sa mère !).

On peut y entreposer des vivres et les réchauffer, manger dessus, dormir dessus (la surface est aussi grande que la plupart des chambres de bonnes à Paris !), bronzer dessus tant qu'on y est... Et s'il y a le moindre problème, c'est aussi bourré d'électronique et de balises GPS pour qu'on retrouve la pauvrette sur son esquif en un rien de temps. Et bien entendu, comme c'est médiatisé, il y a des caméras pour tout retransmettre.

Moi je n'appelle pas ça une planche à voile. Ce n'est pas yacht de milliardaire saoudien, mais c'est quand même tout confort par rapport à l'idée qu'on se fait de l'aventure. La seule différence avec une vedette c'est qu'il n'y a qu'un pont en guise de cabine et un espace de stockage dans la planche. Et qu'il n'y a un moteur qu'en cas d'urgence. Et toutes les vedettes n'ont pas la chance d'avoir un matériel aussi sophistiqué !

Alors la pauvre Raphaëla, on va la plaindre parce qu'elle a manqué d'eau potable aux trois quarts du voyage ? Et puis quoi encore, elle a un appareil pour filtrer l'eau de mer. Parce qu'elle a rencontré des requins ? Ben voyons, sur son insubmersible elle n'allait pas se laisser emmerder par trois morceaux de sushi. Parce qu'elle a eu une gastro-entérite ? Et moi, quand j'ai la tourista ou la courante, j'en fais tout un plat ?

C'est un record ? C'est sûr que comme tout le monde s'en fout, personne ne l'a encore tenté. Allez, rions-en...

07/06/2006

Flash Spécial

Vous vous souvenez du billet récent sur ce même blog au sujet de ces deux jeunes hommes en but à l'homophobie de leurs parents ? L'un mineur et subissant une fouille complète de sa chambre, sans même lui laisser le temps de se remettre du suicide de sa meilleure amie, l'autre tout juste majeur et cloîtré chez-lui à la veille du baccalauréat. Comme moi, vous auriez pu vous dire "ça va se tasser, c'est un manque de dialogue...". Eh bien non.

Aux dernières nouvelles, la mère du plus jeune lui a dit qu'elle préférait le voir mort plutôt qu'homosexuel. Les parents du plus âgé ont appelé la police pour le ramener chez-lui alors qu'il était sorti... Heureusement, il est majeur. Ils l'ont aussi menacé de l'envoyer à l'hôpital psychiatrique. Ils ont même caché le contrat de travail du boulot qu'il a décroché, puisqu'il s'agit du même lieu de travail que celui de la mère...

Comprenez-vous, la mère ne veut pas avoir honte de son fils : elle refuse que tout le monde sache qu'il est homosexuel sur leur lieu de travail. Les deux jeunes hommes ne peuvent plus se voir, ou alors en cachette dans des lieux publics et en échappant chacun au contrôle parental. Pourtant, les deux ont largement dépassé la majorité sexuelle... Je vous le demande, qui est à enfermer dans l'histoire ?

Je me souviens

Le Canada vient de se réveiller comme une fleur, tout surpris de trouver un nid de terroristes islamistes sur son sol. 12 hommes et 5 adolescents avec de quoi faire tout péter (plus encore que l'attentat d'Oklahoma City, dit-on) ont été arrêtés par leurs services. Au Canada ! Un pays si large d'esprit et pacifiste qu'ils se sont abstenus pour l'Irak, et que leurs troupes ne Afghanistan ne font rien d'autre que de l'humanitaire.

Le Canada, dont j'ai parlé il y a longtemps dans ce même blog, pays épris de paix ou la criminalité est basse et la qualité de vie haute. Le Canada, si tolérant qu'il a récemment autorisé dans les écoles le port à des fins religieuses des couteaux rituels que les jeunes hommes fidèles de je ne sais quel culte doivent porter symboliquement. La lame, elle, fait trente centimètres d'acier recourbé et est tout sauf symbolique...

L'un des terroristes a menacé de décapiter le premier ministre canadien (un homme tellement placide et bénin au niveau international que, régulièrement, la plupart des gens sur Terre oublient jusqu'à son existence, et que personne ne se souvient jamais de son nom). Outre faire sauter le parlement, la bourse d'Ottawa et la tour CN (la plus haute du Canada), ils projetaient d'occuper les locaux d'une chaîne de télé.

C'est vrai que c'est plus pratique pour avoir des otages célèbres et diffuser ses revendications... Non que ce soit particulièrement important, ce sont toujours les mêmes : protestations contre les troupes en Afghanistan, le gouvernement en général (tant pis s'il est pro-palestinien)... Il y a toujours des prétextes, mais de fait il n'y a aucune justification à ce genre de meurtre en masse brutal et indécent.

Le Canada est donc fort étonné. En plein désarroi, dirait-on. D'autant que les terroristes n'ont eu aucun contact avec Al Quaida, et n'ont pas été formés ou endoctrinés en Afghanistan. Ce sont des citoyens canadiens nés au Canada ou arrivés là en bas âge. Non, ce sont des endoctrinés "maison", made in Canada par des intégristes musulmans locaux et le fabuleux outil qu'est Internet.

Il est vrai que les communautés musulmanes tardent à trier le bon grain de l'ivraie dans leurs propres rangs, ce qui est aussi le cas pour les lobbys chrétiens des Etats-Unis... Chacun est réticent à se dissocier de groupements certes fondamentalistes, mais dotés de nombreux fidèles, de crédits conséquents, et qui peuvent décrédibiliser ceux qui les bannissent en prétextant qu'ils respectent mieux les écritures.

On en vient au problème principal de toute cette histoire : les revendications ne comptent pas ou plus, et tout le monde s'en fiche : elles ont expédiées en une ligne dans les journaux... Non, tout le monde l'a bien compris maintenant qu'il est trop tard, il s'agit d'une guerre de religion. Une bonne vieille guerre de religion, comme au temps de la Saint Barthélemy, avec option Croisade et Guerre Mondiale.

Par ailleurs c'est ce que j'avais prédit à qui voulait l'entendre (c'est à dire pas grand monde à l'époque) il y a des années. J'en ai un peu marre d'avoir raison. Religion oblige, le simple fait pour le Canada d'être aussi pluraliste est un prétexte suffisant pour justifier toutes les extrémités aux yeux de ceux qui suivent une loi coranique répressive et stricte. Les pays qui ont subi des attaques l'ont déjà compris et dit aux copains.

Evidemment tout le monde se croit à l'abri dans son coin, se disant "si je reste en dehors, tout ira bien pour moi." Comme la France en son temps. Ce n'est d'ailleurs pas une attitude lâche, surtout quand des vies sont en jeu ! Mais comme le monde entier a des intérêts dans le pétrole et que tous les pays occidentaux commercent avec les Etats-Unis et/ou font dans l'humanitaire, n'importe qui peut être pris pour cible.

On peut déplorer le fait qu'on ait à vivre une époque où l'on doive être loup pour éviter d'être mouton (c'est vrai que c'est dommage), mais y a-t-il eu une seule époque ou l'on pouvait sans risque se permettre de baisser sa garde ? Je suis historien et, personnellement, je n'en ai pas trouvé. Qu'ai-je écrit dans la liste des sentences qui tuent, un peu plus bas, il y a quelques temps ?

Ah oui. C'est un proverbe. "Faites le mouton, on vous tondra."

03/06/2006

Crimée toussotements

Malgré les multiples lois anti-tabac et la cherté de ces petites graines de cancer, nombre de gens continuent de fumer, ou commencent de le faire. A leur décharge, si l'on peut dire, ce n'est pas forcément du tabac. Puisqu'il est devenu impossible de fumer dans les lieux publics, la résistance s'organise et reprend les vieilles traditions : la cigarette après l'amour (là où personne ne vient vous embêter), et les "roulées maison".

J'exagère. Il n'y a pas de maquis fumeur, même si ça en a tout l'air parfois... Les fumeurs se cachent, fument chez eux et sans se montrer, fument sur le balcon lorsqu'ils sont invités chez leurs amis... Tous ceux qui le peuvent vont acheter leurs cigarettes à l'étranger ou dans les zones duty-free : Une fois sur deux, les mentions en forme de faire-part de décès ne sont pas en français sur les paquets des clients aux terrasses des cafés.

La "traditionnelle" cigarette post-coïtale est un antique moyen de relaxation... Et puis ça conjure la culpabilité, la soudaine conscience de sa nudité, tout en donnant une contenance... Et quelque chose d'autre à regarder que son ou sa partenaire. Mieux vaut fumer après qu'avant, sous peine d'avoir l'impression d'embrasser un cendrier... Et puis ça évite au mec de s'endormir tout de suite, c'est plus poli.

Par ailleurs, il a longtemps été jugé inconvenant pour les femmes de fumer. Vous me direz, c'était pareil pour tout un tas de choses, y compris respirer sans qu'on leur en donne la permission... Mais la cigarette à la bouche d'une femme a pour beaucoup d'hommes une connotation lascive. Si, si. Moi je ne vois pas, mais il paraît. Les "Lorettes", putes du quartier Notre Dame de Lorette, ont été les premières à briser publiquement le tabou, début XIXe.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles les fumeurs choisissent de rouler leurs propres cigarettes. La première est le prix, pour les adeptes des comptes d'apothicaires. La deuxième est l'arrêt à terme de la cigarette : l'action de rouler étant fastidieuse, les fumeurs les plus naïfs croient que cela les forcera à arrêter par flemme. En fait ils apprennent juste à rouler les cigarettes deux fois plus vite, ou à utiliser d'astucieux appareils rouleurs.

Une troisième raison, évidente, est la présence d'autre chose que la substance traditionnelle (entendez légale) dans le fût de papier. Il est intéressant de remarquer qu'un des symboles courants de ceux qui "se les roulent" est le zouave. Vous savez, comme celui du pont de l'Alma, ce troupier pittoresque au costume bariolé qui servait l'armée française il y a belle lurette. C'est vrai qu'on fume souvent après avoir fait le zouave.

Mais la raison de ce symbolisme étrange est en fait une légende, celle autour de l'invention de la cigarette moderne, par opposition à celle popularisée en Espagne vers 1828, "cigarillo" fait de mégots de cigares. Elle serait le fait d'un zouave pendant la guerre de Crimée. Son régiment manquant de pipes (trop fragiles car en terre), il eut l'idée d'employer les feuilles de papier fin servant à contenir les doses de poudre des fusils.

Cette cigarette est donc de tabac séché et broyé, tabac à pipe, roulé dans une feuille de papier. Il se peut que l'invention se soit faite lors du siège d'Acre en 1832 : c'est durant cette bataille que les artilleurs égyptiens ont trouvé le moyen d'améliorer leur cadence de tir en dosant la poudre grâce à ces tubes de papier, ce qui les fit récompenser d'une livre supplémentaire de tabac... Sans pipe pour le fumer.

Il est à noter toutefois que, depuis longtemps, les indiens d'Amérique utilisaient des roseaux, des cannes, des feuilles de maïs, ainsi que toutes sortes de pipes cylindriques pour fumer le tabac, et que l'action de fumer une herbe pour en tirer du plaisir ou simplement comme acte liturgique a des origines incertaines mais fort lointaines... N'allez pas non plus créditer les zouaves d'avoir importé le tabac, ça c'est Jean Nicot.

Tout ça pour dire que le tabac est une glorieuse et longue tradition d'autodestruction dans laquelle il y a autant d'anecdotes culturelles, d'inventivité, de génie humain et de pétulance que dans d'autres domaines réputés. Un peu comme les produits du terroir. Ou la cynégétique (la chasse, pour ceux qui n'auraient pas compris), la fabrication d'armes... Bref, c'est un crime "respectable".

Et vous savez maintenant pourquoi le zouave, militaire barbu protégeant le drapeau d'une puissance coloniale, est l'un des symboles d'une rébellion : apposez son portrait stylisé, clope au bec, sur un paquet quelconque, c'est le symbole d'une marque de papier à rouler célèbre (Zig Zag). Apposez son portrait avec une cigarette légèrement différente sur un drapeau éthiopien, et vous avez un tout autre symbole.

Coïncidence troublante, il n'existe plus de régiments de zouaves : ils se sont empoisonnés eux-mêmes. Enfin, pas tout à fait. Ils ne sont pas morts d'un cancer ou d'une overdose. Ils sont morts parce qu'ils portaient des fez et des pantalons bouffants rouges. Ces pantalons étaient non seulement facile à viser de très loin, mais aussi teints en rouge Garance... Et le rouge Garance, c'est empoisonné. C'est même mortel.

Ils tombaient comme des mouches dés qu'on leur tirait dans les jambes, la teinture passant directement dans leur système circulatoire. Peu de gens savaient vraiment comment tout ça fonctionnait, surtout pas en haut lieu. Evidemment, on ne savait pas non plus que la cigarette provoque des cancers. Alors voilà, j'espère que ce billet poussera certains à arrêter de faire le zouave...

Ou au moins à le faire à fond et en sachant pourquoi.

5 septembre 2006

Billets de Mai 2006

Note de l'Auteur : Voici les billets d'humeur de mon ancien Blog pour mai 2006, classés par ordre déchronologique, avec une mise en page proche de l'originale, sans les images ni les commentaires... Questions et réactions bienvenues.

31/05/2006

Question de statue

John Grishham, à la fois bon paroissien et bon fils d'Oxford, Mississippi (oui, parce que l'Oxford en Angleterre, hein, faut pas pousser non plus), est un écrivain. Un bon écrivain ? Sans doute, puisque le succès fou de ses pavés à lettres dorées sur la couverture ne s'est jamais démenti et que la plupart ont été adaptés au cinéma (dont "La Firme"). En plus il est assez sexy. Et riche, maintenant qu'il a du succès.

Mais quand même, il est un peu étrange. Oh, pas comme Michael Jackson ou les personnages de Stephen King, pas même comme le Kane d'Orson Welles, mais bizarre quand même. Il faut savoir qu'Oxford est une petite ville extrêmement littéraire. Le nombre de maisons d'édition et d'auteurs, amateurs ou non, y est faramineux pour une si petite bourgade. C'est dû au nom (c'était d'ailleurs fait exprès), et aussi à ce que Faulkner y est né.

Il y a vécu, et puis il en est parti parce qu'il méprisait avec élégance les crétins de cette ville (c'est à dire les 99% de ses habitants) qui ne comprenaient rien à son oeuvre. Il est d'ailleurs mort pauvre, parce que les gens qui pouvaient le comprendre étaient très peu nombreux. Et c'est d'ailleurs toujours le cas. Bien que ce fut un homme très privé, et contre la volonté de la famille, il y a une statue de cet auteur sur je ne sais plus quelle place.

Il est évident que Faulkner pousserait les hauts cris s'il pouvait et tempêterait contre la municipalité pour que cette statue soit retirée, mais il est mort et les pouvoirs publics ont toujours raison lorsqu'il s'agit de s'attirer des touristes. Quant à John Grishham, il voulait lui aussi une statue. Après tout, avec ses thrillers, il a beaucoup plus de succès et s'est fait beaucoup, oh lala, beaucoup plus d'argent que l'autre vieille baderne...

Best-seller-John loue Faulkner comme un Dieu (ce qui est mieux que de le vendre aux touristes, admettons...) et a suivi son parcours de près, à tel point qu'il a construit sa maison dans sa ville natale, puis qu'il a migré vers la ville ou Faulkner lui-même avait déménagé par la suite. Mais vous avouerez que pour vouloir une statue à côté d'un des grands noms de la littérature et de la philosophie au niveau international, faut se la péter.

Alors je ne vais pas non plus me mettre du côté des critiques (jaloux) qui pissent sur les auteurs de romans de gare et de SF, crachent sur Stephen King, snobent Robert Ludlum et méprisent en général tous ceux qui font plus d'argent qu'eux parce qu'il se trouve qu'ils donnent au public ce qu'il aime... Je ne vais pas, comme eux, me cacher derrière le prétexte de ce "happy few" incompréhensible qui se dit littérairement supérieur.

Surtout que je n'ai lu ni Faulkner, ni Grishham, que je suis pour donner au public ce qu'il aime et lire des trucs sympas mais pas forcément d'une élévation philosophique démentielle, mais que je suis aussi pour les essais profonds sur des tas et des tas de sujets que le commun des mortels est incapable de comprendre, parce que j'en lis aussi... Et que je m'en fous un peu, mais ça m'agace :

Faulkner a reçu le Nobel. Grishham, lui, il a reçu Tom Cruise. C'est pas pareil.

29/05/2006

Quand ça emballe sec

J'ai séjourné dans un hôtel étrange, dernièrement. Pas spécialement cossu ni crasseux, tout à fait simple et fonctionnel, mais tout en contrastes. Par exemple, il a fallu que je demande des serviettes pour ma chambre, mais, inexplicablement, l'hôtel bénéficie d'un réseau wi-fi avec Internet haut débit offert gratuitement à tous les clients. Il y a même un écran plat dans le hall et, dans les chambres, la télé avec quinze chaînes.

Malgré ce surcroît de modernité, cet hôtel n'a pas rompu avec la tradition des tableaux hideux mais qui donnent l'impression de ne rien regarder... Le personnel était aimable et prévenant, mais à la moindre question, la réponse était presque invariablement "Oh je sais pas", "Je peux pas vous dire", ou "Bah, ça dépend...", ou quelque chose dans ce goût là. Comme c'était dans le sud, avec l'accent, ça fait encore plus traînant.

Je crois que ce qui m'a le plus étonné, c'était quand même les décorations dans le lobby. Il y avait des petits objets de chez Ikea ou autres, des bougies parfumées, des cadres muraux avec de la cannelle dedans, des bougies décoratives dans de petits verres à alcool, des vases... Assez kitsch et pathétique sur le fond. Mais ce qui est pire c'est que tout était encore dans l'emballage. Avec des traces d'étiquettes arrachées.

Et visiblement c'était un effet voulu, puisque la poussière commençait à s'accumuler et l'âge à ternir le plastique. Etrange non ? Les bougies, au lieu d'être posées là ou allumées, étaient encore empaquetées par huit et enrubannées. Peut-être que les propriétaires trouvent que c'est plus joli comme ça, ou bien est-ce par souci d'hygiène : l'emballage se salit mais l'objet reste soi-disant propre.

Pourtant, ça n'était pas la richesse et l'opulence qui étouffait la décoration. Si c'est pour préserver trois petits bidules odorants ou anti-tabac qu'on trouve dans les bazars "tout à un euro", c'était vraiment pas la peine. Pour vous dire, cela donnait l'impression d'être chez une vieille dame sénile qui plastifie tous ses meubles "pour faciliter le ménage". Surréaliste ! Je ne suis resté qu'une nuit, heureusement pour ma santé mentale.

28/05/2006

Bande d'illuminés

Méprise stupide : en voyant l'illustration que j'ai utilisé pour mon propos sur les superpouvoirs, quelques personnes ont cru que j'étais franc-maçon. Premièrement, je ne le suis pas. Je ne le serai jamais à moins de perdre l'once de raison qu'il me reste. Devenir l'adepte d'un symbolisme archaïque et d'une vision du monde désuète et faible, ce qui est la façon "sérieuse" et non affairiste d'être franc-maçon, ça ne me tente pas.

Entre les mythomanes ésotériques (les apprentis magiciens qui s'excitent dans les rituels à sauter à cloche pieds une épée dans les mains ou je ne sais quoi) et les mafieux plus ou moins officiels qui tentent de se constituer un réseau, j'appartiendrais à la seconde catégorie... Si du moins j'acceptais de dépenser des mille et des cents à acheter les accessoires et pratiquer la pantomime grotesque de ce en quoi je ne crois pas.

Comprenez que je ne récuse pas la franc-maçonnerie et que je ne dis pas que c'est mal (à plus forte raison "LE Mal", quelle drôle d'idée), je trouve juste que lorsqu'on a un minimum de culture on a dépassé ce stade où l'on se représente le monde avec ces histoires de quatre éléments, d'architecte et de nombre d'or. Quant au reste, l'entraide, le côté social, le côté "club select ou madame n'est pas admise" soi-disant pour le bien de tous...

Disons que je suis trop cynique pour y adhérer encore, et que je connais trop bien l'histoire de cette société pour y voir l'incarnation de ce qu'elle représentait d'espoir et de progrès au XVIIIe siècle. Et quoi que les frères en disent eux-mêmes, cette société se réclamant de la plus haute tradition antique et de celle des compagnons, pour faire genre, ne date pas d'avant le XVIIe siècle... Eh oui, je sens qu'il y en a qui sont déçus !

Comme toutes les sociétés secrètes traditionalistes, surtout les plus jeunes, la Franc-maçonnerie s'est, dés el début, fabriqué et constitué de toutes pièces des racines. L'oeil dans la pyramide, le compas et l'équerre, les figures géométriques diverses, tous ces symboles n'ont pas été inventés par les francs-maçons. Ils datent de bien plus longtemps et ont été repris par les maçons (et d'autres), pas toujours de façon très heureuse.

Evidemment, cette société, sous ses diverses formes, non seulement participe de la grande mode de l'occulte d'une certaine époque, mais il n'est pas exclu que la plupart des fondateurs aient connu ces symboles et leur sens, et fondé leur société sur ces bases... Ne soyons pas cyniques outre mesure. Par contre il n'y a aucune relation directe solide entre des sociétés plus anciennes et les francs-maçons, même opératifs.

Je ne parlerai pas des tristes histoires de nombre de branches plus ou moins maçonniques, des rose-croix, de l'Aube Dorée, ni d'un certain nombre de cultes similaires du XIXe siècle pleins de symbolisme et de pseudo magie trop souvent destinée à soutirer leur argent aux gogos ou à fournir quelque fausse profondeur et un réseau encore plus stable aux notables anglais et aux jeunes en quête de spiritualité.

Je n'aborderai pas non plus les mafias maçonniques qui fascinent le peuple et ont fait l'objet de nombreux articles dans la presse, ni des divisions d'obédiences, ni du côté politique, ni du fait que presque tous les présidents américains et énormément de présidents français "en étaient" (sauf Valéry Giscard D'Estaing qui, lui, était à l'Ordre de Malte, mais bon)... Mais les symboles, quoi qu'il en soit, ils n'en ont pas l'exclusivité.

Vous n'allez pas me dire que les francs-maçons ont inventé l'échiquier, la colonne, le noeud, l'angle droit... Pourquoi pas l'eau chaude tant qu'on y est ? Je n'ai rien contre le fait qu'ils utilisent ces symboles pour représenter ce en quoi ils croient et des tas de mystères façon kinder surprise, mais, en dépit du prestige de certains de leurs membres, qu'on ne m'assimile pas à eux dés que je sors un triangle !

Oui, c'est une société discrète (pas vraiment secrète, quand même) qui a fait de grandes choses, à commencer par les Etats-Unis, mais c'est tout de même agaçant de voir qu'à chaque fois que vous ressortez le compas, la pyramide, ou un principe un peu droit même histoire de rigoler, un tas d'inconnus un peu bêtes vous disent "ah, salut frangin !". La pyramide, elle est du domaine public. Ya qu'à regarder Tomb Raider, merde...

Ah, si j'étais quiche...

Un magazine récent (le numéro 1 est sorti le bimestre dernier, vous reconnaîtrez aisément le titre si vous êtes du milieu gay) publie deux interviews presque en forme de portraits chinois, chacune d'une personnalité hétérosexuelle ou homosexuelle, sur le thème "Si j'étais gay", et "Si j'étais hétéro". Ils comptent d'ailleurs en faire une rubrique récurrente, voire régulière, voire présente à chaque numéro.

Moi je trouve ça amusant. Complètement superficiel, débile à souhait, mais bon, marrant. On conçoit que le comportement d'une personne puisse être changé par son orientation sexuelle, mais au fond, comment savoir de quelle manière ? A la limite, si on va vraiment au delà des stéréotypes, pourquoi la moindre once de personnalité changerait-elle ? Puisque l'homosexualité n'est pas un choix, c'est de toutes façons un faux problème.

C'est à ranger dans la catégorie "articles légers car superficiels, mais lourds pour la même raison". Cela permet de voir combien les gays comme les hétéros sont influencés par les stéréotypes, à commencer par les journalistes (qui, même s'ils font ça pour se moquer, posent quand même la question "Si tu étais hétéro, devant quel sport choisirais-tu de roter en buvant de la bière ?", et oublient d'avoir le même mordant pour les "si tu étais gay"...).

Et puis tant qu'à faire, si on commence avec "si vous étiez un homme", ou "une femme", ou "gay", on peut continuer longtemps dans la série du portrait chinois tendance. Si vous étiez bobo, si vous étiez juif, si vous étiez journaliste à Chronicart ou Nova magazine... Pourquoi juste les gays ? A la limite, bientôt, les magazines les plus sexe feront dans le "Etes-vous fist ou fessée ?" ou "Si vous étiez zoophile ?"... Charmant.

Bon, moi, si j'étais gay, je pense que je serais mince (parce que j'aurais le courage de suivre un régime), que je m'habillerais en rose, que je ferais la gay-pride, que je me raserai les jambes (ya du boulot...) pour me travestir histoire de rigoler, que je mangerais bio, que j'écouterais de la techno et... Ha, merde, c'est vrai, je suis gay et je suis petit, enveloppé, poilu, j’écoute de rock indépendant et j'ai jamais fait la gay-pride... Tant pis.

Enfin, si vous voulez vous marrer un peu, écoutez plutôt la chanson "If I were gay", de Steven Lynch.

25/05/2006

Démiurge et pine de cheval

Sur le Blog du Loupil (c'est pas loin et c'est sympa, n'hésitez pas à y aller), ce dernier vient de poser la question qui tue, celle qui engendre la rêverie pratiquement à coup sûr (du moins chez la jeune génération) : Qu'est-ce que vous aimeriez avoir comme superpouvoir ? Nous parlons ici de n'importe quel pouvoir, quelle que soit la justification que vous pourriez (ou non) lui trouver. Autant dire, le coup du génie avec un souhait.

Prêtons nous au jeu. D'aucuns pourraient demander d'avoir tous les pouvoirs, mais c'est un peu facile. Les grands classiques, comme le dit notre hybride ami le Loupil, restent l'invisibilité et la furtivité : qui n'a pas rêvé de surprendre les petits secrets de tout un chacun, depuis les conversations indiscrètes du Pape ou de votre secrétaire, jusqu'à la taille de la bite du grand black à l'autre bout des urinoirs dans les toilettes publiques ?

Bon, en général, ni l'un ni l'autre ne me tentent quand je suis aux toilettes. Ailleurs, je ne dis pas... Mais passons. Puisqu'on est dans la furtivité et les messes basses, lire dans les pensées est aussi un grand classique. Le problème c'est que ce qu'on risque de lire pourrait décevoir, ou ne pas être joli-joli. En règle générale, tous les pouvoirs liés au savoir et à la perception "absolue" sont dans le même cas.

C'est comme la divination : à tout prévoir, on n'a plus aucune surprise, et la vie devient ennuyeuse. Et puis c'est terrible d'être toujours celui qui annonce les mauvaises nouvelles sans pouvoir les éviter. De même, il y a de fortes chances pour qu'un type comme Flash, hyper-rapide, soit aussi éjaculateur précoce. Comme disait Jean Cocteau, les pouvoirs "ont les qualités de leurs défauts et les défauts de leurs qualités".

Tout comme pour les lasers qui sortent des yeux, les boules de feu et toutes ces conneries (je dis conneries parce que je n'ai pas de velléités offensives, moi, mais d'autres pourquoi pas). Si vous n'êtes pas immunisé vous-même ou que vous ne pouvez rien contrôler, vous êtes un petit peu emmerdé. Et puis ça ne va pas beaucoup vous servir dans la vie : Arme vivante, c'est nul comme vie, demandez aux ex-djihadistes.

En vrac, on a la téléportation (fini les voyages chiants et les retards), la résistance à des tas de trucs (maladies, poisons, radiations, moules pourries, art contemporain...) ou carrément l'invulnérabilité, bien pratique si vous pensez être en danger de mort. On a l'immortalité et/ou l'éternelle jeunesse, toujours très populaires, mais êtes-vous sûr de vouloir tout voir s'étioler autour de vous sans pouvoir rien faire ?

Un autre truc très courant c'est de vouloir voler. Mais tout dépend comment : avec de grandes ailes pas pratiques ? Oui, ça a l'air cool, mais si on est réaliste deux secondes, ça marche pas à moins d'avoir des os creux et une envergure d'une dizaine de mètres... Et il y a toutes ces histoires de température et de pression. Mais admettons, c'est magique. Ou alors ça peut marcher comme pour Superman ou Peter Pan.

Un bon moyen de voler c'est de savoir léviter, et par extension de pouvoir faire voler des trucs, donc de pouvoir les faire bouger à distance... Autrement dit, la télékinésie, à réserver à ceux qui veulent faire carrière comme fakir de music hall. On tombe facilement dans l'excès du lot télékinésie, perception extrasensorielle et contrôle mental, aussi appelé "kit du Jedi". Je trouve ça parfaitement immoral, même si c'est un pouvoir cool.

Entre parenthèses, juste comme ça, vous avez dans un coin les Siths, des gens qui font confiance au système, qui sont en phase avec leurs émotions négatives (ce qui est psychologiquement plus sain que de les refouler comme ces culs-serrés de Maîtres Jedis). Ils sont peu nombreux, et n'utilisent jamais le contrôle mental, même pour leurs intrigues politiques : Non, ils font des éclairs, ça se voit, donc on les persécute, forcément.

Dans l'autre camp, vous avez la police des Jedis. Ils sont les seuls à avoir le droit officiel de porter les sabres lasers, ils peuvent faire ce qu'ils veulent et on les craint, ils ont visiblement une organisation quasi-militaire parallèle au gouvernement, ils embrigadent les jeunes dans une espèce de religion fanatique de la Force, et ce sont les seuls qui se servent de leur pouvoir de contrôle mental... Des diplomates musclés. Qui sont les gentils, déjà ?

Les Siths persécutés qui veulent avoir le droit de faire leurs petites affaires sont dangereux, car expéditifs et excessifs. Soit. Mais qu'est-ce qui donne plus qu'à eux le droit aux Jedis de se proclamer autorité fachoïde suprême ? le fait qu'ils suivent leur super-gourou verdâtre et parlent d'amour ? Qu'ils se frustrent sexuellement ? Qu'ils se considèrent comme "plus pur et plus saint que toi, pétasse" ? On s'est compris, fin de parenthèse.

Pour beaucoup de gens, avoir un pouvoir n'a pas besoin d'être spectaculaire ou si surnaturel que ça. Ils se contentent d'une augmentation d'une capacité ou d'un talent. Oh, ça peut être génial, ça leur permettrait d'être le meilleur quelque part... Pas juste excellent, mais le meilleur. En général, comme chez le Loupil, c'est général, justement : super cervelle. Ou force. Ou agilité, souplesse, mémoire, dextérité, cuisine, chant...

C'est sûr que ça résout le problème du spectaculaire, surtout si le pouvoir que vous voulez c'est "toujours réussir les arrangements floraux" ou "sens de la mode infaillible", ou "savoir super bien écrire de poèmes". Encore que, si c'est vraiment bon, ça se monnaie, et vous devenez vite célèbre. Mais honnêtement, ce serait juste histoire de ne pas avoir à vous crever le cul pour grimper au sommet vous-même, non ?

Après vous avez une série de pouvoirs très divers, mais qui, comme qui dirait, foutent la merde. Mais vraiment la merde. Je m'explique. Un petit con qui, de temps en temps, dézingue une voiture avec ses yeux lasers, il est facile de s'en occuper. Un type qui peut se rendre invisible, c'est agaçant, mais ça ne mange pas de pain et c'est discret. Mais un type qui guérit par imposition des mains, ça, ça fout la méga-merde.

Ne faites pas l'innocent, vous y avez pensé. Je parie que vous aviez même imaginé que ce serait altruiste et que vous ne feriez pas payer les guérisons miraculeuses. Imaginez, un peu de pub et vous vous retrouvez avec un nouveau messie sur les bras, les religions du monde sur les dents ou se le disputant, plein de jaloux qui cherchent à le tuer (pour le coup, vous auriez aimé pouvoir prendre l'invulnérabilité avec, hein ?).

Même en admettant que vous ne soyez pas le seul dans ce cas, ça déstabilise. A moins que, soudain, tout le monde se mette à pouvoir faire ça comme rien, mais alors ce n'est plus un superpouvoir. L'intérêt, le sens même d'un tel pouvoir, c'est que personne d'autre ne peut faire ce que vous faites, ou au moins pas le commun des mortels. A ce compte là, tout pouvoir un peu utile est monnayable, d'ailleurs.

Même si vous n'avez pas un pouvoir a priori utile, comme "faire apparaître un cube de trois mètres de côté de rillettes du Mans avariées", eh bien ça l'est quand même. Par exemple, vous pouvez prendre le monde ne otage et le remplir de rillettes avariées. Les faire sécher et vous ne servir comme combustible, car c'est une énergie renouvelable (vous en créez à volonté)... Tout peut être utile, en forçant un peu.

Il y a toujours un moyen d'utiliser une capacité extraordinaire, même a priori minable, à bon escient. Même si nous vivons dans un monde ou c'est la taille qui compte (eh oui, ne le nions pas, même si ça ne compte que dans l'esprit des gens, ça compte vraiment), la façon de s'en servir fait pas mal de choses. A partir du moment où vous faites quelque chose de plus que les autres, c'est gagné. Quand on a un pouvoir, on a LE pouvoir.

Philosophiquement parlant, à partir du moment où l'on fait quelque chose de plus, où l'on a quelque chose de mieux à proposer que le commun des mortels, on a un ascendant dessus. Qu'on l'utilise pour le bien ou le mal n'a aucun rapport, c'est une question de "je peux le faire et pas toi". Qu'on monnaye une capacité, qu'on en fasse cadeau gentiment en échange de reconnaissance, ou qu'on ait le pouvoir de contraindre, c'est pareil.

Mais je digresse... Pas tant que ça en fait, puisqu'un autre pouvoir fouteur de merde c'est celui de faire apparaître des trucs. Peu importe quoi, surtout si vous pouvez faire apparaître ce que vous voulez, alors là rien ne va plus... Que ce soit une création permanente ou temporaire, une transformation de quelque chose d'existant, même si ce n'est pas complexe, on touche carrément au divin, au démiurge.

Pareil avec la désintégration. Vous imaginez l'impact sur l'économie si ne serait-ce qu'une seule personne (que tous les pays vont s'arracher, au passage...) pouvait produire du pétrole à volonté ? Ou de l'uranium ? Ou éliminer non seulement les déchets nucléaires en les transformant en glace à la fraise, mais aussi les gaz à effets de serre ? Changer le plomb en or et les caramels mous en diamants ? Désintégrer les missiles ?

Et une fois maître de la matière, l'énergie, le temps et l'espace ne sont pas loin. Vous avez un bel exemple de ce qu'un tel personnage peut donner dans l'excellente BD Watchmen, recommandée dans ma liste sur les obligatoires de la SF (ci-dessous, allez, un effort !). Sa simple présence, qui éclipse les autres héros, change l'histoire du monde. Il s'agit de l'ineptement nommé (selon ses propres dires) Docteur Manhattan.

Un tel être est encore plus obscènement puissant que Superman. Mais le plus drôle c'est qu'un être tel que le Docteur Manhattan devrait être extrêmement courant chez les super-héros, lorsqu'on réfléchit aux principes physiques impossibles des pouvoirs des uns et des autres. Qu'est-ce qu'il faut pour désintégrer ? Soit augmenter d'un coup la température, soit annuler les forces faibles entre atomes, soit écartes les molécules.

Trois choses que savent faire, en théorie du moins et si leurs pouvoirs n'étaient pas stupidement limités, la plupart des héros qui contrôlent le feu (Pyro, Carrie...), le froid (donc l'augmentation et la diminution de température, voir Iceman), les champs de force (Madame Fantastique), les champs magnétiques (Magnéto), la télékinésie (Jean Grey et compagnie), et j'en passe... Il doit y avoir d'autres moyens.

Qu'est-ce qui empêche quelqu'un capable de transformer la matière à volonté, faisant foin des limitations arbitraires et artificielles du style "ne marche que sur (...)", d'apprendre à le faire de mieux en mieux et à distance, puis de se recréer parfaitement avec tous ses souvenirs à un autre endroit du monde et de transformer le premier corps en air, se téléportant ou créant des clones à volonté ? Et pas que lui-même.

De même, le type qui peut se téléporter, en examinant le comment de son pouvoir, peut éventuellement el contrôler pour téléporter els autres, ou les désintégrer (il suffit de ne pas les faire réapparaître, par exemple), ou créer de nouvelles choses, et de là avoir tous les autres pouvoirs qu'il veut (créer des boules de feu, transformer les gens, cesser de vieillir...). Si on pousse assez loin, tout pouvoir un peu basique permet... TOUT.

Autre pouvoir fouteur de merde, tout pouvoir un tant soit peu absolu. Prévoir l'avenir, on l'a déjà dit, c'est terrifiant. Lire dans les pensées c'est déjà horrible, mais savoir la Vérité, c'est pire que tout. En admettant que ce soit possible, la Vérité Absolue serait à la fois pratique et une tricherie sans nom. Un tel être saurait tout, potentiellement : il suffit de poser la bonne question en la formulant de façon à ce qu'il puisse dire vrai ou faux !

Je ne sais pas si je suis clair, mais ma thèse est toute simple : Si vous voulez rester dans votre coin sans changer le monde, n'ayez pas de pouvoir. Si vous voulez changer les choses ou être reconnu (ou payé), vous n'avez pas nécessairement besoin d'un pouvoir spécial, il suffit d'être bon dans ce que vous faites, et votre souhait revient à un "Ah si j'avais du talent" ou "Ah si j'étais riche". Tout ça ne va pas loin.

Si vous voulez être le nouveau messie (quel orgueil, mais bon, admettons, c'est tentant), vous pouvez prendre n'importe quel pouvoir, même minable, ça n'a aucune importance : poussé au maximum, il fait son petit effet. Plus il est basique, et plus il équivaut à avoir, de fait, tous les pouvoir. Vous voyez, on y revient.

Donc à ce compte-là, prenez un truc qui permet de réaliser un fantasme personnel, tant qu'à faire.

Ce n'est pas réellement un pouvoir mais plutôt un moyen ou un état, mais lire tous les livres du monde, ou pouvoir tout manger sans s'empoisonner ou grossir, pouvoir s'adonner sans fin à l'excès de n'importe quel plaisir, voilà qui reste tentant et qui semble à première vue dépourvu de conséquences majeures. Sauf que non, ça revient à souhaiter l'invulnérabilité, l'immortalité ou un autre pouvoir "messianique".

Peu importe ce que vous choisissez, ce qu'il y a de drôle, ce n'est pas ce que vous ferez avec votre pouvoir : vous vous lasserez vite, ou vous habituerez à ce nouveau jouet. Non, ce sont les conséquences que ce pouvoir aura sur le monde qui permettent des spéculations sans fin ! S'il n'y a pas de conséquences, ou qu'on s'interdit d'y penser, ou qu'on n'est pas enclin à se les imaginer, c'est trop rapide, trop facile, pas amusant.

Personnellement, et pour répondre à la question, j'adoooore le pouvoir. Alors si je voulais un pouvoir sans trop de conséquences, j'aimerais avoir quelque chose de visible, comme un corps de rêve et une bite de cheval. Et si j'avais à choisir dans les GROS pouvoirs, alors pourquoi me faire chier ? Démiurge, ça me va bien. Modeler le monde, même juste les objets, même de façon limitée, si c'est à ma convenance, ça c'est intéressant.

Ya pas de raison. Et le premier qui sort que ça en dit long sur mes problèmes de contrôle, je le claque.

Un ange passe

Voilà. Voilà ce qui arrive quand on parle sans savoir. Je bats ma coulpe, mea culpa, mea maxima culpa, mea coule plus. J'avais dit avant de l'avoir vu que le film X-Men III non seulement sortait le 17, mais en plus était réalisé par le relativement gay Brian Singer et restait une leçon de tolérance en ce jour de lutte, et blablabla... Un propos décidément beaucoup trop engagé et militant pour les habitudes critiques de ma petite personne.

C'était sans doute à mettre sur le compte du manque d'inspiration et du stress dû à un examen imminent. Oui, pas exactement un examen médical ni un examen diplômant, mais un simple certificat, le TOEFL si vous voulez tout savoir. Et ça s'est bien passé, merci. Mais qu'importe, le mal est fait : pour une fois que je dis du bien de quelque chose, cette chose s'arrange pour contrarier mes rares velléités au dithyrambisme éhonté !

Non seulement il est sorti une semaine plus tard (comme me l'a gentiment fait remarquer le Loupil, aimable hybride) mais en plus il n'a pas le même réalisateur. Ce dernier, le relativement juif Brett Ratner, devrait s'y connaître en minorités et en films d'action... Mais c'est quand même le réalisateur de l'immonde série des "Rush Hour" et ça se voit. Le film flirte donc avec le caca, et ce n'est qu'une leçon de jeu d'acteur alimentaire.

Les effets spéciaux sont ratés par rapport aux autres films (flammes bâclées, rajeunissement raté de P. Stewart et I. McKellen, pouvoirs à la va-vite, ailes moches, etc.), et tous les acteurs semblent avoir pris de nombreuses rides, fort malséantes pour des super héros et des lycéens de surcroît. Le scénario est encore plus minimaliste que dans les autres films et tellement peu développé que c'en est absurde invraisemblable.

Bon, nous parlons quand même de mutants, un postulat invraisemblable en soi je vous l'accorde. Mais les réactions des personnages sont pathétiques. Du reste, ils n'ont aucune profondeur, et le film est morcelé d'apparitions de centaines de mutants divers (et de Stan Lee) que seuls les grands fans reconnaîtront, qui font deux secondes à l'écran et ont leur effet spécial, mais qui ne font rien avancer dans l'histoire.

Ce qui est plus gênant, c'est que les personnages secondaires ne sont pas développés non plus et sont complètement parachutés. Hank le génie bleuâtre et ce pauvre Angel et son papa, le mutant Leech, le président et ses conseillers, Pyro qui n'est décidément pas un personnage fouillé depuis le II, tout comme Colossus le soi-disant russe... Ceux qui ne connaissaient pas avant seront complètement perdus.

Qui plus est, la plupart des personnages de la bande dessinée sont changés ou massacrés pour les besoins du film. Ce n'est pas la tentative de sous-intrigue pseudo-romantique en forme de triangle Bobby Drake/Kitty/Marie qui rattrape le coup, ni les très nombreuses pistes destinées visiblement à engendrer de possibles "spinoffs", films ou certains personnages seront développés en solo, qui vont rattraper le coup.

Oh, malgré tout ça c'est distrayant, sympathique... Oui, ça bouge, il y a des effets spéciaux (ce n'est plus aussi cher qu'avant) et puis on peut être sensible aux scènes d'action crétines suivies de réactions artificielles de la part d'acteurs qui s'emmerdent mais qui ont quand même signé pour la suite, parce qu'il faut bien manger. Disons, pour faire Michelin, que ça vaut un petit détour, mais que ça ne vaut pas le voyage.

La seule chose qui rachète le film, c'est le très mignon petit Angel, Ben Foster, acteur habituellement télévisé et notamment dans Six Feet Under... Comment a-t-il réussi à paraître moins musculeux, trapu et ridé que dans Alpha Dog, son dernier film, en plus d'avoir l'air angélique d'un imberbe blondinet ? Mystère et boule de gomme-les-rides-sous-photoshop. Peu importe. Rien que de le voir, ça me fait ma journée.

D'accord, il a moins de quatre lignes de dialogue, presque pas de temps à l'écran (sauf si on compte les moments ou on le voit voltiger, mais là il est entièrement ou presque en image de synthèses), une seule vraie scène ou on le voit bien, son personnage est réduit à un symbole minable uniquement là pour sauver son pôpa à la fin... Mais putain de merde, quand il déploie ses ailes pour la première fois, quelle bombe sexuelle !

Moi qui pensait que les anges n'avaient pas de sexe et que les blonds imberbes étaient moins virils...

24/05/2006

Pied-Main-Bouche

C'est tout de même étrange les différences entre les notions d'hygiène. Moi qui vous parle, je suis tout content d'avoir un nouveau ciseau à ongles, comme ça je n'aurai plus à utiliser celui qui est dans mon couteau suisse, ou pire, la vieille paire rouillée tellement émoussée que quand on essaie de couper un ongle avec, elle l'aplatit, le ramollit, le tord, l'arrache, l'écrase, bref, le coupe autant qu'un rouleau à pâtisserie.

Oh, j'ai un coupe-ongle parfaitement valable, mais je ne supporte pas ces espèces de fausses pinces à épiler, ces engins de torture à levier de barbares qui ne s'adaptent jamais à al forme de votre ongle. En dépit de la courbure, ou plutôt à cause d'elle, ça vous fait des aspérités partout, sauf à repasser plusieurs fois... Déjà que ce n'est pas spécialement agréable de se couper les ongles, si ça doit prendre trois heures pour que ce soit net !

Et puis ça claque et ça projette des morceaux partout, ou alors ça les garde dans la réserve qu'il faut vider toutes les cinq secondes, comme avec les taille-crayons (une analogie dont je me passerais bien, personnellement, mon orteil ou mon index n'ont rien de commun avec un 2B...). La seule alternative, c'est la lime à ongles. Et ça, je ne supporte pas. Ce truc me fait grincer des dents, je n'y peux rien !

J'ai toujours peur que ça ripe de partout, le simple contact de cette surface honnie suffit à me donner des frissons, comme el coton ou la craie crissant sur un tableau noir. Et la détestable sensation d'avoir les ongles et le bout des doigts sensibles et légèrement poudreux, qui d'ordinaire suit un élagage en règle de nos excroissances kératiniennes digitales (les ongles, patate), est alors décuplée !

Vous allez me dire que je suis une chochotte. Bon, déjà, vous avez raison. Techniquement je suis pédé comme un phoque, et assez douillet. Ce qui n'a rien à voir avec le judoka aux pièces jaunes, là, que je trouve assez moche. Mais d'ordinaire, les homosexuels bien stéréotypés ne reculent pas devant une manucure, saisis d'horreur à la vue d'un repousse-cuticule ! Moi, la première qui m'approche avec ça, je l'assassine avec.

Mais je connais certaines personnes qui seraient très contentes de se couper les ongles des pieds avec l'instrument qui leur sert aux ongles des mains, si rouillé et si grossier soit-il, et tant pis pour les bactéries et les champignons. J'ai entendu parler de gens qui se rongeaient les ongles des pieds (beurk), alors je suppose que je dois être dans le juste milieu, avec pas mal d'hétérosexuels... C'est rassurant, quelque part.

Acte V, scène première : Un cimetière

(...)

HAMLET :

Donne. (Il prend le crâne.) Hélas ! Pauvre Yorick ! Je l'ai connu, Horatio, c'était un garçon d'une verve prodigieuse, d'une fantaisie infinie. Mille fois il m'a porté sur son dos; et maintenant, quelle horrible chose que d'y songer ! J'en ai la nausée. Voici la place des lèvres que j'ai baisées tant de fois. Où sont tes railleries, maintenant ? Tes gambades, tes chansons, tes explosions de drôleries dont s'esclaffait toute la table ? Plus un sarcasme aujourd'hui pour te moquer de cette grimace ? Rien que ce lugubre bâillement ?

(...)

William Shakespeare

23/05/2006

Everything's green

Cela fait bien longtemps que je n'ai pas proposé de petit exposé didactique dans ce Blog. Je suis certain que mes lecteurs (du moins ceux que j'aime bien) ne sont pas hommes (ou femmes) à refuser d'apprendre quelque chose, et ils me pardonneront si le sujet ne les passionne pas ou s'ils en savent déjà plus que moi. Et puis j'aime bien faire mon intéressant, et il est bon de faire de temps à autre une petite leçon de choses.

Aujourd'hui, dans la série "Le professeur Elromanozo a toujours quelque chose à dire", notre causerie traitera de la couleur des icebergs. Les icebergs (littéralement "montagnes de glace") se détachent des calottes glacières lorsque l'érosion des vagues et des vents les arrache, les calottes glacières regelant progressivement de façon (ordinairement) constante. Leur taille est colossale, mais seul 12% de leur volume environ dépasse de l'eau.

La plupart des icebergs reflètent la couleur de l'eau, du ciel et de la lumière alentours en des nuances de bleu, de blanc, et parfois même de rose ou de jaune. La plupart des scientifiques pensent depuis longtemps que certaines couleurs, notamment les couleurs chaudes, sont dues à la présence de traces d'éléments chimiques dans la glace (cuivre, zinc, fer...). On sait aussi qu'une glace très bleue est en fait très dense, et renvoie simplement la lumière.

On a vu des icebergs gris très sombres, parfois bruns ou presque noirs, contenant des graviers entiers et des morceaux de terre ou de roche. En toute logique, il devrait y avoir peu de glace verte, et cette glace devrait être assez claire, si l'on se fie à ces théories. Toutefois, nombre de marins et de scientifiques rapportent avoir vu des icebergs allant jusqu'à un joli vert bouteille translucide, surtout issus du glacier Amery en antarctique.

Il semble que ce soit là leur couleur propre, puisqu'ils restent verts alors que les conditions de lumière et de climat changent et que les autres icebergs alentours reflètent ces changements. Pour découvrir pourquoi ces blocs de glace gardaient une telle couleur, il a fallu faire des carottages dans ces icebergs ainsi que dans plusieurs endroits de la calotte glaciaire antarctique, et dans la banquise (glace sans terre en dessous).

La banquise est constituée de plusieurs couches : la plus basse est constituée de glace compacte et sans bulles d'air (donc très translucide). Il s'agit de glace formée à partir d'eau de mer, désalinisée par le processus de glaciation. La couche supérieure de la banquise est constituée de glace faite de neige compactée, emprisonnant des bulles d'air et parfois des sédiments, plus épaisse et plus lourde.

En forant les icebergs verts, on a découvert que leur partie émergée (au dessus) était de la même composition que la partie inférieure de la banquise, et présentait en outre des traces d'érosion par la mer, alors qu'il s'agit de la partie émergée de l'iceberg. L'explication est simple : lorsque l'iceberg est arraché à la banquise, il n'est pas rare qu'il se retourne sur lui même, du fait des densités différentes des couches de glace.

Mais pourquoi sont-ils verts ? C'est bien simple. La glace sous la banquise, celle qui apparaît au dessus chez ces icebergs, est formée en couches successives d'eau de mer qui gèle au contact de la glace. Ces plaquettes s'agglomèrent et emprisonnent entre elles des couches de microorganismes, de phytoplancton (plancton végétal) plus ou moins en décomposition, ou qui meurent en se faisant congeler.

Ces créatures microscopiques sont, dans cette région, chlorophylliennes, et contiennent donc des pigments verts. Ce sont ces sédiments, et non pas du phytoplancton vivant ou de grandes concentrations de minéraux ni un jeu de lumière, qui donnent leur jolie couleur à ces icebergs... Du moins c'est ce que suggèrent les observations, mais tout ceci est encore sujet à controverse. Si ça se trouve on découvrira autre chose bientôt.

A ceux que cela intéresserait, renseignez-vous en lisant les travaux de J. Kipfstuhl, notamment, effectués dans les années 90, mais aussi ceux de G. Dieckmann. Vous n'aurez aucun mal à trouver des informations sur Internet en ce qui concerne la glaciologie, la biologie polaire et les calottes glaciaires, c'est un sujet très à la mode depuis qu'on a réalisé qu'elles étaient en train de fondre et que c'était mal.

22/05/2006

Cas Saoulé

J'étais il y a peu dans la ville de Toulouse pour affaires. C'est une agglomération très particulière. Vue de haut, la ville rose est effectivement... Rose. C'est à dire couleur de tuiles. Vue de dedans, c'est juste rouge sale. Mais je suppose que la "ville rouge sale" ça sonnait moins bien. Parlons du centre-ville, puisqu'il s'agit à peu près de la seule chose visuellement potable dans toute cette zone.

La "vieille ville" de Toulouse n'a que peu d'immeubles vraiment charmants ou anciens. La plupart ne datent que du XIXe siècle, ce qui, je suppose les qualifierait de vieux pour les touristes américains. Les plus notables sont évidemment en briques rouges, comme pratiquement toute la ville, et sont inexplicablement crasseux. C'est paraît-il un trait commun à de nombreuses villes du Sud, mais j'ai constaté que ce n'était pas vrai partout. Ici oui.

Cette vieille ville, ce centre culturel autour du capitole, fait environ cinq ou six de pâtés de maison de diamètre, à la louche et en étant gentil. Parmi les nombreuses boutiques touristiques et des arcades en brique rouge (on a parfois l'impression de se trouver dans une usine, à la longue...) trône la place du capitole. Elle sert à organiser des événements de renommée mondiale comme la fête du poulet, et s'orne d'une croix du Sud.

Pour une raison inexplicable, cette grande croix d'Occitanie en bronze s'orne des douze signes du zodiaque, stylisés et en bronze. Devant, il y a le Capitole, grand bâtiment (en briques rouges, oui...) qui se prend pour un palais néo-classique. Il possède en effet huit colonnes en marbre rose, qu'il arbore comme des flammes ringardes peintes à l'aérographe sur le capot d'une vieille Simca customisée...

La mention "Capitolium", souvenir des anciens dirigeants de la ville, les capitouls (ou plutôt, souvenir du XIXe siècle et d'un temps de fierté nationale où l'on se souvenait de travers d'un Moyen-Âge idéalisé pour essayer de se rendre fier de sa région) orne cette mairie glorifiée alors qu'elle n'a plus lieu d'être. Maison d'arrêt, églises toutes de briques et cathédrale rouge méritent à peine une mention similaire.

Autour de ce bastion de culture du pauvre se massent des rues de plus en plus modernes et sales au fur et à mesure qu'on s'éloigne du centre. Toujours avec le même thème "briques rouges" si cher au coeur des Toulousains, on accumule les immeubles peu gracieux des années cinquante, soixante, soixante-dix, tous plus hideux les uns que les autres, et toujours plus assombris par la saleté omniprésente.

Le boulevard Jean Jaurès (oui, il y en a toujours un) qui mène à la gare, par exemple, est un fleuron de l'architecture socialisante des pays de l'est, orné d'immondes Sofitels et Novotels pour le rendre un peu plus moderne, et de magasins pouilleux. Encore plus loin autour, les autoroutes et les HLM laissent place à des centres de recherches, zones industrielles, et d'immenses campus universitaires de béton sale.

L'aéroport, du doux nom de la ville dans laquelle il est sis, défigure encore plus le riant paysage de la région dans le but de contenir un misérable Colombus Café et un marchand de journaux, qui vend aussi des mauvais produits régionaux en boites. Quant aux toulousains, ce sont des gens du Sud (avé l'assent parfois incompréhensible) aimables mais pas gentils (syndrome du citadin) et surtout assez laids (moustache, calvitie et bourrelets).

Quant à la légendaire cuisine toulousaine, elle se perd, et les gargotes sont plus nombreuses que les restaurants familiaux... Les seules personnes relativement potables que j'ai rencontrées dans le peu de temps que j'ai passé dans cette ville étaient des touristes ou des visiteurs, comme moi. Je suppose que tout ceci peut paraître pittoresque et charmant, surtout si on aime la brique, mais je trouve cela quelconque au point de choquer.

En conclusion de ce descriptif catégorique, je ne dirais qu'une chose : Cette ville, qui a produit Claude Nougaro et élu François Bayrou, possède en matière de politique et de musique exactement la merde qu'elle mérite. Elle est l'équivalent urbain de ce personnage maupassantien du notable bedonnant qui pète plus haut que son cul, fait ajouter un pigeonnier à sa maison et, se croyant aussi important qu'intelligent, songe à la députation.

Oui, la spécialité toulousaine semble bien être la saucisse, voire même l'andouille... Quant au cassoulet, il est loin d'être une exclusivité de ce département. Par avance je m'excuse auprès des Toulousains qui ne seraient pas comme ceux que j'ai décrit ici (et il doit y en avoir, enfin, disons qu'après tout c'est possible...), ce n'est pas de leur faute s'ils sont nés dans cette moderne verrue rose rougie sur la fesse du Languedoc.

21/05/2006

Smoking = Drug, No smoking = Drag ?

Avez-vous remarqué combien la drogue a une place importante dans notre société ? Bien qu'illégales, les drogues dites "récréatives" (autrement dit, la fumette, les extas, et quelques rails de coke pour faire bonne mesure) apparaissent à qui mieux-mieux dans notre paysage médiatique et culturel. Le cannabis est d'ailleurs particulièrement présent, ayant effrontément très bonne presse auprès de presque tout le monde.

Il existe déjà quantité de livres, sites web, librairies spécialisées sur le sujet des drogues "douces" (en général surfant aussi sur la vague des alter-mondialistes, peut-être à cause du côté écolo-jardinage, alors que ça n'est pas forcément lié...), des tas de choses importées de Hollande et d'ailleurs... Un chef très "nouvelle cuisine" a même conçu une recette de tomates lyophilisées présentées comme des rails de coke !

J'ai dit effrontément, j'aurais pu dire scandaleusement et de façon imméritée. Est-ce parce que ça bouffe les neurones et que ça change l'expérience d'un ou plusieurs sens ? Allez savoir. Le glutamate monosodique aussi fait ce genre de chose, de façon légèrement différente et graduelle. Est-ce que la contre-culture chante ses louanges ? Bien sûr que non, et ça serait étonnant. Pourtant on en trouve plus facilement au chinois du coin.

Glissons. Le cannabis, disais-je, a bonne presse, à tel point qu'on le trouve dans la plupart des comédies, dans beaucoup d'autres films, et souvent dans des scènes totalement gratuites dans lesquelles il est présenté comme une pratique normale. Richard Bohringer, acteur dont le quotient intellectuel est l'équivalent de la qualité de son jeu (c'est à dire niveau température anale) a adopté les couleurs rasta pour son groupe musical.

Mais plus que toucher les groupes de rock, les bohèmes pas toujours bourgeois et les gens qui veulent faire jeune par les portraits de Bob Marley, les slogans libertaires et les couleurs du drapeau pseudo-éthiopien des rastafari, cette mode s'étend jusque dans ce bastion du politiquement correct et des convenances qu'est la publicité... C'est un cap important : la pub est le reflet d'une majorité silencieuse, non plus d'une minorité bruyante !

Exemple frappant, a priori, la publicité parfaitement innocente pour les M&M's (celle où un paquet circule dans une salle de cinéma, les détails sont peu importants) s'orne en toute fin de publicité du slogan "faites-les tourner". Le mot est évidemment choisi pour ses connotations vis-à-vis des fumeurs de cannabis, la pub visant une cible jeune (sinon ils auraient utilisé "circuler" ou "passer"). C'est une référence qui touche et interpelle.

Autre exemple de la présence de culture-cannabis dans la pub, celle, récente, pour Virgin Mobile. Un homme stressé car il est accroc aux SMS et n'arrive pas à s'arrêter va tenter de se faire, par maraboutage, "désintoxiquer". Arrive alors un autre black, clairement rasta et à la voix façon Doc Gynéco. Celui-ci lui propose d'envoyer autant de SMS qu'il veut, grâce au slogan "Soyez enfin détendu du mobile".

On le voit, le SMS est présenté comme une drogue qui détend, et le "gentil rasta" vient en dispenser pour un prix dérisoire au français moyen stressé sur le point de se faire arnaquer par un marabout. Cette drogue est non seulement présentée comme bénéfique, mais normale et accessible à tous (ce qui reflète d'ailleurs une certaine réalité, dans l'accessibilité, et si l'on a comme tout le monde une définition élastique de la norme).

Moins subtile est la publicité pour les nouveaux chewing-gums de chez Hollywood, les "sweet gums" aux parfums extravagants et au coeur liquide coloré. Grâce à des effets spéciaux (artistiquement très réussis, il faut le dire) la saveur et la fraîcheur de ces dragées sont présentées ouvertement comme psychédéliques, colorant de façon surréaliste un monde autrement vu en noir et blanc.

Les protagonistes de la pub sont tous jeunes et tendance (normal, c'est la cible), et se trouvent dans une gare. Quelqu'un, hors caméra (donc un inconnu, même s'il s'agit peut-être d'un des amis cela ne change rien), leur offre ces chewing-gums qui ont l'air de pilules. Ils les acceptent avec joie et les gobent goulûment, surpris de soudain voir la vie en rose... N'est-ce pas là LE scénario type contre lequel on met les enfants en garde ?

N'acceptez pas de "bonbons" d'un inconnu, surtout dans une gare ou un lieu public du même acabit... Cette publicité peut faire référence à toutes sortes de drogues, LSD, extasy, amphétamines, toute forme de drogue en pilule, ou, symboliquement, toute forme de drogue tout court... Ce qui me fait tiquer c'est que dans la publicité, le produit remplace la drogue en question et le tout est présenté comme bon, souhaitable.

Il est devenu tellement facile de présenter les drogues récréatives les plus courantes comme positives ! Parce que presque tout le monde le fait ou l'a fait au moins une fois, "ce n'est pas si grave"... et du "ce n'est pas si grave" au "c'est acceptable", puis au "c'est bien", il n'y a qu'un pas. Moi cela me choque de voir que certains considèrent la drogue comme simplement une autre marque de chewing-gum.

Surtout que pendant ce temps tout le monde crache en Tartuffe sur la cigarette.

18/05/2006

Plan à trois

Hier, c'était une journée importante. Un jour à marquer d'une pierre, blanche ou noire, peu importe. Pas parce que c'était une journée d'action, comme on dit (après tout, c'était la journée mondiale contre l'homophobie), mais parce que c'était le jour des sorties au cinéma. Plus spécialement celui de X-Men III, que j'irai voir un de ces quatre. Et c'est approprié, vu que les X-Men ont fait beaucoup pour l'intégration des gays.

Que ce soit ou non une volonté explicite de la part de leurs créateurs, les X-Men intègrent la notion de tolérance d'une minorité, d'acceptation de soi ou de l'autre, de coming-out aux parents qui peuvent plus où moins bien se passer... Et surtout d'une différence qui n'est pas choisie, différence qui donne accès à tout un univers pour peu qu'on s'accepte soi-même. C'est plus qu'une simple crise d'adolescence, même si c'est cela aussi.

Et cette bande dessinée accompagne d'innombrables jeunes, gays ou non, depuis des dizaines d'années, plus sûrement que n'importe quelle association éphémère lambda. En plus, pour un ado, c'est beaucoup plus marrant que des séances sur le divan d'un psy, et plus facile que d'aller vers un groupe de gens qu'on ne connaît pas. Qui plus est, ça montre des mecs et des filles jeunes et bien faits en tenues flashy moulantes.

D'ailleurs, le réalisateur des films est gay, tout comme Sir Ian McKellen, le méchant. Mais vous le saviez, bien sûr. Evidemment, ce n'est pas un film à morale, qui martèle ses messages, tout comme les bandes dessinées et les dessins animés (et encore plus de merchandising...), mais avant tout une histoire spectaculaire et grand public pleine d'effets spéciaux et d'action, avec à son service le réalisateur de Usual Suspects.

Et c'est bien comme ça : c'est la meilleure manière de lutter contre l'homophobie, non ?

16/05/2006

Château brillant

Chateaubriand a dit : "La vie me sied mal, la mort m'ira peut-être mieux." A première vue, il est difficile de croire que l'auteur de cette citation, des Mémoires d'Outre Tombe, traducteur de l'oeuvre de John Milton, obsédé par le sinistre, le macabre, l'austère et le religieux, hanté par ses névroses, ses parents, et autres spectres bretons, soit le  d'un courant littéraire qu'on appelle "romantisme".

C'est pourtant le cas, même s'il faut dire que le romantisme de Chateaubriand est remarquable par son absence totale de rose, de petits angelots et de coeurs pastels... Tout ça n'est tout simplement pas la même chose. On lui voue un certain culte en Bretagne, à Combourg (le château dans lequel il a passé sa jeunesse tourmentée au milieu des histoires de fantômes et des chats emmurés vivants (charmante tradition bretonne).

Des vieilles ménopausées jusqu'à l'os sont heureuses de vous faire visiter, montrant avec fierté la théière de l'auteur, l'armoire de l'auteur, voire même la comptabilité de l'auteur. C'est super important par rapport à son oeuvre. Il y a aussi, au fil de la visite, des tas d'objets ayant appartenu à ses descendants même pas directs, des objets qui "auraient pu" être comme ceux que l'auteur a eu, et des lieux qui étaient différents à l'époque.

Ce joli petit paquet d'irrationalités littéraires, agrémenté de quelques histoires et légendes n'ayant aucun rapport avec Chateaubriand ou le château, fait pourtant partie des lieux autant que les meubles ou le parc. Sans cela, ce ne serait jamais qu'un assemblage de cailloux réguliers. Un touriste bien beauf s'est d'ailleurs exclamé à l'attention de son immonde lardon puant : "Regarde, ça ressemble à ton château playmobil !"...

Je ne suis absolument pas sensible à ce charme littéraire, et pour moi les vieilles pierres ont bien plus d'attrait que les descendants cul-pincés d'une baderne bigote du XIXe qui ont refait le papier peint. Quant à Chateaubriand, son oeuvre post "retour à la foi" se résume au fruit d'une longue, d'une gigantesque envie de pisser. Ou autre chose.  Il s'est retenu toute sa vie, et on a envie de lui dire "Pète un coup, René !"

Oui, parce que François-René-De c'est carrément couillon comme prénom. Une circonstance atténuante de plus à son caractère déprimant. Mais avec des parents pareils (un père aussi strict et une grenouille de bénitier comme maman) dans ce château froid, pas étonnant qu'il ait trouvé le riant paysage calme et sympathique alentours un tant soit peu sinistre. Et effectivement, la mort lui va mieux, je trouve.

Par ailleurs, signalons que cet immense auteur (en qualité, certes, mais surtout en quantité) a par son oeuvre engendré un jeu de rôles parodique autant que romantique sobrement et symboliquement intitulé René... Et, il y a très très très longtemps, votre humble serviteur a produit quelques maigres textes participant à cette aventure. Honnêtement, je préfère le jeu aux bouquins... Mais vous l'aviez deviné, bien sûr.

15/05/2006

Tais-toi donc, Grand Jacques

Aujourd'hui, je ne vous parle pas de notre cher président, ce vépéciste maladroit qui a mis les vieux pantalons de De Gaulle pour faire croire qu'il a les mêmes couilles, ce représentant de commerce charlatanesque, grand truqueur qui n'aurait pas déparé les clichés du pire album de Lucky Luke... Je vais vous entretenir d'un autre Jacques de la politique de notre beau pays, anglicisé en Jack, toujours tendance et pétillant.

Jack Lang est un mythe, un monstre sacré, une légende de la politique française... Il a fait énormément pour la culture, et s'est avéré un très bon ministre à l'éducation comme ailleurs. Est-il présidentiable ? L'autre jour, je l'ai entendu dans le poste lors d'une interview. Les sujets abordés par le propos étaient les plus divers mais le but avoué était de tenter de répondre à cette question par l'affirmative.

Les journalistes, de moins en moins pertinents, s'escrimaient à vouloir lui faire dire du mal de son parti ou de la Ségolène (le candidat le plus fade depuis Bernard Menez, et pourtant c'est une femme... mais passons), mais Jack a tenu bon ! Toujours gentil et respectueux, il a éructé de gros et pieux mensonges, comme quoi la cohésion du PS est exemplaire et que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, malgré les divergences d'opinions.

Comme c'était un peu l'occasion, Jack Lang a rappelé tout ce qu'il voulait faire ou aurait voulu faire, bref, il a donné son programme : recherche et éducation (très joli mais comment financer ?) et refonte du modèle social français (le leitmotiv de TOUS les politiciens depuis des années, sans qu'un seul ne s'y soit attelé, malgré l'urgence de plus en plus évidente de la situation et les nombreuses manifestations et émeutes)...

Comme disait Francis Blanche, mieux vaut penser le changement que changer le pansement. Mais il a quand même sorti une phrase qui m'a fait hurler de rire et d'incrédulité... C'était à propos du respect entre politiques, et, s'il s'agissait d'un slogan de campagne, ce serait le plus kitsch que j'aie jamais entendu. Dans un sens, d'ailleurs, ça lui sied bien, lui qui a toujours été gauche-Auteuil-Neuilly-Passy... Il a donc dit :

"Vous savez, ma philosophie de la vie, ça a toujours été qu'il faut être clâââsse..."

Et il l'a répété, différemment mais avec le même mot "clâââsse".

Et encore, et encore. Comme pour bien marquer le coup.

Comment est-on passé de la lutte des classes à la lutte de la clâââsse ?

A la première question de ce billet, "Est-il présidentiable ?", il faut répondre non.

Non, bien sûr que non, évidemment non... Trop kitsch, trop insensé, trop culture-gauche-caviar, trop marais, trop formidâââble, trop Centre Pompidou, trop beaux-arts magazine ! Pas dans le monde réel, raisonnable...

Mais au point où nous en sommes, ce monde l'est-il encore ?

14/05/2006

Jovien de dire une connerie

Avec la sarabande des discours, interviews et soi-disant débats d'idées qui ne sont rien d'autre qu'une campagne inhabituellement en avance, on a droit sur toutes les chaînes à de belles énormités. J'ai été particulièrement choqué par l'inculture d'un analyste politique de I-télévision (qui m'avait pourtant habitué à plus de pertinence que d'autres chaînes) qui est passé pour un débile auprès de toute personne relativement cultivée.

Le voilà, l'inculte socialisant, qui lâche, très docte et sûr de lui entre les cris et les "moi je crois", en fin d'émission : "La droite est atteinte de Jupitérisme : vous savez, Jupiter était le Dieu qui mangeait ses propres enfants." Bravo. Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre. C'est une jolie phrase, mais Jupiter n'a jamais mangé le moindre de ses gosses... Mis dans sa cuisse, sorti de son cerveau, conçus hors mariage, éventuellement, mais mangé, jamais.

Et pour cause : il ne voulait pas faire comme son père, Saturne, qui avait mangé les frères et soeurs de Jupiter (destin dont lui seul réchappa, grâce à sa mère) pour se prémunir d'une prophétie qui disait qu'un de ses enfants causerait sa perte. Jupiter a éventré Saturne, faisant sortir toute sa petite famille olympienne... Saturne est aussi connu, accessoirement, comme le puissant et ancien Dieu du temps.

Il aurait dit "Saturnisme" plutôt que le néologisme "Jupiterisme", ce pauvre journaleux, que ça serait passé : même si le saturnisme est une maladie née de l'empoisonnement au plomb, elle a des connotations liées à la décadence de l'Empire Romain, aux orgies de sénateurs corrompus tandis que la plèbe gronde, et même à un monarque intouchable, Néron, qui préfère brûler Rome en jouant du violon plutôt que rendre les rênes de l'état...

Autant de parallèles que l'on peut établir avec la droite française, pour peu que l'on soit un esprit contestataire. Et exagérateur. Mais si on devait compter toutes les exagérations malheureuses des médias, les mots malheureux comme "révolution" utilisés à tort et à travers, le "putsch" de Nicolas Sarkozy (comme s'il avait déjà pris le pouvoir façon Hitler, alors qu'il fait juste son intéressant), on s'endormirait plus sûrement qu'en comptant les moutons.

09/05/2006

La Juste Récompense d'un Père (Parabole)

Ce soir, je vais vous raconter une histoire. Certains diront que c'est une parabole destinée à vous éclairer, d'autres diront qu'il s'agit d'un fabliau sans autre but que l'amusement... Dans l'un et l'autre cas, écoutez, braves habitants, l'histoire de la récompense d'un homme de vertu qui la transmet à sa descendance. Il y avait une fois dans l'exotique et lointain royaume de Paris (75, France), un homme de bien. Il n'y a pas de mot plus juste.

Cultivé, bon, s'efforçant d'être à la fois juste, charitable, et d'entretenir sa merveilleuse famille, il avait épousé une femme à son image. Jamais ils ne furent séparés dans leur amour, même par la pire adversité. Ils eurent deux enfants. C'étaient des filles, et leurs parents les aimaient de tout leur coeur. Le père, moderne, voulut en faire des enfants cultivés et dignes de leurs ancêtres, leur inculquant les préceptes qu'il pensait les meilleurs.

Et il y réussit au delà de toute espérance. Ses deux filles devinrent aimantes, travailleuses, dégourdies, intelligentes, belles plus que de raison... Plus raisonnables que la plupart des hommes (ce qui est facile) et bien plus que la plupart des femmes (ce qui l'est moins). Pour des êtres humains faillibles, avec deux joyaux aussi parfaits issus de sa chair, il ne pouvait qu'être le plus fier et le plus heureux des hommes :

Lettrées, versées dans les arts les plus divers, les deux soeurs virent dés leur plus jeune âge leur bonté naturelle développée et encouragée, la flamme de leur altruisme attisée par le souffle doux et chaleureux de leurs parents... En même temps qu'ils aiguisaient leur esprit pour leur apprendre à éviter la naïveté qui accompagne trop souvent la gentillesse, que l'on nomme candeur et innocence, mais qui conduit trop de bonnes gens à leur perte.

Lorsqu'elle fut en âge, le père appela l'aînée de ses filles et lui demanda ce qu'elle comptait faire de sa vie. "Père, rien ne me plairait tant que d'étudier les lettres, pour plus tard les enseigner !", dit-elle, sans peur ni honte. Lorsque la seconde soeur fut en âge, elle aussi se rendit auprès de son père, et répondit ainsi de la même manière : "Père, rien ne me plairait tant que d'étudier les langues, pour plus tard les enseigner !"

A ces mots, toujours plus fier de ses filles aimantes, le père vit que c'était leurs coeurs qui parlaient. Il n'eut donc de cesse que d'encourager et de faciliter les études et les démarches nécessaires à la réalisation des voeux de ses enfantes chéries. Leurs études achevées, elles revinrent chacune voir leur père, un peu intimidées, comme pour lui annoncer une triste nouvelle.

La première parla ainsi : "Père, tu m'as bien élevée et je t'en serai éternellement reconnaissante, mais je dois à présent te quitter : je pars pour la dangereuse plaine des zones d'éducation sanguinaires, de mon plein gré, enseigner notre culture et notre langue à ceux qui en ont le plus besoin !". A ces mots, le père fut empli de souffrance. Quoi ? Qu'avait-il fait pour mériter cela ? Lui infliger la perte d'une enfant aussi parfaite ?

Avant qu'il n'eut pu répondre, la seconde s'était avancée et parlait : "Père, tu m'as bien élevé et je t'en serai éternellement reconnaissante, mais je dois à présent te quitter : je pars pour l'exotique Népal, dont j'ai appris le parlé, aider l'opprimé et le pauvre par les soins autant que l'enseignement !". Le père était presque dans les tourments les plus indicibles, ceux qui accompagnent la quasi certitude de la perte d'un enfant.

"Mes filles chéries !" dit-il. "Que m'as tu dit, toi, l'aînée ? Et toi, cadette, quel est ce langage ? Retirez ces paroles, je vous en prie, avant que le coeur de votre mère ne se brise en les entendant... Je vous ai élevées pour que vous n'ayez point à souffrir de ces maux, et que vous sachiez les combattre, pas pour aller au devant d'eux ! Pourquoi risquer vos vies en vous exposant à de tels périls ? Vous les gâcherez, vous les perdrez !"

Il acheva par : "C'est tout ce que vous obtiendrez !". Choquées mais résolues, de par la volonté et la force d'âme qu'elles avaient hérité de leurs parents et acquises par leur éducation, elles répondirent sereinement : "Cher et honoré père, ce n'est point perdre sa vie que de l'offrir par amour, et ce n'est point la gâcher que de la vivre au service de ceux qui sont dans le besoin. Nous vous en supplions à genoux, laissez-nous partir !"

Alors, le pauvre et honnête homme, ému par tant de bonté, donna son consentement à ses filles exemplaires. Il savait, comme il s'en était toujours douté, qu'il devrait un jour se séparer de ses filles, mais il avait espéré qu'elles ne mettent pas leur vie en danger. Mais pouvaient-elles choisir une cause et des moyens plus vertueux, non pas pour mourir, mais pour vivre ? C'étaient là les principes qui les avaient tous trois guidés.

Sa propre peur, les élans naturels de son coeur sont toujours là, présents plus que jamais. Comment ne pas se faire de souci pour ses propres enfants ? Mais ils sont tempérés par la vertu de ses filles, sa fierté, qui rejaillit sur son honneur. Tel est le véritable amour paternel : il sait qu'il va perdre, et pourtant, il aime et donne le meilleur de lui-même, tandis que l'amour filial réalise les espoirs avec dévotion à la vertu.

Ce sont là des principes immortels et que l'on pourrait discuter des heures durant (ce qui a déjà été fait par de nombreux sages, théologiens et philosophes). Tirez-en ce que vous voudrez : fatalité de l'amour, pouvoir ineffable de celui-ci, éducation qui porte ses fruits, joie de voir ses enfants réussir, hantise des principes inflexibles, cessation de la peur des sentiments conflictuels... Ou tout simplement une bonne histoire.

Ce qu'il est important de savoir, en fait, ce n'est pas ce qui arrivera aux filles. Je ne vous le dirai pas, d'une part parce que cela n'est pas le sujet : c'est l'acte de ces filles qui est important, pas leur réussite. D'autre part, parce que cela ne s'est pas encore produit. Le plus important, dans cette fable romancée, n'est pas de savoir si c'est un non une parabole... Mais bien que ses protagonistes vivent aujourd'hui.

C'est ce qui rend sa portée encore plus universelle : elle n'a pas été inventée.

06/05/2006

Low & Ordure

Assez ! Il suffit ! C'en est trop ! Pendons-les haut et court ! Viva la Revoluçion ! Et toutes ces sortes de choses. Rebellons-nous contre la télé clonée. Je ne parle pas ici du George clownesque, bellâtre qui a commencé accommodé aux tomates tueuses avant de devenir un suppôt du grand capital avec la franchise de Daniel Ocean, tout en poursuivant son engagement politique style "je répète les conneries de la presse" avec ses propres films.

Non, je veux parler du manque de choix quant aux programmes télévisés, malgré l'étendue de l'offre du câble. Il ne s'agit pas simplement du sempiternel "ouah, ya rien à la télé, c'est de la merde, plus ya de chaînes et moins bien c'est !", mais d'un cri contre la conformité et l'envahissement de toutes les fréquences par un seul et même programme, qui contrôlerait les désormais proverbiales horizontales et verticales...

Le coeur de ma diatribe est dirigé vers une série, une seule, qui a contaminé la plupart des chaînes avec ses quinze saisons, j'ai nommé New York District (Law and Order, en version originale). Actuellement, à certaines heures, il est impossible de passer à côté : chaque chaîne susceptible de diffuser films, émissions ou séries, diffuse en fin d'après-midi ou en début de soirée, toute la semaine, au moins un épisode.

Et je ne vous parle pas des spinoffs (séries annexes, comme celle qui se déroule à Baltimore, et l'autre qui a pour titre "special victims unit"). Parfois largués deux par deux ou plus, étrangement similaires, les épisodes ont l'avantage de pouvoir être vus à peu près dans n'importe quel ordre : il y a très peu de métahistoire, ce sont des enquêtes individuelles. Certaines chaînes du câble regroupent même les épisodes par acteurs et par thème.

Cette série, fruit d'une coopérative de scénaristes et nègres divers, marche très bien, et renouvelle son casting sans complexes, au contraire de Derrick ou Navarro par exemple. Les épisodes sont toujours plus où moins dans l'air du temps, rapides et rythmés, et seules les étapes importantes sont montrées. Cette méthode a fait des petits, et d'autres séries du même genre parlent de policiers, de pompiers, de ceci ou cela...

Pour marcher, ça marche. A quinze saisons, et avec la richesse des archives du système judiciaire américain (bien plus que le nôtre basé sur le précédent plus que sur le législatif) pour alimenter des scénaristes souvent jetables, les producteurs sont tranquilles et traient leur vache à lait par tous les pis : romans, guides de la série, jeux vidéos plus où moins bien faits... Un facétieux a même fait un album à colorier (parodique bien sûr).

Comme ça marche bien, les chaînes françaises se jettent toutes sur le filon pour avoir une part du gâteau, plutôt que d'oser l'originalité d'une programmation différente. Il est vrai que si la dernière saison inédite est chère, le prix des droits de diffusion des anciennes saisons est très abordable pour la plupart des "petites" chaînes du câble, de celles qui sont coincées avec Starsky, Hutch et Charles s'en charge.

Voilà pourquoi, aujourd'hui, quand on zappe tranquillement, on passe sans interruption par cinq à six épisodes différents (mais toujours similaires) de New York District. Et c'est bien, cette série... C'est bien fait, c'est documenté, c'est assez réaliste, c'est bien scénarisé,  décors et costumes sont certes réutilisés et courants mais tout à fait appropriés... Mais moi ça me sort par les narines à force de me bourrer le crâne !

Et après on se demande pourquoi la plupart des français connaissent mieux le système judiciaire américain que le leur...

Pitié, éteignez la télé, ça leur apprendra.

05/05/2006

L'anhydre de Lerne

Discrètement, j'ai mis sur ce Blog une liste des métaux fictifs, pensant que ce serait vaguement distrayant. Elle ne va pas faire long feu, mais bon, peu importe : la variété reste le sel des blogs. A propos de métaux, non fictifs cette fois, vous avez sans doute entendu parler des vols de métaux par braquages (ou autres) qui subissent une recrudescence en ce moment... Il est vrai que les cours du métal augmentent.

Nous ne parlons pas ici uniquement de métaux dis précieux comme l'or ou le platine, toujours convoités et victimes eux aussi de cette recrudescence, mais d'éléments plus anodins comme le nickel et le cuivre. Apparemment, les métaux peuvent transiter et, comme de l'argent blanchi, être remis sur le marché par des intermédiaires peu scrupuleux. Vous allez me dire, ce n'est pas aussi grave qu'un vol de lingots d'or ou de monnaie...

Eh bien si. Premièrement, les entreprises qui possèdent ces métaux sont lésées de leur matière première... Deuxièmement, cela influe sur les prix de ces métaux. De tels éléments sont importants, non seulement dans l'électronique, mais aussi pour la recherche, ou simplement les travaux pratiques des élèves de millions de lycées en Europe ! Bon, d'accord, la plupart des élèves nous remercieront si il leur manque le sulfate de cuivre...

Mais il y a pire. Le sulfate de cuivre anhydre, poudre blanche, est l'un des matériaux employés pour faire passer la cocaïne. C'est un vieux truc, une réaction simple, et surtout l'Europe est un marché en plein essor pour "l'hydre" des trafiquants... Il ne s'agit donc pas uniquement de quelques piécettes en nickel, et les gendarmes autour du Havre ne patrouillent pas que pour protéger les droits de quelques chefs d'entreprise.

Comme l'oxyde de zinc, qui entre dans la composition de tellement de choses que les frères ZAZ en ont fait un sketch devenu immortel dans "Kentucky Fried Movie" ("Hamburger Film Sandwich" en français), les débouchés légaux et illégaux du cuivre et de ses dérivés sont nombreux, et je voulais juste informer les lecteurs de ce Blog de faire attention à cette information, laquelle ne mérite pas l'indifférence que lui témoigneront beaucoup.

03/05/2006

Dégueu Station

"Authentique", "Traditionnel", "Le goût nature original", voilà bien des arguments de vente imparables à ranger dans la catégorie "sans OGM" et "bio". Nous avons d'ailleurs déjà évoqué cette catégorie on ne peut plus relative dans un précédent billet (c'était il y a longtemps, mais vous devriez pouvoir trouver à force de persévérance). En l'occurrence, pendant mon petit séjour en Bretagne, j'en ai vu des produits de cet acabit.

