Les archives de Côté Beurre

Les miettes d'une ancienne tartine qui tombait sur un autre serveur, que rigoureusement ma mère m'a défendu d'nommer ici.

08/09/06

Billets de Juillet 2006

Note de l'Auteur : Voici les billets de mon ancien Blog, classés par ordre déchronologique, pour le mois de juillt 2006. La mise ne page est à peu près respectée... Toutefois il n'y a pas beaucoup de billets. C'est normal, il ne s'agit que des derniers jours du mois, je n'ai pas eu accès à Internet pendant quelques semaines pour cause de vacances. Alors il n'y a pas grand monde, mais c'est d'un choisi... Rien que pour ce mois-ci, on a deux billets particulièrement intéressants sur la coupe du monde et Amélie Nothomb (Qu'elle soit maudite jusqu'à la treizième génération). Bonne lecture !

31/07/2006

Enflés de la balle

La coupe du monde est passée, et son cortège de faux héros, simiesques pantins aux pouvoirs octroyés pas de grands chimistes, qui frappent dans une balle tels des croisements contre-nature entre des chiots et des orangs-outans. Et dire qu'on est considéré comme un mauvais français, un anti-patriote, si l’on n’encourage pas ce quarteron de trisomiques au salaire démesuré. Et pourtant, quelle horreur, quels excès, que de turpitudes !

Il y a eu des morts, évidemment. Des poignardés, des trucidés par balle, un noyé à la suite d'un pari stupide, des excités divers... Nous ne savons d'ailleurs pas la moitié des petits drames de la coupe, alcoolisme, insolation, déshydratation, surdité partielle ou totale, angines, rixes avec coups et blessures, et j'en passe. On n'en parle pas, mais en blessés, je pense que ça a fait plus de dégâts que la dernière rechute de canicule en juillet.

Combien de petits incidents ne font pas les infos de vingt heures ? Les insultes racistes qui reprennent de la vigueur et qu'on dissocie trop peu, et trop difficilement, de cet "esprit de saine compétition entre nations"... Moi je n'ai entendu aucun "que le meilleur gagne", à part à la télévision (et celui qui l'a dit le pensait-il ?), mais j'ai assisté à des "tu soutiens l'Italie, sale bicot ? Algérien de mes deux, retourne dans ton pays !", assortis de menaces.

Quelle distinction. Entre ça et le remix quasi-staracadémou de "Douce France" dont je vous ai déjà parlé, sur l'air de "jusqu'ici tout va bien", la coupe du monde qui prenait les neuf dixièmes du journal télévisé (et cet accident d'avion en Sibérie ? Allons, 140 morts, ce n'est pas si important...), le reste de l'info à peine mentionné par Claire Chazal, en Allemagne pour l'occasion. Même Laborde le Vampire avait un linceul aux couleurs des bleus...

Les sponsors sont contents, c'est ce qui compte. Vous l'avez compris, je n'ai aucun amour pour les dandinements stupides d'autistes légers ou de cons profonds (autrement dit le foot), mais ce que je déteste le plus n'est pas le jeu. Je hais le fait que tous puissent se monter le bourrichon et plonger dans le chaos à cause d'une telle fumisterie, d'une diversion aussi évidente face au manque de programme et d'idées des politiciens.

Et pour du chaos, c'est du chaos. Seul le matraquage médiatique est organisé. On se souvient du film conceptuel sur Zinedine Zidane, sa vie, son oeuvre, ses gestes... Un peu comme Microcosmos et La Marche de l'Empereur, sans le côté écolo : Un cerveau de mouche dans un corps aussi gracieux qu'un pingouin dans le stade machinchose, le tout sur grand écran et tout en longueur, sans histoire, sans rime ni raison.

A la question "voteriez-vous pour Zidane s'il se présentait à la présidentielle ?", posée lors d'un pseudo-débat quelques mois avant cette coupe du monde, TOUS les invités ont répondu oui. Et il s'agissait d'un panel complet de tous les partis et toutes les tendances du moment. Tous. Chacun avec des raisons différentes mais similaires. Sans aucune hésitation. A les entendre, Zizou eut pu être l'âme d'une union sacrée en politique.

Soyons sérieux cinq minutes... Même si Monsieur Coup de Boule n'est pas un crétin bavant, il est quand même à peu près aussi bien taillé pour être président que la chaise sur laquelle il s'assiérait s'il était élu. Même Olivier Besancenot, ce facteur au sourire si mou, se sent plus qualifié. Il a raison, de peu. Tout le monde le sait. Et pourtant personne n'a dit non. Personne n'a dit que mener un pays n'avait rien à voir avec taper dans la balle.

Personne ne peut se permettre de dire non devant Joe Public, en français "l'électeur moyen", le fils bâtard de la ménagère de moins de cinquante ans et Monsieur Martin, le beauf qui se prend pour un fier barbare gaulois qui se peint le visage et hurle, bière en main, les derniers slogans qu'il vient d'entendre. Il oublie allègrement ceux d'avant car il a la mémoire d'une mite lobotomisée : c'est le dernier qui parle qui a raison.

C'est lui qui, tout en se plaignant que "c'est tous des pourris", demande à toute force qu'on lui mente et qu'on lui promette monts et merveilles, c'est à cause de lui que les politiciens ne peuvent pas dire ce qu'ils pensent vraiment... C'est lui-même qui, aux beaux jours (comme disait Desproges), vote. Oui, c'est lui qui, écrasante majorité du con oblige, décide de l'avenir de tous les autres. Bienvenue à la Démocratie Spectacle.

Mais je digresse. Revenons à nos moutons de footballeurs. D'ailleurs, je ne sais plus quel comique disait que si les footballeurs et les mannequins se mariaient ensemble, ce n'était pas un hasard : ils ont le même QI et les mêmes caméras devant, et surtout la même catégorie de salaire... Ah, je chérirai le jour où l'on fera une réforme du football. Une vraie réforme, une réorganisation des tenants et des aboutissants du jeu.

D'ailleurs, avec toutes les dérives vers les extrêmes et l'escalade mondiale de la violence, je m'étonne que personne n'y ait encore songé : pourquoi ne pas régenter les dérives de ce sport ? Plutôt que de laisser les morts et les blessés s'accumuler de façon irrationnelle, pourquoi ne pas les institutionnaliser une fois pour toutes ? On a déjà le football "national", pourquoi pas ajouter "socialiste" derrière, au point où on en est ?

La solution (finale...) est évidente pour qui connaît un peu l'Empire Aztèque. Je vous explique. Les Aztèques bénéficiaient d'une société aux rouages bien graissés, bureaucratisée, et dont la mobilité sociale était pourtant assez importante (surtout par rapport à la nôtre, quasi nulle). Comment ce fait-ce ? J'en vois déjà qui ont deviné la réponse depuis qu'ils ont pensé aux nazis : on en tue certains, ça fait de la place aux autres.

Les Aztèques, méso-américains bon teint, avaient un sport national, eux aussi. Nous, nous l'appelons la "Pelote Aztèque" par souci de simplicité, le Nahuatl étant assez ardu. Les règles tiennent un peu de la pelote basque, il faut faire rebondir la balle (un gros sac de cuir rempli de lourdes pierres) sur les murs du terrain spécial en ne la touchant que des genoux, des coudes, de la tête, et autres membres pas pratiques du tout.

Chaque équipe représentait des forces surnaturelles, et le déroulement comme l'issue de la partie avaient des significations divinatoires. C'était un grand honneur que de faire partie d'une équipe... Et l'honneur de gagner était plus grand encore, puisqu'ils étaient sacrifiés en hommage aux dieux que leur équipe représentait ! C'est la condition pour que les prédictions des prêtres se réalisent. Couic, splatch. Je résume, mais c'est ça.

Et à quoi bon avoir une carrière qui s'éteint mollement, comme sur un coup de tête, lorsqu'on peut mourir de façon flamboyante et rester, tel James Dean, dans le coeur des gens ? Si en plus, comme lui, on peut le faire sans jamais avoir rien fait de génial qu'amuser un peu la galerie avec un jeu quelconque, puis rester très jeune, très beau (et très mort) pour l'éternité, comme à l'heure du triomphe... Cela peut tenter certains.

Vous imaginez ça de nos jours ? Zidane, Ronaldo et les autres, sacrifiés sur l'Autel du Sport, le coeur arrachés ou écorchés vifs, le tout retransmis en direct... Un sacrifice littéral plutôt que la lente pression médiatique qui extrait tout le jus des champions avant de les jeter, exsangues, comme de vieilles canettes. Les économies de salaire seraient considérables, et je pense que l'audimat ne baisserait pas d'un poil. Au contraire.

Il y aurait, c'est évident, beaucoup moins de volontaires pour manquer l'école à force de taper dans la balle et de s'abreuver de "potions magiques" pour courir vite : peut-être que plus de gens comprendraient que les seuls gagnants à ce jeu, sacrifice ou non, sont les grands prêtres des médias. Evidemment, on ne va pas réaliser ce cauchemardesque plan d'action. Ce ne sont pas des façons, tuer gratuitement, tout de même.

D'abord c'est immoral, ensuite trop de gens trouveraient ça jouissif, justifié et normal. Voyez le succès de la Corrida, qui malgré les associations, ne baisse pas. Le foie gras, pareil. Le journal de vingt heures avec des morts bien sanguinolents à l'heure du dîner, les films gore... Du pain et des jeux. Du tapin et des jeux, d'ailleurs, quand on parle d'émissions comme l'Ile de la Tentation et autres produits de racolage actif.

Toujours est-il que le meurtre institutionnalisé, c'est quand même pas des trucs à faire, même si on peut en rêver un peu. On dépasse la dérive dangereuse : c'est justement ce à quoi mène la dérive. Et puis, on commence comme ça et on finit par les autodafés. Ou par mettre d'autres gens que des sportifs sur l'Autel, comme par exemple des politiciens agaçants ou des grands prêtres. Ou pire, n'importe qui. Ou pire, moi !

Ces trucs là, on ne sait jamais où ça mène. Regardez les Aztèques et les Nazis aujourd'hui.

30/07/2006

Gros Thon II, le retour !

Mes lecteurs assidus (Si, si, il y en a ! Je vous ai vu, là, derrière... N'ayez point de honte !) se souviennent peut-être d'un billet sur Amélie Nothomb. Je l'avais mise, guidé par un infâme préjugé, dans la rubrique "les auteurs qu'on n'y arrive pas". C'était un grand tort, je l'en ai retiré et je me suis excusé pour cette faute inqualifiable : on ne critique pas sans avoir lu. C'est vrai, ce serait trop facile, et puis c'est d'un commun : tout le monde le fait.

Eh bien là, dans la liste, elle y retourne et elle y reste. Elle en prend pour longtemps. Parce qu'entre temps, je suis tombé sur son premier roman, intitulé "L'hygiène de l'Assassin". Et je l'ai lu. Ah, la sale péteuse plus haut que son cul. Ah la grosse pouffe imbue. Ah la connasse de première. Ah la gourde mal baisée. Ah, la radasse suintante de fatuité. Ah l'indicible mocheté pleine de la bave académique des crétins cultivés. Quelle erreur, ce livre.

Peut-on vraiment juger un auteur sur son premier roman ? Certains diraient "peut-être pas". UN premier roman, c'est toujours mauvais, et c'est toujours trop personnel : il permet plus d'indiscrétions sur l'individu que sur l'auteur, qui n'est pas encore "formé". Voit-on les performances du grand marathonien à son premier sprint ? Oui et non. Les plus grands promettent dés l'enfance, comme d'autres se bonifient avec le temps.

Mais j'affirme que l'on peut voir à son premier livre si l'on aime un écrivain. Un livre, un seul, et à fortiori le premier, c'est tout ce dont dispose le lecteur pour faire son choix. C'est un fait : il n'y a qu'avec ça qu'on peut décider si l'on va prendre de son temps et de sa personne pour lire le reste. C'est le premier livre qui doit convaincre l'éditeur et les lecteurs du talent de l'auteur, de sa "solvabilité stylistique". C'est un examen, quoi.

Si on déteste, on ne va tout de même pas se forcer : Il y a tant de livres dans le monde, personne ne peut tous les lire, si en plus on ne devait lire que ceux qui sont chiants... Et je trouve que c'est un excellent test, justement parce qu'il paraît injuste à ceux qui ratent. Or, le premier roman d'Amélie Nothomb a raté, du moins à moitié. Je dis ça parce qu'elle vend, qu'elle plaît, qu'elle publie, qu'elle passe à al télé... Bref, elle a fait école, inexplicablement.

Moi, je trouve qu'elle a fait tout ce qu'il ne faut pas faire dans son premier livre. D'abord, c'est une logorrhée sans fin dans laquelle elle étale sa culture. Oui, elle a fait ce que MOI je fais à longueur de temps dans ce blog, mais étendu à un seul sujet sur plus de 200 pages. Un unique éditorial, une interminable humeur, un robinet de bile qui ne sait pas s'arrêter. On dirait la version intello de Charlie Hebdo. A la longue, c'est lassant.

Comme de bien entendu, elle émaille son oeuvre de tous les poncifs et de leur contraire. On ne se laisse pas prendre au jeu : ce ne sont pas les protagonistes qui pontifient, on voit bien l'auteur déblatérer au travers. Elle croit se déguiser derrière ses marionnettes, choses unidimensionnelles qu'elle appelle "personnages". Ils sont plats, prévisibles, peu creusés (même l'assassin éponyme, la grosse Tach, le Prétextat futile au roman)

Lesdits personnages ne sont qu'une accumulation de symboles à peine liés par un nom ou une fonction, des archétypes simplistes, irréels, que la Nothomb croit sans doute élégants. Pourquoi, je vous le demande ? Pêché d'orgueil. Cela se voit, elle croit que ce qu'elle a à dire est plus important que ses personnages. J'aurais pu dire "pourquoi pas", mais là, elle croit aussi que ce qu'elle déblatère peut remplacer l'histoire.

Son propos n'est pas un récit, ni une histoire, c'est une vague trame squelettique qui articule les considérations prétentieuses d'Amélie Nothomb, précieuse ridicule, sur l'écriture et la lecture. C'est un essai à peine déguisé sur l'art d'écrire. Il y a quand même un gros problème : c'est son premier roman, elle ne sait donc pas du tout comment écrire, elle n'en a qu'une vague idée issue du milieu plein d'illusions de la fac.

Elle n'y connaît strictement rien, à ce processus, puisque c'est la première fois qu'elle passe par là. Maintenant, je ne sais pas, elle doit s'en repentir, mais au moment où elle a écrit cette bouse, la petite Amélie confondait littérature et écriture, universitaire et classique, académique et talentueux. Son style est fluide et travaillé, son roman fait la longueur réglementaire, il y a peu d'incohérences, du rythme... Et rien d'autre.

Elle ne connaît de l'écriture que l'idée, la mécanique théorique, n'ayant jamais mis ses mains dans le cambouis. Son truc, là, c'est trop léger et trop arbitraire pour être une thèse, et trop lourd pour être un sketch. Ou alors un sketch très long qui s'adresserait uniquement aux professeurs de français. C'est de l'érudition, de l'étalage, des figures de style, de l'esbroufe, de jolis petits paquets de coïncidences narratives et des "punch lines".

Mais ça n'est pas de l'écriture. C'est quelqu'un qui se fait mousser tout seul. C'est masturbatoire. Et je m'y connais. En bref, c'est de la fabrication, pas de la création. C'est comme comparer une toile de maître avec la même quantité de toile et de pigment mis dans un mixer et transformés en bouillie. Comme comparer un chien vivant avec un chien mort reconstitué à partir de morceaux de cadavres : il y manque quelque chose !

Histoire de parler un peu du livre lui-même (il le faut bien, on serait capable de m'accuser de ne pas l'avoir lu, bien que ce soit assez chiant d'y revenir), sachez que c'est l'histoire d'un prix Nobel de littérature soi-disant génial que personne ne lit (comme tous ces gens là, et sur ce point, Amélie Nothomb est percutante, mais ça ne la sauve pas) qui a commis un meurtre il y a belle lurette, et qui va crever bientôt.

Ce meurtre, il l'a lui-même raconté dans un de ses romans, inachevé, et tout le monde n'y a vu que du feu. Comme sa mort est proche et qu'il est à la fois immonde, reclus et plus grand que nature, des journaleux vont successivement l'interroger. Et ce jusqu'à ce qu'une femme (évidemment) qui l'a vraiment lu (évidemment) et percé à jour (évidemment) le force à avouer, à ramper... Puis elle le tue et devient son avatar.

Je dirais bien que la fin est bancale, à côté de la plaque, mais comme le début est mou, donneur de leçons et prévisible, on ne peut décemment pas être déçu par une fin pareille. C'est trop téléphoné pour être vrai, et la quantité invraisemblable de petites saillies dans lequel tout ça marine n'a bine souvent rien à voir avec la choucroute. Digressions ? Non. Diversions et dilutions, oui ! Un exercice scolaire et froid, sans originalité.

Et Amélie Nothomb croit sans doute avoir pondu un classique. Voilà ce que donne l'intelligence sans talent, une intelligence pourtant (de toute évidence) pénétrante, sans rien d'autre pour s'accoupler qu'une imagination chétive : un mariage bine stérile, et des coïts bien ternes. Je ne voulais plus croire quand on me disait "La Nothomb, intello mal baisée qui s'est faite une culture asociale à cause de son physique ingrat..."

A la lire, à la voir et à l'entendre parler à la télévision, je suis forcé de me rendre à l'évidence. Elle mérite son surnom d'Amélie Gros Thon. Et elle en souffre, d'où son excès d'orgueil. Elle en pue, le thon. Réaction classique de qui se sent rejetée et frustrée à souhait. Et pour son coup d'essai, vous savez où elle peut se le mettre, si je puis paraphraser les classiques (elle le fait mieux que moi). C'est un roman "moi-je".

Le premier roman est toujours personnel : ça n'a pas loupé. Elle n'a pas résisté à la tentation, toujours présente, de se gargariser d'elle-même, d'écrire pour écrire, d'écrire sur l'écriture, ou du moins sur l'idée préconçue qu'elle s'en fait... Je ne puis souffrir cette lâche méthode, et je pourrais ne pas tarir d'adjectifs bas et avilissants à déverser sur ce genre de pratique littéraire, si je n'étais point limité par la langue française.

Comment ! C'est la plus grande des trahisons ! La différence entre le billet qui se gargarise de grands mots et l'écriture, la vraie, la Création, c'est justement ça : Un Vrai Auteur n'écrit pas pour se satisfaire, pour son plaisir, pour l'épate, en dilettante, pour la gloire ou l'argent, même si cela peut entrer en jeu de manière secondaire. Il écrit parce qu'il en a BESOIN, comme de manger et de respirer, comme un peintre peint.

Un écrivain véritable ne se la joue pas, il ne donne pas de leçons, ça c'est l'affaire des éditorialistes et de ceux qui bloguent dans les coins. Il écrit pour son histoire, il écrit pour son lecteur. Le premier livre d'Amélie Nothomb n'intéresse donc que ceux qui se trompent eux-mêmes : ceux qui ne l'ont pas lu ou qui n'y ont rien compris, mais qui trouvent ça génial parce que c'est rythmé, facile et qu'il y a des mots compliqués.

Parmi eux, la cohorte des féministes forcené(e)s qui crient au génie dés qu'une vieille fille moche qui ne baise pas prend sa plume pour écrire des mots de plus de trois syllabes. Ajoutons les intellectuels moisis, les étudiants naïfs, les littérateurs cons et les gens de la gauche-caviar. Autant dire, personne d'important. Comme Max Gallo et Marc Levy, ça se vend parce que c'est de la soupe, même si ça ne se lit pas.

Tout au plus ce livre aura-t-il eu le mérite de ne pas m'indifférer plus de dix minutes, un record pour de la crotte. Sans doute ma curiosité morbide.

29/07/2006

C'est une maison bleue

Tiens, voilà un bon sujet : Avec le chassé croisé des vacanciers (une expression qui sent son lieu commun pire qu'un métro bondé), la reprise de "Douce France" dans le plus pur style "Tout va bien, notre pays ne se casse pas la gueule", comme si on y croyait... En plus je reviens de voyage, alors ça fait bien. Oui, allez, c'est décidé, aujourd'hui je vous cause vacances. Plus précisément location saisonnière. Nous sommes des millions à le faire.

Vous avez déjà loué pour les vacances ? N'importe quelles vacances, ne chipotons pas. Il vous est peut-être arrivé, alors, de tomber sur une maison inhabitée. Vous allez dire "Heureusement qu'il n'y a personne quand on arrive !"... Mais je vous répondrai que vous n'avez rien compris. Je vous parle d'une maison vraiment inhabitée, vide, sans âme, sans occupants du tout en dehors des gens de passage. Une maison exsangue.

Mais je m'exprimais mal. Des maisons refaites, propres, sympathiques ou non, mais dont il est évident qu'elles n'ont jamais été occupées à l'année dans leur état actuel, voilà le genre de maison auquel je fais allusion. Ce n'est pas une question de propreté ni de construction récente : propre ou sale, une vieille bâtisse refaite peut n'avoir jamais été habitée dans son état actuel, bine qu'elle ait pu être une bergerie, une grange, un presbytère...

Il y a des détails qui, passez-moi l'expression, tuent. Les tableaux hideux avec lesquels on ne pourrait pas vivre (mauvais portraits au strabisme scrutateur, immondes croûtes trouvées dans une brocante, tableaux froids et impersonnels de chambres d'hôtels, photos et paysages de carte postales...) sont une forte présomption, mais après tout, il y en a qui aiment. La maison appartenait peut-être à des mongoliens incestueux fans de Céline Dion.

La présence d'une salle d'eau par chambre dénote, avec d'autres détails, une organisation de la maison en plusieurs appartements fonctionnant comme des suites, ou des studios privatifs : Là encore, c'est une forte présomption qu'une grande villa a été refaite pour sous-louer à plusieurs familles et rentabiliser l'espace. Mais ce n'est pas une preuve : certains invitent beaucoup d'amis, et d'autres aiment se laver sans avoir à attendre.

Certaines choses, par contre, ne mentent pas : une cuisine toute équipée dans une grande maison, à laquelle il ne manque que la place pour ranger les victuailles que l'on suppose nécessaire lorsque la maison est pleine. Ou alors c'est qu'il manque une cocotte minute, ou une râpe : Un détail, certes, mais un instrument indispensable, que deux personnes qui réaménagent une maison pour douze oublient toujours.

Un signe certain : la présence de lampes de chevets et autres appareils électriques dans les pièces, juste posés à un endroit visuellement logique... Alors que les prises de courant sont à l'autre bout de la pièce, derrière un autre meuble, voire carrément absentes. A moins qu'un gnome malin soit passé voler toutes les rallonges et les prises multiples, c'est que quelqu'un a refait l'électricité sachant qu'il ne vivrait pas là.

Si vous voyez des objets qui ne collent pas les uns avec les autres, ce sont des articles de récupération placés là parce que les propriétaires gardent les objets sympas pour l'endroit où ils vivent, et que c'est censé faire pittoresque. Ce sont surtout les lampes de chevet dont on parlait : il y a toujours des lampes chinées hideuses dont personne ne veut, dans ces maisons. C’est comme ça, c'est inexplicable, ce doit être la loi de Murphy.

De même, si vous avez des objets homogènes et bon marché absolument partout sans autre trace personnelle, qui collent parfaitement, soit le propriétaire est maniaque, soit tout a été acheté en gros chez IKEA. Surtout si c'est moche et si il y a du papier peint crème, beige, ou tout autre ton apaisant qui va bien avec IKEA. Les vieilles pierres et IKEA, ça jure. IKEA, c'est l'impersonnel à son summum, le meuble d'appoint.

Des arbres tous plantés récemment, pas de traces d'usure, l'odeur de neuf, la peinture fraîche, le béton pas sec, aucun objet personnel, rien d'original, un inexplicable manque de personnalité qui se manifeste par une impression indéfinissable, autant de signes que ce n'est pas un vrai foyer, mais un lieu où l'on s'arrête et où l'on fait attention de ne rien laisser en partant, où l'on arrive mal à l'aise et d'où l'on s'efforce de repartir anonyme.

On pourrait dire que c'est un lieu de passage et pas un lieu de vie, mais au fond, c'est le cas de tous les lieux... Mais vous voyez la différence. Non que cela soit mieux ou moins bien : que vous dormiez dans le lit de votre prédécesseur ou dans celui du propriétaire légitime, vous dormez toujours dans le lit d'un autre. Mais je trouve amusant de voir les traces que cet autre a pu laisser, parfois malgré lui. C'est mon côté historien.

Vous savez bien, les affiches qui proclament leurs goûts en matière d'art et de musique, les vrais livres à lire, les recettes de cuisine dans les tiroirs, les tableaux étranges et mauvais tous signés du même nom (peut-être un ami du propriétaire, ou lui-même, qui sait ?), des portes fermées à clé, un coffre-fort, une vieille cachée dans un coin... Je suis même tombé, une seule fois, sur une pin-up épinglée sur l'intérieur de la porte des toilettes !

Tout le monde n'a pas cette curiosité malsaine, ni l'imagination pour inventer ou retrouver ce qui se trame derrière chaque grain de poussière, ce qui repose dans chaque coffre à la cave, ce qui attend dans chaque malle au grenier, derrière chaque pouce de rideaux en tergal, au coeur de chaque bouquin écorné, sous chaque matelas solitaire et entre les pages collées de chaque magazine douteux...

Je me suis trouvé témoin involontaire de la vie d'inconnus, et j'ai joui de cette opportunité avec un plaisir coupable. J'ai trouvé ici un exemplaire usé du Kama Sutra, là une copie tout aussi usée de la Morale de l'ordre des Jésuites, ailleurs de vieux comics accolés à George Simenon dans une copulation délétère... J'ai déterré des trésors dans certains tiroirs, non pas en monnaie mais en détails croustillants qui piquent l'esprit.

Une photo sépia d'un homme faisant du nudisme, des crucifix, des recettes de mémé, des vieilleries charmantes, des placards fermés à clé dont dépassaient des magazines de fans boutonneuses des boys band à la mode à l'époque, des maquettes d'avion suspendues au plafond de chambres dont la décoration entière était l'apologie du football, des disques immondes autant que sympathiques. Je les ai laissé reposer en paix.

Vous l'aurez compris, je préfère les maisons avec du caractère pour mes vacances. Même si j'aime me sentir chez-moi, tout vaut mieux que de ne se sentir chez personne. J'apprécie surtout qu'il y ait une continuité, que les hôtes acceptent des invités dans leur maison, leur foyer, et que ce foyer reste le leur quoi qu'il arrive, quoi que les invités de passage puissent y faire. Un abri qui fait croire à l'authentique, c'est du préfabriqué.

Question de goûts. Quittons-nous sur une citation, ça fait toujours bien. J'en ai une qui est très appropriée, mais je doute de ma mémoire à son sujet, toujours faillible en ce qui concerne la formulation du français familier... Qu'on me pardonne mon inexactitude. C'est une brève de comptoir recueillie par Jean-Marie Gourio (qui d'autre ?) : "Les fantômes, t'en trouveras jamais dans un pavillon phénix. C'est trop moche."

28/07/2006

Génie de la restauration, aide à notre résurrection...

Si vous êtes de mes amis, vous aimez les livres. Ou au moins lire, un peu. Je dois avoir deux ou trois amis qui lisent peu, mais même eux adorent lire les journaux, lisent un livre de temps en temps et vont au musée plus souvent qu'à leur tour. Je n'y peux rien, je n'aime pas les cons. Sans culture il est très rare que quelqu'un soit intelligent : quelqu'un d'intelligent voit tout de suite les bénéfices de la culture et combien elle est facile à avoir.

Mais peu importe. Voyons le côté pratique des choses : vous aimez lire, vous avez sans doute pas mal de livres chez vous, dont certains assez vieux. Qu'en faire ? Jeter un livre est impensable, c'est un sacrilège à peine moins important que le brûler. Reste à les vendre si vous avez VRAIMENT besoin de sous, les donner à quelqu'un qui les lira, ou les garder. Mais c'est vrai que les vieux bouquins crades, nids à poussière, ça fait tache.

Solution : à vos moments perdus, vous n'avez qu'à les réparer ! Sans entrer dans les détails de la profession de restaurateur de livres anciens, voici quelques conseils : Si la tranche se décolle ou que la couverture se dédouble, enduisez les deux parties à coller de colle à papier peint. Il faut mettre le livre à sécher fermé sous un poids. Faites bien attention de ne pas coller de pages, et éliminez le surplus de colle avec un coton-tige moite.

Si vous détestez votre livre mais que vous voulez juste le lire, les réparations avancées au système D se font avec du gros scotch marron. Si vous l'aimez, amenez-le chez un restaurateur qui utilisera des résines spéciales à diluer dans l'alcool absolu, par exemple, qui combleront les fissures minimes de façon transparente. On ne trouve plus d'alcool absolu en pharmacie, vu que ça peut servir aux cocktails Molotov, juste de l'alcool à 95°.

Le nettoyage des couvertures en cuir se fait  en utilisant une éponge très légèrement humide (c'est à dire humidifiée puis essorée au maximum, quasiment sèche) qui ne laissera pas de traces... Ne la passez pas sur la couverture directement, elle sert à passer un savon pour l'entretien des selles de cheval (savon neutre en vente dans tous les magasins pour sportifs). Les meilleurs sont anglais. Lustrez ensuite au chiffon en laine sec.

Pour la plupart des couvertures rigides, frottez un chiffon doux (en laine par exemple) sur une bougie blanche et frottez la couverture avec. Vous pouvez aussi utiliser la cire à livres de la bibliothèque nationale (attention, elle fonce, n'utiliser que sur les ouvrages à couverture foncée) ou la formule du British Museum, mais bon courage pour en trouver... Consultez un bouquiniste ou un libraire d'ancien, il cirera pour vous.

Evidemment, ce traitement ne s'applique pas aux pages, vous les ruineriez ! Pour nettoyer la tranche côté pages de vos livres, neufs ou vieux, voici un petit truc à savoir : n'utilisez pas de chiffon, même doux et délicat, car cela ferait pénétrer la poussière entre les pages, mais un pinceau plat et souple. Le temps de nettoyage n'en est pas augmenté ni diminué, et puis vous n'avez pas besoin de le faire tous les jours non plus.

Lorsqu'un livre a pris l'humidité, même s'il apparaît sec, ses pages sont gondolées. Saupoudrez les pages incriminées avec une bonne dose de talc et laissez agir pendant une journée, au moins une dizaine d'heures, à l'abri des courants d'air. Essuyez, puis remettez du talc, et placez le livre fermé sous un poids pendant quelques jours. Miracle, le talc aura absorbé l'humidité et vos pages seront à nouveau toutes plates.

Si votre livre a des pages jaunies à outrance et tachées de noir ou de gris, il commence à moisir. Posez-vous al question : où l'avez-vous rangé ? Evitez les étagères contre les canalisations, les caves humides, les fuites d'eau... Quoi qu'il en soit, il va falloir nettoyer ça page par page, de chaque côté. Eh oui, mais si ce n'est pas un livre hérité comme ça, c'est de votre faute, vous n'aviez qu'à faire attention !

Pour nettoyer les traces de moisissures, trempez un coton-tige dans un mélange qui ressemble un peu au Pastis, en encore moins buvable : un volume d'eau de Javel pour cinq volumes d'eau. Tamponnez la tache jusqu'à disparition totale, puis laissez sécher le livre. Si vraiment il y en a trop, et si les caractères imprimés finissent par disparaître, ou si le bouquin est carrément au bord de la décomposition, allez voir un professionnel.

Voilà... Si vous procédez avec précautions en suivant ces conseils, vous devriez pouvoir réparer les livres anciens moyennement ou peu abîmés, voire plus. Je ne vous ai pas dit comment restaurer une page dont les caractères se sont partiellement effacés, ni avec qui nettoyer les pages jaunies, ni même comment re-relier un livre, mais je pense que vous ne vous embêterez pas avec ça si vous n'êtes pas bibliophile...

Souvenez-vous toutefois de ces derniers conseils : pour conserver vos livres longtemps, maintenez-les à l'abri de la lumière du jour, dans un endroit frais et sec où il n'y a aucun risque d'incendie, pas de différence de température notable dans la pièce, et bien à l'abri des insectes (les poissons d'argent aiment l'humidité, et leurs pattes effacent l'encre d'imprimerie). Mettez aussi de l'antimite, la mite du papier fait des ravages.

A défaut, rangez-les sur une étagère, c'est bien aussi.

27/07/2006

Tapissé partout

Chacun peut admirer les somptueuses tapisseries d'Aubusson, et la Dame à la Licorne qui se montre "à son seul désir" au musée médiéval de Cluny, à Paris. La tapisserie de Bayeux, retraçant l'épopée de Guillaume le Conquérant, n'est pas moins impressionnante malgré son style plus naïf. Ceci n'est pas un exposé sommaire vantant mes goûts d'esthète, je cherche à vous sensibiliser à cet art perdu de la tapisserie.