Je précise tout de suite qu'en général ça ne vaut pas un clou... Preuves à l'appui. Les craquelins originaux et authentiques, nature et traditionnels de Bretagne ? C'est fadasse, on dirait du polystyrène expansé ou de la mousse plastique, mais faite pour être mâchonnée. Je n'ose employer le terme "alimentaire". Ce n'est pas que ce soit mauvais, c'est juste que ça n'a pas de goût et que ça grince sous la dent. Insupportable.

Le terme "craquelin" peut désigner des tas de choses : des brioches un peu croustillantes, des pâtissons gonflés comme des chouquettes, des biscuits, une sorte croquant qui entre dans la composition de gâteaux à la crème, des feuilletés souvent fourrés aux fruits, ou même des tas de petites bugnes et merveilles frites de différentes sortes. Là, c'est un machin. Il n'y a pas d'autre mot. Une chips épaisse en forme d'oreille du Prince de Galles.

Tant qu'on y est, la crème de caramel au beurre salé, eh bien c'est infect. Soit, les caramels au beurre salé ont un goût original, et certains les adorent, mais de là à les rendre plus pâteux (genre Nutella) et à les tartiner sur du pain... Le saucisson à la myrtille n'est pas fantastique non plus, et je ne vous parle pas des produits naturels et traditionnels qui ne sont pas typiquement bretons, comme le pain de maïs...

Les traditions, ça n'est pas mauvais en soi. Mais à goûter ce genre de choses, on comprend pourquoi il y a des recettes traditionnelles qui font le tour du monde et d'autres qui marinent dans leur village paumé.

01/05/2006

May Day

Je cherchais quelque chose à vous raconter, ô lecteurs fidèles, à propos du joli mois de mai... Outre les mièvreries du genre "une hirondelle ne fait pas le printemps" et les Lewiscarroleries massacrées à la sauce Disney comme "Les fleurs sont la beauté du monde, un matin de mai fleuri", je n'ai pas trouvé grand chose. Pourtant le printemps en lui-même est une période étonnante et tout aussi chargée d'archaïsmes que les autres saisons.

Période de transition par excellence, il printemps évoque la maturation sexuelle. C'est la saison des fleurs et des premières amours, du réchauffement et de la montée de sève... Suggestif, hein ? C'est aussi une période dangereuse, culturellement parlant, car les changements de temps, l'humidité et le fraîchin font que les individus "fragiles" des sociétés (anthropologiquement et médicalement parlant : les vieux, les très jeunes, les gens dont c'est la première puberté...) sont en danger de maladie... Réel au Moyen-Âge, imaginé aujourd'hui.

C'est assez peu compréhensible pour nous, modernes penseurs. On mettait ça sur le dos de la sève qui monte et des fluides qui changent, du fait que les "anciens" ne sont plus sexuellement actifs (et par conséquent supportent mal une saison qui met pour rien leurs fluides en mouvements), et puis cette histoire de fraîchin n'est pas super claire non plus... Mais qui dit période transitoire dit "entre-deux", donc "marge", donc "danger".

Le premier mai, ou "may day", fête du travail, n'est qu'une version moderne de Beltane, la fête païenne considérée comme le plus grand jour férié au pays de Galles et dans d'autres terres celtiques. C'est la fête du feu, le "Feu de Bel", ou plutôt le feu de Baal... La fête de la sève qui monte, à l'opposé de la Samhain (bien que l'autre équinoxe, vernal, soit le 21 mars, l'autre nom de Beltane est justement "Cetsamhain").

Petite parenthèse : le signal de détresse "may day" n'a aucun rapport avec le mois de mai ou ce dont on parle. Il s'agit de la transcription anglophone du français "m'aider", diminutif de la phrase "venez m'aider". En effet, pas mal de signaux radios internationaux sont en français, comme "silence" (prononcé dans toutes les langues à la française) et "pan-pan" (prononcé "panne", et signifiant exactement cela). Revenons à nos moutons.

Tout ceci n'est pas sans rappeler la fête romaine des floralies, banquet des fleurs durant trois jours qui pouvait être complètement orgiaque. Et qui ne connaît le "sacre du printemps" que Stravinsky immortalise de façon moderne, et les évocations grotesques des poèmes païens de Carmina Burana, mis en musique par Carl Orff ? Pas étonnant que toute la chrétienté ait cherché à effacer cette célébration par tous les moyens.

Le jour de cette fête de mai, nous nous contentons d'un brin de muguet, alors que les druides allumaient des feux. Dans une fête aussi chaude, il est de bon ton de sauter nu par dessus les feux aux propriétés bénéfiques... et de "danser" toute la nuit. L'arbre de mai (symbole phallique) et les enfants tournant autour, les danses folks entre hommes et les tournois sportifs, autant de traditions qui échauffent les sangs !

Et les femmes ne sont pas en reste : on élit une Reine de Mai, traditionnellement nue et conduisant la fête, et les jeunes filles s'apprêtent... Quelle est la part de fantasme sur la sorcellerie et la part de traditions là-dedans ? Allez savoir. Toujours est-il que beaucoup considèrent que c'est la fête de la sexualité débridée, alors que c'est une fête, bien plus généralement, où l'on cherche ses limites et où on teste celles de la société.

C'est pourquoi l'une des plus grandes traditions du mois de mai dans les pays celtes sont les danses Morris que l'on danse en cercle, avec clochettes et bâtons, et entre hommes : les bâtons sont sexuels, mais pas tant que servant à garder et à délimiter. Il est de coutume de réparer les barrières en ce jour, et de faire le tour de sa maison et de ses champs à pied : cela s'appelle "battre les limites", et ça, ça n'a rien de débridé.

Mais le mois de mai est tout de même joli. Ne dit-on pas, en mai, fais ce qu'il te plaît ? La chanson anglaise dit "Lusty month of may", le mois de mai luxurieux... Et c'est encore le cas aujourd'hui. Outre le regain (passablement soixante-huitard, parfois...) de ces vieilles symboliques, c'est le mois où l'on veut plaire : il n'y a qu'à voir tous les magazines féminins qui profitent de ce que c'est une période de changement.

Très prosaïquement, et c'est lié au symbolisme dont nous discutions plus haut, c'est le mois où l'on fait les diètes qui porteront leurs fruits à l'été, le mois où l'on s'apprête, le mois où l'on ressent à nouveau le besoin de plaire. Comparez le nombre des publicités pour les produits light, des régimes publiés, vous verrez aisément la différence entre les mois. La période printanière d'avril-mai est largement en tête.

D'ailleurs, c'est de cet engouement pour la minceur que profita le pharmacien délétère dont les pilules soi-disant miraculeuses ont fait à la fois couler l'encre, la bile et le sang quelques jours plus tôt : nous en parlions dans ce même Blog. Vous voyez bien : Quand je vous disais que la saison du printemps était celle où les fluides se mettaient en mouvement, et que c'était une saison d'excès, une saison dangereuse...

2 septembre 2006

Billets d'Avril 2006

Note de l'Auteur : Voilà les billets du mois d'Avril... Ils sont toujours sans images et classés par ordre déchronologique, mais la mise en page à un peu déconné. Bon, c'est pas super grave, en même temps, vous avez une partie grise... et une partie grise ! Avec deux gris différents et des tailles à peine pas pareilles sur certains titres,  pour ça, je vous fais confiance pour ne pas me chier une pendule. De toutes façons,  personne ne va les lire, ces archives...

30/04/2006

France liste

Nous vivons dans une société étrange. Pour nous en convaincre il suffit de lire nos lois... Et ce qu'on interdit de faire à nos citoyens. Voici une liste non exhaustive d'un tas de choses que pas mal de gens trouvent, si pas "normales", du moins pardonnables dans certaines circonstances, et qui sont pourtant interdites. Beaucoup sont dangereuses, mais traverser en dehors des clous aussi... C'est illégal, et tout le monde l'a fait.

Choses illégales que presque tout le monde fait, ou voudrait bien faire :

_ Acheter des cigarettes en étant mineur et/ou les fumer

_ Acheter, posséder et/ou fumer du cannabis sans intention de revente

_ Avoir des relations sexuelles avec un autre que son conjoint (adultère)

_ Se promener dans les rues de manière "suspecte" (Vagabondage)

_ Refuser de montrer ses papiers à un représentant de la loi qui les demande, ne pas en avoir sur soi

_ Passer sans valider son titre de transport dans les transports en commun

_ Donner son sang lorsqu'on est homosexuel

_ Donner son sang après tout acte chirurgical, sexuel, blessure, piercing ou tatouage non suivis de dépistage

_ Ne pas déclarer certains revenus, par oubli ou volontairement, et ne pas payer à temps (fraude fiscale)

_ Payer "au noir" pour n'importe quel service ou bien

_ Conduire après n'avoir bu qu'un verre (conduite en état d'ivresse)

_ Lire un fichier informatique MP3 ou autre sans l'avoir dûment payé à qui de droit

_ Posséder un carnet d'adresse informatisé trop détaillé ou accessible (loi informatique et liberté)

_ Etre payé pour un jour férié même si on a travaillé et qu'on en avait envie

_ Se suicider (bien entendu, c'est la tentative avortée que l'on peut punir...)

_ Aider quelqu'un à se suicider ou ne pas l'en empêcher lorsqu'on est averti

_ Donner à un mendiant dans les transports en commun

_ Mendier ou quêter l'aumône dans des lieux publics (pour soi-même ou un autre, pas pour un organisme)

_ Amener un animal dans les transports en commun autre qu'un chien d'aveugle

_ Ne pas céder son siège dans les transports en communs et les hôpitaux publics lorsqu'on est valide

_ Insulter quelqu'un en public (même de façon anodine, ce sont des menaces, de la violence verbale)

_ Insulter quiconque porte un uniforme ou un signe distinctif montrant qu'il est fonctionnaire de l'état

_ Insulter d'une manière quelconque un membre d'une minorité (le crime est plus important que pour un autre)

_ Payer un ou une prostituée (même sans avoir de relations sexuelles)

_ S'adonner à n'importe quel type d'activité sexuelle dans une voiture à l'arrêt (si on vous y surprend...)

_ Monter à cheval dans la plupart des grandes villes

_ Tuer un pigeon (alors qu'il est permis de mettre pointes acérées, répulsifs et autres sur son balcon)

_ Changer l'aspect extérieur de sa propre maison sans autorisation (dans la plupart des villes)

_ Refuser de payer son loyer, même pris à la gorge par son propriétaire et vivant dans un lieu insalubre

_ Laisser un animal ou une personne dont on est responsable commettre n'importe quelle infraction

_ Crier et chanter dans la rue après 22 heures (tapage nocturne)

_ Uriner dans tout lieu public ou extérieur qui n'est pas prévu pour, y compris en pleine nature

_ Faire un pari amical ou organiser un jeu d'argent sans licence appropriée

Je tiens à dire que je suis personnellement fier d'être dans un pays qui tient toujours pour illégal de fumer des joints et d'insulter les gens en public, comme de se battre, et tant d'autres choses... Mais je pense qu'on peut s'entendre sur cette histoire de don du sang des gays, par exemple ! A part ça, il est toujours permis, en France, d'épouser ses cousins et de ne pas aller voter. Je suppose que toute société a ses petites bizarreries.

29/04/2006

Exempli Gratia

Je ne résiste pas au plaisir de vous égrener un autre exemple du jeu que j'exposai dans le dernier billet d'humeur, celui des anagrammes casés... Allez l'y lire si vous l'osez ! Ce texte, beaucoup plus hard, contient au moins trente anagrammes du mot "Réticence", dont plusieurs répétés (et en une occasion l'un d'eux est accordé au pluriel, donc avec un S... Bon, c'est de la triche, je l’admets !). Le plus petit fait deux lettres. Bonne chasse !

Laid Producteur :

Ceinte de fleurs selon un rite vaguement originaire de Cirène, la pseudo-vestale de Nice fut saillie sur la crête... Sans réticence et sans qu'elle ne crie, du moins sans cri de protestation devant ce sacrilège, cette ensorceleuse Circé fut réée après la cène par un beau légionnaire, sans doute né juif ou yankee, car circoncis...

La nuit, américaine, était loin d'être d'un noir d'encre lorsque le réalisateur tourna la scène, écrite par un crétin pour qu'on se rince l'oeil... Il en rit encore alors qu'il tire sa blondasse, de ce que les branleurs font au ciné porno du coin ou sur le net, devant ce qu'il créé. Lui, il n'a pas ce tic, ni cette pulsion masturbatoire.

Il trie le monde entre ceux qui se font exploiter, ceux qui plantent ton tee, te cirent les pompes... Et ceux qui, comme lui, baisent avec des femmes aux seins gros comme des citernes et vivent royalement dans une somptueuse villa, écrin luxueux de leurs délices de Capoue.

Pour citer Mel Brooks: "When you got it, flaunt it! »

28/04/2006

Lire et écrire, règles avancées

Je viens d'ajouter dans la liste des jeux originaux celui des anagrammes casés... Les règles en sont simples mais son exécution n'est pas à la portée de n'importe qui : il s'agit de prendre un mot au hasard (dans un livre, évidemment) et d'en trouver quelques anagrammes. Une ou deux dizaines devraient être un bon chiffre. Pas la peine de faire des anagrammes parfaites avec toutes les lettres, des mots plus courts fonctionnent aussi.

Mais le jeu ne fait que commencer : chaque joueur devra caser tous ces mots (ou le plus possible) dans un texte d'une page environ (ou moins si possible). Chacun lit son texte à haute voix, il est donc important de faire un texte assez drôle, élégant, ou original. De préférence, il faut que les anagrammes passent inaperçus à la lecture... Et tout le monde travaille avec les mêmes mots, les joueurs sont donc logés à la même enseigne.

Ce n'est pas très difficile pour qui est habitué à écrire (ou à Blogger...) mais c'est un défi tout de même ! Ce jeu occupe agréablement quelques heures. Je voudrais vous faire partager un texte comprenant vingt anagrammes du mot "Aurait". Le plus petit des anagrammes fait deux lettres, et le plus long est le mot lui-même (On eut pu en trouver largement plus de vingt, mais nous ne sommes pas devant Laurent Romejko, que diable...)

Récit de chasse :

L'aube naissait et tout était calme près du trou d'eau presque tari. Le soleil Kényan, Ra septentrional des sources du Nil, avivait les couleurs avec art, loin de troubler le rut matinal des lions... Robert Jones, explorateur, tria ses cartouches et rit, chargeant son fusil, pensant au pelage qu'il allait rapporter à la belle Tara. Tout ce dont il avait besoin, c'était d'un peu plus de jour...

Le soleil à l'horizon faisait encore une aura de la crinière du viril animal qui ruait sa femelle. Robert ajusta sa carabine, visa, tira... Et rata le fauve, distrait par l'émoi au creux de son propre bas-ventre provoqué par l'ami naturel qu'il scrutait intensément ! C'est sur lui que se rua le lion, et il s'en fallu de peu qu'il ne le tua, si ce rat de Robert n'avait pas été si vif... Robert fuit donc.

Notre héros eut été reconnu pour son cran s'il n'avait pas été estropié dans sa virilité. Cette histoire, fils mieux aimé, tu la raconteras dans ce bar louche bien connu de Nairobi. Rita la taulière la taira, ira jusqu'à la nier... Mais tu sais dorénavant la vérité : Voilà ce qu'il est advenu de Roger Jones, explorateur intrépide et chasseur émérite... Alias Rita Jones, barmaid au bar chez Tara !

Essayez de les trouver tous, pour voir !

Pharmakon

...En grec, ce mot signifie à la fois "le remède" et "le poison". Il a donné, en français, les mots pharmacie, pharmacopée, et toutes ces sortes de choses. Et cela faisait longtemps qu'il n'avait pas été aussi bien employé. Oh, de loin en loin, il y a toujours des affaires de ce genre, hélas : médicaments retirés, contre-indications peu respectées... Mais cette fois, c'est plus qu'un simple accident ou de la négligence.

L'information circule, la pharmacie Demours, dans le 17e arrondissement de Paris nous redonne une vieille arnaque, celle de la panacée, de l'or potable, et du "snake oil" des charlatans du Far West... Des pilules amincissantes qui ne sont pas franchement amincissantes, mais plutôt dangereuses : selon la dépêche, palpitations, vomissements et diarrhées sont au rendez-vous, désillusionnant bien vite les pauvres gens.

126 personnes sont déjà victimes, dont quatorze hospitalisés dans un état grave, cinq dans un état critique et un décès... En ces temps de traçabilité et de méfiance du consommateur, comment ces personnes (un nombre faramineux pour une pharmacie de quartier !) se sont-elles laissées prendre ? Il faut que le baratin soit bien rodé. Mais il est vrai que les mentions principe actif, naturel, biologique ou médecine douce font le gros du travail...

Et puis pourvu que cela ait l'aspect professionnel, la couleur bleue du Viagra et blanche de l'Aspirine, le petit pot bien fermé et industriel, l'étiquette sobre et l'aval de votre pharmacien, pourquoi vous poseriez-vous des questions ? Les français ne sont-ils pas ceux qui pratiquent le plus l'automédication dans le monde, et avec un succès redoutable, pourrait-on arguer, puisque nous avons aussi la meilleure espérance de vie ?

Ce qu'on oublie souvent, c'est que les nombreuses pilules de régime du commerce, vendues sans ordonnance, sont toutes dangereuses et à ne pas prendre à la légère. Comme toujours, il y a des instructions à suivre... Ce qui n'est sans doute pas le cas du remède meurtrier et artisanal de chez Demours. Même alors, nombre de médecins récusent ces produits, selon eux loin d'être indispensable : mieux vaut faire de l'exercice.

Doit-on prendre un médicament par simple confort ? C'est un vieux débat, comme celui de la chirurgie plastique, et qui va jusqu'à toucher du doigt le principe fondamental de la médecine, qui est, ou n'est pas, selon certains, soulager la douleur à tout prix... Une chose est sûre, lorsqu'il s'agit d'un médicament aussi douteux qu'une pilule de régime, il y a quand même des précautions à prendre. Mais je ne blâme pas les 126 clients malheureux...

Comment pouvaient-ils deviner que cela allait les rendre malades ? Habituellement, même en cas d'arnaque, quand ça ne marche pas le résultat est nul... La pilule est souvent un placebo. Ici, le pharmacien criminel a fabriqué un poison. Ce qui m'étonne, c'est le nombre de "contaminations" (et on ne les a pas toutes retrouvées) avant que quelqu'un ait remarqué quelque chose, et fait le lien.

Enfin, quelqu'un d'autre que le pharmacien. Oui, parce que même si ce n'est pas volontaire (qui après tout voudrait faire mourir ses clients, se privant de ses revenus, à moins d'en vouloir à certains... Mais je m'égare), il est peu probable qu'il ait été ignorant d'effets secondaires des principes inclus dans ses préparations. L'excuse du "je ne savais pas" alors qu'il a quand même continué à vendre, ça ne tient pas debout.

Remarquez, à force de remplir ses toilettes par tous les bouts, ça finit par marcher, ce régime.

27/04/2006

Au théâtre ce soir

L'autre soir, j'ai vu le Diable, et il n'avait pas fière allure. J'étais à une représentation de Dom Juan, de Molière, pièce tragicomique au texte qui fait plaisir à entendre... Plus qu'un séducteur, Dom Juan est un athée qui se moque du monde, et si la morale est avant tout religieuse, elle va plus loin que cela et reste toujours actuelle : l'homme qui ne croit en rien n'est rien lui-même, et le vice, même si l'on ne le qualifie pas de péché, reste le vice.

Mais je digresse, et je m'en voudrais de résumer un texte si riche. Je disais donc que là-bas, j'avais vu le Diable. Je l'ai aperçu dés mon entrée dans la salle, une de ces salles d'auditorium typique des banlieues communistes du 93, toute de briques et mal entretenue, petit succédané de Bolchoï, théâtre d'état qui amène pourtant les plaisirs de la culture, non sans héroïsme, à ceux qui devraient prendre un long train pour arriver au moindre musée.

Le Diable, cet autre rouge, était assis là, à quelques sièges de moi. Il était un peu pâlot et il avait tombé les cornes, mais on pouvait sans peine reconnaître l'homme noir des sorcières d'antan. Nous avons tous deux vu la pièce sans parler, c'est tout juste s'il a osé troubler le silence pour faire le mal, presque en s'excusant : un seul téléphone portable a sonné. C'était agaçant, mais c'était au tout début, et le propriétaire est sorti tout de suite.

Sur scène, les comédiens faisaient ce qu’ils pouvaient. Ma foi, ils ne jouaient pas si mal... Quelques chutes maladroites, quelques lapsus que personne n'a vus (le public était profane). Il y a beaucoup, beaucoup à redire de la performance des comédiens, mais il faut blâmer, très probablement, le metteur en scène. Le Diable l'a très bien vu, il en était atterré, le pauvre. Voyez-vous, la mise en scène était moderne... Et mauvaise.

Je dois préciser tout de suite que j'aime beaucoup ce qu'on appelle le théâtre contemporain, et la modernisation des classiques est souvent bénéfique. Une mise en scène dépouillée, l'absence quasi totale d'accessoires, un décor sombre, voilà qui donne aux comédiens une chance de tout meubler eux-mêmes, une grande liberté, et l'attention indivise du public. Le théâtre est un livre d'histoires, pas d'Histoire...

Mais là... Oser demander aux comédiens de tourner le dos au public, c'est bien, c'est naturel. Mais heureusement que j'étais prés des premiers rangs, sinon je n'aurai rien entendu ! De même, on voit bien qu'ils ont des mimiques, mais, de dos, on ne les voit pas. Et puis qu'est-ce que c'est que cette mode de taper dans ses mains pour un oui ou pour un non ? Tout ceci remplace fort mal les trois coups, et le reste.

Périodiquement, surtout autour des éléments surnaturels de la pièce, certains acteurs (restés sur scène, sans doute pour meubler) tapent dans leurs mains. Soit ça fait "regardez, j'ai pris des cours d'improvisation", soit ça fait "regardez, c'est moderne, c'est snob". Il eut été intéressant de trouver quelque chose de plus original, de moins ridicule, quelque chose qui casse moins l'ambiance solennelle, tragique ou comique.

Et puis ce sont des claquements de mains qui remplacent les coups frappés à la porte de Dom Juan par la statue du Commandeur... Certes, c'est du théâtre, mais je ne sais pas si vous imaginez un poing de pierre, caverneux, sépulcral, frapper sur une porte de chêne de manière à vous glacer les os (c'est ça, dans la pièce !) figuré par trois péquins masqués qui tapent mollement des mains, même pas bien synchronisés.

Plus on avance dans le surnaturel, plus les autres acteurs, grotesques avec leurs masques, se mettent à évoluer lentement, qui manipulant un pendule (hautement symbolique, et aussi hautement banal... Comme une comique mouche du coche tournoyant près des tirades fatiguées et boueuses de Dom Juan), qui jetant des regards lourds (de fatigue ?) au public (pour compter les spectateurs ?), qui Béjartisant vaguement.

C'était une mise en scène très commune, avec des chaises (comme dans d'autres Dom Juans modernes d'ailleurs ! vraiment rien d'original) et presque aussi pathétique que le film avec Alain Delon dans le rôle titre, pantalonesque vieillard défraîchi face à un pathétique Michel Boujenah en Sganarelle mou (sur fond de polyphonies corses, en plus, n'importe quoi...). C'était vide, et plus qu'ennuyant, c'était agaçant.

C'est tout de même Dom Juan qui a remporté la palme du pire cabotin radoteur... Ses tirades, lassantes, accentuaient encore l'effet qu'un tel épouvantail dégingandé ne peut séduire personne, surtout avec une maigreur presque ravagée et un costume aussi ridicule. C'est un Dom Juan désabusé, blasé et cynique, mais sans amour pour la vie ni la jouissance, et qui fatigue vers la fin, de plus en plus monocorde, sentencieux...

Alors que Dom Juan devrait être plein de vie, fringant, enrubanné, un beau Diable ! Celui-ci, dans l'assistance, n'en a pas cru ses yeux. Quoi ? Ce raide fil de fer articulé, ce lampadaire dénué de présence, ce petit bourgeois blasé, déchet commun et transparent comme un gobelet en plastique, Cadavre transi qui déclame comme une vieille savate en se prenant pour Desproges ? Remplacer un personnage aussi sexué, aussi plein de vie ?

A cause de lui, et de la mise en scène, toutes les dernières répliques de Sganarelle sont tombées complètement à plat... Ainsi que quelques autres. Dommage. J'ai appris plus tard que l'acteur qui jouait Dom Juan avait (quelle surprise...) fait la mise en scène. Tout s'explique. A sa mort, après son ridicule geignement et les gesticulations des divers spectres en marshmallow, le Diable n'est pas venu le chercher.

Il n'y a pas eu de fumée, pas de flammes, le Diable s'est simplement levé et il est parti. Comme j'étais le seul à le voir (les acteurs sont trop imbus d'eux-mêmes, et le public est trop bonne pomme), il m'a jeté un regard en sortant. Pas un de ces regards à la Faust des Méphistophélès en collants rouges, ceux qui disent "je te reverrai bientôt !", mais un regard las, atterré, et plein de compréhension pour moi et le public.

L'indifférence est une chose terrible, celle des gens importants l'est plus encore... Même quand on applaudit par ailleurs. Voyez-vous, le public était composé de lycéens en sortie scolaires, qui n'y connaissent pas grand chose, et à qui on a dit d'applaudir quand même. Tous les autres étaient des invités ou des amis des acteurs, venus pour faire plaisir à une représentation un peu à la sauvette. Et la salle était tout sauf pleine.

Gageons que la pièce a besoin de rodage... Même si le texte est balisé, archi-balisé, classique, lu par tout le monde, joué par tout le monde à l'école (c'est ça ou le bourgeois gentilhomme, ou alors le médecin malgré lui, ou le malade imaginaire... à la limite les femmes savantes... ou carrément tous à la fois), et que les autres acteurs ne sont pas mauvais... Et espérons que Satan daignera relever Dom Juan la prochaine fois.

26/04/2006

It's only make believe

Vous avez peut-être remarqué dans ma liste de sentences qui tuent (un peu plus bas sur ce Blog... Allez-y, ce n'est pas si loin !) la phrase "There's a sucker born every minute" attribuée à un certain David Hannum, illustre inconnu. Et, si vous connaissiez cette phrase, vous vous êtes sûrement dit "Palsambleu, mais voilà qui Ets étrange, n'est-ce point la phrase de P. T. Barnum ?"... Ou quelque chose de ce genre. Et vous auriez eu raison.

Enfin presque. Il s'agit d'une phrase qu'on attribue à Barnum parce qu'elle lui est toujours associée, et que son auteur réel n'est absolument pas célèbre. Pour ceux qui ne savent pas qui était P. T. Barnum, c'est celui du cirque Barnum & Bailey, le grand arnaqueur et concepteur de shows forains et de music hall, self-made-man et montreur de galeries de monstres célèbre pour ses hyperboles (et aussi pour Eléphant Man, mais bon).

Comme l'histoire de cette citation particulièrement acerbe et lucide est intéressante, je vous la résume. A l'époque de Barnum, les Etats-Unis sont en pleine démocratisation des loisirs. En même temps, de nombreux pasteurs évangélistes prêchent contre les théories de l'évolution (c'est encore le cas aujourd'hui) et parlent des temps reculés où des géants et des dragons vivaient sur Terre, réinterprétant diverses trouvailles paléontologiques.

En 1868 un certain George Hull de Binghamton (état de New York), vient de se former pendant deux ans à l'archéologie et à la paléontologie... Durant ces deux ans, il a machiné un plan si machiavélique, un canular si énorme, une arnaque si monumentale qu'elle ne peut que fonctionner. Ce plan, qui dénote une compréhension aiguisée de la nature humaine et de son époque, nécessite une longue mise en place.

George Hull n'est pas un professionnel de la paléontologie, mais c'est un entrepreneur visiblement brillant qui a réussi dans la manufacture de cigares. Erudit et notable (ce qui, dans la mentalité protestante, ne donne que plus de poids à ses opinions : qui a réussi dans la vie a "gagné son pain à la sueur de son front"...), il a aussi voyagé un peu partout aux Etats-Unis et s'est érigé en athée résolument sceptique.

Il se rend tout d'abord à Fort Dodge, Iowa, où il avait remarqué deux ans auparavant une carrière de gypse. Le gypse est parfait pour son plan car il présente des veines d'un bleu foncé qui lui donnent un aspect vaguement organique, en plus d'être facile à tailler. Hull paie des ouvriers pour lui découper un bloc de 4m par 1m par 1m30 environ. Il ne leur en dit pas plus, car il ne faut pas que trop de gens soient au courant.

En novembre de la même année, le bloc (soigneusement enveloppé dans de la toile pour en préserver le secret) est transporté par diligence vers la gare la plus proche, à près de 70km de là... Après un voyage difficile, il est expédié par le train à Chicago où l'attend un tailleur de pierre du nom de Edward Burghardt. Celui-ci, bien payé ainsi que ses assistants par George Hull, a des instructions extrêmement précises :

Tenus au secret, ils ont pour tâche de sculpter un "géant" de gypse dans une grange à l'écart de la ville, et uniquement durant leurs jours de congés et leurs dimanches. Le géant devait avoir l'air d'être mort dans d'atroces souffrances. Le résultat est à la hauteur, très expressif et surtout détaillé : ongles de mains, de pieds, narines, sexe, une main porté au ventre... Une aiguille est même utilisée pour tailler les pores de la peau !

Une fois le géant fini et aspergé d'une solution de vitriol et d'encre pour le "vieillir", le géant, convenablement emballé, est réexpédié par le train jusqu'à la ferme de William Newell, le cousin de George Hull, près de Cardiff (dans l'Etat de New York, hein, pas au Pays de Galles...). Notez que c'est très pratique : Il s'agit d'un homme de confiance (ce qui est nécessaire à cette étape du plan), mais qui ne porte pas le même nom que Hull.

Hull, Newell et son fils aîné enterrent ensuite le géant en travaillant exclusivement la nuit à peu près entre la maison et la grange de Newell. Même s'ils savent qu'il s'agit d'une arnaque et ont une part garantie dans celle-ci, pour que le secret soit total, ni Newell ni son fils aîné ne sont au courant de la suite du plan ni de ce qui a précédé. Le reste de la famille, les amis, les voisins, sont tenus dans l'ignorance la plus totale.

Hull leur promet que, dans environ un an, il reviendra exécuter la suite du plan avec eux. Par chance (mais est-ce vraiment de la chance ? Hull est un paléontologue averti), six mois plus tard, on déterre des fossiles près de la ferme des Newell, et des journaux relatent la chose dans tout le pays. Un an après avoir enterré le géant, et alors que ces articles providentiels sont encore dans les mémoires, Hull se manifeste comme promis.

Il envoie une lettre à Newell le 15 octobre pour tout lui expliquer. Sur ses instructions, Newell engage deux ouvriers (peu éduqués, au dessus de tout soupçon dans le cadre d'une arnaque) pour creuser un puits. Il leur demande "parce que c'est pratique" de creuser entre sa grange et sa maison, et il attend. Comme prévu, en début d'après-midi, les ouvriers viennent lui annoncer une grande "trouvaille" : un géant pétrifié...

La nouvelle fait vite son chemin, et le jour même, les visiteurs affluent. Dés le premier après-midi, Newell érige une tente autour du "tombeau du géant" et fait payer l'entrée 25 cents. Deux jours plus tard, le Syracuse Journal publie la découverte, et le nombre de visiteurs augmente... Ainsi que le prix des entrées, qui passe à 50 cents. Une compagnie de diligence offre même quatre allers-retours par jour depuis Syracuse !

Chaque jour, parmi les milliers de visiteurs, se pressent des ecclésiastiques, des professeurs, des érudits et des scientifiques émérites. Avant longtemps, l'opinion des experts est divisée selon deux théories. La première : c'est un géant fossilisé. La seconde : c'est une statue ancienne. Et c'est par là que l'on constate toute l'ingéniosité du plan de Hull : Cette controverse, prévue, est la "diversion du prestidigitateur".

Trop occupés à se demander s'il s'agit d'un humain fossilisé ou d'une statue et dépourvus de méthodes de datations modernes, les scientifiques, les théologiens, les experts et ceux dont l'opinion compte (et derrière eux la majorité des visiteurs), ne cherchent pas à mettre en doute le fait qu'il s'agisse bien de quelque chose d'ancien... Ainsi, personne ne crie au scandale au milieu des cris, et personne ne vérifie s'il s'agit d'un faux !

Dix jours après la découverte du "Géant de Cardiff", au moment où il commence à faire couler de l'encre au niveau national, Hull et son cousin vendent un intérêt à valeur de deux tiers des profits du géant pour 30000 dollars (une somme énorme à l'époque) à une association commerciale de cinq hommes basée à Syracuse, à la tête de laquelle se trouve le banquier David Hannum (eh oui, c'est lui !). Ils décident d'exposer le géant en ville...

Et, tant qu'à faire, prétextant les frais nécessaires au déplacement et à l'exposition du géant dans une galerie ainsi que l'authentification "coûteuse" par des experts, les propriétaires associés du géant augmentent le prix de l'entrée à un dollar par tête de pipe. Le géant est, cette année-là, l'exposition dont on parle le plus aux Etats-Unis : près de 3000 personnes se pressent pour venir le voir chaque dimanche, malgré le prix !

P. T. Barnum s'intéresse à cette affaire, comme à tout spectacle qui pourrait lui rapporter de l'argent. Il envoie un de ses sbires pour voir de quoi il s'agit, lequel lui confirme tout, ainsi que le nombre faramineux de visiteurs. Barnum se fiche de savoir si c'est un faux, il ordonne aussitôt à son sbire (par câble express) de faire une offre aux propriétaires pour racheter le géant à valeur de 50000 dollars. Hannum refuse l'offre.

Barnum, qui est tout de même un expert, sent l'arnaque. Il se dit que ça ne fera peut-être pas long feu, et décide de ne pas surenchérir. Comme il veut tout de même avoir sa part du gâteau et que cette nouveauté est dans l'air du temps, il engage une équipe pour sculpter son propre géant. Avant peu, il dévoile son propre géant et clame qu'il l'a acheté à Hannum et que celui-ci n'expose à présent qu'une reproduction !

Et rebelote : des milliers de gens affluent pour voir le géant de Barnum, parce que, lui, il a déjà un nom, et que son histoire est plausible. Comme il a des relais, beaucoup de journaux impriment même la version Barnum de l'histoire, c'est à dire que le géant de Hannum et Hull est un faux et que celui de Barnum est authentique. C'est à ce moment que la citation de Hannum paraît : "There's a sucker born every minute !"

Hannum (qui a, soit dit en passant, toujours l'impression que son géant est un authentique fossile ou une authentique statue puisqu'il n'a pas participé à l'arnaque du début !), fait évidemment référence aux milliers d'imbéciles qui paient pour voir le géant de Barnum. Cette phrase n'a-t-elle pas, pourtant, une dimension universelle, par son élégance, et surtout par le fait qu'elle choque en envenime les choses ?

Et cela ajoute à la confusion, pour le plus grand plaisir de Barnum : celui-ci, par une seconde diversion, a détourné toute l'arnaque à son profit (et est même arrivé à voler la phrase de Hannum !). Trop occupés à se demander quel géant est authentique, distrait par une bataille d'experts, de noms, de scientifiques et de journalistes, le public n'est même pas effleuré par l'idée que les deux sont des faux.

Hannum fait un procès à Barnum pour diffamation, erreur grossière de quelqu'un qui n'est pas dans la confidence... Au procès, Hull est appelé à la barre et dévoile toute l'histoire. Le juge, certainement amusé, prononce un non-lieu en faveur de Barnum : Même s'il en a fabriqué une copie, on ne peut condamner P. T. Barnum pour avoir qualifié le premier géant de "faux", puisque c'en est effectivement un.

Oh, bien sûr, après-coup, tout le monde a dit "j'en étais sûr", et s'est tourné vers les rares experts qui avaient compris le truc. Un avis d'archéologue le qualifie effectivement ainsi : "An impossibility, a statue, a clumsy fraud, and just plain silly". Pourtant, cet avis n'eut pas grand effet sur les esprits : l'acceptation du géant n'était basée, comme pour tant d'autres choses, que sur le désir et le besoin d'y croire.

Depuis lors, puisque David Hannum, banquier naïf, n'avait rien de remarquable, et que Barnum avait à la fois le don de l'esbroufe, du vol, et celui du théâtral, c'est à lui qu'on attribue la citation. Voilà toute l'histoire, récit d'une époque de forains haute en couleurs et d'arnaques faites de bouts de ficelles et de blocs de gypse. Ne la regrettez pas, nous vivons une époque similaire... et tout aussi drôle et intéressante, quand on y songe.

25/04/2006

Trafic d'organes

Tiens, c'est la Saint Marc aujourd'hui. Bon, j'en n'ai rien à battre, je ne connais pas de Marc. C'est pourtant un joli nom. Accessoirement, Saint Marc est celui qui a écrit l'évangile du même nom (et il ne s'est pas vraiment cassé pour le titre, comme tous ces gens là...). Il a abrité pas mal de chrétiens du temps des persécutions, il a accompagné Saint Pierre à Rome, et il est mort à Alexandrie sans même se faire martyriser, en 67.

La place San Marco de Venise (et surtout l'église du même nom) est appelée ainsi parce qu'on a acheminé le corps de Saint Marc (ou ce qu'on a cru à un moment être le corps de Saint Marc, ou, plus probablement encore, ce qu'on voulait faire passer pour le corps de Saint Marc pour une basse raison politique et monétaire à la "nous aussi on a des gros saints"...) dans cette ville humide, même s'il n'avait pas grand chose à y faire...

C'est le privilège des saints (et des mannequins) d'avoir un corps très demandé. On se les arrache ! Littéralement d'ailleurs, vu le nombre de reliques vraies et fausses qui circulent encore. Avec la crise pétrolière, ça fait cher la phalange. Je me demande à combien s'élève le bout de Jean-Paul II... Les anticléricaux diront que déjà de son vivant, son bout ne s'élevait plus beaucoup et surtout pas pour grand chose, certes.

Tout ça me fait penser à la pratique funéraire peu scrupuleuse que les créateurs de Star Trek ont attribué à une race ultra commerciale et cupide au point d'en être à la fois pittoresque, stéréotypée et ignoble, les Ferengis. Leurs morts ne sont pas enterrés ni incinérés, mais lyophilisés et revendus dans des petites boites "collectors" avec certificat d'authenticité. Et là aussi des faux circulent. Moi je trouve ça très humain...

Mais sérieusement, les chirurgiens et les embaumeurs de Sa Sainteté, pour peu qu'ils aient eu l'âme un peu simoniaque (Simoniaque, d'après Simon le Mage, qui, dans l'évangile, voulait s'associer avec Jésus pour commercialiser ses prodiges, le confondant avec un "simple" sorcier... Avec le blé que se fait encore l'Eglise, c'est Simon, ce gagne-petit, qui aurait pu prendre des cours...) peuvent se faire pas mal de blé à la revente.

Pareil pour Mère Thérésa. En plus c'est le genre de chose qui, une fois authentifiée et mise dans son joli présentoir, ne peut que prendre de la valeur avec le temps. Et dans cent ans, qui sait quelle fortune on pourra en tirer ? A mon avis il y a certains croque-morts et certains gériatres qui ont assuré l'héritage de leurs petits enfants "en nature", en plus de leurs fantastiques honoraires de médecin des stars.

A tout le moins, ce sera mieux que la relique de la côte flottante de Cher, même pour les fans de Ralf König.

Mais moins drôle, aussi.

22/04/2006

Cordon s'il vous plaît

Dans la série "traditions bretonnes", il y en a une qui fait toujours rêver : les pierres levées. C'est la fierté de la civilisation celte : des cailloux alignés par rapport aux étoiles. C'est très astucieux. Evidemment, il ne faut pas autant de travail pour aligner des menhirs, même très jolis, que pour bâtir une pyramide, un mausolée à l'antique, des jardins suspendus, le phare d'Alexandrie, ou même les antiques statues bouddhiques qui parsèment l'Asie.

Vous allez me trouver médisant, mais je ne trouve pas ça si fascinant que ça. Oh, d'accord, c'est joli, ça force le respect, mais de là à en déduire une conspiration à la Da Vinci Code ou considérer ça comme une merveille du monde... D'aucuns, qui ne comprennent pas comment les pierres ont été amenées là (négligeant sans doute le travail et l'ingéniosité de nos ancêtres, qui ne devaient pas être plus cons que nous...), crient à l'OVNI.

Je trouve ça d'un racisme achevé ces histoires d'anciens astronautes. Comme si les celtes avaient eu besoin d'aide extraterrestre pour concevoir un calendrier un peu lourd. Même chose pour les pyramides du Mexique, ou celle de Gizeh, les lignes de Nazca et des tas d'autres monuments dits primitifs : certains disent que "ce n'est pas possible pour des gens de cette époque d'avoir fait ça", simplement parce qu'ils ne savent pas le refaire.

C'est vrai quoi, personne ne va dire que la cathédrale de Chartres, le mont Rushmore ou le Parthénon sont l'oeuvre d'extraterrestres qui s'ennuyaient ce jour là, non ? Pourtant, les cathédrales, on serait bien en peine d'en refaire aujourd'hui, pour ne citer qu'elles. Tout ça pour dire que les alignements de pierre, les dolmens et autres monolithes, ça reste largement du domaine de l'humainement possible. Surtout quand on en voit certains...

Tout le monde connaît Stonehenge, Carnac, peut-être même en avez-vous aperçu deux ou trois autres assez sympathiques... Personne ne connaît les multiples pierres levées de la forêt de Fougères. Et pour cause : le dolmen dit "de la pierre au trésor", par exemple, n'est qu'un tas indistinct et moussu, visiblement un peu excavé histoire qu'on puisse voir en se forçant qu'il y a pu y avoir un trou mais que ça s'est peut-être effondré.

Si je vous dit qu'un peu plus loin le "cordon des druides" constitue un alignement de près de cinquante pierres levées en quartz, vous êtes impressionnés. Malheureusement, ce ne sont que des cailloux gris, mal alignés, inégaux en taille, impurs, pas taillés, pas sculptés, pas peints, et pas orientés par rapport à quoi que ce soit de céleste. Il n'y a rien en dessous, rien alentours. Les tas de graviers de Blair Witch sont plus impressionnants.

Comment les archéologues savent-ils qu'il ne s'agit pas d'un phénomène naturel ? Mystère, mais ils ont sûrement leurs méthodes. Quel est l'intérêt de nous montrer tout ça ? Aucun. Peut-être qu'on découvrira autre chose un jour. En attendant c'est un attrape touristes. Les rochers de la forêt de Fontainebleau sont bien plus jolis et étranges. Pourquoi personne ne soutient que les OVNIs sont passés par là ?

21/04/2006

Caban au fond du jardin

Puisqu'il faut toujours parler d'actualité, je vais vous parler d'un truc qui n'a rien à voir en faisant un lien subtil. Attention, ça va aller très vite... Nous sommes aujourd'hui le 21 Avril, date anniversaire d'une certaine autre date que tout le monde semble croire importante politiquement en France. Il se trouve que le 22 et le 23 j'ai deux copines qui fêtent coup sur coup leurs anniversaires, et elles ne se connaissent même pas.

C'est pourquoi je vais vous parler des traditions bretonnes (Vous avez vu, hein, ça c'est de la transition ! Il y a des jours où je m'étonne moi-même...). La Bretagne est un pays fort, et lourd de traditions séculaires. D'aucuns diraient qu'il est fort de ses traditions, alors que d'autres n'hésitent pas à affirmer qu'il est fort lourd de ses traditions. Je vous avais déjà parlé des néo-druides puant le chouchen et le mauvais guide touristique de Pline.

Savez-vous en sus que la Bretagne est la seule région de France (quoique je ne les aie pas toutes explorées, mais tout de même...) où j'ai pu trouver un caban ? Eh oui, la grande tradition du caban de marin breton, vêture chaude, pare-vent, pare-pluie et pare-soleil, est bien vivante. Bon, personne n'en porte en Bretagne. On dirait qu'ils se sont tous déguisés en parisiens. C'est comme les pulls rayés, c'est trop ringard, malgré le côté pratique.

Mais essayez de trouver un caban à Paris : je n'en ai pas vu depuis belle lurette. Je faisais encore les magasins il y a quelques mois et j'ai demandé partout s'ils avaient des cabans... La réponse qu'on me faisait toujours : "des quoi ?!". Le mot même semblant inconnu, je décrivais du mieux que je pouvais la coupe et l'aspect du manteau, et obtenais en retour un sourire entendu et une sélection de duffel-coats. Et moi de soupirer face à l'incompétence.

Une fois, une seule, le vendeur semblait savoir de quoi je parlais. Bon, je ne donnerai pas le nom du magasin, mais ça n'était pas non plus chez n'importe qui. "Des cabans, monsieur ? Attendez, je vais chercher cela en réserve, je pense que cela vous satisfera..." m'a-t-on répondu. J'étais aux anges ! Mais c'était prématuré : Qu'y avait-il dans la réserve et que le vendeur avait pris pour des cabans ? Des duffel-coats, bien sûr.

Car enfin, il y a tout de même une grosse différence entre un caban et un duffel-coat. Pas seulement la couleur, le matériau et la coupe, mais l'absence de capuche, les boutons, la longueur, le revers, les poches... Ce n'est vraiment pas sorcier à reconnaître. Pour ceux qui ne voient pas du tout de quoi je veux parler, pensez aux Beatles. Ils avaient des cabans. Voilà. En plus, la mode du caban pour femme revient.

Toujours pas ? Allez, je vous met une photo (c'est un St James) puisque vous insistez. Si je n'avais pas une de ces pelures marines en face de moi je me dirais que c'est une conspiration colossale ou que je suis fou, que je suis comme cet homme qui se souvient d'une chose qui pour lui a toujours été et qui s'aperçoit graduellement que cela n'a jamais existé pour personne. Un peu comme les vleptes. Comment ça, vleptes, ça n'existe pas ?

20/04/2006

Exceptions

Qui a dit que ce sont toujours les meilleurs qui s'en vont ? Voici l'exception qui confirme la règle : Au même âge, à peu près, la Reine Elizabeth II est encore en vie et Philippe Castelli est mort. Et c'est bien fait. Ze Couine est une personne très avisée et pleine d'humour (elle a tout de suite vu quelle salope serait Diana et quel thon serait Camilla, pour commencer...), alors que Castelli a toujours été abject, c'est connu, et ça a fait son succès.

D'ailleurs ce n'est pas tout : Il semble que ce soit le temps de l'exception, puisque la pseudo-révolution autour du CPE s'est chez-nous temporairement calmée alors que nous sommes un pays qui a historiquement une grande habitude de la chose... Et qu'une monarchie datant du XVIIe siècle a Katmandou est, selon toute apparence, sur le point d'être renversée. Ce qui ne serait pas plus mal, mais c'est un autre problème.

De même, Julia Roberts s'est faite éreinter à son premier passage sur la scène de Broadway. Qu'il s'agisse du trac, du décalage, d'une incompréhension, du fait qu'elle joue comme un pied quand il s'agit de théâtre, de ce que les critiques New-yorkais sont tous des stéréotypes vivants sortis de la même école qui leur apprend à snober à la fois Hollywood et Stephen King tout en adorant la musique sérielle, ou de tout ça en même temps, allez savoir.

Mais je suis soudain si disert à propos de l'actualité que j'en oublie les choses importantes... Une fois n'est pas coutume, j'ai nettoyé mon petit coin de toile. Appelez ça nettoyage de printemps, purge, élagage ou amputation des membres gangrenés, mais j'ai supprimé deux listes. C'en était trop. Bon, j'en ai aussi rajouté une, celle des jeux marrants et originaux (c'est à dire différents de ceux que tout le monde connaît déjà).

Bon, je sais, ce billet est flou, sans plan, sans fil directeur, administratif et pas très bien écrit non plus. C'est un post un peu court et mou par rapport à d'autres, mais comme je n'ai pas l'impression d'être intéressant d’habitude, du moins pour d'autres que moi, ça ne devrait pas beaucoup vous changer. La prochaine fois, je serai peut-être motivé pour faire un billet un peu plus bandant (c'est à dire long et dur, forcément).

18/04/2006

Pâques, manne

Les pâques viennent de passer, temps béni de la sortie d'Egypte et de la résurrection. Encore une fête sanglante pour fêter la venue d'un printemps que craignaient les païens : le sang du Christ mort pour qu'il puisse ressusciter et que le monde soit sauvé, renouvelé par l'âge de la grâce; le sang des premiers nés et celui de l'agneau pascal qui protège de la colère divine et permet de sortir de l'hiver de l'esclavage...Décidément, Dieu adore le sang.

Et moi j'adore les oeufs en chocolat. D'ailleurs j'en ai eu pour pâques et je ne m'étendrai pas sur leur rôle symbolique, ça me les casse, les oeufs. Mon neveu, qui n'est pas très grand, est passé en hurlant à tous les endroits propices pour découvrir les chocolats ovoïdes et autres catalyseurs de sa délectation infantile. Tradition vaguement slave oblige, nous avons aussi teint de vrais oeufs avec des pigments et des décalcomanies...

Les oeufs teints, qui sont des oeufs durs, il faut les cogner entre eux : celui dont l'oeuf casse a perdu et le donne à manger au vainqueur. Oui, bon, si vous n'aimez pas l'oeuf, ça n'a qu'un intérêt limité, mais c'est sympa. Batailles d'oeufs, chocolats, jouets, jeux, courses et excitations diverses, sans oublier le repas de famille... Mon neveu s'est bien dépensé. C'est vital, pour lui et pour les autres, comme ça il dort bien la nuit. Bref, une belle fête.

C'est peut-être un sale jeu de mots, mais c'est ce qui s'appelle se taper la cloche. Reste maintenant à éviter la crise de foie, s'astreindre religieusement à seulement un ou deux chocolats par jour, et à pratiquer un jeûne sélectif (régime tomates-concombre, et une carotte en l'honneur du lapin de pâques... J'exagère bien sûr) pour perdre les kilos qui vont avec... Je savais bien qu'il y avait une raison pour faire carême avant pâques.

16/04/2006

Frêles de sang

Demain, c'est la journée mondiale de l'hémophilie, terrible maladie congénitale du sang qui empêche la coagulation, provoquant d'horribles douleurs articulaires et aggravant toute blessure, ecchymose ou hémorragie. Cette affliction me fait immanquablement penser à la cohorte des vieilles maladies répandues dans les nobles lignages, aux noms anciens, telles la consomption, la phtisie, la tuberculose et la petite vérole...

Celle-ci est héréditaire et peut même sauter des générations. Vous souvenez-vous de cette dynastie aristocratique passablement consanguine d'Europe dont tous les membres étaient atteints d'hémophilie ? Cela a dû être un calvaire pour eux : non seulement les malades sans traitement moderne meurent jeunes et éprouvent des douleurs constantes, mais ceux-là étaient affichés comme l'exemple d'une noblesse viciée au XVIIIe siècle.

Ces pauvres riches étaient condamnés à ne pas trop se montrer, pas seulement de peur de se blesser à cette époque de cape et d'épées, mais surtout parce que le moindre effort s'accompagnait de souffrances sans nom croissant avec les années. En plus c'est une maladie du sang, donc chargée de symboles (le sang bleu des aristocrates est-il corrompu ? Qu'en est-il des vampires, pâles nobles suçant littéralement le sang du peuple ?)

Moi, j'ai toujours trouvé ça marrant, intéressant à étudier, comme la maladie des "enfants de la lune", l'albinisme, la porphyriose, l'hypertrichose et les allergies au soleil, l'anémie falciforme et des tas d'autres choses qui expliquent scientifiquement (ou tentent de le faire) les mythes, symboles et faits ethnologiques de nos cultures. Bon, c'est mes goûts... Ce qui n'empêche pas de plaindre les hémophiles. Sans pour autant m'apitoyer.

Non, je ne suis pas impitoyable, c'est juste que je connais un ou deux hémophiles et que non seulement ils ne sont pas handicapés mais ils n'aiment pas qu'on les considère comme tels. C'est vrai quoi, c'est grave, mais on n'a pas besoin de le leur rappeler ou de les regarder différemment. Même chose avec les séropositifs. Aurait-on, après tout, le même regard sur un diabétique, une maladie tout aussi terrible qu'invisible il fut un temps ?

Heureusement pour eux, c'est plutôt discret, tout ça.

15/04/2006

Breizh Na Viken, ou un truc comme ça

Parti me ressourcer et prendre le bon air de la mer, comme les dames d'antan allaient faire des cures au moindre signe d'évanouissement (sans se préoccuper de dégrafer leur corset), j'ai sciemment refusé les places aux premières loges pour voir le tassement de l'affaire du CPE. D'après ce que j'ai entendu (et lu) c'était encore plus le cirque à la fin qu'au début, question manoeuvres politiques et effets de manches. Laissons cela.

Dans ma paisible retraite champêtre, au bord d'un ru gazouillant et à quelques mètres du pré de quelques charmants moutons, j'ai médité, reposé et serein face à l'horizon délicieusement forestier et aux pêchers en boutons, respirant l'air vivifiant et vacancier du printemps breton, me délectant d'un feu de cheminée et de quelques crêpes, un livre à la main... Joie et bonheur sur toute la ligne.

Evidemment, pas moyen d'avoir du réseau pour les portables, il y avait à peine quatre chaînes hertziennes sur l'antique télévision, les prises de courant se faisaient rares dans certaines pièces et pour la connexion au Net, pas la peine d'espérer. Il n'y avait même pas de micro-ondes, les moutons d'a côté chiaient à tout va, et il fallait chasser les punaises de bois autour des fenêtres. En même temps c'était un peu le but : rusticité avant tout.

Sinon, l'un dans l'autre, la Bretagne, c'est sympa. Les librairies sont paradisiaques et je m'y connais, les noms sont pittoresques... Qui ne connaît la Vilaine, rivière qui passe par Rennes et Vitré ? Sens et Dol, toujours opposés ? Je suis passé dans un village du nom de Vieux-Vy sur Couesnon, rien à voir pourtant avec une bite du troisième âge alanguie sur une fesse tannée. Quoique, il y avait une maison de retraite dans les environs.

Mais tous les villages se ressemblent, ou du moins ont-ils des caractères communs qui couvrent leurs spécificités. Par exemple, ils ont tous une place de la République (celle sur laquelle tout le monde se gare, et surtout les touristes qui vont faire leurs courses), une rue du Général De Gaulle, et, inexplicablement, une rue des tilleuls. Tout aussi inexplicablement, c'est en général cette rue qui abrite la maison de retraite ou le club du troisième âge.

Il semble aussi que la Bretagne (surtout la Manche et l'Ille et Vilaine) concurrencent sérieusement la Vendée pour le titre du département avec le plus de ronds-points de toute la France. Triste constat : il y en a parfois plusieurs qui se suivent, inutiles, n'ayant chacun que trois issues... Un vieux problème parmi d'autres. Peut-être vous en conterai-je plus un autre jour sur ma relation amour-haine avec la Bretagne un autre jour.

07/04/2006

Le gros Gwen-ha-Dudule

Je pars ! Je m'en vais ! Il suffit, point de larmes. Pris du besoin de changer d'air, je m'en vais à la campagne soigner mes nerfs au milieu des vaches folles et des poules patraques, ou des cochons pestiférés, ou de quoi que ce soit... Ce qu'ils ont en stock en ce moment. Je constaterai de visu combien les manifestations anti-CPE s'étendent hors les villes, ainsi que la pénétration de la technologie dans les hameaux. Mais c'est accessoire.

Je pourrai aussi prendre des nouvelles de la Peste Grippale Aviaro-Bovine Spongiforme Fractaloïde Qui Précarise Sa Mère La Pute (ou PGABSFQPSMLP, ou quel que soit le nom de l'épidémie à rotoluves en vogue actuellement), voir si il est d'aussi bon ton de détester la droite, Le Pen, De Villepin et Sarkozy là-bas qu'ici... Mais je vais surtout m'éloigner de ces problèmes tellement obnubilants en faisant semblant de m'en rapprocher.

Je pars donc en Bretagne. Un de mes amis se plaît à dire que Rennes tient le flambeau de la contestation anti-CPE, mais je pense que je vais trouver là-bas d'autres raisons de me plaindre. Les nappes phréatiques réduites comme la peau de chagrin, l'odeur des porcheries industrielles, les résidus de marées noires, les moules pourries... Je trouve toujours. Mais je n'y vais pas pour ça non plus, vous pouvez me croire.

Non, j'y vais pour les vacances, pour une semaine, pour prendre l'air marin, pour aller faire des ballades en forêt, revoir les châteaux bretons que j'affectionne, rapporter des patates de St Malo, m'acheter un nouveau caban, pour regoûter au pain de campagne et au beurre salé, pour lire au coin du feu quand il fait un temps bien breton, guetter la Bigouden avec son rouleau de sopalin sur la tête (jamais vu, je ne vais pas dans les bons coins)...

Et surtout manger des galettes soubises. Avec des oignons, et tout.

A la semelle prochaine, comme disait l'autre !

06/04/2006

L'esprit de la loi, la loi de l'esprit

Le trafic aérien a été perturbé ces dernières semaines par toutes ces journées d'action et de grèves sur lesquelles je ne m'étendrai plus... Comme s'il n'était pas assez congestionné d'habitude, et comme si le surbooking ne suffisait pas à mettre dans les drames les voyageurs qui (qui l'aurait cru ?) souhaitaient exercer la liberté première de tout homme, celle qui définit le mot même, celle d'aller et venir où bon leur semble.

Cela me fait me ressouvenir d'une anecdote (authentique) que vous pourrez ressortir à vos prochains dîners mondains. L'histoire se passe à l'aéroport de Strasbourg. Régulièrement, la fourrière embarquait une Ferrari mal garée de devant les départs, là où c'est interdit. Toujours la même, la voiture restait une, deux semaines ou plus à la fourrière avant que son propriétaire ne revienne la chercher, payant ce qu'il fallait de bonne grâce.

Le propriétaire faisait visiblement exprès de laisser sa voiture à des endroits illicites pour qu'elle s'y fasse prendre. Les employés de la fourrière et de l'aéroport, naturellement curieux, lui demandèrent un jour la raison de son comportement... Elle est excessivement simple : Obligé de voyager des semaines durant pour affaires, l'automobiliste ne voulait pas laisser son luxueux véhicule à n'importe qui, ni se la faire voler devant chez-lui.

A la fourrière, sa voiture était "gardiennée" nuit et jour, et, puisque les fonctionnaires de l'état sont responsables des véhicules qu'ils gardent et doivent les restituer en bon état une fois l'amende payée, il avait la certitude qu'elle serait bien bichonnée... Et le prix du parking de l'aéroport (ou d'un autre parking privé), avec des garanties inférieures à celles proposées par les forces de l'ordre, était supérieur au prix de l'amende à payer à l'état.

Puisque ce calcul était non seulement avisé mais parfaitement légal, on le laissa continuer son manège.

Peut-être le fait-il toujours à l'heure actuelle... A moins que le tarif n'ait changé.

05/04/2006

Cadeau Bonux

Lassé des dépêches n'offrant aucune analyse, et ayant honni les journaux télévisés plein d'une stridulence vapide (Si, si, ça veut dire quelque chose, ça veut dire qu'ils sont vides de sens mais qu'ils produisent quand même un bruit agaçant. Pas mal, hein ?), j'ai, une fois n'est pas coutume, acheté la presse. Je parle des magazines de chroniques plus ou moins politiques qui vous proposent la botte en devanture des kiosques.

En l'occurrence, je voulais avoir plusieurs sons de cloche sur cette histoire de CPE, d'autant que je m'étais aperçu en passant devant l'une de ces unes racoleuses (avec des flammes et tout) que les journaleux avaient enfin rattrapé mes conclusions et prédit une révolution. Ce que j'y ai trouvé, on s'en fout. Si vous voulez le savoir, vous n'avez qu'à aller les lire vous-mêmes, sans blague... Ce n'est pas du tout de ça dont je voulais parler.

Il s'agit de quelque chose dont on m'avait parlé mais que je ne voulais pas croire : les grands magazines se sont tous transformés en Pif Gadget. A l'intérieur du Monde, vous avez le monde diplomatique, le monde magazine, le monde culture, le monde des idées, le monde machinchose... Gratuit dans le Figaro Magazine, vous avez Madame Figaro et toute la famille... Le Nouvel Obs a lui aussi fait des petits, comme l'Express.

Eh, bien obligés. Quand on veut rester au top des ventes des grands journaux à consensus national (avec marqué "nous sommes sérieux" en gros sur la couverture pour qu'on ne les confonde pas avec d'autres magazines a qui il arrive de vérifier leurs sources...), on fait comme les copains. Au lieu de proposer un gadget, on vous fait l'article : les suppléments sont maculés de publicités déguisées en critiques culture (spectacles, restos, livres...).

Et à l'intérieur, il arrive qu'il y ait autre chose encore. Non pas comme les larges quotidiens dépliables ont des pages imbriquées les unes dans les autres, mais bien comme des poupées russes. Pour attirer le chaland et le maintenir intéressé, plutôt que de tout mettre dans un magazine normal, on divise tout et on fait un magazine gigogne. On remplit les blancs avec des pubs, des agendas, des échantillons, des livrets, des coupons...

Quel fait étrange que ces magazines ressemblent de plus en plus à Elle : papier glacé, publicités en pleine page, des petits bébés à l'intérieur du genre agenda culturel, Elle à Paris, Elle Ados, Elle Ménopausée, Elle Jalouse, Elle Je-Suis-Une-Jeune-Pouffe, que sais-je encore... Même Elle a une page société de temps en temps. Ou du moins quelque chose qui passe pour tel, au dos d'une pub avec échantillon gratuit de crème suractivée.

Je suis sûr que si l'un de ces grands groupes ajoutait un gadget, un avion en carton, un jeu de l'oie, un lance-pierre, un phénakistiscope à monter soi-même ou un sachet de daphnies, les autres le suivraient. Au cas où.

04/04/2006

Des Inconvénients de la Bouteille(r)

Pierre Bouteiller, homme de radio ayant été directeur des programmes de France Inter et France musique (si je ne me trompe, mais franchement, la carrière de cet homme m'échappe un peu, n'écoutant aucune de ces deux radios...) a sorti un livre écrit au vitriol pour emmerder le monde. je n'ai pas tout lu, mais apparemment il n'a pas digéré le fait de ne pas être grand patron de Radio France, ou je ne sais quoi.

A son âge, c'est normal, le pauvre. Je ne le plains pas, du moins pas à cause de ces mesquineries corporatistes, mais parce que c'est le livre classique de fin de vie, ou de rupture de carrière. Tous les vieux journalistes, acteurs et professionnels du show-business en publient un, en général avec "souvenirs" ou "histoire" dans le titre. Cela se veut un brûlot, un pavé dans la mare, basé sur des tas de recherches et sur l'expérience de terrain...

En fait ce sont des mémoires sélectives, déformées et réinterprétées au travers de récentes déconvenues par ce qui n'est rien d'autre qu'un vieillard aigri... Si compétent que l'auteur soit ou ait été. Sérieusement, tout le monde le fait. Même Jean Le Bitoux l'a fait pour régler ses comptes avec le milieu homosexuel maintenant que certains sont morts du SIDA et ne peuvent plus le contredire.

Roger Peyrefitte a écrit un roman qui va dans le même sens : il était âgé, usé, amer, démédiatisé et passé de mode, ne choquant plus par ses "amitiés particulières" du fait du mouvement gay, il voulait faire du sensationnel, écrire un truc bien provocateur... Il a fait "Roy", l'histoire d'un gamin de treize ans qui, outé, doit quitter la maison et tombe dans la drogue et la prostitution en Californie dans les seventies.

Bon, premier problème : Son style peaufiné à mort de fin de carrière enlève toute spontanéité et confère à l'adolescent le pragmatisme d'un homme de l'âge de Peyrefitte, c'est à dire presque gâteux. Deuxième problème : L'auteur n'a jamais mis les pieds en Californie, ou du moins pas récemment. Troisième problème, les gosses de treize ans avec une telle maturité sexuelle, c'est un GROS FANTASME DE VIEUX.

Mais c'est du bon Roger Peyrefitte, et si vous aimez, vous n'en serez que plus ravis. C'est après tout un auteur devenu classique, dont Gide faisait l'apologie, une grande figure de l'homosexualité d'avant que le coming out ne soit à la mode... Du temps ou les parties de touche-pipi en internat pouvaient choquer. Petit clin d'oeil aux éditions TG qui rééditent "Les Amitiés particulières" et "Roy" depuis quelques temps déjà...

Vous voyez, ça arrive à presque tout le monde, dans la plupart des domaines ou la gloire a été au rendez-vous : Ecrire un livre en se moquant du lecteur, simplement pour lancer un cri à la Calimero, un grand "c'est pas juste" à la face du monde. Même quand le livre ne parle pas des déconvenues de l'auteur, il en est imprégné, car il n'est pas écrit pour lui-même, pour exister en tant que livre.

Peu de ces livres de catharsis (ou carrément de crachats...) sont réellement des chefs d'oeuvre. Je ne sais pas si je publierai quoi que ce soit de littéraire un jour, et si ça m'arrive j'espère que je n'aurai pas besoin d'écrire pour autre chose que le livre et le lecteur... Mais je réalise que mon tempérament m'y pousse. N'est-ce pas, après tout, ce que je fais inlassablement dans ce Blog ?

03/04/2006

La vérité vous rendra libre

Six vérités simples et farfelues sur moi-même, pour rappeler celles du Loupil, qui rappelaient celles d'Audrey H. :

1) Je fais plus vieux que je ne le suis, et ça me désole.

2) J'ai perdu mon pucelage à 18 ans, mais je me suis bien rattrapé. Houlà, oui...

3) Je juge toujours sur la mine, je cherche toujours à réviser ce jugement, je me trompe rarement sur les cons.

    (Ceux qui vous disent "je ne juge pas" sont des menteurs : ils gardent simplement leur première idée pour eux, et, quand ils sont particulièrement ouverts d'esprit, ils ne s'y fient pas. Mais ils se placent toujours par rapport à ce qu'ils voient en approuvant, désapprouvant, ou en s'en foutant. Les gens qui ne vous jugent VRAIMENT pas sont ceux qui ne font pas attention à vous, les gens que vous indifférez... Le simple fait de voir entraîne nécessairement un jugement, si sommaire soit-il, lié à la culture et aux idées/opinions de l'observateur. Donc n'allez pas me dire que je suis un gros méchant, ce serait une hypocrisie politiquement correcte...)

4) J'ai horreur des collectifs qui se disent sans chefs, démocratiques ou autogérés, à la "je pense donc tu suis".

5) Mes exs sont tous plus ou moins névrosés, pas de mon fait, mais je commence à en avoir marre.

6) J'étais timide, maintenant je m'en fous.

L'un dans l'autre, rien que de très normal... Faites de même si vous l'osez : on peut parfaitement dire six vérités simples sur soi-même sans rien révéler d'intime. De toutes façons c'est libérateur.

Cent un commentaires

Un commentaire (de moi) publié suite à un billet sur Georgette Agutte et sa définition du dictionnaire, toujours chez le Loupil...

Ah, la bataille incessante de la concision et la sélection nécessaires contre l'exhaustivité respectueuse... Si seulement l'être humain pouvait faire plus que d'éclairer une infime partie à la fois ses connaissances avec le mince faisceau de torche électrique de sa concentration !
En attendant, il y aura toujours dans le dictionnaire et sur le calendrier des tas de gens dont on se fout et qu'on ne connaît pas... Et chacun pense qu'il y a d'autres gens qui mériteraient d'y être mais n'y sont pas. Qui se souvient de Casimir Pulaski, héros polonais de la révolution américaine mort à la bataille de Savannah ? Pourtant il a son "General Pulaski Day", une commémoration non chômée, certes, mais tout de même au niveau fédéral. C'est à peine s'il a quelques lignes dans les dictionnaires anglophones courants.
Aucune morale ici, aucun principe, si ce n'est que nous avons une culture judéo-chrétienne, donc basée sur l'histoire et la recollection d'événements passés... Et que l'on est TOUJOURS confrontés à l'impossibilité de se souvenir de tout, ou même de se souvenir de tout avec précision, acuité et exactitude. C'est une contradiction inhérente de notre culture et de nos spiritualités, d'ailleurs, de se souvenir d'une ou plusieurs versions de l'histoire, d'interpréter et de réinterpréter les sources tantôt comme mythes, tantôt comme faits, tout en perpétuant la tradition (qui tient de l'idée reçue) que l'Histoire est immuable... Alors qu'à chaque génération, elle apporte quelque chose de différent, dans chaque pays et chaque culture, toujours en mouvement. C'est pourquoi, si ça se trouve, cette peintre dont le nom m'a déjà échappé pourrait se retrouver au premier plan demain comme artiste incomprise de son siècle... Ou même complètement réinterprétée par des archéologues obtus dans un millénaire, et devenir la Cruelle Reine de la Cité Franche de Paris, qui peignait des femmes condamnées à mort par noyade ! Tout ceci a-t-il un sens ? Bien sûr que non. Qu'est-ce qui en a ? Peut-être rien. Au bout du compte, l'Histoire, le passé, ce qu'il y a dans le dictionnaire et comment tout cela est choisi, tout ça n'a aucun sens. C'est peut-être aussi le cas da la vie, du moins par notre bout de la lorgnette : aucun sens, si ce n'est la direction et la poussée arbitraire que nous lui imprimons. Et comment on en est arrivé à une réflexion de cette profondeur à partir d'une quasi anonyme qui a peint trois trucs et épousé un gars à peine plus fameux, je ne le saurais jamais... Mais rien que pour ça, elle mérite le respect !

Cent commentaires

Je viens seulement de réaliser que j'écrivais de longs commentaires sur un Blog étranger, celui du Loupil, mon hybride et nonobstant grand ami, et que vous, chers lecteurs, n'en profitiez pas. Réparant cette injustice criante, je vais recopier tout ou partie de ces commentaires, souvent élucubratoires, pouvant se tenir sans aide et débordant largement du sujet, sur ma page à moi...

Je donnerai quelques indications contextuelles si nécessaire, mais le mieux serait d'aller voir par vous-même le Blog du Loupil (il y a un lien juste à côté, si, si...) pour voir l'étincelle qui a mis le feu aux poudres désordonnées de ma réflexion. Je dois ajouter que si vous souhaitez écrire des commentaires, longs ou courts, ne vous gênez pas ! En tout cas, voici le premier, à propos d'une citation de George Perec :

George Perec était un joueur de mots émérite, un journaliste plus que correct et un érudit doté d'un grand sens de l'humour, mais franchement, son style, ça n'est pas la panacée... Ecrire le plus petit alexandrin et le plus long palindrome de la langue française, c'est un exploit, mais ça n'a qu'un intérêt limité, surtout que ni l'un ni l'autre n'ont beaucoup de sens, et ni l'un ni l'autre ne font partie d'une oeuvre qui les sublimerait, comme "Cette obscure clarté...", éternel exemple scolaire d'oxymore issue de la pièce classique.

Il n'y a qu'à voir le destin réservé au plus long roman français, "Artamène", écrit au XVIIIe siècle par un nobliau qui a dû beaucoup s'ennuyer, et qui fait quand même environ 13500 pages sur les aventures d'un roi de Perse (en l'occurrence, Cyrus) : Personne ne le connaît, personne ne le lit, ni maintenant, ni à l'époque de son écriture. C'est une curiosité académique, un succès d'estime.

Quant à Perec, il est moins prolifique (d'aucuns diraient qu'il a moins de mérite, mais là n'est pas la question), et l'on peut arguer qu'il n'écrit pas mal. Je persiste à le trouver moyen, comme un amateur, un tâcheron du verbe et pas un artiste. Il incarne d'ailleurs tout ce que je déteste en moi... Ciel, comme c'est soudain psychologique ! D'un autre côté, si LUI arrive à être publié, alors je peux écrire un roman quand je veux... Je serai d'ailleurs content si j'ai une carrière comme la sienne.

Je réitère mes remerciements au Loupil pour son Blog, qui n'a jamais autant mérité la première et élogieuse description que j'en ai fait.

02/04/2006

Mesdames et messieurs les jurés

Dans ma quête de simplicité, et histoire de faire mon intéressant, j'ai réuni en une liste nouvelle des citations intéressantes d'autres gens que moi. Ces individus sont parfois anonymes, parfois mes amis, parfois extrêmement célèbres... Toujours est-il qu'ils sont ici parce que leurs paroles reflètent ce que je pense. Ou du moins ce que j'ai pu penser. Je ne sais si ce sont des vérités simples, mais ce sont les miennes, et il y en a bien plus que quatre.

Soyons sérieux, ces phrases n'ont rien à voir avec la vérité, bien qu'elles soient toutes rigoureusement vraies... Une question philosophique purement académique qu'il me sied d'ignorer tant l'aspirine me fait défaut à cet instant. Les Indiens ne disent ils pas que derrière toute chose se cache une vérité ? Mais ces vérités-là sont sympathiques, et d'une manière ou d'une autre vous rendront service, ne serait-ce qu'en vous divertissant.

Comme je m'amuse beaucoup à vous dire les vôtres à longueur de temps et que vous avez le droit de me citer quand vous voulez (c'est juste que personne ne le fait, vu que je ne suis pas connu et que je n'écris pas si bien que ça), je me suis dit que j'allais vous dire les miennes, du moins celles qu'on m'a dites, de vérités. Ce sont des sentences lapidaires et percutantes, du moins elles tentent de l'être, d'où le nom : sentences qui tuent.

Après tout, il n'y a que la vérité qui blesse.

Ach, mais z'est l'Ab... comment ça, déjà dit ?

Il flotte à Paris un parfum de nervosité, comme dans la plupart des grandes villes de France. Les occupants des universités traînent largement les pieds malgré les injonctions/négociations. Des mouvements dans les gares, sur les routes et un peu partout pour bloquer le pays, bien que sans armes et relativement pacifiques, ne peuvent qu'être qualifiés d'insurrectionnels : entre insubordination, grève et résistance passive.

Pas si passive que ça, d'ailleurs, même si le "jeu" est un peu calmé maintenant que notre président, ménageant la chèvre et le chou comme on s'y attendait tous, a bravement tourné le dos à son adversaire en maintenant un CPE rendu parfaitement exsangue... Les arrestations et le fichage continuent (c'est le boulot de la police après tout). Il reste des casseurs désoeuvrés qui n'attendent qu'une autre manifestation pour aller se défouler.

Mais loin de ces "agents provocateurs", comme disent aussi les anglais, la population est divisée et ça se sent. Et ça se voit. Même le magazine Public (ou Choc, je ne sais plus, ça n'est pas important...) a publié un article sur le CPE : les stars pour, les stars contre. Les débats télévisés n'en finissent plus, quand bien même l'affaire devrait être terminée, ou du moins dans sa phase la moins médiatiquement intéressante/sensationnelle.

Sur les places les plus fréquentées de Paris, on peut voir des attroupements inhabituels. Des jeunes et des moins jeunes qui attendent, qui avec une banderole repliée, qui avec un tambour, au cas où. Il n'y a aucune manifestation de prévue, mais ils restent là, avec des policiers en face. Ces petits exercices de nonchalance sont loin d'être un crime (nous ne sommes plus sous Vichy !)... Mais... Qu'attendent-ils ? A quoi sont-ils prêts ?

Quantité de gens haïssent un peu plus tous ceux qui les ont empêché d'aller travailler, d'étudier, simplement d'aller et venir... J'en connais par exemple qui ont failli se faire agresser par des étudiants "filtrant" certain campus à Paris, rien que pour pouvoir faire signer un papier dont dépendait leur diplôme, leur emploi, peut-être leur avenir. Le CPE était-il une menace de cet ordre pour tant de français ? Un obstacle, peut-être, rien de plus.

Le jeu en valait-il la chandelle ? Même si le CPE dans sa version première était une attaque (assez grossière) pour tenter une brèche dans le système des prud'hommes, n'est-ce pas justement ces tribunaux et le code du travail qu'il faudrait changer ? N'est-ce pas parce qu'il est autrement inattaquable, ce système, que la nécessité d'une réforme s'impose à tous sans pour autant satisfaire personne ?

Je ne sais. le Napoléon de Neuilly, de moins en moins drôle, est apparu fatigué à la télévision pour dire qu'il faisait son travail. Il n'avait pas hésité à faire campagne avec autant de subtilité qu'un arbre qui s'abat, et proposer sa propre version de la réforme du contrat de travail : à ranger dans la boite des idées originales qui, idéalement, peuvent marcher, mais aussi dans celle des promesses électorales irréalisables et démagogiques.

Aucune conclusion, aucune répartie drolatique, aucune morale aujourd'hui.

Pourquoi est-ce que j'ai l'impression d'être un chroniqueur de guerre ?

Coimbra

Avril au Portugal,

A deux c'est idéal,

Là-bas si l'on Ets fou,

Le ciel l'est plus que vous.

Pour un sentimental

L'amour existe-t-il

Ailleurs qu'au Portugal

En Avril ?

C'est une chanson stupide de 1949 que je vous offre pour le premier Avril.

D'autant que nous sommes le 2, c'est ça, la blague.

Par ailleurs, l'image est un poisson d'avril fractal que j'ai trouvé sur un site de physiciens du Wisconsin.

Cherchez pas, ya aucun rapport avec la choucroute.

01/04/2006

Acné de la dernière pluie

Les problèmes de peau sont une plaie. L'inverse est vrai aussi, d'ailleurs, mais là n'est pas la question. Je n'en ai pas tant que ça, mais beaucoup de gens en ont trop... Moi j'ai juste quelques boutons de temps à autres : A Paris, une peau un peu trop sèche ou un peu trop grasse est vite agressée. Un beau jour, on m'a parlé de ce nouveau produit (et je commence à parler comme dans une publicité, je sais)...

Je ne citerai pas de nom. Quelqu'un m'a dit que c'était "vachement bien". C'est un de ces liquides bleus (ils sont invariablement bleus ou transparents et sentent vaguement le parfum, alors même que le principe actif quel qu'il soit n'est pas coloré et est inodore, sans doute pour que ça ait l'air plus efficace) dont l'on imbibe une ouate quelconque pour s'en humecter la face plus ou moins généreusement, sans frotter ni rincer.

J'ai mis la main sur diverses bouteilles de ^produits du même métal (si j'ose dire) et comparé les prix et les compositions... Certains sont avec alcool, sans alcool, d'autres ont des tas de produits chimiques ronflants simplement pour dire qu'il s'agit d'un dérivé de savon, d'autres sont plus parfumés que pharmaceutiques, mais tous sont surtout de l'eau : normal pour une telle solution qui doit simplement s'évaporer et assécher la peau.

Mais le produit miracle dont je parle, de quoi est-il fait ? Qu'est-ce qui a sauvé la peau du visage de mon ami et, sans doute, des générations de jeunes acnéiques ? Quel est l'ingrédient ultime, la solution géniale ? Je vous le donne en mille : "Composition : Acide acétylsalicilique, eau". De l'aspirine. Et encore, très diluée. Alors, est-ce que c'est l'effet placebo, ou même tout autre chose chez ce type qui a tout arrangé ?

Un changement de produit, la prise d'un autre médicament, une hormone en plus ou en moins, l'absence d'un allergène, une réduction du stress ou une variation de l'humeur, un changement alimentaire, un temps plus humide ou plus sec, plus chaud ou plus froid, une peau qui vieillit, l'opération du Saint Esprit (qui sait, c'est peut-être l'eau de Lourdes...), tout ça aurait bien pu jouer... Et l'a sans doute fait.

En attendant, si ça marche...

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31 août 2006

Billets de Mars 2006

Note de l'auteur : Les billets sont classés par ordre déchronologique. Si vous avez une question ou un problème, écrivez-moi. Si vous voulez savoir pourquoi tout est grisé comme ça et d'où tout ça vient, et pourquoi tout est compilé de cette manière, c'est que manifestement vous n'avez rien lu du titre de ce Blog, ni les billets avant celui-là... Mais soit, je réexplique. Ceci est al compilation d'un mois de billets publiés sur mon ancien Blog, avec la mise en page à peu près respectée, mais sans les photos (doù, parfois, quelques incohérences quand le billet y fait allusion, mais rien de grave). C'est classé du plus récent au plus vieux parce que c'était comme ça sur l'ancienne page. Tout bêtement. A bon entendeur...

31/03/2006

Etat sir

Jamais je n'aurais cru voir ce jour. La Reine d'Angleterre a accepté l'idée aussi sotte que grenue d'anoblir Tom Jones. Bon, moi je l'aime bien... Franchement, il a fait de bons trucs. Mais là, récompenser en le faisant Sir une carrière de plusieurs décennies qui se termine par "Sex Bomb", un titre ou quelque vieux beau se trémousse sur des paroles plus que simples : On frise le ridicule. Et puis, anoblir un Gallois... Je vous demande un peu !

Encore des "Sirs", Derek Jacobi, Paul McCartney et Elton John continuent leur petit bonhomme de chemin sans se préoccuper le moins du monde de leur titre (comme, sans doute, le fera Tom Jones, qui, s'il est honoré, n'avait certes pas besoin de cette confirmation de sa célébrité... Tout comme les autres !), organisant qui un concert, qui une vente de charité (Elton John brade ses frusques contre le SIDA), qui jouant dans un film à succès...

Soyons sérieux, ces titres, ils n'en ont pas besoin. Voyez les Chevaliers des Arts et Lettres en France. Sylvester Stallone l'est. Et pour quoi ? Pour ses films d'action fins et racés. Même si il est sans doute quelqu'un de très fin et un homme d'affaire avisé qui gère bien sa fortune personnelle comme sa carrière cinématographique, il est difficile de dire sans pouffer que sa filmographie "éduque ses contemporains et élève leur niveau culturel"...

Mais toutes les récompenses ne sont pas imméritées. Les chevaliers du Taste-vin ont accueilli dans leurs rangs l'acteur Bob Hoskins il y a déjà longtemps, en lui offrant un manteau en poil de lapin et non d'hermine certes (c'était juste après le film Qui veut la peau de Roger Rabbit) mais le geste était sincère. Il y a fort à parier que cet acteur soit grand amateur de vins. Belle ouverture vers l'Amérique de cette institution scléro... séculaire.

A quand Sir Steven Seagal, Chevalier des Arts et Lettres et Prince de l'Aïkido ?

Le Retour de la Vengeance des Franges en Daim

Bravant les troubles et les émeutiers, je me suis rendu du côté de Châtelet aujourd'hui. Bon, il n'y avait pas grand monde à ce moment là et je me suis vite éloigné des grands axes et des places, opérant une retraite stratégique là où je ne risquais pas de me prendre des coups. C'est lâche, je sais, mais c'est aussi parce que j'ai déjà donné question coups, dans d'autres manifestations, et ce sans même être manifestant... Mais je vous passe les détails.

Toujours est-il que j'ai vu dans le métro (Oui, le métro, parfaitement, je prends le métro ! Ha, et vous me croyiez snob... Non, je suis un être plus chthonien) la réclame d'un spectacle de Steven Seagal. Si, si, l'acteur qui, exploitant sans vergogne le créneau de Chuck Norris, incarna des personnages aussi variés que les neurones de Jean-Claude Van Damme dans des films qui avaient autant de rebondissements que Jane Birkin.

Souvenez-vous : Le cuisinier surentraîné du bateau de guerre qui bute tous les terroristes à lui seul avec un couteau à fruit et désamorce la bombe dans le train dans la suite, c'était lui. Le flic bouddhiste qui, pour une fois, ne tue personne et n'arrête pas de tripoter ses billes, encore lui. L'écolo avec une grosse moto et un blouson en daim beige avec des franges partout, qui résout le problème des déchets nucléaires de la mine...Toujours lui !