Faites un tour dans une mercerie. Vous y verrez, à part l'invraisemblable bric-à-brac de fils, assez peu de choses rappelant les grands ouvrages de dames du temps jadis, ce à quoi s'attelaient les disciples de Pénélope aux manufactures des Gobelins. Des napperons, des abécédaires, quelques écussons, deux ou trois images boiteuses des personnages de Walt Disney qui déshonorent la toile qui leur sert de support... C'est miteux.

Au mieux, vous trouverez des réalisations plus complexes, comme des portraits de chiens et de chats, une rombière boudinée copiée du XVIIIe ou XIXe siècle et figurant Diane au bain, ou quelque autre sujet tout aussi bucolique. Bien sûr, omniprésents, l'immense collection de broderies de phares de toutes les mers s'insinue partout. Il n'y a que ça, à part les livres-guides et les fils des deux seules marques existant à l'heure actuelle.

Et ne cherchez pas, tous les magasins sont les mêmes ou presque. Selon la taille, le choix dans ces articles de base est plus ou moins étendu, mais les sujets représentés sont toujours d'uns mièvrerie sans borne. A peine deux marques de fils, les mêmes ouvrages partout... Je sais bien que le marché s'étiole et que personne ne tapisse plus, mais là on se croirait carrément dans un pays communiste.

Ou plutôt non : Traditionnellement, les pays de l'est ont toujours réservé une place importante à la broderie populaire, et la pauvreté force à se faire ses propres vêtements. Cette tradition perdure aujourd'hui dans les costumes folkloriques et les napperons kitsch, horreurs touristiques vendues à côté des matrioshki... Mais de Prague au Kamchatka, cet art féminin n'est pas mort dans toutes les maisonnées, loin s'en faut.

Mais de grâce, qui veut l'extermination des mercières ? Je ne connais qu'une personne qui voulait manifester pour cette cause, Pierre Desproges. L'anti-mercièrisme est, je pense, mort avec lui... Doit-on donc forcer nos tapissières à ne rien broder d'autre que des niaiseries tout droit sorties d'un calendrier de la poste ? Même les images pieuses des vieilles paroissiennes sont plus variées et plus belles.

Certes, ces vieilles paroissiennes, avec les mères catholiques soumises jusqu'au martyr, les mamies-gâteau, les immigrées de l'est et les vieilles filles désoeuvrées, forment a priori le noyau dur des femmes qui s'adonnent encore à ce genre d'ouvrages. Je suis le premier à dire que les vieux et les religieux sont des trucs mous qui ne servent à rien, mais là, je m'insurge : ce n'est plus de l'euthanasie, c'est du sadisme.

Où sont passés les chasses médiévales, les millefleurs, les animaux fabuleux, les scènes préraphaélites ou bibliques, dragons, licornes et saints, les armoiries et les motifs en arabesques ? Doit-on condamner nos grand-mères innocentes à faire au point de croix et sans relâche des pommes et des ABC Disney ? Ne sont-elles pas des femmes avec des intérêts plus variés que les paysages bretons ?

Je ne le puis souffrir ! Boycottons les mânes de DMC, ne leur achetons plus que les fils et la toile vierge. Cherchons plutôt sur Internet, photocopions des livres d'art s'il le faut, scannons les photos qui nous plaisent et disons merde aux motifs standards. "le jardin des délices" de Jérôme Bosch est peut-être un peu plus compliqué à broder qu'un chaton avec sa pelote, mais ça a tout de même plus de gueule dans un salon !

Mille tonnerres

Un retour en fanfare avec un gros orage nocturne sur Paris, voilà qui me sied bien... Surtout après des vacances bien méritées. Enfin, des vacances, c'est déjà ça. J'arrive aussi avec la fin théorique de la canicule, durant laquelle notre président n'a bien entendu pas manqué de se rendre ridicule avec un message du genre "Françaises, français, il fait chaud, rangez vos vieux dans un endroit frais et sec et aérez-vous."

Il n'a rien dit non plus pour le 14 juillet, enfin il a beaucoup parlé, mais il a dit peu de choses... C'est un grand comique, dommage que son seul gag repose sur le fait d'enfoncer des portes ouvertes. Mais je n'ai que des ouï-dires fragmentaires, aussi je tairai mes remarques les plus acerbes sur notre chef d'état à nous, qui a bien de la peine en ce moment à l'ONU. On nous fait croire à TF1 que c'est le seul qui veut faire de l'humanitaire...

Voilà ce que c'est que la misère de l'information: pas de réseau pour les portables, une presse provinciale anémique qui préfère les querelles de clocher à la crise du Moyen Orient, pas de radio à portée d'oreille, d'Internet point (sevrage annuel oblige), et trois chaînes sur une télé mal réglée : Pendant mes congés, réduit à m'abreuver à la source empoisonnée, je dus quérir les nouvelles du vaste monde auprès de la première chaîne.

Il ne faut pas dire "Fontaine...", n'est-ce pas ? L'alternative était peu réjouissante ; une chaîne quasi locale et à al réception floue, dont je tairai le nom, qui diffuse à tout crin des publicités pro-vieillards : sièges automatiques pour monter les escaliers (sorte de "monte-vieux"), baignoire à portières, périodiques de mots fléchés et autres sudoku... Je m'attendais à voir une réclame du genre "ce mois-ci dans vieux-mag, vivre épanoui sans prostate"...

Le coin de région PACA où je séjournais, bien qu'ensoleillé, pullulait de ces monstres kafkaïens pleins de l'intolérance gamine de l'âge, grabataires faisant vivre tout un peuple de livreurs, marchands de piscines, docteurs, pharmaciens et infirmières blondes à domicile. Ces retraités argentés commandent leur monde depuis leurs villas sur les hauteurs comme dans une version gériatrique de la Toscane du Quattrocento.

Cela fait du travail aux autres et c'est déjà ça. Il ne sert à rien de se dire que de tels soins sont gâchés lorsqu'ils sont prodigués à des impuissants séniles qui se déplacent plus volontiers pour voter FN que pour changer seul leur poche à merde... L'alternative est de refuser leur argent, ou admettre que l'on n'aimerait pas avoir les moyens de se payer les mêmes trucs, et ça, honnêtement, je ne le ferai jamais.

Il ne reste qu'à espérer que la canicule... Mais je m'égare. AU départ, je voulais vous parler encore de la boite à cons, TF1. Vous avez vu le petit nouveau, Harry Roselmack ? Je suis sous le charme. Jeune, beau, dynamique, sérieux, bonne diction, présentant bien, le gendre idéal. Bien meilleur que ce vieux bafouilleur de Poivre, et ses cheveux raréfiés, qui parlait dans sa barbe avec une voix de paysan breton.

Je vous parie que Tf1 reçoit des plaintes de nombreux crétins qui pensent que, parce qu'il est noir, il sent mauvais, même à travers la télé. Notamment des lettres de l'ignoble gent retraitée dont je parlais tout à l'heure. Ne riez pas, j'en ai vu... Jeunes et vieux. Finalement je n'étais pas si hors sujet que ça.

Qu'importe, il restera, ils mourront de vieillesse, et ce sera bien fait. Je pourrais dire que Harry Roselmack fera beaucoup contre le racisme en France, mais ce serait un peu trop politiquement correct d'énoncer une telle évidence... Ce que je peux dire, parce qu'on n'a pas el droit de cracher sur le volontariat, c'est qu'il fera plus contre le racisme que les grosses associations prestigieuses à coups de procès et de manifs.

Et pendant ce temps, on refuse de remplacer Catherine Laborde, un "visage qui rassure" même s'il n'est pas rassurant du tout. C'est un cadavre ambulant, une horrible liche, un vampire squelettique sorti du tombeau pour présenter la météo au lieu de nous sucer le sang ! Sèche et momifiée dans ses abjectes hardes qui pendent sur ses os saillants, elle tend ses membres grêles, macabre pantin à la voix rauque...

Elle doit partir. Elle fait peur aux enfants et épouvante les vieux en leur rappelant leur destin prochain. Brr...

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06/09/06

Billets de Juin 2006

Note de l'Auteur : Voici les billets de mon ancien blog pour tout le mois de juin 2006, par ordavec une mise en page proche de celle de l'original, et sans les images ni les commentaires. N'hésitez-pas à me faire part de vos questions ou de vos réactions...

29/06/2006

Chapeau bas

Avez-vous déjà vu ce dessin animé de la Warner quand vous étiez jeunes ? Celui ou Bugs Bunny est poursuivi par Elmer Fudd dans un bois, et dans lequel un camion de chapeaux laisse s'envoler aux quatre vents une partie de sa cargaison... Sans plus de justification, les couvre-chefs atterrissent les uns après les autres sur les têtes des héros, et ceux-ci changent de personnalité en fonction ! Illogique, impossible, mais ça passe.

Vous vous êtes déjà déguisé étant petit ? Non ? Vous n'aviez pas la panoplie de votre modèle préféré (un super héros quelconque, Zorro, un pompier, un policier, un chevalier, un cow-boy, un indien, ou, pour les filles, une fée, une princesse, une reine... Oui, j'ai aussi trouvé ça injuste envers les filles, déjà à l'époque). Si vous ne vous êtes jamais déguisé, même pas pour une fête de l'école dans un costume tarte, vous ne pouvez pas comprendre.

Si vous n'avez pas porté la panoplie de Spiderman, vous ne pouvez pas savoir ce que c'est d'incarner votre héros : pendant un bref instant, vous pouvez vous faire croire que vous l'êtes. Evidemment, si vous n'avez jamais été emmitouflé façon bonbon, oignon ou quelque autre fantasme bizarroïde pondu par l'esprit malade d'un éducateur lors d'un spectacle de fête d'école, vous ne savez pas non plus combien c'est tragicomique.

Se déguiser, changer de peau, mettre un masque (même alors que tout le monde vous reconnaît !) pour dire momentanément "ce n'est pas moi", c'est se permettre des choses que l'on ne ferait pas ordinairement. C'est dépasser ses limites, comme dans un carnaval, jour des fous où tout est permis, ou dans une mascarade, ou l'on pouvait alors courtiser à qui mieux-mieux sans représailles ni souci des convenances.

Si en prime on adopte le costume, la pose, la démarche et le rôle d'un personnage ou d'un archétype connu, non seulement on lui rend hommage, mais on partage ses capacités et sa réputation... Le temps du bal en tout cas. Le psychodrame improvisé fonctionne, que l'on soit acteur masqué au théâtre grec, Arlequin sur scène ou dans un bal de la Renaissance, ou Vampire le temps d'une soirée d'Halloween.

Tels sont les prémices et les délices du Cosplay (contraction de Costume Play, évidemment), qui consiste à se déguiser lors de conventions en son personnage de japanimation favori. Souvent, les costumes sont primés, et il est mal vu de ne pas avoir fait le sien soi-même... Voire de porter deux fois le même costume en public. C'est la dernière "incarnation" d'un carnaval qui ne meurt jamais, revitalisé par le phénomène Fandom...

A peine différent, le phénomène de la mode, dont nous parlions à peine quelques jours plus tôt, ne nécessite pas d'avoir des vêtements que l'on fait soi-même... Mais bien de porter un costume spécifique (et plus ou moins cher) en fonction de sa tribu, son origine, pour marquer son appartenance à tel ou tel groupe plus ou moins couru (d'où l'existence de clones de la mode...) ou imiter telle ou telle personnalité.

C'est justement pour sortir de ce carcan vestimentaire de convenances et ces panoplies qui vont et viennent, mais qui sont toujours acceptées socialement (même quand elles sont "provoc", oui madame !) que le carnaval existe... Et si certains chanteurs osent sortir eux aussi de ce carcan d'une manière plus régulière que le commun des mortels (Voir Elton John à une certaine époque), c'est surtout à cause du symbole.

Quoi, vous en croyez tout de même pas que les Drag Queens se baladent vraiment avec des plumes dans le cul, des crinolines et des semelles ultracomepnsées 24/7 ? Vous m'inquiétez...

27/06/2006

The Power in my Purse

Je me suis laissé entraîner sur la mauvaise pente. Lundi, des amis m'ont emmené faire les magasins. Je sais, je sais, ce ne sont pas encore les soldes... Mais apparemment ce n'est pas grave ! Voyez-vous, mes amis sont très tendance, alors ils vont faire les magasins pour voir ce qu'ils vont acheter quand ce sera les soldes. Et s'ils voient quelque harde qui les tente et qui risque de disparaître trop vite une fois soldée, ils l'achètent.

C'est d'une logique parfaitement spécieuse, mais ça a l'air de totalement leur échapper, alors je n'ai trop rien dit... D'autant qu'il y avait ce qu'on appelle des "avant-soldes" dans certains magasins plus ou moins exclusifs, des ventes privées (en fait pas super privées non plus sinon ils ne vendraient pas grand chose, mais bon). Pour vous dire, une vente privée, c'est comme une version bêta-test d'un jeu vidéo, mais avec des fringues.

J'ai donc été immergé dans l'univers fabuleux (oui, Absolument Fabuleux...) de la Fashion Victim moyenne. Et c'est épuisant. Rien que porter les sacs de façon élégante, ça fait mal... Sérieusement, ça peut provoquer un tennis elbow (ou shopping elbow, en l'occurrence). Heureusement, de tels désagréments sont réservés à ceux qui achètent chaque semaine l'équivalent du budget bouffe d'une famille moyenne pendant un an.

Dans des boutiques plongées dans une ambiance tantôt planante, tantôt techno, issue d'une mauvaise compil de bar gay, j'ai vu les innombrables clones de la mode. Toujours présents, ils changent de tenue selon la tendance, mais leur regard est toujours aussi morne et blasé. D'ailleurs, depuis que les mannequins en plastique ont des yeux peints et des poses plus molles, on peut les confondre : difficile de discerner le bovin de l'atone.

Ces jours-ci, ils portent des couleurs ternes, grises, brunes, United Colors of Moche-Marron... Des polos en véritable toile de sac à patate sont apparemment très à la mode, comme les imprimés à fleurs (ressortez vos chemises années 60) et des jeans brodés ou recousus (apprenez le point de croix). Economisez en coiffeur, la coupe "j'ai ouvert la fenêtre et ça fait trois jours que je me suis pas lavé" est aussi très en vogue.

Parfois, il ya de gros cafouillages... On retrouve des chemises presque hawaïennes, avec des motifs de flammes et de fauves, dans la catégorie hyper tendance et pour un prix prohibitif... Des colliers griffés avec des petits coquillages ou des bouts de bois, des cornes taillées façon surfeur parfaitement exorbitants... Alors que sur les plages à touristes, il y en a depuis belle lurette à pas cher, à côté des fausses lunettes Dior.

Tout de même, il faut le voir une fois dans sa vie, ce spectacle de la mode. Il n'y a que là que l'on assiste à des dialogues d'anthologie du style "_Oh, regarde ! _ Oh, c'est quoi ? _ Une veste !"... C'est le seul endroit où l'on peut croiser des gens aussi épanouis et pourtant aussi dépressifs : capables d'avoir tout ce qu'ils veulent, et pourtant de pleurer lorsqu'un bout de tissu miniature et informe dépasse en prix leurs possibilités de retrait.

Voire leur autorisation de découvert. Voire leur salaire annuel. Imaginez l'espèce de boite miniature Vuitton, dans laquelle vous pouvez ranger quelques clous, et, en tassant bien, un paquet de mouchoirs... Et ce micro-sac dans lequel une seule carte de crédit tient péniblement... Tout ceci est largement plus cher que le demi-mètre carré d'appartement Avenue Foch dans lequel vous les poserez.

Mais passons. Non, les fashion victimes sont épanouies, bien plus que les midinettes (et d'ailleurs, ne soyons pas misogynes, les fashion victimes sont autant hommes que femmes). Pensez-vous ! Elles ne réfléchissent pas, elles ont trouvé leur passion, leur hobby, leur équilibre. Leur seul problème est de gagner assez d'argent pour acheter encore. Bienheureuses, elles ont trouvé leur point G : il est chez Gucci.

Et elles gloussent de plaisir à chaque fois qu'elles y vont.

26/06/2006

L'art et la matière

Dans la série des objets inutiles, la littérature occupe quand même un certain créneau. Dit comme ça, on dirait que je ne lis pas et que je suis un gros inculte... Eh bien je n'ai peut-être pas tout lu, mais j'ai une maîtrise d'histoire obtenue à la Sorbonne et les choses lisibles sont à peu près mon seul achat compulsif. Non, je voulais simplement dire que certains livres se posent quand même là dans l'absurdité.

A la limite, on peut respecter les livres saisonniers des hommes politiques et de leurs nègres, ces "livres de campagnes", et on peut même apprécier les éditions Harlequin, si ce n'est pour la qualité de leurs parutions, au moins pour un succès qui ne s'est jamais démenti (les taches tenaces persistent et signent...). Dieu sait qu'il faut garder l'esprit ouvert : la SF a encore du mal à avoir bonne presse auprès d'une soi-disant élite.

Mais là, tout de même. Je suis contre les autodafés par principe, mais qu'on brûle celui-là, je ne sais pas si je le remarquerai. Il s'agit d'un ouvrage des éditions Edimontagne, collection 4camp (des livres de camping pour randonneurs et écolos, militants alter-mondialistes nomades, ou chevriers du Larzac, éventuellement). L'auteur en est Kathleen Meyer. Cela se présente comme un manuel ou une monographie.

Le titre en est à la fois descriptif, simple, et délicieusement poétique : "Comment Chier dans les Bois". Le pire c'est que le livre cherche à se faire passer pour à la fois didactique, intéressant et indispensable : le sous-titre en est "Pour une approche environnementale d'un art perdu". Certaines critiques dithyrambiques déclarent avec emphase que l'auteur nous ouvre les yeux sur un problème très actuel.

Moi, j'ai pas forcément envie de regarder, mais bon... C'est vrai que c'est actuel. Quotidien, je dirais. C'est un gros problème. Enfin, une grosse commission. Ahem. Poursuivons. Je disais donc que ce livre adresse le problème du caca dans la nature, car certains campeurs (là encore selon le livre, mais c'est vraisemblable) ne se préoccupent pas de l'endroit où ils se soulagent et du devenir de leurs étrons.

C'est d'ailleurs mon cas, ou ça le serait si je campais. Crapahuter en compagnie d'insectes sans matelas et sans luxe sous une tente bruyante, que ce soit à l'aventure et à la dure ou bien en compagnie de douzaines d'autres boeufs immondes dans leurs caravanes puantes avec leurs sales lardons gâtés pourris et leurs barbecue qui puent, le tout dans la crasse, merci bien, ça ne me sied pas au teint.

Et dire que c'est un best-seller. Vous, je ne sais pas, mais moi, je n'ai pas besoin qu'on m'explique "comment" on chie dans un bois. A part la notion toute humaine de discrétion, comme il n'y a pas plus biodégradable que les crottes et que tous les animaux le font, pourquoi se retenir ? Bien évidemment, les mauvaises langues (si j'ose dire) auront déjà trouvé une utilité à ce livre, surtout si ses pages sont bien fines.

C'est peut-être ça, cette nouvelle méthode...

25/06/2006

He's dead, Jim !

Aujourd'hui, un petit billet vite fait... Je me suis dit que j'allais peut-être en faire une autre liste, mais non, ça n'est pas la peine : Je vous livre ces dix entrées sympathiques presque en forme de top ten (presque parce que je n'arrive pas à décider de l'ordre...). Ces détails ne sont pas rédhibitoires, et peuvent même ajouter au côté "culte" du film. D'ailleurs ils sont souvent repris exprès dans des comédies...

Dix détails débiles qui rendent un film désuet ou cassent l'ambiance dés que c'est un peu sérieux :

_ Un acteur trop maquillé, surtout en gros plan et quand il dégouline de sueur

_ Les acteurs jouant les enfants ont l'air plus vieux que les acteurs jouant les parents

_ Une fausse gifle ou un faux coup qui se voit, une cascade ratée, une plaie qui ne saigne pas...

_ Des rires enregistrés, des applaudissements au héros dans le film, surtout avec une musique triomphale

_ Un acteur qui a un problème (un doute comme Harrison Ford, rentre son ventre comme Tom Cruise...)

_ Un détail historique qui tue (indiens avec des montres, grecs antiques avec des arbalètes...)

_ Un personnage irréaliste (petit gosse super intelligent et débrouillard, vieux sage qui a l'air omniscient...)

_ Un acteur qui postillonne ou bave (pas seulement au théâtre ! Voir le Hamlet de Kenneth Branagh)

_ Des costumes trop propres pour des miséreux et qui ont l'air découpé pour ressembler à des haillons

_ Des grosses couleurs qui tachent et/ou des effets spéciaux en mauvaises images de synthèse partout

Bonne séance !

Bring out your dead (Rire et Châtiment?)

Raymond Devos est mort, paix à son âme. C'est bien dommage. Soit. Il écrivait bien. Dernièrement il bloblotait un peu du ciboulot, il était vieux... Il a fait son temps, il a eu une très bonne vie bien remplie, et on pourrait même dire que ses héritiers sont en plein dans le sordide au sujet de son héritage, si l'on voulait soi-même être oiseux. Il était quand même un peu énervant à écouter, avec sa voix couinante et inaudible, essoufflée...

Il était gros et laid, ses lèvres violettes et molles pendaient de façon tellement immonde qu'on eut dit un gigantesque mérou, surtout avec ses yeux binoclards et globuleux. Je le préférais à lire qu'à voir, et surtout à entendre, puisqu'en parfait autodidacte, il était incapable de jouer correctement du moindre instrument de musique... Disons, jamais plus que l'amateur à peine correct. Mais soit, c'était son style, un peu "cirque".

Non, voilà une vraie bonne grosse perte pour le monde du spectacle : Aaron Spelling est mort, lui aussi. Ce juif texan né en 1923 nous a apporté plus que quelques textes d'une matière à rire... Il a été auteur et acteur, certes, mais c'est surtout en tant que très grand producteur qu'on le connaît. Le producteur, le donneur de sous despotique, quelle mauvaise presse a ce beau métier pourtant indispensable...

Le producteur, qui reconnaît la valeur des oeuvres et sait diriger la créativité vers autre chose que l'impasse, est au spectacle ce que l'éditeur (et son armée de relecteurs) est à la littérature : quand il n'est pas là, vous obtenez à 90% de la merde, de la boue infâme et élitiste incompréhensible... Sauf génie pur, l'autoédition c'est comme les films d'art et d'essai : C'est triste et on a honte pour les pauvres bougres.

Merci à Mel Brooks pour avoir par deux fois rappelé la valeur de cette grande profession. Aaron Spelling fait donc partie de ces légendes d'Hollywood et de la télévision, quelqu'un qui, comme les meubles, semble avoir toujours été là. Je ne vous citerai pas sa filmographie complète en tant qu'auteur, réalisateur ou producteur, vous n'en comprendriez pas le quart : En France nous ne bénéficions pas de tous les programmes américains.

C'est parfois un bien, certes... Toujours est-il que Aaron Spelling est l'homme derrière "Murder One", "S.W.A.T.", "Starsky & Hutch", "Drôles de Dames (Charlie's Angels, y compris les films)", "La croisière s'amuse (The Love Boat)", "L'île fantastique (Fantasy Island)", "L'amour du risque (Hart to Hart)", "T.J. Hooker (vous savez, l'AUTRE rôle de Shatner...)", "Melrose Place", "Beverly Hills", et même "Charmed" comme producteur exécutif !

Il n'a pas non plus hésité à s'engager dans le caritatif (puisqu'il avait plein de sous, tant qu'à faire...), et aussi sur d'autres sujets. Il a par exemple produit la version télévisée et filmée de "And the Band Played On", une pièce de théâtre très gay qui relate le début des années SIDA. Ce fut la première à en parler ouvertement et à dire au grand public que, non, le SIDA, ça n'était pas que pour les pédés.

Alors évidemment, Aaron Spelling n'était pas l'ami de George Brassens comme Raymond Devos. Il avait aussi eu la chance, contrairement à lui, d'avoir un diplôme. Il n'a pas fait que des choses bien, et il a même fait énormément d'alimentaire et de "commercial"... C'est un "mass entertainment" après tout. Il a même pistonné sa fille Tori Spelling, plus célèbre que lui à présent. Etait-il mauvais ou malhonnête pour autant ? Non.

Cet homme, plus que Raymond Devos, dans des domaines bien plus variés et toujours avec un goût exquis (Enfin, qui en appelle au plus grand nombre) a réellement épaté la galerie. Ce qui n'est pas un mal, et surtout pas facile, comme certains auteurs voudraient le faire croire. Il est souvent plus difficile de savoir ce que les gens vont aimer que ce que vous, vous aimez. Surtout quand eux-mêmes ne savent pas ce qu'ils veulent.

Je ne veux pas établir de hiérarchie, d'ailleurs elle se fait d'elle-même et elle est parfois injuste de na pas reconnaître ceux qui n'apparaissent pas en public... Mais je pense que, sans salir la mémoire de l'immense artiste (littéralement, diront les mauvaises langues...) qu'était Raymond Devos, archétype du clown du verbe, l'on peut rendre à César ce qui est à César, et hommage à Aaron Spelling, fils spirituel de P. T. Barnum.

22/06/2006

To sleep, perchance to dream

Incompréhensible. Vraiment. No comprendo. Moi y en a rien biter. Enfin je me comprends. C'est déjà ça... Comme vous êtes en passe d'arrêter de lire parce que vous n'y comprenez rien non plus, je vous explique. Suite à un problème de congestion, j'ai des ennuis, et suite à un problème de gestion de cons (je ne dis pas ça pour toi, ô, mon semblable, mon autre moi-même, et qui n'est pas la moitié d'un frère, rassure-toi), j'ai des soucis.

Mes ennuis, qui sont des ennuis de santé, sont aisément correctibles par le traitement approprié, prescrit pas mon fidèle docteur, un Chevalier servant que j'ai connu récemment et qui me suit très bien. Ledit traitement, indispensable et sans alternative, simple à suivre et sans équivoque dans sa posologie se compose entre autres de corticoïdes. Et là, les ennuis commencent sérieusement.

Les corticoïdes, voyez-vous, ça fait gonfler, tout le monde le sait. Bonjour les kilos. C'est génial, ça, quelques semaines avant le départ en vacances d'été et à la veille de pas moins de trois fêtes entre amis et avec ma famille. Si je comptais faire un régime, c'est plus la peine, ça ne marchera pas. Qui plus est, il faut que j'évite de manger salé, et j'adore manger très salé...

D'ailleurs bientôt, pour l'occasion d'un des trois repas-fêtes dont je vous parlais et juste pour me faire plaisir, on m'a promis mon plat favori, des Saltimbocca Alla Romana (des escalopes de veau ultrafines poêlées avec de la sauge et du jambon italien, très salé. Même TRES TRES salé. Mais délicieux !). Je ne peux pas refuser, et surtout je n'en ai pas envie... Et si je mange salé, je vais gonfler encore plus.

La vie est pleine de cruels dilemmes de ce genre... Heureusement que je n'ai pas le choix entre la chaise électrique et le billot, ou entre la peste et le choléra, me direz-vous... Certes, vous avez raison, mais si je vous racontais mes autres problèmes (que je m'en voudrais d'étaler) je sacrifierai ce blog sur l'autel d'un apitoiement personnel qui me laisse froid, bien loin du pragmatique cynisme qui me sied beaucoup mieux.

Mais la chose qui m’échappe dans tout ça c'est que je suis crevé. Fatigué. Vanné. Las. Par terre. Du genre à ne pas pouvoir m'allonger même sur un lit de clous rouillés et de tessons aiguisés, de peur de me réveiller trois heures plus tard encore plus crevé qu'avant. Et c'est là que le bat blesse, les corticoïdes sont censés être des excitants. C'est notoire. Allez coucher un gosse qui en a pris, par exemple.

Alors bon, ça doit être autre chose. Les soucis sans doute. Tant pis. J'irais bien faire un somme, moi...

21/06/2006

Ya plus de saisons

Tiens, nous sommes bientôt le 25... Ne serait-ce pas le moment de parler de Noël ? Comment ça nous sommes en juin ? Mais ça n'est pas une excuse. Et puis là n'est pas la question de toutes façons... Si tout le monde faisait un peu plus attention aux fêtes ils ne s'agglutineraient pas dans les magasins au dernier moment... Et puis... Et puis j'ai envie de parler de Noël, alors j'en parle. Taisez-vous. Je sais ce que je dis.

De toutes façons, qui d'entre-vous connaît par coeur le noms des rennes du Père Noël ? Ailleurs, certains enfants vous regarderaient d'un oeil peiné. Pas triste, mais peiné pour vous. Bon, parce que je suis gentil, je vais vous les donner, moi, les noms des rennes. Le Père Noël possède huit rennes, plus un renne de tête doté d'un nez rouge luisant qui lui montre le chemin au travers des rudes intempéries hivernales.

Les huit rennes du traîneau s'appellent, dans l'ordre de leur licol, Dasher (Filant), Dancer (Danseur), Prancer (Sauteur), Vixen (Renarde), Comet (Comète), Cupid (Cupidon), Dunder (Brunerobe ou Brunpoil, parfois appelé Donner...) et Blitzen (Eclair, parfois appelé Blixen, sans doute à cause de l'auteur de Out of Africa...). Le renne de tête s'appelle Rudolph (Rodolphe) addition poétique de 1939 par Robert L. May.

C'est le beau frère du poète qui a composé la chanson de Rudolph le Renne au Nez Rouge que connaissent la plupart des enfants d'Amérique. Par ailleurs, tout de même, le Père Noël bénéficie d'une certaine amélioration de statut par rapport à son prédécesseur Saint Nicolas. N'oublions pas que celui-ci était seul et sans elfes pour apporter de maigres peins d'épices aux enfants, le cul posé sur son âne.

Bon. Continuez d'être sage les enfants, plus que six mois à tenir !

La valise, un carton ?

Finalement, le jeu des mots valises (lancé par Miss Poivert et repris par le Loupil) a-t-il eu beaucoup de succès ? Le dessin de Gadins et Bouts de Ficelles (qui représente clairement l'éléptère mâle, d'ailleurs, Archaeopachydermyx Pterans, ancêtre bien connu de l'éléphant-dinde) a eu du succès, certes, mais qui s'est embêté à trouver des définitions pour mes mots ? Et qui en a trouvé d'autres à part moi ?

Pas de commentaires sur le site concernant ce genre de choses en tout cas. J'espère donc que vous vous êtes bien amusés à la maison, et comme je pense que vous avez marinés suffisamment longtemps pour être confits, je vais vous donner mes définitions... C'est à dire els définitions que j'ai devisé pour les mots que j'ai moi-même composé et soumis à Miss Poivert. Par ordre alphabétique :

Alexandring, ou Alexandingue : n. m.

     D'Alexandrin, vers de douze pieds, et Dring,

     Onomatopée rappelant une sonnerie.

     D'Alexandrin, vers de douze pieds, et Dingue,

     Terme familier pour désigner un fou.

Vers qui réveille, rai qui rit, rêve d'air, vent,

Vers qui veille, vent qui vit et qui rend rêvant.

Alphabruti : adj.

     De l'Alphabet, liste raisonnée des lettres d'une langue, et Abruti, personne rendue stupide.

Personne écrivant phonétiquement ou en langage SMS en toutes occasions, éliminant la plupart des lettres de l'alphabet (remplacement systématique de Qu ou C par K, etc.).

Mathon : n. f ?

     De Maton(ne), gardien(ne) de prison (fam. et argot) et Thon, poisson de mer connu pour sa taille imposante, sa gueule immonde et son odeur écoeurante (familièrement, une personne très laide). Gram : désigne toujours un féminin mais s'accorde au masculin. Exemple : "Le mathon était une tireuse hors de pair". Gardienne de prison grosse, moche, et dont la fonction remplace le genre et la personnalité. Dans le cas d'un officier de police de sexe féminin, que cela se voie ou pas, on dirait un Chapon (argot policier).

Prostitulaire : adj. et n.

     De Prostitué(e), personne à l'affection négociable, et Titulaire, possesseur d'un titre. Client si régulier de personnes à l'affection négociable que celui-ci bénéficie de réductions, coupons, carte de fidélité, cadeaux gratuits, ou toute autre forme de bonus.

Rhododindon : n. m.

     De Rhododendron, arbuste à fleur encombrant, et Dindon, gros gallinacé originaire d'Amérique du Nord. Dinde trop ronde pour entrer dans le four.

Tolkienambour : n. m. (féminin : Tolkienambourde)

     De Tolkien, auteur fantastique, et Topinambour, une sorte de patate.