Steven Seagal, lui qui est l'idole des films d'action en Egypte (il est sur toutes les chaînes du câble et des hôtels pour touristes fortunés, doublé en arabe s'il vous plaît), lui a la queue de cheval si fluide, lui dont la calvitie avance malgré la chirurgie... Steven Seagal, devenu rock star, est en tournée. Et il passe à l'Olympia. Et ce juste avant de tourner un autre film en Roumanie. Lui, dont on n'a pas entendu parler depuis des lustres.

Il se fait vieux, il s'empâte, il s'habille très mal, il a l'air plouc et beauf avec sa guitare, il a un sale accent, gominé au baranne et au pento dans une sempiternelle coiffure raide vers l'arrière, il joue des rôles à peu près aussi évolués que Lucy l'australopithèque et il se croit fin... Mais il a une carrière. Et une bonne. Pas mal pour un has-been... C'est déjà mieux que Chuck Norris et Van Damme, précités de la même veine.

29/03/2006

La goutte d'eau

Je suis un trekkie. Vous l'aurez peut-être remarqué à ma façon de faire référence à Star Trek et à son jargon spécifique de temps à autres, et aussi à ce que j'ai écrit dans mes listes. En soi, ça n'a aucun rapport avec ce dont je voulais vous entretenir, c'est juste qu'à l'occasion de la diffusion d'une des multiples séries de Star Trek sur le câble, j'ai vu la dernière publicité pour l'eau de Volvic. C'est choquant de bons sentiments.

"Pour un litre de Volvic acheté, dix litres d'eau potable seront puisés au Sahel". C'est quand même tendancieux. Qu'est-ce que cela suggère ? Premièrement, que si on n'achète pas l'eau de Volvic, on ne donnera pas d'eau au Sahel, donc qu'on va priver ces pauvres assoiffés. Deuxièmement, que Volvic fait des bénéfices (eh oui, ce n'est pas uniquement altruiste) en faisant jouer la culpabilité et la compassion avec une pub larmoyante.

C'est un comportement parfaitement odieux, et, pris comme ça, un chantage. Par ailleurs c'est mensonger... Ce qu'il se passe, c'est qu'avec une partie de l'argent récolté des puits seront creusés au Sahel. Très bien, bravo, mais chaque puits ne donnera pas la même quantité d'eau, et il n'est pas dit que tout sera potable... Et même si c'est bénéfique, c'est sans garantie et c'est loin d'être immédiat. Notez le confortable futur : "seront puisés".

Si ça se trouve, l'entreprise Volvic va envoyer l'argent (peut-être même en se sucrant au passage, on a vu plus étonnant de nos jours, l'humanitaire est loin d'être au dessus de tout soupçon...) en faisant confiance à des sous-traitants locaux, sans s'en préoccuper au delà du minimum juridique, ce qui lui permettra de récolter des subsides, des exemptions de taxes, et de faire une publicité aux relents miasmatiques de fausse bienfaisance.

Mais je conjecture sans aucune preuve... Et j’admets volontiers que si nous n'avons aucune preuve de la bonne foi de Volvic, nous n'avons aucune preuve de sa mauvaise foi. Même si Volvic est exemplaire et que ce geste est une main tendue de bonne foi, cette publicité pathétique et racoleuse est basée sur une approximation simpliste basée sur des estimations invérifiables... N'importe quel géologue vous le dira.

Que font nos enquêteurs zélés, les petits saints écologistes spécialistes de la traçabilité dont la France semble avoir un réservoir inépuisable ? Sont-ils trop occupés à déposer quelque étron devant un fast-food ou à saccager quelque plant mutant ? Sont-ils trop verts, et bons pour les goujats ? Mais qu'on me pardonne, je m'énerve pour rien. C'est un beau geste, sans doute, mais je suis de nature soupçonneuse.

Daily Bugle

"Trompettes de la renommée, vous êtes bien mal embouchées", disait George Brassens, grand poète au pragmatisme pourtant éclatant devant l'éternel. Je viens d'en faire l'amusante expérience : Je n'ai jamais reçu autant de commentaires à mes billets que lorsque je parlais de quelque chose de vaguement connecté à l'actualité. Chose que je ne voulais vraiment pas faire régulièrement au départ. Et puis ils sont moins drôles.

C'est subjectif, évidemment, mais une chose ne ment pas : je tourne autour de cinq ou six commentaires (en incluant mes réponses) pour les deux derniers billets d'actualité. le reste, zéro. Chose étrange, que les commentaires soient ou non positifs, ils ne concernent pas tous le propos, mais d'autres commentaires, ou des fautes d'orthographes, ou le Blog dans son ensemble. Ces billets attirent plus l'oeil. Enfin, il faut croire.

Marni Nixon ? Tout le monde s'en fout. Les USA ? Pareil. La république Tchèque ? Les bouquins ? La nature humaine ? Les filles à pédé ? Les cons de Brassens ? Condi Rice et Hillary Clinton ? Dieu ? Les contes d'Europe ? La Chine ? Tout cela ne provoque pas grand chose à part chez quelques gentils amis qui viennent me lire. Mais la soi-disant révolte sur une loi obscure, ça, ça se vend. On en revient à mon billet sur les priorités du JT.

Ce n'est certes pas à cause d'une nouvelle mise en page. Par contre, la pub joue un grand rôle : Je vois des habitués d'autres Blogs qui ont des liens vers le mien venir me lire régulièrement. Merci en passant au Loupil et ses piliers de comptoir virtuels pour leurs nombreux commentaires ! Les moteurs de recherche, plus souvent sollicités pour des sujets d'actualité, apportent peut-être un certain passage aléatoire aux Blogs "vivants".

Je me découvre des "habitués", ou soi-disant, qui ne se sont pas manifestés avant aujourd'hui. Je n'ai pas fait ce site pour glaner des encouragements, même si je les apprécie, ni pour m'entendre dire que je fais quelques fautes d'orthographes (certains passent uniquement pour les dénoncer... Une couille n'est qu'à un Q d'une coquille, non ? Bref, c'est à croire qu'ils n'ont que ça à foutre dans la vie, pas d'amis, rien...) même poliment.

Je connais trop l'apathie des internautes, ayant déjà publié des textes pseudo-littéraires en ligne sans obtenir plus de réaction de la part d'un éventuel public que de celle d'une huître anémique, pour dépendre de leur approbation. Après tout, les gens qu'on voit en ligne, ce ne sont pas de "vrais" gens, et leur travail publié, leurs photos et autres, ce n'est pas du temps et de la sueur, c'est juste un peu de code. Ben voyons.

Je suis content de recevoir des commentaires, sincèrement ! Mais je suis trop critique pour laisser passer certaines absurdités sans mettre le nez dedans à mes lecteurs habitués mais silencieux, quels qu'ils soient, si tant est qu'ils existent. Loin de moi l'idée de les culpabiliser : tout le monde fait pareil, moi le premier. Peut-on seulement laisser un mot partout où l'on passe comme quelque newbie, l'équivalent virtuel du puceau ?

C'est un peu gauche. Alors que faire ? Eh bien, c'est simple, c'est comme avec un magazine. Quand on n'a rien à dire on se tait, quand on a quelque chose à dire on écrit... Quand on trouve un auteur super, génial, sympa, et tout, on n'hésite pas à le dire et à revenir voir, et quand on n'aime pas on va voir ailleurs. Et je remercie d'ailleurs les personnes de tous horizons qui m'ont commenté de façon sympathique et constructive.

Quelle chance qu'ils soient plus nombreux que les autres !

Le retour de la vengeance du Voyageur de Commerce

Au fond, c'est ce que c'est. Le problème du voyageur de commerce qui doit passer par telle ou telle ville une seule fois dans un ou plusieurs trajets. On fait ça au lycée. C'est la même méthode de résolution mathématique, ce jeu à la con. Je dis ça, mais je ne m'y connais pas en maths et je serais bien incapable de me souvenir de la méthode exacte (ou alors avec beaucoup d'efforts), mais je suis bien documenté, et c'est ça.

Vous connaissez tous, sans doute, le sudoku. C'est un nouveau jeu de chiffres au nom oriental qui a fait son apparition il n'y a pas encore très longtemps dans un nombre incalculable de journaux, magazines, quotidiens... Il bénéficie même de sa propre presse spécialisée à l'instar des recueils de mots croisés. Il y a même des jeux de société basés sur le concept, et des livres sortent sans cesse, triomphant de grilles toujours plus diaboliques.

"Su-Doku" est la combinaison de deux idéogrammes, signifiant "nombre-seul". Sachez, tous autant que vous êtes, que le Sudoku n'a de japonais que le nom. Il fallait s'y attendre, puisqu'il fait appel aux chiffres arabes... Même si son principe peut tout aussi bien s'appliquer avec des lettres ou même des couleurs à la place des chiffres. Le Sudoku s'apparente aux carrés latins, une notion introduite par Euler, mathématicien suisse (1707-1783).

Ce gars là était un génie, d'autant qu'il a produit pas loin de la moitié de son travail dans les dix-sept dernières années de sa vie, durant lesquelles il était complètement aveugle. Un carré latin est une grille carrée (les matheux diront de n x n) dans laquelle chaque nombre (de 1 à n) est présent une fois par ligne et par colonne. Chaque solution de grille de Sudoku est donc un cas particulier de carré latin de neuf cases sur neuf cases.

Le sudoku en tant que jeu a été inventé en 1979 par un certain Howard Garnes, qui faisait des jeux de logique et les vendait à des journaux qui donnent dans ce genre de choses, pour vivre. Il avait pour nom "Number Place". Il n'a pas eu un grand succès, sauf au Japon, qui l'a repris en 1984 sous son nom actuel pour remplacer les mots croisés (c'est vrai que les mots croisés en Kanji, c'est pas terrible...), les rendant symétriques et plus difficiles.

Au fond, c'est un jeu super simple. Pas de définitions arbitraires et sadiques à trouver, une seule règle enfantine qui fait jouer l'observation plutôt que le raisonnement, comme au "démineur" de windows. Les "parties" ne durent pas éternellement, et on peut les interrompre et les reprendre plus tard comme on veut. Tout ceci explique peut-être son succès tardif mais vertigineux... Mais moi je trouve que ça reste limité, comme truc.

C'est vrai quoi, quand vous en avez fait un, vous les avez tous faits. Le nombre de chiffres marqués décroît, le nombre de possibilités augmente, et de ce fait la difficulté de la grille, mais au fond c'est toujours la même chose et le même système. Il y a aussi un nombre limité de grilles. Bon, d'accord, il y en a quand même 6 670 903 752 021 072 936 960, mais ça prouve que c'est un jeu limité et pas du tout stratégique ni aléatoire.

Personnellement, passé les dix ou vingt premières grilles, je trouve ça ennuyeux. Parfois difficile, mais surtout ennuyeux. Il n'y a aucune motivation, ça passe le temps moins bien qu'un bouquin et ça n'apprend pas les mathématiques : on n'a même pas besoin d'additionner ni de soustraire, ni de savoir compter au delà de neuf ! Le seul avantage c'est qu'on peut TOUS finir une grille, même si c'est dur et chiant.

C'est un truc à appliquer, c'est tout. Comme ça, les imbéciles qui se félicitent de réussir les grilles les plus dures alors qu'il suffit d'avoir un peu de patience et de méthode peuvent se dire qu'ils sont intelligents, pas seulement opiniâtres... Et les nombreux amateurs qui font leur Sudoku tous les matins peuvent enfin ne pas passer pour des cons dans le métro parce qu'ils n'ont pas fini les mots croisés infaisables de Maître Machinchose.

27/03/2006

Ze French Pervers Pépère Touch

J'ai revu l'un des fleurons du cinéma américain, un des chefs d'oeuvre de Vincente Minnelli, et un grand hommage à la France de la Belle Epoque : Gigi. Rien à voir avec le dessin animé bariolé et stupide. C'est l'histoire d'un riche dandy qui tombe amoureux de sa petite protégée, Gigi, qui était une charmante et innocente petite fille dans ses pattes mais qui, depuis, a grandi. Qui plus est c'est une comédie musicale du "bon vieux temps".

Il y a des acteurs excellents, et toute l'équipe est de haut vol. Il y a Maurice Chevalier, un chanteur et un héros de guerre, et Louis Jourdan, acteur qui a joué de nombreux rôles de jeunes premiers et quelques méchants marquants (dont celui de Octopussy, un James Bond, et Return of the Swamp Thing, très marrant). Louis Jourdan est mort récemment, et il se trouve qu'il était résistant actif lors de la seconde guerre mondiale.

Vincente Minnelli, ce n'est pas n'importe qui non plus. Il a réalisé Brigadoon, Un Américain à Paris... Bon, sa seule erreur a été de commettre Liza Minnelli avec Judy Garland. Mais comme ce film a pour vedette féminine Leslie Caron, ça va bien. En plus, elle essaie de se la jouer d'Audrey Hepburn (et ça marche parfois) tout en évitant le créneau "petite fille conne à l'oeil halluciné" à la Judy Garland.

En plus l'action se déroule avec des gentlemen parfaits, dans la haute société parisienne, à une époque ou montrer ses clavicules et ses chevilles était malséant pour une dame, voire faisait carrément pute. Malgré l'intrigue hautement basée sur les amours et le personnage équivoque (mais toujours présentable et drôle) du vieux séducteur continental joué par Maurice Chevalier, rien n'évoque moins que la plus pure respectabilité.

C'est dans ce cadre encore plus guindé et aseptisé que le Londres de My Fair Lady que j'ai retrouvé une chanson qui passait très bien à l'époque, et qui, de nos jours, ne peut être interprétée autrement que comme une apologie de la pédophilie ! C'est Maurice Chevalier qui la chante, en anglais et avec un accent à couper au couteau, ses habituels trémolos gouailleurs et suggestifs plein la voix : Thank Heaven for Little Girls.

Réécoutez-la si vous la trouvez, demandez-la moi si vous ne la trouvez pas, j'ai le fichier MP3. Allez au moins voir les paroles sur l'un des nombreux sites prévus à cet effet. C'est étonnant comme ce qui est flagrant aujourd'hui était insoupçonné, peut-être même involontaire, dans les années soixante où le film a été tourné. C'est une horreur pour moi qui suis un peu show-tune-queen : je ne le verrai plus jamais de la même manière.

Le Trek et la Gate

C'est fou comme les mentalités changent en dix ans. Prenez deux séries de SF prestigieuses, à dix ans d'intervalle. Elles n'ont pas la même cible, mais elles s'appliquent toutes deux à traiter d'aventures autant que de sujets de société, tout en donnant au téléspectateur le conformisme qu'il attend d'un programme grand public. Les deux séries ont fait sept et huit saisons respectivement sans compter les spinoffs...

Autant dire que les deux sont bonnes, et que la seconde se trouve dans la même position que la première dix ans auparavant. Même si ce n'est pas aussi comparable, c'est le mieux qu'on puisse faire en la circonstance. Mais voyez plutôt les circonstances de cette expérience inédite et inopinée : j'ai vu l'autre jour un épisode de Star Trek (la nouvelle génération, celle avec Patrick Stewart...) et juste après, un épisode de Stargate SG1.

Dans l'épisode de Star Trek, il y avait des terroristes désespérés qui tuaient plein d'innocents mais étaient obligés pour ce faire d'utiliser un moyen qui les tuait à petit feu. Ils Réussissaient à enlever le médecin de l'enterprise, qui venait apporter des médicaments aux victimes des actes terroristes. L'enterprise tente de rester neutre, finit par récupérer son docteur et se casser vite fait sans intervenir, laissant en suspens le problème...

Le problème était "doit-on intervenir dans les conflits des autres ?", et rappelle furieusement les affres d'Israël et de la Palestine. La fédération (et les créateurs de la série, dans les années 90) y répond par sa directive première : la non-ingérence totale. C'est une solution particulièrement lâche que celle de l'épisode, qui, une fois le docteur récupéré, ne nous montre pas d'épilogue de paix ou de guerre, juste nos héros qui se tirent.

Dans l'épisode de Stargate, nous voyons nos héros faits prisonniers par un régime totalitaire et esclavagiste. Ceux-ci finissent par libérer les esclaves (on leur avait menti en leur disant que la surface de leur monde était inhabitable pour les forcer à bosser en sous-sol, mais passons). Quand le méchant administrateur les confronte en disant "mais vous mettez fin à tout un mode de vie, une société !", le colonel O'Neil répond, "oh, que c'est dommage !", non sans ironie mais avec un manque certain de finesse (comme les divers combats).

Et ça c'est le début des années 2000. En dix ans, peut-être moins, on est passé du "n'intervenons pas, revoyons notre rôle dans ces conflits, même si nous sommes indirectement impliqués c'est peut-être trop, ne leur donnons même pas des médicaments, vous voyez où ça mène ?"  à "Butons les, ces esclavagistes/terroristes/vilains, parce qu'on a raison et eux ont tort, ne tolérons pas ce que nous jugeons mal"...

Même vu le succès des deux séries, cela ne reflète en rien l'opinion et les mentalités de tous dans une société... Par contre, cela reflète une moralité que les conservateurs et des bien-pensants acceptent. Plus encore, cela donne ce qu'une grande majorité de gens tolère, bon gré mal gré, peut-être en rechignant, peut être de tout son coeur, comme la morale d'un show qu'ils aiment globalement. Sinon la série ne marcherait pas.

Ces deux séries de SF, qui plus est, grâce à la fiction, sont bien plus libre de montrer un certain idéal que les autres émissions, trop proches de la réalité : la distanciation fait que l'on peut parler dans ces séries de sujets beaucoup plus controversés en les transposant à des univers différents du nôtre... Mais je ne vous apprends rien sur ce point. Toujours est-il que le public a vite changé de bord ces dix dernières années.

26/03/2006

Fantastique four

Vivons heureux en attendant la mort, pour reprendre le regretté Pierre Desproges. Saviez-vous que les deux seuls modes de funérailles autorisés en France sont l'enterrement et l'incinération ? Dans certains cas on fait confiance à la mer pour disposer du corps du défunt, mais c'est loin d'être la norme. Qui plus est, cela ne laisse pas grand chose aux proches, du moins pas grand chose devant quoi se recueillir.

L'immersion fait du cher disparu un anonyme sans autre sépulture que la pisse des poissons, et si l'on peut toujours lui rendre hommage en faisant face à l'océan, ça gâche quand même les vacances à la plage de la petite famille... Mais quand on y pense, disperser les cendres de quelqu'un ici ou là, dans une rivière, sur une plaine ou ailleurs, ce n'est pas beaucoup mieux. Evidemment, c'est tout aussi écologique.

De toutes façons, la crémation est une gigantesque arnaque : les fours crématoires fonctionnent en continu et son alimentés en combustibles bien avant que l'on y introduise les corps, sans quoi la moindre cérémonie de crémation prendrait des lustres. Les cendres froides que l'on donne aux éplorés juste après sont celles de bois, d'autres combustibles, voire même d'autres défunts, mais certainement pas celles de leur mort à eux.

Quant à l'enterrement, disons que ça donne un repère fixe et que les os resteront longtemps dessous, même si les vers et les asticots auront mangé, déplacé, remué et converti toute cher dans un grand espace de terreau alentours avec une étonnante promptitude. Vous choisissez ce que vous voulez, mais autant estimer n'avoir pas besoin de lien au corps du défunt pour rendre hommage à vos morts... On le voit, c'est un lien si ténu !

Il existe tant de jolies manières de disposer d'un corps : faire un bûcher public comme celui de Dark Vador à la fin de Star Wars, le mettre en haut d'une tour pour que les vautours le mangent comme dans certains rites orientaux, ou même dissoudre proprement le corps à l'acide... Quant à moi, je me fiche de comment on traitera ma dépouille quand je serai mort, vu que je ne serai plus là pour le voir, au-delà ou non.

23/03/2006

Ach, mais z'est l'Apokalybze !

Avec un ami anti-CPE (personne n'est parfait), nous avons discuté de ces manifestations qui occupent tant de monde ces temps-ci. Avec la grève générale prévue mardi, il devient de plus en plus évident que si le CPE ne sera pas retiré, un quelconque amendement le videra de toute substance, réduisant à néant les vagues mais réels efforts de changement et de réforme d'un gouvernement en qui plus personne n'a confiance...

Du moins jusqu'aux prochaines élections, après lesquelles un autre gouvernement tentera de faire avancer le schmilblick à sa façon, à al suite de quoi auront lieu d'autres manifestations... réduisant à néant les vagues mais réels efforts de changement et de réforme d'un gouvernement en qui plus personne n'a confiance ! Mais passons. Je disais l'autre jour que les manifestants étaient édulcorés par rapport à 1968.

Je les avais traité, à mots couverts, de Mao-spontex... Un terme des années 60 désignant les jeunes militants qui adoptent toutes les nouvelles tendances et couleurs politiques à la mode du moment qu'elles sont dissidentes ou vaguement révoltées, sans vraiment y croire, comme des éponges. Si les événements ont effectivement rivalisé avec certains des excès de "mai 68", c'est uniquement en terme de dégâts, pas de débats.

Quelqu'un me faisait fort judicieusement remarquer que, étant de droite (personne n'est parfait), j'avais naturellement peur de la manifestation, la dernière manifestation ayant compté des gens de droite depuis 1968 ayant été celle du mythique 21 avril (et encore étaient-ils assez réticents). Il est vrai, même si c'est plus une aversion dégoûtée. Il est vrai aussi que, individualiste de principe en toutes choses, j'abhorre les masses.

Peu importe. La manifestation anti-CPE (je parle du phénomène dans son ensemble), je continue de l'affirmer, n'est pas contre le CPE... Ce n'est qu'un prétexte. Elle fait suite aux grèves à répétition, aux émeutes des banlieues, et n'est que le symptôme d'une crise plus profonde, comme l'oedème n'est que la manifestation d'un mal plus profond. La question est... Est-ce une allergie, un choc, ou un cancer ?

Parce que si c'est une allergie, il suffit de trouver ce qui cloche dans notre société et l'enlever. Si c'est un choc, c'est encore mieux : il suffit de frotter un peu là où ça fait mal et ça passe tout seul. Mais si c'est un cancer, il y a de fortes chances que ce soit déjà métastasé. Il n'y aurait alors plus qu'à tenter une chimio ou une opération qui exciserait les tissus malades tout en charcutant allègrement les tissus sains autour.

Le problème avec le cancer c'est que c'est inhérent à l'organisme : il se développe sur un terrain favorable sans forcément de cause explicable. C'est parce que le système a une couille au départ que le cancer peut apparaître, parce que l'organisme ne peut pas se défendre correctement contre lui-même... Non, ce n'est pas une comparaison très originale, celle de la société comme corps. Elle date même d'avant les Lumières.

Ce qui laisse supposer deux choses : soit aucun manifestant et aucun membre du gouvernement n'a lu les physiocrates, ni même Tocqueville, Montaigne et d'autres, soit (et c'est plus probable), même en les ayant lu et en connaissant exactement les défauts et les aberrations intrinsèques de notre société et de notre politique depuis ses origines, on n'arrive pas à régler le problème... Ni même à le définir exactement.

Et ne vous laissez pas avoir par ceux qui disent "c'est simple, je vais vous dire quel est le problème"... Ils essaient sans doute de vous vendre quelque chose, sans doute eux-mêmes à la prochaine élection. Si le problème était simple, il aurait été réglé depuis longtemps ; et justement, une partie du problème est que tout le monde refuse les solutions simples car elles impliquent des emmerdements pour l'un ou l'autre groupe.

Puisque tout le monde peut donner son avis et faire de la politique, que tout le monde s'improvise à la fois futurologue et adepte de ce qu'il faut bien appeler du terme pompeux de Grande Histoire, je vais le faire aussi : Nous dirigeons-nous vers une Révolution ? Vers la Longue Nuit façon décadence de l'Empire Romain ? Une guerre civile ? Un grand craquèlement mondial lié à un effondrement de l'économie du pétrole ?

Personne ne peut dire de quoi demain sera fait, mais il y a quelques certitudes : ce ne sont pas les manifs anti-CPE qui sont importantes. Le CPE n'est qu'une petite réforme à la noix qui ne touche pas tant de gens que ça, et même si c'est une goutte d'eau de plus dans le vase bien plein des tensions sociales, ce n'est rien à côté de ce qui arrive. Croisade religieuse, effondrement économique, paralysie politique, désagrégation sociale...

Je ne voudrais pas jouer les cassandre mais ça va être gros, surprenant, et douloureux. Bon, ça n'a pas non plus l'air d'être pour tout de suite, mais ça approche.

Vieux sujet

Dans la famille "Je suis moche, con et pourtant je passe à la télé façon forcing", je voudrais le fils... Jordy Lemoine. Fils de producteur et d'actrice, c'est lui qu a signé "dur, dur d'être une bébé". On en a encore entendu parler dans cette galerie de has-been pathétiques qu'a été la ferme des célébrités... Ce gosse est incroyable. A 17 ans il était en troisième, donc soit con, soit perturbé, et en plus il est laid comme un pou.

Et ce n'est pas le seul ! C'est incroyable le nombre de sombres crétins qui ont des têtes à faire peur qu'on nous force à supporter alors qu'ils ne font même pas recette... Les présentateurs calvitieux d'émissions éphémères, les miss météo à demi momifiées, les lofteurs et star-académiciens divers, et tant d'autres insupportables. Je dirais bien qu'ils ont des têtes à faire de la radio, mais certains en font : ils ont des voix à se faire peindre.

Est-on passé à un rythme de consommation audiovisuelle si rapide que faire passer de force une bande de débiles comme de la chair à canon, en espérant qu'il y en ait un ou une dans le tas qui soit potable, est le seul moyen de renouveler le PAF, alors même que des dinosaures bafouillants autrefois légendaires comme PPDA se cramponnent encore à leur siège malgré qu'ils butent sur tous les mots de plus de trois syllabes ?

Oui, je sais, ma phrase est trois fois trop longue. Depuis le temps, vous devriez être habitués à mes propositions alambiquées... Qui plus est, c'est facile de dire du mal des méchants de la télé, surtout quand on prétend ne pas la regarder soi-même... Je la regarde peu, et quand je l'allume, c'est pour tomber sur ça. Avouez que ça ne donne pas envie d'autre chose que d'écrire ce genre de billets !

En fait si, ça donne envie d'éteindre. Et moi qui ai justement une nouvelle télé... C'est du gâchis.

Un peu de poésie, que diable

Poème contre celles qui croient que parce qu'elles sont filles, elles sont obligatoirement la copine de tous les pédés du monde, et auxquelles j'ai envie de dire "casse-toi, pourquoi tu me parle, t'as pas d'amis ?"

Pourquoi, pourquoi nous naissez-vous,

Filles à pédés non goudous ?

Fillette qui croit être gouine,

Moi, je ne suis pas ta copine.

Est-ce par manque, est-ce par choix

Que vous nous tombez dans les bras ?

Est-ce parce que vous croyez

Que les gays vont vous protéger ?

Est-ce en vous l'atavique peur

De la perte de vos vertus,

Ou de passer l'aspirateur

Dans un foyer trop rebattu

Qui bloque vos vies sexuelles

Face aux garçons conventionnels ?

Quand vous rencontrez un monsieur

Qui vous paraît intéressé

Par ce qui se passe sous le

Truc moulant que vous adorez,

Vous reculez, tergiversez,

Puis, chez-nous vous vous réfugiez.

Est-ce par sécurité que

Vous nous racontez vos malheurs ?

Vous nous prenez pour des sans-queue,

Pour des rigoles à vos pleurs...

Nous sommes la bonne copine,

La bonne pomme et le bon con,

Et le détail de notre pine

N'en décourage point, ça non...

Nous sommes, dit-on, si sensibles,

Si beaux, si fins, ayant bon goût,

Que seuls nous pouvons être cible

De vos attentions, sans jaloux.

Mais enfin, réveillez-vous donc !

Sensibles ? Mais où peut-on voir

Que dans les clubs où nous allons

On ne joue qu'à colin-maillard ?

Que penser de ces accessoires

En cuir, en latex rose et noir,

Des ours qui arpentent les rues,

Des pervers, des patte-pelus

Dans les backrooms errant sans fin,

Des trentenaires qui se matent,

Des vieux beaux costume-cravate

Recherchant de jeunes tapins...

Le coiffeur stéréotypé

En rose et jouant à la poupée

Qui relooke sans reluquer...

Vous plaît-elle, l'ambiguïté ?

Êtes-vous donc toutes les mêmes

Pour que vous nous croyiez semblables ?

Il en est parmi vous qu'on aime

Et d'autres qui sont exécrables.

Il est des grosses et des moches,

D'énervantes mouches du coche,

Des bêtes et des qui s'accrochent,

Qui mériteraient des taloches...

Laissez-nous, car la vérité

C'est qu'une amitié ne repose

Pas sur la non sexualité

Mais sur tellement d'autres choses...

Quand à celles qui aiment tant

Ce sentiment si convenu

D'être amoureuse sans amant

Et sans jamais se mettre nue,

Qui voudraient convertir nos dards

(Pour tout compliquer, sûrement...)

Sachez que c'est juste bizarre,

Ou pire, que c'est terrifiant

De voir vos appas suggestifs,

Etant indifférents, rétifs

A votre trou saignant et vif

Entre deux tranches de rosbif...

Sachez qu'avec nous moins qu'un gars

Qui pourrait s'en prendre à vos charmes

Et raidissant cette belle arme,

De cocagne un superbe mat,

Sachez, petites péronnelles,

Je le dis sans misogynie,

Qu'il ne suffit pas d'être une "elle"

Pour être d'un oiseau l'amie.

21/03/2006

Ces dames au salon

J'ai fait aujourd'hui le dernier salon où l'on cause, celui du livre. Autant vous pouvez me laisser dans une confiserie, dans un magasin de porcelaine ou dans toute autre boutique, je saurai résister à la tentation d'acheter... Autant il ne faut jamais me mettre dans une librairie, surtout une grande. Là, j'étais servi. Tel le singe ayant trouvé la clé de la bananeraie, je suis entré pour des clopinettes (5 euros) dans mon paradis personnel !

J'ai presque honte de mes achats compulsifs, surtout que ce salon n'a vraiment rien d'une solderie... Mais que voulez-vous, j'ai été élevé dans cette vénération du mot écrit qui fait que si l'on me donnait le choix entre brûler un livre et tuer un inconnu de mes mains, j'hésiterai longtemps. Tel un dragon sur son trésor, j'aime dormir sur mon tas de pages. Ma chambre est remplie de livres, certains lus, d'autres à lire : leur contact m'apaise.

Je suis ressorti du salon moins riche, mais heureux, et plus lourd de quelques kilos de pages bien pleines... De la bonne marchandise : Des nouvelles et des romans de SF, le roman de Lancelot du Lac en cinq tomes de poche, avec le texte en vieux français en regard de la traduction, quelques fac-similes d'enluminures d'une très belle Apocalypse française du XIVe siècle... Je vous passe le reste, de même que les innombrables tracts.

Après quelques heures à parcourir joyeusement les innombrables stands de ce qu'il faut bien appeler la plus grande librairie de France, sise dans le Hall 1 du parc des expositions de Paris, j'avais le dos lourd mais le coeur léger. J'ai même rencontré un auteur d'une puissance extraordinaire qui m'a dédicacé sa dernière oeuvre. J'étais très honoré de le rencontrer, surtout que, d'ordinaire, il n'est pas parisien.

Je ne parle pas de Joseph Joffo (qui était là, lui aussi), ce vieillard cacochyme dont les oeuvres du style "un sac de billes" torturent notre belle jeunesse depuis bien trop longtemps. Je ne parle pas des auteurs de Kookabura, Tessa, et toute la clique de chez Soleil. Non, je veux bien sûr parler de Logan, qui était en dédicace au stand de chez H&O... Ses bonnes oeuvres ne sont pas pour les petits enfants, mais elles sont remarquablement fun !

Qui plus est c'est un homme charmant, plein d'humour bien qu'un peu timide, et il m'a offert un joli dessin. Tout ça m'a presque fait oublier le sandwich BLT riquiqui à prix prohibitif acheté sur place, la succursale de chez Drouant mercantilement installée ici pour profiter des pseudo-intellectuels, le catalogue complet à plus de 20 euros (plus cher que la plupart des livres !) et le clone de Angelina Jolie et sa pose stupide sur l'affiche.

Vieille idée

Vous allez dire "il hurle avec les loups"... Vous allez crier "simplification abusive"... Vous allez trépigner, pester, dire que ça n'est pas si simple... Et vous aurez parfaitement raison. Mais l'avantage d'une simplification, outre qu'elle rentre dans le format du Blog, est qu'elle permet de voir le problème sans déprimer. Je crois que j'ai raison de penser ce que je vais dire dans ce billet (phrase plus ambiguë qu'elle en a l'air), mais je résume, bien sûr.

J'ai longtemps refusé de parler d'Israël et de la Palestine dans ces lignes... Trop actuel, trop chaud, trop ceci, trop cela. Une fois n'est pas coutume, mon point de vue sur la question est celui de pas mal de gens. Comme trop souvent, le résultat final de mon opinion est aussi celui d'un certain nombre de gens qui disent que "de toutes façons, c'est pas chez-nous, c'est chez les bougnoules"... Même si, tout de même, il y a une nuance.

Depuis un nombre incalculable d'années que les juifs et les arabes se foutent sur la gueule de diverses manières, la dernière incarnation en date du conflit et la plus meurtrière n'est autre que la guerre au proche orient et par extension le terrorisme international islamiste. Bon, d'accord, avec les croisades. Actuellement, nous avons deux camps sur cette Terre Promise qui a été promise à trop de monde :

D'un côté nous avons une théocratie fondamentaliste qui brandit des textes apocryphes en invoquant un droit divin/historique imaginaire à s'établir sur une terre sainte, de l'autre, nous avons une théocratie fondamentaliste qui brandit des textes apocryphes en invoquant un droit divin/historique imaginaire à s'établir sur une terre sainte. Marrant, non ? Tout ça pour un bout de caillou avec trois chèvres dessus.

Entre les terroristes, les officiels qui traînent les pieds, les fous de dieu, les civils fous de guerre, tous ceux qui sont contents quand il y a des morts en face, les suicidaires, les marchands de canons et les diverses barbouzes, les seules personnes saines d'esprit se sont cassées depuis longtemps de ces pays pour aller vivre en Europe ou en Amérique, refusant de vivre avec une bombe au dessus de la tête et préférant les regarder au JT.

Comme la solution rapide et quasi-certaine est absolument impitoyable, peu écologique et franchement nazillonne, je ne la proposerai même pas... Il s'agirait de vitrifier entièrement la zone entre le Liban et le mont Sinaï à coups de bombes atomiques, sans évacuer quiconque et sans prévenir. Le seul problème c'est que ça créerait sans doute d'autres problèmes à résoudre par le même moyen.

On n'en finirait pas et il faudrait passer à l'extermination totale de la race humaine. Mais après, pour les cafards, ce serait d'un calme ! C'est une solution efficace à tous les maux de l'humanité. Evidemment, elle n'est pas parfaite, comme toutes les solutions. Contentons nous de dire que, lorsque le pétrole ne sera plus important, les guerriers actuels se sentiront beaucoup plus seuls... Et ce sera le début de la paix.

Enfin, la leur, du moins.

20/03/2006

Long Time No See

Comme disent les anglais et leur grammaire si particulièrement sophistiquée et complexe... Je n'ai pas publié mon billet quotidien depuis pas mal de temps. je vais me rattraper dés que je pourrai, mais comme il m'arrive des choses dans la vie (qui l'eut cru !) j'ai moins de temps pour ça. Comme disait je ne sais plus quelle chanteuse, soit on vit sa vie, soit on s'assoit pour la raconter, au choix.

Je vais vous raconter brièvement ce qui m'arrive, après je poursuivrai d'autres élucubrations. Attention, ça va aller très vite : Je me suis fait larguer par un mec, mais l'avantage c'est que je me suis fait larguer avant de vraiment sortir avec le mec en question. C'est pathétique, je sais, mais au moins on gagne du temps. Voilà, fin de la parenthèse personnelle... Je ne vous le raconte que parce que c'est un peu marrant.

Un ami m'avait demandé de retoucher sur ordinateur la jaquette (ha ha) d'un DVD. Il s'agit d'un film dit "gay", vous savez, de ceux que l'on trouve dans le rayon rainbow et les étagères roses des Virgins et des FNACs... L'ami en question ne veut pas qu'on l'étiquette immédiatement en regardant sa vidéothèque, même s'il adore ce film. je ne m'étendrai pas sur la sexualité de cet ami, lui même s'étend assez peu dessus.

Il voulait, spécifiquement, que le petit drapeau arc-en-ciel discret sur le côté soit masqué. Juste ça. Bon, le titre, en gros dessus, c'est quand même Juste une question d'amour. Il y a deux mecs qui s'enlacent ouvertement, en très gros, au milieu de la jaquette. Les photos, le résumé, les logos des magazines et entreprises gaies qui sponsorisent el film, le vert printemps du fond, tout sur le DVD hurle l'homophilie.

Et comme si ça ne suffisait pas, le film est un peu connu pour être l'un des premiers bons téléfilms pro-gays en france. A moins d'avoir une jaquette complètement noire avec "xxx" en guise de titre, ce qui est, avouons-le, carrément suspect dans une vidéothèque, je ne vois pas comment on pourra éviter l'inévitable : les gens, cette masse anonyme et indifférenciée, sauront fatalement qu'il a un film gay chez-lui.

J'ai bien essayé de lui dire que c'était un faux problème, qu'il ne laissait pas des gens intolérants et homophobes entrer chez-lui pour voir ses films, que personne n'allait s'introduire par effraction juste pour regarder les films qu'il possède et ensuite répandre des rumeurs, et que de toutes façons ça ne signifiait rien quant à son orientation sexuelle... Mais à quoi bon, au fond.

Alors moi, j'ai fait où on me disait de faire et j'ai noirci le petit drapeau sous Photoshop, bête et discipliné. C'est vrai quoi, je ne suis pas psy. Manquerait plus que ça.

17/03/2006

Method in Madness

L'ouverture du salon du livre m'oblige à vous parler de l'écrit, un sujet qui m'est cher entre tous. Personnellement, je n'ai pas besoin de salon pour faire l'emplette de bouquins de façon compulsive et pour en lire des tas. D'ailleurs il n'y a pas de secret, plus on lit et plus on lit vite, et même s'il y a des méthodes pour accélérer la cadence, le plaisir de la littérature y perd parfois. Quant aux lectures obligatoires, pour l'étude ou le travail...

Une certaine catégorie de personne (pour paraphraser la SNCF) m'a demandé, à divers moments de ma vie, comment on pouvait devenir aussi savant que moi... Comment on pouvait lire, étudier, faire toutes sortes de choses aussi vite et aussi bien que ma petite personne. C'est vrai, on me l'a demandé ! Si, si ! On ne rit pas. Je n'ai rien d'un génie, je n'ai pas été premier de ma classe depuis le lycée. Tout ça c'est de l'esbroufe.

Pourtant, des étudiants, des lycéens, des hommes faits parfois me demandent comment "je m'en sors", à lire et écrire toujours dans les temps ou en avance. A cela je répondrai que c'est excessivement simple : il y a un truc. C'est une méthode de travail qu'on apprend, comme le reste. C'est aussi une bonne dose de confiance en soi : quand on doit faire quelque chose en un court laps de temps et qu'on le fait sans s'arrêter, on réussit.

Je ne sais pas pourquoi, c'est toujours comme ça... Dans certaines limites, bien sûr. on arrive à faire le boulot de plusieurs jours de façon honnête en un après-midi. Cela m'est déjà arrivé. Il ne faut pas en abuser, c'est épuisant et pour tout dire assez ennuyeux, on n'accorde peut-être pas toute l'attention que le sujet mérite, mais c'est si utile que cela en devient nécessaire. Pour le reste, c'est une question de méthode de travail.

Méthode de travail Bene Gesserit efficace, leçon numéro 1 : Vous pouvez apprendre. Apprendre, c'est facile ! Ce n'est pas comme du travail, c'est beaucoup plus intéressant que d'aligner des boulons dans une usine. Encore faut-il savoir apprendre. Si certaines connaissances nécessitent d'être apprises par coeur, on peut se casser les dents sur des pavés trop épais alors que ce n'est pas indispensable. Ménagez-vous !

Asseyez-vous et écoutez comment on lit vite et efficacement un bouquin... La plupart des étudiants, à leurs débuts, lisent les livres de la première page à la dernière, en lisant chaque page (ou du moins celles du chapitre qui les intéresse). C'est long, et peu synthétique : des détails sans importance se gravent dans le cerveau... Peu d'entre eux arrivent seuls à retrouver la méthode que je vais vous exposer ici, à la fois facile et efficace.

Premièrement : Lisez le titre et le sous-titre (c'est le sujet). Lisez le petit éloge en quatrième de couverture (l'éditeur vous dit pourquoi acheter le livre, ne le croyez pas). Lisez la préface : c'est l'auteur et le contexte.

Deuxièmement : Lisez avec attention la table des matières. Vous aurez ainsi un "schéma" du livre dans votre tête, qui correspond presque toujours au raisonnement de l'auteur et aux étapes de son exposé.

Troisièmement : Lisez la conclusion. C'est là que l'auteur veut arriver, c'est ce qu'il a voulu prouver. Si il n'y en a pas, lisez le chapitre final, c'est en général un bilan ou une synthèse... Bref, ce sont les points importants.

Quatrièmement : Lisez l'introduction en entier... Oui, enfin ! Car en général une longue introduction pose tout ce qui va se passer par la suite dans le bouquin, renseigne sur l'auteur, le contexte, et les prémices.

Cinquièmement : Lisez les chapitres dans l'ordre en appliquant le même mode de lecture, conclusion, puis introduction... Ne lisez pas le développement si vous n'avez pas le temps, juste les conclusions partielles.

Conseils subsidiaires : Si le sujet ne correspond pas à ce que vous voulez, ou si à un moment donné vous vous apercevez que ce n'est pas le bon livre pour votre travail/révisions/documentation, arrêtez de lire. Ce n'est pas la peine de perdre votre temps, et ne pas finir un livre est un droit imprescriptible.

Certains livres, bien souvent des monographies, sont mal conçus pour ce genre de lecture efficace mais se lisent plutôt comme des romans... Dans ce cas, la "conclusion" des chapitres n'est autre que le dernier paragraphe desdits chapitres, en général assez repérable.

Cette méthode peut être adaptée pour la lecture de romans, mais attention : ça passera si vous n'avez à faire qu'une fiche de lecture, mais la plupart des oeuvres littéraires ont le chic pour cacher de petits détails primordiaux en plein milieu du texte, ne résumant jamais ce qui s'est passé dans un chapitre à la fin ou au début de celui-ci... Lisez donc l'intégralité de ce genre d'oeuvres !

Voilà, c'est à peu près tout pour ce qui est de l'absorption des connaissances. Ceci ne sert qu'à avoir les bases d'un livre dans la tête, tout aussi efficace pour la plupart des révisions que de lire le livre en entier, voire plus, parce que vous avez l'essentiel dans la tête et vous passez aux détails par la suite en sachant exactement où vous allez... Vous n'avez qu'à ranger les informations dans les "étagères", entre les jalons que vous vous êtes constitués.

Croyez-moi, c'est plus facile de "connaître" un livre sans le découvrir peu à peu comme un roman : quitte à ne pas lire pour le plaisir, autant y passer moins de temps, et retenir du premier coup pour éviter de relire. On est sensé vous apprendre cette méthode à la Fac, dés le DEUG, ou même en Terminale... Mais en fait, presque personne ne le fait, pensant que c'est automatique et que ça fait un cours en moins pour le sujet principal.

Alors oui, comme ça, tout de suite, ça démythifie sacrément les grosses têtes qui se baladent dans la plupart des universités... Eh bien pas tellement, en fait. Lire efficacement demande beaucoup d'attention, un certain entraînement à repérer les passages importants, un crayon pour les souligner et un cerveau en état de marche. De plus, dans les grandes écoles, c'est presque toujours du par-coeur sinon rien, et en quantité !

Tout étudiant au delà de la licence connaît forcément tout ça : Cela permet de souffler et de ne pas passer sa vie à lire et relire les mêmes choses. Les étudiants gagneront un temps fou et ça donnera un sérieux avantage aux lycéens. Je sais que la plupart de mes amis (du moins ceux qui lisent ce Blog) savent déjà comment faire... Mais j'espère que ça en aidera d'autres, ceux que je ne connais pas, et ceux que je connais.

16/03/2006

Tagada Tsoin Tsoin

N'avez-vous jamais été fascinés par le générique de la série Batman, celle avec Adam West, et par ses combats délirants entrecoupés d'onomatopées écrites sur des accords de jazz ? Moi si. Ce sont surtout les onomatopées absurdes, à vrai dire, qui m'intriguaient lorsque, encore tout jeune, je regardais ce monument de kitsch. Pensez donc, une bagarre qui fait des "Sock" et des "Ffuit"... Alors que tout le monde sait qu'un coup de poing fait "Paf".

Je ne savais pas encore, à l'époque, que les onomatopées étaient différentes selon les pays et les langues... On pourrait même penser que, puisque l'oreille n'est pas éduquée de la même manière, de même que la prononciation, nous percevons tous le même son mais ne l'interprétons pas de la même façon que nous soyons anglais, français ou chinois. Nous n'entendons donc pas la même chose ! C'est le débat classique de la perception.

Autres exemples... Le corbeau, au débotté, vous diriez qu'il fait "Croa" en croassant. Eh bien en Pologne, il fait "Karr", ce qui a tout de même plus d'allure, avouons-le ! De même, il n'y a qu'en France que le coq fait un joyeux "Cocorico". Non que cela soit du nationalisme, mais en Allemagne, il fait "Kikeriki". En Espagne c'est "Cicirici", et dans les pays anglo-saxons il s'agit du très obscène "Cockedoodledoo". Il y a des variantes, bien sûr.

Et les animaux ne sont pas les seuls à faire les frais de la barrière des langues. Tout le monde sait que les anglais disent "Ouch" au lieu de "Aïe", mais il y a plus : Un cri d'horreur s'écrira "Aieee" en anglais, alors que tout un chacun ferait "Aaah" ou "Iiiih" sous nos longitudes. Les onomatopées des comics américains colonisent d'ailleurs nos pages depuis longtemps, où fleurissent les "Aaargh", et parfois même un "Outch", bâtard franglais.

De même, les bruits de succion autrement muets en français se disent aujourd'hui couramment "Slurp", onomatopée dérivée du verbe anglais signifiant "aspirer", verbe qui décrit d'ailleurs exactement le bruit... Et un baiser s'écrit "Smack" ou même "Kiss" sans que qui que ce soit d'autre que les professeurs de français n'y trouvent à redire. Le "Boom" remplace souvent le "Boum", le "Bang" remplace le "Pan"... La liste est longue.

Heureusement, il existe un bastion de notre langue que les forces anglophones aux obscures diphtongues n'ont pas encore pris, résistant encore et toujours à l'envahisseur grâce au bon vieil humour gaulois... Une tache difficile à ravoir que cet humour, trace de pneu sur le slip de la culture. Cette redoute redoutée, je la gardais pour la bonne bouche, si j'ose dire... Chez-nous, on dit encore "Prout", et pas "Poot".

14/03/2006

Des gênés récents

Nous avions déjà parlé de la cohorte des has-beens qui tentent une fois de plus d'attirer les projecteurs... A côté d'acteurs de premier ordre comme Anthony Hopkins et Sean Connery, ou même Sir Ian McKellen, Patrick Stewart, Jeremy Irons et quelques autres qui donnent une performance exemplaire même lors de films alimentaires, de petits rigolos (du moins comparé aux autres) coassent pour une minable fraction de leur gloriole passée.

Les cris hypocrites de Roger Moore boycottant le foie gras, lui qui s'était fait l'apologie de la décadence occidentale dans James Bond, l'ef-front-terie d'une Brigitte Bardot papier-crêpon, les coming-outs dont tout le monde se fout (Richard Chamberlain, Tom Selleck, et, encore plus débile, George Takei, Monsieur Sulu dans Star Trek, avouant sa gaytitude au moment ou ça n'a plus aucun intérêt : deux ou trois ans avant sa mort !)...

Comme Anthony Quinn et un nombre incalculable de vieux seconds rôles ou d'anciens bellâtres hollywoodiens, les voilà forcés de se reconvertir à Broadway... Dans des revivals, qui plus est, à la partition coupée, tailladée, remixée et amputée pour leur permettre de s'en tirer malgré leur grand âge. Anthony Quinn a fait Zorba le Grec, Richard Chamberlain a fait My Fair Lady, Julie Andrews (58 ans) reprend ses vieux succès...

Tout ça, on a déjà vu, déjà donné, merci, au revoir. Mais voilà qu'approche sournoisement de l'âge de leurs artères toute une génération de chanteurs et chanteuses. Peu s'en sortiront vraiment. Si Sir Elton John paraît relativement équilibré et si Madonna semble encore avoir une carrière devant-elle (et aux alentours de 48 ans, ce n'est pas mal) d'autres constatent qu'on les a arnaqué sur leur statue géante : elles fondent sous la pluie...

L'Artiste-Anciennement-Connu-Sous-Le-Nom-De-Prince-Mais-Qu'on-Peut-Recommencer-A-Appeler-Prince-Maintenant-Parce-Que-Sa-Crise-De-La-Quarantaine-Est-Terminée-Et-Qu'il-Faut-Pas-Déconner-Non-Plus-Vu-Que-ça-Ne-Fait-Plus-Recette, après avoir allègrement chié sur les maisons de disque (à tort ou à raison, peu importe) revient la queue entre les jambes un album ici ou là... Et surtout de l'autre côté, côté flouze et pas paillettes.

Et il a le même âge que Madonna, à peu de choses près. Et puisqu'on parle de paillettes, vous avez sans doute entendu parler de Gary Glitter... Mais si, vous savez, le chanteur anglais à sale gueule des années disco. Un VRAI has-been. Je n'avais jamais entendu son nom jusqu'à ce qu'il soit, tout récemment, condamné en Thaïlande pour proxénétisme pédophile. Il avait fui l'Angleterre à cause d'une histoire semblable, mais rien n'avait été prouvé.

Il semble que Michael Jackson soit à peu près dans la même position, d'ailleurs. Penché en avant. L'ex-King of Pop (Oui, ex, parce que Robbie Williams l'a enfoncé question ventes, d'où la position...) se réfugie en ce moment à Bahreïn. Il tente d'éviter la justice qui lui réclame plein de sous, pour les taxes, pour ses dettes, pour les employés de son monstrueux parc privé... Et il y a toujours ces histoires de scandales pédophiles qui traînent.

Je n'ai jamais aimé Michael Jackson, malgré un talent certain (que je trouve surfait, mais bon...) c'est un gars qui fait vraiment froid dans le dos, et, qu'il soit vraiment un pédophile ou pas il n'est plus humain depuis un bon moment, à l'extérieur comme dans sa tête. Il ne suffit pas de fonder une ou deux associations caritatives pour être béatifié sur tous les tableaux : Il y a beaucoup de mécènes mafieux, c'est même le cas général.

Cela fait tant de fois qu'on l'accuse de tripoter des enfants, comme on dit, "pas de fumée sans feu"... Mais en même temps, cet homme excite tant les jalousies, c'est un bouc émissaire tellement évident, il a un grain tellement visible que là, je ne sais plus quoi penser. Oh, à propos... Lui aussi a l'âge de Madonna, grosso modo. Eh oui, même avant la cinquantaine on peut faire "zombi". Il peut retourner Thriller sans maquillage.

Quoi qu'il en soit, il vend encore des albums, et Madonna aussi. La carrière de ces gens n'est pas terminée, même si ils sont à première vue sur une pente descendante : ils bougent encore. Il n'est pas impossible que certains nous fassent le coup du retour de la vengeance, comme George Michael, ou, côté troisième âge, Tom Jones. A côté de ça, signalons que les Stones comme Metallica font toujours salle comble...

13/03/2006

Les colles des fans

J'ai des amis professeurs et, étant moi-même encore un peu lié au monde de l'Académie, j'entends ce qui se fait. Un sujet particulièrement stupide du JT m'y a fait penser : de nouvelles méthodes d'éducation expérimentales font régulièrement leur apparition. Si, si, périodiquement, on change les méthodes. Cela tient des livres pour jeunes parents : un coup on les laisse sucer leur pouce, un coup non, en fonction du pédiatre en vogue cette année.

Comme si on apprenait la vie en classe... Grosso modo, ça donne à peu près le même résultat, même si les enfants ne sont jamais assez bien pour la génération antérieure... Cette fois-ci, c'est pour apprendre le respect aux "Djeuns" dans les ZEP qu'on leur fait faire du foot. A été mis en place un système qui vient d'en haut, révolutionnaire, comme une sorte de permis à points pour l'élève : points en moins pour insolence, etc.

On peut les priver d'entraînement ou de match si ils sont vilains. Ouaouh. Les bureaucrates ont encore inventé l'eau chaude : les bons points, mauvais points, les blâmes, les renvois, et l'exercice physique comme activité à la fois saine, distrayante et fédératrice. Tout ça pour apprendre le respect au travers des cours de morale qui ne disent pas leur nom, et faire travailler (leur corps et le reste) sans en avoir l'air des jeunes gens autrement oisifs.

C'est ce que font depuis longtemps (c'est à dire depuis... oh, disons le XIXe siècle) des tas de lycées privés et publics, des pensionnats ultra-catholiques aux plus modernes institutions laïques, avec les meilleurs résultats. De même, de nombreux professeurs consciencieux, plutôt que d'être froids, prennent sur leur temps de loisir pour proposer des activités supplémentaires, distractions délicatement formatrices, à leurs petits élèves.

Au fond, il n'y a que les bonnes vieilles méthodes qui marchent !

Sous l'Occupation

Jamais, ô grand jamais, je ne comprendrai les manifestants étudiants. Ils sont chroniquement inefficaces depuis 1968, ils se privent et privent les autres du droit d'étudier qu'ils ont payé, et ce pour rien du tout. La réforme LMD ? Elle est passée. Le CPE ? Il est voté depuis belle lurette. La guerre en Irak ? Mais oui, c'est sûr, George W. Bush a peur des étudiants français et se fie à eux pour la politique internationale... Et moi, je suis Greta Garbo.

Je ne suis pas forcément pour le CPE, ou tout autre contrat "jeune". Je ne prétends pas m'y connaître, mais a priori, ce qu'il faudrait, c'est plus de contrats des sortes qu'on a déjà. Le problème c'est que je m'y connais quand même plus que la plupart de ceux qui manifestent. Les plus ardents sont ceux qui font partie de cellules "révolutionnaires" plus ou moins underground qui recrute dans les facs : des agitateurs formés et professionnels.

Ces cellules sont hélas allègrement manipulées par les grands partis, mais passons. Quoi qu'il en soit, je vois mal le rapport entre bloquer les facs et abroger une loi. A la limite, manifester devant l'Assemblée ou Matignon, oui... Mais empêcher les gens d'étudier n'aura pour conséquence, au pire, que de leur faire louper un examen. Et ça fait longtemps que les politiciens savent que les étudiants manifestants (c'est à dire les plus jeunes) ne votent pas.

C'est vrai, les étudiants qui ont une conscience politique supérieure à celle d'une huître sont en général au delà de la licence, et préfèrent voter et passer leurs examens tranquille plutôt que de manifester. Les autres se laissent entraîner, en général, par la minorité syndiquée susnommée, la seule d'ailleurs à voter pour les élections des conseils universitaires. Même avec des milliers de manifestants, les vrais activistes sont quelques centaines.

Pensez qu'il ne faut que 800 étudiants pour occuper un campus qui en accueille 10000, et que sur ces 800 étudiants il y en a peut-être une centaine qui fait ça sérieusement et le ferait de lui-même, seul si nécessaire. Et encore. Prenons cette parodie de démocratie pour ce qu'elle est : le symptôme d'une détresse sociale plus profonde et d'un ras-le-bol qui ne sait pas vers quoi tendre. En attendant, moi, ça me complique la vie.

Déjà, les dernières manifs étudiantes avaient failli me faire perdre une année en m'empêchant de passer mes examens. Je précise que je n'ai pas fait mai 68, ce grand moment dont les quinquagénaires assagis et maintenant de droite se rappellent en riant, et dont les professeurs attardés de la même génération se souviennent, émus, en lavant le cerveau de leurs étudiants sans crainte pour leur poste archi-protégé.

Par contre, je connais quelques personnes qui étaient là ,et bien là. Ils ont eu le regard atterré en voyant ces minables qui, à la télévision, se plaignent d'avoir été évacués par les CRS de la Sorbonne qu'ils ont lâchement dégradé (et abîmer un monument comme ça, c'est comme brûler un livre, ça ne se fait carrément pas !). Les CRS ne les ont pas emmenés dans le panier à salade ni passés à tabac : C'est peu violent comparé à 68.

Pire : On voyait aux informations un étudiant qui se plaignait d'avoir été évacué à 4h48, avant qu'il y ait des métros. Le pauvre, il avait prévu de passer quelques jours à Paris et d'occuper une fac ou deux, de faire une manif histoire de dire ? Vous parlez d'un engagement... Je suis sans doute de parti pris vu que je suis de droite, même si le CPE ne me semble pas une mesure très utile, mais là, j'ai presque honte pour eux.

09/03/2006

La bête est morte

Ma télévision a pété. Enfin, pété, c'est beaucoup dire. Elle n'affiche rien, mais le son marche. Le canon à image est foutu, et comme il s'agit de la pièce la plus chère, autant acheter pour le même prix un écran plat bien meilleur. Je ne dis pas qu'il me faut absolument une télévision... Je trouve mes informations sur Internet et à la radio, ne faisant plus confiance au JT que pour les titres, et il n'y a jamais rien à part trois séries débiles.

Mais tout de même, pour les vidéos, c'est plus pratique que de regarder un DVD sur un écran d'ordinateur (encore faut-il pouvoir le faire, c'est loin d'être le cas de tout le monde...). Donc, bientôt, place au plasma. Vous avez remarqué comme les hypermarchés, FNACs, Darty et autres chaînes de grande distribution ne vendent de toutes façons plus que ça ? Fini, le tube cathodique de nos ancêtres, vive le numérique. Tant mieux, après tout.

En moins de cinquante ans nous avons fait des progrès considérables : voyez la photo ci-dessous, une télévision française de 1949. Le boîtier est en aluminium peint, inhabituel et particulièrement moderne pour l'époque : les boîtiers étaient le plus souvent en bois. On a installé une "loupe" (jaunie par l'âge) juste devant l'écran, trop petit pour qu'on voie bien les détails de loin. En noir et blanc, cet appareil est à peine mieux qu'un oscilloscope.

J'ose croire que dans quelques décennies, peut-être moins, ils sortiront autre chose, comme les DVD ont remplacé les CD et les VHS. L'ergonomie fait aussi des progrès si l'on en croit les divers constructeurs qui font les derniers salons (du design) ou l'on cause : meubles et parois sensitives qui actionnent des appareils cachés, lignes pures et claires... On se croirait dans Star Trek, ou dans Minority Report... Un truc complètement froid, intuitif et beau.

Décidément, on ne croirait pas que, de nos jours, tout ça est fabriqué par des esclaves laotiens !

08/03/2006

Tu seras un homme, ma fille

Aujourd'hui, c'était la journée de la femme. A ceux qui s'insurgent qu'il n'y a pas de journée de l'homme, vous n'aurez qu'à répondre que ce sont les 364 autres... Oui, même si les droits des femmes sont archi-reconnus partout dans nos pays civilisés (enfin, admettons...), elles ont encore besoin de leur jour dédié pour rappeler au monde que, pas si loin que ça, il y a des femmes défigurées, mutilées et tuées au nom de pas grand chose.

A part ça, ces histoires de voile islamique c'était du vent, du moins en France. A mon avis, privez de scolarité les petites filles qui le portent et elles n'auront aucune chance d'apprendre pourquoi elles ont le choix puis de décider en connaissance de cause... On en a fait tout un plat, et, rétrospectivement, ce très petit nombre de jeunes filles voilées monté en épingle par les médias préfigurait les tensions religieuses qui nous secouent aujourd'hui.

Au sujet des femmes battues, car il faut en parler : C'est innommable, évidemment, mais on ne parle jamais des hommes battus. C'est pourtant le fond de très nombreux cas de violences conjugales. De même, on imagine la violence conjugale comme rarement réciproque, alors que c'est le cas pour beaucoup de couples: ils en viennent aux mains... Et à tout âge ! Si, si, ça arrive aux vieux aussi. Et les coups font plus mal passé un certain âge.

Mais il faut bien le dire, en cette journée de la femme, que peut-on dire sur ce sexe qui ne soit pas d'une affligeante banalité ? C'est vrai, je suis de parti pris, vu que sexuellement je n'ai jamais trouvé les femmes très intéressantes. Nous avons déjà parlé des clichés rebattus dans un précédent billet, ainsi que de l'anatomie féminine (le "pénis inversé"...), et franchement, tout ça date aussi un peu.

Oui, que dire ? La femme est l'avenir de l'homme ? Je suis contre les femmes, tout contre ? Demain sera féminin ? Femmes, je vous aime ? Où sont les femmes ? Femmes, femmes, femmes ? Femme des années 80 et femme jusqu'au bout des seins ? Être une femme libérée, tu sais, c'est pas si facile ?... Ce sont ces phrases toutes faites qui le sont, faciles, et leur sens est devenu politiquement correct même s'il ne l'était pas au départ.

Certes, il est tout de même un peu étonnant qu'on ait attendu jusque là pour s'apercevoir que 52% de la population mondiale, ce n'était pas une minorité, mais bien quelque chose de ridiculement banal. On appelle encore ça le "sexe faible", mais à mot couverts, sans doute parce qu'elles n'arrivent pas toujours à ouvrir les pots de confiture du premier coup, mais à vrai dire ça m'arrive aussi, alors...

Quant au terme "beau sexe", alors là, je m'insurge... Et j'aimerais répondre, avec le large soutien de nombreux congénères masculins, à celles qui ont trouvé le slogan "ni putes, ni soumises", un fort et clair "ni macs, ni machos", parce qu'aujourd'hui une femme a le droit d'être féminine ET d'avoir une carrière, voire d'être hommasse, mais qu'on regarde encore bizarrement les drag queens et les travestis. Sans parler des Trans.

Enfin, on n'a pas trop à se plaindre, nous, les mecs : Ici, la Vénus de Milo a retrouvé ses bras et le David de Michel-Ange n'a pas perdu son sexe. A quand la même chose partout dans le monde ?

Avalez la fumée

Avez-vous vu la dernière publicité pour les meilleures tables parisiennes ? Bon, quand je dis "meilleures tables", c'est subjectif. Certaines sont excellente,s d'autres sont très bonnes, toutes ou presque sont hors de prix, et un bon ami à moi s'est fait refouler à l'entrée de l'une d'elles... Et, pour ma part, je ne suis pas très "nouvelle cuisine", donc je raye d'office un certain nombre de soi-disant grands restaurants de ma liste personnelle.

La publicité en question est un petit guide distribué dans les restaurants qui y sont mentionnés (en général il est sur une table près du vestiaire ou apporté discrètement au moment de l'addition, il y a tout de même un certain standing à respecter...) avec les restaurants de l'association "best restaurants in Paris". Un resto par page, la photo du chef et du propriétaire à chaque fois, classés par thème, avec plusieurs index pour s'y retrouver.

Ce qui est génial, c'est la présentation : On dirait un paquet de Gitanes. C'est bleu foncé, large, ça s'ouvre comme un paquet de cigarette et le logo fait penser à une quelconque marque de tabac. Le plus fort, ce sont les messages en grosses lettres façon faire-part de décès qu'on trouve sur les vrais paquets, mais détournés :

"Bien manger ne tue pas" et "Bien manger contribue à votre plaisir et à celui de votre entourage".

Rien que pour avoir paraphrasé les slogans hypocrites au nom si noble de la bonne chère, allez voir leur site. Il n'y est pas fait mention de cette publicité, ce n'est rien d'extraordinaire, mais ça vaut le coup d'y aller... Si vous aimez bien manger et que vous êtes en fonds. Oui, je sais, il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger. Mais c'est à l'Avare Harpagon que Molière le fait dire, et je gage que vous n'êtes pas aussi pisse-vinaigre !

07/03/2006

Bon sang, mais c'est bien sûr !

Si vous allez aux Lilas, banlieue parisienne dont je parlais l'autre jour, vous trouverez peut-être une sinistre ruelle boueuse, étroite, ou se profile un arbre mort qui surplombe le microscopique panonceau qui indique un musée. Si vous trouvez le chemin, c'est que, comme moi, vous aurez réservé par téléphone au propriétaire de ce musée privé, le musée des vampires. Il est unique, et son propriétaire est Jacques Sirjent (Sirgent pour la presse).

Unique au monde, il 'est, mais pas parce que c'est le seul musée sur le vampirisme... Une seule pièce ("mais je suis en tarin d'en aménager d'autres", nous dit Jacques, un homme entre deux âges plutôt quelconque) et pas de visite, rien de rare ni précieux... Mais une marée de gris-gris forains, farces et attrapes, peintures fluorescentes, affiches de vieux films de vampires, photos d'acteurs et objets en résine vaguement gothiques.

Ici et là, des photos dédicacées ornent les murs, ainsi que des masques en caoutchouc d'un goût douteux. Un collage de diverses images du diable et de Vlad Tepes, indistinctement mêlées, vous montre le niveau du lieu : la maternelle. Pire: le mur du fond affiche d'indicibles croûtes, mauvais portraits de Brad Pitt et de Tom Cruise dans Entretien avec un Vampire et "visions romancée" de la comtesse Bathory.

Ce n'est pas ce qu'on pourrait appeler un musée, mais l'antre d'un terroriste culturel. Il vous recevra sur de vieux canapés (il fait ça chez-lui, pourquoi se gêner...) et vous offrira un kir à la cerise (parce que c'est rouge, ça fait genre "Dracula"). Puis, il vous assommera pendant environ deux heures et se fera payer la modique somme de 6 euros : assez cher pour un kir et le déplacement. La différence avec moi c'est que j'assomme gratis, et je ne mens pas.

Lui vous abreuve de contrevérités historiques pas tant sur les vampires que sur l'occulte en général, sortant sans honte des études peu sérieuses, des statistiques du style "on peut multiplier les chiffres par trois parce que visiblement, c'est plus", une histoire des Balkans complètement fantaisiste, tout en éludant les faits qui ne l'intéressent pas, tant sur le plan biologique qu'historique ou anthropologique.

Pour se justifier, il montrera du doigt une toute petite pile de livres poussiéreux : des dictionnaires datant du XVIIe siècle dans lesquels il a trouvé l'évolution du mot "vampire" depuis ce temps là. C'est très intéressant, mais ça se fait en quelques minutes avec un Littré et une bibliothèque. Des cas rapportés de vampirisme en Roumanie, de la porphyriose (le "vampirisme biologique"), des suceurs de sang de l'antiquité ? Il les ignore.

Au lieu de vous parler de religion, de mythes païens et d'ethnologie sérieuse, il vous montrera sans doute son chat mort pris dans de la résine (dans une bassine bleue de salle de bain, de loin, pour éviter qu'on voie les détails). Il dit l'avoir trouvé dans des circonstances hautement occultes, de même que d'autres vagues bouts de trucs qui en ressemblent à rien et n'en prouvent pas plus, et extrapolera quelque conspiration à la mode.

Il vous dira qu'il a trouvé des preuves "il y a quelques mois, dans un bazar au pied de la Tour St Jacques, et le bazar a brûlé juste après..." alors qu'il n'y a pas eu d'incendie ni de bazar là-bas depuis au moins dix ans si ce n'est plus. Ajoutez aussi à cela les traces de messes noires trouvées au Père Lachaise (rien que de très normal, si vous voulez mon avis, et rien à voir avec les vampires sauf peut-être via le jeu de rôles...).

En sus, il vous fera le coup de la numérologie : dates, chiffres, additions débiles, coïncidences entre les numéros des tombes du père Lachaise, noms des caveaux montés en épingle... Quelques références anticléricales primaires, du conspirationnisme, beaucoup d'allusions sans rien derrière du genre "mais non, ils sont forcément au courant de la profanation de cette tombe, donc c'est eux !", vous voyez le topo.

Après ce pathétique propos, il fera passer des classeurs contenant "la plus grande collection de jaquettes de films de vampires d'Europe". Super. Et même si c'était intéressant, on n'a que sa parole, et on a vu ce qu'elle valait. Il termine par des références tellement prévisibles au fait que "les vampires sont gentils, ils ne sont pas obligés de tuer, mais méfiez-vous des vrais vampires d'aujourd'hui, les vampires économiques !".

Ben voyons. Entre ça et ses histoires de fantômes soi-disant vécues, je ne sais pas si je dois rire ou pleurer. Mais d'où lui vient cette science vampirique ? De nulle part : Ce n'est qu'un ancien professeur d'anglais ("avec des livres en préparation...") avec une formation en histoire de l'art (et, non, savoir analyser un tableau ou une sculpture ne permet pas de se dire historien...). Rien ne dit qu'il est seulement agrégé ou même qu'il a obtenu un diplôme... Et visiblement, avec ma maîtrise d'histoire de la Sorbonne, j'en sais plus que lui.

Voyageur qui ne savez pas quoi faire un soir ou une nuit, ne vous égarez pas dans les chemins écartés et bourbeux vers la ruelle maudite, le château incongru de ce bossu mental... Fuyez ce lieu de perdition, vous n'y trouverez qu'une demi pensée aussi mâchée que le papier dont il se sert pour décorer son macabre chez-lui, avec un mauvais goût certain. Fuyez, oui, fuyez ce vampire qui vous pompera... l'air.

06/03/2006

Centuries

Considérez les quatrains suivants, juste par plaisir... Ils ne sont pas de Nostradamus, mais ils se sont

tous révélés exacts les uns après les autres, sauf les deux derniers. Pas mal, hein ?

Non certes, elle n'est pas bâtie

Sur du sable, sa dynastie

Il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Il peut dormir, ce souverain,

Sur ses deux oreilles, serein.

Il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Je, tu, il, elle, nous, vous, ils,

Tout le monde le suit, docile.

Il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Il est possible au demeurant

Qu'on déloge le shah d'Iran,

Mais il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Qu'un jour on dise "c'est fini"

Au petit roi de Jordanie

Mais il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Qu'en Abyssinie on récuse

Le roi des rois, le bon Négus,

Mais il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Que, sur un air de fandango,

On congédie le vieux Franco,

Mais il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Que la couronne d'Angleterre

Ce soir, demain, roule par terre,

Mais il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Que, ça s'est vu dans le passé,

Marianne soit renversée,

Mais il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

("Le Roi", Paroles et musique de George Brassens)

... Le rut animal !

J'ai retrouvé le fil de ma pensée, perdu au détour d'un palindrome piégé : Les films d'horreur animaliers. Oui, vous savez bien, il y a un certain nombre de genres de films d'horreur qui mettent en scène des bébêtes, et l'un d'eux est le film avec un criminel/alien/monstre/animal qui tue tout le monde façon "dix petits nègres", souvent en huis clos. Sinon c'est l'inverse : les humains sont en minorité et doivent fuir ou se retrancher, ou les deux.

Dans les deux cas, l'intérêt est le suspense et les variantes du déroulement de l'histoire ne sont pas infinies, même si les protagonistes et le monstre-prétexte sont constamment renouvelés. Depuis que la formule de base du premier de ces films a été établie, presque chaque animal ou plante a bénéficié de sa propre oeuvre, plus ou moins heureuse, et souvent tout à fait incongrue...

Au début, ils se limitaient aux créatures considérées comme effrayantes ou un nuisibles : rats, araignées (Arachnophobie, par exemple, loin d'être le premier ni le dernier : on se souvient de La Femme araignée...), serpents, scorpions, piranhas, requins... Puis ça a été les abeilles tueuses, les sangsues, les crocodiles (alligators et autres caïmans compris), fourmis anthropophages, termites... Ou des versions extraterrestres ou géantes de ces animaux.

Au bout du compte, on en est arrivé au point ou le manque d'idées était tellement cruel que serpents divers, scorpions variés et chauves-souris exotiques n'ont plus suffi. Les scénaristes des séries B s'en sont pris (souvent mal) à des bêtes parfaitement innocentes mais à mauvaise réputation : les limaces (comme dans Slugs), les cafards, les grenouilles, que sais-je encore... Même les mites ont eu "Mothra", la mite géante des Godzilla.

Toujours présents, les aliens, momies, robots, vampires, loups-garous, créatures de Frankenstein ou d'un lagon d'une couleur à déterminer font encore recette. Buffy, La Momie, Van Helsing, tous ceci renouvelle le genre... J'ai dernièrement eu le bonheur de voir le très imaginatif mais pathétique Metal Beast, une série Z avec un loup-garou chirurgicalement et génétiquement altéré pour avoir une peau blindée.

Le loulou est un ancien espion/assassin qui s'est injecté du sang de lycanthrope pour un projet top secret (comme d'hab...), et qui est très énervé parce qu'on lui greffe une peau métallique sans son accord. Il tue (presque) tout le monde en bon psychopathe, puis se fait abattre grâce à un obus explosif (seule chose capable de percer le blindage) à pointe en argent fait en dix minutes à partir d'une collection de médailles.

Les végétaux ne sont pas en reste, et les plantes extraterrestres façon gros cerveau avec un bec ont fait place à de nouveaux défis pour nos héros éternellement soumis aux clichés les plus pathétiques. Voyez La petite boutique des horreurs et sa plante carnivore, le guerrier écologique et humide de Swamp Thing, et Killer Tomatoes (avec George Clooney !) pour le côté parodique... Mieux encore, Tou Gigantaïou Moussaka.

Dernièrement, les progrès de la génétique et des effets spéciaux ont apporté de l'eau au moulin de la série B, et les monstres des profondeurs, dinosaures, clones et mutants divers arrivent en renfort : hommes-requins, dinosaures, carnosaurs, vers géants au cycle improbable de Tremors, mutant amazonien de Relic, insectes chasseurs de Bugs ou de Mimic... Des bêtes de plus en plus réalistes et de moins en moins vraisemblables apparaissent.

Tout récemment, le film "La Crypte" (en fait c'est The Cave, mais ça sonnait mal en français, et quand on voit le film ça colle à peu près) est sorti, dans lequel la bête est n'importe quel humain ou animal mutant sous prétexte d'un parasite qui l'adapte à un milieu cavernicole. Et ça fait genre démon-vampire-monstre horrible. Mais l'animal utilisé ici, en dehors de l'apport des légendes judéo-chrétiennes et vampiriques, est assez inoffensif.

Il s'agit d'un petit lézard primitif blanchâtre et sans yeux, doté de branchies externes, le protée, qui vit dans certaines cavernes en Roumanie et nulle part ailleurs : c'est un écosystème très fermé, et le pauvre s'est adapté. Ces petites choses ne sont pas dangereuses mais fragiles et en petit nombre, pourtant le film (par ailleurs très marrant) invente toute une faune aveugle, blanchâtre et meurtrière, mutée de la même manière.

Il faut aller chercher super-loin, finalement, pour retrouver l'idée originale, mais au bout du compte, si on retire toutes les fioritures, le scénario est simple : les héros vont dans la grotte habitée par des protées (en l'occurrence des mutants dangereux et contagieux) et ils se font tous tuer sauf deux, qui ressortent. L'un est sauf, mais, fin à tiroir prévisible, l'autre se révèle un mutant à la dernière scène.

Ils sont vraiment à courts d'idées. Vraiment. C'est le même scénario à tous les coups. Depuis les dents de la mer, il n'y a rien eu de vraiment transcendant dans le genre, à part un ou deux films de serial killers (mais ce ne sont pas des animaux, ceux-là, ça ne compte pas). Bien sûr, ils arrivent à distraire, voire même à étonner, mais le genre est tellement codifié qu'on s'attend à presque tout. Et c'est tellement contraire au genre.

Ne l'oublions pas, la série B est à l'origine la désignation des films dont les producteurs n'étaient pas certains du succès... Ceux tournés avec moins de moyens dans le studio "B", pas le "A". C'était donc le domaine de jeunes réalisateurs qui avaient carte blanche pour expérimenter (d'où le fait que la SF soit souvent reléguée à la série B) et se "faire la main", se former... Le domaine même de l'originalité, non du conformisme actuel.

Grandeur et décadence !

05/03/2006

L'ami naturel...

C'est par ce palindrome que je souhaitais commencer ce billet d'humeur léger, rompant avec les derniers sujets quelque peu dépressifs qui occupaient cette page ces derniers jours. Vous aurez aussi remarqué que la production s'est faite moins régulière, du moins si vous êtes un lecteur assidu... Mais je n'ai pas de comptes à vous rendre. Et puis une seule personne m'a souhaité spontanément ma fête le 28, alors ça vous fera les pieds.

Les gens les plus perspicaces en auront déduit mon prénom, ils auraient tout aussi bien fait de me le demander: comme disait l'autre, what's in a name ? Mais revenons à mes élucubrations habituelles. Pour ceux qui ne savent pas ce qu'est un palindrome (Si, si, il y en a... Je vous vois, au fond, n'ayez aucune honte !), c'est un mot ou une phrase qui donne la même chose lue à l'envers. Le titre de ce billet est donc un demi-palindrome, ou anacyclique.

Plus précisément, c'est un texte dont la succession de lettres est la même, qu'on la parcoure de la droite vers la gauche ou de la gauche vers la droite. Autres exemples de palindromes : Non, Sexes, Ressasser, Rêver, Kayak, élu par cette crapule, mais aussi des lieux communs tels C'est sec, l'âge légal... On en doit beaucoup à Louise de Vilmorin, mais ils existent dans toutes les langues et de grands auteurs s'y sont essayés avec brio.

Bref, c'est un petit jeu littéraire infaisable, mais vous pourrez apprendre une liste par coeur et en ressortir des exemples choisis dans vos conversations les plus mondaines, comme un méprisable petit sycophante. Au moins ça servira à autre chose qu'à vous griller les neurones en tentant de faire les vôtres : George Perec a déjà composé le plus long (et lourd...) en langue française, en 1969, et s'il est grammaticalement correct, il n'a que peu de sens.

De quoi je voulais vous parler, déjà ?

Bah, ça me reviendra un autre jour.

03/03/2006

Et mon derrière, il a la grippe ?

Dans la série "j'ai appris un nouveau mot inutile", une fois n'est pas coutume, à la télévision... Le mot "rotoluve". C'est comme un pédiluve, sauf que c'est pour les roues. Diablement astucieux, non ? En substance : Les voitures roulent dans de petites rigoles qui mouillent leurs pneus d'une solution sans doute désinfectante, le tout étant mis en place pour maintenir un périmètre de sécurité sanitaire face aux vilains germes.

En l'occurrence il s'agit du H5N1, mais ils nous avaient fait le coup avec le prion et la fièvre aphteuse, déjà. C'est merveilleux ! les automobilistes qui rouleraient par mégarde sur un oiseau grippé avant de manger les pneus de leur véhicule sont à présent à l'abri de la maladie. Ce sont les voitures qui transmettent les virus, c'est bien connu, et d'ailleurs ce désinfectant est complètement pur avec toutes les voitures qui y passent dedans.

Et tous les microbes sont instantanément tués : même les guanos sur le capot, les plumes sur les jantes et le sang de pigeon sur le pare-choc des automobilistes les plus sanguinaires. Non, franchement, c'est génial. La contamination se fait par des oiseaux (qui volent, si, si...) et on met des petits bains pour les roues en guise de contrôle. Si ça les arrête, c'est pas du désinfectant, ce truc, c'est l'eau de la grotte de Lourdes !

Tout le monde ment dans cette affaire. Le gouvernement nous répète que les oiseaux contaminés ne nous menacent pas en dépit des cas français qui apparaissent, les médias soufflent le chaud et le froid en essayant de sympathiser avec les éleveurs tout en étant alarmistes, les politiciens tentent de se placer en vue de 2007, et les ventes de volailles chutent en dépit du fait que tous les quidams interrogés "mangent du poulet comme avant".

Question médications, rotoluves ou pas, ce n'est pas encore au point. Les immunisations de volailles ? Même si ça marche, on n'est pas sorti de l'auberge s'il y a un cas humain qui se déclare, vu que le vaccin humain n'est pas encore prêt et qu'il aurait fallu faire des injections avant de toutes façons. Reste le Tamiflu, réputé "seul remède efficace" (encore que pas tellement...) qui, malheureusement, se fait rare.

Quant à l'autre épidémie, celle imprononçable due aux moustiques tropicaux, elle a déjà fait plus de morts en moins de temps. Quand je pense que Greenpeace a le culot de dire que l'homme est le plus grand destructeur de la planète, alors même que les tremblements de terre, les tsunamis, les ouragans et autres catastrophes ravagent les villes du monde entier, rivalisant à peine avec les épidémies, le SIDA en tête...

Heureusement, nous voilà bien prémunis, grâce à nos fantastiques rotoluves.

01/03/2006

Schizophrénie mondiale

Tu ne cèdera pas au péché, à la tentation de gourmandise... Et tu ne mangeras pas de cet animal parfaitement comestible mais tabou même si tu es affamé !

Tu honoreras ton père et ta mère, tu ne blasphèmeras point... Et tu mutileras le prépuce de ton fils avant qu'il puisse se défendre !

Tu feras de jolies fêtes... Et tu exciseras ta femme pour qu'elle ne jouisse jamais !

Tu respecteras l'ordre social et les prêtres... Et tu éviteras certaines personnes qui sont "nées impures", les intouchables !

Tu te souviendras des exploits passés... Et tu battras tes femmes car ce sont des objets !

Tu ne seras pas oisif... Et tu feras des sacrifices humains pour que le soleil se lève !

Tu seras loyal au combat et tu entretiendras ton corps... Et tu feras brûler des gens dans une structure de bois et de paille une fois l'an !

Tu aimeras ton prochain et tu tendras l'autre joue si on te frappe... Et tu tortureras les hérétiques jusqu'à ce qu'ils avouent avoir conspiré avec le Diable !

Tu vénèreras un seul Dieu et son prophète... Et tu trucideras les infidèles au mépris de ta propre vie !

Tu ne prendras aucune vie humaine ou animale... Et tu apprendras à endurcir ton corps et tuer sans armes de douze façons différentes !

Tu seras poli, sobre et hospitalier... Et tu interneras les homosexuels pour leur laver le cerveau !

Cela fait quelques temps maintenant, et ça devient sérieux, le monde souffre de trop de religion et pas assez de Dieu.

29 août 2006

Billets de Février 2006

Note de l'Auteur : Comme toujours, ces billets sont présentés de manière déchronologique. Attention, pour certains billets, il eut été opportun d'avoir la photo qui les accompagnait... Mais j'ai eu la flemme de toutes les remettre. J'en profite donc pour lancer un message à ceux là, rares, qui voudraient obtenir ces photos : Démerdez-vous pour deviner... Et si vous ne pouvez vraiment pas survivre une seconde de plus sans ça, écrivez-moi en précisant bien de quel billet il s'agit (date, titre, peut-être le sujet...), et je vous répondrai courtoisement en vous envoyant la photo (si je l'ai encore) ou en vous disant de quoi il s'agit, sans même vous traiter de sale petit bout de rectum fétide et distendu de babouin hémorroïdaire.

P.S.: J'adore le billet sur les Schtroumpfs. C'est celui qui ets tout en bas.

27/02/2006

Viva la Ban

Je suis allé aux Lilas. Ce n'est pas la saison, c'est vrai, mais je ne parle pas des fleurs ;

je parle de la banlieue juste au delà de la porte des Lilas. Ce n'est ni tellement mieux ni

tellement pire que certaines banlieues pourries, comme coin, la porte des Lilas, même si

c'est peu riant et assez crasseux, entre une boulangerie fermée et une armurerie, un métro qui pue la pisse et la caravane d'une voyante de supermarché...