Fan enragé de Tolkien se targuant d'avoir lu toute son oeuvre avant tout le monde, et surtout avant toutes les adaptations (qu'il juge mauvaises), se hâtant de cracher sur tous ceux qui ont "copié le maître", c'est à dire inexplicablement, tous les auteurs du genre Fantasy ainsi que tous les auteurs de jeux de rôles.

Voisaint : n. m. (féminin : Voisainte)

     De Voisin, personne vivant près d'une autre, et Saint, personnalité réelle ou mythique canonisée par une autorité religieuse, par ext. personne d'une grande bonté et/ou vertu.

Créature mythique. Voisin qui n'est jamais embêtant.

Voussoimenteur : n. m. (féminin : Voussoimenteuse)

     De Voussoiement, sorte de vouvoiement, et Menteur, personne qui ne dit pas la vérité.

Personne qui vouvoie uniquement par flatterie, et tutoie ceux qu'il respecte vraiment.

Voilà, fini ! N'hésitez pas à me proposer vos définitions, et surtout amusez-vous, ne vous forcez pas. Pour plus de mots inventés de cette façon, consultez le "Dictionnaire des mots qui n'existent pas" de Jean-Loup Chiflet, lui-même joueur de mot émérite mais trop souvent pesant à force... Un ouvrage pas indispensable, car vraiment axé adultes des années 90, et de ce fait tombant parfois à plat...

Mais il a de très bon mots, de très bonnes trouvailles, comme la chaltitude (hauteur maximale et souvent impressionnante que peut atteindre un chat faisant le gros dos pour rencontrer une main au dessus), le crustasybarite (personne très agaçante qui attend d'avoir décortiqué tous ses fruits de mer avant de les manger, les sélectionnant avec soin), et quelques autres.

Je vais personnellement mettre mes mots dans mes valises et soigner celles que j'ai sous les yeux avec quelques vacances bien méritées (ou pas, on s'en fout, l'important c'est que je me casse et que je vous emmerde... Sans blague...) très bientôt, c'est à dire pendant à peu près guère plus mais pas moins que tout le mois de juillet. C'est pas demain, mais ça approche, alors je préviens.

A bon entendeur, salut !

20/06/2006

Pouvoir Psy

J'ai entendu dire l'autre jour par je ne sais quel expert badernoïde que les voyants et autres marabouts étaient "déconnectés de la réalité". Rien que ça. Ha ! Oh, je n'ai rien contre le sain scepticisme qui devrait toujours marcher avec la science, main dans la main (car sans la mise en doute, il n'y a pas de question, pas d'expérience et pas de progrès...), mais soyons tout de même clairs.

Si nous refusons l'ignorance au nom de la science, nous devons aussi la refuser lorsqu'on parle du surnaturel. Je ne vais pas vous dire qu'il y a des phénomènes inexpliqués, nous le savons tous : j'ai l'espoir qu'un jour on les explique, et en même temps je me dis que le monde sans eux serait bien moins intéressant... je ne vais pas non plus vous recommander un médium ou vous tirer les cartes.

Non, simplement, dire qu'un praticien du paranormal est déconnecté de la réalité simplement à cause de son métier, même s'il croit à ses pouvoirs (ce qui n'est pas certain...), c'est quand même un peu fort de la part d'un simple psychiatre. La psychiatrie met des années pour arriver au même résultat que la voyance-conseil obtient en quelques séances, chez la plupart de ceux qui y croient vraiment.

Même si la voyante est plus chère (et ce n'est pas toujours le cas), ça fait quand même pas mal d'économies... Du moins si madame Irma cherche à aider et pas juste à empocher son blé et faire revenir le gogo. Mais voilà encore un préjugé : de nombreux psychiatres font la même chose, et entament des analyses de longue haleine, sans fin, à raison de deux séances très chères par semaine, alors que ça n'est pas nécessaire.

C'est le côté autoritaire de la voyance qui aide le patient crédule en quête de conseils, ce côté "je ne suis pas juste diplômé et entraîné à lire les gens par déduction, mais je sais ce qui arrive via le surnaturel et je ne me trompe jamais"... Même si c'est complètement faux, c'est une réputation que n'ont pas les psychiatres. Quant aux accusations de charlatanisme, les deux corps de métier son ex-aequo.

Enfin, entre un psychiatre qui, après des années d'études, se retrouve soumis à des tas de règles, dont les consultations sont tarifées et contrôlées et qui a de la paperasse à remplir par dessus la tête histoire de fréquenter des psychopathes... Et une voyante qui ne fréquente que des gens "normaux", qui n'a pas fait trop d'études, qui se fait payer cher et au black et qui fait ce qu'elle veut sans licence...

Vous me direz lequel de ces deux-là est le plus déconnecté de la réalité !

19/06/2006

N'est haut logique

Je suis tout content d'avoir eu un beau livre pour mon anniversaire. Oui, ça fait très niais, quand on le dit comme ça... Mais je retombe en enfance : imaginez un peu, on vient de m'offrir un dictionnaire. J'adore ça ! J'en manquais justement. Le dictionnaire est un outil indispensable à chacun, et il est bon de le renouveler environ tous les dix ans en moyenne... certains le gardent toute une vie, les écrivains et professeurs changent souvent.

Celui là est très bien. C'est le nouveau Littré, référence absolue de la langue française. Absolument imbattable sur l'étymologie, l'origine des mots, bref, la linguistique. Par contre ce n'est pas du tout un dictionnaire technique ni illustré, et il fait uniquement les mots communs... Ne lui demandez pas de définitions plus explicites et plus complètes que le style "Merisier : Cerisier sauvage. Bois dont on fait des meubles."

Il a tout de même une section annexe particulièrement instructive sur les néologismes. On peut constater que bien des barbarismes courants ou non y ont leur place, certains très usités ("Maronnasse"), très spécialisés ("Hard-core gamer"), et d'autres que l'on croirait déjà entrés dans le dictionnaire ("scénaristique"). On y trouve aussi quelques drôleries comme "Dieudonnerie" et "Raffarinade"...

Mais au delà de cette innocente nomenclature mutante se trouve toujours le spectre du Journalois (oui, un autre néologisme issu de cet ouvrage précieux). Il s'agit du parler journalistique, cette langue sensément efficace et simple qui, pour mieux "convoyer du sens", rend exsangue et sèche la belle langue qu'est la nôtre. Par bien des côtés, celle-ci rappelle la Novlangue (comme le fait remarquer l'exemple du Littré, d'ailleurs).

Rappelons ici ce qu'est la Novlangue, Newspeak en anglais. C'est un idiome inventé par George Orwell dans l'immortel 1984. Il en fait la langue officielle de son état totalitaire, une langue rapide dont toutes les nuances (et particulièrement celles qui sont subversives, pour en éliminer jusqu'au concept !) ont été élaguées avec l'ablation de mots jugés superflus, la simplification de la grammaire, bref, une agglutination à l'extrême.

Par exemple, pourquoi dire "mauvais" alors qu'on a déjà le mot "bon", et qu'il suffit de dire "inbon" ? Pourquoi dire "poux" et "canaux" alors qu'on a "pous" et "canals" ? On le voit, cette langue se rapproche du politiquement correct, dans le sens ou l'entendait Pierre Desproges : un aveugle est un non-voyant, un sourd un malentendant... On résout un problème cosmétique en appelant un chat un chien, en niant la réalité.

D'ailleurs, on entend régulièrement certains, pour rire, redire les mots courants de cette langue, parfois sans même avoir lu le livre : "C'est doubleplusbon" plutôt que "c'est meilleur". Il existe quantité de langages crées de cette façon, d'ailleurs. Le Japonais en fait partie, d'une certaine manière, de même que l'Espéranto (fondé de façon à être un langage universel, donc aux concepts et à la grammaire modulaires et faciles)...

Mais je m'égare. Je vous parlais de mots bien réels utilisés en dépit du bon sens, des horreurs employées pour rien à cause d'une méconnaissance du vocabulaire français. Pensez-vous, des mots qui sonnent faux, lourds et peu gracieux, lâchés couramment parce que certains abrutis ne connaissent pas le mot (pourtant usuel) qui se rapporte au concept qu'ils évoquent... Comme des pets ponctuant une logorrhée.

On les entend partout : Contraventionnaliser plutôt que verbaliser, Masculinisme plutôt que machisme, Quinzomadaire plutôt que bihebdomadaire, Rectilignité plutôt que droiture... N'importequoitesque au lieu de farfelu ! Ce sont de vraies ordures verbales, pas de ces mots qui auront l'espoir de passer dans la langue, tels méandreux (au lieu de sinueux), démoniser (pour diaboliser), ou à la limite hommager (écrire un hommage)...

Ces mots qui réinventent l'eau chaude m'agacent profondément. Si beaucoup de néologismes sont justifiés, plus encore sont l'expression d'un concept déjà parfaitement défini, comme cister (et cisteur, cistage...), c'est à dire s'adonner à la chasse aux objets sans valeur à l'aide d'énigmes, autrement dit le bon vieux cache-tampon, en version "adultes régressifs friqués ayant du temps à perdre". Pareil avec les anglicismes.

Dieu sait que je ne suis pas pour cette pantalonnade qu'a été la loi Toubon, et je suis pour l'évolution de la langue (Pantalonnade aussi a été un néologisme, à une époque), mais quand il existe un mot français parfaitement élégant et adapté, doit-on vraiment adopter la version microsoftienne ? Doit-on, même si l'on apprend l'anglais ou quelque autre lingua franca, abandonner pour autant des mots tout à fait valables ?

Que dire du mot forwarder, totalement synonyme de réexpédier ou transmettre ? De Gentryfication, pale copie d'embourgeoisement ? D'un objet must-have, en fait indispensable ? Du move qui n'est en définitive qu'un mouvement ? D'un testing qui n'est autre qu'une expérience ou un test ? D'un slide-show qui starte et remplace impunément un diaporama qui commence ou bien débute ?

Mais je me tais, on va me prendre pour une vieille andouille faisant l'apologie inutile d'une langue française surannée que plus personne ne parle, pas même les français, et que le monde a largement abandonné au profit d'un idiome plus simple et plus universel comme l'anglais... Je ne vais même pas vous parler du langage SMS, cette ignominie cause d'une plus forte recrudescence des fautes, et pas uniquement chez les jeunes.

Il n'y a plus qu'une chose à dire : Sélectez lé mot avek sw1...

18/06/2006

Dia de Independencia (Independance Day)

Les Catalans sont heureux. Plus heureux aujourd'hui qu'hier, en tant que peuple, car ils ont obtenu sans difficulté une quasi-indépendance méritée. Depuis longtemps qu'ils sont fiers d'être Catalans, ils ont choisi de ne pas faire comme certains Basques qui posent des bombes partout : Ils mettent en avant leur culture. Et quelle culture ! Picasso, Dali, Gaudi, Miro, l'art gothique et roman, la mer Méditerranée, la crème, le thon...

Barcelone est la capitale culturelle de l'Espagne, certes, mais c'est volontaire : Elle s'est mise ne avant de cette manière depuis bien longtemps, et d'autres villes auraient pu prétendre à ce titre (notamment dans la Junta de Andalucia) si elles avaient été aussi enclines au pacifisme, ou tout simplement misé sur le bon cheval. On peut arguer que la Catalogne est naturellement plus riche que des régions comme la Mancha... Soit.

Mais le résultat est là : à présent, l'autonomie de langue et de culture est renforcée, et leur autonomie fiscale avance à pas de géants (la région catalane peut maintenant administrer et prélever 50% des impôts sur le revenus, par exemple). S'ils ont atteint ce but, à un rythme que certains jugent lent et d'autre approprié, c'est par des voies pacifiques... Ce qu'ont aussi essayé certains Basques comme le grand auteur Max Aub.

Ne produisant hélas pas un best seller international par an, mais ayant écrit un chef-d'oeuvre absolu qui n'est autre que son recueil de nouvelles intitulé Obabakoak, Max Aub rachète une peu le déshonneur que les séparatistes de l'ETA (Euzkadi Ta Azkatasuna, ou "Le Pays Basque et sa Liberté"... J'espère qu'avec le nom complet vous ne confondrez plus avec d'autres acronymes, moi ça m'arrive tout le temps).

Alors oui, c'est vrai, la route de l'indépendance catalane est longue, mais au moins ils y arrivent. Regardez où en est le pays Basque aujourd'hui : les attentats n'ont réussi qu'à renforcer ce qu'ils combattaient. On se retrouve avec plus de flics, moins de touristes, plein de bouseux qui font bosser leurs gosses au lieu de les envoyer à l'école... Et un grand besoin des subventions que l'état hésite à donner pour ne pas financer les terroristes.

Résultat, le Pays Basque et ses diverses régions fonctionnent moins bien que la Catalogne. C'était déjà le cas depuis bien longtemps, mais comment voulez-vous que ça ne se soit pas creusé ? Plus de terroristes c'est moins d'investisseurs, moins de sous, moins de routes correctes, moins d'écoles, moins de tout. Heureusement, comme cela fait quelques temps que l'ETA s'est calmé, il y a de l'espoir.

13/06/2006

Vie de chien

Arrêtez les rotatives, réveillez PPDA, passez en DEFCON 1, téléphonez au Président ainsi qu'à Jacques Chirac tant qu'à faire, faxez le Pape (si, si, introduisez-le dans la fente !), larguez les bombes, tirez les torpilles quantiques, lâchez les blanches colombes, faites évacuer le zoo, Catapultez des nains enflammés dans le ciel nocturne (lesquels seront habillés comme dans les tableaux de Vélasquez et crieront "Mira ! Mira !")...

Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. Autrement dit, j'ai un an de plus, pour tous les non-comprenants congénitaux. Ce qui me fait... Un certain âge. Vous savez que ce n'est pas poli de demander ça à une Dame ? A Lady ? Eine Frau ? Una Dona ? Et le fait que je sois un homme n'a rien à voir dans l'histoire. D'ailleurs je suis extrêmement jeune et je n'ai pas honte de mon âge. Aujourd'hui j'ai deux ans.

Parfaitement. Deux. Ce qui fait que j'ai créé ce Blog dés les premiers mois de mon existence. Quand je vous disais que j'étais un génie, un prodige absolu... Quoique pas tout à fait, puisque je suis un chien. Donc en années de chien ça fait 14 ans. Oui, je suis un chien (un labrador, pour être précis) génétiquement modifié dans un centre de recherches, et j'écris grâce à une interface clavier adaptée pour que je puisse l'utiliser avec la langue.

Quand je vous disais que j'étais petit, brun et poilu. Vous croyiez vraiment que j'étais un humain ? Ha, vous vous êtes bêtement fié à mes photos et à des tas de fausses pistes que j'ai dispersé çà et là. Voyez-vous, c'était la condition sine qua non qu'ont posé mes maîtres, les chercheurs (ceux qui ont fait le chat hypoallergénique, vous voyez ?). Comme je ne peux pas sortir du labo, j'ai le droit d'aller sur le Net, mais sous une fausse identité.

Ah, merde, j'ai tout dit... Ils vont devoir m'emmener loin, me piquer ou me cloner, ou m'enfoncer une sonde anale extraterrestre... Un vendredi soir habituel, quoi.  Bon, d'accord, je vous fais marcher. Mais vous n'avez évidemment pas cru un mot de ce que j'ai dit. Si c'est le cas, c'est dommage, parce que c'est vraiment mon anniversaire ! Et je remue la queue quand je suis content, aussi. Bon, c'est l'heure de la promenade...

12/06/2006

Au delà du réel

Interprétez vos rêves grâce à l'almanach des fermiers, plutôt que de faire confiance à Jung ou ce vieux pervers de Freud... Bien entendu aucun rapport avec quoi que ce soit de réel, mais plutôt une forme de divination apparentée à l'astrologie ou au Tarot : L'oniromancie est un vieil art. Attention, ceci n'est censé concerner que les rêves faits lorsqu'on est calme, sobre, ni affamé ni trop repu, et qu'on n'a pas l'esprit "altéré par le vice".

Autant dire que ça ne marche pour personne...

"Rêver de routes indique la fortune; si elle est claire et lumineuse, c'est une bonne fortune; si elle est sombre et sinistre, c'est une mauvaise fortune et le signe de futurs revirements. Les anneaux symbolisent le mariage, l'argent et l'amitié. Le serpent est le symbole de la fausseté de l'inimitié, et dénote les ennemis. Il devrait mettre sur ses gardes, car il avertit des problèmes, vexations et tracas. Le cercueil, emblème de mort, signifie une longue vie heureuse; c'est aussi un signe d'accroissement de ses propriétés par l'industrie, et annonce des nouvelles d'amis lointains. Le chien, symbole de fidélité, signifie les amis et la jalousie. Rêver de carrés indique paix et prospérité; de figures oblongues, des problèmes domestiques. Les lignes droites indiquent la paix, les voyages, le bonheur et une longue vie. Les lignes tordues et courbes indiquent des tracas; le triangle ou la couronne indiquent une fortune inopinée. Rêver de croix signifie la mort d'un ami, et dénote l'adversité, les épreuves et le malheur. Rêver de fleurs est un bon présage, cela implique la joie, le bonheur, des gains matériels rapides, un mariage prospère et une vie heureuse. Les lettres indiquent des nouvelles : claires et aisément lues, elles indiquent de bonne nouvelles. Rêver d'arbres évoque la bonne santé et les souhaits exaucés. Rêver de montagne indique des amis et la bonne fortune. Les nuages, le soleil, la lune et les étoiles dénotent le bonheur, la chance, les honneurs, un changement dans la vie, la respectabilité et l'industrie, selon leur luminosité. Rêver d'oiseaux est un bon présage; c'est le signe que la persévérance viendra à bout des difficultés. Rêver d'animaux en général (sauf le chien) est mauvais signe, signe de perte par vol, problèmes et difficultés, et que le rêveur devra recourir à la plus grande vigilance pour les surmonter. Rêver d'enfants est le signe de troubles dans la vie amoureuse; et de grandes dépenses arrivant sans prévenir. Rêver de femmes dénote la joie et le bonheur d'une façon générale. Rêver d'hommes indique des visiteurs, des cadeaux, etc. Rêver de vers ou de choses rampantes, d'horloges, de forêts ou de choses désagréables, signifie la rivalité en amour et en affaires, l'hypocrisie, la tromperie et la trahison d'amis. Rêver de poissons signifie qu'on va recevoir des nouvelles de l'étranger, la confiance de ses amis, les voyages et l'argent, les événements heureux, l'amélioration de ses affaires. Rêver de maisons ou de grandes villes indique un changement favorable de fortune, mais aussi la prudence dans toutes les situations. Rêver de voyage est signe d'embarras et de retards."

Ceci est un extrait de l'almanach du fermier du docteur MacDonald, publié en Amérique en 1918. Selon toute apparence, ce sont des présages simples à interpréter... Et pourtant ils contredisent l'interprétation traditionnelle des rêves selon les techniques de l'Inde ancienne ! En ce qui concerne le soleil, la lune et les étoiles, notamment, mais aussi les animaux.

Les textes traditionnels indiens considèrent que monter sur le dos d'une vache, d'un taureau ou d'un éléphant est de bon augure. Le soleil et la lune ne sont de bons présages que lorsqu'on les touche de la main. De même, ce n'est que si l'on grimpe sur une maison, une montagne ou dans un arbre que le rêve augure une bonne fortune. Rêver qu'on pleure ou qu'on est mort augure d'un avenir brillant.

Et je ne vous parle pas de l'interprétation babylonienne des rêves religieux, ni de la dimension psychologique de tout ça : chaque culture a ses propres grilles de décodage, et bien malin celui qui peut arriver à lire l'avenir dans les rêves plutôt que les voeux inconscients de personnalités endormies ! Les rêves ont un domaine ou chacun se trompe souvent, et surtout le rêveur. Ne nous demandons pas qui a raison.

Personnellement, j'aime les rêves parce que c'est agréable et que ça donne des idées, c'est pourquoi j'essaie toujours de me souvenir des miens. Je ne les prends pas comme des présages, ni forcément comme des manifestations de désirs plus profonds, mais tout simplement comme des histoires, des mines d'aventures et de dépaysement, des cadeaux de l'esprit qui se repose. Enfin, je rêve, tout simplement !

11/06/2006

Perestroïka Pride

"Trois quarts des Russes approuvent la décision d'interdire la gay-pride de Moscou". C'est le titre de la dépêche qui rapporte le sondage Russe. Plein de chiffres intéressants, du genre "même si plein de gens sont contre les homosexuels, d'autres n'ont rien contre mais pensent que ça n'est pas naturel et que ça ne leur rend pas service de marcher dans les rues comme ça...». Je note qu'aucun homo n'ose se dire homo dans le sondage.

La Russie n'est pas connue pour diffuser des informations fiables sur quoi que ce soit, surtout quand ça va mal, mais admettons. La situation était identique aux Etats-Unis entre 1969 et 1973, et, on le voit à la croisade anti-gay de leur président, les mentalités n'ont pas encore fini de changer. Rappelons que l'homosexualité n'a été dépénalisée en France qu'en 1981, ce qui fait 25 ans tout rond... C'est affreusement récent.

Entre les popes qui chassent le juif à leurs moments perdus, les autorités répressives, la pauvreté perpétuelle qui s'est à peine arrangée depuis la chute du communisme, la mafia russe impitoyable pour qui l'homosexualité paie moins que le crime et la mentalité générale qui veut que les pédés, ça se casse plus que les bouteilles de vodka, il y a quand même du boulot.

C'est comme pour le Pape et l'Eglise Catholique, personne de sensé ne pense honnêtement que, du jour au lendemain, il y aura une gay-pride vaticane. Je sais bien que les églises orthodoxes ressemblent à des godemichés, que le stéréotype veut que les prêtres soient tous pédés, pédophiles ou les deux, mais sérieusement, de la part de l'Ours Russe, vous ne vous attendiez tout de même pas à une Bear Pride, si ?

Je réponds donc à tous ceux qui marchent à Paris pour protester contre l'homophobie des slaves : souvenez-vous de la paille et de la poutre. Les mentalités ne changent pas en un instant, surtout pas dans un pays comme la Russie. Je ne m'adresse pas à ceux qui font ça par soutien ou parce qu'il ne "faut pas mollir", mais à ceux qui croient qu'à cause de leur petite manif tout va s'arranger d'un coup.

Ne riez pas, il y en a ! J'en ai connu. On n'arrange pas les choses simplement en disant "ah ouh les cornes".

10/06/2006

Mais que fait George Clooney ?

Ah, le monde merveilleux des urgences parisiennes... J'étais inopinément à l'hôpital Bichat, non pour moi-même mais pour accompagner quelqu'un qui avait fait une subite crise de tombéd'unescabeautite aiguë. Une maladie courante et néanmoins dangereuse que l'on contracte le plus souvent en faisant l'andouille en hauteur pour accrocher des tableaux, des guirlandes d'anniversaire, changer des ampoules, etc.

Il a fallu attendre environ cinq heures qu'un médecin daigne examiner la plaie occipitale ouverte (!!!), ce qui est un délai normal (enfin disons "habituel" bien qu'aberrant) dans la plupart des services d'urgences lorsque la victime n'est pas en train d'agoniser. Et encore, Bichat a les deuxièmes plus grandes urgences de Paris. On nous dit qu'il y a trop de médecins en France alors que les couloirs sont remplis uniquement de patients qui attendent...

Cette situation paradoxale m'a permis d'étudier la faune locale, entre deux cris inarticulés de la grasse harpie malienne de l'accueil ("Je sais pas, vous voyez pas que je suis occupée ? Ne m'agressez pas ! Je peux rien faire, c'est pas moi qui..."). Soit dit en passant, c'est le seul rôle de l'accueil : permettre aux rares médecins de boire un café entre deux patients et d'arriver en "sauveurs" lorsqu'ils viennent la houspiller, prenant le parti du patient.

Comme on l'a vu, "patient" n'est pas un vain mot. Parmi eux on trouve certains types inévitables : le clochard qui est tombé ou s'est fait agresser, et qui continue de mendier dans la salle d'attente; le vieux avec des trucs genre décapsuleur en plastique qui dépassent de la poitrine; la vieille dame tyrannique ne parlant pas français et sa fille soumise, qui interprète et tempère les propos visiblement méprisants de l'impotente grabataire...

Il y a aussi un ou deux enfants avec un jouet absurde coincé dans un orifice au hasard (ou même ailleurs), l'adolescente tendance mais un peu grassouillette qui baisse les yeux et vient aux urgences "parce qu'elle a mal au ventre"... N'oublions pas le type complètement crevé qui bave dans un coin, et le groupe de blacks qui ont l'air en parfaite santé mais regardent tous le sport à la télé (un match qu'on a mis pour couvrir les cris...).

Presque toujours, on trouve une gentille dame un peu âgée qui vient dire d'une voix douce que telle ou telle partie du corps lui fait mal, mais qu'elle ne veut pas déranger. Au contraire, il y a ceux qui crient, surtout les familles qui viennent voir leurs proches admis en urgence et à qui personne ne dit rien, jamais. Si vous êtes encore capable de rouspéter, vous êtes probablement là pour rien de toutes façons !

De temps en temps, un ambulancier arrive pour prendre une série de cafés de ses doigts agiles pour lui et ses collègues. On peut aussi croiser un pompier tout en pectoraux, plus gonflé que l'agent de sécurité. Au dehors, chacun se sert de son portable (bien que ce soit aussi le cas à l'intérieur en dépit de l'interdiction), et on croise plus d'internes en train de fumer que dans les couloirs à soigner les malades...

Ce qui est clair c'est qu'on ne peut pas soigner tout le monde, et que le tri est fait soit par les pompiers et les ambulanciers (parfois très sexy mais rarement aussi qualifiés qu'un médecin), soit par l'infirmière d'accueil (idem)... Conseil : pour augmenter vos chances d'être traité en premier, si votre blessure n'est pas trop grave ou ne saigne pas assez, éventrez-vous avec un couteau à pain. C'est la seule chose à faire...

09/06/2006

Yak Rivais, Yillustrais aussi

Les blogs du Loupil et de Miss Poivert (voir ma liste de blogs ou c'que faut y aller, juste à côté) m'ont gentiment plongé dans l'atmosphère doucereuse de l'enfance, nostalgie qui vaut tous le lexomil du monde, en parlant des mots-valises. Figurez-vous que quand j'étais petit (ce qui était il n'y a pas si longtemps... d'autant que je mesure encore moins de 1m75), j'étais fan de Yak Rivais.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas, Yak Rivais est professeur (à présent à la retraite, du moins je l'espère pour lui) et écrivain joueur de mots qui a fait les riches heures de l'Ecole des Loisirs, maison d'édition qui aime les enfants. C'est pour ses élèves qu'il a écrit, entre autres, "Les contes du miroir" et "les sorcières sont NRV", deux recueils d'histoires, chacune basée sur un jeu de mot ou de lettre différent.

Il y a par exemple une histoire entière en calligrammes, une histoire semée d'artabanismes, une histoire ou chaque mot commence par la dernière lettre du mot qui le précède, une histoire dans laquelle chaque phrase dissimule un prénom, une histoire caviardée à partir du petit chaperon rouge de Perrault, une histoire en calembours, et de nombreuses autres encore... Et bien entendu une histoire en mots-valises.

Yak Rivais illustre aussi ses livres, ce qui lui permet de s'adonner aux rébus. Il est aussi le père de livres tels "Guide Zinzin d'Histoire de France, de l'à peu préhistoire au monde contempourien", de "Moi pas grand mais moi malin" (Un livre pour enfant entièrement écrit sans la lettre E !), du "Métro mé pas trop" (un spectacle pour fêtes d'écoles à la Raymond Queneau), et bien sûr des enfantastiques.

La longue série des enfantastiques n'a pas vraiment de jeux de mots, à part dans le titre. Enfin si, à l'occasion, mais ça n'est pas le but premier. Il s'agit d'une série de contes contemporains dont les héros sont tous élèves de ses classes dans son école près de la place de la Contrescarpe : Chaque élève fait montre d'un pouvoir extraordinaire et original, prétexte à histoire. Il paraît évident qu'il a été élevé au lait de Gripari...

Qui n'a rêvé, honnêtement, d'avoir un tel professeur ? Chacun devrait acheter son ouvrage sur les mots-valises pour ses enfants, ses nièces, voire pour le donner à n'importe qui en passant devant une école primaire. Mon exemplaire est tout écorné... C'est "le Rhinocérossignol et autres animots-valises", depuis réécrit et augmenté en "Le Rhinocérossignol et le Coca-Koala". Offrez-le, vous ferez aimer le français.

Mais ce serait vous bouder le plaisir de le lire en premier : Comment résister devant un savoir aussi indispensable que les moeurs de l'escargodasse (un pataugastéropode), la moralité de la fable de la cigalipette et de la fourmilitaire, de l'histoire de ces deux jumots-valises que sont le pangolin et le pangolautre, et de l'étendue de la famille des poux (poupulaire, poubelle, poudingue, hippoupotame...) ?

Achetez-le donc et rangez-le dans votre bibliothèque, à S comme Superflutile.

08/06/2006

Non, ce n'était pas le radeau de la méduse ce bateau...

Je ne suis pas de ceux qui prennent les sportifs pour des héros, et surtout pas leurs agissements pour des exploits. Surtout pas à notre époque, ou l'on devrait faire monter les médecins et les chimistes sur les podiums plutôt que les "champions". Désabusé, moi ? Point du tout. Encore eut-il fallu que je m'y intéresse au départ : les gesticulations de ceux qui excitent le peuple autour du néant absolu m'indiffèrent au plus haut point.

Mais tout de même, il y a certaines choses qui sont un peu grosses, un peu dures à avaler... Des héroïnes, des "aventuriers de l'extrême" qu'il est difficile de prendre au sérieux. Prenez Raphaëla le Gouvello. A 46 ans, elle vient de finir saine et sauve sa traversée de l'océan indien en planche à voile, en solitaire et sans escale. Dit comme ça, ça force le respect, non ?

Une seule et faible femme, plus toute jeune, face aux éléments déchaînés, aux requins affamés, avec pour tout soutien un maigre bout de bois et une voile ? Ne vous fiez pas au stéréotype. Déjà, elle s'entretient, et elle est vachement bien conservée pour son âge. Elle connaît bien la mer, elle fait ça depuis trente ans. Ensuite, elle n'a pas le matériel de tout le monde... Elle est archi-sponsorisée !

Sa planche à voile n'a rien d'un bout de bois : c'est un miracle de technologie qui mesure presque huit mètres de long et deux mètres de large ! Cet énorme bouzin profilé, aussi grand qu'un bus, est bardé de tas d'appareils de navigation, garanti matériaux composites incassables, possède un mat qui tient pratiquement la voile tout seul en cas de tempête (voile dont la surface renvoie le catamaran moyen chez sa mère !).

On peut y entreposer des vivres et les réchauffer, manger dessus, dormir dessus (la surface est aussi grande que la plupart des chambres de bonnes à Paris !), bronzer dessus tant qu'on y est... Et s'il y a le moindre problème, c'est aussi bourré d'électronique et de balises GPS pour qu'on retrouve la pauvrette sur son esquif en un rien de temps. Et bien entendu, comme c'est médiatisé, il y a des caméras pour tout retransmettre.

Moi je n'appelle pas ça une planche à voile. Ce n'est pas yacht de milliardaire saoudien, mais c'est quand même tout confort par rapport à l'idée qu'on se fait de l'aventure. La seule différence avec une vedette c'est qu'il n'y a qu'un pont en guise de cabine et un espace de stockage dans la planche. Et qu'il n'y a un moteur qu'en cas d'urgence. Et toutes les vedettes n'ont pas la chance d'avoir un matériel aussi sophistiqué !

Alors la pauvre Raphaëla, on va la plaindre parce qu'elle a manqué d'eau potable aux trois quarts du voyage ? Et puis quoi encore, elle a un appareil pour filtrer l'eau de mer. Parce qu'elle a rencontré des requins ? Ben voyons, sur son insubmersible elle n'allait pas se laisser emmerder par trois morceaux de sushi. Parce qu'elle a eu une gastro-entérite ? Et moi, quand j'ai la tourista ou la courante, j'en fais tout un plat ?

C'est un record ? C'est sûr que comme tout le monde s'en fout, personne ne l'a encore tenté. Allez, rions-en...

07/06/2006

Flash Spécial

Vous vous souvenez du billet récent sur ce même blog au sujet de ces deux jeunes hommes en but à l'homophobie de leurs parents ? L'un mineur et subissant une fouille complète de sa chambre, sans même lui laisser le temps de se remettre du suicide de sa meilleure amie, l'autre tout juste majeur et cloîtré chez-lui à la veille du baccalauréat. Comme moi, vous auriez pu vous dire "ça va se tasser, c'est un manque de dialogue...". Eh bien non.

Aux dernières nouvelles, la mère du plus jeune lui a dit qu'elle préférait le voir mort plutôt qu'homosexuel. Les parents du plus âgé ont appelé la police pour le ramener chez-lui alors qu'il était sorti... Heureusement, il est majeur. Ils l'ont aussi menacé de l'envoyer à l'hôpital psychiatrique. Ils ont même caché le contrat de travail du boulot qu'il a décroché, puisqu'il s'agit du même lieu de travail que celui de la mère...