J'en profite pour dire à tous ceux qui se sont cru malins et ont relayé la fausse info que la

banlieue n'est pas, étymologiquement, un "lieu de bannissement"... C'est simplement un lieu ou l'on exerce le droit de ban. En latin médiéval bannus, le ban, mot germanique, n'a rien d'un ostracisme : c'est simplement le pouvoir d'ordonner, de commander, en l'occurrence l

'expression du fait que les territoires autour de paris dépendent de cette ville.

"Le ban et l'arrière-ban", expression qui signifie de nos jours toutes les huiles, toutes les têtes connues, c'est le service armé du Roi (qui réunit donc les nobles les plus importants),

parce que le droit de ban était à l'origine sa prérogative. Quant à la bannière, c'est tout simplement l'étendard qui désigne un seigneur : un privilège militaire des seigneurs qui on

t assez de vassaux pour être chevaliers bannerets (toujours la même origine).

Si j'ose dire, c'est plutôt banal ! C'est un autre mot qui a la même origine : le ban, c'est le

droit courant. La "banalité" est la redevance exigée par le seigneur pour l'utilisation de bâtiments qui en dépendent que de lui (le four, le moulin du village...), un sens aujourd'hui oublié, mais bien là. La banlieue n'est donc pas un lieu d'exclusion, mais la "servante", le sujet de la ville et de son seigneur. Voilà qui donne un nouvel éclairage aux émeutes.

Et moi qui croyais que le temps des jacqueries était révolu en notre pays épris de liberté...

26/02/2006

La gloire, enfin !

Je viens de recevoir aujourd'hui même mon premier commentaire défavorable ! J'en suis extrêmement content, je pense que je vais fêter ça. toutes les occasions sont bonnes pour fêter, je trouve. Surtout, la personne (qui se cache derrière l'anonymat et un blog à accès restreint) a choisi un billet d'humeur particulièrement engagé ("Parent couille", allez-y voir si vous voulez) et a peut-être même lu les autres.

Franchement, ça me réjouit ! d'une part parce que j'ai la confirmation que j'ai un impact et que j'adore l'attention. C'est vrai, si quelqu'un arrive à détester ce que j'écris suffisamment pour perdre son temps à laisser un mot même pas argumenté ni raisonné, c'est que ça a influencé sa journée, ou qu'il n'a rien d'autre à foutre dans la vie. Et vu le nombre de cons sur Terre, si j'en choque un, il est clair que je suis sur la bonne voie.

Alors je ne sais pas qui c'est (apparemment c'est une certaine ou un certain "lolotte") mais je lui transmet ce message : Si tu trouves mon Blog nul, tant mieux, et tu n'as même pas à t'excuser par un "dsl" timide mais poli, c'est juste un avis. Et en l'occurrence, je me fous du tien. Voilà, c'est dit, il fallait que cela le fut. Et maintenant, passons à autre chose, parce que c'est tout de même pas super intéressant, tout ça.

24/02/2006

Pump it up

Tiens, quand une bonne idée est lancée, elle se développe fatalement ! Vous vous souvenez de mon concours débile, le jeu de la Haine ? Mais si, c'était autour du Nouvel An dans ce même Blog. Eh bine même chose, en plus grand, au Baron : La première cérémonie des "Gérard" du cinéma, des parpaings de dix kilos récompensant les pires acteurs, réalisateurs et gens du spectacle...

Il y a quinze catégories, un peu différentes des miennes mais pas tellement. Et j'ai apparemment un goût très sûr puisque c'est effectivement Arielle Dombasle et Michael Youn, Christian Clavier et Patrick Braoudé, tout ce beau monde, qui ont été "primés". Evidemment, personne n'est allé critiquer Luc Besson, ou faire une catégorie "pire journaleux", vu que le jury est composé de trente journalistes qui veulent faire populiste.

De là à dire qu'on m'a pompé l'idée, il n'y a qu'un pas... Que je ne franchirai pas. C'est vrai quoi, le prix citron, c'est du déjà-vu... L'idée est dans l'air depuis très longtemps, et je suis même heureux si, par hasard, mon Blog a pu influencer la création d'une telle cérémonie (ce qui n'est pas prouvé). Surtout si c'est pour descendre Michael Youn, d'ailleurs. Enfin, ils auraient pu me demander, j'aurais dit oui.

C'est vrai qu'on ne demande pas avant de pomper, quand on fait un article à la "gonzo", ça gâche le truc. Il y a tellement de brèves qui sont reprises telles quelles, tellement d'histoires de mauvais journalistes qui reprennent des infos non vérifiées... Tout le monde sait que les "journaleux d'aujourd'hui" sont des vautours incompétents et impertinents (au sens premier du terme : non pertinents) bouffis de galimatias.

Mais après tout ils ont raison.  J'ai moi-même pas mal pompé (je vous en prie...) quand c'était permis. Je veux dire, ce Blog est en accès libre et public, j'y écris ce que je pense : quand on crie sur une caisse à savon de Hyde Park, fut-elle virtuelle, doit-on s'offusquer que cela donne des idées à quelqu'un, ou même que les propos soient repris ? Bien sûr que non. C'est fait pour ! Mais j'espère leur avoir mis le nez dedans...

Et la prochaine fois, je garderai mes bonnes idées pour moi.

Return of the Vengeance of the Egg from Outer Space

J'ai oublié hier (c'est à dire il y a quelques minutes, puisque nous sommes à cette charnière obligatoire et mathématique entre les jours que personne ne respecte, minuit, qui n'est ni le milieu de la nuit ni l'heure du crime mais plutôt un énorme cliché...) de vous parler de celui qui m'a fourni (enfin, chez qui j'ai lâchement piqué...) la photo de l'oeuf qui illustre le billet précédent (celui sur Calimero). (Promis, les parenthèses, demain j'arrête...).

Eh bien c'est notre Vulcain préféré, Monsieur Spock himself, Leonard Nimoy. Il en aura vu de drôles dans sa carrière, et son personnage aux oreilles pointues l'aura poursuivi comme une sale blague. Je ne vais pas vous raconter tous les problèmes qu'il a eu, le pauvre, ils ont été suffisamment étalés partout. Par contre, il a changé de voie : il est photographe d'art. Il a même un site web. Je ne donne pas l'adresse, c'est facile à trouver.

C'est donc un homme aux multiples talents. Personnellement, je trouve que son travail sent beaucoup les années 70, mais je m'abstiendrai de porter un jugement autre que purement empirique puisque j'y connais que dalle en photo et que, lui, a publié des bouquins, quand même. Toujours est-il que, pour information, et dans la rubrique "que sont-ils devenus", la photo précédente et celle qui illustre ce billet sont toutes deux de Leonard Nimoy.

Que dire, sinon le classique voeu vulcain, Live long and prosper ?

Comme aurait ajouté Maurice Chevalier, Yop-là Boum.

23/02/2006

C'est trop injuste !

Tout le monde connaît le petit poussin noir avec son éternelle coquille d'oeuf sur la tête, Calimero, et tout le monde sait que c'est sa citation favorite. Et le contraire serait étonnant. Tout petit déjà, quand les frères Nino, Toni Pagot et Ignazio Colnaghi l'inventent en 1963 pour les besoins publicitaires d'une marque de lessive, il devient noir parce qu'il tombe dans la boue... Et le reste, malgré la lessive, car il passe mieux comme ça.

Quelle joie sadique avons-nous, enfants, éprouvé devant l'adaptation en dessin animé des années 70 ! Avec quelle délectation avons-nous vu les mésaventures communes de cet innocent poussinet, objet de tortures morales et mentales communes à l'enfance, mais surpultipliées pour cause de dessin animé ! Quel plaisir masochiste nous poussait à regarder cette lavette se faire baffer injustement encore et encore !

Oui, masochiste, car les enfants s'identifient bel et bien à lui. C'est le seul personnage à présenter le monde de manière injuste, quand bien même il vit dans un cadre familial gentillet en apparence normal et plein d'amour... Et c'est ce qui le rend si "mignon", en tous les cas si pitoyable. Calimero n'est en effet jamais récompensé pour toutes ses bonnes intentions. Toujours incompris, ne reflète-t-il pas les interrogations et les tracas de l'enfance ?

La production des épisodes de Calimero, depuis l'Italie puis le Japon, s'est poursuivie jusqu'en 1995, et sa renommée a survécu à ses créateurs. Un destin vraiment trop injuste si on considère que ce dessin animé est mal fait, peu imaginatif, moche, et parle d'une infecte sous-merde, d'un faible avorton incapable de s'exprimer, dont tout le monde se fout et qui va chialer et emmerder sa pauvre mère plutôt que de se faire respecter.

Ce qui est encore plus injuste, c'est que personne ne se souvient de celui à qui Calimero emprunte son nom : Saint Calimer, ou Calimerius, fêté le 30 juillet (ou le 31, selon les calendriers). Il est né en Grèce, a été élevé à Rome, et a été le disciple du pape Saint Télésphore (cette époque est une mine de noms pour cartoons...). Il est passé évêque de Milan, et a évangélisé à tour de bras : on l'a surnommé "l'apôtre de la vallée du Po". Un peu scato ?

Passons... Arriva ce qui devait arriver, le gouvernement changea pour un moins tolérant envers les sectes monothéistes, et l'empereur Commode (oui, le méchant sanglant dans Gladiator, qui était aussi un brin strict dans la vie) lança des persécutions qui aboutirent à son martyr : on le précipita tête la première dans un puits. Si ça, c'est pas trop injuste, ma bonne dame... Ses reliques sont enterrées sous son église, à Milan, pour les curieux.

J'aurais pu vous parler de Calimerius de Montechiaro (1430-1521), un abbé dominicain qu'on fête le 28 novembre, mais il est beaucoup moins marrant : Sa petite histoire, c'est qu'il a vécu très vieux et qu'il a prêché dans toute l'Italie, et que quand il avait 90 ans et qu'il ne pouvait plus se lever pour faire son sermon au pupitre, des paroissiens l'ont soulevé pour qu'il puisse faire son boulot. Une honte ! Le pauvre vieux, a son âge...

Oui, il y a décidément des choses qui sont trop injustes.

22/02/2006

Je vous Xène, au fond ?

Connaissez-vous la Cyropédie ? C'est un vieux bouquin très sympa qui raconte la vie de Cyrus le Grand, roi des Perses, et c'est Xénophon qui l'a écrit. Il est replet d'un style parsemé de listes et de conseils philosophiques, chers aux Grecs, et contient de nombreux principes encore tout à fait d'actualité (Xénophon était un gosse de riche et un contestataire qui s'est retourné contre son pays... Un genre très populaire en ce moment).

Il n'empêche qu'il écrivait bien, et que l'enfance de Cyrus est relatée avec force anecdotes charmantes, qui se veulent toujours élogieuses. Cyrus était paraît-il doué en tout (admettons... mais bon, ça sent quand même la grosse flatterie, surtout que l'auteur n'y était pas), mais des histoires présentées comme positives de point de vue culturel de Xénophon font un peu... Comment dire... Sale gosse.

Cyrus n'hésite pas à faire de la lèche aux profs pour obtenir le droit d'être arbitre des litiges pour ses petits camarades. Chez son grand-père, on lui donne tout ce qu'il veut, y compris des trucs démentiels (un zoo personnel plein de fauves pour qu'il puisse les chasser avec ses copains, des armes en métaux précieux...) Mais il en veut plus encore, et il flatte son grand-père en faisant jouer la corde sensible jusqu'à ce qu'il l'obtienne !

A part ça, il obéit à son père, écoute ses conseils même s'il finit par faire à son idée, fait tout selon les traditions et essaie d'avoir des idées originales. Dans le bouquin il y arrive, mais ou s'arrêtent les faits, ou commence la légende dorée ? Peu importe, nous parlons ici non pas de l'éventuel Kurush, roi de Perse, mais bien du leader idéalisé par Xénophon, Hérodote et d'autres, libérateur des juifs de Babylone... Et maître chanteur affectif.

C'est présenté de façon tout à fait normale, bien entendu, vu que les grecs étaient de grands élitistes très branchés lois (les inventeurs de la "démocratie" ne donnaient pas le droit de vote aux femmes, aux non-grecs de souche, aux esclaves, aux déclarés fous, aux moins de trente ans, a ceux qui n'ont pas fait leur service militaire, à ceux qui ne payaient pas l'impôt... bref, il y avait, quoi, une trentaine d'électeurs pour Athènes).

Mais il n'empêche que c'était un sale petit lèche-cul fils à papa. Je m'y connais, j'en suis un aussi.

21/02/2006

Ô, Torino ! (Oui, je sais, vieux calembour infect...)

Le sport est le royaume du manque de classe, d'accord : c'est normal, l'exercice et la performance physique en tant que but exclusif dans la vie ne pousse pas forcément à l'élévation mentale, même si certains sportifs sont sans doute très cultivés (bon, vous me ferez signe quand vous en rencontrerez un, parce que moi je n'en ai jamais vu... mais on ne sait jamais). Mais là, heureusement que le ridicule ne tue pas.

Je ne comprendrai jamais pourquoi le mauvais goût hante le monde de la compétition sportive comme l'odeur de pets dans les mouroirs. Les maillots, même avec des couleurs vives, en prenant des coupes pratiques qui laissent les athlètes libres de leurs mouvements, avec les nouveaux matériaux, on pourrait arriver à faire quelque chose de mettable... Mais non, à la place on a ces trucs hideux et bariolés qui flottent n'importe comment !

Je ne parle même pas des écussons des sponsors, tellement nombreux qu'on les voit à peine, et qui forment comme un arlequin sur des athlètes dont on ne voit même plus le drapeau. Le spandex moulant, à la limite, ça pourrait passer... Mais non, il faut qu'il y ait des renflements bizarres pour accrocher ci ou ça, et les fans de Goldorak qui conçoivent ça ont l'air de penser que plus il y a de bandes colorées dans tous les sens, mieux c'est.

La palme revient quand même aux costumes des patineurs artistiques, qui ont systématiquement vingt à trente ans de retard par rapport à la mode, et font toujours penser à des reliquats de la vieille garde-robe de la période flashy d'Elton John. A un moment ça s'était calmé, mais maintenant, la mode des "habits de lumière", du strass et des zigouigouis pastels flottants revient en force, avec les cols ouverts jusqu'aux abdos... pour les deux sexes !

Cette année, aux jeux olympiques (Et je précise que j'ai vu ça par hasard, ma mère regardant les épreuves de patinage... Je méprise les JO, et je ris des histoires de dopages soulignées par le sieur Nikolavitch. Je ne regarde que les compétitions de natation, quelquefois la gymnastique, et seulement les hommes...) j'ai trouvé pire que tout ça : Les médailles. Oui oui, je parle des pendentifs style bronze, argent, or...

D'habitude c'est relativement classique... Pas toujours très joli, mais c'est au moins frappé, gravé, moulé, quelque chose quoi ! Là, rien. C'est un gros rond plaqué dans le métal habituel, bien large pour qu'on le voie de loin et poli que ça brille à la télé, avec un trou au milieu pour passer le ruban. Au début on se demande si c'est une pièce japonaise géante ou un donut. Sérieusement, la médaille d'argent, on dirait un CD !

Alors il y a de vagues lignes dessus et une inscription (sans doute "Torino 2006", ou "merde à celui qui le lira" en Italien, allez savoir...) mais ça reste assez simple. J'aime bien le design, mais quand même, se retrouver avec un DVD peint en doré autour du cou, accroché à un ruban façon boite de chocolat, c'est un peu de l'arnaque. Ils sont vraiment cheap, les italiens, cette année. Ou alors ils ont tout claqué pour les cérémonies.

20/02/2006

Pas de printemps pour Marni

Voilà une grande incomprise d'Hollywood : Marni Nixon. Elle a chanté pour tout le monde, et tout le monde l'a écouté, ravi... tout en croyant que c'était quelqu'un d'autre à chaque fois. Elle a chanté non seulement à Broadway mais aussi de l'opéra et c'est une soprano de grand talent. Le problème c'est le nom : Marni, comme dans le film, Nixon, comme le président. Et puis elle a un faux air de Julie Andrews ou de Felicity Lott.

Elle est vraiment mal tombée côté gloire et célébrité, la pauvre : elle rappelle tellement de gens que tout le monde la confond avec eux, et elle a chanté à la place de tellement de stars qu'on croit que c'est leur vraie voix et pas elle. Par exemple, saviez-vous que le film "My Fair Lady" est tiré de la comédie musicale de Broadway dans laquelle c'était Julie Andrews jouait Eliza Dolittle ? Les producteurs voulaient Audrey Hepburn pour le film.

Seulement la petite Audrey, elle est bonne actrice, elle est jolie, elle fait ses accents correctement, mais elle ne sait pas aligner trois notes, et certainement pas chanter une partition aussi exigeante ! Et ils ne pouvaient pas reprendre Julie Andrews : déjà, c'est pas gentil, et en plus elle tournait Mary Poppins à l'époque. Donc, la voix chantée de Eliza Dolittle dans "My Fair Lady" ce n'est ni Audrey hepburn ni Julie Andrews, c'est Marni Nixon.

S'ils avaient effectivement pris Julie Andrews, ils n'auraient pas eu besoin de doubler quoi que ce soit : elle avait du coffre : regardez Mary Poppins, la Mélodie du Bonheur ("The Sound of Music"), Victor-Victoria... Bon, maintenant elle a la cinquantaine bien tassée, elle a une jolie voix, mais ses aigus sont morts au champ d'honneur et elle pisse sous elle quand elle force trop la voix, à force de ne plus travailler. Normal.

Mais ça n'a aucun rapport avec la choucroute... Je disais donc que c'est aussi Marni Nixon qui double toutes les chansons de l'héroïne dans "The King and I" ("Le Roi et Moi" en français), mais pas seulement : elle a aussi doublé la star de West Side Story... Et dans la chanson "Diamonds are a girl's best friend", c'est encore elle qui a prononcé, à la place de Marilyn Monroe qui faisait des couacs, la phrase "These rocks don't lose their shape" !

Son seul rôle vraiment marquant est justement lié à Julie Andrews : Dans la Mélodie du Bonheur, elle joue l'une des nonnes, la soeur Sophie. C'est un tout petit rôle, mais elle participe à la jolie chanson débile des nonnes, "how do you solve a problem like Maria ?". Jouer une religieuse qui chante comme à Broadway avant le succès de Sister Act et de Nunsense (la comédie musicale ou il n'y a que des nonnes), c'était assez osé.

A part ça, elle a doublé des dessins animés (notamment Mulan de Disney), eu des rôles à la télévision (uniquement à Seattle...), et elle a quand même bien gagné sa vie avec des concerts et des tournées. Je ne suis pas sûr, mais je crois qu'elle habite à New York et donne des cours de chant, des master's class, ce genre de choses. Comme quoi, on peut rester dans le métier et avoir du succès sans être une star...

Elle a fait de son mieux, elle n'a pas hésité à faire tous les genres et à être audacieuse, et sans bâcler, même pour l'alimentaire... Elle a même eu trois enfants qui ont réussi. Elle n'a rien à se reprocher, bien au contraire. Mais on ne m'enlèvera pas de l'idée qu'une telle carrière, lorsqu'on songe a tout ce qu'elle a accompli, tout ce pour quoi elle a travaillé et l'étendue de ses talents, a des relents d'ingratitude.

Ouais. C'est même dégueulasse. Salope d'Audrey Hepburn.

18/02/2006

Rien ne va plus

Je ne sais pas si vous aviez eu vent de ce fait divers survenu il y a déjà un an (environ), un incident de plus dans le florilège français... C'était cette histoire de Casino, prés de la Garonne il me semble. Il prouve encore une fois, s'il était besoin, qu'on ne peut pas matériellement faire la moindre affaire en France sans payer de pots-de-vin ou tricher, au moins un peu, avec les règlements, les arrêtés, les lois, bref, le système.

Selon la loi, un casino ou un établissement de jeux d'argent doit être construit et en état de fonctionner avant de pouvoir demander l'autorisation d'ouvrir à la préfecture (elle délivre une licence, ce qui en soi n'est pas un mal, permettant l'exercice de cette profession). En général, comme ça coûte très très cher de construire un casino et d'embaucher le personnel, on s'arrange pour connaître la décision à l'avance.

C'est vrai quoi, en y réfléchissant bien, les édiles, les préfets, les décideurs, ce sont des notables que tout le monde connaît, par nécessité. Ils ont le pouvoir de dire oui ou non, de bloquer la machine ou d'ouvrir la porte. Quand un quidam vient à eux en toute sincérité, que ce soit pour ouvrir un casino ou quoi que ce soit d'autre, pourquoi le permettre alors que le pays s'est bien débrouillée sans jusque là ? Il faut "aider" un peu.

Connaître les bonnes personnes, ça aide : rien que pour avoir le permis de construire (n'importe ou en France) il faut graisser la patte à droite et à gauche dans les municipalités. C'est sympathique, n'est-ce pas, de savoir que dans un pays ou l'on est sensé aider les entreprises qui ont peu de capital et développer le tourisme, il faut doubler le budget initial d'une construction pour frais de corruption...

Le résultat est que ceux qui veulent ouvrir un casino sans avoir déjà une coquette fortune et sans connaître les ficelles ne peuvent pas le faire. Quant au prêt bancaire nécessaire : pour l'obtenir, il faut des garanties... Pratiquement, il faut déjà avoir l'autorisation de la préfecture et l'assurance de faire des bénéfices, le permis de construire, et des sous à côté. Toutes ces choses qu'on n'a qu'APRÈS avoir obtenu le prêt.

Mais revenons à l'histoire elle-même. Cette fois, c'était un casino construit pour 6 millions d'euros, prêt et neuf, mais qui n'a pas ouvert car la préfecture n'a pas donné son autorisation, et ce de façon inopinée. Officiellement, c'est parce qu'il y a déjà deux établissements de ce genre dans le département et qu'on ne veut pas "saturer le marché". Je trouve la concurrence très motivante, mais bon, ce n'est que mon avis...

La véritable raison de ce coup de pute (appelons les choses comme elles sont) est plus probablement un pot-de-vin trop petit de la part du directeur du casino, ou d'autres pots-de-vin bine placés de la part des autres tenanciers déjà établis dans la région. Peut-être aussi qu'un des investisseurs s'est retiré et que, surtout si le un officiel quelconque était intéressé à l'affaire, tout s'écroule.

Peu importe, toujours est-il qu'à cause de ces magouilles nécessaires au fonctionnement du système français, des croupiers, des hôtesses, des serveurs, des comptables et d'autres, parfois débauchés spécialement ou venus de tous les coins de France (les jobs en casino sont rares, sauf si on compte les supermarchés du même nom) vont pointer au chômage alors qu'un employeur est là et veut les faire travailler, les payer !

Je ne parle même plus du coût matériel de l'opération. On ne va pas pleurer non plus sur les patrons de casinos, il y a fort à parier que celui-là est retombé sur ses pieds : quel andouille fait un investissement de cette magnitude sans avoir un plan de secours ou déjà un peu de bouteille ? On l'a dit, il est impossible de se lancer là-dedans sans piston... Je parle de la main d'oeuvre qu'on laisse tomber lamentablement.

Tout ça n'a rien à voir, au fond, avec la droite ou la gauche au pouvoir, et chacun s'émeut du sort de ces laissés pour compte : c'est le modèle administratif français tout entier qui est en cause. Rien à voir non plus avec les émeutes qui ont secoué nos banlieues, mais c'est symptomatique : Quelle joie ineffable d'habiter dans un pays ou l'on empêche les gens de travailler quand bien même le taux de chômage reste haut.

Et les gens me demandent pourquoi je veux émigrer...

Odeur de sainteté

Cela va vous paraître éminemment trivial, mais au fond je m'en bat l'oeil... Je vais aujourd'hui vous parler des désodorisants d'intérieur. C'est un sujet qui, vu le nombre de marques et de publicités, préoccupe de plus en plus les français. Il est vrai que certaines personnes (ne riez pas, j'en ai croisé...) considèrent que désodoriser une maison ou passer une chemise au "fébrèze" remplace le lavage.

Vous noterez que tous les désodorisants d'intérieur sont d'un goût extrêmement douteux ou connoté. Mettez de l'encens, on vous prendra pour un bobo ou un hippie, un goth, un adolescent attardé ou un fumeur de joints (le cumul n'est pas interdit). Utilisez une lampe Berger et on vous prendra pour un bourgeois qui aime le design, entre "femme actuelle" et "l'homme moderne". Il n'y a aucune échappatoire.

Si vous utilisez des bougies parfumées, on vous prendra pour un new age ou un fan d'Ikea... Et puis si certaines sont sympathiques, d'autres sont super artificielles. La citronnelle contre les moustiques, en hiver c'est une faute de goût. Quoi que vous puissiez employer pour chasser le renfermé, c'est du dernier suspect : votre foyer est-il si sale que vous ayez besoin de camoufler ses relents odieux par de maigres artifices ?

Puisqu'on en parle : évitez les petits sapins qui puent pour les voitures, c'est bon pour ceux qui habitent dans une station-service... Evitez les diverses formes d'objets visibles que l'on pose ici ou là, en guise de bibelots ou d'ornements de table à café, et qui perdent leurs esters délétères en tentant de contrecarrer l'odeur tenace de chou et de morue dans la plupart des loges de concierges parisiennes.

Si vous avez besoin de vos prises de courant (et on suppose que c'est le cas, puisque vous avez un ordinateur avec Internet et probablement quelques lampes chez-vous, une télévision, des appareils ménagers, un fer à repasser et tutti quanti...) inutile de compter sur un désodorisant à brancher. En plus c'est tout aussi moche (mais plus discret), on dirait de l'insecticide, il y a une veilleuse intempestive et on oublie de les changer.

A moins que vous n'aimez les parfums de synthèse, bien sûr : Vous avez des goûts de chiottes, donc vous mettez des parfums pour les chiottes partout dans la maison. Comme les désodorisants "visibles" font tarte, vous pensez vous en sortir avec un spray... C'est possible, mais le parfum est le même. Il est entêtant lorsque vous venez juste de vaporiser façon Nana Mouskouri dans la pub, et il ne dure pas longtemps.

Moyen terme tout nouveau tout beau vu à la télé : le porte-spray mural programmable qui vaporise à intervalles réguliers. C'est très fort : ça cumule tous les inconvénients. Vous avez un parfum tarte entêtant constamment, et en plus c'est moche. Accroché au mur avec un clou, ça vous mutile votre mur. Sur une table c'est hideux, et en plus il faut changer les piles ou le brancher quelque part.

Encore plus fort, il ne se laisse pas oublier : à intervalles réguliers, il lâche un vent. Certes, c'est pour désodoriser, mais avouez que ça fait con : vous avez un invité, il entend "pffuit" près de son oreille, à hauteur de tête, ça a de quoi le charmer. Pendant "La liste de Schindler", le bidule innommable posé sur la télé fait "prout", c'est fin. Et pendant le dîner, le vague truc en plastoc pète et asperge les plats, quelle élégance !

On n'arrête pas le progrès. Qui utilise ce genre de choses ? Ceux qui n'ouvrent pas les fenêtres parce qu'ils habitent près d'une tannerie/porcherie/décharge (biffez les mentions inutiles) ? Ceux qui possèdent des chats non castrés dont ils ne changent pas la litière et un vieux chien crade qu'ils ne lavent jamais ? Il faut au moins ça, ou une bonne dose de masochisme, pour se soumettre volontairement à ces odeurs infectes.

Vous avez déjà senti ? Le type qui a conçu le parfum "forestier" n'a visiblement jamais été dans la moindre forêt, c'est plutôt un ingénieur chimiste boutonneux et asthmatique, allergique aux pollens, qui en sort jamais et qui s'est explosé les fosses nasales il y a longtemps à force de respirer les vapeurs de produits aux noms barbares en "ène"... Quand à la "rose", ou à "marine", mieux vaut ne pas y penser.

Non, on ne m'ôtera pas l'idée que la meilleure solution est de ne pas fumer (de toutes façons c'est mauvais pour la santé et ça coûte un pognon fou), d'éviter le tissu la moquette sur les murs (c'est hideux et ringard), de ne pas avoir trente-six animaux domestiques (c'est fatigant, bête et crade), de ne pas cuisiner de chou, de sardines, ni de morue (c'est dégueulasse, ça fait péter et c'est gras)... Et de LAVER SA MAISON !

16/02/2006

Jamon Jamon

Ceux qui me connaissent savent à quel point j'aime la bonne bouffe. Je me flatte en sus d'être un connaisseur en matière de jambons, fumés ou non, et de savoir les apprécier comme certains les grands vins. Eh bien là, je suis gâté. Il y a déjà quelques temps que je voulais vous en parler, aujourd'hui c'est l'occasion : Je me régale d'un jambon Jabugo tout droit importé d'Espagne.

Pour ceux qui ne seraient pas au courant, il s'agit de la Rolls des jambons, du caviar de al viande de porc... C'est sans doute le meilleur jambon au monde. Son goût si particulier, si puissant, si fort, rappelle la graisse d'oie et la noisette, et est dû à sa couenne et son gras un peu jaune. Qu'il soit coupé en tranches fines ou en morceaux épais, cru ou grillé, ce jambon fumé est divin.

La recette exacte, je ne la connais pas. je sais seulement qu'il s'agit d'une race de porcs spécifique, qu'ils sont exclusivement nourris des noix et noisettes qui poussent dans cette province d'Espagne qui les élève, et que les jambons, une fois fumés, sont affinés, vieillis, suspendus à des crocs de bouchers pendant des années. Chez-moi, par exemple, il y a un millésime 2003.

Et c'est délicieux.

15/02/2006

Les glands épris se rencontrent

Je voulais vous écrire un petit post moins dur que de coutume pour la saint Valentin (autant dire un billet doux...) mais j'étais pris. Pour ceux que ça intéresse, il est rare que ma vie sentimentale m'octroie la possibilité de passer cette fête des amoureux avec quelqu'un qui est effectivement amoureux de moi, et dont je suis moi aussi so in love, et encore plus rare que je n'ai rien d'autre à faire que m'adonner aux marivaudages...

Là, j'étais occupé. Occupé à quoi ? Ma foi, que ce soit ou non de la gaudriole, ça ne vous regarde pas. Toujours est-il que j'ai eu vent de nombre de choses très spéciales organisées pour la saint Valentin. Un couple que je connais va se saouler en boite de nuit, ce qui est sûrement très agréable pour eux sur le moment mais qui risque de dégénérer en gueule de bois assortie de triolisme... Mauvais pour les relations. Encore que...

Un autre couple ne fête pas vraiment la saint Valentin si ce n'est que l'un offre à l'autre un bouquet de violettes, loin des traditionnelles et pompeusement passionnelles roses rouges à la douzaine. Fleurs autrefois difficiles à trouver hors des bois, elles symbolisent un amour toujours renouvelé, frais comme au premier jour. En plus c'est délicat, même si ça ne dure pas longtemps. Mais combien de temps dure l'amour ? Pour eux ça fait plus de vingt ans.

Les inévitables couples tape-à-l'oeil vont se couvrir de roses, de bijoux, de manteaux, de bons petits plats... Quelques millions de ménages vont envoyer les enfants au lit plus tôt, et quelques millions d'autres vont oublier... D'autres passionnés feront du sexe ou s'enverront des assiettes à la tête. Et au moins un milliard et demi d'asiatiques s'en foutront éperdument, évidemment, vu que ce n'est pas du tout dans leur culture.

J'en connais qui ne vont rien fêter, sécher leur coeur en disant que "de toutes façons c'est commercial", artificiel, que ça fait chier pour rien et que c'est kitsch. Rien de nouveau sous le soleil des bobos ! Qu'est-ce qui n'est pas commercial ? A partir du moment ou vous envoyez une carte ou des fleurs, vous êtes bien obligé de les payer, non ? Et ça n'a pas besoin d'être kitsch, mais c'est un beau geste de se casser le cul pour son amoureux...

Un de mes amis a même été invité à une soirée "anti-saint-Valentin", organisée le soir même. Le paradoxe fait sourire : des couples qui n'aiment pas l'image "rose" de cette fête vont à ces soirées, qui ne sont autre qu'un moyen de fêter comme ils l'entendent la même occasion pour la même raison : leur amour... Et ils ne sont probablement pas au courant de cette ironie. Encore plus fort : des célibataires s'y rencontrent !

Il est vrai qu'à partir du moment ou on fixe un jour, c'est "comme si les autres étaient moins importants". On peut arguer que si ce n'est pas comme la saint Valentin tous les jours, ce n'est pas de l'amour... De la merde, oui ! La saint Valentin est une occasion de marquer le coup, on n'en a jamais assez, et tous les prétextes devraient être bons. Et qu'on ne me fasse pas croire qu'un couple doit vivre sans cesse sous le mièvre diktat d'Eros.

Par ailleurs, cette fête est tout aussi respectable que Noël ou Pâques. Elle est assez ancienne (le haut Moyen-Âge, ça vous suffit ?), et aussi sanglante que les autres. Ce n'est pas simplement le jour avant coureur du printemps, déjà symbolique de la sève qui monte, celui ou d'habitude les oiseaux (cui-cui...) commencent à faire leurs nids aux alentours de Rome... Saint Valentin est en effet un chrétien martyrisé en 270.

C'est le saint que prient les amoureux, certes, mais pas toujours pour des raisons avouables. Voyez-vous, c'est un de ces saints "guérisseurs" du moyen-âge. Autant Saint Sébastien s'occupait des pestes avec Saint Ignace, autant Saint Valentin s'occupait des maladies honteuses de l'époque. D'abord les maladies des reins, comme les calculs, mais aussi les divers ennuis à la prostate, les hernies, et jusqu'aux hémorroïdes !

Si on veut parler anthropologie, ces derniers, sortes de pertes suppurantes du "bas" de l'homme qui vieillit ou s'est fait enculer (donc qui a perdu de sa virilité d'une manière ou d'une autre), sont vus au Moyen-Âge comme des menstrues masculines. L'anatomie en ce temps là n'est pas très connue du grand public, à tel point qu'on considère le vagin uniquement comme un pénis inversé. Bref, l'hémorroïde tient du siège... de l'amour.

On en appelait à saint Valentin, dans beaucoup de paroisses, pour bénir les jeunes amants... Romantique ? C'est possible, quand il ne s'agit pas d'un mariage forcé parce que quelqu'un a montré ses fesses a quelqu'un d'autre et qu'il en est résulté un petit accident : On en appelait aussi à lui pour faire passer les grossesses non désirées ou hors mariage, et pour guérir les maladies vénériennes (Vérole, chaude-pisse et compagnie, c'est assez immonde...)

Lors des grandes épidémies de peste, comme les pauvres gens ne savaient littéralement plus à quel saint se vouer, il fit partie de beaucoup de processions, avec d'autres, en sa qualité de guérisseur. Par ailleurs, si l'image du putti très Renaissance, bébé angelot aux ailes blanches et à l'arc doré, a fait surface au XIXe siècle, le "vrai" saint Valentin est un monsieur barbu à l'ample robe... De quoi effrayer les lycéennes.

Par ailleurs, Eros, le "vrai" dieu grec, là encore, n'est pas le bébé que l'on croit : comme sa fonction l'impose, c'est quelqu'un de nécessairement pubère, un éphèbe fin et musclé, digne fils d'Aphrodite, dont l'arc, une fois bandé, envoie toujours le coup au but (oui, la contrepèterie est voulue... qu'est-ce que vous croyez ?). C'est lui qui a enlevé Psyché, la raison, dans la fable mythologique, comme l'amour enlève la raison à ses victimes.

Je vous raconte tout ça non pas pour faire mon intéressant (enfin, un peu quand même...) mais surtout pour que vous puissiez, si vous le souhaitez, vous détacher de l'image standardisée, "marchandisée", critiquée et rose bonbon de cette fête. Voyez-y ce qui vous fait plaisir. Je suis résolument pour les fêtes, et pour les traditions, a condition de ne pas en oublier le vrai sens, de ne pas fêter mécaniquement : il faut que ça apporte quelque chose.

Ici, c'est un message (même si je n'aime pas le terme "message", surtout aujourd'hui, le jour des lettres d'amour, parce que ça fait un peu employé des postes...) qui ne varie pas selon les époques : que ce soit par les flèches d'Eros ou par le martyr de Saint Valentin (tué "pour l'amour du Christ"), malade ou en bonne santé, fou, forcé ou passionné, l'amour est une souffrance... Douce ou non. Sa couleur est d'ailleurs le rouge, celle du sang.

Le vrai sens de cette fête, ou l'on offre symboliquement son propre coeur à l'être cher, c'est le sang versé qui la "rend sacrée"... Et n'est-ce pas ce que tout le monde dit ? Dans un couple, il faut faire des sacrifices.

13/02/2006

Cherchez la femme

Maintenant que j'ai le cerveau branché sur l'analyse des symboles et archétypes dans les films, je ne peux plus m'en empêcher. Enfin, si, je peux, mais parfois je le fais sans le vouloir. J'ai donc voulu trouver un sens plus général aux protagonistes de la série Desperate Housewives (une série particulièrement réussie, que je conseille à tout le monde), et je n'ai pas été déçu. C'est très bien écrit.

On y retrouve tous les stéréotypes et les facettes "traditionnelles" de la femme. Bien sûr il y a les clichés modernes et évidents : la ménagère parfaite, la mère épuisée, la divorcée, la femme qui trompe son mari, la voisine indiscrète, les enfants à peine humains, la belle-mère... Sans compter les hommes : Le cocu violent, le père absent, le voisin secret, le jeune amant, le bellâtre, et j'en passe. Des clichés, mais jamais maladroits.

Mais ce sont les quatre héroïnes et la narratrice qui ont droit aux archétypes universels et hors du temps, presque shakespeariens, qui se superposent avec style et élégance sur leurs rôles de femme contemporaine. Susan, la divorcée jouée par Teri Hatcher est la Vierge : émotive et sans aucun homme dans sa vie, elle est comme une pucelle maladroite au coeur fragile. Sa fille est plus une copine avec elle.

Karl, son ex-mari, est l'homme menteur et patte-pelu générique dont la Vierge a peur, et qu'elle n'a jamais connu (et notre héroïne s'aperçoit qu'elle n'a en effet jamais vraiment connu son mari qu'une fois qu'il lui ait montré son vrai visage en la plaquant). Quant à Lynette, l'ancienne carriériste devenue femme au foyer, elle est la Mère... Elle s'épuise pour le bien être de ses enfants, toujours aimante mais très pragmatique, pour des raisons évidentes.

La mère, c'est celle qui fait et ferait tout pour ses enfants, celle qui nourrit tout le monde. Alors que Susan, la Vierge, n'est pas capable de cuisiner, la Lynette, la mère, sait à la fois repasser, coudre, organiser, cuisiner, et donner de l'affection à tout le monde... Sans recourir au moindre artifice, dans la simplicité, et pas froidement comme Bree, qui continue ce cercle des trois-plus-une "Soeurs Fatales" modernes.

Bree, la femme au foyer idéale, la "Stepford Wife" n'est autre que la Mégère, la troisième sorcière classique : C'est la vieille, c'est la femme puissante, parfaite, inatteignable et castratrice, inexorable, qui "vole" la puissance de l'homme (son pauvre mari qui veut divorcer) selon l'imagerie médiévale et biblique. Elle mène son monde à la baguette et peut être une terrifiante virago vindicative... Comme la main froide de la justice.

Et Gabrielle, l'hispanique pulpeuse qui trompe son riche mari (lequel lui offre bien entendu des tas de bijoux et est beaucoup moins beau qu'elle, et fait plus âgé), c'est bien entendu la Pute. C'est elle qui dupe les hommes, la femme aux moeurs libres que les hommes réprouvent, mais qu'ils ont créé eux-mêmes, et qu'ils sont bien contents de trouver quitte à cocufier eux aussi... En plein dans la symbolique sexuelle.

Et puis il y a la narratrice, Mary-Alice, morte dans le pilote mais qui survit en voice-over dans chaque épisode faisant office de point de vue omniscient, original dans une série de moeurs (on est plus habitué à ce que la caméra montre les points de vue de chacun sans "narration"), et bien pratique. Allez, celle-là, je vous la laisse. C'est la plus facile de toute. La Femme qui voit tout, sait tout, ne juge pas, et se rit de tout et surtout de la Mort...

C'est elle que les quatre sorcières, les quatre femmes, les quatre éléments qui donnent la vie (si vous tenez absolument à reprendre un symbolisme aussi désuet et archaïque) évoquent constamment lorsqu'elles se retrouvent. C'est ce qui les lie ensemble et modifie leur vie, leur donne une raison d'agir, de faire avancer l'histoire, et, d'une certaine manière, un pouvoir sur le monde.

C'est la comédie qui corrige les moeurs en riant, l'ironie du sort, la première femme que l'on voit dans la série et celle dont la voix commence et achève chaque épisode. Elle est partout, et l'histoire tourne toujours autour d'elle, quelles que soient les sous-intrigues de chaque personnage. Vous ne voyez pas ? C'est pourtant quelque chose que tout le monde connaît. C'est très très ancien, bien avant la Bible. Rien, vraiment ?

Allons, le générique de la série, avec toutes ces pommes, ces Eves, ces arbres et ces représentations universelles, ça aurait dû vous mettre sur la voie. Songez a la raison première de tout ceci, avant même cette histoire un peu mesquine de Bien et de Mal. Bon, un dernier indice, mais c'est vraiment un TRES GROS, celui-là, et c'est le dernier : D'habitude, tout le monde croit que c'est un homme, et son nom commence par un D...

C'est aussi pour ça que la série marche. Ce genre de choses, ça parle à tout le monde.

12/02/2006

C'est dans les vieux pots qu'on fait la vieille soupe

Il y a déjà quelques temps j'ai commis un grand péché inavouable... que je vais vous avouer tout de suite. C'est vrai, entre nous, on se dit tout, non ? Bon. Un jour que j'étais déprimé et que je me sentais seul (ce qui est plus souvent un signe de manque d'occupation que de manque de mec, mais passons...) j'ai composé un petit profil sur un site de rencontres gay, dont je tairai le nom par pudeur. De toutes façons si vous cherchez vous trouverez.

Oh, je n'ai aucune excuse... Tout le monde le fait sans en attendre quoi que ce soit, histoire de dire. Même les hommes déjà bien pourvus (je parle des mecs maqués, pas forcément de ceux qui en ont une grosse...) ont le leur. Ils y ajoutent simplement la mention "en couple", et, de temps en temps, "plan a 3". Les petits jeunes pas si innocents grouillent, et les vieux cochons pullulent, mais il y a aussi des gens normaux. Enfin, raisonnablement.

J'y ai, je l'avoue, rencontré des gens charmants. Parfois même cela m'a permis de me payer (au sens figuré, même si de nombreux garçons vénaux se faisant appeler "masseurs" ou carrément "escorts" proposent leur négociable compagnie...) de bonnes parties de jambes en l'air. J'ai trouvé beaucoup de chaussures et j'en ai enfilé la plupart, mais une qui m'aille et que je trouve à la fois confortable et jolie ? Pas sur Internet.

Quoi qu'il en soit, j'ai appris une chose improbable : je plais encore à certains. C'est bon à savoir. L'ennui c'est que les certains en question ne sont pas connus pour leur discernement et que je préfèrerai les tenir à distance, si possible une arme à la main. je veux parler des vieux cochons plus ou moins gras, calvitieux papy gâteaux entre 45 et 60 ans qui se jettent sur tout ce qui a plus de 18 balais avec la même avidité baveuse et impotente.

A ces hommes là, j'ai une petite liste de conseils à donner, fruits de mon expérience:

Lorsque vous envoyez des photos, évitez à tout prix:

1) les photos de votre jeunesse, prises il y a dix ans (et dix kilos). Ce n'est plus vous, un point c'est tout.

2) les photos prises seul, sans sourire, dans une salle de bain d'hôtel : c'est glauquissime et désespéré.

3) les photos obscures et floues (prises dans le noir avec un air soi-disant sexy mais surtout alcoolo...)

4) les photos de vos abdos si vous n'en avez pas : rentrer son ventre, ça se voit. Autres muscles : pareil.

5) d'envoyer des photos de tout sauf votre tête... C'est le type même de celui qui a honte ou qui est moche.

6) les photos de vous "en tenue" (lingerie, string, soubrette, bas, latex, accessoires, etc.)... BEURK !

7) n'importe quelle photo de vous si vous êtes moche, édenté, ravagé, et que vous faites vos 70 ans.

8) d'envoyer des photos de vos aventures sexuelles, ou de votre bite ayant éjaculé, vue de dessus...

9) mais alors là VRAIMENT à tout prix, d'envoyer une photo de votre bite en guise de présentation !

Si par malheur vous avez quand même envoyé une photo de votre bite sans qu'on vous le demande (et, soyons réalistes, on ne vous le demandera pas souvent):

1) Ayez la ligne : les kilos en trop, ça se voit même si la photo est très bien cadrée et l'éclairage avantageux.

2) Ayez une jolie bite ! Cela ne veut pas dire "grosse", mais elle ne doit pas être ridicule... ni minuscule.

3) LAVEZ-VOUS avant la photo ! Votre smegma, votre sueur ou votre crasse ne sont PAS sexy, juste dégueu.

4) Inutile d'exhiber vos maladies honteuses, une circoncision bâclée, une mycose ou une péniplastie ratée !

5) Si vous avez des tatouages et des piercings, même si vous les croyez drôles ou sexy, prévenez avant.

6) Ne vous rasez pas juste la base de la verge comme les acteurs pornos, elle n'aura pas l'air plus grosse.

7) Sérieusement, c'est un mythe. Tout le monde saura que vous avez honte. Rien de plus ridicule qu'un mec à petite bite qui se la joue comme ça, c'est pathétique. Je vous jure. Parfois ça fait crazy horse ou caniche nain.

8) Par contre, élaguez un peu le buisson, ne soyez pas négligé. Surtout si ça cache votre "cacahouette"...

9) Bandez, que diable ! A quoi ça sert d'envoyer une photo de la décapotable si on ne peut pas la conduire ?

Lorsque vous êtes assez civilisé pour vous présenter autrement que par vos organes génitaux, sachez toutefois:

1) Que se dire un "monsieur", "bien" ou "discret", ne se fait plus depuis les années 1930. Et ça fait Landru.

2) Que "jeune dans sa tête" signifie que vous êtes vieux dans votre corps ET dans votre tête : c'est démodé.

3) Que les jeunes pas cons recherchent rarement le père ou un "homme expérimenté" pour apprendre la vie.

4) Que les termes "h mur", "ch Alix", "amitiés particulières" ou pire, "éromène" vous relèguent aux années 50.

5) Que vos trips sexuels QUELS QU'ILS SOIENT n'intéressent personne, sauf si on vous le demande.

6) Que vos mensurations génitales ne constituent pas un "bonjour" correct (voir le problème des photos...)

7) Que si vous décrochez un rendez-vous, l'autre verra bien que vous avez 46 ans et pas 34 : ne mentez pas.

8) Que se dire grand, musclé, bien monté, etc. ne sert à rien, dans la même veine. Les jeunes le font moins.

9) Qu'une série de chiffres et de lettres (taille, poids, mensurations, âge, type...) n'est pas une présentation.

Autres règles générales:

1) Les jeunes gens ne sont pas attirés par les mecs mariés mais honteux, même s'ils se disent "bon suceurs".

2) Ne vous ridiculisez pas en vous proposant comme vide-couilles soumis : il y en a de plus jeunes que vous.

3) Ne proposez pas de l'argent à qui n'en demande pas... Tout le monde n'est pas votre Escort Boy !

4) Ne présumez pas de votre charme irrésistible, il s'est fané, comme vos répliques de drague à deux balles.

5) Le style vieux-beau, c'est mieux que vieux-moche, mais à moins que vous ne soyez mannequin, c'est bof.

6) Si vous voulez séduire les jeunes, gardez au moins un corps d'athlète. C'est très dur, mais c'est comme ça.

7) Autrement, ayez culture, humour et patience : Vous ne coucherez pas tout de suite de toutes façons.

8) Les adultes ne draguent pas les mineurs, même quand ceux-ci, sans doute complexés, veulent coucher !

9) LA règle d'OR : Ne vous vexez pas, ne soyez pas désobligeant, mais NON, c'est NON.

Il n'y a rien d'autre à dire, si ce n'est répéter qu'à la lumière de mes expériences, et du fait que je me sois fait draguer maintes fois sur le net et ailleurs par des moches, des gros, des vieux, des hommes mariés,  et même des gens visiblement ravagés par quelque drogue ou maladie, j'ai un immense respect toujours renouvelé pour les travailleurs du sexe. C'est un métier difficile pour lequel il faut une grande conscience professionnelle.

Nous avons déjà discuté de la sexualité du troisième âge dans un autre billet. Il faut aussi rappeler une ou deux choses qu'on ne redit jamais assez... Même si ce n'est pas facile quand on bande mou et que ce n'est pas de sa génération, il faut mettre des capotes. Ne mélangez pas viagra ET poppers, c'est dangereux. Et aussi, surtout, on ne suit pas le démon de midi à huit heures du soir : la crise de la quarantaine c'est déjà ridicule à 40, mais à 65 ans...

11/02/2006

Sur l'autel de Saint Pratchett, patron des métaphores

Je passais sur un Blog, un beau jour, ou peut-être une nuit... C'est un Blog que j'apprécie beaucoup, fait par une personne que j'apprécie tout autant si ce n'est plus, soit dit en passant. J'y ai vu une expression qui me hérisse le poil: Mutatis Mutandis. Un latinisme distingué et peu connu qui signifie littéralement "en changeant ce qui est changé" et qui se traduit par "en changeant ce qui doit être changé". Vérifiez vos pages roses du Larousse...

Il est très très rare qu'on emploie cette expression correctement. La, ça va à peu près... Mais je l'ai tellement entendue prononcée par des cons que maintenant, elle est pour toujours associée à une réaction allergique chez-moi. En effet, il y a une minorité de peignes-culs, divisés en cliques de pseudo-philosophes (souvent des étudiants et des professeurs de philosophie) qui s'autocongratulent et se masturbent avec cette expression particulière.

C'est un passe-partout : Vous avez trouvé une comparaison drolatique à la Wilde, vous dites "telle chose est comme telle autre, mutatis mutandis, bien sûr..." et tous de saluer le trait d'esprit parce que vous avez utilisé le latin sans faire de pause dans la conversation. Vous avez trouvé une comparaison boiteuse ? Pas grave, ça marche aussi, de la même manière : comme c'est "en changeant ce qui doit l'être", ça passe !

A l'extrême de la mode de cette logorrhée, on obtient des perles de contresens. Des comparaisons et parfois même des métaphores (stylistiquement audacieux dans une conversation, ils ont dû les préparer avant...) d'une si abyssale absurdité qu'on se demande ce qu'elles foutent là. Que ces gens s'écoutent parler, c'est une chose, mais qu'ils comprennent au moins ce qu'ils racontent, ça devrait être le minimum...

C'est la porte ouverte à toutes les simplifications... Adolf Hitler c'est Franklin Roosevelt, mutatis mutandis... Cary Grant, c'est Saint Sébastien, mutatis mutandis... Tant qu'on y est, un éléphant c'est un croûton de pain, ma concierge c'est le Pape et moi je suis Greta Garbo, en changeant ce qui doit l'être. C'est incompréhensible parce qu'il n'y a rien à comprendre, mais personne ne pose la question de peur de passer pour un con.

Un tel lieu commun colonise donc allègrement les conversations intellectuelles qui se veulent brillantes, camouflant le manque de talent et d'esprit des métaphores débiles et des comparaisons ineptes par un petit rajout, une espèce de queue... C'est un membre vestigial difforme qui rallonge les phrases qui n'en ont pas besoin, et c'est une béquille qui pousse celles qui ne mériteraient pas d'être dites.

La répétition devient lancinante et insupportable dés que vous fréquentez un peu ces cuistres (et j'évite au maximum, mais il y a des jours ou on ne choisit pas). Guitry, Wilde et Pratchett, eux, ont le talent de se rendre compréhensibles et de métaphoriser à bon escient, et ce n'est pas si facile: Ils devraient peut-être réviser un peu. Pour qualifier les usagers de cette expression, voilà un autre latinisme distingué : Asinus asinum fricat.

Les mates mains des maures

Parlons un peu de ces histoires de caricatures qui font des morts... C'est marrant, il y a quatre mois, la presse danoise n'avait même pas droit de cité en Iran. Ni d'ailleurs les autres journaux, interdits par la censure gouvernementale. Je m'étonne qu'aujourd'hui tout le monde la lise et réagisse si violemment à ses propos... D'autant que les caricatures de Mahomet sont plutôt ratées, pas drôles et bénignes.

C'est comme ce député égyptien de progrès et de la modernité qui se rend en France en toute innocence pour voir un copain ministre et qui (c'est super réaliste pour un député cairote...) achète Charlie Hebdo. Et là il est tout surpris, complètement choqué, le journal lui en tombe des mains ! Je ne rigole pas, c'est cette énormité là qu'ils ont dit au journal de vingt heures. Je savais que Charlie Hebdo était mauvais, mais à ce point là...

Et le député de se désoler, de dire qu'il est choqué quand bien même il n'est pas intégriste, en tant que musulman, que ça ne fera rien si ce n'est mettre de l'huile sur le feu... Ben voyons. Des caricatures, il y en a eu de pires et il y en aura de meilleures, chez tout le monde. Tout ça n'est qu'un prétexte. C'est le patron du journal danois qui doit être content de son opération commerciale. Des morts gratuits à cause de trois dessins cheap...

C'est pour ça que je ne les met pas sur ce site, ces crobars, ils ne valent pas le coup. D'autant que je risque d'avoir des problèmes de hacking ou de menaces si je les met en ligne. C'est arrivé, si, si. Je n'ai ni envie de lancer une polémique ni d'avoir les commentaires de musulmans outrés sur mon minuscule petit site. Oui, c'est un geste lâche, mais c'est un Blog, pas un grand quotidien bourré d'avocats et d'informaticiens.

J'en profite pour dire que c'est par le terrorisme et les idées courtes de certains plus que par une éventuelle censure ou ue agence secrète de chez-nous que, depuis des milliers de kilomètres de distance, notre liberté de parole même est menacée : Je ne suis pas le seul à ne pas vouloir publier, ni à avoir peur, et on devrait pouvoir dire plus de choses sans crainte. Si chaque caricature virulente devait provoquer ça...

Je ne m'étendrai pas sur mes opinions en matière de guerre et de diplomatie, ni sur mes pensées concernant Israël et la Palestine, parce que ça ne m'apporterait que des ennemis et que ce n'est pas le sujet: ce ne sont que des opinions, après tout. Je dirais seulement que dans les journaux du proche orient, les caricatures de l'occident font penser à celles des juifs sous Hitler : elles sont beaucoup moins gentilles que les timides gribouillis danois.

Histoire de montrer ce que ce genre d'intégrisme peut faire, j'ai mis une jolie photo qui montre bien le riant climat de là-bas, les messages de paix et d'amour de ces gentils manifestants pacifiques qui ne lapident personne, pas offensants ni insultants pour un sou, et qui ne se laissent pas du tout entraîner par la minorité (statistiquement improbable) de fanatiques religieux ascétiques et saints, qui ne font de mal à personne. Et ça c'est Youpi.

09/02/2006

Flash Spécial !

Aujourd'hui, il y a encore un truc qui me gonfle jusqu'à la moelle. Depuis une petite semaine, il y a un gars qui a un Blog MSN et qui me laisse des commentaires. En soi, ça me fait plutôt plaisir... Mais là... Il laisse toujours le même, à tel point que je me demande si ça n'est pas un logiciel qui fait ça, à des billets différents. Le commentaire (que je supprime systématiquement) dit :

"Salut, bonne continuation pour ton Blog, passe voir le mien."

(et c'est signé 351.psg, avec un lien vers son Blog. Je donne le nom, comme ça je met les gens en garde.)

Premièrement, et ça se voit, il n'a pas lu les billets. Deuxièmement, il n'a pas lu mon profil. Troisièmement, il fait tous les blogs MSN à la chaîne en déposant le même commentaire, sans lire quoi que ce soit, pour attirer des gens sur le sien. Tout ça n'a pas grand intérêt, je ne lui en manifeste d'ailleurs plus aucun maintenant que j'ai compris la profondeur de sa réflexion et de ses vues. Il se fiche du monde...

Je sais tout cela parce que je suis allé voir son Blog. C'est une suite d'images gif animées vaguement cochonnes hétéro, avec pour thème les femmes nues et le PSG. Oh, et aussi l'écrasement de l'OM. Soit, on peut être supporter, ce n'est pas indécent (tout comme d'avoir un QI ne dépassant pas la température anale, après tout, ne soyons pas sectaires...), et avoir le goût du clinquant kitsch moche plein de logos...

Mais à ce point là ! Non, vraiment, son site est pathétique. C'est bariolé, illisble, ça bouge dans tous les sens... Et il a plein de commentaires (28 au premier billet qui apparaît, un billet avec moins d'une ligne de texte, dont le slogan du PSG, et une geisha nue), tous de gens différents qui ne font visiblement que répondre à un commentaire comme celui que j'ai reçu, poliment, genre "bien ton site" ou "super, mais je suis pas très foot".

Mais au moins ces commentaires sont quelque chose de personnel... Ils reflètent ce que pensent leur auteur, ce n'est pas qu'un avis de passage froid, artificiel, qui n'apporte rien à personne. Je n'ai pas compris ce que ce sinistre goujat compte faire avec son site, à part peut-être faire le concours de celui qui a le plus de commentaires (il a vraiment du temps à perdre, mais là encore ce n'est visiblement pas la réflexion qui l'étouffe).

Son site ne fait de la pub pour rien à part le PSG (le sous-titre est tout de même "si t'es fier d'être parisien tape dans tes mains"...), il ne répond pas aux commentaires, il publie sans cesse le même billet (ou à peu de choses près : la fille à poil en 256 couleurs animée est différente à chaque fois, les slogans sont du même acabit...), et s'il lit quoi que ce soit du Blog des autres ça ne se voit vraiment pas.

Donc, avis à ceux qui reçoivent un tel commentaire sur leur Blog, cet énergumène ne s'intéresse pas à vous, tout juste à votre clic. Je supprimerai ses commentaires systématiquement si j'étais vous, mais je ne me donnerai pas la peine d'aller commenter son site, cela ne peut mener qu'à deux choses : au mieux rien, au pire une guerre de commentaires. Dans les deux cas, il n'en vaut pas la peine.

Sous-(capilli)culture

Pourquoi, mais pourquoi faut-il que la Loi de Murphy existe ? Je vous raconte pourquoi j'ai plus une tête de con que d'habitude : Cela faisait trois mois environ que j'avais repoussé mon rendez-vous régulier chez le coiffeur, d'abord par flemme, et puis à cause des températures délétères qui ne poussent pas vraiment à se faire rafraîchir la tignasse... Et il faut dire que j'ai mes habitudes chez un coiffeur sis à l'autre bout de Paris.

J'en ai essayé beaucoup, mais aucun ne me coupe aussi bien, exactement comme je veux. C'est si rare, un bon coiffeur. Et figurez-vous qu'aujourd'hui, j'ai un rendez-vous, donc je me dois d'être bien coiffé. Hier, j'ai pris rendez-vous sans aucun problème. Ce matin, je me pointe à l'heure dite, et mon coiffeur n'est pas là : le pauvre, il a une gastro-entérite, lui qui n'est jamais malade ni en vacances (c'est aussi pour ça que je l'aime bien...).

Me voilà donc entre les mains de son assistante vietnamienne. Soit, me dis-je, un pis aller, mais si ça se trouve elle coupe bien. Je lui donne les mêmes indications qu'à mon coiffeur habituel, me disant que je ne vais pas non plus lui en demander trop : je n'ai pas une coupe de cheveux extravagante, c'est celle qu'il y a sur mes photos. Elle a tout compris de travers, coupe ronde au lieu de carrée, long au lieu de dégagé, court au lieu de long...

Je ne sais pas comment elle a fait son compte, elle m'a fait des pattes de longueurs différentes. elle m'avait même posé la question de savoir si je voulais un dégradé, je lui ai dit non... Elle m'en a fait un quand même. C'est moi que ça a dégradé. Le fait qu'elle parle français comme une vache espagnole y est peut-être pour quelque chose. On dirait la chanson de Linda Lemay, il va falloir attendre que ça repousse. Je déteste.

D'ailleurs ce n'est pas la première fois que ça m'arrive, le coup du dégradé. Et toujours avec des coiffeuses, jamais avec des coiffeurs, j'ai remarqué. Parfois elles posent la question, parfois non, mais souvent elles en font un subrepticement, derrière la tête. C'est peut-être ce qu'on leur apprend à l'école de coiffure, ou peut-être qu'elles préfèrent. Même si ça me fait une tête de boule, elles s'obstinent. Mais cette fois c'était pire :

Si vous voulez, imaginez la tête d'un des romuliens de Star Trek, la série originale, vous savez, style manga ou sénateur romain... et faites passer ça chez le coiffeur de Napoléon III. Je n'avais pas le temps de lui faire rectifier le tir, surtout si elle ne comprend rien, vu que j'avais rendez-vous. Et puis je ne vais pas passer ma vie chez le coiffeur. J'ai laissé mon numéro pour qu'on me rappelle dés que mon coiffeur attitré va mieux.

Espérons qu'il pourra réparer les dégâts, ou au moins sauver les meubles. Pour un rendez-vous, ça peut aller, au moins je suis "net" et je n'ai pas sur la tête l'expansion anarchique de plusieurs mois sans même une égalisation. Et puis je n'ai pas tellement le choix, alors je corrige ça comme je peux avec du gel (j'ai horreur du gel...). Cependant, il est hors de question que je me ballade avec une chevelure pareille pendant un mois.

En attendant mon prochain rendez-vous, j'ai une casquette, c'est déjà ça...

08/02/2006

L'Empire des Sens

Il y a quelque chose à dire de la simplicité. J’aime mon petit confort, un bon lit, de doux vêtements, des films à la télévision, Internet, mes nombreux livres, manger Japonais, écouter toutes sortes de musique et téléphoner à mes amis, et tant d’autres choses que d’aucuns considèreraient comme luxueuses. Pourtant il y a quelque chose de voluptueux, presque érotique, à revenir à l’appréciation de spectacles et de sensations fortuites, courantes et basiques.

Elles appartiennent clairement à notre monde moderne, mais contiennent une part de nature.

S’étendre à demi nu sur un sol dur, au frais, en écoutant le bruit de la pluie tombant à quelques mètres, au dehors, et laisser ses muscles se délasser.

Cette sensation divine des draps froids au petit matin alors que l’on s’étire et que la lumière monte, lorsqu’on s’est réveillé sans aide importune.

Se délecter de l’égalité de la surface d'un objet métallique, de sa fraîcheur.

Les bruits étranges et fascinants, inhumains et peu reconnaissables de prime abord, des machineries de la Propreté de Paris, actionnées par les éboueurs, lorsque la froideur matutinale fait frissonner.

Le frémissement électrique involontaire qui soulage quand, à la lumière d’un éclair soudain, éclate l’orage qu’on a pressenti toute une lourde journée.

Une odeur moite, quasi iodée, une atmosphère étrangement propre : Celle des rues d’une ville rincée après une bonne averse, qui appelle à la sérénité.

L’ardoise et la pierre humide alors que les derniers échos d’un crachin à grosses gouttes résonnent dans les cours d’immeubles, comme après l’amour.

Tremper ses mains dans un évier rempli d’eau à la bonne température et les y laisser un moment, rien que pour apprécier la texture de l’eau et reposer ses doigts.

Il y a enfin le petit bonheur, formidable pour nous les hommes, que constitue le fait de pisser loin…

Lorsqu’on a le choix, la sensualité anodine fait apprécier la vie.

07/02/2006

Horizons lointains ?

Au cours d'une conversation banale avec un ami français qui était allé à San Francisco et qui avait bien aimé, je l'ai entendu me dire que San Francisco n'était pas du tout comme l'image qu'on s'en faisait depuis la France, et de toutes façons pas du tout "comme les Etats-Unis". C'est exact, y étant allé moi-même, je peux dire que cette ville a un caractère bien particulier et que les français ont trop d'idées reçues sur l'Amérique en général.

Cela m'a remis en mémoire les récits de voyages de mon oncle, qui était allé dans diverses villes des Etats-Unis et jurait que New York ne ressemblait pas du tout aux Etats-Unis, de même que San Francisco. D'autres amis tout aussi français m'ont confirmé ceci, parlant qui de Los Angeles, qui de New York, qui de Salt Lake City, qui de quelque autre ville... Mais ce n'est pas tout, les Américains que je connais s'y mettent aussi !

Un ami de Caroline du Sud me dit que "New York n'est pas vraiment comme une ville américaine"... Un autre, du Wisconsin, me dit la même chose de Salt Lake City. Selon diverses personnes un peu partout aux Etats-Unis, des grandes villes et des capitales d'Etats, parfois même des modèles d'urbanisme et des cités qu'on ne pourrait trouver nulle part ailleurs dans le monde, "ne sont pas comme des villes américaines".

Peut-être est-ce dû à la taille du pays et à sa diversité, au nombre de ses habitants qui pensent tous que l'Amérique, c'est avant tout leur petite ville, leur lopin de terre et leur suburb, pour reprendre le terme non connoté des banlieues anglo-saxonnes... Et peut-être ont ils tous raison à la fois. Peut-être la distance entre deux points de ce territoire est-elle si grande qu'on en a toujours une perspective déformée, ou qu'on soit.

Les Etats-Unis d'Amérique semblent bien être le seul pays au monde qui ne se ressemble pas. Allons même plus loin : tous les pays du monde sont comme les Etats-Unis SAUF les Etats-Unis. Il est vrai que beaucoup de pays se définissent par rapport à ce modèle, pour ou contre, donc c'est un peu normal... Mais personne ne semble savoir à coup sûr ce que sont ces Etats-Unis, pas même les intéressés ! Je trouve ça vertigineux, pas vous ?

06/02/2006

Un classique... Sinon tout !

Quelqu'un m'a demandé il n'y a pas longtemps de lui recommander un livre. Ne connaissant pas ses goûts, et me disant qu'avec un tel ouvrage on ne pouvait pas se tromper, je lui recommandai "Les neuf Princes d'Ambre" de Roger Zelazny (il est dans l'une de mes listes si vous êtes curieux). Il n'en avait jamais entendu parler, je lui ai donc dit que le genre était quelque part entre la SF et la Fantasy.

Et là, comme on peut s'y attendre, j'entend le sempiternel préjugé contre la science-fiction...  Le "Je ne juge pas, mais je ne suis pas très SF" de ceux qui n'en ont jamais lu. Certes, c'est un droit, même si Jules Verne et Herbert George Wells se retournent probablement dans leur tombe en entendant cela... Je répond : "Essaie, au moins, si ça ne te plaît pas cesses de le lire, c'est un classique". Qu'est-ce que je n'avais pas dit là !

Il me regardait comme si j'étais un néo-nazi. L'explication est la suivante : Figurez-vous que pour qu'un livre soit considéré comme un classique par les bibliothécaires, libraires, éditeurs et autres gens de l'écrit, il faut qu'il ait été écrit et édité il y a plus de cinquante ans et qu'il soit à l'heure actuelle régulièrement réimprimé. C'est authentique. J'aurais au moins appris un truc dans cette histoire. Mais c'est quand même assez douteux.

Oui, beaucoup de livres qui sont considérés comme "classiques" collent à cette définition. Cela dit, prenez Marcel Proust... Il est toujours édité, mais qui l'a lu ? Je veux dire vraiment lu, pour son plaisir, pas pour l'étudier. Une minorité, tout au plus, même si tout le monde en parle. A ce compte là, autant considérer le bottin, le dictionnaire ou un livre de maths comme un classique : le contenu change autant que celui d'un classique retraduit.

Si on respecte vraiment cette définition du puriste, on jette au panier les trois quarts de la SF, à commencer par la majorité de l'oeuvre de Philip K. Dick, et tout ce qui a été écrit après 1956... Y compris ce que tout le monde considère comme un classique, Narnia, le Seigneur des Anneaux, et tant qu'on y est la moitié de Asimov et Van Vogt, l'écriture de Fondation et du cycle d'Isher étant à cheval autour de la date charnière !

On rejette en bloc tous les livres plébiscités par le public, ceux qui ont été adaptés au cinéma et ont fait des millions, ceux qui ont un noyau de fans particulièrement inexpugnable, au profit, certes, de grands auteurs, mais aussi d'un tas de bouses qui n'en appellent qu'à trois intellos moribonds qui se tirent la ficelle en pensant au sous-texte et à combien les élèves des écoles vont souffrir, forcés d'acheter lesdits volumes.

Comprenez-moi, je lis les classiques avec plaisir, mais qu'on ne me traite pas d'hérétique inculte parce que j'ose dire que beaucoup de ces bouquins, tout comme beaucoup de la production de chaque époque, ne me plaisent pas. Et j'ose même dire qu'une partie de ces livres sont objectivement chiants. Leur seul intérêt est souvent qu'ils ont plu, ou qu'ils ont été importants, qu'ils ont déclenché quelque chose... C'est bien, mais c'est tout.

Par un concours de circonstance, parfois même parce que les éditeurs et les responsables des programmes de l'éducation nationale sont gâteux et s'entendent sur la réimpression pas cher de tel ou tel livre, prétendument à cause de la crise de l'édition ou je ne sais quoi, ces livres sont sacro-saints alors que d'autres tout aussi méritants et de toutes les époques sont inconnus au bataillon, victimes de quelque mode.

Certes, ce n'est pas parce que c'est de la SF que c'est bien, ou parce que c'est neuf que c'est mieux, mais ce n'est pas parce qu'il y a marqué "classique" que c'est intéressant. Contrairement à la croyance, on ne découvre pas la lecture par les classiques, ou très peu : le style est souvent trop lourd pour de jeunes cervelles. Entre Harry Potter et Phèdre, les gosses ont fait leur choix... Incidemment, Harry Potter est plus épais et paraît moins long.

On ne doit lire que les classiques, disent certains Diafoirus de la littérature, qui veulent amputer les plus vives de nos pages, s'arrogeant le titre de médecin des lettres sous prétexte qu'ils ont un doctorat. Si l'on avait suivi ce conseil, la lecture et les idées qu'on en tire retarderaient de cinquante ans, et nous ne serions sans doute pas allés sur la Lune... Mais soit, techniquement et officiellement, un classique reste un classique.

Laissons leur, à ces vieilles barbes qui n'ont jamais rien écrit et qui n'ont rien lu de neuf depuis les cinquante ans de marge qu'ils ont peur de sauter, leurs catégories sans âmes. Qu'ils continuent d'avoir un catalogue de Dewey à la place de la tête, au moins c'est pratique. Qu'ils ne cessent de soigner leurs livres alités sous perfusion plutôt que de s'occuper de leurs successeurs, dignes héritiers des grandes oeuvres du passé.

Un vrai classique n'a pas besoin de perfusion, son contenu traverse le temps, nouveau à chaque lecteur, vigoureux et plein de sens. Des clichés ? Oui, mais s'ils ne marchaient pas, ce ne seraient pas des clichés. Continuons de nous gorger des bons livres, des livres ouverts et non fermés sur eux-mêmes, de toutes les époques, et ne boudons pas notre plaisir en nous embarrassant de règles et de décrets...

Laissons à l'hospice les aigris du verbe.

05/02/2006

Parent couille

Une fois de temps en temps, il faut bien parler d'un sujet sérieux. Aujourd'hui, si on parlait de l'adoption ? Alors je le dis tout de suite, je veux des enfants. J'adore ces petites larves, j'ai très envie de leur donner de l'amour, de leur apprendre des choses, de leur montrer le monde, de leur faire faire des voyages, de les protéger, de les laisser choisir leur voie... Tout. Donc je suis naturellement en faveur de l'adoption par les couples gays, et de procédures plus faciles.

C'était juste pour remettre les pendules à l'heure et donner mon avis personnel, parce qu'on ne parle pas des gays en particulier mais de l'adoption en général. Quand on y pense, c'est très difficile d'adopter, pour qui que ce soit. Et c'est normal, on ne va pas donner un gosse à n'importe qui si on peut éviter qu'il tombe entre les mains d'un odieux, d'un fâcheux, d'un méchant pédophile ou un mort en sursis.

Mais c'est quand même très dur. Pensez à la pléthore de couples qui ne peuvent pas avoir d'enfants, qui rament, qui remplissent des papiers sans fin, qui doivent sans cesse prouver leur bonne foi avant, pendant et après l'adoption alors que tout ce qu'ils veulent c'est un petit bout de chou (peu importe la couleur) et une vraie famille... Alors que des infectes raclures pondent des gosses à tire larigot et les envoient faire la manche...

On ne compte plus le nombre de parents indignes, d'histoires de famille horribles, alcoolisme, viols, violence, abandon, parents malades qui font un enfant sans pouvoir s'en occuper par la suite... Mais il y a tellement peu de parents adoptifs qui font ce genre de choses, c'est vraiment l'exception : Ils se sont battus pour avoir leur enfant, et en plus il y a un suivi, il ne manquerait plus qu'ils lui mènent la vie dure !

Cela tombe tellement sous le sens que c'en est parfaitement incongru que nous n'ayons pas mis ça en place : il faudrait le même examen de conscience pour devenir parent que pour adopter. Hélas on ne peut pas réglementer la sexualité et la contraception, déjà parce que c'est immoral, ensuite parce que c'est infaisable... Si on pouvait faire ça, ça ferait longtemps que les maladies vénériennes auraient été vaincues.

Tout ce qu'on peut faire c'est essayer de rééquilibrer un peu les choses en transférant les enfants pris aux mères et pères indignes pour les donner à ceux que l'on juge méritants, même si parfois ça rate, même si les parents indignes regrettent, même si tel couple ou tel autre est mal jugé... La compassion et la justice, ordinairement incompatibles, doivent pourtant se mêler ici. C'est un palliatif, mais que faire d'autre ?

Ah, comme disait l'autre, monde de merde, tiens.

04/02/2006

Encre antipathique

Tout le monde a déjà fait des sauvegardes sur CD, ou DVD pour les mieux équipés, de ce qu'il avait sur son disque dur. Pourquoi supposez-vous que ce soit si difficile d'écrire sur un disque ? Enfin, ce n'est pas très dur, mais il faut avoir le stylo approprié. N'en ayant pas, j'ai tenté plusieurs expériences avec les CD et les feutres que j'avais, et ça n'a donné que ce que la NASA aurait appelé un "échec réussi"...

J'ai d'abord essayé avec un feutre pour tableau blanc, type Velleda, mais ça s'efface, comme de bien entendu. J'ai essayé avec un marqueur, et non seulement ça pue encore plus mais en plus ça s'efface aussi... Et ça laisse des grosses traces de loches infectes sur mes beaux CDs ! Après j'ai arrêté les frais et j'ai réfléchi cinq minutes... Ayant déjà tenu un marqueur pour CD entre les mains, je me suis souvenu que son encre était soluble dans l'eau.

Euréka ! pensais-je. J'ai fouillé un peu partout et réuni tous les feutres que j'ai pu. La plupart des feutres de coloriage de mon petit neveu font soit des traces dégeulasses soit n'adhèrent carrément pas. Comme l'encre de stylo à plume, cela s'accumule en de petites gouttelettes et ça n'écrit pas. Les feutres à bille et autres "Pilot" fins n'écrivent pas non plus, et si on appuie on risque de rayer l'objet.

Même les marqueurs à alcool capables d'écrire sur du verre et du métal entre les mains des taggeurs du métro ne font que laisser de grosses traces moches. Pas moyen, sans LE marqueur qui peut écrire sur CES surfaces lisses là, rien à faire. La mort dans l'âme, j'ai dû inscrire la contenu de mes sauvegardes sur des post-it ou sur les jaquettes des boites des CD, en attendant le lendemain ou j'ai fait l'emplette du feutre requis.

Et tant que j'y étais, puisqu'il semble que ce soit une denrée rare à la maison, j'en ai pris pour tous ceux qui, chez-moi, utilisent un ordinateur. Oui, parce que cette saloperie, ça s'use vite, ça sèche encore plus vite, et ça n'est pas disponible dans toutes les papeteries. Et ça coûte cher. A plus d'un euro le feutre (en gros dix francs !) et vu la soudaine demande pour ce type de feutre uniquement, ce sont les papetiers qui vont être contents.

Peut-on les blâmer, eux ou les multinationales, d'avoir fait exprès de faire des CD sur lesquels on ne peut pas écrire, ou de contrôler le marché des feutres spéciaux (il en existe de plusieurs marques dont certaines ne font QUE des marqueurs pour CD et des CD vierges, notamment disponibles dans les FNACs) ? Bof. J'aurais fait la même chose. Ce n'est pas plus honteux que le prix au détail des CD par rapport au coût de production.

La prochaine fois, n'étant plus pris au dépourvu, je m'approvisionnerai autrement.

02/02/2006

MIB est mol

J'ai revu il y a peu les deux films des Men In Black, coup sur coup. Ne me demandez pas pourquoi, sans doute une idée eue à cause de l'affiche de Chicken Little, c'était un truc entre copains, parfois on prend de mauvaises décisions quand on est jeune... Bon. Eh bien j'étais déçu. Déçu déçu déçu. J'avais bien aimé le premier lors de sa sortie en salle et je l'avais revu en VHS (eh oui, à l'époque...) avec un grand plaisir, et là je trouve qu'il a vieilli.

A l'époque j'avais même fait une affiche truquée des MIB : je les avais revêtu de blouses blanches et je leur avais mis la tête de deux des professeurs de physique de mon lycée (oui, j'étais au lycée, il faut bien en passer par là, non ? CESSER DE ME HARCELER SUR MON PASSE HONTEUUUUX !) pour en faire les "Men in Blouses", expérimentant timidement les anciennes versions de Photoshop à des fins à peu près drolatiques.

MIB II est évidemment une resucée du I avec la même intrigue, à peu de choses près, et des effets spéciaux suractivés. Les gags y sont assez nuls et faciles (« Oh, un Alien avec des couilles sur le menton... Oh, des scènes bédéesques incongrues... Oh, des méchants parachutés et une scène bizarre ou Z fait du Kung Fu... Oh, un cameo du réalisateur et de Michael Jackson... »). Beaucoup de glaçage, pas beaucoup de gâteau.

Et puis l'arrogance et la vanité sans bornes de Will Smith, faut avouer, ça va cinq minutes. Déjà, il commence à ne plus avoir l'âge, heureusement qu'il s'est lancé dans des rôles plus sérieux que l'éternel black sexy de Wild Wild West... Et le parler black américain sans les gros mots (version politiquement et filmographiquement correcte tout-public-rose-bonbon oblige) ça fait légèrement ridicule, tout comme le rap commercial.

Tout ça pour dire que si MIB restera culte et classique, il sera quand même vu avec dérision par les générations futures. Ce qui serait drôle c'est que les générations futures contactent effectivement des extraterrestres, ça, ça gâcherait l'effet de plein de films instantanément, sans parler de tous les rêves que ça briserait. Avec toutes les théories sur les extraterrestres, il y en a maximum une ou deux qui sont juste, et minimum zéro...

Oh, et soit dit en passant, OUI, ce billet n'était là que pour accompagner le calembour vaseux du titre.

01/02/2006

Ce rêve bleu ?

A la demande générale d'une seule personne (mais qui m'a fait très plaisir) je vais aujourd'hui vous faire une petite conférence sur les Schtroumpfs, ces petites créatures bleuâtres et mièvres apparemment faites seulement pour amuser les enfants, et la trame hautement idéologique et propagandiste qui sous-tend leurs aventures. Point de sous-entendus sexuels et freudiens aujourd'hui, c'est du Grand Capital qu'il nous faut causer.

Oui, on parle tout le temps des manipulations mentales et des messages pro-yankees des dessins animés américains, de la violence des dessin animés japonais, du modèle capitaliste promulgué par les comics venus d'outre-atlantique (ce qui a cessé depuis longtemps, les comics se faisant maintenant de plus en plus underground et contestataires, allant jusqu'aux extrêmes divers et même à l'anarchie). Jamais des belges.

Car les Schtroumpfs, pour tout dire, fruit de l'esprit hypocrite de Peyo (qui s'est fait des couilles en or avec !), sont la représentation exacte de la société communiste idéale, telle que la décrit l'idéologie Marxiste et Trotskyste... Et le plus étonnant c'est que leurs aventures exhibent aussi les défauts inhérents aux régimes communistes que la Terre a connu (en tentant de les présenter sous un jour positif) comme le racisme et les théories du complot !

Bien sûr, dans la bande dessinée ou le dessin animé de Hanna Barbera (et quelle ironie que ce soit une compagnie aussi américaine et pro-américaine qui aie repris les droits...), les Schtroumpfs n'ont jamais, ô grand jamais, abordé directement un quelconque thème politique, pas plus qu'ils ne poussaient des jurons ni ne se montraient nus, ou ouvertement subversifs.

Soit... Mais commençons par le commencement... Les Schtroumpfs sont exactement cent. Chacun possède un métier, une activité bien définie, et on s'adresse à lui non pas par son nom (il n'en a pas) mais par son occupation ou sa caractéristique principale. A part lorsqu'ils portent les accessoires nécessaires à leur métier, les Schtroumpfs sont TOUS identiques. Et ils chantent TOUS la même chanson.

Les Schtroumpfs partagent TOUT. A peine récoltées, les ressources, salsepareille ou autres, sont aussitôt entreposées et redistribuées selon les besoins de chacun ! Il n'y a pas de propriété privée. Ils sont tous heureux sans changement, sans mobilité sociale, et l'argent n'existe pas pour eux. Ils ne changement pas de métier : quand ça arrive, tout va de travers. Moralité : garde le rôle que t'a désigné la société, petit mouton.

De plus, le village des Schtroumpfs vit entièrement en autarcie. Ils subviennent à leurs propres besoins en exploitant la nature sans excès, sans augmenter ni diminuer leur population (ils sont immortels, il n'y a jamais d'accidents ni de morts et ils ne se reproduisent pas, donc c'est facile). Personne ne sort, personne ne rentre, et les humains sont refoulés à la frontière "par magie". Et PERSONNE ne pose aucune question sur l'extérieur.

Ils suivent un chef, le Grand Schtroumpf, un patriarche avec une barbe (comme Marx ?), un petit père des Schtroumpfs (Comme Staline ?) qui n'a pas d'activité définie si ce n'est qu'il est vieux et sage et qu'il est leur chef adulé : ils ne font rien sans le consulter, et quand ils le font, il leur arrive malheur. Qui plus est, le Grand Schtroumpf est le seul à être habillé en rouge (communiste...) et seul à décider de l'avenir du village.

"Grand Schtroumpf" est un titre, le seul (avec le Schtroumpf à Lunettes, le cas de la Schtroumpfette étant spécial, voir plus loin...) à ne pas être un corps de métier : ce n'est pas le Schtroumpf Chef, c'est le Grand Schtroumpf... Cette forme de culte de la personnalité est d'autant plus subtile que ce Schtroumpf est présenté comme n'ayant aucun défaut à part son âge (mais il est immortel), et sachant tout faire, connaissant tout ou presque.

Il arrive d'ailleurs malheur au moindre Schtroumpf qui essaie de lui prendre sa place, que ce soit le Schtroumpf à lunettes ou "L'apprenti Schtroumpf", ou un autre : Ce Schtroumpf profite toujours subrepticement d'une absence ou pire, d'une maladie du Grand Schtroumpf pour prendre le pouvoir sans y avoir été habilité par qui que ce soit... Et c'est toujours son orgueil, même si les intentions sont bonnes, qui est mis en évidence.