Comprenez-vous, la mère ne veut pas avoir honte de son fils : elle refuse que tout le monde sache qu'il est homosexuel sur leur lieu de travail. Les deux jeunes hommes ne peuvent plus se voir, ou alors en cachette dans des lieux publics et en échappant chacun au contrôle parental. Pourtant, les deux ont largement dépassé la majorité sexuelle... Je vous le demande, qui est à enfermer dans l'histoire ?

Je me souviens

Le Canada vient de se réveiller comme une fleur, tout surpris de trouver un nid de terroristes islamistes sur son sol. 12 hommes et 5 adolescents avec de quoi faire tout péter (plus encore que l'attentat d'Oklahoma City, dit-on) ont été arrêtés par leurs services. Au Canada ! Un pays si large d'esprit et pacifiste qu'ils se sont abstenus pour l'Irak, et que leurs troupes ne Afghanistan ne font rien d'autre que de l'humanitaire.

Le Canada, dont j'ai parlé il y a longtemps dans ce même blog, pays épris de paix ou la criminalité est basse et la qualité de vie haute. Le Canada, si tolérant qu'il a récemment autorisé dans les écoles le port à des fins religieuses des couteaux rituels que les jeunes hommes fidèles de je ne sais quel culte doivent porter symboliquement. La lame, elle, fait trente centimètres d'acier recourbé et est tout sauf symbolique...

L'un des terroristes a menacé de décapiter le premier ministre canadien (un homme tellement placide et bénin au niveau international que, régulièrement, la plupart des gens sur Terre oublient jusqu'à son existence, et que personne ne se souvient jamais de son nom). Outre faire sauter le parlement, la bourse d'Ottawa et la tour CN (la plus haute du Canada), ils projetaient d'occuper les locaux d'une chaîne de télé.

C'est vrai que c'est plus pratique pour avoir des otages célèbres et diffuser ses revendications... Non que ce soit particulièrement important, ce sont toujours les mêmes : protestations contre les troupes en Afghanistan, le gouvernement en général (tant pis s'il est pro-palestinien)... Il y a toujours des prétextes, mais de fait il n'y a aucune justification à ce genre de meurtre en masse brutal et indécent.

Le Canada est donc fort étonné. En plein désarroi, dirait-on. D'autant que les terroristes n'ont eu aucun contact avec Al Quaida, et n'ont pas été formés ou endoctrinés en Afghanistan. Ce sont des citoyens canadiens nés au Canada ou arrivés là en bas âge. Non, ce sont des endoctrinés "maison", made in Canada par des intégristes musulmans locaux et le fabuleux outil qu'est Internet.

Il est vrai que les communautés musulmanes tardent à trier le bon grain de l'ivraie dans leurs propres rangs, ce qui est aussi le cas pour les lobbys chrétiens des Etats-Unis... Chacun est réticent à se dissocier de groupements certes fondamentalistes, mais dotés de nombreux fidèles, de crédits conséquents, et qui peuvent décrédibiliser ceux qui les bannissent en prétextant qu'ils respectent mieux les écritures.

On en vient au problème principal de toute cette histoire : les revendications ne comptent pas ou plus, et tout le monde s'en fiche : elles ont expédiées en une ligne dans les journaux... Non, tout le monde l'a bien compris maintenant qu'il est trop tard, il s'agit d'une guerre de religion. Une bonne vieille guerre de religion, comme au temps de la Saint Barthélemy, avec option Croisade et Guerre Mondiale.

Par ailleurs c'est ce que j'avais prédit à qui voulait l'entendre (c'est à dire pas grand monde à l'époque) il y a des années. J'en ai un peu marre d'avoir raison. Religion oblige, le simple fait pour le Canada d'être aussi pluraliste est un prétexte suffisant pour justifier toutes les extrémités aux yeux de ceux qui suivent une loi coranique répressive et stricte. Les pays qui ont subi des attaques l'ont déjà compris et dit aux copains.

Evidemment tout le monde se croit à l'abri dans son coin, se disant "si je reste en dehors, tout ira bien pour moi." Comme la France en son temps. Ce n'est d'ailleurs pas une attitude lâche, surtout quand des vies sont en jeu ! Mais comme le monde entier a des intérêts dans le pétrole et que tous les pays occidentaux commercent avec les Etats-Unis et/ou font dans l'humanitaire, n'importe qui peut être pris pour cible.

On peut déplorer le fait qu'on ait à vivre une époque où l'on doive être loup pour éviter d'être mouton (c'est vrai que c'est dommage), mais y a-t-il eu une seule époque ou l'on pouvait sans risque se permettre de baisser sa garde ? Je suis historien et, personnellement, je n'en ai pas trouvé. Qu'ai-je écrit dans la liste des sentences qui tuent, un peu plus bas, il y a quelques temps ?

Ah oui. C'est un proverbe. "Faites le mouton, on vous tondra."

03/06/2006

Crimée toussotements

Malgré les multiples lois anti-tabac et la cherté de ces petites graines de cancer, nombre de gens continuent de fumer, ou commencent de le faire. A leur décharge, si l'on peut dire, ce n'est pas forcément du tabac. Puisqu'il est devenu impossible de fumer dans les lieux publics, la résistance s'organise et reprend les vieilles traditions : la cigarette après l'amour (là où personne ne vient vous embêter), et les "roulées maison".

J'exagère. Il n'y a pas de maquis fumeur, même si ça en a tout l'air parfois... Les fumeurs se cachent, fument chez eux et sans se montrer, fument sur le balcon lorsqu'ils sont invités chez leurs amis... Tous ceux qui le peuvent vont acheter leurs cigarettes à l'étranger ou dans les zones duty-free : Une fois sur deux, les mentions en forme de faire-part de décès ne sont pas en français sur les paquets des clients aux terrasses des cafés.

La "traditionnelle" cigarette post-coïtale est un antique moyen de relaxation... Et puis ça conjure la culpabilité, la soudaine conscience de sa nudité, tout en donnant une contenance... Et quelque chose d'autre à regarder que son ou sa partenaire. Mieux vaut fumer après qu'avant, sous peine d'avoir l'impression d'embrasser un cendrier... Et puis ça évite au mec de s'endormir tout de suite, c'est plus poli.

Par ailleurs, il a longtemps été jugé inconvenant pour les femmes de fumer. Vous me direz, c'était pareil pour tout un tas de choses, y compris respirer sans qu'on leur en donne la permission... Mais la cigarette à la bouche d'une femme a pour beaucoup d'hommes une connotation lascive. Si, si. Moi je ne vois pas, mais il paraît. Les "Lorettes", putes du quartier Notre Dame de Lorette, ont été les premières à briser publiquement le tabou, début XIXe.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles les fumeurs choisissent de rouler leurs propres cigarettes. La première est le prix, pour les adeptes des comptes d'apothicaires. La deuxième est l'arrêt à terme de la cigarette : l'action de rouler étant fastidieuse, les fumeurs les plus naïfs croient que cela les forcera à arrêter par flemme. En fait ils apprennent juste à rouler les cigarettes deux fois plus vite, ou à utiliser d'astucieux appareils rouleurs.

Une troisième raison, évidente, est la présence d'autre chose que la substance traditionnelle (entendez légale) dans le fût de papier. Il est intéressant de remarquer qu'un des symboles courants de ceux qui "se les roulent" est le zouave. Vous savez, comme celui du pont de l'Alma, ce troupier pittoresque au costume bariolé qui servait l'armée française il y a belle lurette. C'est vrai qu'on fume souvent après avoir fait le zouave.

Mais la raison de ce symbolisme étrange est en fait une légende, celle autour de l'invention de la cigarette moderne, par opposition à celle popularisée en Espagne vers 1828, "cigarillo" fait de mégots de cigares. Elle serait le fait d'un zouave pendant la guerre de Crimée. Son régiment manquant de pipes (trop fragiles car en terre), il eut l'idée d'employer les feuilles de papier fin servant à contenir les doses de poudre des fusils.

Cette cigarette est donc de tabac séché et broyé, tabac à pipe, roulé dans une feuille de papier. Il se peut que l'invention se soit faite lors du siège d'Acre en 1832 : c'est durant cette bataille que les artilleurs égyptiens ont trouvé le moyen d'améliorer leur cadence de tir en dosant la poudre grâce à ces tubes de papier, ce qui les fit récompenser d'une livre supplémentaire de tabac... Sans pipe pour le fumer.

Il est à noter toutefois que, depuis longtemps, les indiens d'Amérique utilisaient des roseaux, des cannes, des feuilles de maïs, ainsi que toutes sortes de pipes cylindriques pour fumer le tabac, et que l'action de fumer une herbe pour en tirer du plaisir ou simplement comme acte liturgique a des origines incertaines mais fort lointaines... N'allez pas non plus créditer les zouaves d'avoir importé le tabac, ça c'est Jean Nicot.

Tout ça pour dire que le tabac est une glorieuse et longue tradition d'autodestruction dans laquelle il y a autant d'anecdotes culturelles, d'inventivité, de génie humain et de pétulance que dans d'autres domaines réputés. Un peu comme les produits du terroir. Ou la cynégétique (la chasse, pour ceux qui n'auraient pas compris), la fabrication d'armes... Bref, c'est un crime "respectable".

Et vous savez maintenant pourquoi le zouave, militaire barbu protégeant le drapeau d'une puissance coloniale, est l'un des symboles d'une rébellion : apposez son portrait stylisé, clope au bec, sur un paquet quelconque, c'est le symbole d'une marque de papier à rouler célèbre (Zig Zag). Apposez son portrait avec une cigarette légèrement différente sur un drapeau éthiopien, et vous avez un tout autre symbole.

Coïncidence troublante, il n'existe plus de régiments de zouaves : ils se sont empoisonnés eux-mêmes. Enfin, pas tout à fait. Ils ne sont pas morts d'un cancer ou d'une overdose. Ils sont morts parce qu'ils portaient des fez et des pantalons bouffants rouges. Ces pantalons étaient non seulement facile à viser de très loin, mais aussi teints en rouge Garance... Et le rouge Garance, c'est empoisonné. C'est même mortel.

Ils tombaient comme des mouches dés qu'on leur tirait dans les jambes, la teinture passant directement dans leur système circulatoire. Peu de gens savaient vraiment comment tout ça fonctionnait, surtout pas en haut lieu. Evidemment, on ne savait pas non plus que la cigarette provoque des cancers. Alors voilà, j'espère que ce billet poussera certains à arrêter de faire le zouave...

Ou au moins à le faire à fond et en sachant pourquoi.

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05/09/06

Billets de Mai 2006

Note de l'Auteur : Voici les billets d'humeur de mon ancien Blog pour mai 2006, classés par ordre déchronologique, avec une mise en page proche de l'originale, sans les images ni les commentaires... Questions et réactions bienvenues.

31/05/2006

Question de statue

John Grishham, à la fois bon paroissien et bon fils d'Oxford, Mississippi (oui, parce que l'Oxford en Angleterre, hein, faut pas pousser non plus), est un écrivain. Un bon écrivain ? Sans doute, puisque le succès fou de ses pavés à lettres dorées sur la couverture ne s'est jamais démenti et que la plupart ont été adaptés au cinéma (dont "La Firme"). En plus il est assez sexy. Et riche, maintenant qu'il a du succès.

Mais quand même, il est un peu étrange. Oh, pas comme Michael Jackson ou les personnages de Stephen King, pas même comme le Kane d'Orson Welles, mais bizarre quand même. Il faut savoir qu'Oxford est une petite ville extrêmement littéraire. Le nombre de maisons d'édition et d'auteurs, amateurs ou non, y est faramineux pour une si petite bourgade. C'est dû au nom (c'était d'ailleurs fait exprès), et aussi à ce que Faulkner y est né.

Il y a vécu, et puis il en est parti parce qu'il méprisait avec élégance les crétins de cette ville (c'est à dire les 99% de ses habitants) qui ne comprenaient rien à son oeuvre. Il est d'ailleurs mort pauvre, parce que les gens qui pouvaient le comprendre étaient très peu nombreux. Et c'est d'ailleurs toujours le cas. Bien que ce fut un homme très privé, et contre la volonté de la famille, il y a une statue de cet auteur sur je ne sais plus quelle place.

Il est évident que Faulkner pousserait les hauts cris s'il pouvait et tempêterait contre la municipalité pour que cette statue soit retirée, mais il est mort et les pouvoirs publics ont toujours raison lorsqu'il s'agit de s'attirer des touristes. Quant à John Grishham, il voulait lui aussi une statue. Après tout, avec ses thrillers, il a beaucoup plus de succès et s'est fait beaucoup, oh lala, beaucoup plus d'argent que l'autre vieille baderne...

Best-seller-John loue Faulkner comme un Dieu (ce qui est mieux que de le vendre aux touristes, admettons...) et a suivi son parcours de près, à tel point qu'il a construit sa maison dans sa ville natale, puis qu'il a migré vers la ville ou Faulkner lui-même avait déménagé par la suite. Mais vous avouerez que pour vouloir une statue à côté d'un des grands noms de la littérature et de la philosophie au niveau international, faut se la péter.

Alors je ne vais pas non plus me mettre du côté des critiques (jaloux) qui pissent sur les auteurs de romans de gare et de SF, crachent sur Stephen King, snobent Robert Ludlum et méprisent en général tous ceux qui font plus d'argent qu'eux parce qu'il se trouve qu'ils donnent au public ce qu'il aime... Je ne vais pas, comme eux, me cacher derrière le prétexte de ce "happy few" incompréhensible qui se dit littérairement supérieur.

Surtout que je n'ai lu ni Faulkner, ni Grishham, que je suis pour donner au public ce qu'il aime et lire des trucs sympas mais pas forcément d'une élévation philosophique démentielle, mais que je suis aussi pour les essais profonds sur des tas et des tas de sujets que le commun des mortels est incapable de comprendre, parce que j'en lis aussi... Et que je m'en fous un peu, mais ça m'agace :

Faulkner a reçu le Nobel. Grishham, lui, il a reçu Tom Cruise. C'est pas pareil.

29/05/2006

Quand ça emballe sec

J'ai séjourné dans un hôtel étrange, dernièrement. Pas spécialement cossu ni crasseux, tout à fait simple et fonctionnel, mais tout en contrastes. Par exemple, il a fallu que je demande des serviettes pour ma chambre, mais, inexplicablement, l'hôtel bénéficie d'un réseau wi-fi avec Internet haut débit offert gratuitement à tous les clients. Il y a même un écran plat dans le hall et, dans les chambres, la télé avec quinze chaînes.

Malgré ce surcroît de modernité, cet hôtel n'a pas rompu avec la tradition des tableaux hideux mais qui donnent l'impression de ne rien regarder... Le personnel était aimable et prévenant, mais à la moindre question, la réponse était presque invariablement "Oh je sais pas", "Je peux pas vous dire", ou "Bah, ça dépend...", ou quelque chose dans ce goût là. Comme c'était dans le sud, avec l'accent, ça fait encore plus traînant.

Je crois que ce qui m'a le plus étonné, c'était quand même les décorations dans le lobby. Il y avait des petits objets de chez Ikea ou autres, des bougies parfumées, des cadres muraux avec de la cannelle dedans, des bougies décoratives dans de petits verres à alcool, des vases... Assez kitsch et pathétique sur le fond. Mais ce qui est pire c'est que tout était encore dans l'emballage. Avec des traces d'étiquettes arrachées.

Et visiblement c'était un effet voulu, puisque la poussière commençait à s'accumuler et l'âge à ternir le plastique. Etrange non ? Les bougies, au lieu d'être posées là ou allumées, étaient encore empaquetées par huit et enrubannées. Peut-être que les propriétaires trouvent que c'est plus joli comme ça, ou bien est-ce par souci d'hygiène : l'emballage se salit mais l'objet reste soi-disant propre.

Pourtant, ça n'était pas la richesse et l'opulence qui étouffait la décoration. Si c'est pour préserver trois petits bidules odorants ou anti-tabac qu'on trouve dans les bazars "tout à un euro", c'était vraiment pas la peine. Pour vous dire, cela donnait l'impression d'être chez une vieille dame sénile qui plastifie tous ses meubles "pour faciliter le ménage". Surréaliste ! Je ne suis resté qu'une nuit, heureusement pour ma santé mentale.