Cela devrait suffire à vous convaincre que nous avons affaire à un régime totalitaire et non démocratique (pratique : nous sommes au Moyen-Âge, belle excuse pour ne pas introduire ce concept, et les Schtroumpfs pratiquent de temps à autres le "consensus" autour des décisions du Grand Schtroumpf...), mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin : Parlons des activités des Schtroumpfs...

Les corps de métier manuels sont les plus répandus, et les Schtroumpfs les plus souvent mis à contribution sont le Schtroumpf bricoleur et le Schtroumpf paysan, c'est à dire l'ouvrier et le laboureur, décrits comme ne songeant qu'à leur travail, les piliers de la société Schtroumpf, deux personnages qui ne sont JAMAIS présentés sous un jour négatif... Comme le cuisinier et le costaud (soldat/policier), ils travaillent pour tous.

Plus représentatif encore... Lorsqu'un Schtroumpf de plus fait son apparition grâce à un miroir magique dans "Le Centième Schtroumpf", il est finalement chassé du village car il n'a pas d'activité qui soit utile aux autres Schtroumpfs ! Et c'est aussi du fait de son absence de contribution à la société, en plus de son absence de queue, que le "faux Schtroumpf" (Gargamel transformé pour les noyauter) est reconnu, puis ostracisé.

Les Schtroumpfs comptent quelques personnages "gags" comme le musicien (qui joue mal, donc présenté sous un jour négatif, mais toléré...) et le poète, quant à lui carrément présenté comme un pédé total (sous un jour négatif, puisqu'on se moque de lui et que ses poèmes sont minables). La raison de la négativisation de ces Schtroumpfs est qu'ils n'ont pas de "vrai" métier qui soit utile et productif aux Schtroumpfs.

Le Schtroumpf vaniteux, celui avec la fleur dans le chapeau et qui se parfume, est présenté négativement comme l'homosexuel, et peu toléré par les autres. Le Schtroumpf gourmand non plus ne contribue à rien, et il est négativisé aussi. Le Schtroumpf grognon joue le rôle de la "minorité statistiquement improbable mais pourtant prévue par le système" qui ne se réjouit pas de la vie en communauté...

Le Schtroumpf farceur est gênant mais toléré... Pourquoi l'appelle-t-on farceur ? Car il aime faire exploser des paquets. C'est sa seule farce. Pas de coussins péteurs, par de poissons d'avril, rien que des paquets piégés. Mais on le tolère, car ses paquets font bien rire les Schtroumpfs quand il les utilise contre les méchants... C'est donc le Schtroumpf aux Attentats contre les Ennemis du Peuple, un important rouage du régime !

Le Schtroumpf à Lunettes est l'économiste, celui qui planifie tout, bref, le technocrate. C'est lui qui est considéré comme le plus intelligent après le Grand Schtroumpf. Pourtant, il arrive un malheur à chaque fois qu'il utilise son intelligence... Les Schtroumpfs devant être égaux, si l'un pose des questions, il est catalogué comme dissident : c'est l'Intelligentsia bourgeoise dans une société du nivellement par le bas.

Qui plus est, le Schtroumpf à Lunettes, moralisateur en diable, présente une ressemblance frappante avec Léon Trotsky dans sa jeunesse. Comme lui, à chaque fois qu'il questionne trop les idéaux du Grand Schtroumpf (Lénine, Staline...) il se retrouve exilé ou il arrive une péripétie. Même sans cela, le Schtroumpf à Lunettes est l'un des seuls Schtroumpfs à être malheureux régulièrement, rien que parce qu'il estime que ses idées ont de la valeur.

Les Schtroumpfs ont parfait leur régime totalitaire au fil de nombreuses aventures comme "le Schtroumpfissime" (pendant l'absence de leur Chef, les Schtroumpfs passent en Monarchie, et c'est mal), ou "Le Schtroumpf Financier" (l'idée de l'argent et de la spéculation, de l'économie de marché, est introduite chez les Schtroumpfs, le capitaliste s'enrichit brièvement mais fait vite face à une révolution et au lobbying du Grand Schtroumpf...).

Quantité de petits détails renforcent les similitudes entre les Schtroumpfs et le communisme, trop pour que cela soient des coïncidences. Par exemple, l'aventure du "Cosmoschtroumpf"... Cosmo, et pas Astro, comme les Russes et pas comme les Américains. Les Schtroumpfs Noirs (noirs... comme les anarchistes) sont présentés comme malades, dangereux et contagieux, avant que le Grand Schtroumpf ne les guérisse !

On peut remarquer l'absence chez les Schtroumpfs de minorités raciales : ils sont bleus. Soit, admettons que ce soit par tolérance. Mais ils sont absolument athées, croyant en la magie du Grand Schtroumpf et rien d'autre : il n'y a pas de Schtroumpf religieux, alors que c'est quand même un thème omniprésent de l'époque médiévale dans laquelle ils se trouvent. Vive l'autarcie et les forêts féeriques...

Les Schtroumpfs sont aussi particulièrement misogynes. Au départ, il n'y a PAS de femelle Schtroumpf. La Schtroumpfette est en fait une création de Gargamel (le méchant dont on va reparler) conditionnée et envoyée pour appâter, séduire et espionner les Schtroumpfs par la luxure... Ce qui ressemble fort à une tentative de l'Occident pour, au delà du mur de Berlin, tenter ceux de l'Est par la libéralisation des moeurs.

Mais Gargamel rate son coup : sa Schtroumpfette est moche. Ce n'est qu'après avoir adopté les idéaux et la façon de vivre des Schtroumpfs qu'elle sera acceptée au village et transfigurée par le Grand Schtroumpf (grâce à la chirurgie esthétique) en une blonde sexy. Et après ça, elle ne fait RIEN. Elle n'a aucun métier, aucun rôle si ce n'est d'aguicher. Pire. De temps en temps elle cuisine ou recoud quelques pantalons.

Et Gargamel, parlons-en, du méchant. Qui est-il ? Un homme au nez crochu et au nom qui sonne comme Gargantua et Pantagruel, qui représente la gloutonnerie et l'avarice. Il veut attraper les Schtroumpfs pour en faire de l'or : C'est le capitalisme qui veut prendre les gentils ouvriers, chosifiés, et les exploiter pour obtenir de l'argent, quitte à les tuer jusqu'au dernier. Il habite aussi un labo gris, entre manoir et usine...

Il habite avec un chat marron (basané...) dont le nom est Azraël (Israël ?), et, on l'a dit son nez est crochu. C'est lui-même un alchimiste... Vous décodez ? Bravo, vous avez gagné, il s'agit bien entendu du complot Judéo-maçonnique, toujours un grand succès auprès des fascistes de droite comme de gauche. Gargamel ne rechigne pas lui-même à avoir de mauvaises fréquentations, notamment criminelles (la Mafia ?)...

Mais le vice de Gargamel est aussi son point faible : C'est toujours grâce à son avarice qu'il est piégé, bêtement, alors que les Schtroumpfs savent résister à la tentation de l'or. Leurs autres ennemis reflètent toujours cette avidité que les Schtroumpfs ignorent : le Cracoucass, un genre de vautour, mais aussi l'ogre Grosse-Bouffe (peut-être une "bombe atomique", puissance brute qui peut être "retournée" contre l'agresseur).

Je n'ai parlé ici que des aventures les plus connues des Schtroumpfs, et uniquement de celles qui ont été imaginées par leur auteur original, avant que celles-ci ne cèdent à la mode et se mettent à introduire des concepts modernes et de nouveaux personnages en pagaille. J'aurais pu vous parler de "L'oeuf et les Schtroumpfs", qui montre la valeur du travail (un oeuf qui exauce les souhaits est en définitive mauvais...).

J'aurais pu aussi vous parler de "Schtroumpf vert et vert Schtroumpf", une aventure ou, à cause de différents sémantiques du langage Schtroumpf, les villageois se divisent en plusieurs factions qui en viennent aux mains, faisant fuir le Grand Schtroumpf... Un message d'unité pour vivre ensemble, certes, mais derrière une seule doctrine, celle du guide, du Führer ou du Petit Père, qui lui seul connaît tout ! Il y a d'autres exemples.

J'aurais aussi pu développer les nombreux crossovers avec les aventures de Johann et Pirlouit, du même auteur, aventures dans lesquelles à chaque fois, sans exception, le mal vient d'une histoire d'argent (même quand il s'agit d'une damoiselle à sauver, c'est un méchant qui veut l'épouser pour sa dot... Ou bien c'est un prince maudit par un usurpateur... Ou encore un souverain rançonné, et le traître a gardé l'argent pour lui...).

Et je ne parle pas de la "poussière magique" qui rend tout le monde heureux. Mais bon, il y a des limites, ce billet est déjà très long... Cette thèse des Schtroumpfs-communistes n'est pas neuve, loin de la. Elle a été explorée sur Internet et ailleurs de nombreuses fois depuis les années 80. Et quand on y pense, c'est évident ! Même le village des Schtroumpfs, avec ses toits étranges, ressemble à l'église St Basile de Moscou...

Si le coeur vous en dit, avant d'offrir des bédés à vos enfants, relisez-les vous-même sous cet angle insoupçonné et voyez si vous voulez vraiment conditionner vos bambins a la propagande d'une époque où l'oeil de Moscou se cachait partout. Mais ne vous inquiétez pas trop quand même, j'ai été élevé aux Schtroumpfs (même si je les ai trouvé niais très vite) et je suis de droite jusqu'au bout des ongles...

29 août 2006

Billets de Janvier 2006

Note de l'Auteur : Ces billets, classés par ordre déchronologique, comportent la suite et la fin du gran dconcours de Noël ou on ne gagne rien, le Jeu de la Haine... Il s'agissait de sélectionner les personnalités les plus ignobles dans plein de catégories différentes. Le début se trouve évidemment à al fin du moins de Décembre. Un jour, je republierai peut-être les images faites maison des différents prix attribués...

31/01/2006

Vert galant

Puisque je suis dans le sujet depuis deux jours, je vais vous parler d'un troisième film qu'on peut revoir sous l'angle homosexuel, alors qu'on ne le soupçonnerait pas au départ. Plus qu'un film, il s'agit d'un genre : le film de Superhéros. Plus particulièrement, il s'agit du film de superhéros ou le héros n'a pas particulièrement envie d'avoir des pouvoirs et ou il est persécuté.

La série des X-Men a ouvert le genre, et tout le monde sait que le réalisateur de ces films-là est gay comme un pinson. Oh, la gaytitude n'est qu'un mince filigrane de cette oeuvre, mais les gays adolescents se reconnaissent obligatoirement dans cette minorité de mutants incompris qui découvre sa différence... Surtout qu'ils ont des faciès Hollywoodiens, des costumes kitsch moulants et des pouvoirs que tout le monde aimerait bien avoir.

Il est vrai que les superhéros sont un repère pour toute une génération de gays, costumes, histoires, héros... Ce n'est pas pour rien qu'un des protagonistes de Queer as Folk devient vendeur de comics. Mais revenons à nos moutons filmés : Hulk. Voilà un film qui a vraiment le coming-out comme trame générale. A la limite, il préfigure même le film suivant de Ang Lee, Brokeback Mountain, lui carrément gay jusqu'à l'os (et ouvertement, cette fois).

Hulk, ce n'est pas que l'histoire d'un type qui a de grosses colères, même si ce qui touche tout le monde chez-lui c'est que, quelque part, nous avons tous notre petit bonhomme vert intérieur. C'est aussi (du moins dans le film) une histoire de rébellion contre un père autoritaire. Reprenons si vous le voulez bien l'intrigue point par point...

Bruce Banner est un scientifique émérite, fils de scientifique émérite. A son insu, toutefois, il est le fruit des tentatives très narcissiques de son père pour former un super-militaire xénophobe (oui, Hulk est sensé défendre l'Amérique contre les invasions étrangères... D'où la couleur verte, sans doute) à partir de son propre ADN, manipulé depuis l'enfance et même avant : Bref, c'est le classique "tu seras un homme mon fils"...

Ce que personne en sait c'est que l'ADN tordu, bizarre, anormal, bref queer mais refoulé du Papa est passé au fils, et qu'il n'attend qu'une bonne excuse pour refaire surface, comme par exemple des radiations et autres nanomédicaments suractivés. Et ces radiations rendent Bruce Banner plus fort : en un instant, son Hulk est lâché, métaphore printanière d'une rage réprimée, d'une frustration sexuelle au torse nu, viril et musculeux.

Au cas ou vous ne le sauriez pas, le culturisme est un gros (c'est le cas de le dire) fantasme de la communauté gay, le culte du corps y étant très répandu (ce qu'on appelle le "body fascism") et ce depuis avant même la mode des "clones" dans les années 70 et les dessins de Tom of Finland. Il existe aujourd'hui plein de site de cul (n'ayons pas peur des mots) consacrés au fantasme de l'hypertrophie musculaire...

Dés ce moment, à chaque fois que Bruce est brusqué, ces pouvoirs et ces appétits bestiaux qu'il n'a pourtant jamais voulu font surface et sèment la terreur, leur rage décuplée par le fait qu'ils aient été si longtemps et si expertement réprimés... Par qui, me direz-vous ? La société en général, la minorité morale, mais aussi l'armée, et surtout ce cher Papa qui est la cause de tout : ces appétits, le mode de vie répressif et les débordements.

Il est à noter au passage que Hulk, les forces de l'individu dans le film, se bat contre son père, le caméléon moléculaire, donc quelqu'un qui fait comme les autres, qui représente l'establishment et la conformité dans tout ce qu'il fait et ce qu'il est, et même dans son boulot. Le reste, la vérité, la justice, la liberté et le Modèle Américain, c'est optionnel... Tout comme les scènes d'action et les gros effets spéciaux qui tachent.

Ce n'est qu'à la fin, lorsque Bruce Banner s'émancipe de son père pour ne faire qu'un avec son Hulk intérieur, qu'il peut contrôler ses pulsions et devenir le super-soldat héroïque (un homme, un vrai, malgré ce qu'en pensent les autres) que sa nature commande qu'il soit. Le message est clair : Si vous avez peur d'ouvrir la cage du gorille, souvenez-vous que ce qui fait votre force est souvent ce dont, en vous, vous avez peur.

Et ça, c'est vraiment une moralité style gay-pride : Si vous avez peur de vos pulsions (sous-entendu homosexuelles...) et que vous en avez honte le lendemain ou vous les avez assouvies dans des ébats particulièrement inavouables, acceptez-vous vous-même pour ce que vous êtes, c'est votre fierté qui fera votre force : Ainsi, Hulk devient non une bête incomprise mais un héros de et dans la société.

Bon, moi je dis ça parce que c'est dans le film, hein, maintenant je suis gay, je le revendique, mais je n'ai jamais fait aucune Gay-Pride et c'est pas cette année que ça va commencer. Je n'ai jamais aimé non plus le personnage de Hulk, qu'il soit grisâtre ou vert printemps, même pas quand c'était Lou Ferrigno (qui a un grand fan club gay bien qu'il ne soit qu'un bodybuilder moche de plus) qui le "jouait".

Mais le message est là, je trouve qu'il est un tant soit peu positif... Faites-en ce que vous voudrez !

30/01/2006

Lestat bite tranquille

J'avais dit que je vous parlerai d'autres films à messages, alors en voilà un beau, plus facile encore que Alien 4 à décrypter. Entretien avec un Vampire est un film de Coming-Out et un film sur l'homosexualité. Ouais, parfaitement. Au delà même de la symbolique sexuelle du vampire qui suce le sang, liée à la virginité, à la pénétration et à la sensualité par rapport à la chasteté victorienne, toujours présente... Et je le prouve.

A priori, les aventures de deux allégories vaguement Goth aux incisives surdéveloppées qui tuent dans l'ombre de la Nouvelle-Orléans d'un siècle lointain n'a rien pour pousser à marcher dans une gay-pride. Pourtant, les prédateurs métaphoriques (et, ne le nions pas, particulièrement craquants) décrits pas Anne Rice nous donnent une grande leçon sur ce qu'il advient de notre vie lorsqu'on se refuse a sa nature, à ses appétits légitimes.

Tout est dans l'éxagération : Louis, le planteur sexy, est déçu par la vie. Il est encore jeune, et sa femme et son enfant sont morts (sa vie d'hétérosexuel est donc morte, morne et sans intérêt). Son chagrin menace de le perdre, lui et tout son potentiel, ses hectares de plantation, sa jeunesse, bref, tout. Heureusement, il se fait draguer par Lestat (le très scientologue Tom Cruise) qui le sauve de ces lieux mal famés ou il traîne...

C'est à dire qu'il élimine la petite frappe au moment ou Louis va se faire tuer au sortir de je ne sais quel bar (à backroom ?) après avoir bu comme un trou (si on peut dire). Lestat soulève Louis du bourbier dépressif du déni, et lui offre un aperçu du vrai plaisir en tant que passif, en le faisant monter tout en haut d'un énorme mat extrêmement freudien... Puis le laisse tomber, brusquement, pour qu'il médite sur ces plaisirs interdits.

Notons que Louis entre volontairement et sans contrainte dans le monde des Vampires, ne pouvant s'empêcher de retourner aux plaisirs moites et entêtants de Lestat devant le fiasco de sa vie hétérosexuelle... Comme le dit Tom Cruise/Lestat dans le film : "You are a vampire who never knew what life was until it ran out in a big gush over your lips". Si ça c'est pas la description d'une éjac faciale, hein...

A partir de ce moment au pied de la très symbolique statue de l'Ange, Louis est transfiguré. Bras dessus-bras dessous, ils vont de pair dans des costumes Wildiens chasser dans le grand monde en bons pédés. N'est-ce pas après tout le vice des nobles, le péché de socratisation, que la sodomie ? L'adoption par le couple homo modèle de la petite Claudia permet le développement de la thématique du complexe d'Electre.

Le complexe d'Electre, c'est comme Oedipe, à l'envers : la fille se met avec le père. Plutôt que de raisonner sa petite fille avec une paire de claques et lui enseigner son mode de vie, et lui dire que NON, les filles en se marient pas avec leur Papa en tuant leur "maman" (La blonde Lestat, qui depuis le début est le plus efféminé des deux), ses propres complexes le poussent à jouer le jeu, ce qui, en fin de compte, les perds tous.

Parce qu'au lieu de s'assumer en tant que vampire, ce qu'il est et qu'il ne peut nier, avec tous les pouvoirs et aussi tous les désavantages que cela implique, il reste le commensal réticent de ce grand festin, tellement rongé par la culpabilité qu'il n'apprécie pas ce qu'il mange. Et ça ne le rend pas agréable comme convive, les vampires de Paris l'ont bien vu, comme Christian Slater qui a supporté ses pleurnicheries pendant tout le film.

L'éternité devient donc, pour Louis la folle honteuse et refoulée, un long samedi soir sans télé, sans téléphone, sans rendez-vous, sans boite de nuit, sans mec, sans copain et avec un frigo vide. Moralité de la dernière scène du film, celle ou Lestat a finalement survécu, plus pédé que jamais, et mord à belle dent dans le très sexy et très vivant Christian Slater malgré tout ce qu'on lui a fait subir :

Si vous avez peur de vos propres appétits, que le combat sans fin de Louis pour son "salut" vous rappelle que la seule voie vers l'amour, la satisfaction et la paix intérieure commence par le fait de s'accepter pour ce qu'on est vraiment. "We are to be powerful, beautiful, and without regret", c'est après tout la première leçon pour ceux de son espèce, selon Antonio Banderas/Armand...

29/01/2006

Alien, la Ré-suce-érection

Il y a certains films engagés qui ont un message imprimé en rouge sur fond blanc partout sur la pellicule, comme les films ultra gays avec des arc en ciels partout et, dans un autre genre, Michael Moore. Et puis il y a d'autres films, plus subtils, qui propagent plus discrètement une idéologie. Je ne suis pas très fin pour ce genre de choses, je l'avoue volontiers (surtout parce que j'ai tendance à tout regarder au premier degré).

Cela dit il y a quand même des chef-d'oeuvres (ou des bouses filmiques) apparemment conventionnels que peu de gens soupçonnent, mais qui, pour les personnes averties, peuvent être "vues" d'une manière extrêmement subversive et osée. Ce sont souvent des films qui ont eu un grand succès, peut-être parce qu'inconsciemment nous les considérons, grâce à ce message sous-entendu, comme différents des autres. Ou non, j'en sais rien.

Par exemple, Alien 4 a eu un grand succès et a rattrapé le fiasco du 3. Beaucoup l'ont adoré, beaucoup l'ont détesté, mais il ne semble pas y avoir de milieu... Tout le monde s'accorde à dire qu'il est assez malsain et décalé. Si on considère les thèmes du film, c'est compréhensible : Inceste, parricide, viol, fratricide, infanticide, lesbianisme fertile, partouzes, le tout dans un univers carcéral/médical/SM/avec de la bave partout à la Giger ! Quand même, Beurk.

Le postulat de l'Alien, même au delà du simple trip "insectophilie", est tout de même un viol buccal qui "féconde" un individu parfois masculin et le tue, donnant naissance à une créature au look assez phallique qui lui sort du ventre ! Mais il y a mieux : En effet, Ripley est à la fois la mère de la Reine et sa soeur, c'est la mère et la soeur de sang des Aliens. Elle tue ses frères, et elle finit par répondre à l'appel de la Reine et lui faire l'amour dans sa chambre nuptiale.

Alors même que la Reine fabrique ses petits oeufs pour féconder d'autres êtres humains qui sont dans la même pièce avec Ripley, collés à de la bave (la partouze), elle accouche et donne naissance à l'Alien hybride du film, lequel tue sa mère. Dans la scène finale, cet hybride reconnaîtra une mère et peut-être une amante dans Ripley, qui le tuera froidement alors même qu'elle éprouve pour lui un amour contradictoire et ambigu.

Quant au comportement et à la coiffure très virils de Ripley, dépassant de par ses superpouvoirs (et l'acceptation de sa nature profonde, que les autres considèrent comme monstrueuse, mais fondamentalement autre, ce qui est le vrai changement dans son rôle par rapport aux autres films) les hommes et les femmes "normales"... C'est une histoire de coming-out : accepter sa nature et en être fier, c'est être fort.

Surtout qu'au départ, la Ripley est considérée comme un monstre de foire, moins qu'humaine, mise en cellule, domptée parce qu'elle est différente, et en même temps créée par (ou issue d'une) société qu'elle ne comprend pas et qu'elle n'a jamais comprise, dans aucun des films, en tant que femme forte. Sa renaissance et ce face à face avec les docteurs sexuellement réprimés ou bizarres lui permet de s'affirmer, et de s'émanciper.

Et je ne vous parle même pas des scènes saphiques entre Ripley et la petite androïde qui se "pénètre" (dans le bras) pour entrer en contact avec "père", l'ordinateur, ce qu'elle "n'aime pas faire"... Elle veut d'abord tuer Ripley mais n'y arrive pas, réalisant qu'elles sont semblables, d'où son attirance... Et vous avez remarqué ? Dans ce film il n'y a pas d'amoureux-jeunes-premiers qui survivent à la fin... A la place, il y a elles deux.

Bref, c'est un film bourré de ce genre de choses, entre deux scènes d'action couillues (qui représentent peut-être l'hétérosexuel mâle viril fier de sa grosse arme bien phallique et pénétratrice qui tente d'éliminer les aliens sexuellement ambigus... Alors que c'est finalement le couple lesbien, une androïde a la sexualité floue et une Demi-Alien hommasse, qui vont les sortir de là, avec plus de survivants que tous les autres films réunis).

C'est aussi grâce à tout ça que cet Alien là est différent des autres de la série, et qu'il est soit le meilleur, soit le pire, mais le plus "dense" en signification. On l'aura compris, ceci est UNE vision de cette oeuvre de Jean-Pierre Jeunet sous l'angle sexuel et particulièrement bisexuel, homosexuel et, pourrait-on dire, bizarro-sexuel cher à Giger, le créateur de l'Alien originel. Et ce n'est pas un scoop, d'ailleurs, mais c'est marrant, non ?

La prochaine fois je vous parlerai d'un autre film. Ou alors des Schtroumpfs, allez savoir.

28/01/2006

Mignonne, allons voir si la rose

L'autre jour avec un copain, chez-moi, on s'est bien marré. Non, ceci n'est pas encore un billet ou je raconte ma vie bêtement, ça, ça arrive rarement. Je dois être le seul à m'amuser comme ça, avec lui, mais on joué aux bouts rimés. Vous savez, ce jeu dans le film "Ridicule" de Patrice Leconte, ou les participants tirent des rimes imposées et doivent faire des quatrains.

Comme avec des quatrains c'était trop facile (oui, on y joue quand même depuis longtemps, ça fait pédant, je sais, mais que voulez-vous, je SUIS pédant) on a écrit plein de rimes imposées et un en a tiré sept paires à la fois pour faire des sonnets. Je rappelle que le sonnet fait deux quatrains et deux tercets. Bon, on ne s'est pas toujours tenu à la forme et ça n'était pas toujours rose, mais le nombre de vers y était.

Et donc, pour en venir au fait, voilà deux de mes résultats (sachant que mon ami va peut-être publier ses poèmes, s'il le souhaite, sur je ne sais quel forum, je ne m'en occupe pas). Je ne vous donne que le meilleur de ce que j'ai fait, et ce n'est certes pas du Ronsard (c'est même de la crotte par moments), mais je rappelle que les rimes sont imposées et qu'on a bien rigolé :

Rupture

Si l'ambiance au lit est devenue mortelle

C'est à cause de toi, engeance vipérine,

Acrimonieuse qui mon malheur entérine

Lorsque nous sommes deux entre les draps pastels.

Si ma raideur souvent manque de réussite

C'est que tu ne vois rien en moi qu'un foutriquet,

Quand mon désir s'allume à ton maigre briquet

Tu le refroidis de tes aigreurs parasites...

Tu changes l'Obélisque en banane plantain

Avec ta voix qui vrille et ton noir baratin :

La nuit, j'ai l'impression d'être chez le dentiste !

Va donc, humain cancer, va donc femme maudite,

Tumeur qui a trop fait pendre ma stalactite,

Tu t'es trop incrustée, je t'extrais tel un kyste !

Mariage

Ce bellâtre étouffé par l'imbécillité

Hérita contre toute probabilité

D'une fortune, d'un énorme cornichon,

Et d'un goût prononcé pour les très gros nichons.

Voulant tâter l'engin, on se pressait en foule.

Il alla tout gâcher, épousant une Aztèque

Aux seins siliconés plus grands que des pastèques,

Mais qui, à son insu, lui préférait les poules.

Vu son tempéramment très chaud ce fut galère :

Le lit conjugal fut d'une froideur polaire,

Elle s'éffaroucha, la lesbienne bichette.

Elle mata cet homme par un tour classieux :

Il ne batifola plus jamais, ce vicieux,

Car il avait au zob une grosse clochette.

27/01/2006

Gênons manquants

Il existe des gens à l'heure actuelle dans les pays développés, et même aux Etats-Unis et en France, qui ne croient pas à l'évolution. Vous savez, ce truc, là, l'homme qui descendrait du singe... Oh bah si, quand même. L'évolution, Darwin, Lamarck, tout ça... Vous ne voyez pas ? Allez, je suis sûr que ça vous reviendra lorsque le prochain X-Men sortira. Bref, tout ça, ils n'y croient pas. Et ça gêne, ça fait tache.

Et puis zut, tant pis ou tant mieux pour eux. Oh, je ne me réjouis pas que les personnes auquelles je pense s'appuient uniquement sur leur version toute personnelle des textes bibliques sans analyse ni réflexion au delà de savoir combien il y a de Z à Ziggourat. J'ai même l'espoir que, pendant que, eppur si mueve, le monde continue de tourner, leurs enfants aient la chance d'être mieux au fait de la réalité...

Mais tout ça est délicat. Il y a des choses qu'on est obligé de laisser à la croyance. L'évolution n'est plus une hypothèse, bien sûr, même si c'est seulement en tant que théorie qu'elle a démarré, au XIXe siècle; de nombreuses preuves ont été apportées et beaucoup d'eau a coulé par ce petit moulin, à tel point que les scientifiques se disputent pour savoir laquelle de leurs versions de l'évolution se rapproche le plus du vrai...

Il y en a même pour dire que la sélection naturelle, finalement, n'a pas la place prépondérante que Darwin lui accordait, et que le hasard et les mutations, ou encore d'autres choses plus étranges, sont pour beaucoup dans l'aspect actuel de notre biosphère. Les chercheurs travaillent même sur des théories holistiques et beaucoup moins impitoyables que la sélection naturelle "manger ou être mangé".

Mais peu importe, on a encore moins de preuves, et celles-ci peuvent être interprétées de tant de façons différentes... Et il faut de toutes façons laisser la liberté de croire, sinon que serions-nous si ce n'est des intégristes encore plus intransigeants ? Est-ce que cela compte, quand on y réfléchit bien, qu'une chose aussi inconnaissable que Dieu, en théorie, ait créé l'éléphant en un jour ou en dix millions d'années ?

Est-ce que ça compte de notre point de vue, est-ce que c'est si important ? Et de son point de vue à "Lui" ? Encore moins, si ça se trouve. Après tout Dieu n'est-il pas sensé avoir créé le temps lui-même ? Les thèses du Guide du Routard Galactique et de Terry Pratchette réunies pourraient très bien s'avérer, ou du moins être crues par certains, ce qui reviendrait au même pour nous, simples mortels contemporains.

Sans doute les bigots ne seront-ils pas ébranlés un instant par ces faits ou ces théories, sans doute continueront-ils leurs vaticinations d'enfer pour tous... Espérons que les vrais croyants continueront de prier pour eux sans tout prendre au pied de la lettre, et que ces deux groupes me laisseront me servir de mon cerveau, que je l'aie ou non reçu par l'opération du Saint Esprit.

26/01/2006

Sale ami

J'ai un ami... Non, soyons justes, ce n'est pas un ami, c'est l'ami d'un ami et nous ne nous voyons que rarement, uniquement lorsque nous sommes tous deux invités par celui-ci, mais passons... Disons donc cette connaissance est un humanoïde de sexe masculin (je n'ai pas été vérifier l'entrejambe, mais ça paraît assez évident vu les poils) à l'intérêt tout relatif.

Il n'a aucune conversation autre que superficielle, soit. Il est vrai qu'il n'est pas très sociable et qu'il est un peu psychorigide sur les bords, mais ne laissons pas cela endommager une relation amicale... On a vu pire. Non, mon problème et celui de notre ami commun c'est que nous ne savons pas comment lui avouer certaines choses sans le blesser, l'humilier ou le rabaisser d'une quelconque manière.

Ne tournons pas autour du pot : il est sale. Il ne se lave pas aussi souvent qu'il le devrait et parfois, il sent. Ses cheveux filasses et de plus en plus rares sont parsemés de pellicules, parmesan râpé sur les nouilles cuites affaissées de ses épaules. Je voulais faire une analogie entre ses poussées d'acné et de la sauce tomate mais c'était vraiment trop méchant et dégoûtant.

Moi je veux bien lui dire ses quatre vérités, mais c'est vrai que c'est comme un vieux chien pourri et galeux auquel on se serait attaché : on n'a pas le coeur de lui donner un coup de pied, et pas seulement parce que la chaussure risquerait de rester collée. En plus il vient d'emménager dans son propre studio (il nous a vanté son clic-clac bleu, vraiment, il n'a rien d'autre à foutre dans la vie...) donc on s'attend à une certaine baisse d'hygiène.

J'imagine que beaucoup de gens ont de tels amis, et je sais que beaucoup ont la même notion du respect de soi qui dit que vaporiser du Fébrèze sur une chemise c'est comme la laver, que secouer les draps à l'air frais ça suffit pour enlever la saleté, et qu'une douche par semaine c'est bien suffisant... Mais là je dois tirer un trait. C'est peut-être sectaire ou snob, mais je les évite, les sales.

A moins que vous n'ayez un meilleur conseil à me donner, je vais devoir, en tant que personne la "moins proche" de lui, faire le boulot de notre ami commun et lui dire que ses crottes de nez pendent, qu'il pue des bras et qu'il a mauvaise haleine... Bref, lui dire d'aller se laver, pour nous d'abord, mais surtout pour lui. Une oeuvre aussi nécessaire et difficile que changer la litière d'un chat incontinent.

25/01/2006

Comme j'adore me plaindre...

Ah, la sale journée. Autant je refuse que ce Blog parle trop de moi et devienne un simple compte-rendu de mes activités (je crains le syndrome du "21 Juin, aujourd'hui j'ai mangé des frites...", déjà, je ne voyais pas l'intérêt de publier la correspondance de Proust ou le journal de Kafka, alors le mien vous pensez si on s'en fout...), autant là... Enfin, ça aurait pu être pire, il aurait pu pleuvoir, comme on dit.

Premièrement, j'ai enterré quelqu'un. En soi, ça n'est jamais agréable, mais là la mort du bonhomme est carrément ignoble. C'était une bonne poire qui a passé les dix dernières années de sa vie à prendre soin de sa femme atteinte d'une maladie grave, une odieuse harpie, ingrate et bigote au possible, du genre à appeler les flics en disant qu'on la séquestre et qu'on l'affame si son déjeuner au lit a un quart d'heure de retard.

La femme en question lui a d'ailleurs survécu, alors qu'il a ruiné sa santé pour elle sans se plaindre. Passons... Il est mort à moins de 60 ans à la suite d'une longue et douloureuse agonie entre deux opérations et traitements divers (dont une amputation du bras, problèmes au coeur, au côlon, aux poumons, oedèmes, infections, péritonites et autres joyeusetés...) et bourré de médicaments, à fond dans l'acharnement thérapeutique.

Je le connaissais à peine, j'étais là pour soutenir une amie dont c'était le papa, mais quoi qu'il en soit je me suis gelé les couilles par un froid de canard avec plein d'inconnus dans un endroit lugubre (vous me direz, les cimetières, c'est rarement folichon...) alors que j'étais habillé très léger, tenue correcte oblige. Et ça m'a pris tout l'après-midi, évidemment, je ne pouvais pas partir comme un voleur.

En plus, demain, un de mes meilleurs amis pars en Australie (voir l'ajout dans la liste des Blogs ci-contre) pour un an, minimum, et je m'aperçois que je ne le reverrai sans doute pas avant trois ans puisque, si Dieu le veut, je partirai étudier moi-même dans un pays lointain dans à peu près un an aussi, et ce pour un minimum de deux ans. J'y resterai même peut-être pour y vivre, allez savoir.

Ensuite, les bientôt-divorcés de service me les ont successivement brisé menu sur des tons différents, chacun complètement braqués contre et obnubilés l'un par l'autre (mélange détonnant). Et l'un de monter en épingle une remarque sur une opinion qu'ont eu d'autres personnes il y a des années, et d'en déduire des tas d'élucubrations, et l'autre de ne comprendre que ce qu'il veut bien dans la plus totale paranoïa...

Allez savoir pourquoi, je n'aime pas quand on me prend à parti ou qu'on cherche à se justifier devant moi pour des tas de choses qui me sont parfaitement étrangères, quand quelqu'un rallume avec moi une dispute commencée avec une autre personne. Ce n'est pas que je sois contre, c'est que je n'ai pas à le subir... Du reste chacun des points de vue qui m'ont été énoncés tiennent presque de la psychopathologie.

Mais encore une fois, le chien aboie tandis que la caravane passe, manque d'écraser le chien, et promet de lui jeter des pierres au prochain passage parce que ça commence à bien faire de l'entendre à chaque coup.

A part ça, je suis aux premières loges des états d'âme des membres de ma famille proche, puisque je vis avec eux... Je n'en peux mais. Stress, boulot, retour à la Terre, mon cul sur la commode... La totale.

Ajoutez à cela un accès de flemme et un manque total d'inspiration de ma part, d'interminables trajets en métro entre les cons, les clodos et les affiches si poétiques de la fondation Raoul Follereau pour les lépreux, un mal de tête sans même un comprimé d'aspirine sous la main depuis le milieu de l'après-midi, un début de rhume qui couve, et vous aurez une idée de l'aspect physique de ma journée.

Fort heureusement, mon seul vrai problème c'est que je dois écouter tout ce beau monde de temps en temps. Et ça me fait, comme aujourd'hui, une sale journée de merde... Alors, oui, ça pourrait être pire.

24/01/2006

Noms d'oiseaux

Dans la série "j'ai appris un truc", les québécois sont les meilleurs pour la turlute. Non, je ne parle pas de sexe oral, mais de cette pratique musicale à la fois labiale et linguale ressemblant à du scat sur de la country-folk... D'ailleurs, ce n'est pas une coïncidence si c'est aussi le nom du cri de l'alouette. Ben oui, "alouette, gentille alouette" c'est une chanson québécoise. Mais il n'y a pas de turlute dedans, pourtant...

Et, oui, parfaitement, l'alouette turlute. Elle grisolle aussi. Et l'hirondelle trisse, le hibou bouboule, la caille margote, le merle flûte, le canard nasille, l'oie cacarde, le paon criaille, la perdrix cacabe, la grive babille, le geai cajole, la tourterelle roucoule et caracoule, le cygne trompette, le dindon glougloute, la poule crételle, la corneille graille, le coq coqueline, la cigogne glottore, le perroquet ase, la pie cajole, le pingouin jabote...

Et le rossignol ? Eh bien le rossignol rossignole, tout simplement.

Na.

23/01/2006

"Vous n'aurez pas ma liberté de..." LA FEEEEEERME !

Je viens d'apprendre qu'il était interdit de dire des gros mots sur les blogs comme le mien. Je n'ai jamais eu de problèmes, vu que tout ceci est filtré automatiquement, systématiquement (donc bêtement...) par des détecteurs de gros mots... en langue anglaise. Les autres langages peuvent tonitruer qu'ils enculent leurs belle-doches à coup de manche à couilles foutreux, Microsoft s'en bat l'oeil. Et quand je dis l'oeil, c'est pour ne pas me répéter.

C'est extraordinaire la liberté d'expression dans le monde. En France, pays libre, on n'a pas le droit d'insulter publiquement, et on peut vous arrêter pour incitation à la haine. Par contre les gros mots, ça passe partout. Aux Etats-Unis, vous pouvez montrer toute la violence que vous voulez au cinéma ou à la télé, traiter qui vous voulez de tous les noms et tenir des propos néonazis si ça vous chante... Si vous dites "merde" on vous bippe.

En France, il existe un CSA national, c'est à dire que l'Etat peut (s'il le souhaite) censurer les médias. Aux Etats-Unis, il existe une régie d'attribution des fréquences hertziennes, rien de plus... La censure est entièrement autonome et dépendante des networks, non de l'Etat : les chaînes de télé s'autocensurent, se conformant à la "minorité morale" ou à la "majorité silencieuse" pour plaire au plus grand nombre.

Donc, techniquement, et ça va paraître ridicule à tous ceux qui critiquent les Etats-Unis sans jamais y être allés, la liberté d'expression y est plus large et mieux respectée : les multiples et retentissants procès contre l'Etat et des tas d'autres gens par des pseudo-journalistes et des artistes provocateurs le prouvent. Le truc c'est de se rappeler que quand on insulte un type en pleine rue, il peut avoir une arme.

Sur Internet, point n'est besoin de vous le dire, nulle loi n'est incontournable, et les informaticiens anglophones qui veulent passer outre les censeurs (et les programmes de détection et surveillance de mails et de chats des gouvernements du monde... Enfin, en théorie, et ce même s'ils n'ont à cacher que trois pauvres photos pornos qui font rougir leur acné, mais passons...) ont inventé des langues barbares comme le L33T.

Malgré cette censure qui semble omniprésente, malgré les paroles de mauvaise augure de Benjamin Franklin, malgré la peur du vilain terroriste et les petits coucous discrets d'Oussama Ben Laden, malgré la paranoïa ambiante qui monte, nous sommes encore libres de nous exprimer. Si, si, je vous jure. On ne m'a encore jamais empêché de dire quoi que ce soit... Parce que tout le monde s'en fout.

Et c'est la plus grande force de cette espèce de médiacratie-pseudo-tyrannie-douce-démocraturesque qui est le régime dans lequel nous vivons, en occident (et, soit dit en passant, nous ne sommes PAS en démocratie, nous ne l'avons jamais été, nous sommes officiellement et techniquement en République... ce n'est déjà pas la même chose !) : l'indifférence globale et grandissante.

Qu'est-ce que ça peut bien me foutre que des barbouzes regardent mes mails et tout ce que contient ma machine, du moment que mon voisin de palier ou quelqu'un qui peut me nuire, lui, n'y a pas accès ? Ils ne vont pas vendre ces infos, de toutes façons il n'y a rien à vendre, ça n'intéresse personne et je ne fais rien d'illégal. S'ils ont un soupçon, je leur file même le disque dur, du moment qu'ils me le rendent intact...

Oui, c'est aussi agaçant et effrayant que de se faire contrôler tout le temps dans le métro ou arrêter souvent pour délit de sale gueule. Mais à moins que le FBI et les autres agences secrètes du gros méchant Américain (et pourquoi juste EUX, hein ? Et les autres, dans le monde, vous croyez qu'ils ne feraient pas pareil s'ils pouvaient ? C'est un préjugé tout Hollywoodien, ça...) n'espionnent TOUT LE MONDE, je suis tranquille.

Et espionner TOUT LE MONDE, je ne vois pas comment c'est possible, même avec tous les moyens actuels. C'est bien joli d'arriver à faire lire ne serait-ce que 20% des mails échangés chaque jour dans le monde par un super ordinateur (et ça c'est déjà pas super vraisemblable... mais bon...), mais vous imaginez le nombre de gens qu'on devrait payer rien que pour lire les messages sans intérêt retenus par l'ordinateur à cause d'un simple mot ? Sans compter, on l'a dit, que c'est facile de passer au travers des filtres.

Non, surveiller de manière globale, pas seulement les suspects, ce n'est pas rentable (et la rentabilité, c'est tout, de nos jours). Et si vous êtes suspect mais innocent, me direz-vous ? C'est du délit de sale gueule. N'entrez pas en résistance, ça ne ferait qu'empirer... Je compatis, mais je n'ai pas de conseil à vous donner, les préjugés, il y en aura toujours, sur le Net et ailleurs. Et étant gay, je sais ce que c'est.

Alors, oui, il y a des bavures, il y a des tragédies, il y a des abus policiers et autres... Mais on en entend encore parler, non ? L'information circule, sur Internet, à la radio, dans la presse, et même, de temps en temps, à la télévision ! Dans un billet précédent, j'avais discuté du fait que c'était surtout à cause de l'audimat que la télé ne parlait plus des sujets importants, puisqu'ils sont souvent compliqués, donc chiants.

Et que je sache, des tas de gens se traitent de con (et pire) tous les jours, et se font des procès librement sans que l'Etat ne censure quoi que ce soit... Des tas d'émissions influencent des tas de gens dans des tas de sens différents, les rumeurs courent, on vote encore librement pour des andouilles qu'on espère moins pire que les autres... Donc globalement, la France, c'est pas la Roumanie de Ceauçescu.

Alors je rigole quand je vois certains minables crier haut et fort qu'ils sont dans un Stalag à haute sécurité alors que quelqu'un leur a simplement dit de la fermer ou qu'ils ne font que subir la mesquinerie toute Française de nos administrations. Ou qu'ils essaient simplement d'avoir pour eux une plus grande part du gâteau médiatique. Il faut apprendre à discerner les vraies injustices, souvent muettes, des glapissements m'as-tu-vus.

22/01/2006

Infâme avec une femme

L'autre jour je suis entré dans une librairie, plus dans l'intention de flâner que d'acheter quoi que ce soit, bien que je ne résiste pas souvent à l'appel des pages neuves... Il s'agit d'une librairie plutôt grande, située dans le Marais, et clairement cataloguée comme gaie, et cela aurait dû me préparer au choc que j'ai reçu. Mais j'avais voulu alors ignorer encore un peu les tiraillements spasmophiles de l'actualité people.

Là, dans une librairie respectable, entre les livres de régimes et les romans d'amour, se dressait une construction malsaine et blasphématoire aux relents lovecraftiens. Il s'agissait d'un petit autel improvisé fait en livres qui présentait une demi-douzaine d'ouvrages exclusivement sur Mylène Farmer. Oui, Mylène, l'apocalyptique rousse à la voix de bouilloire devenue l'icône des gays, comme un ersatz franchouillard de Cher ou de Streisand.

Toujours est-il que ce petit monument votif, orné de rubans (sans doute les bougies auraient-elles risqué de brûler d'autres livres), présentait chacun des titres délétères avec tout l'orgueil d'un laraire exhibant ses idoles dans quelque magasin de chinoiseries kitsch. Tout ça parce que la pouffe en chemise fait un autre concert dont les premiers rangs seront remplis par les jeunesses prépubères et les trentenaires gays en pâmoison.

Si l'on n'est plus à l'abri de la médiatisation outrancière des célébrités cacochymes des années 90, même dans les librairies, alors où va-t-on ?

20/01/2006

Après le Golden Globe, le Golden Con

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, chères lectrices, chers lecteurs, voici venu le moment que nous attendions et redoutions à la fois, la dernière cérémonie du JEU DE LA HAINE ! Nous allons ce soir remettre le seul prix dans la seule catégorie que nous n'avions pas abordé, celle ou tout le monde était éligible, sans aucune distinction... C'est l'heure du Ducon d'Or !

Nous allons commencer par distribuer quelques prix spéciaux, prix pour lesquels vous avez voté "indirectement", si l'on peut dire... Vous allez comprendre.

Pour le premier prix de cette soirée, nous allons distribuer le prix du Con le plus Sphérique ! Il s'agit de la personne qui a été nominée, sans tenir compte du nombre de votes, dans le plus de catégories de ce concours, montrant l'exceptionnelle versatilité et diversité de sa stupidité...

Les nominés sont :

Arielle Dombasle, nominée pour trois catégories, actrice, chanteuse et moche...

Frédéric Beigbeder, nominé lui aussi pour trois catégories, journaleux, écrivain et racoleur...

Olivier Besancenot, nominé encore pour trois catégories, politicien, racoleur et pour le Ducon d'Or...

et notre Con le Plus Sphérique : Jamel Debbouze, nominé quatre fois, en tant qu'acteur, racoleur, moche... et aussi pour le Ducon d'Or ! ça c'est une surprise !

Le second prix de cette grande soirée sera celui de la Tache la plus Persistante, c'est à dire la personnalité ayant obtenu le plus de votes, toutes catégories confondues (les votes collectifs ne sont pas admis). Nous avons ce soir un heureux hasard : des ex-aequo ! En effet, deux nominés ont obtenu exactement le même nombre de votes, c'est à dire plus que les autres...

Dans la catégorie politiciens, Monsieur le Président de la République Jacques Chirac...

Et dans la catégorie journaleux, et nominé pour le Ducon d'Or, Marc-Olivier Fogiel !

Qui eut cru que ces deux grandes figures, ces deux géants de la connerie seraient ex-aequo dans leurs domaines respectifs, et qu'en plus ils se feraient face ? En effet, Marc-Olivier Fogiel a eu l'occasion de co-présenter les débats télévisés entre les jeunes et Jacques Chirac au sujet de la constitution européenne, ils ont donc eu le loisir de se rencontrer, de se parler, et, qui sait, de s'échanger des recettes pour l'incompétence !

Notre troisième prix ce soir est un prix décerné à une catégorie, celle ayant reçu le plus de nominations... Pour le nombre exact, vous compterez vous-mêmes, mais le domaine le plus mûr pour un dégraissage massif est... L'Escarre du Plus Mauvais Cabotin, et ce sans même compter tout le monde à l'intérieur des nominations collectives !

Il est temps à présent d'annoncer les nominés (avant de donner le nom du gagnant... Ou de la gagnante !) au Ducon d'Or. je rappelle que tout était permis, tous les coups, toutes les bassesses, et surtout tous ceux qui les ont faits ! And the nominees are...

Philippe De Villiers, politicien aussi à droite que Le Pen, voire plus, royaliste sur les bords, dont nous avons déjà parlé, et qui a pour capitale un parc d'attraction où il prône sa version idéalisée, hollywoodienne, proprette, catho-hard et nationaliste de l'histoire de France. Continue de coller des affiches partout et de lancer des défis et des conventions dans le vide. Ri-di-cule.

Alain Delon, acteur qui se prend au sérieux, ancien symbole viril ayant la réputation de parler de lui à la troisième personne (et croyez bien que j'aurais vérifié si ça avait eu le moindre intérêt). Complètement has-been, trop vieux, tellement qu'il a joué les jeunes premiers avec Brigitte Bardot avant qu'elle n'ait la peau comme du cuir de bébé phoque tanné et mal entretenu.

Jamel Debbouze, résidu excrémentiel dont nous avons déjà fait le panégyrique à plusieurs reprises, en long, en large et en travers, tant et tant que si j'en parle encore je sens que je vais vomir... Il a déjà été primé plusieurs fois, reportez-vous aux autres descriptions. Et si vous voulez vraiment voir des choses atroces, regardez quelques épisodes de H, sa série presque parodique.

Alain Finkielkraut, mec que si le mouvement des néo-conservateurs devait avoir un chef de file, ce serait lui, mais ils n'en ont pas, donc c'est aussi bien. Intellectuel qui intellectualise dans le but d'empêcher les autres intellectuels d'intellectualiser en rond. Comme avec ceux du style Jean-François Kahn, Alexandre Adler et les autres analystes à la fois convenus et circonvolutés de la "conjoncture actuelle", on est tenté de lire et ressortir ce qu'il dit tout en ayant l'impression d'avoir pris le parti de l'intelligence, voire de la sagesse. Je ne connais pas un seul de ces gars-là qui ait vu juste dans ses prédictions et ses estimations plus de 10% du temps, alors vous faites comme vous voulez, moi je reste en dehors.

Michel Houellebecq, auteur qu'on ne peut que détester, même quand on l'aime. On en a déjà parlé, d'ailleurs, si vous vous souvenez, dans la catégorie des auteurs soporifiques... Rien de plus à dire, ce serait lui accorder trop d'influence : Il n'est pas assez intéressant pour me rendre malade une deuxième fois.

Olivier Besancenot, le con qui dit non par excellence, et nous l'avons déjà mentionné par ailleurs... Là encore, que dire ? C'est un postier, avec tout ce que ça a déjà de détestable, et en prime c'est un soi-disant gauchiste tout aussi mesquin que les autres, mais moins virulent car moins puissant. Il faudrait savoir, soit il veut une révolution, soit il veut se faire élire...

Marc-Olivier Fogiel, que nous avons déjà traîné dans la boue longuement, lui et ses acolytes. C'est réellement un être ignoble, je ne pourrais jamais assez le souligner : quand on fait une émission qui dit encourager les débats d'idées et dire "ce qu'elle pense", on essaie de ne pas la pousser de toutes ses forces vers l'affect... Résultat, "on ne peut pas plaire à tout le monde" ne plaît pas à grand monde.

Jean-Pascal, ancien jeune imbécile de la Star Académy dont le nom de famille m'échappe, qui a une personnalité quasi absente, et immature quand on la voit, qui chante mal des chansons pas drôles, et ayant fait le seul tube dont la parodie radiophonique était meilleure et a mieux marché que l'original. Sa vraie carrière a duré les dix minutes que ça a pris pour enregistrer cette bouse.

Georges-Alain, encore un de ces débiles à noms composés à coucher dehors de la Star Académy. Mais bordel, les mamans, à quoi vous pensez ? D'abord vous élevez vos gosses pour qu'ils deviennent de parfaits crétins superficiels (ça se voit à la télé), vous leur donnez des noms hideux, et pour couronner le tout vous les envoyez à TF1, la boite à cons, comme des petits mongoliens dans les monastères médiévaux ? Une seule explication : Les chiens ne font pas des chats.

Amélie Poulain, personnage fictif (Dieu Merci) incarné par Audrey Tautou dans le film éponyme avec des framboises au bout des doigts, psychopathe, voyeuse, manipulatrice au sourire sadique, passible d'atteinte à la vie privée, vol qualifié, harcèlement, peut-être même de proxénetisme, et en tout cas d'une bonne paire de claques. Ah, si seulement le boucher de cet autre film de Jeunet, Delicatessen, avait croisé son chemin...

Santa Claus, Saint Klaus, le Père Noël, Saint Nicolas, la Befana, bref, Papa Noël, lui aussi un personnage fictif (désolé de briser vos illusions), nominé sans doute parce que trop joyeux, trop débonnaire, et représentant un esprit festif particulièrement hypocrite ainsi qu'un mensonge généralisé (au fond, c'est un peu prendre les enfants pour des cons, même si ça leur fait de beaux souvenirs)... Et puis le concept "il sait si vous avez été méchant ou gentil", ça fout les boules. Oui, de Noël.

Wendy Darling, l'aînée des enfants Darling dans le dessin animé de Peter Pan, de Walt Disney, parce qu'elle cumule à la fois les pires défauts de l'archétype de la princesse pouffiasse et qu'elle n'est absolument pas drôle, jamais à s'amuser, toujours à moraliser... C'est LA petite fille modèle, essentiellement parce qu'elle est tellement plate en tant que personnage qu'elle est incapable de penser par elle-même, ce qui doit plaire à ses parents.

Ciel, la liste des nominés est terminée... Vous rendez-vous compte du choix particulièrement difficile qu'ont eu à faire les votants parmi tous les Jean-foutres célèbres du monde ? C'est pour ça qu'il y a si peu de nominés. Personne n'avait d'idées, personne ne se sentait capable de désigner, de montrer du doigt un seul être qui, de la Terre entière, était LE plus con, sans aucun doute possible. Cette pudeur vous honore tous, mais était-elle véritable ? Peu importe, les votes, si peu nombreux qu'ils aient été, furent suffisants pour faire pencher la balance pour UN SEUL nominé.

Et il s'agit de...

(roulements de tambour.......................)

Marc-Olivier Fogiel !

Oui, c'est lui le Ducon D'Or ! Nous l'applaudissons bien fort, tous en choeur. Vous rendez-vous compte, cher public ? Marc-Olivier Fogiel est le seul à avoir reçu le premier prix à chaque fois qu'il a été nominé à ce concours ! Son palmarès compte désormais le Sept de Plomb du Journaleux le plus Incompétent, le Prix de la Tache la Plus Persistante, ainsi que le très peu convoité Ducon D'Or ! A chaque fois qu'il est ne serait-ce que cité, il fait l'unanimité en tant qu'imbécile, prétentieux, agaçant épidermique, à côté de la plaque, tout ce que vous voulez... Si vous cherchez une andouille télévisée, c'est lui l'homme de la situation. Que Dieu te garde, "Marc-O", nous espérons tous que personne d'autre ne le fera.

Nous nous sommes tous bien amusés, mais il est temps maintenant, ce soir, avec vous (c'est dingue comme je fais bien Jean-Pierre Foucault...) de clore ce concours et ces remises de prix. Je voudrais me joindre au CIO pour remercier encore une fois tous ceux qui ont voté pour cette toute première édition du JEU DE LA HAINE. Bravo à tous, sans vous, rien de tout ceci n'aurait été possible.

Je tiens aussi à m'excuser auprès de ceux qui se sont emmerdés pendant des semaines à suivre ce concours débile en espérant qu'un jour le cours normal de mon Blog reprendrait, et je tiens à les assurer... que leur opinion m'est totalement indifférente, parce que je ne force pas les gens à lire mes élucubrations. C'est vrai, quoi, ça se saurait, non mais sans blague. Mais vu que le concours est fini, oui, évidemment que ça va reprendre comme avant.

Je voudrais aussi dire que pour ma part, je me suis bien amusé à récolter des résultats toujours drôles, parfois inattendus, souvent en désaccord avec ce que je pensais, et que je me suis surtout fendu la poire à pondre pour chacun de petites piques synthétiques à sujets imposés, qui m'ont forcé (et c'est plutôt bien) à me documenter sommairement sur les gens en question et à sortir de mes propres pensées dans ce Blog.

Pour m'avoir donné l'occasion de faire tout cela et surtout de présenter mon propre jeu presque télévisé, avec des invités surprise fictifs et tout et tout, merci à mes amis et lecteurs (tous mes lecteurs sont mes amis, bien sûr, même les rares que je n'ai jamais vu ! et la plupart de mes amis sont mes lecteurs aussi, ça tombe bien).

Voilà, à la prochaine, bonsoir, et à vous les studios...

18/01/2006

"I am big. It's the pictures that got small." Gloria Swanson (Norma Desmond)

Mesdames et messieurs, lecteurs et lectrices, voici l'instant suprême ! Oui, le moment est enfin arrivé de vous révéler quel est celui ou celle que vous avez élu comme pire acteur, comique le plus pathétique, bref, de décerner l'Escarre du Plus Mauvais Cabotin ! Vous avez été nombreux à voter pour de nombreux nominés, et le CIO remercie tous ceux qui se sont donnés cette peine.

Comme disait Norma Desmond sous les traits de Gloria Swanson dans l'oeuvre immortelle de Billy Wilder, Sunset Boulevard, "They took the idols and smashed them, the Fairbankses, the Gilberts, the Valentinos ! And who've we got now ? Some nobodies !"... Ce sont ces rien-du-tout qui ont été nominés, tous mauvais sans exception. Commençons sans tarder par l'Escarre du Bel Effort (le troisième prix)...

Et notre premier gagnant est... Christophe Lambert ! Le héros de tant de films d'action et d'aventure. Après avoir joué un guerrier celte (sorte de chevalier au regard croisé) dans y-glandait... Pardon, Highlander, il a prouvé qu'il pouvait jouer naturel dans Greystoke (soit, ce n'était pas vraiment un rôle de composition). Dans cet incommensurable ramassis de stupidités qu'était Beowulf (parodie de saga islandaise façon D&D et Mad Max), il a réussi à faire pire que Vercingétorix (un film fait après, qui a perdu du temps, du public et surtout de l'argent). Les suites absurdes de Highlander ont eu un improbable succès, jusqu'à lancer plusieurs séries télé (heureusement sans lui). On retirera de sa carrière et des interviews qu'il a donné quelques éléments majeurs : C'est un abruti à l'image de Jean-Claude Van Damme, il joue comme une savate, il a fait des films de merde, il est laid, et il louche. Le quinté gagnant.

Passons à l'Escarre du Pire Second Couteau, notre second prix... Il est attribué à Jamel Debbouze ! Oui, vous savez, le petit éclopé vaguement bossu et difforme, au visage mongolien, inarticulé et répugnant. C'est un miracle qu'il en soit arrivé là ou il est avec une tête pareille et une absence totale de talent, si ce n'est pour faire pitié. Eventuellement. De loin. On peut saluer la performance. Nous avons déjà parlé de ses talents de racoleur des cités, puisqu'il a été nominé dans la catégorie Réverbère de Bronze. Citons donc quelques éléments de son oeuvre d'un ennui mortel : ses sketches soi-disant comiques inintelligibles, ses altercations médiatisées avec la police, ses rôles minables et mal joués (pourtant, il n'avait qu'à être naturel dans la peau d'un con...) au cinéma, et pour couronner le tout Angel-A. Pitié, n'en jetez plus, on va me faire un procès pour atteinte aux droits de l'homme (alors qu'il a déjà porté atteinte à ses doigts, l'homme...), diffamation, insulte publique, incitation à la haine raciale, propos racistes, et a pas bien de traiter un arabe de con alors qu'on a le droit pour les autres, et tout le tintouin. Je doute que ce soit être raciste que de dire que Jamel Debbouze est un con (à moins qu'il ne forme sa propre espèce, différenciée de l'humanité, qui sait...), surtout quand on sait que d'autres acteurs tout aussi maghrébins, mais aussi turcs, noirs, juifs, libanais, asiatiques et bien meilleurs ont moins de succès que lui, et que lui-même ne se prive pas pour traiter qui il veut tout à fait grossièrement.

Enfin, voici le dernier et le plus important des prix de cette distribution, l'Escarre du Plus Mauvais Cabotin ! Et le CIO, le jury, moi-même et les nombreux suffrages s'unissent pour le décerner à quelqu'un qui le mérite amplement : Franck Dubosc ! A la fois pseudo-comique et acteur vieillissant ayant eu un sursaut nouveau dans sa carrière avec la crise de la quarantaine, il avait démarré avec une scène de nu pathétique et franchouillarde, très jeune, dans "A nous les garçons", un film oubliable des années 80. Et puis il y a eu quelques spectacles, et un rôle récurrent dans une sitcom anglaise genre "les feux de l'amour"... Cet homme est d'ailleurs une resucée totale des années 80 : il a le même humour, les mêmes références et la même garde-robe. Sans la mode des revivals, il ne serait qu'un acteur quadragénaire de plus au chômage, un vieux beau mou a la sexualité flageollante. Sans compter qu'il se prend au sérieux, cet andouille. Et il joue mal... Mon Dieu qu'il joue mal. Il est incapable de paraître naturel, il en fait des tonnes, trop... même pour les téléfilms des chaînes hertziennes. Il est devenu l'agaçant motif récurrent franchouillard et oubliable dans un certain nombre de comédies franchouillardes et oubliables de la vieille garde des acteurs franchouillards et oubliables de l'époque du Splendid (juste l'époque, même pas la troupe, hein, comme Clémentine Célarié, Patrick Timsit...). Son rôle récent le plus marquant était un passage mineur avec un personnage encore plus plat que les autres dans Iznogoud, juste histoire de mettre son nom sur l'affiche. Hélas sa carrière n'est pas terminée. Prions ensemble pour qu'il ait de moins en moins de rôles...

Mais ce ne sont pas là les seuls mauvais acteurs qui ont été dénoncés. Vous avez été si nombreux à proposer des noms et à voter pour eux, il serait dommage de ne pas les inclure tous... Voici donc VOS pires acteurs :

Thierry Ardisson, parce que, décidément, il touche à tout celui-là... Alors qu'il devrait ne plus toucher à rien, qu'il n'aurait jamais dû toucher à quoi que ce soit, qu'il touche trop de monde avec ses émissions sans pour autant toucher personne émotionnellement parlant, et qu'il touche déjà trop de sous.

Laurent Gerra, parce que ça fait longtemps qu'on avait pas eu un imitateur aussi peu drôle, qui a fait fortune en imitant très bien Johnny Hallyday en sa présence, et très mal les autres. On se souviendra de la seule chose vaguement bien vue qu'il aie fait, ses chansons. Et encore, pas toutes.

Jean Dujardin, pseudo acteur moche, calvitieux et bedonnant, très français moyen (comme si on avait envie de voir ça, il suffit d'aller dans la rue...) nominé pour "un gars, une fille", le pathétique "Brice de Nice", et tous les autres rôle qu'il a eu l'occasion de jouer dans sa minuscule carrière.

Jean-Marie Bigard, apologue grossier de la vulgarité qui a fait UN sketch dans sa vie ("la chauve-souris") et a resservi la même soupe et le même genre de blagues dans tous les autres. Ne sait pas chanter, ne sait pas jouer, ne sait pas faire rire... Mais sait très bien compter avec ses théâtres et sa boite de production.

Titoff, comique raté (enfin, allez savoir, c'est peut-être drôle, ce qu'il raconte, le problème c'est qu'il n'articule pas...), acteur raté aussi, pas spécialement beau, c'est presque l'homonyme d'un acteur porno gay avec une seule couille et une énorme bite. Ainsi donc, voilà ce qu'est devenue l'autre couille...

Anne Roumanoff, impétrante méritante pour les Queens of Moche, actrice et comique tellement nulle qu'elle aurait encore l'air de lire un texte et d'en faire des tonnes en embrassant ses enfants le matin. Elle écrit (mal) ses textes elle-même, sans doute parce que personne d'autre ne veut bien.

Arielle Dombasle, nominée pour les Queens of Moche, mais aussi gagnante du troisième prix des Défaites de la musique, nous en avons suffisamment dit sur cette dinde incompétente pour qu'elle ait les oreilles qui bourdonnent, et ce serait lui accorder trop d'importance que d'en dire plus.

Bernard Menez, notre dauphin racoleur... On peut le qualifier d'acteur uniquement parce qu'il a fait ce métier, il fut un temps, mais tout le monde s'en souvient comme d'un mauvais franchouillard télévisé... Pour plus de détails sur sa minable carrière, reportez-vous aux Réverbères de Bronze.

Jean-Claude Van Damme, parce qu'aucune liste de mauvais acteurs n'eut été complète sans ce gigantesque et cultissimme hurluberlu aux propos esthético-philosophique dignes des pires élèves de maternelle, sorte de croisement improbable entre un livre de New Age et des stéroïdes... Un vrai Belge.

Sonia Rolland, la nouvelle héroïne de la dernière bouse policière de TF1, citée pour avoir malencontreusement cru qu'une ancienne Miss France passablement quelconque (nominée uniquement pour qu'il y ait un "quota racial" de gagnantes, je parie, et ça c'est vraiment super raciste...) pouvait égaler Halle Berry.

James Best, acteur américain à la carrière exemplaire en ceci qu'elle est exempte de tout premier rôle, et que c'est inexplicablement le seul acteur américain à être nominé ici… Pour son horrible prestation en tant que Rosco P. Coltrane, le shérif de la série "Shérif, fais-moi peur". En jouant mal, c'est fait.

Cüneyt Arkin, candidat très limite, mais quand même un peu connu en dehors de son pays natal... Par dérision. Je cite un votant : "Immortelle vedette de Dunyani Kurtaran Adam, le célèbre Star Wars Turc. C'est le fils caché d'Alain Delon et Steven Seagal, mais turc." Les aficionados apprécieront.

Alain Chabat, pour l'ensemble de sa seconde carrière en tant qu'acteur, mais aussi producteur, présentateur, réalisateur, auteur, scénariste, comique, et monument vieillissant de cette télé qui a été bien et ne s'est pas renouvelée, Canal +... Et puis il y a eu Comédie, la chaîne qui déconne. Vraiment. Et c'en est triste.

Guillaume Canet, pour ses yeux de vache folle, son jeu minable, sa voix agaçante, la coiffure ignoble de ses cheveux ordinaires, et Parce qu'il est démodé avant l'heure et qu'il pense qu'il est sexy alors qu'il est quelconque. Tout nu on dirait une grenouille, et il n'est pas capable de se laisser pousser une barbe correcte.

Arthur, oui, vous avez bien lu, Arthur le journaleux présentateur déjà cité dans cette catégorie, parce que le bougre a fait un spectacle nul sur lui-même, qu'il a appelé par son nom. C'est-y-pas égocentrique, ça madame, venant d'un cuistre bedonnant à la voix cassée qui articule un mot sur trois et produit de la merde ?

Michaël Youn, monument revendiqué de la connerie, pour avoir tout pompé à Jackass et MTV, pour s'être fait pistonner de partout, pour avoir racolé encore et encore en se foutant à poils à la télé, sur scène et au cinéma, tout ça pour arriver à rien : Iznogoud, et Incontrôlable, un film à la Rob Schneider... Berk.

Sophie Marceau, incapable pétasse que Pierce Brosnan a dû supporter pendant tout un James Bond, bête comme ses pieds et qui joue tout pareil. On voyait le soulagement dans les yeux de l'agent secret lorsqu'il a tué froidement cette pauvre conne. Mais je me tais, elle a déjà été citée...

Clémentine Célarié, parce qu'elle est toujours grosse même avec Slim Fast, qu'elle joue toujours mal à la scène comme à l'écran (non qu'elle ait tant de rôles que ça ces temps-ci, le public comme les cinéastes reconnaissant l'inexistence de ses talents). Amanda Lear a dit qu'elle lui ressemblait, le matin, pas maquillée.

Fanny Ardant, parce qu'elle a un seul jeu, un seul personnage, un seul air crétin, un seul ton, une seule diction théâtralo-inefficace, et une seule voyelle (le A, elle ne sait pas dire les autres)... Par contre, on voit très bien ses trente deux dents lorsqu'elle montre son seul sourire. Qui plus est, elle vieillit.

Julie Delpy, la star incontestée (et qui voudrait lui disputer ce titre...) du film "Le loup-garou de Paris", oeuvre regrettable en tout points. Elle, elle a une sale tête et elle joue comme un cul et Sophie Marceau réunis. Elle a essayé de jouer dans d'autres films, en ce sens ou elle est dedans, mais ou elle joue mal.

Tous les acteurs de l'équipe Luc Besson, dont Mila Jovovitch, son clone suédois et ossu de Angel-A et dont le nom m'échappe (non qu'il ait jamais mérité d'être retenu), Jamel Debbouze, John Malkovitch (lequel a depuis pas mal de temps tendance à se prendre pour un acteur, inexplicablement...), et les autres.

Ouf ! Nous avons probablement oublié beaucoup d'acteurs minables, mais pour les nominés, c'est terminé. Enfin pas tout à fait, il reste un grand prix à remettre... Une seule catégorie, une seule cérémonie, celle qui couronne tous les cons. Nous nous retrouverons une prochaine fois pour la conclusion de ce concours particulièrement débile, ce Jeu de la Haine, la Cérémonie des Ducons D'Or !

All right, Mr. DeMille, I'm ready for my close-up...

15/01/2006

La musique...

Oui, la musique sera à tout jamais... La chose la plus idiosyncrasique. Je veux dire qu'on aime ou on n'aime pas tel ou tel morceau, ça ne s'explique pas. Pour paraphraser une brève de comptoir, ya pas deux mecs qui ont le même goût musical, sauf si tu fais un truc très très musical, là ça va pour les deux. Eh bien là, sans conteste, nous avons trouvé des trucs très très pas musicaux. Et ça va pour tout le monde.

Oui, Mesdames et messieurs, chers lecteurs, laissez-moi vous présenter en direct de chez-moi et sur la grande tribune aveugle d'Internet, celle ou tout le monde est sur la scène et ou personne ne regarde, la toute première cérémonie de la remise du très grand prix musical, sponsorisé par le CIO, décerné aux nominés méritants (c'est assez long, comme intro, là, ça va ?), j'ai nommé les Défaites de la Musique !

Il y a eu énormément de nominés. C'est normal, on entend des chansons de merde tout le temps, à la télévision et à la radio, c'est le principe du star system : on martèle. Certains, sans doute trop migraineux d'un tel laminage, n'ont pas hésité à soumettre plusieurs noms au comité, dénonçant avec une joie non dissimulée tous les navets qu'ils ont détesté. Les scores étaient très serrés mais nous avons pu départager les finalistes, bien que le grand gagnant de ce soir ait remporté haut la main avec bien plus de votes que les autres (mais vous verrez bien qui c'est, patience !)... Mais passons à la distribution :

Le Quart de Défaite, troisième prix de ce soir, est attribué à Arielle Dombasle, ce tas de silicone déjà nominé pour le prix de Queen of Moche... J'enjoins le lecteur avide de se référer à la description haute en couleur et en collagène qui en a été faite à ce moment là.

La Demi Défaite, second prix, est attribué à l'Adversaire, au Mal Absolu, à Celle qui Foule au Pied les Rois Déchus, à l'Ange Noir de l'Abîme Sans Fond, à la Grande Bête nommée Dragon, à la Reine des Enfers, à l'Engeance de Satan, au Rejeton Démoniaque, à ses oeuvres et à ses pompes, bref, à Céline Dion.

Enfin, et c'est loin d'être une surprise, la Défaite de la Musique est attribuée collectivement à la Star Académy, déjà récompensée du Réverbère de Bronze (au moins en partie)... Toutes années confondues. En effet, pas un seul des olibrius étant passé par cette machine à faire du cul n'est capable de pousser trois notes correctement, qu'il ait achevé ou non sa soi-disant formation. Et en choeur, c'est pire.

Ah lala... C'est fini. Déjà. Eh oui, ça se tire, hein... N'oublions pas les très très très nombreux nominés qui n'étaient pas assez mauvais ou assez célèbres pour mériter une petite place dans le gros classement :

Vincent Delerm, bonobo bobo qui, un jour peut-être, apprendra à parler, lire et écrire...

Jean-Louis Murat, autre primate, à peu près un clone du précédent, en plus cliché...

Calim... pardon, Calogéro, parce que quand on l'entend, c'est trop injuste...

Raphaël, parce qu'il a une voix d'ange hélas castré trop tard dans un siècle trop vieux...

Jean-Louis Aubert, encore un clone en Jean-Louis de la nouvelle scène française, sans rien de remarquable...

Johnny Hallyday, alias "le retour des morts vivants", gag vivant sur les poivrots, les cons et les drogués...

Benjamin Biolait, troisième clone bobo, mais avec une coupe de cheveux encore plus ignoble...

Mariah Carey, une chanteuse chrétienne à la croix de bois qui fait pute, il fallait le faire...

Lara Fabian, autre clone, cette fois-ci de la Maîtresse des Ténèbres (voir la québécoise plus haut)...

Bénabar, clone bobo numéro quatre, avec une voix de cinquante ans et un physique de quatorze...

Philippe Risoli, présentateur nominé pour "cuitas les bananas", opus d'une extraordinaire finesse...

Jean-Marie Bigard, soi-disant comique vieillissant, nominé pour "la la la", chant littérairement impeccable...

Raphaël Mezrahi, pseudo-journaliste dont on a déjà parlé, pour l'inoubliable "les carottes ça a des poils"...

Les What Four, pour la carrière la plus courte et la plus drôle (involontairement) de tous les temps...

Carla Bruni, pour sa voix qui ressemble à un vent, tantôt brise inaudible, tantôt pet malodorant...

Voilà, bon, ça c'est fait... Je vais cesser de vous casser les yeux (à défaut des oreilles, ou de quelque autre organe plus ou moins rond...) et vous dire bonsoir, et à la prochaine fois !

14/01/2006

Tu viens, chéri ?

Il va nous être difficile de faire court pour la remise de ce prix... Il s'agit d'un prix spécial ou tout le monde est éligible (enfin, quand je dis "tout le monde", je veux dire tous ceux qui sont "quelqu'un"... Je ne sais pas si je suis clair, mais comprenne qui voudra). Le seul critère de sélection est que les nominés doivent avoir fait quelque chose d'ignoble ou d'immoral pour rester ou devenir célèbre. Il s'agit, mais vous aviez deviné, du Réverbère de Bronze de la personnalité la plus Racoleuse !

Nous avions pensé inviter Régine, la vieille taulière la plus célèbre de France, mais elle n'était pas libre, elle se faisait refaire quelque chose. Certaines femmes ont comme excuse qu'elles doivent "se laver les cheveux" pour éviter un rendez-vous... Elle, elle ne peut plus depuis longtemps, alors il faut bien qu'elle trouve quelque chose. Du moins quand ça lui arrive de refuser un rendez-vous, à son âge. Finalement notre choix s'était porté pour Raymonde. C'est moins cher, et à peine moins bien... Vous connaissez Raymonde ? Mais si... Raymonde, un monument à Pigalle. Vous connaissez Guy Montagné ? Non plus ? Faites comme-si. Il n'est pas nominé mais il aurait dû. Eh bien Guy Montagné est devenu célèbre en imitant Raymonde, dite "La Grosse Raymonde". Bon, de toutes façons elle n'est pas là (remerciez le ciel...), mais renseignez-vous si vous avez de la curiosité morbide.

Au lieu de cela nous avons les impétrants du Petit Réverbère, c'est à dire le deuxième prix... Nous l'attribuons à titre honorifique à ceux qui ont récolté les quelques votes qui les sortent du lot des vulgaires nominés, mais pas suffisamment pour se hisser au rang de vulgaire tout court...

Rocco Buttiglione, homme politique italien à la fois de gauche et homophobe (comme quoi, ça n'a rien à voir !) reçoit un petit réverbère pour son hilarante dénonciation au parlement européen, qui n'a convaincu personne, mais ce n'était pas fait pour : C'était uniquement pour se faire de la pub, à lui et à son patron, le Roi des Arnaqueurs Italiens. Racoler en étant impopulaire, en disant des insanités et sans être soi-même connu, et en plus le faire pour quelqu'un d'autre et réussir ensuite à ce que tout le monde parle de vous quand même, il faut le faire !

La totalité de l'entreprise TF1 reçoit un petit réverbère parce qu'elle est la chaîne la plus regardée, la chaîne au journal incontournable, la première chaîne du pays, aux émetteurs si puissants que c'est la seule que l'on puisse recevoir partout en France, même quand les autres (pourtant nationales !) sont brouillées... Et qu'elle fait quand même de la merde et du cul. Pour comprendre, regardez TF1, un jour. UN jour.

L'agitateur/acteur/comique Dieudonné M'Bala reçoit lui aussi un petit réverbère pour son engagement hypocrite, ses propos antisémites et anti-blancs racoleurs suivis d'excuses médiatisées, pour avoir dit que l'antisémitisme n'existait pas en France et minimisé la Shoah (Comme Jean-Marie Le Pen, qu'il est censé combattre...), tout en faisant des procès pour racisme à tout et n'importe quoi. Et pour quoi faire ? Pour relancer sa carrière solo et commencer une pseudo carrière politique. C'est absolument incroyable... J'ai des amis transsexuels, hétéros, homos, beaufs, noirs, arabes, juifs, asiatiques, serbo-croates, américains, anglais, et d'autres complètement mélangés... Et LUI, il me donne envie d'être raciste.

Enfin, et non des moindres, le dernier petit réverbère échoit à Bernard Menez... Cet acteur et chanteur, déjà habitué aux tournées de superettes, en est réduit à faire des pubs pour des magasins de produits casher en gros sur la chaîne juive du câble, accompagné de filles-potiches à gros seins habillées en mères juives. Sa chanson "jolie poupée"  et ses participations au Club Dorothée lui ont assuré sa nomination, surtout quant on met ça à côté de ses heures de gloire (il a joué Molière face à De Funès à la grande époque, quand même...). Mais ce qui a vraiment fait la différence, c'est sa carrière politique dans le 15e arrondissement de Paris en tant qu'indépendant, avec des arguments à peu près comparables à une cagette de poireaux.

Tant de racolage pour arriver à pas grand chose... A part TF1, il est vrai que ce ne sont que des célébrités mineures, et on pourrait dire que TF1 n'est célèbre que parce qu'elle n'emploie que des racoleurs (et qu'elle le fait très bien). Eh bien vous n'êtes pas au bout de vos surprises, chers lecteurs, car TF1 reçoit encore un prix. Oui, un petit bout du Grand Prix d'aujourd'hui...

Le Réverbère de Bronze est attribué à toute la télé-réalité dans son ensemble ! Point de jaloux : Il s'agit d'un concept parfaitement révoltant et vicié au départ. Le Loft était déjà éprouvant (et Loana avait fait très très fort dans le genre racolage, on se souvient encore de sa laideur et de sa vulgarité qui n'aurait pas déparé un vrai réverbère et un avocat commis d'office), l'île de la tentation était encore plus putassière et brisait les ménages (même des faux, peu importe), de même que les éditions de Nice People, la Ferme, Greg la pauvre andouille, et compagnie... (Oui, et la Compagnie, aussi). La Star Académy, du fait de son côté didactique, aurait pu tirer son épingle du jeu en proposant des artistes "de qualité" (enfin, peut-être pas "bons", mais un peu meilleurs que cette merde, on ne demande pas grand chose...) sans racolage... Mais non, ils se sont vautrés dans le stupre pour, en plus, faire de la crotte commerciale. La gagnante de cette année se démarque d'ailleurs dans cette sélection et reçoit, au nom du concept même de Real-TV, en tant que son véritable symbole, le réverbère de bronze pour tous les autres. Oui, Magalie, qui n'a strictement aucune qualité si ce n'est qu'au moins elle ne mord pas (l'imbécile heureuse...), qui chante comme le veau dont elle a la gueule, est la plus racoleuse du moment : Plus que dans un squelette siliconé et lisse comme du mastic qui a un âge différent selon qu'on regarde la tête, les côtes ou les jambes, toutes les adolescentes grosses et moches (et qui chantent mal) se reconnaissent en elle, et ça, ça leur donne le faux espoir qu'elles peuvent réussir, ces pauvres dindes... Pour elles, c'est le mensonge qu'elles aimeraient croire : "moi aussi je serai une star !". Pour les producteurs, c'est la vérité suivante : "Continuez de bouffer, de grossir, de vomir, de boursoufler, et d'acheter des fringues de salopes qui ne vous vont pas, bref, d'accumuler de la merde et de la regarder à la télé, car c'est nous qui la faisons !". Et ça, c'est VRAIMENT un putain de gros racolage. Mais c'est le travail d'une grande équipe.

Mais même si ce n'est pas tout le monde qui peut prétendre au Réverbère, contrairement à la croyance populaire que tout le monde peut s'abaisser à faire la pute, il y a eu beaucoup de nominés. Bien racoler est en effet un art, et ces personnages nous le prouvent :

Roger Pierre, nominé pour toute sa carrière de mauvais acteur vaudevillesque et grisonnant...

Kylie Minogue, nominée en dépit de certaines qualités, parce que plus pute que ça à la télé tu meurs...

Frédéric Beigbeder, qu'on retrouve partout, pour les mêmes raisons que d'habitude...

L'inventeur du téléphone portable qui fait appareil photo (et bientôt les pommes de terre frites ?)...

Le directeur du CSA, nominé parce que TF1 sévit toujours, donc la censure ne fait pas son travail...

Jamel Debbouze, pour avoir racolé tous les arabes des cités et les autistes et les avoir mélangés aux yeux du public...

Bataille et Fontaine, l'un de nos Sept de Plombs, ne nous répétons pas...

Bruno Mégret, pour avoir repris traitreusement l'extrême droite à la Le Pen, en plus mesquin...

Olivier Besancenot, pour l'extrême gauche postière et molle qui attire toujours quelques désoeuvrés...

Et enfin, Richard Branson, la cinquantaine bien tassée, fondateur du groupe Virgin, qui tente toujours de faire étudiant attardé et baba cool qui s'adonne aux sports extrêmes et fait du rock... Soi-disant un jeune con qui dit merde au système et qui a réalisé son rêve, en fait un ignoble mercantile qui pousse l'hypocrisie et l'exploitation des jeunes jusqu'à vendre des capotes estampillées "virgin" dans ses magasins. Si.

Voilà, il est temps de clore cette petite cérémonie... Pour terminer, disons simplement histoire de moraliser (il faut bine, de temps en temps...) que si presque chacun est prêt à certaines concessions pour réussir, et est coupable de certaines entorses à l'éthique ou à la déontologie, nous venons de voir de véritables exploits dans ce domaine : des gens qui sont immoraux, produisent de l'immoral pour les autres, et prônent l'immoralité rien que pour être immoraux histoire qu'on parle d'eux (ce qui est en soi immoral). Bienvenue, donc, dans un monde ou, pour paraphraser le proverbe, "Le Vice est sa propre récompense" !

Moi, j'adore ! A la prochaine.

12/01/2006

Director's cut

On m'a dit (à plusieurs reprises, et des gens que j'apprécie) que ça devenait "gonflant", ces remises de prix. Bien que ce soit un terme fort, je soupçonne qu'encore plus de gens voulaient me faire la réflexion... Ils n'avaient qu'à la faire plus tôt, je ne mords pas... Pas trop. Et c'est bien normal de trouver ça ennuyeux, c'est une formule répétitive de billets d'humeur trop longs...

Mais maintenant qu'y puis-je ? Je suis lancé et je dois achever le concours. D'ailleurs ce n'est pas toujours rose à écrire, et le style s'en ressent, mais il faut toujours finir ce qu'on commence. Toutefois j'essaierai de raccourcir au maximum, et la prochaine fois, s'il y en a une, je me limiterai question catégories. Dans un souci d'économie de mots (une fois n'est pas coutume...) je vais supprimer les Invités Surprise pour passer directement aux nominés.

Aujourd'hui, le CIO distribue La Palme de Canard en Caoutchouc du Réalisateur le plus à côté de ses Pompes. Comme pour d'autres catégories, les gagnants se sont tout de suite démarqués des autres, de toutes manières peu nombreux, avec trois fois leurs suffrages ! Il y a deux réalisateurs gagnants, les autres pouvant retomber dans l'anonymat crapoteux de l'indifférence...

La Première Palme est attribuée à Luc Besson, pour l'ensemble de sa filmographie en tant que réalisateur et producteur ! Pour la petite histoire, Luc Besson est un nain adipeux et velu qui n'arrête pas de se teindre et est totalement imbu de lui-même. Jusque là, j'aurais plutôt tendance à penser que c'est moi, mais le portrait n'est pas fini. Puant d'orgueil quand on le rencontre, son fantasme compte apparemment les filles ossues qu'il replace dans tous ses films, et il s'écoute parler dans tout ce qu'il fait quand il ne fait pas quelque chose exclusivement pour le vendre (comme ses livres pour enfants, ou "Le Baiser mortel du Dragon", ou la série des "Taxi"...). Notez, ça marche bien. C'est vrai, pour un français, il a complètement réussi en jouant le jeu d'Hollywood. C'est pourquoi nous ne le blâmerons qu'un peu pour ça et beaucoup pour ses films de merde. Le Grand Bleu n'est qu'une longue et molle apologie du suicide sur fond de chant cétacé, le Cinquième Elément  un ramassis de musique techno, de couleurs qui tachent et d'ésotérisme à quatre sous du XIXe siècle, et pour Jeanne d'Arc, on me dit que cela "aurait pu être un des plus beaux films du monde s'il ne s'était pas écouté scénariser des scènes rigolotes, mais qui n'avaient rien à foutre là". Ajoutez en plus de mauvais acteurs et le tour est joué. Quant à Angel-A, on me rapporte que c'est tout aussi minable question scénario et casting, bien que je ne l'aie pas vu moi-même. Il semble que ce soit son "film profond en noir et blanc", passage obligé de tout réalisateur prétentieux qui se respecte.

La Seconde Palme ex-aequo revient à Jan Kounen, le triste réalisateur de Blueberry. Avec un seul film, il a déjà mérité la palme autant que Luc Besson, et c'est un exploit. Tout cet argent pour obtenir un film si stupide, fait par et pour les fumeurs de joints, et mal réalisé, en plus... Un bad trip toutes les cinq minutes fait avec des images de synthèses ratées. Il n'y a qu'un seul bon acteur et il est sous-employé, par ailleurs aucun personnage n'est réellement développé. Tant mieux pour Vincent Cassel, il serait incapable de tenir la distance de toutes façons. C'est soporifique, et au bout du compte toute l'intrigue (absurde et invraisemblable, mais passons) revient à la question "mais où se cache le labo ou ils produisent la came ?". Il y a même une grosse chatte mouillée et touffue à la fin, et c'est totalement gratuit. Mais la carrière de cet olibrius n'a pas commencé avec cette infecte bouse : il a aussi fait de regrettables courts-métrages dans lesquels il s'écoute parler (et se droguer, aussi). Tout ce qu'on peut espérer c'est qu'il n'aura plus de financement pour ces trop longues séances de branlette cinématographique qui se donnent des airs, ce fabricateur autoproclamé d'une nouvelle morale douteuse (et pompée à d'autres) qui se pavane au festival de Sundance comme le geai paré des plumes du paon.

Pour cette catégorie, les nominations étaient assez contradictoires, certains ne jurant que par tel réalisateur que d'autres ont détesté, d'autres nominant des gens dont ils aimaient certains films mais qui les avaient déçus... Quoi qu'il en soit voici leurs noms :

Sam Raimi, pour la série des Evil Dead, considérée comme totalement gratuite et vieillissante, et/ou les Spiderman, que certains voient comme peu fidèles à la BD et trop hollywoodiens.

Quentin Tarantino, pour Kill Bill I et II, parce qu'il aurait dû s'arrêter à Pulp Fiction ou Une Nuit en Enfer, et parce que c'était trop en faire pour de belles images gratuites et invraisemblables.

Claude Lellouch, pour Un homme et une femme, et pour l'ensemble de sa filmographie, nominé par ceux qui n'aiment pas le cinéma français mou et lent.

Micheal Bay, pour l'ensemble d'une carrière qui n'a pas l'air de vouloir s'achever, et particulièrement pour son magnum opus opportuniste et stupide, Pearl Harbor.

George Lucas, pour toute une carrière mercantile passée à ne faire que des films commerciaux qui ont très mal vieilli, à les exploiter au maximum, puis à les revamper pour recommencer sans se préoccuper de bien faire.

Jean-Paul Rappeneau, pour des films comme Cyrano de Bergerac et d'autres fleurons désuets avant l'heure des grandes heures (longues surtout...) de l'exception culturelle française dans le cinéma.

Valérie Lemercier, pour des films qu'on oublie, qu'on essaie d'oublier ou qu'on ne va carrément pas voir, et parce qu'elle devrait se cantonner à son travail d'actrice.

Christophe Gans, pour l'indicible merde que constitue Le Pacte des Loups, ainsi que pour les films subséquents qui sont tous strictement moins bons.

Stanley Kubrick, pour ses réalisations aussi longues que pédantes, pour Eyes Wide Shut (a regarder les yeux fermés...) et tous les films chiants mais précurseurs (2001, Orange Mécanique...) qui déçoivent.

Tim Burton, pour Charlie et la Chocolaterie pleine de gratuité, pour Big Fish et ses bons sentiments, pour ses Noces Funèbres à vomir, bref, pour ne plus savoir faire que de jolies images sans rien derrière.

Il est fort probable que vous soyez un inconditionnel d'un ou plusieurs réalisateurs nominés... Y compris des gagnants. Consolez-vous, vous n'êtes pas le seul à avoir des goûts de chiottes !

10/01/2006

Rions un peu avec la politique

Françaises, Français, mes chers compatriotes, après les voeux de bonne année de notre cher président (très cher, hors de prix d'ailleurs vu ce que ça a coûté à pas mal de gens de le faire élire, côté financement comme côté votants qui ont regretté...), il était naturel que nous nous retrouvions pour une nouvelle remise des prix du JEU DE LA HAINE particulièrement civique : Le Jarnac de Platine du Politicien le plus Corrompu !

(Jingle par Lully)

Pourquoi Jarnac ? A cause des mânes de notre ancien président, le plus machiavélique, le plus corrompu, le plus intrigant, le plus extraordinairement fourbe, qui est né dans cette petite ville, célèbre pour son coup en traître... Monsieur François Mitterrand, un si grand arnaqueur, trafiquant, faux jeton, impérial et retourneur de veste qu'il bénéficie encore aujourd'hui, dix ans après sa mort, d'un culte fidèle, malgré toutes les affaires qu'on découvre.

Accueillons tout de suite un invité (surprise !) qui doit énormément à François Mitterrand : sans lui son parti eut été évincé des scrutins de longtemps. Il s'est refait une nouvelle jeunesse dans son vieil âge en refilant les membres "gênants" de son groupe à un traître encore plus fourbe qui a fait sécession, et il a le "Front" de former sa dauphine de fille (d'aucuns diraient "baleine"...) à le remplacer à la tête de son parti devenu hélas respectable (à peu près comme un mafieux peut "se ranger" sans vraiment changer d'opinions)... Il est violent, borgne, populiste, laid, vieux, et sa Bretagne natale le renie avec exécration, j'ai nommé... Jean-Marie Le Pen !

Merci, merci ! Vive la France !

     Monsieur Le Pen, permettez-moi de vous dire que je suis flatté.

C'est très gentil à vous ! Mais je suis très heureux d'être ici.

     Non, c'est vrai, sans vous on ne saurait pas qui détester !

Ha ha ! En tout cas tout le monde n'est pas de votre avis : je n'ai pas été nominé pour ce prix, et je suis le chef d'un Grand Parti de Droite !

     Oui, c'est une honte, mais que voulez-vous...

En tout cas, laissez-moi vous dire que je suis content d'être reçu ici, car le Front National est banni des ondes, comme toujours, et ne peut pas s'exprimer, et ça, c'est une honte...

     Je suis d'accord... Si plus de gens entendaient la stupidité de vos propos je pense que vous auriez moins de suffrages, et on verrait que vous constituez un réel danger.

Hein ? Qu'est-ce que vous dites ?

     ... Mais ce n'est pas pour ça que le CIO vous a fait venir... Vous connaissez la Marseillaise ?

Mais... Evidemment ! L'Hymne National, tout de même !

     Bien. Alors au lieu de vous faire remettre des prix, nous allons vous demander de chanter cet Hymne avec nous, et de nous commenter les meilleurs passages. D'accord ?

Moui, c'est original. Allons-y... Mais je vous préviens, je chante très mal !

     Ce n'est pas grave du tout, de toutes façons on ne vous entendra pas à l'écrit. Allez, chauffe Marcel !

A présent, en vertu de la solennité de ce moment, levons-nous tous pour l'hymne national, dont voici les paroles complètes :

Allons, enfants de la Patrie,

Le jour de gloire est arrivé !

Contre nous, de la tyrannie,

L'étendard sanglant est levé. (bis)

Entendez-vous dans nos campagnes

Mugir ces féroces soldats ?

Ils viennent jusque dans vos bras

Egorger vos fils, vos compagnes !      Oui, ces paroles là, tout le monde les connait... Pourtant, personne ne réfléchit à ce qu'elles veulent dire : des ennemis d'autres pays nous en veulent, les Américains sur le plan économique, les Islamistes bien sûr, et même au sein de l'Europe, ces pays qui veulent avaler notre nation, nos traditions, nos particularismes, l'exception Française !

     Aux armes citoyens,

     Formez vos bataillons !

     Marchons, marchons,

     Qu'un sang impur

     Abreuve nos sillons !     Quel joli refrain ! Je ne comprends pas pourquoi les jeunes ne le chantent plus, il y a du sang, des tripes... Peut-être que c'est parce que ce vieux singe de Giscard l'a ralenti exprès.

Que veut cette horde d'esclaves,

De traitres, de rois conjurés ?     Oui, que veulent nos gouvernants corrompus, hein ? Que veulent-ils ? Encore plus d'argent, un autre quinquénnat ? Jusqu'où iront-ils ?

Pour qui ces ignobles entraves,

Ces fers de longtemps préparés ?     Ils veulent vous garder dans l'ignorance, ils vous mentent depuis longtemps, oui, c'est un grand complot, entre les francs-maçons et les juifs, sans oublier les invertis !

Français, pour nous, ah ! Quel outrage !

Quel transports il doit exciter ?

C'est nous qu'on ose méditer

De rendre à l'antique esclavage !     Et je restaurerai le pouvoir d'achat, aussi !

Quoi ? Ces cohortes étrangères

Feraient la loi dans nos foyers ?     Oui, ces hordes venues du Tiers Monde, si étrangères à nos racines, à notre culture et dont la France, qui en peut pas les soutenir et les nourrir tous, n'a que faire, qui osent venir ici nous prendre nos honnêtes gagne-pains alors que de bons français crèvent de faim ! On n'a pourtant pas le droit d'en dire du mal, sinon nous sommes taxés de racisme, alors qu'eux ne se gênent pas pour descendre les blancs...

Quoi ? Ces phalanges mercenaires

Terrasseraient nos fils guerriers ?     ... Et je ne parle pas de ceux qui créent l'insécurité dans nos rues, dans nos banlieues, ou des français, qui sont souvent sans travail, rasent les murs dans la peur, n'ayant aucun moyen de déménager, ne se sentent pas ne sécurité dans leur propre maison ! Ces nids d'intégristes islamistes, ces parasites, ces mauvaises graines qui quémandent ou volent les fonds publics grâce à la corruption et aux médias pour construire leurs mosquées, leurs dortoirs pour drogués...

Grand Dieu ! Par des mains enchaînées

Nos fronts sous le joug se ploieraient ?

De vils despotes deviendraient

Les maîtres de nos destinées ?     ... Et ces gens qui demandent des papiers pour procéder à leur immigration de peuplement, qui demandent le droit de vote pour les détenteurs de carte de séjour, devrions nous les laisser nous prendre notre pays ?

Tremblez, tyrans, et vous perfides,

L'opprobre de tous les partis !     Vous voudriez faire croire à tout le monde que NOUS, au Front National, nous sommes haïs de tous, mais ce n'est pas vrai ! vous nous diabolisez parce que nous disons tout haut ce que de plus en plus de gens murmurent tout bas. Nous ne sommes plus seuls, et notre message, contrairement à celui des soi-disant grands partis, n'a jamais changé !

Tremblez, vos projets parricides

Vont enfin recevoir leur prix !     A la prochaine élection, nous vous battrons !

Tout est soldat pour vous combattre :

S'ils tombent, nos jeunes héros,

La France en produit de nouveaux,

Contre vous tout prêts à se battre !     Notre montée au pouvoir est inexorable ! Sieg Heil ! Euh… Ahem… Excusez-moi, ça m’a échappé.

Français, en guerriers magnanimes

Portez ou retenez vos coups.

Epargnez ces tristes victimes

A regret s'armant contre nous.     Mais chacun a le droit de voter en son âme et conscience. N'en voulez pas aux français égarés par la langue de bois et les discours démagogiques de mes concurrents.

Mais ces despotes sanguinaires,

Mais ces complices de Bouillé,

Tous ces tigres qui sans pitié

Déchirent le sein de leur mère !     ... Même si le bon sens commande de mettre bas ces dirigeants, de droite comme de gauche, ces ministres inactifs qui s'en mettent plein les poches au lieu de penser aux vrais problèmes de la France des français !

Nous entrerons dans la carrière

Quand nos aînés n'y seront plus,

Nous y trouverons leur poussière

Et la trace de leurs vertus.     Souvenez-vous des grands héros de notre grand pays, Jeanne d'Arc, Charles de Gaulle, le Maréchal Pétain, Laval...

Bien moins jaloux de leur survivre

Que de partager leur cercueil,

Nous aurons le sublime orgueuil

De les venger ou de les suivre !     Ah, c'était le bon temps ! Maintenant ce qu'il leur faudrait aux jeunes, c'est une bonne guerre...

Amour sacré de la Patrie,

Conduis, soutiens nos bras vengeurs

Liberté, Liberté chérie,

Combats avec tes défenseurs !     J'aime cette vision de la liberté, active, qui n'hésite pas à conquérir et frapper... Parce que pour vivre libres, il nous faut notre espace vital, n'est-ce pas... C'est pour cette raison que nous ne pouvons plus accepter d'immigrés, c'est pour cette raison que nous les avions colonisés au départ. D'ailleurs ça leur a fait beaucoup plus de bien que de mal !

Sous nos drapeaux, que la victoire

Accoure à tes mâles accents,

Que tes ennemis expirants

Voient ton triomphe et notre Gloire ! Vive la République, et Vive la France !

Ah, quelle jolie chanson !

     Oui, vous êtes tout ragaillardi...

Finalement je me suis bien amusé.

     Et c'était très informatif pour nous sur votre programme.

Ha ha ! Hélas il faut que je m'en aille, j'ai un meeting avec des militants...

     Quel dommage, on s'amusait si bien.

Je peux peut-être rester si vous voulez...

     NOOON ! Euh... Je veux dire... Non merci.

Enfin, merci de m'avoir reçu, cher monsieur, au revoir !

     Au revoir...

Après ce très instructif petit interlude, rasseyons-nous... Invoquons une minute de silence parce que ça repose, et pour méditer les paroles de Benjamin Franklin : "Une société prête à sacrifier un peu de sa liberté contre un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre et finit par perdre les deux."... Ahem. On a les dirigeants qu'on mérite, et l'hymne national qu'on veut bien avoir. Voilà, fini.

Mais il est plus que temps d'ouvrir les enveloppes des gagnants de ce concours ! Tout d'abord voyons à qui est décerné le Jarnac d'argent, troisième prix de la compétition... J'ouvre l'enveloppe... Roulements de tambour... Ce sont trois gagnants, bravo à eux ! Il s'agit de François Bayrou, Roselyne Bachelot et François Hollande !

François Bayrou, l'air bête et plein de vent, est un homme politique contradictoire chef d'un parti centriste du style "faisons un sondage pour voir où vont les français, histoire que je me mette devant pour les diriger". Hargneux sur des broutilles, il est tout aussi corrompu que les autres mais sans la moindre envergure. C'est notre gagnant numéro 1, il a une belle tête de vainqueur !

Roselyne Bachelot-Narquin, pharmacienne et fille de gaulliste, âme damnée et porte parole moche de l'UMP et avant cela du RPR, et avant cela de ce que c'était avant, sans doute depuis le XVIIIe siècle... Elle a réussi à se faire un nom dans la politique tout en n'ayant aucune cause bien à elle, aucun créneau si ce n'est de suivre l'éléphant De Gaulle, puis Chirac...

François Hollande, notre troisième gagnant, est nominé ici pour sa simple incompétence. Rappelant Charlie Brown, il a un côté "qu'est-ce que je fous là ?" plutôt incongru. Il n'ira jamais loin, et c'est tant mieux : C'est le seul chef d'un grand parti qui reste parfaitement incapable d'être ne serait-ce qu'un tout petit peu présidentiable. On n'en voudrait même pas comme ministre.

On a déjà une belle sélection, mesdames et messieurs... Qui donc a pu dépasser en corruption ou en incompétence ces trois clowns à la poursuite des voix perdues ? Ouvrons donc pour le savoir l'enveloppe d'or du Jarnac D'Or, second prix de notre soirée... Et c'est... Charles Pasqua !

Oui, un grand bravo à Charles Pasqua, ancien ministre de l'intérieur et super parrain de toutes les mafias, affairiste véreux réputé, ne mâchant pas ses mots, sont l'erreur a été de s'allier successivement avec Edouard Balladur et Philippe de Villiers, deux hommes complètement à l'opposé de son caractère, alors qu'il était en quête de popularité. Le voilà nominé pour avoir à la fois inventé et justifié l'expression "les subventions à la mallette noire". C'est le maître de l'arnaque politique, ne l'oublions pas, et le premier populiste du Sud, avant même Bernard Tapie, et bien qu'il ait disparu de la trop haute politique ces derniers temps, tous s'en souviennent comme un ministre Mitterrandien avec un sentiment ambigu de haine et d'amour...

Dans la foulée, voyons maintenant à qui échoit le Jarnac de Platine.

Il a tellement de casseroles au cul que c'en est risible, presque tous ses plans capotent lamentablement, à l'étranger comme dans notre pays, il a attendu des années pour avoir ce boulot et s'aperçoit maintenant qu'il aurait mieux fait de se retirer avant... Il s'agit d'un grand homme, mesdames et messieurs... Il est loin devant tous les autres, avec le double, oui, le DOUBLE des suffrages obtenus par le second prix... Son impopularité est extraordinaire, sa corruption légendaire, son incompétence nous fait rire chaque jour... Il s'agit de Monsieur le Président de la République Jacques Chirac ! (Et je vous jure que je n'ai pas truqué les résultats, je n'ai même pas voté pour lui à ce concours !)

Incroyable, improbable, extraordinaire... Il a dépassé Charles Pasqua, il a enfoncé Kim Jong Il, George W. Bush, Marine Le Pen et Jean-Pierre Raffarin (un seul vote chacun !), et quant à Jean-Marie Le Pen et Sylvio Berlusconi, Tony Blair, Fidel Castro, Vladimir Poutine, Saddam Hussein, le président Iranien Amadinejad, Bouteflika, Laurent Gbagbo, n'importe quel leader terroriste et Dieu sait qu'il y en a, Jörg Haider, Nicolas Sarkozy (pour l'amour du Ciel, à quoi songiez-vous ?!)... Tous ces gens-là n'ont même pas été nominés ! Je m'interroge...

Voyons tout de même ceux qui ont reçu au moins un vote, ne serait-ce qu'un seul petit vote antipathique pour cette catégorie ou peu de gens ont voté, ne sachant que choisir, alors que tant nécessitaient une nomination.

Dominique Marie François René Galouzeau De Villepin, le faux mannequin l'Oréal déconnecté de la réalité dans son hôtel particulier du XVIIe (arrondissement, hein...), stratège de la dissolution du premier septennat de Jacques Chirac... Il ressemble de plus en plus à un zombi et de moins en moins à un premier ministre.

George W. Bush, le texan fou, président des Etats-Unis et Shérif du Monde, cuistre pétrolivore et illettré incompétent... Que dire de plus si ce n'est qu'il est cent fois plus corrompu que Jacques Chirac ? Mais que voulez-vous, un vote est un vote.

Jean-Pierre Raffarin, que notre ami Nikolavitch a surnommé l'ex-bossu de Matignon, quasimodo citant Lorie en guise de programme politique, impopulaire qui s'est longtemps accroché et qui n'a eu, pour toute cette détestation accumulée, qu'un seul vote !

Robert Hue, surnommé Grincheux ou Barbe-à-poux, à la fois l'oeil de Moscou et le nain du jardin, a hérité du parti communiste comme d'une vieille ferraille bonne pour la casse. Il l'a repeinte en rouge-rosé tant bien que mal (la pauvre carcasse ne supporte plus les révolutions...) mais tout ça ne roule pas très bien.

Laurent Fabius, l'homme de toutes les contradictions : D'abord fils d'antiquaire qui se tourne vers la politique, puis ministre de gauche à la politique de droite, enfin artisan de Maastricht et avocat du "non" à la constitution européenne !

Marine Le Pen, dont nous parlions tout à l'heure, qui aurait sans doute dû être un fils... Elle a les épaules larges et le physique bovin de son papa. Suffisamment pour reprendre le flambeau bleu-blanc-rouge ?

Olivier Besancenot, dont nous parlerons encore plus tard car il est nominé dans une autre catégorie (et nous ne vous dirons pas laquelle, petits sacripans !), facteur révolutionnaire abruti, tout est dit...

Raymond Barre, ex-ministre mou, professeur d'économie mou, risée de tous, caricature d'un autre âge (non, encore un autre... juste avant... voiiilà, le bébête show et les débuts des guignols, vous y êtes !).

Philippe de Villiers, demi-royaliste à la fois chiant et chouan ayant fait d'un parc d'attraction sa capitale, d'une version idéalisée de l'histoire de France son programme (les Rois n'étaient pas corrompus, ben voyons...), et de Famille Chrétienne son idéal... "Dieu est son Droit". Heureusement, nous sommes laïcs...

Kim Jong Il, mon préféré, méchant dans Team America, premier dictateur communiste héréditaire de l'Histoire, qui a été jusqu'à kidnapper un réalisateur asiatique populaire pour le séquestrer en vue d'apprendre à tourner des films, sacré meilleur athlète et sportif du monde en Corée du Nord (vive le contrôle des médias...) et cultissimme (de sa personnalité en tout cas), compositeur et écrivain, avec les plus belles filles (menottées ?) à son bras trop court... On dirait un méchant de James Bond : on voudrait inventer quelque chose de plus extravagant ou psychopathe, qu'on ne le pourrait pas.

Voilà, c'est maintenant la fin de cette distribution des prix... Soyez fiers de vos votes, car ils resteront secrets. Après tout, beaucoup de votants ne savaient pas pour qui voter, n'ont pas pensé instantanément à tous les hommes politiques qui l'auraient mérité, et beaucoup d'autres n'ont rien voté, ne sachant que choisir. D'autres enfin ont cru que seuls les français avaient accès à cette catégorie... Quoi qu'il en soit, les urnes ont parlé : S'il s'agissait d'un échantillon représentatif de la population je m'inquièterai, mais ce n'est sans doute qu'une erreur statistique. Vous préférez apparemment Kim Jong Il à Jacques Chirac, et personne ne déteste assez les dictateurs et les despotes pour les citer. Alors que tous s'appliquent à dénoncer Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen, Bruno Mégret et les fascistes de tous les pays, les exterminateurs de Kurdes, les anti-gays arabisants, les méchants Serbes, les Israéloïdes et les Palestineux, les lobbys racistes et les syndicats soi-disant non-politiques qui font pression sur le gouvernement, vous évitez soigneusement de les citer pour leur préférer des gens sans la moindre envergure, presque comiques ou complètement éteints comme Olivier Besancenot et Raymond Barre. Mais je me tais, j'ai promis de respecter les suffrages et les votants même si je ne suis pas d'accord... Par contre ce n'est pas demain que je reproposerai cette catégorie, c'est trop déprimant. A bon entendeur, salut !

09/01/2006

Sans transition...

Après une trop longue pause, nous nous retrouvons une fois de plus, mesdames, mesdemoiselles et messieurs, pour une remise de prix haute en couleurs... Qu'elles soient imprimées ou télévisées, ou même décrite verbalement à la radio, ce sont les joyeuses couleurs du JEU DE LA HAINE qui continue ! Oui, il est temps de remettre ce soir le Sept de Plomb du Journaleux le plus Incompétent !

(Jingle 7 sur 7)

Tout d'abord, je voudrais vous remercier, tous autant que vous êtes, d'avoir voté, et surtout de vous tenir informés de l'actualité des médias. Le nombre de nominés dans cette catégorie est l'un des plus importants, ce qui reflète des goûts divers mais aussi de très nombreuses sources d'information chez les votants, dans tous les médias. Félicitations, vous regardez suffisamment la télé pour la détester !

Accueillons à présent l'invité surprise qui va présenter nos prix, puisque c'est après tout son métier. Cet homme aux cheveux gelifiés s'est fait une spécialité, sur LCI, de passer pour un grand reporter en restant derrière son bureau. Il interviewe par téléphone ou en personne des gens importants en leur posant de mauvaises questions histoire de leur faire dire ce qu'il veut, les contredisant et se fichant de leurs réponses. Son journal, sobrement intitulé "Journal du monde" devrait, pour faire bonne mesure, s'appeler "Le monde selon lui" tant il compte uniquement ses opinions, qui se veulent le bon sens et ne sont que le sensationnel... Bravo à lui pour sa merveilleuse carrière et pour être venu ici ce soir : Vincent Hervouet !

Bonsoir mesdames et messieurs et bienvenue à cette édition.

     Alors, Vincent Hervouet, ça va les chevilles ?

Très bien merci. Sans transition, passons à la remise du Sept de Plomb...

     Hôla, hôla, hôla... On se calme, on a deux prix avant de remettre celui-là.

Ah ? Mais...

     Oui, on a le sept de plastique, troisième prix, et le sept de bois, deuxième prix.

Mais alors je ne recevrai pas mon prix avant la fin de la soirée ?

     Vous n'êtes pas nominé, vous n'êtes même pas dans le classement.

HEIN ? Qu'est-ce que c'est que cette arnaque ?!

     C'est pour ça qu'on vous a appelé pour présenter. C'est comme ça.

Mais j'ai droit à une récompense, vous m'aviez dit que c'était pour une récompense...

     C'est la récompense du journaliste le plus nul, vous n'aviez pas entendu ?

Ah ? Dans ce cas d'accord.

     Oui, enfin ça ne veut pas dire que vous ne la méritez pas, ça veut juste dire qu'il n'y a pas assez de gens qui ont pensé à vous pour la décerner. Pour ça il faudrait que vous soyez un peu connu ou remarquable.

Mais, qu'est-ce que c'est que ce langage ?

     Je fais mon métier de présentateur... Et d'ailleurs je vous ressers votre soupe.

Mais... Mais... On ne peut pas dire ça à l'antenne...

     Alors là, et d'une, on s'en fout, on est sur Internet; et de deux, vous en avez sorti de bien pires à des gens aussi importants que des chefs d'état.

Allons, on ne peut pas me comparer à un dictateur africain !

     Non, c'est vrai, vous n'êtes pas assez important. Allez allez, on active, les prix.

C'est un scandale !

     Allons ! Sinon on ne vous paie pas. C'est vous qui vouliez speeder tout à l'heure...

Grmbl... Bon. Alors, mesdames et messieurs, pour le sept de plastique, les lauréats sont... Laurent Ruquier, Bataille et Fontaine !

     Eh ben voilà, c'était pas si difficile. Vous voyez que c'est simple de bien présenter.

Notre premier sept de plastique, Laurent Ruquier, prouve s'il en était besoin que les gays n'ont pas tous bon goût, et ne sont pas tous de grands artistes. Galvanisé par ses premiers succès, c'est le premier à rire gauchement de ses blagues, télévisées ou radiophoniques... Il les publie dans des tout petits livres "best of" (ça fait moins de travail) qui évoquent plus les roucasseries que les pensées de Pierre Dac ou de Jean Yanne. S'il fait un bon mot (ce qui arrive de moins en moins) c'est toujours pour moraliser grâce à un esprit pédant, comme le gauchisant qui pète dans la soie qu'il est. C'est bien simple, ses co-animateurs comme ses invités lors de ses émissions de radio ou de télévision sont là uniquement pour le mettre en valeur : Sinon, pourquoi s'encombrer, dans des émissions dites culturelles et intellectuelles, d'un gay fan de bourriquet, d'une vieille gâteuse, d'une jeune pouffe inepte, d'une ancienne des grosses têtes, d'un dessinateur sorti du catalogue de l'homme moderne, ou pire encore, de Raphaël Mezrahi ? Non, Laurent Ruquier non plus ne peut pas plaire à tout le monde.

Pascal Bataille et Laurent Fontaine, deux animateurs radio et télé qui auraient pu être primés dans la catégorie King of Moche, font sans cesse de nouvelles émissions, trouvant chaque jour de nouvelles manières de torturer leur public. Leurs rires agaçants et leurs shows préparés sont apocalyptiques, et leur dualité leur permet de rebondir l'un sur l'autre dans des répliques toujours plus stupides. C'est à eux qu'échoit le sept de plastique, grâce à leur goût pour le voyeurisme, proclamé haut et fort par des petites émissions pour de trop petites gens, telles Ya que la vérité qui compte (c'est l'hôpital qui se moque de la charité... Des "anonymes" qui versent dans le sentimentalisme et la confession), Ya pas photo (non, c'est clair ! Des témoignages sur des aventures "extraordinaires" complètement bidons...) et Zéro de conduite (on dénonce le défaut d'une personne et on impose un défi pour le corriger en public... Charmant.), sans oublier Drôle de petits champions, sorte de resucée de l'école des fans mais avec des talents plus divers.

Tout de suite le deuxième prix, le sept de bois.

     Je n'aurais pas dit mieux.

... Et il s'agit de notre confrère Thierry Ardisson !

     Tout à fait, Thierry.

Comme le précise sa biographie récemment publiée, il n'a pas changé le monde mais il s'est bien amusé. Tant mieux pour lui, et tant pis pour nous. Vaguement noble, monsieur D'Ardisson a préféré retirer sa particule tout en montrant son royalisme à la fois tendance, cul-pincé et superficiel. Normal, pour de la gauche-caviar soixante-huitarde. Ses émissions, ses articles et tout ce qu'il produit sent le racolage à plein nez, tant et tant qu'il a été nominé à l'Escarre du plus mauvais cabotin (gagnera-t-il ?), et qu'il a failli participer à la catégorie des écrivains et à celle du réverbère de bronze de la personnalité la plus racoleuse. Il l'était beaucoup en son temps, racoleur, et le magazine Entrevue l'est toujours... Mais il a cédé la place à des gens plus à la mode, moins assagis et encore plus impertinents que lui. Voilà pourquoi il n'a que le sept de bois, parce qu'au fond il n'est plus à la mode.

Et tout de suite, le premier prix, le sept de plomb.

     Toujours aussi expressif et original, vous, hein...

Pardon ?

     Non, rien.

Il s'agit de notre confrère Marc-Olicier Fogiel !

     On l'applaudit bien fort ! Il n'est pas habitué.

Marc-O, comme on l'appelle couramment, est présenté comme le Kwisatz Aderach du PAF, l'élu de la télé, bref, un super animateur. Il a même interviewé le président Jacques Chirac dans une émission censée éduquer les jeunes face à la constitution européenne. Mal, certes, mais c'est déjà un miracle de piston qu'il ait eu le job. Pistonné, il l'est. Il a bien mené sa barque : il est gay et juif, deux minorités en vogue dans le milieu de la télé (les juifs ont toujours été là, voyez Michaël Youn, et les gays montent en puissance car c'est un créneau prometteur, voyez PinkTV) en plus d'être opportuniste, ce qui est toujours récompensé dans ce milieu. Il est passé d'assistant à animateur en se faisant des relations, et il a monté sa propre boite de production. Il a racheté son horrible sbire ventripotent au rabais (Guy Carlier, déjà Jack of Moche, ce qui fait de l'émission de Marc-Olivier la plus primée de ce concours, belle performance !). Une progression exemplaire chez un être aussi jeune et aussi agaçant : Autant Jean-Luc Delarue est un roquet à la jambe des vrais journalistes, autant lui est un roquet au mollet de Jean-Luc Delarue. Mais qu'a-t-il vraiment fait ? Une émission minimaliste sur Canal +, laquelle était plus une redite du zapping qu'autre chose, et puis il a volé toute la sanie télévisuelle que Thierry Ardisson avait éructé pour en faire de vagues clones d'émissions transfuges, mais qui marchent puisque Thierry Ardisson s'essouffle (on vient de le voir). Mais même à ce jeu, c'est un incompétent. Il a engagé Guy Carlier pour se mettre en valeur (c'est quelqu'un de plus laid et de moins drôle que lui, et c'était difficile à trouver sans tomber dans les lépreux en phase terminale...) mais ça ne marche pas. Son émission consiste à faire un petit laïus censé descendre ses invités sans même avoir lu ou vu ce qu'ils ont fait (sinon ça marcherait un tant soit peu), sans même écouter leurs réponses quand ils peuvent en placer une. Et il est vital pour Marc-O qu'ils se taisent, sinon c'est lui qui est mort, vu que ses invités savent en général se défendre. Même contre Pascal Sevran, ce dinosaure, Marc-Olivier Fogiel s'est fait rétamer en deux phrases, lesquelles ont prouvé qu'il n'avait pas lu le livre, pas préparé l'interview, et qu'il n'était qu'un avorton arriviste. Face à sa question grossière et évidente "Cela vous embête que Libé dise du mal de vous ?", le chanteur Renaud, pourtant pas toujours très fin, a répondu adroitement "Ben tiens, ils diraient du mal de toi que je m'en foutrais complètement."... Oui, les téléspectateurs de Marc-O le regardent uniquement pour voir de quelle façon il sera mis KO. C'est bien simple, il est arrivé plusieurs fois que, sous les applaudissements du public, alors que Marc-O était perdu dans son soliloque préparé, les invités discutent entre eux puis s'en aillent en rigolant, laissant là ce triste sire sans accorder la moindre importance, par une réponse quelle qu'elle soit, à ses flatulences buccales. Pour tout cela, je suis tout à fat de l'avis du public et du CIO, je crois honnêtement que jamais une récompense n'avait été aussi méritée que ce sept de plomb du journaleux le plus incompétent.

Et à présent que, dans un souci d'efficacité, sans doute, Vincent Hervouet est parti avec ses sous, il est l'heure de saluer tous les autres nominés, ceux qui n'ont pas été châtiés pour leur nullité mais que nous ne portons tout de même pas dans nos coeurs. Zappez sur...

Nikos Aliagas, présentateur grec et gras qui n'a rien fait de bon depuis qu'il a laissé Christine Bravo, et qui donne dans le sensationnel et le people grâce à la Star Academy...

Philippe Val, (et je cite un votant), "mandarin prétentieux, sentencieux, imprécatoire, incohérent et sans couilles", ce qui, même en travaillant à Charlie Hebdo, est un exploit...

Edwy Plenel, ainsi que tous ses petits co-présentateurs visqueux et nerveux de ses émissions culturelles sur LCI, parce qu'il cochonne dans Le Monde et que ce frisé moustachu est tout simplement insupportable...

Daniela Lumbroso... Bon, ça se passe de commentaire. Faire pute à son âge, passer dans de telles émissions à son âge, se prendre pour une journaliste alors que c'est encore une potiche, à son âge...

Elizabeth Quin, critique cinéma (déjà, c'est une tare...), journaliste et auteur d'un court (très court...) roman, absolument hideuse et énervante, impertinente au sens premier du terme : pas pertinente du tout.

Jean-Marc Four... Je vais encore citer texto un de ces votants qui me fournit une bile si riche, pour parler de cet animateur radio : "Présentateur du 13-14 sur France Inter qui utilise son journal pour inviter ses amis policiers, juges, gardiens de prison ou responsables politiques à évoquer son sujet préféré : l'insécurité. Quand il tourne dans les couloirs de la maison ovale de Radio France comme un hamster dans sa cage, une plaisanterie pourrait lui servir de credo : Pour un journaliste, l'impertinence c'est la flatulence."

Nelson Montfort, commentateur sportif incompréhensible, certes, mais dans deux langues différentes. De toutes façons, comme tous les commentateurs sportifs, il n'a rien à dire et fait du remplissage entre deux interviews.

Michel Field, sorte de tas qui s'enfonce progressivement dans son âge, avec une pipe qui dépasse, et qui se prend pour un philosophe et un grand esprit littéraire, juste au dessus de BHL et en dessous du singe dans l'évolution.

David Pujadas, un petit brun qui serait aisément remplacé par un bout de bois, question présentation. Il cherche à imiter Patrick poivre D'Arvor, sans espoir de battre son record puisqu'il vieillit en même temps.

Rachid Arabe... Si, si, il existe, il était animateur sur France 2. Avec un prénom pareil, on va encore m'accuser de jouer sur les stéréotypes, mais non, c'est son vrai nom.

Arthur, personne dont on ne veut même pas connaître le nom de famille, nominé pour avoir fait pire que Sabatier avec les Enfants de la Télé, puis avoir fait pire que Lagaf sur TF1 à la même heure...

Frédéric Beigbeder, eh oui, encore lui... C'est le monsieur Dusnob du journalisme. On pourrait dire de lui que dans toute sa carrière il n'avait rien à prouver à personne. Et il l'a prouvé.

Stéphane Bern, eh oui, nous ne l'avons pas oublié... Dans la famille roquet, je voudrais le caniche nain abricot. Et c'est ça qui veut remplacer Léon Zitrône dans une resucée de Jours de France...

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! Retenez bien tout ce qu'on vous a dit, et surtout ne soyez pas étourdi... Euh, non, c'est pas ça. Enfin, bref, il est temps de nous quitter, à la revoyure pour d'autres remises de prix aussi joyeuses que celle-ci, et peut-être même plus !

05/01/2006

Vieille Canaille...

Pleurons, mes amis, pleurons sur la tombe du seul détenteur de ce titre, le premier, le plus grand, le plus laid. Pleurons sur Feu Serge Gainsbourg, ce génie. Mais pas trop quand même, car aujourd'hui nous allons distribuer ce prix tant attendu, la Couronne du King of Moche !

(Jingle bells)

Pour présenter ce titre ô combien convoité, je vais accueillir l'actuelle Queen of Moche de France. Elle a manqué de peu le titre mondial, uniquement parce qu'elle sait bien se coiffer. Je voudrais que vous fassiez un tonnerre d'applaudissement à la première dame de France, madame Bernadette Chirac, née Chodron de Courcel !

(Jingle marseillaise !)

     Madame la première Dame, c'est un grand honneur de vous recevoir ici !

Mmmh... Merci infiniment, oui... Merci à vous. Tout l'honneur est pour moi, vous savez !

     Du tout. Nous sommes indignes de votre présence... Mais...

Ne cherchez pas à me baiser la main, jeune homme, elle est vissée au sac à main, on n'y peut rien.

     Ah, veuillez m'excuser.

Et je suis très flattée d'être ici avec vous, et tous ceux qui ont voté pour ce concours, pour décerner ce prix magnifique, fruit d'une initiative saine comme on aimerait en voir plus souvent en France... Les concurrents ont tous mérités mon accolade, au nom de notre pays tout entier qui les remercie !

     Merci, c'est très aimable à vous, le CIO est confus, je suis confus...

Si, si, d'ailleurs c'est exactement ce que dit mon mari.

     Il dit ça ?

Oui, il le dit souvent, qu'il est confus. D'ailleurs tout le monde le dit.

     Ah, oui, évidemment.

Quoi qu'il en soit cela me fait très plaisir de remettre ma couronne à quelqu'un d'autre, même si je suis un peu triste de ne plus représenter cette catégorie.

     Vous serez toujours dans notre coeur comme une Grande Dame de la laideur, madame Chirac.

Oh merci, merci mille fois !

     Mais nous parlons, nous parlons, et l'heure tourne ! Bien que nous appréciions votre compagnie, il faut à présent ouvrir la première enveloppe.

Certes... Ce sont les valets, le troisième prix. Ciel ! Il y a quatre Jacks of Moche, ex-aequo !

     Oh, bravo à eux ! Mais qui sont-ils donc ?

Eh bien ce sont quatre valets, quatre moches, quatre hommes...

     Oui ? Quel suspense !

J'ai nommé... Messieurs Sébastien Folin, Sim, Rowan Atkinson et Guy Carlier !

     Mais c'est fantastique !

Tout à fait, d'autant que Sim est un vieil ami et concurrent de longue date pour le titre ! Quel bonheur de le voir encore sur le devant de la scène, à son âge.

     Parlez pour vous, il y en a qui ne sont pas habitués... Mais voyons donc ce qu'on fait nos Jacks of Moche pour emporter le prix :

Sébastien Folin présente la météo sur TF1 et est aussi l'excuse raciale de la chaîne, pour qui ça fait bien d'employer des gens qui ne sont pas spécialement "gaulois", d'autant que c'est une obligation légale. Il est superbe et extrêmement sexy si vous aimez le genre basané, typé, cheveux luisants et barbe. Ses kilos en trop, qui se sont accumulés dés que son poste a été plus ou moins assuré, sa voix mal placée, et surtout sa visibilité totale sur la plus grosse chaîne à l'heure de plus grande écoute dans l'émission que tout le monde regarde lui assurent une bonne base de suffrages composée de gens qui ne l'aiment pas. Ce qu'il n'a pas en laideur de corps, il le compense par l'arrivisme (malgré un professionnalisme certain) et le fait que beaucoup de gans le détestent simplement de façon épidermique... Le pauvre garçon.

Rowan Atkinson, en tant qu'anglais, partait avec un net avantage dans ce concours. Grâce à ses grimaces et à son jeu d'acteur évitant habilement la composition, ses rides qui s'empilent et ses airs volontairement ringards, ses traits élastiques qu'il pince quand il n'y fait pas attention, sa diction impeccable et très agaçante, et surtout ses films extrêmement mauvais aux gags répétitifs complètement resucés de ses émissions de télévision (lesquelles commencent à dater...), il arrive en troisième place de ce concours de laideur. Il faut dire que pendant tant d'années, il s'est appliqué à mettre comiquement en valeur toutes ses prédispositions à la mocheté (et elles étaient nombreuses). Ce qui l'a achevé : C'est un ancien camarade de classe de Tony Blair. Il a dû lui donner des conseils... Bel effort !

Il était pourtant difficile de rivaliser avec Sim. Cet homme est une institution, un monument, une balise, une véritable allégorie de la mocheté ! A lui seul, il est l'exception qui confirme la règle qui dit, à l'étranger, que les français sont beaux et romantiques (du moins est-il seul depuis que Ticky Holgado est décédé). De son vrai nom Simon Jacques Eugène Berryer, et ne sortant plus que rarement de sa retraite normande, il a longtemps fait partie du décor des Grosses Têtes, la célèbre galerie de monstres du cirque Bobino présentée par le nain, Philippe Bouvard. Performance : Il est laid même à la radio. Sa carrière serait trop longue à résumer ici, sachez qu'il a chanté de nombreux titres dont plusieurs disques d'or depuis 1969, dont le célèbre "Elle est chouette ma gueule", presque un passage obligé sur www.bide-et-musique.com !

Quant à Guy Carlier, il est aussi laid que Sim, mais beaucoup, beaucoup moins drôle. Plutôt que de rire de lui on plaindrait ce bourrelet vivant. Adipeux et obscène, complexé et mal à l'aise, c'est un être vaguement irritant et incapable de lancer un bon mot qui fasse ne serait-ce que sourire (je cite : "Alain Juppé ressemble au croque mort de Lucky Luke"... On a vu mieux... Et dans le genre, lui, c'est plutôt l'autre extrême, un gros crapaud luisant et suant, n'ayant aucune chance de se transformer en prince). Après un faux succès à la radio dû à sa voix imbitable et sa diction aussi prenante qu'un mongolien ânonnant du Ionesco, il est devenu l'excroissance Jabba-esque de Marc-Olivier Fogiel à la télévision, faisant encore baisser l'audimat de cette pathétique merdouille. On croirait qu'il est en costume cintré et moulant... C'est parce que sur lui, tout devient moulant, même les sacs à patates. "Gros" chez-lui est un pléonasme, alors qualifions-le de Grand Tas.

Je n'aurais pas dit mieux.

     Merci beaucoup, Madame la Première Dame.

Du tout. On continue ?

     Allons-y, passons à la Lady of Moche, le second prix ( à ne pas confondre avec la Queen of Moche, premier prix dans le cas d'une lauréate).

Vous faites bien de le préciser.

     Voici l'enveloppe argentée...

Ah, il n'y a qu'un nom cette fois... Et c'est effectivement une Dame, une Grande Dame même !

     Noooon...

Si ! J'ai nommé Geneviève de Fontenay !

     Elle le mérite, oui, vraiment.

Médaillée du Mérite du Dévouement Français, Geneviève Mulmann dite De Fontenay se voue corps et âme à la cause des Miss. C'est elle qui organise le comité des Miss France depuis plus de cinquante ans. Et ça se voit. Jamais le mot "ancienne" dans "ancienne miss" n'a été aussi bien employé. Elle a été élue Miss Elégance dans les années cinquante mais aucune photo n'a survécu (tiens tiens...). Sans doute parce qu'elle portait déjà son sourire figé, et son légendaire et terrifiant chapeau, qui cache mal sa calvitie. Son cri de guerre clame la beauté, l'élégance, le bon goût, et Grâce de Monaco tout à la fois... C'est justement à cause de cette ironie irrésistible qu'elle hérite du titre de première dauphine : toujours demoiselle d'honneur, jamais mariée, la Lady of Mode est ici sacrée Lady of Moche, car elle est plus proche physiquement d'Iggy Pop et de Brigitte Fontaine que d'Audrey Hepburn.

Bravo ! Bravo !

     Oui, Brava !

Et cela fait si longtemps qu'elle aurait dû l'avoir à ma place ce prix...

     C'était serré quand même.

Je vous remercie !

     Ha ha... Nous allons à présent découvrir le nom de notre grand vainqueur de la soirée, le King ou la Queen of Moche en titre. Madame Chirac, êtes-vous prête ?

Oui, j'ai l'enveloppe dorée...

     Attention... Suspense suspense...

Oh grand Dieu, c'est un prix collectif !

     Oui, et le nombre de votes leur fait distancer haut la main tous les autres concurrents !

Il s'agit des Windsor, toute la famille royale d'Angleterre !

     C'est merveilleux !

Oui, les Rois des Moches sont bien entendu presque tous les représentants de la famille régnante du Royaume Uni, qui compte le plus beau ramassis de fins-de-race et de ratés consanguins à s'asseoir sur un trône depuis les Rois Fainéants ! Leurs signes distinctifs sont des dents à racler le parquet habilement tournées vers l'avant, des oreilles faisant bateau à voile, des yeux vitreux et mous, des visages qui s'affaissent, des mentons retroussés, des nez patatoïdes, des cheveux à faire peur, des formes vomitives et une façon intrinsèquement cul-pincée de s'habiller. Citons par exemple la Princesse Margaret, le Prince Charles de Galles, mais aussi la Reine Elizabeth II elle-même, le jeune Prince Harry, et, chose étonnante car elle n'en fait partie que par alliance et depuis peu, Camilla Parker-Bowles. Ladies and gentlemen, God Save the Queen !

C'est bien la première fois qu'une Première Dame de France va couronner la famille royale d'Angleterre, surtout au grand complet...

     Je suis bien de votre avis.

Hi hi ! C'est du plus haut comique.

     Malheureusement, il n'y a personne pour recevoir le prix en leur nom, question de budget et d'officialisation, vous comprenez...

Oh, ce n'est pas grave, je leur remettrai ma couronne lors de la prochaine visite officielle.

     Vous feriez ça pour nous ? Mais vous êtes un ange !

Non, c'est bien normal. Pensez-vous, c'est bien plus amusant de venir ici qu'au salon de l'agriculture... Et c'est pas Claude et Laurence qui viendraient voir leur maman à l'Elysée, d'ailleurs...

     Hem... oui... C'est très intéressant, Madame Chirac, et nous aimerions beaucoup que vous passiez un message personnel, mais nous sommes pressés par le temps...

Ah c'est vrai... Bon, avant de m'en aller, juste un ou deux, des tout petits ?

     Bon, d'accord. Mais court hein ! C'est bien parce que c'est vous.

Oui oui. Ahem... Mes enfants, venez voir maman plus souvent ! Et Jacques, je sais que je suis moche, j'ai reçu un prix... Mais depuis combien de temps n'avons-nous pas accompli le devoir conjugal ? S'il te plaît, Jacques, prends de la DHEA, du Viagra, des hallucinogènes, mais touche moi, TOUCHE MOI !!! OUIIIIIIII !!!!!!!

     ...

C'est fini.

     Sûr ?

Oui oui. Je... Je vais aller me recoiffer...

     Eh bien, merci encore et au revoir, Madame Chirac...

Bernadette, s'il vous plaît.

     Merci... Bernadette... Vous avez été une invitée modèle ! Et ça nous change.

Hi hi ! Merci à vous. Au revoir !

     Au revoir !

Quelle sainte femme. Mais comme je le disais plus tôt l'heure tourne, et nous devons passer en revue tous les autres nominés qui ont été déçus dans cette remise de prix, les laids célèbres qui n'ont pas remporté tous les suffrages qu'ils auraient pu, qu'ils auraient dû... Applaudissons :

Anne Roumanoff, mauvaise comique courte sur patte au physique ingrat qui présente très mal de très mauvais sketches avec de très mauvais textes sur un très mauvais téléprompteur sur une très mauvaise chaîne comique du câble. Versatile, elle a été nominée pour d'autres catégories, mais c'est une surprise...

Arielle Dombasle, mauvaise actrice qui s'est progressivement défigurée et se pique aussi de chanter. Hélas, là n'est pas son talent. espérons qu'elle découvrira ce que c'est avant que ses lèvres n'aient gonflé jusqu'à boucher ses narines. Ne vous inquiétez pas pour elle, on la retrouvera dans d'autres catégories.

Jean-Pierre Coffe, animateur culinaire proverbialement impuissant qui va de coup de vieux en coup de vieux, avec accessoirement un coup de gueule de temps en temps contre tout ce qui est Malebouffe. Son excuse : il ne fait pas attention à son apparence.

Pierre Palmade, ancien anorexique toujours mal fagoté, dégingandé, ossu et au sourire repoussant, qui a eu l'avantage de faire rire pendant... Oh... Quelques années. Depuis, son côté androgyne sec s'est étiolé, même si personne ne croit sérieusement une seconde à aventures avec des femmes.

Jane Birkin, encore une anglaise, normal. Moche, bête, qui chante comme elle pète (en faisant "pfuiiit"), aux cheveux trop fins, jamais bien coiffée, jamais bien habillée, des dents qu'une jument ne voudrait pas pour elle... Le seul échec de Wonderbra. Et en plus elle vieillit mal.

Michael Jackson, bien sûr: le King of Pop a été King of Moche pendant de longues années, mais disqualifié parce qu'il ne rentre plus dans la catégorie. Voyez-vous, il n'est plus humain depuis longtemps, et ne rentre pas non plus dans les personnages de fiction...

Woody Allen, autre laid célèbre qui se tape toutes les plus belles minettes du moment, à tous les coups, plus plaint que détesté pour son humour juif New-yorkais. Le génie n'a qu'un temps, sans doute...

Jamel Debbouze, handicapé de la main de ma soeur et enculé de sa mère... C'est peu élégant, mais c'est toute la "culture" qu'il représente. Il est laid, il est bête, mais il fait partie d'une minorité alors on n'a pas le droit de le mettre au pilori pour lui lancer des tomates. Heureusement, lui aussi, on le retrouve dans plusieurs catégories !

Ron Jeremy, l'acteur porno vivant le plus laid, et sans doute le plus laid depuis les années 70... Un physique pire qu'ordinaire, vomitif, voire cthulhoïde, derrière une bite tentaculaire. Elle tentacule beaucoup d'ailleurs.

Chicken Little, ou Caliméro II, le retour... Qui a plagié qui ? Allez savoir. Et on s'en fout, vu que dans les deux cas c'est de la merde. A tel point que des enfants de 10 et 11 ans de ma connaissance, soi-disant le coeur de cible du film d'animation Disney récent, en sont arrivés à vouloir partir avant la fin. Ce n'est ni intéressant, ni beau, ni bon, ni même réel, alors...

Voilà, nous sommes arrivés au bout de cette merveilleuse cérémonie. Nous remercions le CIO, Madame Bernadette Chirac, tous les concurrents et bien entendu Serge Gainsbourg et Croc, sans qui rien de tout cela n'eut été possible. Longue vie au Roi !

04/01/2006

"La vie est trop courte et Proust est trop long." Anatole France

Ladies and gentlemen, nous voici réunis en ce premier mercredi de l'année pour fêter la littérature. Oui, aujourd'hui nous allons tenter de débarrasser les muses de quelques uns de ceux qui s'attribuent, à tort, leurs dons généreux. Décernons ensemble le Prix Re-Dodo de l'écrivain le plus soporifique, nous qui n'avons pas besoin de nous gaver dans un resto pour co-opter un pistonné dont personne n'entendra plus parler après.

(Jingle youla boum)

Rappelons qu'étaient éligibles tous les auteurs, poètes et essayistes auxquels vous pouviez penser, et que ce sont vos votes assidus qui ont sélectionné le nom dans l'enveloppe dorée que voici ! Le CIO me dit que les votes étaient très très nombreux, et que presque chacun a voté pour un auteur différent, ce qui fait qu'il a été difficile de voir une tendance et de trouver un gagnant probant... Mais un auteur a heureusement prévalu !

Pour présenter votre choix, voici notre invité surprise du jour : Romancier à succès sévissant depuis trop longtemps, il est à la fois biographe, essayiste, romancier historique et cuistre vampirique vulgarisateur et abusivement simpliste préférant raconter des anecdotes que de faire de l'histoire. Guy Bedos a dit de lui : "Quand Mitterrand crache un noyau d'olive, il en fait une salade niçoise"... Applaudissons Max Gallo !

(Jingle chéri de ces dames)

Gneê... Gne suis Max Gallo !

     Ha ha, merci beaucoup d'être venu !

De rgnien, ça me fait sortir.

     J'espère que vous n'êtes pas froissé par ce qu'on a dit de vous...

Gnon, gnon, gne m'en fous, moi gne vends tougnours autant de bouquins et Guy Bedos gne fait plus recette, agnors gneux qui gnont pas contents, ils vont gne faire foutre.

     Bien dit... Sur le principe. Après tout, même ce que vous faites, c'est du boulot.

Gnah.

     Bon, alors si on ouvrait l'enveloppe ? On va aller vite, vu qu'on pèle de froid et qu'il n'y a pas de dauphines cette fois encore...

Gnêê ! Hmpf !

     Ah oui, c'est dur pour vous. C'est vrai, c'est du papier.

HMMMGNFH... Splitch

     Oh, mais... Mais...

Agné, gné ouvert. Et gna fait popo aussi.

     Oh, c'est infect ! Quelle odeur...

Et Gne gagnant est... Michel Houellebecq !

     Ah, oui, excellent choix, on l'applaudit bien fort ! Euh... Bon... Allez donc vous débarbouiller, je vais finir la cérémonie.

Gnoupi ! Gnouveau roman dans ma culotte !

     Ah, c'est donc de là que ça vient, votre côté prolifique...

Ben gnoui, vous gnavez, on vieillit tous...

     Ah ça, c'est clair. Allez, c'est la porte à gauce en sortant.

Mergni... Gnalut tout le monde !

     Oui oui, au revoir, au revoir !

Michel Houellebecq, ce cuistre éructatoire au nom impossible à écrire et à l'indescriptible fatuité, nanti de son rhum et de sa vieille clope comme si ça lui donnait des airs de Sartre, se voit décerner le prix re-Dodo de l'écrivain le plus soporifique pour... Mon Dieu, pour tant et tant de livres plats, tant et tant de choses, à commencer par "extension du domaine de la lutte" (communisto philosophico testiculaire), "les particules élémentaires" (physico pouffe) et ses poèmes flatulents sortis en CD ! Tout, de sa personnalité atterrante de tristesse à ses ouvrages ampoulés et bizarroïdes, à sa médiatisation intensive suite à sa fausse retraite en Espagne après un procès pour propos racistes hautement politisé dont il n'a réchappé que grâce à la pression de ses fans et des autres intellos de service (il va réaliser un film à la suite de ça, quand même), en passant par le fait qu'après avoir mal lu Lovecraft il pense pouvoir écrire dessus. Oui, une belle tête de vainqueur.

Mais il y a tant d'auteurs minables qui mériteraient d'être ici récompensés, tant d'écrivaillons à la petite semaine (et encore, nous n'avons même pas cité les noms des auteurs de chez Harlequin !), nous ne pouvons tous leur rendre hommage. Néanmoins, voici ceux qui, lors de ce concours, ont reçu au moins une voix, la voix de l'un d'entre vous, la voix de quelqu'un qui les fait malgré tout exister, la voix qui hait :

François Weyergans, cité pour l'oeuvre égocentrique de toute sa vie, un auteur qui crie "moi-je" depuis déjà trop longtemps (Je ne crois pas qu'il ait jamais écrit sur autre chose que ce qui concernait directement son nombril) et dont le dernier roman en poche parle de son père mort. Comme quelqu'un l'avait dit à propos d'Alexandre Jardin, qui écrivait sur le même sujet, c'est l'art d'accommoder les restes...

Amélie Nothomb, que j'avais mis dans la "liste des auteurs qu'on n'y arrive pas" (suite au fait que j'avais tenté de la lire sans pouvoir aller jusqu'au bout) puis retirée sur les conseils d'une amie, et que j'avais oubliée, jusqu'à ce que je trouve dans ma boite à e-mails un pourcentage non négligeable de suffrages à son nom. Comme disait Brassens, quand on est con, on est con...

Dario Fo, lauréat au Nobel, ce qui le disqualifie déjà de toute lecture par ce qu'on appelle les "gens du commun" (99,99% de la population mondiale) car trop élitiste, personnalité de premier plan dans le genre (si limité depuis l'antiquité) de la "farce moderne et politique". Ses pièces sont imbuvables, et en plus il ne sévit pas qu'en Italie, il écrit aussi en français.

Chuck Palahniuk, auteur de Fight Club (le livre, encore pire que le film, parce que plus gratuit, plus lent et écrit avec un style plus plat), mais aussi de Survivant, un roman expérimental tout aussi gratuit et illisible, écrit à l'envers (le premier chapitre en dernier, si, si) sur un dingue né dans une secte et qui finit par se suicider. Ou commence par le faire. Enfin je me comprends. La provoc commerciale gratuite d'un drogué underground.

Catherine Millet, nominée pour sa vie sexuelle plate et peu palpitante, peu ambitieuse, même pas très osée, dont tout le monde se fout allègrement, mais dont ou a parlé partout parce qu'il y avait une jolie photo dessus et que c'était un titre fait pour choquer la ménagère bobo de moins de cinquante ans. Elle a donc renouvelé le sens des mots "masturbation intellectuelle" comme personne depuis longtemps.

Mazarine Pingeot, que nous saluons pour son ouvrage pour lequel elle aurait mieux fait de fermer sa gueule, aptement intitulé bouche cousue, entièrement financé avec des fonds publics, lancé par les médias trop heureux que la fifille à Mitterrand fasse quoi que ce soit histoire de faire de l'audience. A part ça, c'est simplement une prof de philo dans un lycée prout-ma-chère entre autres, qui a écrit un livre bête et mou. Elle profite de sa notoriété, et elle a raison, si ça peut lui faire du fric sans la fatiguer…

Bernard Werber, écrivain de science-fiction français (et déjà, c'est presque aussi absurde que "réalisateur de films d'action français vivant en France") qui devient très vite chauve, qui s'est consacré successivement aux fourmis, aux morts, et à tout le reste. On aime ou on n'aime pas, et d'aucuns disent que ça ne casse pas trois pattes à un canard face aux géants de la SF... Et c'est suffisant pour qu'on ne l'aime pas.

Sophie Marceau, actrice et auteur pour rire d'un livre avec une seule lettre par page (j'exagère, mais elle a encore moins de mérite que la Mazarine...). D'ailleurs elle sait bien ce qu'elle vaut et elle l'a montré, en annulant à la dernière minute, ce qui ne se fait jamais, sa venue dans une émission littéraire de Bernard Pivot (un honneur qui ne se refuse pas) de peur d'être ridiculisée (ce qui n'arrive jamais, pourtant).

Paulo Coelho, romancier symbolico-esthético-philosophique lusophone, immensément ennuyeux, heureusement peu prolifique. Tout est dit lorsqu'on mentionne le fait que si tous ses livres, bien que nuls et plats, vaguement moraux et toujours étranges, sont quand même médiatisés, c'est parce que ce sont des romans initiatiques francs-maçons : Occulte la balayette.

Bernard-Henri Lévy, ce cher BHL, toujours pseudo-connu, toujours comique à son insu depuis des années... Non seulement ce qu'il écrit (et présente, et lit...) est soporifique, ennuyeux et morne, mais en plus c'est à la fois faux, stupide et improbable. Très Gauche-caviar, il est de tous les cénacles intellectuels qui, suivant les modes, se rebellent contre ci ou ça, se contredisant selon les causes et les époques.

Claude Sarraute, nominée pour s'être commise avec Laurent Ruquier et Steevy, pour ses maminettes, et parce qu'apparemment ses écrits ne plaisent vraiment pas à tout le monde.

Lauren Weisberger, parce que Le Diable s'habille en Prada ce n'est pas franchement de la grande littérature et que c'est une fille éphémère dont le premier livre à la Bridget Jones sera sans doute son seul succès...

Frédéric Beigbeder, parce que c'est un énième journaleux qui se prend pour un écrivaillon et que ça fait vraiment suer, vu qu'il ne sait rien faire et qu'il essaie de tout faire, à la télé en plus...

Valéry Giscard D'Estaing, cité pour toute son oeuvre écrite, essais politiques et autres, particulièrement soporifique, un peu comme l'homme lui-même, en fait...

Et enfin notre premier ministre, Dominique Marie François René Galouzeau de Villepin, cité ici pour Le requin et la Mouette, une chateaubriannerie même pas drôle qui montre combien il est déconnecté de la réalité.

Encore une fois, merci à tous d'avoir participé. Moi-même, bien qu'avide de lecture, je n'avais aucune idée de toute la sanie accumulée par l'univers littéraire contemporain français, smegma malodorant qui hante nos librairies et qui s'accumule autour des classiques pourtant durs et turgescents... Des classiques que j'aime à parcourir longuement, une fois lavés et débarrassés de cette saleté.

03/01/2006

Avida Dollars

C'est par une ouverture en forme d'anagramme, composé en l'honneur d'un énorme artiste par André Breton (et si vous êtes un peu amateurs vous avez trouvé à propos de qui c'est) que nous inaugurons la catégorie de La Sardine à l'Huile et aux Frites Grasses de l'Artiste Plastique le Moins Talentueux, sous vos applaudissements, mais sans Jacques Martin.

Mais avant de commencer, une petite précision. Prouvant encore une fois que les gens ne rentrent pas dans des catégories, ou qu'ils refusent de comprendre les instructions qu'on leur donne, ou encore qu'ils aiment mettre (comme moi) leur grain de sel partout même quand ils n'ont rien à dire, 18,75 % des suffrages sont allés à la poubelle, car ils étaient libellés "tout ce qui se fait de nos jours" ou "tout ce qui passe à TF1".

A priori, c'est un point de vue légitime, mais si on ne peut pas donner de réponse précise à quoi bon voter ? Je suis d'accord sur le principe, mais je leur met quand même le nez dedans : Bulletin nul, bulletin blanc. Deuxième petite précision d'ordre sémantique, parfaitement superfétatoire donc totalement nécessaire à cette remise de prix, à propos du nom de la récompense.

Certains m'ont posé la question suivante : Pourquoi la sardine, pourquoi les frites ? D'habitude c'est une médaille, un prix, une coupe... Quelque chose de moins périssable et de plus pratique. Eh bien c'est sciemment que le CIO a choisi la chose la plus vulgaire et la moins élitiste. En effet, la sardine à l'huile aux frites grasses jure sur un bureau du Ministère de la Culture, évoquant plus la sardinade et les touristes allemands...

Ce prix est en outre volontairement périssable, pour rappeler que la renommée de l'artiste sera, nous l'espérons tous, aussi éphémère que ses oeuvres sont malodorantes (tout comme une sardine grasse et pas fraîche). La sardine à l'huile aux frites grasses se vend aussi à tout le monde, c'est facile à faire, c'est en boite, et ça ne vaut jamais le prix qu'on le paie. Comme ce que font les artistes ainsi récompensés.

Maintenant que vous avez vu que les noms des prix ne sont pas juste choisis au hasard mais qu'il y a une vraie réflexion derrière (ouais, tu parles...), commençons la cérémonie par la présentation de notre invité surprise traditionnel, qui va ouvrir la jolie enveloppe qui contient le ou les nom(s) du ou des gagnants de ce soir... Et ce soir, notre invité est une invitée.

Elle a fait de son corps une oeuvre d'art, mais est-ce bien de l'art ou du cochon ? Elle joue avec les maquillages et voit son corps muter (peut-être aimerait-elle passer des vacances à Tchernobyl, peut-être est-ce déjà fait), elle est déjà vieille mais amatrice de jeunes freluquets étudiants aux beaux arts, comme tous les professeurs ou presque d'ailleurs, accueillez Madame Orlane !

Fghhhe fhuiif Frêê Cfhonthente Dvh'êfhhhhre ahhhech hou Fhe Vfgghhhhhoirrrh !

     Euh... Vous pouvez répéter ?

VH'AI VIT, FGHE FHUIF FRèS CFONTHENTHE D'VHËFHHRR AHFHECH VFHHOUF FHE VGHFOIR !!!

     Mais que se passe-t-il, Orlane ? On dirait que votre visage s'affaisse...

Vh'est rhien, vdh'ai mif dvhu bfvhothoxfh, algnors fvhrfémenthfh, tfhouthes les pfhhvrothèves thombent...

     Je ne comprends pas, d'habitude vous êtes juste moche et difforme !

Vhou m'fhéchouthfhez qfhuand vhfe vhou pffhhharrrle ?

     Ecoutez, je ne comprends pas un traitre mot de ce que vous racontez...

Fvha va, Fha va, laiffez thomber, hein...

     Ah, ça, j'ai compris ! Vous avez dit "laissez tomber" ! Moi j'aurais plutôt tendance à vouloir ramasser les bouts qui tombent avant que ça s'incruste dans la moquette. C'est dégueulasse.

FVHHHH ! Mon nfvhez !

     Ne montez pas sur vos grands chevaux, hein ! Et puis respirez. Je sais, vos sinus ont été détruits, vous n'avez plus beaucoup de place, mais essayez quand même.

Fvhhh...

     Voilà, c'est bien. Recollez votre nez. Maintenant on ouvre l'enveloppe...

Fvh. Mfhv. Mfvh. Nvhom dvh'un fhien !

     Mais... Par exemple, quelle surprise ! Nous avons deux sardines ex-aequo ! Une dans le domaine de la mode, et une autre dans le domaine des arts plastiques !

Fvhapfherlipfhopfhetthe ! Mais fh'efht Fvvhean-Vfhhharhllef dvhfe Chfvhhafhvschthelbvhafvhchjach etfh Yvfhef Kchlein !

     Je traduis... Il s'agit de Jean-Charles de Castelbajac et Yves Klein !

Oui, ces deux représentants d'un monde parallèle ou la beauté obéit à d'autres lois qu'ici, ces deux démons de la laideur et du mauvais goût n'ont d'égal que l'un l'autre : Il n'y a pas eu de médailles d'argent à cette catégorie, ils ont tous les deux laissé leurs concurrents loin derrière. Bravo à vous tous pour avoir su voter avec un goût sûr et infaillible. Que vous vous y connaissiez en art ou non, vous savez ce que vous détestez.

Yves Klein se voit donc décerner la Sardine à l'Huile pour avoir si sournoisement breveté un bleu, et un très joli bleu en plus, ce qui fait qu'il se fait des sous à chaque fois que quelqu'un l'achète, l'emploie et que ça se voit. Lui, il en a peint des tas de toiles, entièrement en bleu, juste comme ça. Eh non, il ne se fatigue pas ! Il a aussi l'art du recyclage, déclinant par exemple les reproductions de la victoire de Samothrace dans son bleu à la noix. Il a, avec les mêmes victoires, décoré au rabais l'opéra Bastille, lequel tombe en ruine aujourd'hui (Il y a un Dieu...), de façon à ce que l'intérieur ait le même côté "chiant comme la pluie" que l'extérieur, ou même que le parking en sous-sols : du grès, du gravier, du gris, du noir... Jusqu'aux urinoirs. Alors que Duchamp avait signé un urinoir pour en faire une oeuvre, ceux-là n'ont pas l'apparence de leur fonction mais celle de vagues plaques de machins contemporains. De l'art qui refuse de se laisser pisser dessus, et nous renvoie l'urine sur les chaussures. La prochaine fois, je ferai contre une colonne, ça mérite.

Quant à Jean-Charles de Castelbajac, il hérite des Frites Grasses qui vont lui tacher ses horribles oripeaux, et ce sera bien fait. Le problème, c'est qu'il risquerait de prendre ça pour une amélioration, une licence artistique, tant il se prend pour le fils caché de John Galliano et Jean-Paul Gautier. On a le pire des deux mondes : Moche et "années 80" comme du Gautier, et importable comme du Galliano période costumes extravagants. C'est lui, l'homme qui a couronné son propre monogramme parce que personne ne voulait le couronner d'autre chose, si ce n'est du titre d'imbécile, qui commet la décoration kitsch des grands magasins parisiens pour Noël, laquelle est pire et moins riche chaque année. Allez donc voir sa boutique près des Halles, résurgence de la vulgarité poissarde de cette ancienne place de marché, si vous n'avez pas peur du mauvais goût : Elle prouve, s'il en était besoin, que c'est un couturier de superette qui macdonaldise la mode.

Fvha alorfhs, fvhe nv'ai mvfhême pfhas refhvemphrvhforthé un pfhrix !

     Que dites-vous ? Vous n'avez rien gagné ? C'est normal, personne ne parle plus de vous, les folles qui se charcutent pour attirer l'attention, excusez-moi mais c'est d'un commun. Et puis consolez-vous, vous êtes peut-être dans la catégorie Queen of Moche !

Fvhnif...

     Bon, maintenant vous allez devoir me débarrasser le plateau, parce que l'équipe d'entretien a déjà assez de boulot comme ça.

Bvhouhouhou !

     C'est ça, c'est ça. Ouste.

Et tant qu'à faire, nous allons remercier (au sens "virer") de la même manière tous les artistes cités, dans tous les domaines, et ils sont nombreux... Oui, ils ont tous été appelés par au moins un vote, mais parce qu'ils sont inconnus, paradoxalement, personne ne sait à quel point ils sont infects. Merci à :

Marie Mercier, une mercière sans merci, une sculpturlureuse, une "designer freelance" uniquement parce qu'elle ne connaît pas le mot "conceptrice" et qu'elle veut faire tendance. Travaille du chapeau.

Jean-Paul Gautier, styliste pédé qui prouve qu'il ne suffit pas d'être gay pour avoir bon goût, ni même bon caractère, ni même bon teint, ni même beau cul, ni même bonne patte quand il s'agit de dessiner. Non, aujourd'hui pour être styliste, il suffit de vider une poubelle sur un mannequin et de coudre le tout.

Karl Lagerfeld, pour avoir sévi chez H&M, et pour avoir publié un livre pour bien maigrir tout en ayant une tête de zombi, maigre, certes, mais pire encore que quand il ressemblait à Jabba the Hutt... Quant on pense qu'on dit qu'un homme avec une queue de cheval est un homme heureux...

Niki de Saint Phalle, pour ses Nanas aussi excitantes artistiquement que les tampons du même nom (maintenant animées en flash...), et pour sa participation délétère à l'oeuvre apocalyptique, cthulhoïde, dérisoire, chère et mal-fichue qu'est "le cyclop", signée aussi du suisse Jean Tinguély.

Renzo Piano et Richard Rodgers, qui s'y sont mis à deux pour commettre le Centre Pompidou, bâtiment retourné rappelant nos estomacs fragilisés par cette vue dantesque. C'est de l'architecture laxative : ce qu'on devrait faire à l'intérieur se voit à l'extérieur.

Daniel Buren, pour avoir en un seul coup détruit le parking du ministère de la culture et massacré le Palais Royal, pour ses "installations in situ" tracées à la règle, mais aussi parce que quand on regarde ses oeuvres on a l'impression de se retrouver au bagne, ou sur une feuille d'exercice comptable.

Bravo aussi à ceux qui ont été cités mais dont les votes n'ont pas été comptabilisés parce que les artistes en question sont morts... Même si ce n'est pas dommage, comme Louis Toffoli (peintre et graveur) et Auguste Perret (architecte pré-années 50). Il est vrai qu'il est si difficile de garder un oeil sur tous ces gens, surtout quand on a mieux à faire. Et puis lorsqu'on regarde, on regrette d'avoir vu ce qu'on a vu.

Nous arrivons à présent à la conclusion ultime, finale et cosmico-philosophique de notre grand prix artistique, puissiez-vous échapper à la Fiac et vivre une autre année sans avoir à aller au Salon de Mai !

01/01/2006

Les quarante voleurs

En direct des studios de chez-moi sponsorisés par MSN et mon abonnement à l'ADSL,

et à la demande générale de pas grand monde mais de quelques uns quand même, c'est

reparti aujourd'hui soir comme ce matin pour un autre des prix de la détestation, une autre

catégorie du JEU DE LA HAINE !

(Jingle magique yet again)

Aujourd'hui, mesdames et messieurs, chers blogspectateurs, j'ai l'honneur de décerner

pour le CIO (Comité d'Immolation des Obsolètes, oui, vous commencez à la connaître

celle-là) le Chèque en Bois de l'Affairiste le plus Véreux ! Ce sont les financiers, chefs

d'entreprises, boursicoteurs et patrons en tous genres qui trinquent.

(Jingle magique youpi !)

Et pour présenter ce prix somptueux j'ai l'honneur une fois de plus d'accueillir un invité

surprise. Il est au coeur d'une ambiance chaleureuse depuis deux mille ans (dans le

premier cercle de l'enfer de Dante) et c'est l'inventeur du mercantilisme, applaudissez

bien fort... Judas Iscariote !

(Jingle jackpot same player shoots again)

HOUUUUUUU ! HOUUU ! A MOOOORT JUDAS !

Merci, merci... Oh, bon sang. Je ne m'habituerai jamais...

HOUUUUUU ! VIVE L'ARCHEVÊQUE !

     Ah, oui... Ils vous détestent. Heureusement qu'on censure les insultes à l'antenne.

BOUUUUUH ! TRAITRE !

Oui, je sais. Qu'est-ce que vous voulez, j'ai joué le mauvais cheval.

(Personne peu recommandable) ! SALE (personne d'origine israélite (le CIO n'adhère

pas à ce propos raciste)) !

     Bon allez, cher public, un peu de calme...

(personne de religion juive (Le CIO tient à nier toute responsabilité dans ce propos

raciste)) ! HOUUUUUUUUUU !

Non, mais c'est bon, laissez tomber.

CHRISTICIDE (là encore, c'est pas nous...) ! HOUUUUUUUUUUU ! BOUH !

     Mais si, écoutez, on ne peut pas présenter un prix dans cette ambiance...

(Fille de mauvaise vie) ! BOUUU...

Non, mais vous allez le faire tout seul, là, c'est mieux. De toutes façons vous

n'aimeriez pas...

HOUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU

UUUUUUUUUUUUUUUU

     Qu'est-ce que vous dites ?

JUDAS, JE TE (fais pipi en direction de ton derrière) !  !

Je dis, vous n'aimeriez pas avoir mon nom à côté du vôtre... Sauf si vous êtes

déjà sataniste.

JUDAS, TA MERE ELLE AIME GUY LUX !

     Bon, je crois que vous avez raison. Tant pis... Vous étiez bien comme invité !

DU SANG, DU SANG, DU SANG !

Je vous remercie... Et puis ça m'a fait une pause dans mon supplice. Quand même,

je me suis suicidé tellement j'ai regretté, et c'était il y a super longtemps... Ils

pourraient me faire une réduction de peine, non ?

HOUUUUUUU ! JUDAS EN ENFER !

     Je comprend bien, mais vous savez, c'est pas moi qui décide...

HOUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU

UUUUUUUUU !!!!!

Oui.... Bon, ben à la revoyure...

OUSTE ! SORTEZ-LE !

     Eh bien à la demande générale...

HOUUUUUUU !

     C'est fini oui ?

Hou... Hem...

     Merci. Bon, donc, du coup, pas d'invité surprise aujourd'hui finalement...

Je commence à comprendre pourquoi il n'était pas très cher, celui-là. Trente deniers...

Enfin bref.

Voici le moment de découvrir qui sont les aspirants au chèque en bois ! Pour cette

catégorie, nous avons quatre dauphines ex-aequo et un seul premier prix ! Est-ce que

vous ne mourez pas d'envie de savoir qui c'est ? Mais je parie que vous avez déjà

deviné, petits canaillous.

Alors, j'ouvre l'enveloppe tout seul comme un grand... Mon Dieu, c'est extraordinaire,

quel choix magnifique ! Les dauphines sont, ex-aequo... Bernard Tapie,

Ernest-Antoine Seillière de Laborde, toute l'entreprise "La Française des Jeux",

ainsi que l'Etat Français dans son ensemble ! Mais voyons plutôt le parcours de

nos nominés...

Bernard Tapie, qu'on ne présente plus tant ses légendaires couilles lui servent de

carte de visite (et parfois de butoir de porte, parce qu'il a beau en avoir, il ne s'en sert

pas tout le temps), a tout fait. Des affaires, des finances, de la banque, de la politique,

de la prison, des liftings... Il est récompensé pour une vie mafieuse de détournements

et de magouilles en tous genres, et aussi pour sa reconversion ahurissante sur les

planches et en tant que pseudo-acteur dans des téléfilms de TF1... Le talent ne

s'achète peut-être pas, mais lui, il peut le vendre !

Tout petit déjà, dans son berceau en or massif, Ernest-Antoine Seillière de Laborde

jouait à être patron de ses figurines articulées. A quinze ans, il éjaculait pour la première

fois : il venait de dire à son précepteur privé "vous êtes viré !". Il ne s'était même pas

touché. J'exagère, évidemment... Celui que l'on connaît sous le nom "abrégé" de

Ernest-Antoine Seillière est ici récompensé par vos votes pour sa réticence à tout

changement et toute négociation sociale, surtout à propos des trente-cinq heures, et

parce que c'est l'ancien patron de tous les patrons français. Comme la canaille a chassé

les rois de France, Laborde à la lanterne...

La Française des Jeux, l'entreprise nationale qui s'occupe du loto, du kéno, du tac au

tac et tout ça, a reçu les suffrages de certains d'entre vous uniquement parce qu'elle

gagne à chaque fois, mais aussi à tous les jeux, et qu'il s'agit d'un monopole honteux...

Comme ces jeux à gratter qui donnent l'illusion du hasard et du suspense, simplement

parce que ce qu'il y a d'écrit dessus est caché, puisqu'il n'y a pas le moindre tirage.

C'est comme au casino, la banque gagne toujours, en fin de compte, et là, le casino,

c'est l'Etat.

Et puisqu'on en parle, l'Etat a lui aussi reçu de gros suffrages ! Il est perçu comme

le voleur universel. Impôts à tous les niveaux et sur tout et tout le monde, directs et

indirects, charges pas si sociales que ça qui s'accumulent, ponctions diverses, assurances

inutiles, taxes à la valeur ajoutée, et taxes à plein d'autres choses... Ces votes-là sont

accompagnés d'un cri implicite : Ce sont tous des pourris corrompus qui nous saignent

à blanc, uniquement pour leur propre intérêt. A ce stade, la politique c'est les affaires.

Mais il est l'heure de découvrir notre grand gagnant du jour, l'individu qui a remporté

à lui seul plus de suffrage que l'Etat et la Française des jeux réunis, plus que quatre

des plus grands chefs d'entreprises du monde... Applaudissez votre lauréat,

J2M, Jean-Marie Messier !

Oui, cet autre Jean-Marie se voit décerner le chèque en bois de l'affairiste le plus

véreux pour une carrière de magouilles honteusement exubérante, obscène et médiatique.

Entre ses commissions, les détournements, l'affaire Vivendi et le fait qu'il ait coulé Canal+

et une bonne partie du financement du cinéma français (ce que déplorent certains,

apparemment, puisqu'on m'a fait la remarque, même si de mon côté j'aurais plutôt tendance

à vouloir lui payer un verre sur ce coup là...), sans compter tout ce qu'on ne nous a pas

dit, il n'y a pas un coup pour racheter l'autre. Il mérite sans nul doute sa récompense,

comme toute peine mérite salaire.

Encore bravo à lui, apologue de l'avarice, maître du machiavélisme, virtuose de la traîtrise,

Grand Négus, potentiaire du libéralisme à l'Américaine, seigneur des marchés, satrape

aux mille sequins, Capitaine du commerce international et suppôt heureux du grand

capital : Il se fiche de la honte, il est riche.

Comme c'est la conclusion de cette petite remise de prix, renvoyons maintenant dans

leurs pénates tous ceux qui n'ont pas été assez mauvais pour que vous les haïssiez...

Il est possible toutefois que vous regrettiez un peu, parce qu'il y a quand même de

sacrés affreux dans le lot. Je les admire, laissez-moi vous offrir :

Dominique Ferrero, le patron-chocolat, ancien ponte du Crédit Lyonnais, une banque

qui, à cause de lui, nous doit des comptes, et s'empresse de changer complètement

son image à l'aide d'un nouveau nom, de rachats en cascade et de plein de nouvelles

pubs ineptes sur leur logo pourri...

Alain Juppé, premier ministre (non, on ne dit pas "ancien", on a le titre à vie) qui a

payé pour ses propres crimes comme ceux des autres dans des affaires de financement

occultes (mais sans sacrifices de poulets, à part pour les frais de bouches...). Presque

aussi impopulaire que Raffarin à cause d'un délit de sale gueule.

Sylvio Berlusconi, l'immonde et démoniaque Italien raciste, homophobe et corrompu

qui a réussi à la télé, dans la politique extrémiste et dans la mafia. Roberto Benigni

(qui a part ça est une immense andouille) a dit de lui : "Quand il était petit, Sylvio

disait qu'il serait président du conseil ou rien. Quelle chance il a d'avoir réalisé

ses deux rêves d'enfant..."

Bernard Arnault, dit le "président poids plume chez LVMH", cible classique et de

bon goût car c'est un grand patron et il dirige une entreprise qui n'est pas toujours au

mieux côté social, c'est le moins que l'on puisse dire...

Thierry Breton, parce qu'il a opéré à la restructuration de l'Etat français comme il

l'avait fait avec France Télécom, avec des résultats encore plus désastreux...

Une bonne âme a même dénoncé le comptable de Leonardo Di Caprio, qui, paraît-il,

lui a dérobé de l'argent, et dont le nom m'échappe. J'espère d'ailleurs que lui aussi

s'échappera, même si ce n'est pas beau de profiter de l'acné des autres.

Et voilà, c'est ainsi, c'est terminé pour cet épisode palpitant de la remise des prix de

la détestation du jeu de la haîîîîîîîne... Vous avez été nombreux à voter, soyez encore

plus nombreux à suivre la prochaine fois !

GOAAAAAAAAAAL !

Bonne année 2006, bonne santé, réussite, succès, amours, amitiés et toutes ces sortes de choses à tous ceux qui lisent mon Blog, et merci... Merci d'avoir voté aussi nombreux pour les Prix de la détestation, le JEU DE LA HAINE ! Pour la nouvelle année, voici une bonne résolution : détester encore moins les gens de manière générale, et haïr encore plus quelques personnes stupides, incompétentes et immorales en particulier.

Et, en cette première matinée de l'année, particulièrement pluvieuse, humide et froide, mettons tous deux pulls et évitons soigneusement de regarder la messe du dimanche (puisque ça tombe un dimanche cette année, en plus c'est pourri...), car il nous faut découvrir un autre de ces grands prix... Celui de la Coupe d'Immonde du sportif avec le rapport QI/Salaire le plus improbable !

(Jingle magique, encore un coup, tiens)

Or donc, on aurait pu penser qu'il allait y avoir énormément de concurrence, mais en fait non... Il n'y a eu que sept nominés. Vous avez préféré désigner les sportifs les plus stupides plutôt que les mieux payés, ce qui dénote un goût très sûr (quoique...), en tout cas bravo à vous.

Oui, grâce à vos votes zélés, notre invité surprise va pouvoir prendre du service ce matin : Cycliste d'exception abonné à la deuxième place, il a essayé de faire plein d'autres choses sans succès, mais est resté l'éternel second dans tout ce qu'il a fait depuis le début de sa pathétique existence, Raymond Poulidor !

Salut ! Euh...

     Oui, bonjour Raymond.

Salut !

     Oui, bien. Maintenant on ouvre l'enveloppe.

Ah...

     Non, pas celle-là. Non... Là. La rouge.

Euuuh...

     LA ROUGE, j'ai dit, celle de la troisième place.

Hein ?

     Médaille de Bronze !

Ah ! Oh, ben j'essaierai de faire mieux la prochaine fois...

     Voiiiilà. Et le prix est attribué à...

S... Non... L... E... Le !... P... T... Non... P... R... Prisque... Non... Priksse... Ah, Prix ! Prix !

     Oui, je l'ai déjà dit, ça. "Le Prix..."

Mj... Euh...

     Bon, donnez-moi ça, sinon à l'Epiphanie on y est encore. La troisième place du podium revient à Zinedine Zidane !

On applaudit bien fort le plus éclatant des footeux du moment, Zinedine Zidane, qui prouve que c'est toujours le clou qui ressort qui se fait enfoncer en premier ! Oui, il a osé prétendre au statut de Demi-Dieu tout en n'étant qu'un chiot qui joue à la baballe, mais les votants n'ont pas été dupes et ont vu tout de suite la bassesse d'un tel individu. Pensez, il a été raconter qu'il avait entendu des voix, et que la Vierge Marie était venue le visiter pour le persuader de revenir dans l'équipe de France... Lui, catholique fervent ? Première nouvelle. A moins bien sûr que la "vierge" n'ait apporté une jolie mallette noire remplie de billets. Et puis quand on se vend à Danone, on se tait. On a honte.

Je suis content pour celui qu'a gagné !

     C'est ça. Vous êtes encore là, vous ?

Bah oui...

     Bon, rentrez chez-vous, je me débrouillerai sans vous.

Ah, bah j'essaierai de faire mieux la prochaine fois...

     Oui oui, allez, bon vent. Donc, sur la deuxième place du podium, nous trouvons... Marie-José Perec !

Difficile en effet de faire plus stupide que Marie-Jo, notre chère Marie-Jo nationale, avec un gabarit presque aussi imposant qu'Amélie Mauresmo et des répliques qui ne dépareraient pas un concours de pet dans une caserne à chaque petite interview... Son rapport QI/Salaire est donc nécessairement très très bas, puisque même si ses émoluments n'atteignent plus des sommets à cause de son palmarès de victoires de plus en plus chétif, son QI n'a jamais que deux chiffres, dans les bons jours. Je rappelle que beaucoup de soldats, parfois à QI égal, sont payés une misère par rapport à elle pour faire un peu plus que simplement courir vite. Mais eux ne sont pas chronométrés... Elle mérite amplement sa médaille.

Hé hé...

     Mais je vous ai dit de vous casser, vous !

Vive le sport !

     Sécurité... Sécurité ? Allez, virez-moi ça.

Merci. Bon, on est tranquille. Alors, suspense-suspense... J'ouvre la dernière enveloppe, celle du gagnant de la coupe d'Immonde... Et il s'agit... de............ Richard Virenque !

Eh oui, c'est lui le pire sportif de notre temps d'après les votes que j'ai patiemment récolté ! Dopé jusqu'à l'os, même devant l'évidence, la preuve par neuf et les seringues, il continue de jouer au con... Extraordinaire ? Non, car il ne joue pas. Payé des fortunes par, entre autres, les sponsors, il a eu non seulement un QI extrêmement bas mais un salaire extrêmement haut, fait largement exploité par de nombreux humoristes. Qui en effet ne se souvient de sa marionnette des "Guignols" ? Il est vrai qu'à part ça, il n'y a rien à dire sur cet individu particulièrement plat et inintéressant, comme la plupart des sportifs professionnels. Encore bravo à lui pour avoir remporté cette récompense, probablement la seule qu'il ait vraiment mérité car il n'a pas eu besoin de se doper pour être qualifié.

Remercions à présent, comme de coutume, les perdants de ce petit jeu, ceux qui ont été nominés dans cette catégorie mais n'ont pas été suffisamment intéressants pour nous rendre malades : de vrais losers.

Lance Armstrong, cycliste américain patriote qui a l'un des meilleurs médecins sportifs du monde, un QI pas trop haut et un salaire particulièrement exorbitant vu qu'il est super médiatisé.

Ronaldo Luiz Nazario da Lima, dit "Ronaldo", footballeur brésilien qui a eu un médecin sportif moins qualifié vu qu'il s'est tapé des blessures graves (et ça se voit vraiment que c'est à cause du dopage...).

Fabien Barthez, encore un footeux inepte, mais qui a arrondi ses fins de mois déjà particulièrement faciles avec des pubs pour McDonald, LA bouffe anti-sportifs, cheap et mauvaise pour la santé par excellence.

Sans oublier Surya Bonali, patineuse soi-disant artistique aussi gracieuse qu'un parpaing. Cette petite pouffe lippue au regard vide a représenté ce que même Guy Lux n'avait pas osé faire : Une vachette sur la glace.

Voilà, il est temps de nous quitter, du moins jusqu'au prochain de ces prix acides... Une fois encore, bonne année à tous, que celle-ci soit meilleure que la précédente, et que les autorités compétentes prennent la résolution de faire que les sportifs soient payés en fonction de ce qu'ils font, effectivement, plutôt que quelques millions pour taper deux fois dans un ballon ou pédaler vite.  Ben quoi, on peut rêver, non ?

28 août 2006

Billets de Décembre 2005

Note de l'auteur : A la fin de ce mois de décembre (toujours présenté de manière déchronologique, et avec le moins d'erreurs de mise en page possible avec la bouse innommable qu'est MSN...) commençait le concours-sondage où il n'y a rien à gagner que le monde nous envie, le Jeu de la Haine (jingle magque)... Il s'agissait pour les lecteurs de l'époque de m'envoyer des e-mails et des commentaires en sélectionnant la personne qu'ils détestaient le plus dans chaque catégorie. J'ai même ue quelques réponses de gens que je ne connaissait pas (bon, moins de cinq... mais c'est encourageant vu le temps de chargement de l'ancienne page et l'apathie proverbiale des internautes !).

31/12/2005

Urbi et orbi...

Rebonsoir, mesdames et messieurs, blogspectateurs de tous les pays, unissez-vous ! Nous revoici ensemble pour décerner un autre de ces fantastiques prix que vous adorez. N'oubliez pas, c'est VOUS qui décidez, c'est vous qui avez voté, si vous n'êtes pas contents, vous n'aviez qu'à prévenir vos amis et faire du lobbying.

La prochaine fois, rameutez vos copains pour qu'ils votent, eux aussi, ça leur fera des vacances et ça m'évitera de faire plus de pub... J'accepte aussi les pots de vins, je suis extrêmement vénal, c'est juste que personne n'en propose. C'est vrai, quoi, je ne perçois pas de redevance, moi.

Enfin bref, vous avez quand même été nombreux à vouloir décerner ce prix, donc je ne me plains pas vu que je ne m'attendais pas à une telle recrudescence pour une catégorie sommes toutes un peu obscure. Quelle qu'ait été votre confession, voyez à présent les résultats du vote pour le Pet de Nonne du Pharisien le plus gazeux ! Ce prix récompense la personnalité religieuse la plus immonde, celle qui vous insupporte le plus...

(Jingle Magique, allez, hop...)

Pour ouvrir les enveloppes, laissez-moi vous présenter notre invité surprise... C'est un être mythique fondateur de sa propre religion, rendue populaire depuis 1953 grâce à son premier tract en 1980 et dont les représentations abondent dans toute la culture underground, j'ai nommé "Bob", le saint Dobbs fondateur de l'église du Sub-génie (www.subgenius.com) !

     Ha, ha ha... Merci à tous !

Mais c'est nous qui vous remercions, "Bob".

     De rien, de rien, vous le valez bien !

Ha ha, que vous êtes drôle ! Ouvrons à présent... Mais quelle enveloppe est-ce-là ?

     Il s'agit de l'enveloppe des Novices, la troisième place.

Ahaaa, mais comme elle est grande !

     Oui, et il y a des petites croix pour ouvrir, là. Il doit y avoir plusieurs noms...

Alors ouvrons vite ! Tenez, je la prends par un bout, et vous par l'autre... Comme ça...

     Et HOP !

Oooh...

     Et le prix est décerné à... Mais c'est extraordinaire, nous avons QUATRE Novices Ex Aequo !

Les votes ont été partagés ! Et qui sont-elles ?

     Elles sont toutes des"ils"... J'ai nommé... Mel Gibson, Karol Wojtyla, alias Feu Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II, Oussama Ben Laden et George W. Bush !

Tiens, Oussama est à égalité avec George question intégrisme religieux ?

     Oui, et même pas à la première place, tout le monde doit vraiment en avoir marre de ces deux là.

A qui le dites-vous...

Mais qu'est-ce qui fait que tous ces gens ont mérité d'être à la troisième place de ce classement ? Eh bien ça dépend, voyez-vous... Mel Gibson, par exemple, est le récipiendaire de ce prix parce qu'il a transformé une carrière hollywoodienne par forcément très orthodoxe en apologie de la bigoterie, non seulement avec des films comme Le Patriote, Signes et La Passion du Christ, mais avec toute la promotion qu'il fait autour de sa vie de famille chrétienne modèle avec des lardons à ne plus savoir qu'en foutre, et se boite de production sobrement nommée "Icon". Soit dit en passant, c'est quelqu'un de très sympathique, qui insiste étrangement pour que les acteurs dans ses films prennent comme lui des injections de vitamines... Dans le genre reconversion rapide en grenouille de bénitier au comportement légèrement à côté de la plaque, on n'a pas vu mieux depuis longtemps.

Les raisons de la nomination d'Oussama Ben Laden sont évidentes pour tout le monde, commanditer des attentats étant un moyen sûr d'énerver pas mal de gens. George W. Bush se retrouve apparemment à égalité avec lui parce qu'il s'est cru, un peu de la même manière, le fléau de Dieu sur terre, le bras du Tout-puissant, le doigt divin, l'Oint du Seigneur et le cul de la crémière, alors qu'il n'est qu'un bouseux texan à demi illettré et la gueule poudrée de cocaïne.

Quant à ce cher Karol Wojtyla, notre polak préféré et décédé (et bientôt canonisé, sans doute) a té sacré ici pour avoir soutenu la calotte et banni la capote. Plutôt que de se contenter de dire que l'abstinence était la façon chrétienne de se prémunir de tout ça, il a fallu qu'il renie le préservatif comme instrument du Diable, ou je ne sais quoi... Résultat, il est responsable d'une recrudescence des contaminations par le virus du SIDA en Afrique, ou la chrétienté a un fort impact, ainsi qu'en Amérique Latine et dans les cercles catholiques de nos pays occidentaux, dans lesquels les maris/patrons vont tromper bobonne sans précautions et ramènent la maladie dans leurs sordides familles dysfonctionnelles qui ressemblent à des dessins des années cinquante. Et comme si ça ne suffisait pas, c'est sous sa papauté que l'Eglise est devenue actionnaire majoritaire de Ferrero (c'est à dire du Nutella, des Mon Chéri, des Ferrero Rocher...), et a tenté de couvrir tous les agissements des prêtres pédophiles face au pouvoir grandissant des médias plutôt que d'y mettre un terme et de faire un peu la police. Après tu m'étonnes s'il y a une crise des vocations...

Joie ! Il est temps à présent de découvrir le nom qui se cache dans l'enveloppe de la Soeur Postulante, notre équivalent de la seconde place, de la médaille d'argent, bref, de la première dauphine... Vous êtes prêt, "Bob" ?

     Oh oui alors, d'autant que l'enveloppe est beaucoup plus petite !

Alors allons-y !

     Et la Soeur Postulante est... Feu Sa Sainteté le Pape Pie XII, né Eugenio Maria Giuseppe Giovanni Pacelli !

Ha, ha, ça alors ! Encore un Pape !

Oui, il a bien mérité la seconde place : Ayant exercé la charge papale de 1939 à sa mort en 1958, sans qu'il y ait trop de protestations après la guerre quant à ce qu'il avait fait, il a longuement travaillé pour la paix et la protection de l'Eglise Catholique Romaine en temps de guerre... Sans penser à la protection des peuples. En effet, à la fois par conviction personnelle (il était Nonce du Pape en Allemagne avant de devenir Pape...) et par pure lâcheté, il a largement soutenu tous les régimes dictatoriaux européens de la guerre, allant même jusqu'à signer avec Hitler un concordat lui donnant la bénédiction de l'Eglise. C'est vrai que les catholiques n'ont jamais vraiment aimé les juifs, mais là, il a quand même LIMITE approuvé les camps de concentration et la vente des biens des juifs. Alors oui, il a critiqué mollement ces régimes. En 1942, au moment où ils commençaient à tomber, quelle prouesse ! Faire quelque chose de plus aurait provoqué des représailles... C'est vrai, mais est-ce une raison ? Sans même tenir compte des conséquences de tels actes, c'est quand même un gros collabo médiatisé. Après la guerre, il n'a pas hésité à propagandiser avec des juifs célèbres pour faire croire qu'il les avait toujours soutenus en secret, mais qu'il ne pouvait rien faire. Ben voyons. On l'applaudit bien fort !

Et maintenant le moment que vous attendez tous, le Pet de nonne du Pharisien le plus gazeux est attribué à la mère supérieure... Ouvrez l'enveloppe, "Bob", je vous prie...

     Hou ! Mais quel suspense...

Ha ha...

     Et le gagnant est... Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, alias The Great Ratzinger Z, Alias le PanzerKardinal, alias L'Empereur Palpatine, alias Il Papa Ratzi, alias Joseph Alois Ratzinger !

C'est extraordinaire ! Je n'en reviens pas ! Mais pourquoi ?

     Je vous avoue que je ne sais pas... En tant que leader religieux, il n'a encore rien fait, il est tout neuf.

Délit de sale gueule ?

     Non, enfin si, bien sûr... Et en tant que leader religieux moi-même je peux vous dire que l'apparence compte... Je pense que c'est son passé qui le poursuit, de même que les médias.

Vous avez sans doute raison.

En effet, Notre ami Benoît ne l'a pas toujours été... Il fut un temps où il était dans les jeunesses Hitlériennes, soi-disant enrôlé de force. La compassion et le pardon, vertus pourtant classiques encouragées chez les prêtres, sont apparemment absentes de cet être censé servir de modèle a toute l'Eglise. Il a tenu des tas et des tas de propos complètement racistes, homophobes, anti-rock, anti pas mal de choses... Mais c'est normal, c'est un vieux aigri. Pourquoi a-t-il été élu Pape ? Il est clair qu'il va continuer la politique sclérosée de l'Eglise Romaine, celle-là même que Jean-Paul II avait entamée au sujet de la contraception. Et c'est ce qu'on attend de lui. On attend aussi de lui qu'il crève bientôt, avec un peu d'impatience, il faut bien le dire, vu qu'il est dans la même tranche d'âge que le précédent. C'est peut-être parce qu'il a une réputation un peu SM à la hussarde que Jean-Paul II l'avait à l'époque bombardé grand mamamouchi chapeautant les "enquêtes" sur les prêtres pédophiles. Il avait envoyé une lettre en latin à tous les archevêques expliquant qu'il fallait prendre des mesures strictes. Apparemment ça a fait très peur, vu que le pire châtiment qui a été employé pour calmer les ardeurs desdits curés a été de les changer de paroisse. Comme ça, c'est pas toujours les mêmes qui se plaignent... Et en plus il a carrément une sale gueule, que les médias n'ont pas hésité à exploiter tout à fait odieusement, mais là n'est pas le problème. Et ce n'est pas en faisant une petite bénédiction à Noël avec un bonnet rouge, en faisant un saint de son prédécesseur ou en sortant un petit livre qu'il va rattraper tout ça : le profil bas, ça n'a qu'un temps, on attend encore une action d'éclat qui définisse sa politique. Cela dit, autant on pouvait espérer un geste, une main tendue par le gentil Karol (somme toutes un bon vieux un peu gâteux), autant, là, ça a l'air râpé. Comme moi et pas mal d'autres, ça fait belle lurette qu'on a laissé tomber la morale religieuse le jour ou on n'a pas pu croire une seule seconde de plus que Dieu nous ait créés avec un cerveau uniquement pour nous empêcher de nous en servir, on s'en fout un peu. Mais c'est quand même un très gros con.

Que d'émotions... Et quelle jolie statuette que ce prix !

     J'allais le dire, on dirait un veau d'or !

Oui, mais en peluche. Un très bel objet, Maryse...

     Oui, mais je dois hélas vous quitter, j'ai des devoirs religieux à remplir.

Déjà ? Quel dommage ! Enfin tant pis. rentrez bien !

     Merci, et n'oubliez pas, Get some Slack !

C'est ça, vous aussi.

Nous arrivons à la conclusion de cette petite remise de prix... Remercions froidement tous les nominés qui n'ont reçu aucun prix mais qui ont tout tenté :

Mahmoud Ahmadinejad, le président Iranien, qui prouve que la démocratie a encore un long chemin à faire dans ce pays et accessoirement qu'on a les dirigeants qu'on mérite... Ses propos qu'on qualifie pudiquement de négationnistes (alors qu'on aurait pu dire "carrément du mauvais côté de la barrière de la folie, de la démagogie et de l'ignorance") nous ont tous beaucoup fait rire. Pas assez cependant pour lui faire une place dans ce classement !

L'abbé Pierre, qui s'est bien battu, le gâtisme n'étant pas une excuse pour le discours inqualifiable qu'il a tenu et qu'il tient encore (et même alors !). Sans doute a-t-il encore une aura de bienfaiteur : il n'a pas reçu suffisamment de votes pour en faire en véritable con primé.

Abel Ferrara, mentionné pour son film "Mary" basé librement (c'est le cas de le dire) sur la vie de Marie-Madeleine. Son film était peut-être trop exclusif, trop confidentiel (trop inintéressant et mauvais ?) pour que qui que ce soit y pense. Il fera mieux la prochaine fois !

Et enfin, Bernadette Soubirous, citée simplement parce que ce n'est qu'une petite bergère portugaise et stupide qui a honteusement copié Jeanne D'Arc (et déjà, la pucelle, ça devait pas être un cadeau), mais en version médiatisée, galvaudée, putifiée et vulgarisée. Ses prophéties sont secrètes, mais de toutes façons tout le monde s'en fout, alors...

Voilà, il est l'heure d'aller faire la fête, les enfants, car ce soir la nouvelle année se profile ! A demain pour de nouvelles aventures au pays de la connerie.

And the nominees are...

     Bonsoir à toutes et à tous chers blogspectateurs... C'est le dernier jour de l'année ! Vous avez deviné juste, je l'avais dit, je le fais... Le moment que vous attendez tous (si, si, tous... J'ai dit TOUS ! J'en vois un qui ne fait pas attention dans le fond...) est enfin arrivé, voici venu le temps des résultats du grand jeu concours ou c'est qu'y a rien à gagner, le JEU DE LA HAINE !

(Jingle magique. Oui, je sais, à l'écrit ça rend pas...)

Disclaimer : Le CIO (Comité pour l'Immolation des Obsolètes) n'est pas responsable ni coupable des noms de ceux qui reçoivent les prix... Moi, j'ai voté qu'une fois, pour le reste j'ai compté. Démerdez-vous...

(Jingle magique)

     OUI ! Vous avez été nombreux, très nombreux, même, à voter sans relâche, parfois même plusieurs fois, pour vos célébrités les moins préférées, celles qui vous donnent envie de les immoler sur le pilori du ridicule, de les écarteler dans la joie, voire même de vomir.

     Je ne compte plus les listes interminables (qui m'ont fait chaud au coeur) et que j'ai reçu des quatre coins du monde, parfois même de la banlieue parisienne ! Les compiler, les traiter et les compter pour les mettre sous forme présentable au public m'a bien pris quelques minutes. Ah, ce que c'est que la popularité !

     Comme je suis imprévisible et que je m'en fiche un peu, et que j'aime le suspense, je vais vous présenter les résultats dans l'ordre que je veux, à raison de seulement un ou deux prix par jour... Et bien sûr, les moins intéressants en premier. Comme aux Oscars, ya pas de raison !

     Mais sans plus attendre, passons au résultat de la catégorie la moins intéressante, la plus comateuse, bref, celle pour laquelle vous avez eu le moins d'idées. Ce n'était pourtant pas le choix qui manquait, mais il est vrai que ce sont toujours les cons les moins drôles qui inspirent le moins.

     Il s'agit de la Médaille à Deux Revers de Saint Jacques des Cons Posthumes, récompensant le mort du XXe ou du XXIe siècle que l'on regrettera le moins. Mais d'abord une petite précision, histoire de dire qu'il y en a qui, bien qu'intelligents et capables de comprendre des instructions en français, se sont quand même plantés...

     Un certain nombre de petits malins ( 12% des votes, quand même !) se sont crus originaux et ont voté "C'est pas beau de taper sur les morts", ou "c'est pas drôle", ou quelque chose d'approchant. Bon, on ne vous a rien demandé, vous n'étiez pas obligé d'écrire quoi que ce soit dans la catégorie. Pour la peine, bulletins nuls.

     D'autres se sont crus aussi parfaitement singuliers (alors qu'en fait ils sont 16%, les petits Jean-foutres) d'avoir voté pour quelqu'un de vivant, arguant l'humour de la situation, par exemple "Oui, mais il a l'air mort", ou "On aimerait bien". C'est vrai, mais c'est pour ça que sont faites les autres catégories. Dommage pour leurs voix.

     Mais trêve de bavardages. Je sens que ce suspense vous tue ! Eh bien sachez que vu le nombre de cons pour lesquels vous avez voté, tous autant que vous êtes, le CIO (Comité pour l'Immolations des Obsolètes) a été forcé de faire des groupes, pour attribuer certaines médailles à titre collectif... Je sais, on fait ce qu'on peut.

     Quel suspense ! Allons, vite, une page de publicité... Non, je déconne.

     Pour ouvrir l'enveloppe, accueillons sans attendre notre invité surprise... Bien que beaucoup de gens le prennent pour une femme, c'est le mieux charpenté des cavaliers de l'Apocalypse, il a joué dans de nombreux films, notamment le Septième Sceau d'Ingmar Bergman, il est la star de nombreux romans et contes populaires dont ceux de Terry Pratchett, et vous le verrez très très très bientôt, comme tout le monde, j'ai nommé... La Mort !

HA. HA. HA. MERCI A TOUS.

     Pas de quoi. Alors, je vous tends l'enveloppe...

ATTENTION.

     Houlà, oui, quel grand... Coupe papier...

(scritch scratch...)

     Quel suspense, hein ? Ah, l'enveloppe de la médaille de Bronze est ouverte...

ET LE GAGNANT EST... LES SAVANTS ATOMISTES DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE, A TITRE COLLECTIF !

     Mais ça alors, quelle surprise !

NON, PAS VRAIMENT.

     Non, je parle au public, là...

AH.

     En effet, La très grande hypocrisie de ces savants, à savoir Albert Einstein, Andreï Sakharov et Werner Von Braun, pour ne citer qu'eux, leur a valu la médaille de bronze, rien que pour avoir dit et répété "Oh lala, ma bonne dame, mais si j'avais su que mes inventions seraient utilisées à des fins militaires pan-pan, j'aurais vendu des poireaux ou fait du macramé !". Ils disaient que l'histoire jugerait, c'est fait. Chapeau !

     Passons à présent à la médaille d'argent, s'il vous plaît, monsieur La Mort...

DEJA ?

     Oui, ils sont là pour ça.

BON. ALORS VOILA... A TITRE COLLECTIF, LA MEDAILLE D'ARGENT REVIENT A LA VIEILLE GARDE DES ACTEURS FRANCHOUILLARDS MORTS !

     Ah, ça par exemple ! Ils ont eu plus de votes que les savants ?

SANS DOUTE QU'ILS ONT PLUS ENERVE LES GENS, AU LIEU DE JUSTE LEUR FOUTRE LES JETONS.

     Oui, ça doit être ça. Quoique c'était serré, il me semble.

AH OUI, DANS UN MOUCHOIR.

     En effet, des acteurs comme Coluche, Yves Montand, Raimu, Jacques Villeret, Bourvil, voire même Louis de Funès (détesté par certains bien qu'il ne soit pas médiatiquement correct de cracher dessus) et toute leur vieille clique desséchée monopolisent toujours au moins deux fois l'an pour les fêtes la grille de programme des chaînes Hertziennes. On va les applaudir bien fort... Avant d'arrêter. Pour toujours.

     Ah lala, que d'émotions !

AH ?

     Si, si, je vous assure.

AH BON. SI VOUS LE DITES.

     Bon, découvrons sans plus attendre le vainqueur de la médaille d'or !

AHA. AHAAA. ENCORE UN COLLECTIF.

     Nooon...

SI.

     Mais que c'est excitant !

EH OUI.

     On en ferait pipi dans sa culotte !

JE NE SAURAIS PAS DIRE.

     Bref. Roulements de Tambour...

EH BIEN, LA MEDAILLE D'OR À DEUX REVERS DE SAINT JACQUES DES CONS POSTHUMES EST ATTRIBUEE... AUX DICTATEURS DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE ET DE LA GUERRE FROIDE !

     Nous avons nommé...

LE GENERALISSIME FRANCISCO FRANCO, LE CHANCELIER ET FUHRER ADOLF HITLER, IL DUCE BENITO MUSSOLINI, ET JOSEPH VISSARIONOVITCH DJOUGACHVILI DIT STALINE !

     Oh, Bravo à eux !

OUI. ILS LE MERITENT VRAIMENT. ET C'ETAIT BEAUCOUP DE TRAVAIL SUPPLEMENTAIRE, POUR MOI.

     Eh oui, ils le méritent... Mais pour eux c'était facile de remporter ce prix après tout le travail qu'ils ont accompli ! Persécutions, exécutions de masse, répression dans le sang, états policiers, exactions en tous genres, autodafés, purges, déportations, conquêtes, impôts sur le revenu... C'est bien simple, ils sont cons d'avoir été si accomplis. Quelle envergure, quelle horreur, quelle atrocité dans l'ignominie ! Encore Bravo, Bravissimo.

     Merci encore, monsieur La Mort, c'était très bien.

DE RIEN. A BIENTÔT !

     Euh... Oui... C'est ça. Au plaisir.

     Mais arrive le moment dans la soirée ou, puisqu'on parle de détestation, il faut penser à ceux qui ont perdu. Oui, les petits, les sans grade, les morts qui ne se retournent pas assez dans leur tombe, tous ceux qui ont été nominés par vous dans cette catégorie mais n'ont pas été des primés. Une grosse huée collective pour :

Ronald Reagan (Le mauvais acteur de série Z "qui blacklistait ses petits copains d'Hollywood sous le maccarthysme avant de devenir le président des Etats-Unis d'Alzheimer", dixit un suffrage qui restera anonyme, bulletin secret oblige)

André Maginot (Ministre qui a permis la construction des fortifications les plus chères, les plus étendues et les plus inutiles de France, car les plus faciles à contourner, la célèbre Ligne Maginot)

Claude François (Chanteur à succès surnommé "mister koko" dans sa jeunesse cairote, mort sans chorégraphie mais électrocuté avec un vibromasseur dans le cul, à poils dans sa baignoire, histoire encore niée par ses fans baveux)

George Duby (Rien que parce que ce n'est pas politiquement correct de lui cracher dessus, à ce "saint" historien, même si beaucoup n'arrivent pas à terminer ses livres, sans doute par trop amateurs de phrases dotées de verbes... Et aussi parce qu'il a quand même co-fondé et présidé à la chaîne Arte.)

Lova Moore (Morte d'un arrêt cardiaque dû à une overdose de "médicaments", comme une mauvaise parodie de Marilyn, ce fut une fausse star surdimensionnée, en toc, aussi superficielle qu'artificielle, qui fut moche et conne toute sa vie. Et au delà.)

La Reine Mère d'Angleterre (Parce que voilà... Je veux dire... Elle a la forme d'une théière, et elle s'est accrochée longtemps. C'est épidermique, allez comprendre.)

     Et voilà, c'est la fin, il va falloir nous quitter... A l'année prochaine, c'est à dire à demain, pour une autre récompense couronnant toute votre répulsion !

27/12/2005

Harry Moy et les chroniques d'Artemis Pendragon des Royaumes de Baudelaireworld des Anneaux à travers la Suède

Je connais plusieurs personnes qui se sont fait offrir, à l'occasion des fêtes, le ou les livres des Chroniques de Narnia. Dont moi. Cette oeuvre soudain à la mode (comme toujours à cause d'un film) d'un amateur et ami de Tolkien, écrite avant tout pour les enfants, séduit de nombreuses personnes. Du reste, ce genre de romans jouit d'un grand retour en fanfare auprès du public depuis la vague Harry Potter.

A quelques exceptions près, l'intrigue en est souvent simpliste et les personnages peu développés (quoi que cela tende à changer ces derniers temps). Les clichés y sont souvent plus nombreux que les chinois en Chine, les archétypes de gentils et de méchants sont archi-convenus et les héros sont systématiquement des enfants, ce qui finit par agacer dés qu'on en lit plusieurs d'affilée.

Et plusieurs d'affilée, on peut se le permettre, car les derniers sont tellement légers (malgré un nombre de pages faramineux) que ça se bouquine aussi vite qu'un lapin... On finit par les confondre, entre l'un qui a des ours parlants dans le grand nord accompagnés de sorcières, un autre qui a une sorcière arctique avec un char traîné par des ours, sans compter ceux qui parlent des mêmes créatures mythiques en empilant les clichés rôlistiques.

La qualité littéraire de l'ensemble de la production n'est pas mauvaise, même si pour certains c'est du foutage de gueule... Cela vient du fait que les éditeurs publient certes n'importe quoi (il en restera bien quelque chose) tant que c'est à la mode. Mais certains de ces romans sont des rééditions, ou des projets de longue haleine et de longue date qui attendaient sur les étagères des auteurs un tel plébiscite inespéré.

Tous sont constitués d'une recette soi-disant imparable, laquelle aurait ennuyé la plupart des écoliers il y a seulement dix ans, parce que moins à la mode : Des personnages enfantins (la plupart du temps des enfants issus de notre monde, pour que l'identification au lecteur soit facile) se retrouvent catapultés dans un monde étrange qui reprend plus ou moins des mythes connus du domaine fantastique.

C'est le prétexte idéal pour faire vivre aux personnages des aventures totalement irréalistes et leur faire rencontrer des personnages aussi outrés que peu crédibles, tous ou presque calqués sur des archétypes usés jusqu'à la corde : les beaux parents méchants, les gentils orphelins, le vilain sorcier, la reine de l'hiver, le mauvais garçon, le vieux sage, le meilleur ami, l'animal familier magique, et j'en passe...

Une fois que les personnages simplistes ont accompli suffisamment de quêtes, vous les ramenez chez-eux, ou vous faites un deuxième tome, dans lequel vous pourrez éventuellement développer un peu les personnages.

Pour les héros, c'est assez simple, en général vous prenez des enfants ou des gens suffisamment sans relief. Les enfants, c'est pratique, c'est sans défense. Rien n'est aussi puissant qu'un personnage sans défense au début d'un roman, parce que le lecteur s'y attache tout de suite, en général. Surtout s'il lui arrive du mal. Et par la suite, vous pouvez toujours en faire un héros, à force de el faire survivre aux difficultés.

Si vous voulez, vous partez dans le premier tome avec des enfants "lambda", avec peu de traits de personnalité : c'est pour accrocher le lecteur. Celui-ci découvre par les yeux du héros le monde que vous avez crée ou pompé ailleurs... Donc moins le héros est défini, moins ses décisions sont différentes ou complexes par rapport à celles que ferait le lecteur, plus le lecteur peut s'y identifier, donc mieux c'est.

De ce point de vue là, c'est facile à écrire, puisque vous pouvez ajouter des personnages à la chaîne, comme s'ils sortaient d'une usine : les personnages du monde en question ne sont là que pour faire couleur locale. Le tout c'est d'inventer un monde qui se tienne à peu près, ce qui, je vous l'accorde, n'est pas donné à tout le monde, et une grande quête. Heureusement, vous n'avez besoin que de reprendre des mythes existants.

Résultat, vous avez des livres-saucisses : des chapelets sortant à la file indienne de chez les éditeurs, des tomes et des tomes entre 300 et 1000 pages à la fois, tous avec des couvertures souples à grosses lettres dorées, genre best-seller de plage. Comme c'est pour les enfants vous avez une jolie image dessus, pas simplement un truc monochrome comme pour les romans d'espionnage.

Cette recette a aussi longtemps marché pour les livres de SF et de fantastique qui sortaient en poche, notamment ceux qui avaient tous une carte du "monde" dont on parlait à la première page. De fait, ce genre fonctionne très bien pour pas mal de choses, dés que vous avez un héros qui découvre un monde nouveau, et depuis longtemps. C'est un domaine romanesque à part.

Dans Le Seigneur des Anneaux, des hobbits "ressemblant à des enfants" (dixit Tolkien) découvrent le monde au delà de leur confortable Comté. Des enfants sont les héros de Narnia, le continent au delà de l'armoire magique. Selma Lagerlöf embarque Nils Holgersson dans un voyage à la découverte de son propre pays, la Suède, dans un roman géographique. Mark Twain raconte le périple d'un américain à la cour du Roi Arthur...

Bref, vous l'avez compris, tout ça ne date pas d'hier, et beaucoup d'écrivains ne sont que trop contents de pouvoir écrire sur de vrais héros à l'aide de trames balisées et de ressorts éculés sans se faire refouler par les éditeurs, puisque pour une fois on ne leur demande pas de se faire chier à détailler les conflits internes sans fin de personnages ineptes dans des romans psychologiques sur la crise de la quarantaine. Tant mieux !

PS: N'oubliez pas mon concours débile, tellement débile qu'on n'y gagne rien ! Allez voir le billet du 17 décembre un peu plus bas. C'est marrant et ça ne prend pas beaucoup de temps. Vous n'en avez plus beaucoup de toutes façons, vu que je publierai les résultats dans deux jours, à peu près. Bon courage !

25/12/2005

C'est les boules.

Noël ! Noël ! Paix sur la Terre aux hommes de bonne volonté, sonnez les cloches et prévenez l'archevêque... Les enfants occidentaux, émus comme un viking à son premier pillage, découvrent leurs cadeaux sous un arbre kitscho-baroque, leurs parents hagards d'avoir peu dormi et trop bu avant que leur réveille-matin sur pattes ne leur trompette un "Joyeux Noël Papa Maman ! Le Papa Noël est passé !".

Joyeux Noël à vous, fidèles lecteurs qui n'avez rien d'autre à faire que de lire cette prose en ce jour béni entre tous ! Joyeux Noël à monsieur XVI (Benoît), qui prie pour la paix en Palestine, prouvant ainsi qu'on peut se repentir d'une jeunesse antisémite et xénophobe si c'est pour la bonne cause politiquement correcte. Joyeux Noël aussi aux idéalistes qui produisent le film "Joyeux Noël", car c'est le seul jour ou je les respecte !

Joyeux Noël à tous ceux qui s'appellent Noël ou sont nés le 25 décembre, et de ce fait ont moins de cadeaux que les autres. Joyeux Noël aux pauvres et aux nécessiteux qui toucheront de l'argent et de la nourriture de toutes les associations caritatives et auront un logement gratuit alors que certains, touchant pourtant le salaire minimum pour un vrai travail, n'auront pas de quoi payer un loyer et se feront expulser !

Joyeux Noël aux belles familles empoisonnantes et aux toxines qui ruinent le foie des pauvres chrétiens, à ceux qui auront des crises cardiaques et des hépatites, a ceux qui mourront étranglés par un os de dinde, à ceux qui resteront coincés dans une cheminée en voulant faire le père Noël, à ceux qui mangeront par mégarde du saumon botulique, à tous ceux qui m'énervent et qu'il faut bien aimer un jour par an...

Joyeux Noël !

24/12/2005

Venez à moi, les petits enfants

Demain c'est Noël (enfin, aujourd'hui, vu qu'il est minuit passé). J'ai passé tout l'après-midi et une bonne partie de la soirée à faire des paquets cadeaux. Je plains ceux qui ont des enfants à la maison : cela les oblige à les faire uniquement lorsqu'ils sont couchés. Mais que ne ferait-on pas pour notre progéniture ? Voyez les mamans qui continuent d'apporter des oranges à leur petit bout de chou, trente-cinq ans, en prison pour triple meurtre et viol...

Et elles font bien. C'est à ça que servent les mamans. Non que j'idolâtre la mienne ou qu'il faille absolument restaurer le piédestal de l'amour parental, ni même automatiquement adhérer à la cinquième des maximes amusantes et inapplicables du décalogue ("Tu honoreras ton père et ta mère"), mais je ne comprends pas qu'on puisse renier son enfant. Qu'il assume les conséquences de ses actes, d'accord, mais comment ne pas l'aimer ?

C'est pour ça que je suis particulièrement outré par le fait que la première cause d'abus chez les enfants sont leurs parents. En cette fête de Noël, fête des enfants, symbole du renouveau (rappelons-le, le solstice comme la naissance de l'enfant Jésus et toutes ces sortes de choses, c'est le retour de la lumière), je voulais juste rappeler brièvement que gâter ses enfants est un droit et un devoir. Sinon, à quoi ça sert d'en faire, hein ?

Message à caractère informatif : Oyez, oyez, vous n'avez plus que quatre jours environ pour me faire parvenir vos votes dont au sujet desquels je vous tanne à longueur de Blog pour que vous répondiez à mon concours à la noix... Jusqu'ici, j'ai eu quelques réponses, de quoi alimenter la machine, mais l'apathie des rares lecteurs de mon Blog se fait sentir et l'arrivée des réponses se tasse.

Ne soyez pas timides ! Pour participer, il vous suffit de détester quelqu'un de célèbre, de le faire rentrer tant bien que mal dans une des catégories listées dans le billet du 17 décembre (juste un peu plus bas dans la liste, allons, un effort...), de recommencer avec autant de gens célèbres et autant de catégories que vous voulez, et de me l'écrire sous forme de commentaire, ou autrement. Fastoche, non ?

21/12/2005

Les Dieux sont dingues

C'est aujourd'hui l'hiver, et la nuit la plus longue de nos contrées. Le solstice d'hiver reste quand même l'une de mes fêtes païennes préférées, évidemment parce que Noël est si proche, mais aussi à cause de ce que ça représente : L'heure la plus sombre, la nuit la plus longue, puis l'espoir d'un renouveau.

Quel meilleur jour pour faire des sacrifices, et persuader par une offrande de sang les Dieux égoïstes et les esprits cruels de ramener la lumière du jour, de faire revenir la chaleur, et les rayons du soleil sur les champs gelés ? Une goutte de sang rouge perlant sur la neige blanche, c'est tellement "esprit de Noël"...

Il est loin, le temps béni où les druides vénéraient le sapin, roi des forêts, comme arbre qui reste vert en hiver, en empalant des chrétiens tout vifs dessus puis en le faisant brûler... Pourtant, il nous reste aujourd'hui la tradition du sapin illuminé, avec un ange au dessus !

Et c'est aux pieds du sapin, ou comme par hasard près du feu de la cheminée, qu'un vieil homme à barbe blanche vient déposer l'abondance (en l'occurrence des cadeaux, même si le côté "abondance" de nourriture a été préservé dans certains pays où l'on offre des oranges et du pain d'épice) en remerciement du sacrifice.

Bien entendu, le vieil homme tout de neige vêtu est devenu Saint Nicolas, puis le Père Noël, avec seulement des touches de rouge et de vert à son costume avant que Coca Cola ne lui prête son manteau. C'est le signe qu'il est devenu tout à fait recommandable... Mais moi, je n'oublie pas son passé meurtrier, et je souris en coin.

Oui, Noël est décidément ma fête favorite...

Par ailleurs, c'est dans cet esprit de sacrifice (métaphorique) d'un être humain pour la joie et l'allégresse de tous les autres que vous pouvez participer au concours débile que j'ai lancé dans le second billet d'humeur du 17 décembre 2005... Tout est expliqué, c'est très très facile. C'est même rendre service : sélectionner la personne célèbre que vous détestez le plus, c'est l'immoler comme Jésus, dont Noël est aussi l'anniversaire symbolique.

Vous ne vous y attendiez pas, à celle-là, hein ?

19/12/2005

Attention Mesdames et Messieurs...

Déjà deux jours que le concours-sondage ou c'est qu'y a rien à gagner sur les gens que vous n'aimez pas (voire que vous détestez cordialement, bien que vous ne les ayez probablement jamais rencontrés en personne) bat son plein, et, déjà, six votes ont été récoltés par nos standardistes ! Bon, je n'ai pas de standardistes, mais mettez-moi une perruque et du rouge à lèvres et ça fera l'affaire. De toutes façons ça ne se voit pas par Internet...

Six votes, considérant l'apathie naturelle du geek moyen sur Interneuneu, et compte tenu de l'impact médiatique fantabuleusement nul de ce Blog, c'est absolument faramineux ! Des tendances générales se dessinent, même si chacun a tendance à citer des candidats différents. Merci encore à tous ceux et celles qui ont participé, et à ceux et celles qui comptent le faire. N'oubliez pas, nous comptons sur vous.

J'en profite pour rappeler les règles du jeu : Il y a treize catégories spécifiques et une catégorie majeure concernant LE plus gros con célèbre actuellement en vie, et tout est dans le second billet daté du 17 décembre 2005. Vous pouvez choisir autant de candidats éligibles par catégorie que vous désirez, de préférence en les classant par ordre d'importance (les personnes éligibles sont clairement rappelées en dessous de chaque prix, à chaque catégorie). Vous avez peu de temps pour voter, puisque si tout va bien les résultats seront publiés entre Noël et le jour de l'An. N'hésitez pas à amener vos amis, eux aussi ont le droit de haïr en paix. Il y a d'ores et déjà un prix, le fait d'être cité (si ça ne vous gène pas, bien sûr) avec les autres gagnants si vous êtes l'un de ceux à avoir voté pour le Ducon D'Or qui sort "vainqueur".

Qui plus est, la satisfaction personnelle que l'on tire de la détestation de quelqu'un en période de fête est ineffable. Le fait est que si ça marche bien et que je suis satisfait de la réponse de ce qu'il faut bien appeler un public, il y aura une prochaine édition de ce concours dans un an. En effet, si j'ai choisi de procéder à ce petit exercice pour les fêtes de fin d'année, ce n'est pas un hasard...

Dés la période de l'Avent, j'entre dans une phase hivernale ou mon coeur se serre et se solidifie, devenant particulièrement insensible aux effusions chaleureuses et cucul-la-praline de cette saison. Peut-être est-ce dû aux mendiants qui me demandent vingt euros par jour (je ne donne donc rien, dépité) ou aux membres les plus légumineux de ma famille (raison pour laquelle de si nombreuses personnes détestent Noël).

Peu importe, toujours est-il que j'ai décidé de répandre l'amour de mon prochain comme je peux, faisant oeuvre de charité et de salubrité publique en même temps. Réfléchissez-y, il s'agit d'une oeuvre hautement altruiste et humanitaire : J'unis mes lecteurs dans la haine de personnages représentatifs de l'avilissement de l'humanité, et je dénonce ces grotesques pantins, à mon modeste niveau.

Un peu comme un régime fasciste, si vous voulez, mais sans al dimension collective, généralisatrice et mensongère... Nous n'accusons pas ces pauvres gens de tous les maux de la Terre, un tel sondage est toujours subjectif et jamais représentatif. Mais que cela n'empêche personne de trompeter comme un cygne qui il déteste, qui il hait et qui il abhorre, sans honte et dans toute la noblesse d'une longue tradition humaine.

Vive la raie publique, vive la fange.

17/12/2005

Ladies and gentlemen, your attention please...

Quantités de sites existent concernant les stars du cinéma, les célébrités, les grands de ce monde... Des journaux comme Choc, Public, Voici, Gala, Paris Match et compagnie (y compris les chaînes de télé, dont Match TV) vivent aussi de ces ragots multiformes, hydre aux têtes sans cesse plus nombreuses à chaque démenti.

Tom Cruise vient d'être consacré comme la personnalité la plus débile d'Hollywood (le nom exact du titre m'échappe), par exemple, et j'ai tendance à être d'accord, même s'il faudrait que j'interroge beaucoup de gens pour savoir si c'est vrai. Quoi qu'il en soit, il doit être dans les dix premiers, facile.

Pour m'amuser (et y a-t-il un autre mobil à cette suite illogique de billets d'humeur ?) j'ai décidé de faire mon propre sondage... Quelle est la personnalité qui vous énerve le plus au monde dans chacune des catégories ci-dessous ? Ecrivez-moi ou commentez ce billet, dans quelques jours on verra les résultats.

Les catégories sont (avec en dessous les personnes éligibles) :

L'Escarre du plus mauvais cabotin :

     Acteurs/actrices, et/ou comiques (si possible, citer une prestation, à moins que le prix ne soit décerné pour l'ensemble de la carrière)

La Défaite de la Musique :

     Musiciens et chanteurs/musiciennes et chanteuses (peut être attribué collectivement à un groupe)

La Palme de Canard en Caoutchouc du Réalisateur le plus à côté de ses pompes :

     Tout réalisateur/réalisatrice (si possible, citer un film, à moins que ce ne soit pour toute l'oeuvre)

Le Sept de Plomb du journaleux le plus incompétent :

     Journalistes, commentateurs/commentatrices et animateurs/animatrices (si possible, citer une rubrique, émission de télévision ou de radio pour laquelle le prix est décerné)

Le Jarnac de Platine du politicien le plus corrompu :

     Hommes ou femmes politiques de tous les pays

Le Prix Re-Dodo de l'écrivain le plus soporifique :

     Auteurs et poètes/poétesses (si possible, citer un ouvrage pour lequel le prix est décerné)

La Sardine à l'huile aux Frites grasses de l'artiste le moins talentueux :

     Toute personnalité artistique, de la mode aux arts plastiques

La Coupe d'Immonde du sportif avec le rapport "QI/salaire" le moins élevé :

     Sportifs/sportives (la concurrence sera rude...)

La Couronne du King ou de la Queen of Moche :

     Toute personnalité laide

Le Pet de Nonne du Pharisien le plus gazeux :

     Toute personnalité religieuse contemporaine ou non, toutes fois confondues (seule catégorie à pouvoir compter des morts à part la Médaille à deux revers de Saint Jacques des Cons Posthumes, du fait de la rareté relative de célébrités religieuses par rapport aux autres catégories)

Le Chèque en Bois de l'affairiste le plus véreux :

     Toute personnalité du monde des affaires, de la finance, des entreprises, de la bourse...

Prix décerné à titre posthume :

La Médaille à Deux Revers de Saint Jacques des Cons Posthumes :

     Morts/mortes (pour des raisons quantitatives, éligibilité limitée à ceux décédés au XXe siècle et plus tard)

Prix spécial du jury :

Le Réverbère de Bronze de la personnalité la plus racoleuse :

     Toute personne ayant fait quelque chose d'ignoble ou d'immoral pour devenir célèbre.

And, last but not least :

Le Ducon D'Or de la personnalité la plus infecte :

     Tout le monde !

Si vous hésitez ou que vous souhaitez répondre par plusieurs personnes, effectuez un classement du plus énervant (numéro 1) au moins énervant (à la fin). Il n'y a absolument rien à gagner si ce n'est toute mon estime, je répondrai à tous ceux qui écrivent, et je publierai les résultats quand j'en aurai envie.

Tout le monde peut participer, et tous les gens célèbres peuvent être cités, même ceux qu'on connaît pas, on n'est pas sectaires. Personne n'est donc à l'abri... Je ne sais pas si je referai ce petit sondage, mais si ça fonctionne bien, je le referai l'an prochain, sans doute avec quelques variantes.

Si vous le souhaitez, votre nom sera publié si c'est vous qui avez prédit l'un des "gagnants", le cas échéant, veuillez le préciser. Les participants au concours sont tos ceux qui se donneront la peine de répondre, donc il risque de ne pas y avoir grand monde...

Que le pire gagne !

The one where you realize they're all kind of creepy

Les rediffusions des épisodes de la série Friends, bien connue pour avoir duré dix saisons pleines sans changer de casting, de décor ni même de gags, m'ont fait voir à quel point cela avait vieilli. Et, mon Dieu, si vite. Je suivais, au début, il m'est arrivé de ne pas vouloir rater un épisode. Je le confesse sans honte, c'était distrayant et rythmé, sans prétention. Mais passé quelques saisons, ça a perdu de son charme.

S'ils ont su de temps à autres dépasser le cadre de l'humour New-yorkais pour en appeler à toute une génération de jeunes et faux jeunes, ils n'ont jamais été très profonds, ne sortant jamais de la légèreté comique et des rires enregistrés. En tant que sitcom, il ne pouvait pas y avoir de vraie ambiance ni de mise en scène particulièrement élaborée avec décors en pagaille... Et ils sont vite tombés à court d'idées.

Les dernières saisons, dont j'ai vu quelques épisodes en me forçant pour essayer de retrouver ce sentiment d'intérêt malgré le fait que je regarde des quadras jouer les jeunes premiers, et encore et toujours réagir comme des gens de 28 ans, étaient poussives et mornes, avec de nombreux gags directement pompés de séries britanniques, dont les vieux épisodes de Mr Bean. Ils ont fait deux épisodes entiers sur un "et si", c'est dire.

Quand le charme est rompu, on voit vraiment les ressorts éculés pour ce qu'ils sont : de minces supports aux gags limités. C'est une bulle d'irréalité totale : on ne les voit jamais aller travailler, et surtout pas à des boulots qui paient (Phoebe est "masseuse", Monica est cuisinière, Chandler est petit employé, Ross est prof même pas titulaire, et Joey est acteur chômeur) mais ils sont tous des beaux appartements dans Greenwich Village !

Quand je regarde un épisode, la magie n'est plus là car la nouveauté s'est enfuie. Avec les rediffusions, on peut vraiment s'apercevoir à quel point tous les personnages peuvent taper sur les nerfs à force de ne pas évoluer dans leurs comportements et leurs mimiques, quand bien même on découvre des tas de choses sur leur passé, et malgré les évolutions de leur vie au cours de ces dix années.

Soudain, on ne rit plus lorsqu'on constate qu'ils ont tous dépassé la moitié de la trentaine et qu'ils essaient de s'accrocher vainement, comme toute une génération de métrosexuels (ceux qui font du sexe avec les rames de métro, je pense. J'en ai parlé dans un autre billet, allez voir dans les archives). Ils en deviennent même pathétiques et un peu effrayants. "J'ai (humhum) quarante ans et je ne suis pas marié, donc je fais jeune !"

Quand je pense que mon frère ne s'est même pas pressé pour faire un enfant et que mes parents sont devenus des grands-parents à cinquante ans... Vive le vieillissement de la population. Bon, je ne sais pas si j'aurai des enfants moi-même, mais j'aimerais bien en avoir avant d'atteindre les trente-cinq berges, quand bien même je suis et reste un homosexuel impénitent. Mais il ne s'agit pas que de ça.

Ces pauvres gens, à trente ans, leur vie commence à peine, et pourtant ils sont tous assis dans leur café à se demander où sont passés leurs idéaux et les heureuses années de leur "jeunesse", à s'interroger sur les compromis qu'ils ont fait, à se poser des questions existentielles sur la profondeur de leur nombril, le divorce de la dernière star en vogue, et qui couche avec qui dans leur "bulle" (vu qu'ils ne rencontrent personne).

Bref, les gags sont marrants. Une fois. Après, poubelle. Ou alors tronçonneuse, lance-flamme et poucettes. Une larme de plus à verser : Matt LeBlanc a maintenant son show, encore plus superficiel, "Joey", la suite de Friends à Hollywood. Quant aux Rembrandts, le groupe que nous dirons pudiquement "convenu" et qui a fait le générique (que même la série n'a pas rendu populaire), je crois qu'ils en sont réduits à jouer dans les supermarchés.

Bien fait.

16/12/2005

Foulque mi-hardes

Dans la continuité de ce que j'avais dit hier à propos du dictionnaire (j'ai un tant soit peu de suite dans les idées), je vais aujourd'hui vous apprendre un mot nouveau. Enfin, si vous ne le connaissiez pas déjà. Je ne l'ai pas appris dans le nouveau dictionnaire Larousse Lacroix, mais rassurez-vous, il existe, et il est très bien quand même. Alors, les enfants, aujourd'hui nous apprenons le mot "Foulque".

Foulque est le nom des lignées nobiliaires (au nombre de trois) qui ont dirigé la province d'Anjou lorsque la France était une monarchie, et même avant, lorsque l'Anjou était indépendant. C'était au départ une grande famille, mais l'Anjou fut progressivement rattaché directement à la couronne de France, et cela devint tout autre chose. Sous les derniers princes Capétiens et les Valois, c'est Monsieur (le frère du Roy) qui héritait du titre.

Mais ce n'est pas tout. Les nobles passés de la richesse aux haillons, à la limite, ça n'a pas un grand intérêt pour les gens modernes qui veulent s'intégrer dans le monde actuel (J'ironise, je sais, c'est facile en tant qu'historien diplômé...). Ceux-là ont besoin de savoir le sens du nom commun "foulque", sens contemporain. La foulque est un oiseau qui ressemble vaguement au canard, à la poule d'eau et au râle, et qui est principalement lacustre.

Elle a un bec droit qui, comme celui de certains canards, va jusqu'au front pour former une plaque. Bien qu'elle nage, la foulque n'a pas de pattes palmées, mais des pattes (bleu clair) à petits fioritures, des espèces de bords crantés, de volants... Je ne sais pas comment vous l'expliquer, les naturalistes disent des "lisières". Ce sont des excroissances rondes et plates autour des phalanges, ce qui fait un peu penser à des lauriers olympiques.

Vérifiez si vous ne me croyez pas. Ces oiseaux sont donc passablement ridicules. Ce qui les rend encore plus ridicules, c'est qu'ils ne peuvent pas décoller du sol directement, ils sont obligés de courir sur un terrain plat pour prendre de la vitesse. Et comme le seul terrain plat dans un environnement lacustre et forestier est l'eau, la foulque passe son temps à courir au bord de l'eau pour s'envoler, et de temps en temps de péter la frite et boire la tasse.

La foulque macroule (c'est le nom de l'espèce qui habite nos contrées) se trouve en Europe et en Amérique, même s'il existe une foulque d'Amérique (en anglais "coot"), et cinq espèces pour l'Amérique du Sud. Il y en a aussi en Afrique et dans les Caraïbes, toutes du genre fulica. Celle-ci possède un bec plus coloré. La foulque, d'où qu'elle vienne, pond des oeufs beiges mouchetés de brun, et ses petits ont un duvet orange autour de la tête.

Voilà, dorénavant, vous pourrez reconnaître (espérons-le) une foulque à la campagne sans même avoir pris des cours auprès d'un écologiste, d'un professeur de sciences naturelles, d'un peintre animalier ou d'un chasseur. Bon, d'accord, j'aime parler pour ne rien dire. D'ailleurs, voici la vraie raison de ce billet : Je ne vous ai appris ce mot que pour le plaisir de faire un calembour vaseux dans le titre. Alors, heureux ?

15/12/2005

Tout coule for school

J'ai eu l'occasion de jeter un oeil sur le dictionnaire Larousse illustré... par Christian Lacroix. Non seulement il est incroyablement beau, mais le plus récent surclasse en utilité tous ses prédécesseurs. Ils ont changé la police de caractère pour une plus lisible, et ils ont mis dans une rubrique spéciale les mots nouveaux qui viennent de passer dans la langue française (comme "kiffer" et "connard d'académicien barbare"... Je m'égare).

Accessoirement, ils ont demandé à certains dessinateurs français de bandes dessinées jouissant d'un succès populaire (Trondheim, Loisel...) d'illustrer ces nouveaux mots et les placer dans un contexte coloré et humoristique, dans un gros effort pour les rendre plus attrayants vis-à-vis des jeunes. Ou encore ceux qui, sur le long chemin de la littérature, n'ont pas dépassé le stade du Journal de Mickey. Il en faut, je suppose...

Après tout, les dictionnaires ne s'adressent qu'aux enfants. Le chiffre d'affaire du petit Larousse, un dictionnaire il est vrai compact mais toujours pratique, est tout de même gonflé chaque année par les achats scolaires destinés à nos chères têtes blondes. Les adultes sont bien trop occupés à inventer des mots comme "encrypter" plutôt que de lire le sens de crypter, cryptographier, coder, chiffrer, dissimuler, occulter...

Les lettres de candidatures que l'on peut recevoir pour tous les postes jusqu'à bac+2 sont littéralement semés de fautes d'orthographe... J'en ai vu. Pas des fautes d'inattention, des coquilles ou des erreurs que l'on peut faire à deux heures du matin quand on rédige son centième CV de la journée. Plusieurs fautes de grammaire par ligne, et des erreurs de vocabulaire qui dénotent une méconnaissance totale de la logique inhérente à la langue.

Je ne suis pas un horrible chauvin du langage. Je corrige certaines fautes orales, mais j'en fais moi-même. Je ne suis pas une vieille professeur de français qui pique sous son chignon, et je ne vais pas prêcher la bonne parole comme un obsédé du contrôle sur tous les sites Internet, envoyant des e-mails incendiaires et laissant des messages hargneux sur les forums parce qu'il y a deux L à "imbécillité"... J'ai mieux à faire.

Alors vous voyez, c'est lumineux : seuls ces bambins ont besoin d'un dictionnaire tous les cinq ou dix ans. Les grands n'ont plus besoin d'apprendre quoi que ce soit. Le taux d'illettrisme en France atteint juste des sommets, nous n'en sommes qu'à peine à plus de 20%... Et de toutes façons, "les profs, y sont tro-z-éxigeants", ai-je entendu de la bouche d'un parent d'élève soutenant une grève des lycéens. Que voulez-vous répondre à cela ?

Mignonne, allons voir si l'arthrose...

J'ai un peu plus tôt discuté avec certain ami de choses sérieuses, entre autres du fait que l'on avait récemment changé officiellement la notion de "population à risques" en celle de "comportements à risques". C'est vrai que c'était raciste, d'une part, et faux, d'autre part. Hélas, peu de gens sont au courant de cette fine distinction, surtout que les médias n'expliquent que rarement la différence au grand public.

Voyez-vous, dire qu'il y a des populations à risque en ce qui concerne le SIDA (bien que cela soit en partie vrai puisque certains groupes sociaux sont plus touchés que d'autres), c'est éluder le fait que tout le monde peut l'attraper, même hors desdites populations, et même sans avoir de contacts avec celles-ci puisque les séropositifs et les malades sont déjà un peu partout dans le monde et dans la société.

Parler de comportements à risques, c'est responsabiliser les gens et leur dire qu'ils doivent faire attention à leur propre comportement (i.e. mettre des préservatifs...), pas seulement à la "catégorie de personnes" avec qui ils couchent. C'est donc un message primordial, mais moins populaire et moins facile à faire passer. Parce que les catégories de populations à risques, ça ne marche plus depuis longtemps.

Les dernières études montrent, outre une augmentation plutôt macabre du nombre de contaminés par l'épidémie (et ce n'est pas seulement dû à la soi-disant efficacité des traitements, lesquels ne font à l'heure actuelle que retarder l'inévitable...), que les populations les plus à risque ne sont pas celles qu'on croit. Toutes les idées reçues sont d'ailleurs systématiquement détruites par l'évolution constatée du SIDA.

Vous croyez que les homosexuels sont les plus touchés ? C'est faux. En proportion, il y a plus d'homosexuels qui ont été contaminés, c'est vrai, mais il y a depuis quelques années déjà beaucoup plus de séropositifs et de malades hétérosexuels dans la population française et dans le monde... Ce qui fait qu'il y a plus de chances de se faire contaminer par un(e) hétérosexuel(le) que par un(e) homosexuel(le).

Vous croyez que les très jeunes sont touchés parce qu'ils apprennent l'amour et ne savent pas bien s'y prendre ? Au contraire, les 16-25 ans sont loin d'être les plus touchés en France, malgré une "dédramatisation" du SIDA, parce qu'ils ont grandi avec les campagnes de prévention et que c'est pour eux un geste plus naturel que les générations précédentes. Et puis question sexe, ils sont sensibilisés plus tôt...

Mais alors, est-ce que ce serait la génération des trentenaires et plus, les 25-45 ans, qui serait la plus touchée par cette sale maladie ? Il est vrai que c'est la génération qui a grandi en découvrant l'épidémie et qui est à l'origine du phénomène de "relapse", c'est à dire la pratique du barebacking parce qu'il y a un certain ras-le-bol... Mais le réflexe capote est encore là, car ils ont vu les premières victimes, et ça ne donne pas envie !

Surprise, ce sont les 45-65 ans qui sont de plus en plus contaminés et prennent le plus de risque. Le démon de midi réveille une sexualité qu'ils croyaient oubliée, et ils se retrouvent avec Bobonne ou personne (kif-kif, au lit...). Les hommes vont donc se taper la pute du coin, la secrétaire, ou des mecs anonymes dans les saunas. Et bien sûr, sans précautions, parce qu'ils ne l'ont jamais fait et qu'ils n'estiment pas ça nécessaire.

Bien sûr," la capote c'est pour les jeunots, moi j'ai confiance"... "Tout ça, j'ai pas l'habitude, ça me fait débander"... "C'est comme prendre une douche tout habillé"... "A mon âge on n'attrape pas ça, et puis c'est pas grave, je suis déjà vieux"... "J'ai le droit de m'en payer, à mon âge !"... Et de ressortir toutes les (vieilles) idées reçues, parce qu'ils n'ont pas fait attention à ce qu'on disait à la télé : C'est ciblé jeune, tout ça.

Le problème c'est que tous ces vieux cochons (et n'oublions pas les vieilles cochonnes) ne sont pas à l'abri d'une contamination, et risquent de baiser les autres (à tous les sens du terme). Et les vieux beaux comme les vieilles peaux liftées essaient autant que faire se peut de ne pas baiser entre eux, mais de se taper des minets et des minettes. Et ils y arrivent : L'expérience, l'argent, le complexe d'oedipe de certains tendrons...

Vous voyez le topo. Il suffit pour se convaincre de la gérontophilie furtive qui étonne de par sa présence dans le monde de voir les messageries roses allemandes où pullulent les mémères, et les quartiers huppés où grouillent les bellâtres grisonnants chefs d'entreprise et les dames en tailleur Chanel liftées et emperlouzées de partout. Comme on dit, "À vieille mule, frein doré"... Voyez le succès de la DHEA et du Viagra.

Et en ce qui concerne les homosexuels, ceux qui se sont déjà fait draguer dans le Marais par une vieille tantouze défraîchie habillée en cuir comprennent bien ma mise en garde : Il y a eu plusieurs incidents, déjà, de morts par arrêt cardiaque dans des lieux de rencontre ou chez des particuliers, parce que certains ont mélangé le poppers (un euphorisant légal vasodilatateur) et le Viagra. C'est symptomatique !

Oui, les vieux baisent. Les papys ont une sexualité, et la ménopause n'arrête pas les mamies. Si répugnant que cela puisse paraître, les êtres humains de tous les âges sont touchés par la société du sexe et la porn-culture, à des degrés divers, et ne veulent pas abandonner les privilèges de la jeunesse aussi aisément, comme dans la Comedia : Avec un seul pied hors de la tombe, c'est plus qu'assez pour en sortir aussi un sexe, même fripé.

Ne dramatisons pas, cela ne veut pas dire que si votre mémé sort le soir elle va aller dans une tournante dans un hospice, ou se faire violer de façon répétée par un gang de pervers qui aiment les grisons en couches pour adultes ! Mais cela veut dire que quel que soit l'âge, du moment qu'on est sexuellement actif, il faut aussi être sexuellement responsable... Et ça vaut pour tout le monde. C'est moral, oui, je sais, mais c'est comme ça.

En attendant, Bernard Joyet, auteur-compositeur-interprête méconnu a tout de même composé la doulce chansonnette pleine de références poétiques ainsi qu'à la chanson française en général, parfaitement adaptée à la situation. Il s'agit de celle du Gérontophile. Allez donc voir sur le site de ce quinquagénaire, un autre vieux pas si beau que ça, mais qui connaît visiblement son sujet...

13/12/2005

Mange, mon fils !

A l'approche des fêtes et des plantureux repas hivernaux qu'elles promettent, des bouffées de nostalgie culinaire flottent parmi nous, anonymes flatulences de nos esprits soumis. Il semble aujourd'hui naturel, logique et même positif d'avoir la nostalgie de la cuisine de grand-mère. Et pourquoi pas ? L'image stéréotypée de la mamie gâteau souriante est la base publicitaire de Mamie Nova et des soupes Liebig façon Grand-mère...

Mais cela m'intrigue : Chacun ayant ses propres grands parents, comment peut-on tous regretter la même chose ? Il me semble qu'il s'agit de quelque chose de purement affectif, qui n'a aucun rapport avec le goût exact de ladite cuisine. Pour rétablir la vérité, voilà quelques caractères spécifiques de la cuisine de vieux séniles, recueillis grâce à des témoignages. Quitte à être nostalgique, autant que ce soit pour quelque chose de vécu, non ?

1) La quantité fait la qualité :

Autrement dit, si un plat est bon, c'est meilleur quand il y en a plus. La cuisine de certaines grand-mères atteint vite des quantités astronomiques, donnant des crises de foie à leur descendance à force de services supplémentaires. Exemple : "Mais tu es si maigre mon chéri ! Ressers-toi une quatrième fois !"

2) Quand un produit est bon, il est bon n'importe où :

Certaines grand-mère trouvent qu'un produit, qu'une denrée ou qu'un ingrédient (le saindoux, le rhum de cuisine, le riz, le glutamate...) est absolument délicieux, et donne à tout le reste un goût exquis. Elles en mettent donc dans tous les plats. Exemple : "Tu aimes la crème avec les fraises, pourquoi pas dans les nouilles au ketchup ?"

2 bis) Quand un produit est bon, on en rajoute :

Quand un ingrédient apporte quelque chose à un plat, pourquoi en mettre un soupçon alors qu'on peut en rajouter ? A chaque fois que le vieux fait ce plat, il en rajoute un peu plus. Ce qui commence comme un délicieux lapin à la moutarde devient, après quelques années, de la moutarde avec un bout de lapin dedans.

2 ter) Quand un plat est bon, on le fait tout le temps :

Par "souvent", il faut entendre constamment, en toutes circonstances, par delà les années. Dés que la vieille connaît un plat qu'elle pense que l'un de ses descendants aime, elle le refait à toutes les occasions. C'est ainsi qu'on peut se retrouver avec du couscous à Noël. Exemple : "Mais tu aimais ça quand tu étais petit..."

3) Quand on a fait la guerre, tout se garde :

Il est des vieux qui ne supportent pas de jeter. Faisant des quantités de conserves et confitures, ils les remisent pendant des mois en vue de les offrir. Hélas, tout passe... Exemple : "Les enfants, venez voir la confiture de coings que Mamina vous apporte... Vous enlevez la couche bleue, en dessous tout est bon !"

4) Les ingrédients de ma jeunesse :

Les vieux sont habitués à cuisiner avec les produits de leur temps. Parfois ça passe bien, parfois ils ont vécu une époque de privation et d'horreur culinaire. Exemple : "C'est bon ? C'est du tapioca à la margarine. J'ai mis du Spigol, ça remplace le safran. Ils n'en vendent plus, j'en ai retrouvé au fond d'un placard."

5) Je suis vieille, quand je suis seule je ne cuisine pas, j'ai perdu la main :

Il y a des vieillardes que ça emmerde de cuisiner, tout bêtement. A leur âge, elles estiment avoir besoin de repos et mérité le droit de ne pas se faire chier pour leurs petits enfants, aussi ne reçoivent-elles pas bien. Exemple : "J'ai fait des pâtes et il y a un poulet de chez le boucher. L'entrée j'ai pas eu le temps."

6) Cuisiner ? Et puis quoi encore ?

Enfin, et c'est un cas plus courant qu'on ne l'imagine, il y a énormément de grand-mères qui ne savent pas cuisiner, faute de l'avoir appris. Exemple : "J'ai fait un gâteau... Ce sont des petits beurres empilés et soudés avec du chocolat fondu. Je me suis donné du mal pour les enfants, j'ai trouvé la recette dans picsou magazine."

Evidemment, cette liste est non exhaustive, et chaque caractère est cumulatif. Par exemple, certaines grand-mères ont les traits 1, 2, 2bis, 3, 4 et 5... Elles font donc de très grandes quantités de plats qui contiennent tous énormément d'un horrible ersatz de leur jeunesse, censé donner un bon goût à tout, et les laissent moisir longtemps avant de les offrir à tout le monde. Et, quand elles reçoivent, prétextent un manque de pratique.

Si, si, ça existe, il se trouve que ma propre grand-mère est un tel spécimen. Extrême ? Peut-être, encore que j'en doute. La démence sénile a des effets étranges sur les qualités culinaires, et c'est vrai pour tous ceux qui y sont soumis. De quoi donner crédit à la charmante publicité détournée en comptine que chantaient nos bambins : "Grand-mère sait faire un bon café, Grand-père est mort empoisonné..."

Mardi RAS

Mardi treize. C'est aujourd'hui. Oui, je sais, c'est marqué... Jour inconnu entre tous. Pourquoi un treize ? Je ne m'inquiète pas du treize. J'adore les treize. Les treize ne m'ont jamais porté malheur, et j'oserai dire qu'ils n'ont rien porté à personne, si ce n'est le jour suivant. Je suis né un treize, et voir combien les grenouillesques imbéciles s'effraient de ce nombre sans raison apparente me réjouit au plus haut point.

Pourquoi mardi, pourquoi pas vendredi ? Parce que les mardis, allez savoir pourquoi, c'est chiant. Pire que les lundis. Depuis la chiure de mouche télévisuelle "Ciel mon Mardi" et les films pour un public grand par le nombre et non par l'esprit de "Ciné-Mardi", jusqu'aux cours de mathématiques dont j'avais plusieurs heures le mardi au lycée, sans compter la permanence bénévole et chiante du mardi soir que j'assurais encore il y a peu (maso, hein ?).

Le mardi est pour moi un jour ou rien ne se passe. Si le lundi est une reprise du travail, au moins on a une raison de se plaindre. Le mardi, on n'a même pas ça. Il ne reste qu'à attendre que ça se termine pour que le mercredi arrive, plus joyeux, parce que c'est le jour des enfants. Mardi ne coupe pas la semaine, c'est un second rôle... C'est tout juste si on parle du mardi quand il y a un pont, et encore.

On ne fête plus le mardi gras, il n'est même pas férié, et la plupart des gens seraient bien en peine de dire quel jour ça tombe : l'aura d'anonymat de ce jour a déteint sur cette fête autrefois si gaie. Le mardi est un jour qui, constituant le gros, la masse, le vulgum pecus de la semaine avec le jeudi, est là pour ne pas ressortir et, par contraste, faire mieux voir le reste : le lundi, le mercredi, le vendredi et le week-end.

Oh, on fêtait le mardi gras à la Nouvelle Orléans, mais dernièrement, La célébration est tombée en désuétude dans les rues de cette ville à cause de Katrina, la rabat-joie. MARDI est accessoirement le nom d'une organisation malaise (oui, de Malaisie, pas malade...) dont je ne connais pas la fonction, ne sachant pas lire le Malais. Et de toutes façons, ça n'a aucun rapport avec le jour de la semaine, alors...

Toujours sans rapport avec la choucroute, il paraît que MARDI est l'acronyme américain du MARs Descent Imager, l'appareil photo volumineux et moche de la sonde Phoenix. Pourquoi lui ont-ils donné un acronyme, ou seulement un nom, allez savoir : les scientifiques adorent nommer les choses, ça leur donne un sentiment de puissance exacerbée et l'impression de connaître, de contrôler la chose. C'est important pour les binoclards.

Est-ce que vous connaissez une seule chanson, un seul poème, un seul proverbe, ne serait-ce qu'une citation qui parle du mardi ? Il y a "le lundi au soleil", "c'est vendredi" (de Lynda Lemay), pléthore de chansons sur le week-end (dont celle de Lorie) et sur le mercredi (dans les émissions pour enfants), et même Pierre Desproges a dit "C'est marrant, j'arrive pas à me faire à l'idée qu'on est déjà jeudi". Il y a même le retour du jeudi...

On a Robinson et Vendredi, Garfield dit "je hais les lundis", le restaurant s'appelle "TGI's Fridays" (en anglais, "Dieu merci c'est vendredi"), il y a un Baron Samedi dans le culte vaudou, c'est tout juste si c'est un nom propre dans certains pays et pas chez-nous. Et le troisième roman de Herman Melville s'appelle "Mardi", mais il n'est pas connu parce que son style n'est pas considéré comme "mûri" avant son cinquième livre...

Donc le mardi, rien. Bon, à part la chanson stupide "l'empereur, sa femme et le petit prince", mais celle-là ne compte pas, elle cite tous les jours. Le jour où on parlera du mardi, ce sera la semaine des quatre jeudis, moi je vous le dis. Mardi, en plus, c'est le jour de Mars, donc de la guerre et des hommes... Mais manque de bol, le jour de l'amour (Vénus) c'est vendredi. Et les musées ferment, vous parlez d'un programme.

En anglais, le mardi se dit "Tuesday", ce qui signifie exactement la même chose que chez nous, vu que c'est le jour de Tiw, dieu nordique de la guerre. Et ça ressemble à "two", ce qui fait penser à des imbéciles (dont un grand nombre de professeurs des écoles qui induisent en erreur notre postérité) que c'est l'origine du nom, le deuxième jour de la semaine (alors que la semaine commence le dimanche dans les pays anglo-saxons...).

Mais personne ne réagit parce que le mardi est tellement inintéressant que tout le monde s'en fout. Mais alors là, tout le monde. Même moi, c'est dire. Quand vous saurez que je ne peux citer aucun événement historique s'étant, que je sache, produit un mardi, vous saurez à quel point je m'en fous. Mais je suis bien content d'avoir tenu aussi longtemps sur un sujet aussi bête rien que pour faire mon intéressant.

12/12/2005

Des films bien montés

Aujourd'hui, je m'adresse aux garçons... Et aux rares filles qui regardent parfois ces oeuvres délétères dans lesquelles, pour le plaisir solitaire de chaque spectateur, des couples (et plus si affinités...) s'adonnent à des ébats effrénés, spasmodiques et bestiaux. Vous l'aurez compris, nous allons parler de films de boules, de cul, de foutre, pornos spermatiques et à scènes explicites, X, hardos et autres boulards.

Pour le coup, c'est un phénomène universel : gays, bis et hétéros, les films "hard" (c'est à dire montrant touts, l'acte sexuel, les organes de tout le monde, la pénétration, l'éjaculation, l'argent du beurre et le cul de la crémière) depuis la fin des années 80 sont tous sous l'effet d'un charme (c'est le cas de le dire) assez surréaliste. Il s'agit de la mystérieuse capote magique, qui s'explique par l'arrivée du grand méchant SIDA...

Pour prôner un tant soit peu le safe-sex et se donner bonne conscience en se "couvrant" à tous les sens du terme (du moins c'était le cas avant les trithérapies, quand ça faisait peur, comme si c'était moins grave maintenant...), les cinéastes pornographes font mettre des préservatifs à tous leurs acteurs, mis à part sur le marché du bareback, qui ressurgit surtout chez les gays ces temps-ci, et pour la fellation.

Pourquoi pas la fellation ? Parce que même si tous les médecins vous diront que c'est possible, logique et que ça serait naturel qu'il y ait un risque faible, personne n'a encore été "officiellement" contaminé par une fellation sans éjaculation (du moins les médias ne le claironnent-ils pas), et ça, ça passe pour un doute raisonnable... C'est mi figue mi raisin, mais c'est comme ça. Malgré tout ce qu'on dit, peu de gens sucent avec des capotes de nos jours.

Pourquoi une résurgence du Barebacking ? Ce n'est sûrement pas la nostalgie des films "vintage" (en français, "millésimés", littéralement) des années 70, ces antiquités dont les grands échalas maigres, frisés, moches et portant la moustache tue-l'amour, prennent des horreurs blondes aux chairs flasques grâce à leurs bites tentaculaires, avec du papier peint atroce et des joints en arrière-plan. Mais c'est un autre débat...

Le hic, c'est que la capote ne plait pas. Elle est vue comme une contrainte (paraît-il...) par beaucoup d'onanistes, ou en tout cas beaucoup d'acteurs et de réalisateurs. Il y a donc très peu de films qui l'intègrent à l'action et montrent le mec en train de la mettre, de préférence sans même débander un peu. Au lieu de ça, on voit l'organe à l'orée du trou (quel qu'il soit), puis, abracadabra, montage : il pénètre encapuchonné.

Mais pourquoi ? Des millions de gens font l'amour, sodomisent, baisent, pénètrent, liment, pistonnent, filent des coups de lance ou de sabre, trempent leur biscuit, donnent un poisson au chat ou passent par la porte de derrière tous les jours et avec bonheur, avec popaul vêtu de ces charmants petits appareils protecteurs ! Et les réalisateurs de se défendre en disant que le porno est un fantasme et que ce n'est pas grave...

Non, c'est vrai, ce n'est pas grave, et on peut même citer l'argument des réalisateurs de films Barebacks : les acteurs et les réalisateurs sont libres, majeurs et responsables, tout comme les spectateurs, qui ne vont pas nécessairement faire tout ce qu'ils voient sur leur écran (ça reste à voir pour certains, mais bon, ça peut se tenir...). Mais avouez qu'un porno c'est déjà pas excellent niveau réalisation, alors avec ça en plus...

A quand un film pornographique hard bien réalisé, ou chaque aspect serait érotisé et sexualisé, stylisé pour tendre à l'excitation, plutôt que simplement fournir une série de plans culs vaguement liés, parfois sans scénario ? Il y a des films érotiques qui passent pour artistiques, et Lars Von Trier s'était essayé à tout cela, mais bon... Lars Von Trier, c'est... Spécial, dirons-nous.

Bon, je ne vais pas non plus courir après un tel porno, je veux dire, ce n'est que du cul. Mais je serais curieux de voir ce que ça donne lorsque les réalisateurs font ne serait-ce qu'un effort. Ils n'ont pas besoin de faire un chef d'oeuvre pour être primés aux Hots d'Or, d'ailleurs, ni d'avoir des stars aussi belles qu'à Hollywood. Il y a déjà de bonnes choses dans cette industrie qui s'ouvre de plus en plus (passez-moi l'expression).

Whoopi Goldberg a bien une scène de sexe mythique dans Ghost, alors ça doit pouvoir se faire, non ?

10/12/2005

Simples secrets

Dans mon billet d'humeur sur l'affaire Condoleezza Rice, j'avais dit que je vous parlerai peut-être de la CIA. Eh bien ce jour béni est arrivé. Je n'ai pas grand chose à dire, mais je vais le dire quand même. Non, c'est exact, la CIA ne respecte pas toujours les libertés civiles (lire : "les piétine allègrement dans certains cas")... Les décideurs de la CIA sont responsables de la mise en place de régimes douteux (au mieux...).

En effet, à ce sujet, la CIA a pris bon nombre de décisions regrettables qui auraient peut-être pu être évitées (quoiqu'on ne le saura jamais) et dont les conséquences sont aujourd'hui la merde qui colle au cul métaphorique du monde. Cette agence, et les autres agences secrètes, sont aussi responsables de très nombreuses incursions injustifiées dans divers pays, sur leur territoire et dans leur système politique, au nom des intérêts américains.

Personnellement, je ne sais pas si j'aurais fait mieux, et j'aurais pris les mêmes décisions dans beaucoup de cas si j'avais été dans la même position. Du moins c'est ce que je me plais à croire. Le but de la CIA est de promouvoir les intérêts américains, de toute évidence par des moyens secrets (et ils sont secrets pour la simple raison qu'ils doivent être en dehors des lois), donc, a priori, c'est une mission qui a été aussi bien menée que possible !

Comment voulez-vous pourchasser les terroristes avec une armée régulière sans tuer des millions de civils innocents ? Vous voyez le résultat quand on attaque les états voyous (ce qu'on ne fait qu'en dernier ressort, et en essayant de ne pas toucher les civils)... Et que faire quand les civils d'un pays, qu'ils soient endoctrinés ou pas, participent de l'effort terroriste ? La seule solution est d'employer des espions.

Une photographie satellite, c'est bien joli, mais ça ne marche pas contre les attentats-suicides. C'est déjà difficile de différencier un camp de vacances d'un camp d'entraînement illégal, alors... Et on ne peut pas envoyer les tanks pour prévenir un bombardement inopiné d'un gratte-ciel par un avion de ligne. Il faut donc avant tout des informations fiables, telles qu'elles ne peuvent être récoltées que par des agents humains.

C'est paradoxal, cela semble bien être des coups en dessous indignes de beaucoup de gens (avec raison), on tombe souvent dans le meurtre de sang froid et la torture (comment obtenir autrement certaines informations, surtout lorsqu'il y a urgence ?), c'est encore plus terrible lorsqu'une erreur est commise (et cela arrive fatalement, à tout le monde)... mais empêcher des morts nécessite des assassins.

Je ne vois pas comment la police pourrait être efficace pour ça : la menace d'un procès ou d'un passage à tabac, c'est bien peu. Quant à l'ONU, tout ce qu'elle sait faire c'est envoyer de vilaines lettres disant qu'elle n'est pas contente. Alors tant qu'à faire, je préfère que ce soit la CIA et les autres agences secrètes du monde "libre" qui s'en occupent : Je sais qu'ils sont qualifiés, et il y a du pain sur la planche.

09/12/2005

tāmāde

J'avais dit que je parlerai de la Chine, alors nous y voilà. La France vient juste de vendre 150 airbus aux chinois en faisant absolument fi des droits de l'homme, du Tibet, du communisme autoritaire, et des sanctions économiques que tout le monde voulait prendre contre la Chine suite au fait qu'elle inonde notre pauvre marché français de ses vêtements peu chers et en très grand nombre.

C'était très drôle : On a vu des personnages importants de la droite libérale, se gargarisant habituellement des mots "libre concurrence", "l'offre et la demande" et "une économie saine et libérale à l'américaine", montrer démagogiquement du doigt que les chinois (pourtant communistes) étaient trop avantagés par rapport à nous et que nous devions employer des mesures de régulation du marché !

Pourtant, s'ils peuvent avoir plus d'investisseurs, plus d'ouvriers, et qu'ils les paient moins (beaucoup, beaucoup moins...) que chez-nous, en quoi est-ce si mal ? On peut ou non être d'accord sur le principe, mais c'est ce que feraient toutes les entreprises françaises, européennes ou autres si elles le pouvaient : Il n'y a qu'à constater les délocalisations nombreuses dont on nous rebat les oreilles, et que la même droite défend !

Etais-je alors le seul à trouver cela hypocrite ? Une chose est certaine, la Chine est une grande puissance capable de nous envahir économiquement dans beaucoup de domaines, si pas tous. Et on en a besoin comme client, comme l'Amérique. Comme disait une de mes connaissances, "La Chine nous a acheté des airbus, on va pouvoir manger ce soir". Depuis le temps qu'on nous serine que la Chine s'éveille, de quoi nous étonnons-nous ?

Nous lui avons bien apporté le café au lit, il me semble ? Ou est-ce que ces Macdonalds, Dior, Pepsi, Louis Vuitton et autres marques occidentales présentes en Chine depuis son ouverture relative (de même que le concept importé de la consommation de masse) ne sont que le fruit de mon imagination ? Nous sommes loin de la Chine de Mao. Là, c'est la Chine dont les Américains se méfient vraiment, car elle est sur leur terrain.

09/12/2005

P-R, sweety

Bien le bonjour tout le monde, si monde il y a (et je vous rappelle que je ne souhaite pas savoir combien de personnes lisent mon Blog, parce que je suis déjà assez arrogant comme ça). Aujourd'hui, je vous ai concocté un post assez long mais nécessaire sur les relations publiques. Pas les relations publiques en général, juste les miennes, entre moi, vous et les gens très sympathiques de MSN spaces qui m'hébergent gratis pro deo.

Stoppez tout, l'impossible est arrivé, c'est peut-être même un signe de l'Apocalypse... Un lecteur de mon Blog (si, si, j'en ai, à part mes amis proches...) vient juste de me contacter sur MSN et via un commentaire (que j'ai supprimé parce qu'il a mis son nom et des infos personnelles, et que ce n'était pas un commentaire direct de mon Blog, mais ne vous inquiétez pas, je lui ai répondu...).

Or donc, cette personne (dont je ne donnerai pas le nom par respect, et aussi parce que c'est un de ces noms qui font souffrir et qu'il doit avoir eu moult douleurs et grincements de dents avec les calembours cruels qu'ont dû faire tous ses camarades quand il était petit... Mais passons) m'a contacté croyant que j'étais un de ses anciens camarades de classe de je ne sais quelle école jusqu'en 1991.

Bon, ça n'est pas le cas. J'ai un nom très courant, même si on ne dirait pas, comme ça... J'ai surtout un nom de famille commun avec beaucoup de gens qui ne sont même pas de ma famille, d'ailleurs, ce qui prête à confusion. J'ai aussi, selon toute apparence, l'ancien numéro de téléphone d'un journal coréen de Paris, et je reçois encore, à ce jour, des appels réguliers de coréenophones voulant passer des annonces.

J'aime les nouveaux contacts, mais ce genre de chose est plutôt agaçant à la longue. Fort heureusement, l'individu dont je parle est très sympathique. Il est en ce moment en Chine pour une raison que je n'hésiterai pas à lui demander la prochaine fois que je lui parlerai. Après tout, il a aimé mon Blog. D'ailleurs j'en profite pour dire à tous ceux qui me lisent et ne me connaissent pas : Je ne mords pas...

Il semble que tous ceux qui me contactent par hasard soient liés à l'extrême orient d'une façon ou d'une autre. Non que ce soit une coïncidence qui me déplaise particulièrement, mais qu'ai-je à dire là-dessus ? Je m'aperçois que je n'ai pas fait la place qu'elle mérite à cette partie du monde pourtant éminemment intéressante dans mon Blog. Il faut dire qu'elle n'occupe pas vraiment une place prépondérante dans mon esprit.

Bah, si MSN ne me ferme pas j'en parlerai bien un jour. Oui parce que j'ai brisé le code de conduite de MSN. C'est vrai, je le confesse, j'ai mis une jolie photo d'un homme tout nu (même pas en érection). Mais je l'ai enlevé, maintenant, c'est fini... Ceux que ça intéresse n'auront qu'à aller voir ailleurs. J'ai aussi enlevé la photo de deux chiens qui copulent, d'ailleurs.

Bon, je n'aurais pas pensé que cela put tomber sous le coup de la déontologie (je veux dire, on voit ça parfois en pleine rue, et je ne connais personne que ça excite, mais sait-on jamais...), mais comme on me l'a demandé, je m'exécute. Je veux dire, c'est une censure, mais ce ne sont que des photos débiles illustrant un propos plutôt quelconque, et n'importe qui peut les trouver ailleurs.

Après tout, c'est vrai, quoi, on ne va pas pleurer pour deux photos... Ceci n'est pas un site porno. Jusqu'à présent, j'ai énoncé des opinions horribles, parfois même extrêmes, et souvent de droite (crime suprême, à ce qu'il semble, chez les gays et les étudiants que je fréquente...), j'ai attaqué la convention de Genève, la croix rouge, et des tas de politiciens dont certains sont présidentiables.

Oh, et j'ai dit beaucoup de mal de gens qui méritent sans doute encore plus de respect, y compris les vieux, les jeunes, les cons, les intellectuels, les enfants, les instituteurs, les étrangers, les français, les croyants, les mécréants, les grands auteurs, les petits auteurs, et j'en passe... J'ai même donné une recette de bonbons à l'arsenic, une méthode certaine (à haute dose) de réduire la population mondiale sélectivement.

Je ne crois pas détester suffisamment qui que ce soit pour vouloir sa mort, mais je n'hésiterai pas à offrir quelques uns de ces bonbons si on me présentait un pédophile, un violeur en série, un bourreau d'enfants, quelqu'un qui bat sa femme, un tueur d'innocents, un terroriste ou tout autre personnage du même acabit. Je rappelle que l'empoisonnement par l'arsenic peut-être lent, dégénératif et douloureux.

Tout ça pour dire que la subversion est partout, surtout où on ne l'attend pas, et qu'en général tout le monde s'en fout. Ne faisons pas une montagne d'une taupinière : Je ne comprends pas ceux qui prennent les armes contre la censure de leurs hébergeurs, quand on vit chez quelqu'un, on respecte ses règles arbitraires, sinon on va ailleurs... Tout bêtement. Dieu sait qu'il y a de la place sur le net pour tous les barjos.

Selon toute apparence, le code microsoftien se fiche de ce que je raconte, du moment que je ne diffuse pas ce qui ressemble pour eux à de la pornographie. Rien n'est plus simple ! Ils sont fort arrangeants, au vu de la facilité qu'ils me procurent à faire fonctionner ce site, et cela conforte ma confiance dans le modèle capitaliste et son humanité. Alors voilà, j'ai écrémé. Je me rattraperai sur le texte.

07/12/2005

Saint doux

Hier, c'était le six du mois, donc la Saint Nicolas. J'avais autre chose à vous dire ce jour là, mais je voulais tout de même vous parler de cette fête très importante. Saint Nicolas joue le rôle du Père Noël dans beaucoup de pays, et apporte des pains d'épices aux enfants sages cette nuit-là dans pas mal de pays slaves et/ou orthodoxes. Donc ce matin, normalement, de nombreux petits enfants se trouvent plus riches de quelques pains d'épices.

Et il est plutôt cool, Saint Nicolas. C'est le saint patron des écoliers et des enfants de choeur. Comme on ne sait pas grand chose sur lui, à part qu'il a distribué toute sa fortune avant de devenir archevêque de Myre (une ville de Licie) en 342 et que ses reliques sentent bon (d'où l'expression "odeur de sainteté", ce qui est vraiment miraculeux pour un vieux bout de cadavre...), on n'a pas cessé d'inventer des légendes à son sujet.

Par exemple, le coup de l'ogre. Il y avait une fois un ogre qui découpait les enfants pour en faire du petit salé. Eh bien un beau jour, Saint Nicolas est arrivé, il a battu l'ogre, et puis il a pris les morceaux découpés et salés des petits enfants dans les tonneaux qu'il y avait dans la cave, il les a rassemblé, et hop, un petit miracle : Les enfants se sont ressoudés et mis à revivre ! Un bon gars, je vous dit.

Evidemment, cette légende en rappelle beaucoup d'autres du même genre, mais c'est quand même une jolie histoire. Si vous cherchez des Nicolas célèbres, vous avez Nikola Tesla (le savant fou croate), Nikolaï Gogol (l'écrivain russe), Niccolo Machiavelli (l'intrigant florentin), Nick Nolte (l'acteur américain), Nicolas II (le tsar de toutes les Russies) et Nicolas Sarkozy (l'ogre français).

Fun guys from Yuggoth

Est-ce une extraordinaire coïncidence due à un manque chronique de culture chez les trouveurs de tendance microsoftiens, ou est-ce un hommage, un clin d'oeil, ou pire, une volonté de cannibaliser les anciens noms pour leur donner une connotation certes moderne mais délétère et commerciale ? Nous ne sommes plus à l'abri de rien, de nos jours, voyez l'affaire des "gnoufs" dont je vous avais déjà entretenu dans une autre causerie.

Il est possible d'adopter sur MSN (que vous connaissez par nécessité puisque vous êtes sur ce site) un nouveau type d'image, sans doute l'équivalent des avatars personnalisables de Yahoo Messenger. Il s'agit d'un petit personnage courtaud et mal dessiné, aux yeux brillants et à la tête surdimensionnée, que l'on peut habiller de diverses façons, en lui ajoutant un décor et des accessoires à télécharger.

Ces accessoires tous plus débiles les uns que les autres sont dessinés, comme le corps même de la créature maudite, dans un style extrêmement tendance qui rassemble les pires défauts du tag, du manga et de l'animation vectorielle. Le résultat est froid et peu sympathique, un peu comme ces horribles trolls à la touffe hérissée que tout le monde se plaisait à collectionner il fut un temps. C'est la tendance grande gamine ou ado attardé.

Je peux à peine dire le nom de cette atrocité, de cette abominable homme du net... Il s'agit phonétiquement du nom qu'emploient les tibétains pour désigner le yéti. Pire, c'est bien ce nom même, sacré, que l'immortel Lovecraft, notre maître à tous, a voulu donner aux créatures plutoniennes, mycéliennes, interdimensionnelles et autrement indicibles qu'il met en scène dans le Vermont profond et dans quelques nouvelles.

Je veux bien sûr parler, vous l'aurez compris, des "meegos". Ô sort injuste, ô cruel destin, ô monde atroce qui permet qu'un auteur génial et révéré au style précurseur et à l'imagination plus fertile que toute la corporation Microsoft se fasse plagier sans honte, peut-être même sans savoir, par un sinistre et gigantesque cuistre (à l'intellect comparable à celui d'un mongolien de six ans, par rapport au maître) !

Et pour faire ça.

Cette chose.

Cette manière de petit caca, de crotte de nez virtuelle, de moustique mental scrofuleux, de microbe flatulent, d'avorton intellectuel cacochyme, d'erzatz d'avatar hydrocéphale et raide participant de la macdonaldisation de l'Internet, pour fournir une énième version de ces crobards minables et autres lieux communs à ceux qui prennent la fumette pour de l'imagination et les sites porno pour de l'originalité.

Il en sort de nouveaux tous les jours, et tout le monde en a une de ces salissures infectes, de ces abjectes homoncules, de ces vomissures infâmes, de ces taches turbides au front du monde, de ces éructations nébuleuses et malodorantes issues d'un pleutre pervers et onaniste... Pour Noël, ils ont même des motifs spéciaux, tout aussi replets de la purulence pseudoculturelle devenue l'habitude de cette parodie humaine.

C'est un bien triste jour sur cette Terre.

06/12/2005

Au pays de Condi

... Comme dans tous les pays, on s'amuse, on pleure, on rit, il y a des méchants et des gentils. Je veux bien sûr parler du pays de Condoleezza Rice, qui effectue en ce moment une tournée européenne. Non que ce soit une chanteuse de RnB, malgré un tel nom. Non, il s'agit de la secrétaire d'Etat américaine (pas du tout l'équivalent de nos secrétaires d'Etat, le secretary of State des Etats-Unis est un peu leur ministre des affaires étrangères).

Au pays de Condi, il y a effectivement des méchants et des gentils, comme dans tous les pays. C'est du moins la doctrine que l'administration Bush (dont elle fait partie) veut défendre, en même temps qu'elle souhaite répondre aux accusations à peine voilées des pays d'Europe quant aux affaires que la CIA laisse traîner sur leur sol. Je parlerai sans doute un autre jour de mon opinion bien arrêtée sur le sujet... Parlons de madame Rice.

Républicaine convaincue, elle joue du piano et parle quatre langues (dont le français). Elle a travaillé notamment comme professeur de sciences politiques à Stanford, conseillère à la sécurité nationale de George W. Bush, puis à son poste actuel. Je dis ça parce que, n'étant pas très connue ailleurs que dans son pays, il est possible que vous en soyiez pas familier de ces détails. Et c'est grand dommage, car elle est présidentiable en 2008.

Elle s'inscrit, en apparence, dans la mouvance du "si vous n'êtes pas contents c'est le même prix", la vision en noir et blanc de la politique internationale américaine que les français ont appris à détester. Mais Condi ment. Oui, le calembour est facile... Mais il est effectivement impossible qu'une telle femme ne distingue pas les niveaux de gris entre noir et blanc, on le voit d'ailleurs dans le message qu'elle fait passer.

Aujourd'hui, elle affirme que soit on travaille avec la CIA, soit on se retrouve comme deux ronds de flan sans aide américaine à la prochaine attaque terroriste. L'autre jour à l'ONU, elle rabrouait un ministre allemand qui disait que les Américains n'allaient pas assez visiter l'Europe, en lui répondant que lesdits Américains n'avaient pas envie de partir en vacances là où on leur crache dessus ouvertement, en confondant peuple et président.

C'est donc une femme de caractère, que pas mal de gens exècrent, dans son pays comme ailleurs. On n'a toutefois pas souvent vu de gens à son poste briguer la charge suprême de l'état, puisque c'est un ministère habituellement mineur. Mais Condoleezza Rice est aujourd'hui l'une des femmes politiques les plus influentes de tous les Etats-Unis, si ce n'est la plus importante, adversaire coriace pour Hillary Clinton.

En effet, le sénateur Hillary Clinton de New York (démocrate) a décru en popularité à cause de certaines remarques très "gauche caviar" (du point de vue américain...) et parce qu'elle n'est que sénateur et plus la Première Dame bafouée. Elle prône de son côté une politique sociale forte, une lutte contre le terrorisme à l'intérieur avant tout, et le programme classique des démocrates aux Etats-Unis.

Ajoutons que beaucoup pensent en Amérique, alors que Condoleezza Rice est considérée comme excessive, que Hillary Clinton ne va pas au bout de ses idées. Par exemple, elle est personnellement contre l'avortement, mais ne pense pas que le rendre illégal élimine la pratique : Elle voudrait l'éradiquer par l'éducation sexuelle. Un voeu pieux... De même, elle est pour l'union des gays, mais pas leur mariage, pour diverses raisons.

De toutes façons, elles sont toutes les deux des hypocrites à grand sourire (et grand couteau) en politique, elles sont raides comme des piquets, se maquillent avec du spermicide, serrent les cuisses dés qu'un mâle approche, cherchent le rince-doigts après avoir serré les mains des militants (à l'instar d'Edouard Balladur), et ont l'air de s'être coincé une raquette de tennis bien au fond de l'anus (la poignée vers l'extérieur).

Si, il y a dix ans, on m'avait dit qu'il y aurait un secrétaire d'Etat noir aux Etats-Unis, je ne l'aurais pas cru. Colin Powell m'a donné tort. Si on m'avait dit, en outre, que son successeur serait une femme noire et qu'elle aurait eu un poste de conseillère à la sécurité nationale, le tout sous un gouvernement de droite lié aux fondamentalistes chrétiens, j'aurais crié au canular... Et pourtant, voilà Condoleezza Rice.

Si, en plus, on m'avait dit que cette femme serait elle-même encore plus à droite que Colin Powell, je n'aurais carrément plus écouté ces sornettes. Mais les voilà qui se réalisent ! Si enfin on m'avait dit qu'en 2008, on risquait d'avoir deux candidates et aucun candidat à la présidence des Etats-Unis, pour les deux grands partis, et qu'aucune des deux n'augure quoi que ce soit de bon ni même un changement quelconque...

Je ne sais pas quelle aurait été ma réaction, mais j'aurais sans doute éclaté de rire ou conduit à l'asile d'aliénés le prophétique individu qui m'aurait révélé ces visions de l'avenir, pourtant extrêmement précises : Dans tous les Etats-Unis, les slogans et autres cris de guerre se font déjà entendre, de "Hillary for Prez" à "We want Condi" (sans doute en référence à la chanson bien connue), et il y a déjà un "Rice Haters Club".

J'aime les paquets bien remplis !

Flash spécial : C'est bientôt Noël. C'est le scoop du siècle, au moins. Oui, riez, riez... Il n'empêche que les sujets de Noël fleurissent, malgré le fait qu'il faudrait être salement atteint pour ne pas percuter en voyant les pubs partout. Même au très surfait mais très officiel journal de vingt heures, plus seulement dans cette soupe délayée que l'on donne aux grabataires et que l'on nomme charitablement "journal de treize heures".

D'ailleurs, le fait que les magasins ouvrent trois dimanches avant Noël dans certaines localités, défraie la chronique des journaux télévisés, au point de remplacer la page sportive (c'est dire si c'est important aux yeux de ceux qui font la programmation !). A moi, ça me paraît normal de vouloir ouvrir quand la plupart des gens ont un jour de repos, pour pouvoir vendre un peu plus, comme dans d'autres pays, mais bon...

Or donc, puisqu'il faut parcourir les magasins dans le but avoué de gâter ruineusement les bambins en tous genres, je me suis plongé dans la littérature appropriée à la saison : les catalogues de jouets. Ils sont toujours extrêmement bien illustrés de tas de petites images très explicites pour les enfants, mais qui n'ont d'autre but que de crever les yeux des adultes par leur quadrichromie criarde et mal-fichue.

Je passe volontairement sur les jouets classiques et les jeux de constructions, comme le LEGO, le Playmobil, et tant d'autres, qui sortent constamment des nouveautés inventives... De nouveaux machins magnétiques ont fait leur apparition il y a déjà quelques temps, mais ça n'a pas l'air d'être aussi polyvalent... Les majorettes et les divers modèles de véhicules miniatures dont les enfants raffolent, mais qui ne s'actualisent pas beaucoup.

Je vous avais déjà parlé cet été de cette nouvelle génération de robots à soi-disant intelligence artificielle : ils en ont sorti un neuf, plus humanoïde, pour les fêtes. Et c'est normal, ils ont tous sorti quelque chose de neuf (ou de faussement neuf) pour Noël, y compris Microsoft et sa nouvelle console de jeu, qui sort avant toutes les autres rien que pour faire des sous. Eh, c'est pour ça que c'est un marché captif, non ?

Mais on trouve de tout et pour tous les goûts. Enfin, à peu près. Le petit gilet informe à épaulettes s'arrêtant au nombril, je n'ai pas compris ce que ça faisait dans la panoplie du policier américain. De même, l'espèce de sac en plastique rouge avec des excroissances pelucheuses et des moufles, et un pseudopode hérissé en guise de queue, je ne vois pas ce que ça a à voir avec un dragon. A la rigueur une cornemuse asthmatique...

Et puis les filles vont mouiller... leur maillot. Grâce au tapis de danse de la star académy, elles vont pouvoir apprendre toutes les chorégraphies de leurs mongoliennes préférées. Et c'est fourni avec un micro sans fil, un haut parleur, et une boule lumineuse. Le tapis change même les effets sonores et le tempo en fonction des cris inarticulés de la pouffe qui se trémousse dessus. Un jouet Lansay (par la fenêtre, par les parents excédés).

Les charmantes fillettes qui aiment à se retrouver entre copines pour échanger des ragots et porter du rose (vive les stéréotypes...) pourront se complaire dans leur vice avec le jeu "mon détecteur de secrets", sensé révéler qui est honnête et qui est menteuse à l'aide d'un machin en plastique à boutons colorés qui n'a rien d'un polygraphe. De belles disputes en perspective. On prend vraiment les filles pour des idiotes...

D'ailleurs, toutes les petites filles à partir de 5 ans qui veulent vraiment avoir le genre pétasse peuvent commander toute la série des jouets estampillés "Lorie" : le micro (avec applaudissements et encouragements enregistrés...), le baladeur, la machine à bulles/boule à facettes et le tapis de danse en duo pour rejouer tous les clips de la chanteuse raffarine, et chanter en karaoké avec la meilleure copine.

Pauvre Lorie... Elle ne chante pas plus mal qu'une autre, même si elle ne chante pas mieux que beaucoup. Elle n'a pas mérité ça. Maintenant, elle ne peut pas décemment avoir d'enfant : Si elle a une fille, avec son image et tous ces jouets, sa vie sera un cauchemar. Et si elle a un garçon... Eh bien, ce sera sans doute pire. Et puis vous imaginez la vie du pauvre petit, présenté à chaque occasion comme "Lorie-fils" ?

Passons sur ces commentaires particulièrement oiseux. Pour ce qui ets des jouets pour garçons, on a des tas de choses des plus perfectionnées à offrir aux petits scientifiques, que j'aurais été heureux de trouver quand j'étais petit... Mais hélas, tout ça n'existait pas encore. Par exemple, un microscope à webcam pour examiner sur son écran de PC et envoyer par Internet tout ce qu'on voit au microscope.

Je connais des écoles, pourtant privées, qui aimeraient bien se payer des instruments comme ça : Cela changerait complètement la façon de faire les TP, plus besoin de faire la queue au microscope ou de prévoir cinquante lamelles ! Idem pour le mini planétarium, autrefois un luxe importé qu'on ne trouvait (cher) que dans les boutiques desdites attractions, qui projette les constellations sur n'importe quel plafond obscur.

Les prix de toutes ces merveilles de technique sont aussi particulièrement modiques : Le planétarium est à presque trente euros, soit à peine plus cher qu'un DVD. Le microscope (ordinateur non fourni...), tout comme cet ordinateur portable fonctionnel parlant et musical qui offre des programmes et des jeux de niveau CP à CM1, est à environ 75 euros. Pour la technologie qu'il y a dedans, c'est assez peu.

Garçons et filles pourront écrire tous leurs petits secrets grâce pour les unes au carnet spécial (et rose...) à reconnaissance vocale de la Star Academy, et pour les autres de l'agenda grimoire secret cadenassé de Harry Potter. Ou vice-versa. De toutes façons, ils sont tous les deux fournis avec un stylo d'encre transparente, visible uniquement grâce à une lampe à UV fournie.

Comme toujours, la nuée de sets d'activités manuelles fait peau neuve. On a le tour de potier et le métier à tisser (faites comme les petits hindous de votre âge, du moins ceux qui ne sont pas dans les mouroirs...), l'atelier pour bougies (faites un cierge pour mamie et un godemiché pour la grande soeur, ou l'inverse...), et bien sûr la pâte à sel (même si c'est facile à faire chez-soi, ils ont besoin d'un set, allez comprendre...).

Question jeux de plein air, pour ceux qui habitent ailleurs qu'à Paris (il en faut...) il y a tout un tas de petites maisons avec armatures flexibles mais solides, bien plus astucieuses que ces vieilles tentes à monter soi-même, mais aux thèmes toujours indiciblement stupides : des châteaux de princesses ou de rois qui ont l'air de capsules spatiales, de barbapapa, de machins bariolés, bref de tout sauf de châteaux.

Les sportifs et sportives pourront s'en donner à coeur joie avec les coffrets d'initiation au bowling et à la pétanque, voire au billard miniature. A quand poker, cigares, bières et pastis ? Les échasses et le pogo stick (sorte de bâton à ressort sur lequel on peut sauter à pieds-joints, pour ceux qui ne connaîtraient pas cette invention américaine rendue populaire par les cartoons...) ne sont pas recommandées en appartement.

Les petits maquettistes pourront tenter de construire (souvent vainement, hélas, surtout si c'est la première fois) le Queen Mary 2, le Star Destroyer de la République du dernier film de Star Wars (je pense qua ça aura beaucoup plus de succès cette année...), ou le Concorde (c'est pour mieux te crasher, mon enfant !). Au moins, quand c'est ça, ce ne sont pas les Pokémons, Winx, et autres Yu-Gi-Oh à collectionner...

Question jeux de sociétés, comme d'habitude, les arrivages font la part belle à la fournée allemande de Noël. Ils sont forts ces Allemands, pour faire des jeux de société, que ce soit pour les grands ou pour les enfants. A chaque fois on les achète, et le concept est tellement étrange qu'on n'y joue que deux fois avant de ranger la boite, qui ira prendre la poussière en attendant le prochain jeu. C'est le concept du jeu à collectionner furtif !

Pour résumer, je dirais que ce Noël, comme tous les autres depuis longtemps, même avant que Papa Noël ne soit devenu rouge d'habit par la magie de Coca Cola, s'avère placé sous le signe du consumérisme. Et c'est tant mieux ! L'amour de son prochain, les chants, les amis, la naissance du christ (pourquoi pas...), c'est bien joli, mais sans les cadeaux, ce serait un peu comme l'ascension : ça passerait inaperçu, ou on se ferait chier.

05/12/2005

Attention aux losanges sur les routes...

La croix rouge instaure un nouveau symbole, plus passe-partout et moins connoté "religion" que la croix ou le croissant. Il s'agit d'une espèce de losange creux qui va cohabiter (pour reprendre le cri d'amour du crapaud et une citation de Pierre Desproges) avec les deux autres sigles, le temps qu'on s'habitue.

Outre le fait qu'il soit toujours aussi tentant (et facile) de prendre le drapeau, particulièrement voyant, de cette organisation ô combien humanitaire pour une cible, on ne peut que constater le symbolisme foireux de la chose... La croix rouge n'étant pas au delà de tout soupçon dans les affaires de corruption endémiques de l'ONU.

Le crystal rouge, car c'est son nom, est un "symbole de pureté et de transparence", dixit les responsables français de l'organisation. Qui plus est, "crystal" est un mot commun à de nombreuses langues (ce qui ne veut pas dire que c'est un symbole universel, hélas...). Et c'est sensé rappeler l'eau. Un losange. Ben voyons.

Bon, à moi ça me rappellerait plutôt le feu, ou les communistes, à cause de la couleur... Ou un genre d'empire despotique de Space Opéra, un gimmick extraterrestre de science-fiction, ou même un superhéros (qui aurait ce truc d'un goût douteux sur le torse, ce qui, pour le coup, serait du plus bel effet).

Enfin, tant pis, c'est fait... Si ça se trouve ils ont payé des millions d'euros à divers consultants et designers pour qu'ils pondent quelque chose de tellement pas connoté que ça ne ressemble à rien, pour se retrouver au final avec une version stylisée de la kryptonite rouge, mais c'est pas grave, c'est de l'humanitaire.

04/12/2005

Ils sont trop verts, bonbons pour les goujats...

Les additifs alimentaires sont, de nos jours, une chose merveilleuse... Je dis ça parce qu'ils sont chimiques, synthétiques, traités et comestibles (au moins un peu), et que ça évite d'emprunter à la nature quelques unes de ses parties les plus dégoûtantes et les plus abjectes.

Saviez-vous par exemple que le rouge des bonbons haribo (et autres) était issu de la cochenille, une sorte de chenille rouge (sans blague), mais qu'il est de nos jours traité, purifié et amélioré en laboratoire ? Qu'on emploie encore comme aphrodisiaque la cantharide, ou "mouche d'espagne", un insecte bleuâtre, pilé ?

Encore plus fort, on a utilisé l'arsenic au XIXe siècle comme colorant, non seulement pour les vêtements et les objets, mais pour certains aliments ! Et pourquoi s'en priver ? c'est vrai que c'est un si joli bleu-vert. Et depuis le temps qu'on l'utilise, les polices du monde entier la connaissent très bien.

Rappellons à ceux qui ne le sauraient pas que l'arsenic est un poison mortel pour l'homme et à peu près tout ce qui vit, et que c'est un minéral parfaitement naturel, tout comme le plomb, un autre poison. Comme ce n'est pas une toxine biologique, ses funestes propriétés ne sont pas détruites à la cuisson.

Voici une recette de bonbons à l'arsenic que vous pourrez essayer chez-vous... Du moins si vous arrivez à trouver de l'arsenic. Certains artistes peintres s'en servent encore, m'a-t-on dit, et c'est un produit courant dans l'industrie chimique. La pollution à l'arsenic cause d'ailleurs pas mal de dégâts humains.

Si vous ne trouvez pas, remplacez l'arsenic par du colorant vert, moins naturel, certes, mais bien moins fatal !

Bonbons à la menthe et à l'arsenic

Ingrédients:

400 g de sucre

5 cuiller à soupe de glucose liquide (sirop de sucre)

250 ml d'eau

1/2 cuiller à thé de crème de tartre

1/2 cuiller à thé d'huile de menthe poivrée (ou d'arôme menthe poivrée)

quelques gouttes d'arsenic (a remplacer par du colorant vert, bien entendu, pour m'éviter des ennuis avec la police. Sérieusement, ce n'est pas comme le sel ou le poivre, hein, c'est mortel. Oubliez l'arsenic...)

de l'huile... pour huiler

Accessoires:

Une poèle, une plaque chauffante, un thermomètre à sucre, des surfaces (des plaques de four sont idéales pour laisser durcir vos bonbons), deux assiettes et des récipients divers, des ciseaux, une pelle à tarte, une spatule en métal ou, idéalement, un couteau d'artiste peintre.

Préparation:

Huilez deux grandes assiettes et réservez.

Mélangez le sucre et le sirop de sucre dans une poele dotée d'un rebord (une poele pour déglacer les viandes et faire les sauces est idéale).

Ajoutez l'eau et touillez à feu doux jusqu'à ce que le sucre se soit dissout.

Ajoutez la crème de tartre, portez à ébullition et continuez de faire bouillir jusqu'à ce que le sucre ait atteint une température de 140°C (utilisez le thermomètre à sucre).

Vous pouvez tester le mélange en en lâchant quelques gouttes dans un bol d'eau glacée, le mélange devrait devenir friable.

Retirez la poele du feu et ajoutez la menthe poivrée.

Divisez le mélange à parts égales sur les assiettes (attention, c'est très très très chaud !).

En utilisant un couteau pour artiste huilé au préalable, ajoutez le colorant vert (et c'est le moment de ne pas ajouter la moindre quantité d'arsenic quelle qu'elle soit) sur une moitié du mélange (c'est à dire une assiette), en tournant bien pour distribuer la couleur partout.

La préparation doit maintenant reposer jusqu'à ce qu'elle soit suffisamment froide pour être manipulée.

Profitez-en pour huiler les instruments dont vous aurez besoin pour la suite : les ciseaux, et les surfaces sur lesquelles vous travaillez, et celle sur laquelle vous allez laisser durcir les bonbons.

Huilez vos doigts (idéalement, huilez vos gants en plastique fins), puis faites un long "boudin" à partir de chaque assiette, et allongez-les en une espèce de ficelle épaisse.

Vous devriez avoir deux boudins tièdes de mélange sucré, dont un seul est coloré en vert.

Surtout, travaillez vite...

Entortillez les deux ficelles ensemble, et découpez de petits bouts réguliers avec une paire de ciseaux huilés, toujours dans le même sens.

Laissez durcir les bonbons, puis enveloppez-les individuellement dans du papier ciré, ou tout autre type d'emballage qui n'adhère pas à la nourriture.

Se conserve à l'abri de l'air dans une boite en métal.

Et surtout, à aucun point dans cette recette ni dans aucune autre préparation culinaire quelle qu'elle soit vous ne devriez inclure de l'arsenic, parce que c'est vraiment très très fatal, et que même à petite dose c'est dangereux (j'ai mis les symptômes sous forme de diagramme ci-dessous). Bon appétit !

02/12/2005

Pauvre comme job

Je vois dans divers articles de presse et surtout à la télévision de plus en plus d'histoires d'entreprises qui ferment et d'employés laissés pour compte. Décidément, on ne dirait pas que le chômage baisse depuis sept mois. On doit être en période éléctorale, c'est pas possible autrement...

Entre autres témoignages allant du poignant au larmoyant, je ne m'explique pas qu'il y en ait de plus en plus d'un type particulier et absurde : "La fermeture n'est pas une surprise, mais cela fait (X années) que je travaille chez (l'entreprise machin), et je n'ai pas envie d'arrêter parce que j'aime travailler là."

Ce témoignage particulier (quelle que soit la façon dont il est énoncé) dénote une bétise absolue. Mais ab-so-lue. Premièrement, il est évident que personne ne veut arrêter de travailler... Surtout si on a un bon poste depuis quelques années, si possible avec de l'avancement en perspective.

Deuxièmement, quand une entreprise ferme, tout le monde est logé à la même enseigne, ancienneté ou pas. Le patron ne peut pas faire apparaître de l'argent par magie pour continuer de payer ses employés sans rien vendre, de même qu'il ne peut pas les payer à ne rien faire... Enfin, si, mais pas dans le privé.

Quand ça ne se vend pas, ça ne se vend pas... On ne fonde pas une entreprise pour le plaisir, et sûrement pas pour le plaisir de ses employés. Il peut arriver qu'un patron ou qu'un freelance fasse ce qu'il aime, mais en règle générale, on ne travaille pas pour le plaisir, salarié ou patron !

Troisièmement, que sert-il de le crier sur les toits ? A attirer l'attention des politiciens ? Une aide du gouvernement ne serait-elle pas mieux employée auprès de ceux qui font montre d'un peu plus de bonne volonté dans la recherche d'un autre travail, dans une situation déjà difficile ?

Quatrièmement, si la fermeture n'est une surprise pour personne, alors, pour qui aurait eu deux sous de jugeote, ce n'est pas un drame : Tous ont pu prendre les devants et chercher du travail pendant les derniers mois, voire les dernières années de déchéance de leur entreprise.

Je vous accorde que trouver du travail n'est pas chose facile, loin s'en faut, mais si c'est vraiment ce qu'on veut, il faut profiter de toutes les opportunités et s'y mettre dés que possible... A plus forte raison lorsqu'on est encore payé par une entreprise et pas par l'ANPE, un système dont trop de gens abusent.

Bon, on va encore me traiter de réac... Eh bien j'assume. Tant pis. Que voulez-vous, on ne se refait pas ! Cela dit, je doute que les gens de gauche qui ont conçu le système de l'ANPE, de la sécurité sociale et de tant d'autres avancées sociales qui font notre fierté, approuvent l'usage qu'on en fait à présent.

Dans tous les cas, ce type d'articles et de reportages télévisés ne sert pas à aider ces pauvres gens, mais à tenter de mobiliser les français quant à la question en vue d'interviews et d'élections, et à diffuser des histoires pseudo-humaines qui font de l'audimat.

Qui plus est, au chapitre de la manipulation médiatique (qui fait toujours les gorges chaudes dans tous les chats Internet et sur les campus), un tel article a le pouvoir de radicaliser les opinions de ceux qui le regardent : Qu'on soit pour ou contre, on ne peut pas rester indifférent face au matraquage.

D'ailleurs, regardez-moi. Mais ceci est une autre histoire...

01/12/2005

De l'utilité du lavage de cerveau des enfants

Noël approche, et avec lui la cohorte des gniards baveux en quête de cadeaux, presque revenus à leurs instincts primaux, n'écoutant que la mode, la télévision, et la bête à l'intérieur qui leur dit de rechercher la gratification immédiate... Oh, que j'adore cet aspect noir de l'âme des enfants, non encore réalisée, non encore policée !

Ce sont ces petites personnes qui sont les plus honnêtes avec elles-mêmes, en fin de compte :  Quoi qu'on en dise, les enfants ne sont pas forcément moins intelligents ou plus moraux, ni plus innocents que les adultes ; la différence majeure est qu'ils ont moins d'expérience, c'est tout.

Mon neveu a sorti depuis déjà quelques jours sa dernière édition de la traditionnelle liste épistolaire au Papa Noël, toujours un best-seller auprès des parents. Elle est étonnament brève pour un enfant aussi dégourdi : Elle ne fait qu'une page (pas besoin de mettre un index) et elle ne compte aucune arme lourde...

J'ai donc commencé la série d'emplettes destinées à contenter le petit monstre (en débordant allègrement... C'est vrai quoi, avec une seule page, comment voulez-vous gâter un gosse correctement pour que plus tard il en ait suffisamment de complexes pour être avantagé dans la vie ?) tant qu'il y a le moins de monde à le faire.

J'ai réalisé que beaucoup des objets de la liste étaient issus de la pollution télévisée et de l'amour maternel. Bon, la télé, passe encore. De toutes façons, il va criser s'il ne l'a pas, et tout le monde va se moquer de lui s'il ne suit pas la mode. Et je ne souffre pas qu'un mien neveu soit par ma faute lésé dans son apprentissage social.

Que les parents et grands parents influencent le gamin pour qu'il mette certaines choses sur la liste, pourquoi pas... Comme ils achètent ce qu'ils veulent, je ne vois pas trop l'intérêt, mais bon, admettons. Tout ça fait partie du jeu. Le problème ce sont les cadeaux qui infantilisent ou qui cèdent aux caprices régressifs.

Par exemple, certains livres et certains jouets sur la liste sont carrément pour les bébés, ou pour les petits couillons attardés difficiles, ou pour ceux a qui leurs parents ne parlent pas et n'apprennent rien en dehors de l'école. A cinq ans, il est tout de même temps d'acheter les jouets destinés aux enfants de huit ans !

Soyons sérieux... Je suis élitiste, j'aime que mon neveu fasse partie de l'élite aussi. Je suis persuadé que ses parents l'élèvent très bien, mais je n'achèterai pas de cadeaux bébêtes... Comme si j'avais appris quoi que ce soit en classe que je ne savais pas déjà par ailleurs entre la maternelle et le lycée !

Allons donc, on voudrait qu'il annone péniblement à six ans comme ses petits camarades des écoles publiques crasseuses au niveau abyssal, au lieu de découvrir la littérature par des textes faciles mais déjà intéressants comme, au hasard, Bilbo le Hobbit ? Heureusement qu'il est dans le privé.

Tout ça pour dire, et je ne veux dénigrer personne (Enfin si, je veux dénigrer, insulter, rabaisser, écrabouiller tous ceux qui ne pensent pas comme moi sur ce point, d'ailleurs, parce que les enfants c'est sacré, tout de même...) que si vous ne traitez pas les enfants comme intelligents, ils ne le deviennent pas.

28 août 2006

Billets de Novembre 2005

Note de l'auteur : Ces billets de mon ancien Blog (qui n'est plus en activité) sont au complet, sans les images ni les commentaires, avec une mise ne page proche de l'originale. Si proche en fait, que tout ce gris risque de vous déprimer. Mais passons... L'important c'est que pour une raison personnelle et hautement politique (la flemme...), ils sont classés par ordre déchronologique. Voilà.

30/11/2005

Men in tights

Ce n'est pas souvent que je vous parle de jeux auxquels je joue, mais une fois n'est pas coutume... Surtout que là, il s'agit d'un jeu sur ordinateur. Cela faisait belle lurette que je n'avais eu le temps de m'adonner à ce genre de choses, mais pour l'occasion je me suis payé un bon jeu : City of Heroes et son extension.

Bien entendu je suis tout à fait pour le marketing qui est fait autour du jeu, le jeu de cartes, les abonnements... Je suis un bon petit capitaliste, moi, madame. Mais bon, les sujets d'économie et de société, ça va cinq minutes. Maintenant je parle jeu, c'est sérieux.

Alors bien sûr, c'est un jeu massivement multijoueur en ligne. Cela ne colle pas tout à fait avec ma personnalité. J'aurais tendance à penser que si l'on est plus de un à faire la même chose, ce ne peut être que dans un lit... Mais on peut quand même bien s'amuser sans les autres, tout en les croisant de temps en temps.

Le paramétrage des costumes et des pouvoirs est extrêmement riche, suffisamment pour que chacun ait un héros différent, et il est pourtant presque impossible de reproduire exactement un héros déjà fait (et surtout de refaire précisément un héros issu d'une bande dessinée).

Les joueurs laissent libre cours à leurs penchants geeks les plus vils lors de la création de héros, d'où la recrudescence d'héroïnes mangas à gros seins et de beaux mecs supermusclés (il faut dire que question forme physique, pour le coup, les héros n'ont pas trop le choix...) mais on a quand même des perles.

Par exemple, j'ai croisé virtuellement un héros tout petit et tassé, marron foncé et grumeleux, aux yeux verts fluos, répondant au nom charmant de "cacaman". Je ne connais pas ses pouvoirs, mais les méchants n'ont qu'à bien se tenir. Surtout les narines.

La plupart des créateurs de superhéros n'ont aucun goût en matière de costume, ou du moins font montre d'un manque flagrant de sobriété : il y a tant d'ajouts et de superpositions bariolées qu'on ne voit presque plus à quoi ressemble le héros. On dirait du Jean-Paul Gautier !

Ce qui fait le succès d'un superhéros n'est certes pas son costume, mais tout de même... Si c'est le personnage qui sera au centre de votre écran pendant les heures et les heures que vous allez passer à jouer à ce passe-temps addictif, autant faire les choses bien.

J'ai personnellement crée Doggie Style (que les amateurs, si rares soient-ils, reconnaîtront sans peine), un superhéros bagarreur, très cuir et torse nu, au petit cul bien moulé dans des pantalons luisants et au poitrail harnaché par de noires lanières.

Chacun ses goûts...

29/11/2005

Ennemis publics (pour savoir qui sera) n°1

C'est Noël, enfin presque, et les blancs flocons reviennent, de même qu'en ce début de période de campagne sur le long terme, c'est le moment pour tout ceux qui n'étaient pas sur la scène politique d'essayer d'y grimper à toute force et par tous les moyens... Mini non-événement qui arrive à passer au JT, pavé dans la mare, petits détails qui rappellent le nom, tout est bon pour les cochons.

Ces efforts ne sont pas toujours spectaculaires : il ne s'agit pas de faire un coup d'éclat dont l'effet s'épuiserait trop tôt, mais simplement de se signaler à l'attention des futurs électeurs. Non, l'artillerie lourde n'est pas encore là, même si l'heure approche et que les soldats fourbissent leurs armes et leurs meilleurs argumentaires. Les centristes, par exemple, n'ont rien trouvé de mieux que de dire non en public à l'assemblée.

Ils l'ont fait de telle manière que l'on croit que c'est important alors qu'il s'agit d'un non de principe sur des détails, d'un non politique pour refuser d'être dans la coalition technocratique de l'UMP pour les présidentielles, et pour fonder sa propre coalition technocratique alors que la Nullité Syphilitique (ministre d'état) et notre premier ministre L'Oréal se tapent dessus. Tout ça c'est juste histoire de se différencier, sinon, même cravate, même droite...

Et bien entendu, à la suite de cela, on a entendu les pires propos démagogiques qui soient en provenance des centristes, mais aussi de tous les bords... "Nous avons toujours été là", "Nous devons proposer une alternative aux Français", "Nous ne sommes pas d'accord avec la façon de faire de cette droite et il est de notre devoir de le dire, tant pis si cela doit se faire dans l'opposition..." On l'a déjà entendu cent fois.

La gauche n'est pas en reste, puisqu'il semble qu'elle se réveille sous la forme non d'une gauche plurielle mais d'une gauche hétéroclite et multiple. François Hollande (l'autre tête de fromage) s'est fait réélire chef de son parti, seul candidat, tandis que d'autres essaient d'attirer à eux les militants qui n'entrent pas dans la désaffection la plus totale dans ce qui reste du parti rosâtre après quelques années de destruction.

Lionel Robert Jospin, le joyeux curé de Meudon, orchestre peut-être son retour en force, ou souhaite simplement apporter son soutien à quelqu'un en vue d'élections futures : Il vient juste de publier un livre étrange, "Le monde comme je le vois", qui n'est ni un recueil de pensées, ni une biographie, et qui se défend d'être un programme... Tout en ne se privant pas de "commentaires constructifs" sur la France !

Et puisqu'on parle de livres, Michel Rocard a fait paraître le sien, sobrement intitulé "Si la gauche savait", et co-écrit avec le confident de l'ancien Roi Soleil, François Mitterrand. C'est d'ailleurs de très bon ton de cracher sur Mitterrand en ce moment, ça permet à la gauche de se dire vraiment de gauche et à la droite de faire croire qu'elle n'a pas repris les magouilles que la gauche voulait pour elle.

Sachant que ce livre n'intéressera personne à part ceux qui s'intéressent à la politique, qu'on m'explique en quoi ce ne sont pas des livres politiques, comme le prétendent leurs auteurs. Quelle est cette hypocrisie ? S'ils avaient voulu écrire des livres pour une autre raison que soutenir quelqu'un, se soutenir eux-mêmes ou apporter leur grain de sel à la gestion de la France, ils auraient fait du néo-Harry Potter, c'est la mode.

"Non non, nous n'élaborons pas de programme, c'est prématuré, pour l'instant on n'en est pas là, l'avenir le dira, je ferai ce que réclament les militants, je n'y pense pas, pour l'instant je fais mon travail en collaboration avec les autres serviteurs de l'état, nous ne sommes pas ennemis même si nos opinions divergent, pas de polémique..." Ben voyons. Et la vessie de porc, là, c'est une lanterne ?

27/11/2005

Leçon de chose

L'une des choses qu'on apprend simplement en ayant un regard critique sur le discours des autres (à la télévision, dans les livres, ailleurs...) est que les mots sont importants. C'est ce que vous dira n'importe quel écrivain, journaliste, hôte d'accueil, psychiatre ou politicien.

Prenez le mot "pénis"... C'est un terme tellement médical qu'on dirait un petit truc racorni sous respirateur dans une clinique. "Bite", par contre, voilà un mot sympa ! "Bite"... ça vous prend sous la ceinture, c'est percutant, comme un flic qui défonce une porte et te pointe un gros magnum sous la gorge !

Ou "queue", moins épais mais beaucoup plus long : Une seule syllabe qui s'allonge sur quatre lettres à partir du Q, et qui force à avoir la bouche en coeur... Un mot tout en extension, qui désigne réellement une partie de soi, la partie d'un animal, un membre aussi utile qu'un bras ou qu'une tête.

"Braquemart", "Noeud", "Dard" et "Pine" sont des termes anciens qui désignent une arme, une épée, un instrument meurtrier, une pointe faite pour faire saigner... Croyant être plus virils en s'attachant à l'art de la guerre, un autre apanage masculin, on s'éloigne du véritable but : le plaisir.

"Membre", "chibre", "Vit", voilà des mots vieillots pour latinistes qui sous-entendent la chose comme des saintes Nitouche. "Zizi", ou pire, "zigounette", "quéquette", voilà des mots terrifiants qui féminisent, rapetissent, infantilisent, bordent le pénis dans son petit lit de poils pour mieux le couvrir de honte.

Mais "Zob"... Avec un Z majuscule, il le mérite. Trois lettres, dont la dernière de l'alphabet, d'une simplicité et d'une rudesse qui convient à l'érection archétypale. La seule, la vraie, la plus dure, la plus grosse, donc la plus irrésistible ! On peut, sans crainte d'être moins viril, lui ajouter un I, ou le changer en "Zboub" ou en "Zguègue".

Oui, s'il fallait une justification au terme "gros" dans "gros mot", c'est sans aucun doute dans le Zob qu'on la trouverait. Parce qu'il ne viendrait à l'idée de personne d'appeler Zob une petite bite, un zizi, une fine pine... Un Zob, c'est une belle queue, grosse sans honte ni orgueil : La meilleure, en toute simplicité.

26/11/2005

Les carnes avalent

Dans un de ces trop rares moments ou, luxe suprême, j'ai le temps de m'ennuyer, sans doute le résultat de trop nombreuses soirées passées avec mes parents, j'ai zappé sur une démonstration équestre de la garde républicaine, avec orchestre et choeurs, costumes ridicules et tout et tout.

Mon Dieu que c'était moche. Ils ont montré diverses sortes de pas aux noms tous plus fleuris et alambiqués les uns que les autres, tellement subtils qu'il est impossible au quidam de faire la différence entre certains d'entre eux. De temps en temps, c'est l'ordre des pattes ou l'angle du sabot qui change, quoi.

Le cheval étant un animal extrêmement raide, peu gracieux et guindé, ses mouvements attirent naturellement les officiers supérieurs, qui adorent faire souffrir la pauvre bête en lui faisant exécuter des pas comptés peu naturels, le forçant à marcher de côté (ce qu'un cheval ne peut physiologiquement pas faire).

Pour ces quelques heures de pseudo divertissement sur une musique martiale grotesque, ces trois pirouettes contre-nature que personne ne peut différencier de ce qui est naturel, combien d'années d'entraînement et de dressage (je parle aussi du cavalier et de ses quelques neurones) n'a-t-il pas fallu ?

Le pire c'est que tout ça est complètement inutile puisque ce n'est ni beau, ni artistique, ni remarquable. Un garde républicain, ça n'a déjà que peu d'intérêt pour les plus de six ans qui ont déjà vu le costume, mais si en plus on le met sur une bête moche, puante, stupide et devenue obsolète depuis le XIXe siècle...

Ce ne sont que des canassons baveux qui avancent ensemble pendant qu'un car de poulets décorés chante en choeur un peu plus loin. Le défilé du quatorze juillet est plus folichon, ne serait-ce qu'à cause de la patrouille de France. Même dans les ballets Béjart, au moins il se passe quelque chose...

Et puis il faut les entretenir, les soigner, les nourrir, les faire se reproduire... Sans pour autant que ce soit rentable par ailleurs. C'est que ça en bouffe un cheval ! Si c'est à ça qu'on emploie le budget de la défense, je crois que je préférais encore le porte-avion déglingué.

Count your blessings

Par les temps qui courent, il est bon de savoir dans quel camp on est, ou même, s'il on est soi-même dans aucun camp, où se place chacun. C'est pourquoi, en guise de service public, j'inaugure ce soir une nouvelle liste sur ce Blog décidément fort utile : Le Top des Religions du Monde.

Ce sont des petits résumés de toutes les religions majeures ou marquantes du monde contemporain, qui mettent en lumière leurs différences et leurs traits marquants, dans un souci de concision et de simplicité. Il est possible que certains trouvent le contenu choquant, mais ça ne l'est pas plus que certains livres sacrés.

Il s'agit bien entendu d'une liste non exhaustive, n'hésitez surtout pas à m'écrire pour m'indiquer votre religion/croyance/secte si elle ne fait pas partie de celles que j'ai cité. Vous pouvez aussi m'écrire pour me dire ce que vous pensez des petits résumés de chacune des fois présentées, ça me fera plaisir.

Vous allez à présent pouvoir choisir votre religion en connaissance de cause, ou mieux connaître votre foi si vous n'avez pas eu le choix, et voir enfin les atouts et les désavantages de la nombreuse et jalouse concurrence qui s'exerce sur ce marché depuis l'invention du concept.

Et si vous ne les lisez que pour rire, vérifiez que ce n'est pas interdit par votre religion, on ne sait jamais.

25/11/2005

Le retour des Grands Anciens

Avec le papy boom et les générations suivantes qui prennent leur retraite, la population des seniors est de plus en plus importante en France, en nombre comme dans notre vie quotidienne. Pour s'en persuader, il suffit de voir la recrudescence et le vieillissement de la population dans la région PACA, et la multiplication là-bas des publicités pour les crèmes antirides, les télésièges pour escaliers, baignoires à portières et autres thermolactyls...

Pour faire court, les vieux sont plus de vingt millions en France, on ne sait plus où les mettre, et ils emmerdent tout le monde. Bien sûr il y a la DHEA, le Viagra, les autres progrès de la médecine en matière d'élixirs de jouvence, mais tout ça ne fait que prolonger l'inévitable période de la vie ou le vieux moyen se morfond et perd progressivement la boule. L'euthanasie faisant trop état-nazi pour certains, que peut-on faire ?

C'est vrai, on ne peut pas les mettre dans des camps ni les tuer comme ça, ce sont nos ancêtres, tout de même. Les maisons de retraite plus ou moins confortables et bondées écopent déjà de nombreuses critiques... Il ne nous reste qu'à nous plaindre du menu lorsque nous nous retrouvons avec un ou deux légumes en trop pour les fêtes de Noël. Mais a qui la faute, réellement ? Aux docteurs, pardi.

Oui, ce sont les avancées médicales inconsidérées et considérables de ces dernières années qui, plutôt que de prolonger la jeunesse, se sont contentées de prolonger la vie, préservant par là même les corps plus où moins décérébrés de nos vieillards encombrants. Et pour calmer leurs séniles ardeurs, on les confit scientifiquement grâce à la camisole chimique, pour mieux les préserver comme des bibelots dans une vieille chambre.

J'attends le jour où les savants se pencheront enfin sur le moyen de nous rendre les vieux plus supportables, même avant d'avoir à simplement les anesthésier pour leur bien et le nôtre. Ils nous le doivent bien. Une pilule pour empêcher la moustache de pousser aux tantes qui piquent, par exemple, ou un filtre anti-flatulences suractivé pour nous préserver des terribles pets de vieux...

Et puis il faudrait élucider le mystère de l'odeur de vieux. C'est vrai, ces miasmes spécifiques de phéromones rancies, quelque parte entre la pisse de chat et le formaldéhyde, nous rendent à tous la vie dure. Et ça leur rendrait service de s'en débarrasser : Ils ont honte, il n'y a qu'à voir les quantités de parfum dont s'aspergent les vieilles. Peine perdue : leur peau fait tourner n'importe quelle fragrance.

En attendant ces indispensables inventions, contentons-nous d'éloigner nos vieux pour ne pas les voir crever, c'est la solution de lâcheté absolue mais la seule qui permet encore de se regarder dans une glace dans notre société. Du moins pour une majorité politiquement correcte qui ne sourit pas de soulagement lorsque des tas de vieux seuls que personne ne regrette meurent sous la canicule, enfin libérés de leurs souffrances.

I'm with stupid

Je vous ai déjà raconté comment mon ordinateur m'a lâchement abandonné (un problème qui n'est toujours pas réglé, d'ailleurs, car la bête est têtue), eh bien mon serveur mail m'a lâché. Oh, juste pendant un ou deux jours, mais c'était tout de même inquiétant de ne pas pouvoir lire ses messages, même sur une autre machine.

Par ailleurs, MSN Spaces, qui héberge et fabrique entièrement le site que vous voyez à part son contenu, m'a plusieurs fois refusé des billets, "avalés" au moment de la publication, certes par erreur mais sans espoir de retour, me condamnant à les réécrire.

Et encore, de tous les bugs, toutes les avanies, tous les plantages, tous les ralentissements que mon ordinateur subis, quel qu'il soit, je ne vous les dis pas toutes. Je n'en fais pas l'étalage parce que c'est le lot de tout amateur d'informatique et que ces problèmes sont vite corrigés.

Tout ça pour dire que les ordinateurs sont bêtes. Stupides. Il faut toute leur dire. Pour l'intelligence artificielle, on repassera. Par contre, on fait tous les jours de nouvelles percées dans le domaine de la connerie artificielle, et ça ne semble pas vouloir cesser.

On n'arrête pas le progrès.

22/11/2005

Hello, big boy

Aux Etats-Unis, tout est grand. Il est vrai que ces gens-là ont de la place et ne font pas les choses à moitié. Je l'ai constaté à Salt Lake City lorsque je suis allé dernièrement visiter un petit morceau de cet immense pays. Imaginez des montagnes plus grandes que les Alpes qui vous attendent à la fenêtre chaque matin... Cela dit c'est bien de structure et de développement humain que je voulais parler. Question construction, ça se pose là.

Par exemple, le centre de conférences de l'église de Jésus Christ des saints des derniers jours (qui est différent du centre de conférences public de la ville, et un peu plus petit en superficie, il faut le dire) est n bâtiment moderne qui comporte une fausse cascade, un jardin sur le toit, un petit clocher, de grands escaliers à la autant en emporte le Vent, et 21000 places dans un amphithéâtre doté de grandes orgues et d'une fosse à orchestre.

Même sans les nombreux tableaux et fresques christiques et mormones, la statue en pierre blanche de cinq mètres de haut dans la cage d'escalier sous un dôme d'étoiles peintes, les missionnaires volontaires venus de tous les pays (sauf chez les bougnoules, faut pas déconner...) qui grouillent ici et là pour l'encadrement, ça fait classe. Le problème c'est que les 21000 places sont rarement occupées, sauf peut-être pour les concerts de Noël.

De même, l'hôtel Grand American est immense, luxueux, obscènement haut et décoré à l'ancienne. Il a été financé pour les olympiades d'hiver par un « utahn » (habitant de l'Utah) dans le pétrole, donc cet hôtel (qui a coûté la bagatelle de 2 milliards de dollars) est un "à côté". Il est à l'heure actuelle rentré dans ses frais, mais ce n'est pas une entreprise super rentable : Il y a de nombreux hôtels corrects et moins chers en ville.

Tout ça me fait penser à cette anecdote de la course à l'espace, lorsque les Américains ont dépensé des sommes faramineuses pour concevoir un stylo qui écrit en apesanteur alors que les Soviétiques utilisaient des crayons. Vive la simplicité... Je pose la question, dans ces cas-là, qui me vient à l'esprit lorsque quelqu'un bande mou et que ça se voit : Est-ce que tu soutiens bien ce que tu avances, mon chou ?

21/11/2005

Dia-enfoirus

La santé est très importante aux yeux des Américains. Et c'est normal, vu le système quasi absent de sécurité sociale dont ils disposent, ils n'hésitent pas à dépenser plus pour être moins malades. Pour les aider, les compagnies pharmaceutiques font des publicités pour les médicaments (c'est permis, chez eux, même la publicité comparative... Que ce soit un bien, un mal, ou juste "comme ça" est un autre débat).

Il y a des publicités pour les médicaments disponibles uniquement sur ordonnance. L'argument qui revient souvent dans celles-ci est "si vous en avez besoin, prenez-en"... Et l'argument des pubs pour les médicaments génériques et ceux sans ordonnance est "c'est moins cher et aussi efficace, voire plus". Ils montrent même des petites vieilles qui approuvent leurs pilules en disant qu'elles sont super soulagées, et tout.

On trouve, dans un registre plus bénin, des publicités pour la parapharmacie, comme la nouvelle brosse à dents électrique Oral B qui dispose d'un ordinateur de bord (si, si, c'est authentique, si ça se trouve on l'aura bientôt en France), lequel vous dit combien de temps vous avez brossé, régule les mouvements des poils et des caoutchoucs masseurs de la brosse, et vous dit lorsqu'il faut bientôt changer les piles ou la buse.

J'ai aussi vu une publicité pour la politesse. "Faites un compliment, ça ne coûte rien", ou quelque chose du genre. C'est passé sur CNN. J'étais très étonné, mais apparemment, ce n'est pas un canular, c'est la fondation pour une vie meilleure (FBL, Foundation for a Better Life) qui sponsorise cet acte gratuit de moralisation et de niaiserie, probablement avec des deniers qui seraient mieux utilisés dans la recherche médicale, mais bon.

Vous avez aussi des médicaments "contre" le Jet Lag, le décalage horaire pris en pleine face lors des vols longs courriers. Il y a les somnifères pour vous faire dormir pendant le vol, mais aussi les médicaments anti-mal de l'air. Et puis il y a les excitants qui vous maintiennent éveillé, à prendre toutes les deux heures pendant le vol. Deux heures après avoir touché le sol, toute la fatigue vous retombe dessus et zou, dodo.

Mais ce qui m'a vraiment choqué, c'est le nombre de nouvelles conditions médicales que les hypocondriaques peuvent se découvrir, là-bas. Oui, il y a un médicament pour toutes sortes de choses, y compris des tas de "problèmes" que nous n'aurions même pas l'idée de traiter médicalement. On peut citer la ritaline, de sinistre mémoire, le médicament qu'on donne ax enfants turbulents pour qu'ils se concentrent.

Il s'agit d'un produit psychotrope qu'on a donné pendant de nombreuses années (et que certains donnent encore) dans des proportions faramineuses aux enfants et aux jeunes que l'on jugeait atteints d'un "attention deficit disorder", c'est à dire qui était hyperactifs et ne se concentraient "pas assez" en classe. Les parents en ont vite fait prescrire aux enfants qui les faisaient grimper aux murs pour les calmer.

A mesure que de plus en plus d'enfants en prenaient, et à des doses de plus en plus fortes jusqu'à presque devenir des zombies dociles, les parents d'enfants n'ayant aucun problème médical en firent prescrire à leurs enfants, devenus plus actifs par rapport aux autres décérébrés, ne serait-ce que pour leur donner un avantage scolaire par rapport aux petits drogués qui se concentraient plus facilement.

Résultat, il y a toute une génération de jeunes dépendants de la ritaline, dont certains ne peuvent pas se concentrer sans en prendre. Lorsqu'un enfant est vraiment à problèmes, ce qui arrive quand même moins souvent que les parents ne se l'imaginent, la pharmacopée peut aider à traiter les symptômes s'ils deviennent insupportables... Mais il vaut toujours mieux traiter les causes, en général psychologiques, par le dialogue.

Il y a de nombreuses soi-disant maladies qui font l'objet de médicalisation aux Etats-Unis, et les publicités pour ces médicaments sont souvent du style "Non, vous n'avez plus besoin de souffrir, vous n'êtes plus seul, ce petit truc qui vous agaçait peut maintenant se soigner !". Par exemple le Requip est un remède sensé soigner le "Restless Legs Syndrome", ou RLS (le "syndrome des jambes en proie à l'agitation").

Ce nouvel état médical est décrit comme "cette façon que vous avez d'avoir envie de bouger les jambes quand vous êtes assis ou couché parce que vous ne tenez pas en place, et qui peut vous empêcher de vous endormir vite." J'étais effaré en voyant la pub, une nouvelle étape horrifique dans l'avancée terrible de la mentalité presse-bouton qui dit que tout a une solution scientifique, même l'insignifiant.

Toujours est-il que ce médicament miracle disponible sur ordonnance semble n'être rien d'autre qu'un somnifère doublé d'un relaxant musculaire. L'avertissement légal et rapide de la pub stipule qu'il peut prooquer une dépendance comme tout somnifère, qu'il n'est pas à prendre en conduisant car il provoque sommeil et évanouissements, et qu'il peut provoquer des nausées.

Personnellement, à moins que vos jambes ne dansent littéralement la polka sans votre accord préalable, je pense que rien ne justifie de prendre un tel risque, surtout si vous êtes simplement nerveux et que vous ne tenez pas en place. Au pire, passez une mauvaise nuit et allez voir un psy, passez des radios des jambes, ou, encore mieux, couchez-vous uniquement quand vous êtes réellement fatigués.

20/11/2005

"Prenez garde à l'homme d'un seul livre." St Thomas d'Aquin

Cela peut sembler un pléonasme, mais la crainte du Très Haut me donne le vertige. Je veux dire par là qu'une foi inébranlable en Dieu n'est pas mauvaise, mais qu'il ne faut pas confondre foi et religion : Le mouton obéit-il au berger, ou simplement au chien et au bâton ? Les trop nombreux intégrismes qui sclérosent les religions du monde semblent annoncer de nouvelles et meurtrières croisades.

"O, tablettes de la sagesse ultime, montrez-nous la voie", semblent-ils dire. "Nous allons suivre aveuglément ce qu'il y a d'écrit sans tenir compte de la réalité, même si ça a été fait par un ancien gourou à l'attention d'un groupe de personnes d'un pays, d'une culture et d'une époque complètement différents, avec d'autres lois et sur un autre continent. De cette façon, nous nous absolvons de toute responsabilité et de toute faute car nous ne réfléchissons pas par nous-mêmes et nous n'écoutons qu'une seule voix, qu'un seul livre, de peur que ça nous fasse nous poser des questions. Pardonnez-nous, nous ne savons pas ce que nous faisons."

Il y a eu bien souvent des autodafés au cours de l'histoire, ou l'on a tenté d'effacer les événements et de détruire les bibliothèques. Un empereur chinois de la dynastie Qin faisait systématiquement brûler les ouvrages autres que purement pratiques, dans le but de "protéger le peuple d'un savoir dangereux". Mais l'autodafé, spectaculaire, provoque souvent des réactions enflammées (c'est le cas de le dire)...

De nos jours, comme autrefois, nous employons une méthode plus subtile. Plutôt que de brûler les bons livres, nous ne les lisons pas.

God bless America

En Amérique, tout est ouvert le dimanche, ou presque. Pourquoi ? Eh bien tout simplement parce que les magasins veulent gagner plus d'argent, et que ça vaut le coup : Les gens sortent pendant le week-end, c'est un jour de congé pour beaucoup, et ils sont heureux de pouvoir dépenser des sous dans des magasins puisqu'ils ne peuvent pas le faire les autres jours. Et les vendeurs prennent un autre jour de congé, voilà tout.

Voyez-vous, aux Etats-Unis, la mentalité est légèrement différente de celle de la France : on n'empêche pas les gens de travailler plus s'ils le veulent gagner plus d'argent, il est plus facile d'embaucher et encore plus facile de renvoyer, et l'emploi d'étudiants comme serveur ou vendeur les week-ends est entré dans les moeurs. Il y a des abus, bien sûr, mais ils coûtent moins cher que le système social français, et chacun a sa chance.

Les Américains trouvent que leur taux de chômage est faramineux et ils se plaignent de cela à leur gouvernement, c'est même l'un des reproches les plus courants contre les Républicains : une mauvaise gestion de l'économie. Que ce soit vrai ou non. Pour information, le taux de chômage de ce pays est d'environ 2 à 3 %. Oh, sur 280 millions ça fait du monde, mais en France on dirait que 2 ou 3 % c'est "incompressible".

Tout là-bas est plus grand et moins cher. Les portions sont doublées et les prix largement divisés par deux en ce qui concerne la nourriture. Les centres commerciaux sont partout, de même que les galeries marchandes et les hypermarchés. La variété et le nombre des produits proposés fait palir la plupart de nos supermarchés, pour ne rien dire des prix, même si la qualité peut sembler un peu "chimique" par rapport au goût français...

Tout ça pour dire que ce n'est pas forcément mieux aux Etats-Unis, mais qu'au moins, eux, ils gagnent des sous !

19/11/2005

Jésus Christ Super Star

J'aime beaucoup la plupart des religions américaines pour leur vision de Dieu. C'est digne d'un pseudo humanisme nazillon, et c'est très drôle. La plupart des églises fondamentalistes chrétiennes (les mormons, bien sûr, mais aussi beaucoup d'évangélistes) croient que Jésus et Dieu sont de la même substance, donc que Jésus est divin. Jésus a donc vraiment l'air d'un dieu... Musclé, grand, beau, blond aux yeux bleus.

Ben voyons. il est né à Bethlehem de parents juifs, au milieu du monde méditerranéen, et il a le type nordique. Bon, ça n'a aucune espèce d'importance, à vrai dire, mais c'est pourtant une question de premier ordre pour des croyants que j'ai personnellement rencontré et de nombreux autres dont on m'a simplement parlé. "Le fils de Dieu ne peut pas être typé sémite... C'est le fils de Dieu, il est forcément super beau !"

Ne riez pas, je l'ai entendu ! Et donc apparemment, les gens qui, comme moi, mesurent moins d'1m75 et sont bruns et velus avec des yeux noirs ne rentrent pas dans le moule en ce qui concerne la beauté canonique divine. C'est limite vexant. Surtout que dans la Bible, quelle que soit l'édition, l'apparence du Christ est un point assez flou. Si ça se trouve, s'il a existé, il était vraiment blond.

Et il avait une aura de lumière, et puis ses yeux lançaient des rayons, et ses vêtements étaient toujours parfaitement blancs et bien coupés, et il avait vraiment une auréole visible... Surtout après la résurrection. Eh, c'est ce qu'il y a sur les tableaux et les crucifix, non ? C'est là-dessus que se basent la plupart des chrétiens lorsqu'ils prient le fils de l'homme...

Je n'avais jamais réalisé jusqu'à présent combien le christianisme était proche, dans ses versions modernes, de l'idolâtrie qu'il a passé tant de temps à pourchasser : On vénère des portraits de Dieu, de Son fils, et des représentations du Saint Esprit sous forme animale ! Et je ne parle pas des icônes, ni du culte Marial que les Espagnols chérissent tant.

Marie est-elle l'incarnation du culte de la mère éternelle, principe féminin jamais touché par l'homme et pourtant mère du monde, la fertilité et la Terre, épouse d'un Dieu qui, comme par hasard, vit au Ciel ? Ce Dieu, dont les origines remontent à d'anciens dieux du tonnerre proche-orientaux comme El (l'un de Ses noms) foudroie ses ennemis tel Zeus, et porte même sa barbe blanche...

Le Seigneur a-t-il pour fils un Jésus/Hercule musculeux et américanisé venu sauver l'humanité des dieux vengeurs et des démons, doté de superpouvoirs comme le racontent les mormons ? La colombe messagère du Saint Esprit est-elle une manifestation d'un principe animiste, ou bien simplement une incarnation d'Hermès Trismégiste, s'inscrivant dans une étoile à cinq branches ?

Tout ça c'est des histoires... Seul un anthropologue, un bibliste ou un franc-maçon (et encore, sans doute des mal baisés qui se branlent en lisant le Rameau d'Or, qui se donnent des airs en se pintant au vin de messe mystico-magique dans quelque orgie estudiantine ou agape fraternelle, prétexte à ressasser l'ésotérisme à quatre sous du XIXe qui leur donne l'impression d'être supérieurs) pourrait y accorder la moindre attention.

Le jour ou les gens auront une vraie réflexion sur l'histoire qui sera dissociée de leur foi en Dieu, on pourra peut-être espérer sortir de toute ces histoires d'archaïsmes symboliques qui sentent le moisi. Vu comme c'est parti, la pompe papale, les gigantesques bureaux des mormons, l'église de Scientologie, la secte Moon, les madrasas et les guerres de religion, hélas, ont encore de beaux jours devant eux.

18/11/2005

Et non pas vivre pour manger

La grande tendance est à la nourriture bio, ou "organique". En France, il s'agit d'un budget énorme, aux Etats-Unis, c'est quinze milliards de dollars par an que rapporte l'engouement environnemental de la population, lasse sans doute de trouver des produits chimiques peu ragoûtants dans son assiette.

Mais qu'est-ce qui fait dans ce pays qu'un produit est considéré comme organique ? Si la législation européenne est plus ou moins claire en fonction des denrées, celle des Etats-Unis est largement plus floue. De nombreuses organisations, notamment les groupes anti-OGM, cherchent à clarifier la situation.

Au pays des hamburgers, trente-huit ingrédients de base d'origine spécifique sont déposés et reconnus de par la loi fédérale comme étant "organiques". Après, ça dépend des Etats. Il s'agit d'un critère mal défini, au mieux, pas d'un gage de qualité, mais c'est une assurance de traçabilité et d'authenticité.

Cependant, les entreprises peuvent marquer sur l'emballage de ce qui est vendu en magasin, où que ce soit dans le pays, la mention "organic food" même si il ne contient qu'un seul de ces ingrédients, et ce même si cet unique ingrédient n'entre qu'à moins de 5 % dans la composition de ce produit fini...

Ne croyez pas que l'Europe est à l'abri de tels manquements : Sachez que dans notre pays épris de traçabilité et haineux des "vilains Américains pas beaux" il n'existe que peu de produits protégés par une appellation contrôlée ou un dispositif similaire, et dont la fabrication et la composition sont garanties.

Les normes même les plus strictes admettent que le chocolat en barres puisse comporter des insectes moulus, inévitables accidents d'usines, et l'Orangina continue de se vendre bien qu'elle ne soit rien de plus que des résidus de jus d'orange déjà pressé dilués dans de l'eau même pas minérale.

Mais vous croyiez quoi, bande de végétaliens, écolos qui culpabilisent et crient au meurtre dés qu'on touche à un poil de vachette ? L'additif est le revers de la médaille de l'hygiène et de la conservation. Malgré tout, nous mangeons plus, plus sainement et des produits plus goûteux qu'il y a seulement trente ans.

Bien sûr, il doit y avoir un juste milieu, mais entre le bout de gras qui a ranci suspendu dans une hutte en bouse au sol de terre battue accompagnée de lait non traité au sortir de la vache et la viande conditionnée sous plastique du supermarché accompagnée de lait stérilisé, je sais ce que je préfère.

Et je ne vous parle pas des siècles passés... C'est l'atome ou la bougie. Le conditionnement, s'il est parfois abusif comme tout système, reste l'assurance d'une nourriture comestible, qui ne rend pas malade. De la pasteurisation à la production de masse, on peut s'estimer heureux d'avoir plus que juste à manger.

17/11/2005

Vive le son...

Un appareil étrange ressemblant vaguement à une antenne satellite croisée avec un miroir de salle de bain est devenu la moderne artillerie tout droit héritée des miroirs paraboliques qui défendaient les ports grecs dans l'antiquité. En Amérique et dans certains autres pays, on en dote les navires.

Plutôt que de réfléchir la lumière, ces astucieux dispositifs projettent dans une seule direction un son au choix. Le son est peu audible autour de l'appareil, mais il est à plein volume si l'on se trouve dans la ligne de mirel. Le volume peut être poussé jusqu'au seuil de douleur sans que le "tireur" et ses compagnons soient incommodés !

Cela porte à de grandes distances et peut servir de mégaphone, d'alarme, et d'arme projetant à courte portée des sons douloureux. Bon, personnellement je pense que Céline Dion porte plus loin, mais je suppose que c'était contre la convention de Genève...

A la place de la BO de titanic, l'appareil bizarroïde projette des sons "types", du style sirène, ou bien il peut être relié à un micro pour que quelqu'un donne des ordres aux assaillants. Le pire c'est que ça marche : Des pirates et des émeutiers ont été victimes de ce nouveau module étrange.

Comprennant que c'est là la preuve, s'il en fallait une, que les cons obéiront toujours à un ordre prononcé suffisamment fort et d'une voix bien modulée, les garde-côtes et les policiers américains en mettent sur leurs véhicules, sur terre ou sur mer.

Comme quoi, on nage en pleine science-fiction, parfois.

16/11/2005

Paris brûle-t-il ?

J'ai perçu au travers du prisme américain, vision déformée par la distance et la perspective, les feux de joie à rebours allumés par les banlieusards mécontents. Vu des Etats-Unis, qui ont connu déjà plus que leur content d'émeutes au vingtième siècle et dont les tensions raciales ne sont pas apaisées, Paris était en feu.

Malgré les gros titres russes annonçant que la capitale française était à feu et à sang, et bien que CNN ait rapporté d'énormes dégâts matériels, en Amérique, peu leur chaut. Tout cela était le plus souvent enterré derrière les attentats en Jordanie, les tornades, et surtout les élections (c'est l'année des mid-terms).

Aucune aide n'est prévue, ni aucun débarquement yankee pour mater les mates maures musulmans qui malmèneraient soi-disant nos rues : ce serait excessif, et ce serait se mêler des affaires d'un état légèrement plus souverain et politiquement correct que l'Irak. D'autant que lesdits yankees ont d'autres shahs à fouetter.

Le point de vue de la plupart des américains (du moins pour ceux qui ne sont pas indifférent au problème) est que le modèle social français a échoué de façon retentissante, prouvant que l'on ne peut pas calmer indéfiniment le peuple dans une apathie induite par les aides sociales sans lui donner du travail.

Que cette politique typiquement française soit trop dure, trop molle, trop à gauche, trop à droite, trop présente, trop absente ou trop inégale, c'est un débat qui fait toujours rage et paralyse nos institutions, on ne peut aujourd'hui que le reconnaître... Chacun de tirer ou pousser dans une direction différente.

Mais peu importent les causes profondes et multiples de cette crise ou leurs faits déclencheurs, chômage, vétusté des logements, criminalité, intégrisme, ministre d'état excité, police, électrocution, mauvaise digestion ou quelqu'un qui a perdu ses clés... Pendant ces émeutes, les buts des participants étaient loin d'être clairs.

Les "immenses" dégâts de ces manifestations désordonnées sont à relativiser : peu de dégâts humains, énormément de voitures brûlées. Mais il faut dire que si les proportions ont été décuplées ces derniers temps, des voitures brûlent et des personnes sont grièvement blessées chaque jour dans certaines banlieues.

A cause (grâce ?) aux proportions que cela a pris, les médias se sont emparés de l'affaire alors que ce phénomène date de longtemps, mais qu'il est gentiment ignoré par à peu près tout le monde. On a crié au loup, on a crié 1968, on a crié à la révolte et toutes sortes de choses, mais qu'en sait-on vraiment ?

On sait toujours comment ça commence, mais jamais comment ça finit, ni quand.

L'espérance, cette chose emplumée...

Par la Malepeste, que maudits soient les descendants de l'immonde crapaud salace et libidineux qui conçut, dans un relent fétide issu de l'éclatement éructatoire d'une des rares et fragiles bulles de savoir qui s'échappent de la masse stagnante du marais putride de son cerveau attardé, la fonction qui gère la base de registre sous Windows XP Pro, cette ignoble crevure pleine d'un abject pus, ichor vénéneux lui servant de sang.

J'écris ces lignes depuis un ordinateur étranger au mien, car celui-ci, victime d'un conflit interne comparable au pire caca nerveux de Woody Allen, s'est égaré dans quelque lamentable boucle en voulant trop revenir sur lui-même, incompréhension vraisemblablement causée par l'adjonction d'un programme étranger innocent et néanmoins pourri (comme on dit, responsable mais pas coupable).

Le lecteur perspicace aura déduit sans peine au vu des deux premiers paragraphes que je suis quelque peu irrité. Nombre de mes projets non encore sauvegardés vont probablement être anéantis par cette calamité, et ma fréquentation d'Internet sera réduite de façon drastique, puisqu'elle nécessite que j'emprunte la voie pavée par une autre machine que la mienne : Autres programmes, autres moeurs, pour paraphraser Cicéron.

Que cela me serve au moins à réfléchir sur ma dépendance (et notre dépendance à tous, nous autres internautes) vis-à-vis de l'informatique. Devant l'avilissement de la télévision, Internet remplace la presse écrite, le journal de vingt heures et, plus encore, le téléphone, la poste, et surtout les divertissements. Même déconnecté, un ordinateur reste un instrument de loisir fantastique et un outil de travail indispensable.

Comme je le disais avant de partir en vacances, nous sommes tous trop tributaires de la technique. Et je viens d'en faire l'expérience : Après une douzaine de jours de sevrage numérique volontaire (les andouilles diront "cybersevrage" pour une "cyberdépendance"), je m'attendais à trouver un ordinateur marchant raisonnablement bien, et j'ai ressenti un manque instantané dés le premier signe de plantage grave.

C'est la preuve évidente qu'il y a une différence entre la pause consentie et l'arrêt forcé : C'est comme se salir. Un urbain habitué au luxe qui va crapahuter à la campagne de temps en temps sous prétexte que c'est sain a toujours devant lui la perspective d'un bon bain et d'abus bien citadins : Il retrouvera ses voitures et sa pollution, ses cigarettes et ses marques favorites quand il estimera l'expérience terminée.

Fermez-lui la route de la ville, et, bien que sa situation ne soit ni mortelle, ni dangereuse, ni même différente du reste de ses heureuses vacances, vous engendrerez frustration et énervement sans fin. Internet et l'informatique en général sont devenus des extensions de nous-mêmes, des sens supplémentaires et des membres nouveaux qui nous permettent d'atteindre des choses autrefois inimaginables, bien qu'abstraites.

Mais il est parfois bon de savoir qu'on peut compter sur nous-mêmes, et que rien de tout cela n'est indispensable, quitte à se voir asséner cette vérité simple avec une brutalité aussi incommodante qu'inopinée. J'ai heureusement à ma disposition d'autres outils que ma bécane chérie pour vous faire part de cette méditation, même si j'espère retrouver mes pseudopodes numériques familiers au lieu de cette béquille.

Nous verrons si le problème nécessite une amputation suivie d'une greffe, ou si c'est guérissable...

15/11/2005

From Hell

De retour de mon périple au pays des bisons et des caramels salés, je rapporte des images et des trésors de l'occident merveilleux... Oui, Grand Calife, Commandeur des croyants, Lumière de l'Orient et Suzerain de la Sublime Porte, me voilà revenu de Salt Lake City la lointaine.

Et c'était bien.

Premièrement parce que j'y ai retrouvé des potes, deuxièmement parce que tout y est moins cher : Les fringues ont des prix imbattables, même sans les soldes (et c'était les soldes !), et ils ont les bons DVD avant tout le monde, pour environ les deux tiers du prix français. Grand maximum.

Ajoutez à cela un accueil chaleureux, une cuisine simple, efficace et roborative, et des repas copieux à moins de cinq dollars par jour, une chambre d'hôtel deux fois plus grande que celle d'un trois étoiles en France dans un hôtel de catégorie inférieure, pour la moitié du prix, et avec le câble s'il vous plaît...

Tout ça me donne envie d'émigrer.

Mais pour l'heure, je viens de poser le pied chez-moi après un trajet aérien abject au possible, je vais donc dormir quelques heures (siècles ?) avant de vous narrer plus avant les sombres pensées qui se sont coulées dans mon esprit malade et tortueux alors que j'étais en vacances.

Moi je vous le dis, ça va chier.

02/11/2005

On tour

Trois mois, trois mois déjà que j'élucubre à pleins tuyaux sur le réseau des réseaux. Trois mois que je vous offre, au milieu de la Mecque virtuelle de la porn-culture, des billets d'humeur toujours plus riches en calembours vaseux, en opinions discriminatoires et en généralisations douteuses.

S'il m'est arrivé de ne rien publier pendant deux jours, par manque d'inspiration ou de temps, c'était vraiment le bout du monde. Vous jugerez donc du temps que je consacre à cette petite entreprise, qui, comme toutes les autres, connaît en ce moment une crise...

Oh, point n'est besoin de s'alarmer, il ne s'agit pas de la grippe aviaire, des prix du pétrole, des attentats qui saupoudrent le monde comme la pincée de piment rouge relevant un plat trop fade (le cuisinier a eu al main un peu lourde ces derniers temps, il faut bien le dire).

Ne craignez point. Je pars simplement en vacances. Comme je tiens à ce que ce soient de vraies vacances, je serai vraiment injoignable et coupé d'Internet pendant... Disons, une petite quinzaine. Il n'y aura donc plus de billets jusqu'au quinze ou au seize de ce mois.

Faites-vous une raison, je ne tiens pas à me faire l'esclave de mon portable, ni de mon ordinateur, ni de mon ordinateur portable d'ailleurs. Nous sommes tous très tributaires, trop peut-être, de la technique. Et c'est une phrase vachement dure à dire, surtout très vite.

C'est la première fois depuis longtemps que je peux partir en vacances sans avoir de studieuses perspectives pour me faire de l'ombre, maître nageur surveillant mes évolutions balnéaires depuis le mirador de la rentrée, dont je peux toujours apercevoir l'oeil vigilant quoi que je fasse.

Aussi ne vais-je pas me priver ! A mon retour, je vous raconterai de nouvelles anecdotes plus fraîches et plus exotiques, ou tout au moins plus américaines puisque je vais passer ces quelques moments de repos dans l'Utah, l'état des Mormons, état dans lequel je suis déjà allé.

Pourquoi vouloir s'acoquiner avec ces immondes dévots, me diront ceux qui ont lu mon billet d'humeur d'octobre au sujet des Saints des Derniers Jours. N'est-ce pas une décision particulièrement stupide, ou du moins malavisée pour qui veut s'amuser en paix ?

Que voulez-vous... J'aime les défis.

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