28/05/2006

Bande d'illuminés

Méprise stupide : en voyant l'illustration que j'ai utilisé pour mon propos sur les superpouvoirs, quelques personnes ont cru que j'étais franc-maçon. Premièrement, je ne le suis pas. Je ne le serai jamais à moins de perdre l'once de raison qu'il me reste. Devenir l'adepte d'un symbolisme archaïque et d'une vision du monde désuète et faible, ce qui est la façon "sérieuse" et non affairiste d'être franc-maçon, ça ne me tente pas.

Entre les mythomanes ésotériques (les apprentis magiciens qui s'excitent dans les rituels à sauter à cloche pieds une épée dans les mains ou je ne sais quoi) et les mafieux plus ou moins officiels qui tentent de se constituer un réseau, j'appartiendrais à la seconde catégorie... Si du moins j'acceptais de dépenser des mille et des cents à acheter les accessoires et pratiquer la pantomime grotesque de ce en quoi je ne crois pas.

Comprenez que je ne récuse pas la franc-maçonnerie et que je ne dis pas que c'est mal (à plus forte raison "LE Mal", quelle drôle d'idée), je trouve juste que lorsqu'on a un minimum de culture on a dépassé ce stade où l'on se représente le monde avec ces histoires de quatre éléments, d'architecte et de nombre d'or. Quant au reste, l'entraide, le côté social, le côté "club select ou madame n'est pas admise" soi-disant pour le bien de tous...

Disons que je suis trop cynique pour y adhérer encore, et que je connais trop bien l'histoire de cette société pour y voir l'incarnation de ce qu'elle représentait d'espoir et de progrès au XVIIIe siècle. Et quoi que les frères en disent eux-mêmes, cette société se réclamant de la plus haute tradition antique et de celle des compagnons, pour faire genre, ne date pas d'avant le XVIIe siècle... Eh oui, je sens qu'il y en a qui sont déçus !

Comme toutes les sociétés secrètes traditionalistes, surtout les plus jeunes, la Franc-maçonnerie s'est, dés el début, fabriqué et constitué de toutes pièces des racines. L'oeil dans la pyramide, le compas et l'équerre, les figures géométriques diverses, tous ces symboles n'ont pas été inventés par les francs-maçons. Ils datent de bien plus longtemps et ont été repris par les maçons (et d'autres), pas toujours de façon très heureuse.

Evidemment, cette société, sous ses diverses formes, non seulement participe de la grande mode de l'occulte d'une certaine époque, mais il n'est pas exclu que la plupart des fondateurs aient connu ces symboles et leur sens, et fondé leur société sur ces bases... Ne soyons pas cyniques outre mesure. Par contre il n'y a aucune relation directe solide entre des sociétés plus anciennes et les francs-maçons, même opératifs.

Je ne parlerai pas des tristes histoires de nombre de branches plus ou moins maçonniques, des rose-croix, de l'Aube Dorée, ni d'un certain nombre de cultes similaires du XIXe siècle pleins de symbolisme et de pseudo magie trop souvent destinée à soutirer leur argent aux gogos ou à fournir quelque fausse profondeur et un réseau encore plus stable aux notables anglais et aux jeunes en quête de spiritualité.

Je n'aborderai pas non plus les mafias maçonniques qui fascinent le peuple et ont fait l'objet de nombreux articles dans la presse, ni des divisions d'obédiences, ni du côté politique, ni du fait que presque tous les présidents américains et énormément de présidents français "en étaient" (sauf Valéry Giscard D'Estaing qui, lui, était à l'Ordre de Malte, mais bon)... Mais les symboles, quoi qu'il en soit, ils n'en ont pas l'exclusivité.

Vous n'allez pas me dire que les francs-maçons ont inventé l'échiquier, la colonne, le noeud, l'angle droit... Pourquoi pas l'eau chaude tant qu'on y est ? Je n'ai rien contre le fait qu'ils utilisent ces symboles pour représenter ce en quoi ils croient et des tas de mystères façon kinder surprise, mais, en dépit du prestige de certains de leurs membres, qu'on ne m'assimile pas à eux dés que je sors un triangle !

Oui, c'est une société discrète (pas vraiment secrète, quand même) qui a fait de grandes choses, à commencer par les Etats-Unis, mais c'est tout de même agaçant de voir qu'à chaque fois que vous ressortez le compas, la pyramide, ou un principe un peu droit même histoire de rigoler, un tas d'inconnus un peu bêtes vous disent "ah, salut frangin !". La pyramide, elle est du domaine public. Ya qu'à regarder Tomb Raider, merde...

Ah, si j'étais quiche...

Un magazine récent (le numéro 1 est sorti le bimestre dernier, vous reconnaîtrez aisément le titre si vous êtes du milieu gay) publie deux interviews presque en forme de portraits chinois, chacune d'une personnalité hétérosexuelle ou homosexuelle, sur le thème "Si j'étais gay", et "Si j'étais hétéro". Ils comptent d'ailleurs en faire une rubrique récurrente, voire régulière, voire présente à chaque numéro.

Moi je trouve ça amusant. Complètement superficiel, débile à souhait, mais bon, marrant. On conçoit que le comportement d'une personne puisse être changé par son orientation sexuelle, mais au fond, comment savoir de quelle manière ? A la limite, si on va vraiment au delà des stéréotypes, pourquoi la moindre once de personnalité changerait-elle ? Puisque l'homosexualité n'est pas un choix, c'est de toutes façons un faux problème.

C'est à ranger dans la catégorie "articles légers car superficiels, mais lourds pour la même raison". Cela permet de voir combien les gays comme les hétéros sont influencés par les stéréotypes, à commencer par les journalistes (qui, même s'ils font ça pour se moquer, posent quand même la question "Si tu étais hétéro, devant quel sport choisirais-tu de roter en buvant de la bière ?", et oublient d'avoir le même mordant pour les "si tu étais gay"...).

Et puis tant qu'à faire, si on commence avec "si vous étiez un homme", ou "une femme", ou "gay", on peut continuer longtemps dans la série du portrait chinois tendance. Si vous étiez bobo, si vous étiez juif, si vous étiez journaliste à Chronicart ou Nova magazine... Pourquoi juste les gays ? A la limite, bientôt, les magazines les plus sexe feront dans le "Etes-vous fist ou fessée ?" ou "Si vous étiez zoophile ?"... Charmant.

Bon, moi, si j'étais gay, je pense que je serais mince (parce que j'aurais le courage de suivre un régime), que je m'habillerais en rose, que je ferais la gay-pride, que je me raserai les jambes (ya du boulot...) pour me travestir histoire de rigoler, que je mangerais bio, que j'écouterais de la techno et... Ha, merde, c'est vrai, je suis gay et je suis petit, enveloppé, poilu, j’écoute de rock indépendant et j'ai jamais fait la gay-pride... Tant pis.

Enfin, si vous voulez vous marrer un peu, écoutez plutôt la chanson "If I were gay", de Steven Lynch.

25/05/2006

Démiurge et pine de cheval

Sur le Blog du Loupil (c'est pas loin et c'est sympa, n'hésitez pas à y aller), ce dernier vient de poser la question qui tue, celle qui engendre la rêverie pratiquement à coup sûr (du moins chez la jeune génération) : Qu'est-ce que vous aimeriez avoir comme superpouvoir ? Nous parlons ici de n'importe quel pouvoir, quelle que soit la justification que vous pourriez (ou non) lui trouver. Autant dire, le coup du génie avec un souhait.

Prêtons nous au jeu. D'aucuns pourraient demander d'avoir tous les pouvoirs, mais c'est un peu facile. Les grands classiques, comme le dit notre hybride ami le Loupil, restent l'invisibilité et la furtivité : qui n'a pas rêvé de surprendre les petits secrets de tout un chacun, depuis les conversations indiscrètes du Pape ou de votre secrétaire, jusqu'à la taille de la bite du grand black à l'autre bout des urinoirs dans les toilettes publiques ?

Bon, en général, ni l'un ni l'autre ne me tentent quand je suis aux toilettes. Ailleurs, je ne dis pas... Mais passons. Puisqu'on est dans la furtivité et les messes basses, lire dans les pensées est aussi un grand classique. Le problème c'est que ce qu'on risque de lire pourrait décevoir, ou ne pas être joli-joli. En règle générale, tous les pouvoirs liés au savoir et à la perception "absolue" sont dans le même cas.

C'est comme la divination : à tout prévoir, on n'a plus aucune surprise, et la vie devient ennuyeuse. Et puis c'est terrible d'être toujours celui qui annonce les mauvaises nouvelles sans pouvoir les éviter. De même, il y a de fortes chances pour qu'un type comme Flash, hyper-rapide, soit aussi éjaculateur précoce. Comme disait Jean Cocteau, les pouvoirs "ont les qualités de leurs défauts et les défauts de leurs qualités".

Tout comme pour les lasers qui sortent des yeux, les boules de feu et toutes ces conneries (je dis conneries parce que je n'ai pas de velléités offensives, moi, mais d'autres pourquoi pas). Si vous n'êtes pas immunisé vous-même ou que vous ne pouvez rien contrôler, vous êtes un petit peu emmerdé. Et puis ça ne va pas beaucoup vous servir dans la vie : Arme vivante, c'est nul comme vie, demandez aux ex-djihadistes.

En vrac, on a la téléportation (fini les voyages chiants et les retards), la résistance à des tas de trucs (maladies, poisons, radiations, moules pourries, art contemporain...) ou carrément l'invulnérabilité, bien pratique si vous pensez être en danger de mort. On a l'immortalité et/ou l'éternelle jeunesse, toujours très populaires, mais êtes-vous sûr de vouloir tout voir s'étioler autour de vous sans pouvoir rien faire ?

Un autre truc très courant c'est de vouloir voler. Mais tout dépend comment : avec de grandes ailes pas pratiques ? Oui, ça a l'air cool, mais si on est réaliste deux secondes, ça marche pas à moins d'avoir des os creux et une envergure d'une dizaine de mètres... Et il y a toutes ces histoires de température et de pression. Mais admettons, c'est magique. Ou alors ça peut marcher comme pour Superman ou Peter Pan.

Un bon moyen de voler c'est de savoir léviter, et par extension de pouvoir faire voler des trucs, donc de pouvoir les faire bouger à distance... Autrement dit, la télékinésie, à réserver à ceux qui veulent faire carrière comme fakir de music hall. On tombe facilement dans l'excès du lot télékinésie, perception extrasensorielle et contrôle mental, aussi appelé "kit du Jedi". Je trouve ça parfaitement immoral, même si c'est un pouvoir cool.

Entre parenthèses, juste comme ça, vous avez dans un coin les Siths, des gens qui font confiance au système, qui sont en phase avec leurs émotions négatives (ce qui est psychologiquement plus sain que de les refouler comme ces culs-serrés de Maîtres Jedis). Ils sont peu nombreux, et n'utilisent jamais le contrôle mental, même pour leurs intrigues politiques : Non, ils font des éclairs, ça se voit, donc on les persécute, forcément.

Dans l'autre camp, vous avez la police des Jedis. Ils sont les seuls à avoir le droit officiel de porter les sabres lasers, ils peuvent faire ce qu'ils veulent et on les craint, ils ont visiblement une organisation quasi-militaire parallèle au gouvernement, ils embrigadent les jeunes dans une espèce de religion fanatique de la Force, et ce sont les seuls qui se servent de leur pouvoir de contrôle mental... Des diplomates musclés. Qui sont les gentils, déjà ?

Les Siths persécutés qui veulent avoir le droit de faire leurs petites affaires sont dangereux, car expéditifs et excessifs. Soit. Mais qu'est-ce qui donne plus qu'à eux le droit aux Jedis de se proclamer autorité fachoïde suprême ? le fait qu'ils suivent leur super-gourou verdâtre et parlent d'amour ? Qu'ils se frustrent sexuellement ? Qu'ils se considèrent comme "plus pur et plus saint que toi, pétasse" ? On s'est compris, fin de parenthèse.

Pour beaucoup de gens, avoir un pouvoir n'a pas besoin d'être spectaculaire ou si surnaturel que ça. Ils se contentent d'une augmentation d'une capacité ou d'un talent. Oh, ça peut être génial, ça leur permettrait d'être le meilleur quelque part... Pas juste excellent, mais le meilleur. En général, comme chez le Loupil, c'est général, justement : super cervelle. Ou force. Ou agilité, souplesse, mémoire, dextérité, cuisine, chant...

C'est sûr que ça résout le problème du spectaculaire, surtout si le pouvoir que vous voulez c'est "toujours réussir les arrangements floraux" ou "sens de la mode infaillible", ou "savoir super bien écrire de poèmes". Encore que, si c'est vraiment bon, ça se monnaie, et vous devenez vite célèbre. Mais honnêtement, ce serait juste histoire de ne pas avoir à vous crever le cul pour grimper au sommet vous-même, non ?

Après vous avez une série de pouvoirs très divers, mais qui, comme qui dirait, foutent la merde. Mais vraiment la merde. Je m'explique. Un petit con qui, de temps en temps, dézingue une voiture avec ses yeux lasers, il est facile de s'en occuper. Un type qui peut se rendre invisible, c'est agaçant, mais ça ne mange pas de pain et c'est discret. Mais un type qui guérit par imposition des mains, ça, ça fout la méga-merde.

Ne faites pas l'innocent, vous y avez pensé. Je parie que vous aviez même imaginé que ce serait altruiste et que vous ne feriez pas payer les guérisons miraculeuses. Imaginez, un peu de pub et vous vous retrouvez avec un nouveau messie sur les bras, les religions du monde sur les dents ou se le disputant, plein de jaloux qui cherchent à le tuer (pour le coup, vous auriez aimé pouvoir prendre l'invulnérabilité avec, hein ?).

Même en admettant que vous ne soyez pas le seul dans ce cas, ça déstabilise. A moins que, soudain, tout le monde se mette à pouvoir faire ça comme rien, mais alors ce n'est plus un superpouvoir. L'intérêt, le sens même d'un tel pouvoir, c'est que personne d'autre ne peut faire ce que vous faites, ou au moins pas le commun des mortels. A ce compte là, tout pouvoir un peu utile est monnayable, d'ailleurs.

Même si vous n'avez pas un pouvoir a priori utile, comme "faire apparaître un cube de trois mètres de côté de rillettes du Mans avariées", eh bien ça l'est quand même. Par exemple, vous pouvez prendre le monde ne otage et le remplir de rillettes avariées. Les faire sécher et vous ne servir comme combustible, car c'est une énergie renouvelable (vous en créez à volonté)... Tout peut être utile, en forçant un peu.

Il y a toujours un moyen d'utiliser une capacité extraordinaire, même a priori minable, à bon escient. Même si nous vivons dans un monde ou c'est la taille qui compte (eh oui, ne le nions pas, même si ça ne compte que dans l'esprit des gens, ça compte vraiment), la façon de s'en servir fait pas mal de choses. A partir du moment où vous faites quelque chose de plus que les autres, c'est gagné. Quand on a un pouvoir, on a LE pouvoir.

Philosophiquement parlant, à partir du moment où l'on fait quelque chose de plus, où l'on a quelque chose de mieux à proposer que le commun des mortels, on a un ascendant dessus. Qu'on l'utilise pour le bien ou le mal n'a aucun rapport, c'est une question de "je peux le faire et pas toi". Qu'on monnaye une capacité, qu'on en fasse cadeau gentiment en échange de reconnaissance, ou qu'on ait le pouvoir de contraindre, c'est pareil.

Mais je digresse... Pas tant que ça en fait, puisqu'un autre pouvoir fouteur de merde c'est celui de faire apparaître des trucs. Peu importe quoi, surtout si vous pouvez faire apparaître ce que vous voulez, alors là rien ne va plus... Que ce soit une création permanente ou temporaire, une transformation de quelque chose d'existant, même si ce n'est pas complexe, on touche carrément au divin, au démiurge.

Pareil avec la désintégration. Vous imaginez l'impact sur l'économie si ne serait-ce qu'une seule personne (que tous les pays vont s'arracher, au passage...) pouvait produire du pétrole à volonté ? Ou de l'uranium ? Ou éliminer non seulement les déchets nucléaires en les transformant en glace à la fraise, mais aussi les gaz à effets de serre ? Changer le plomb en or et les caramels mous en diamants ? Désintégrer les missiles ?

Et une fois maître de la matière, l'énergie, le temps et l'espace ne sont pas loin. Vous avez un bel exemple de ce qu'un tel personnage peut donner dans l'excellente BD Watchmen, recommandée dans ma liste sur les obligatoires de la SF (ci-dessous, allez, un effort !). Sa simple présence, qui éclipse les autres héros, change l'histoire du monde. Il s'agit de l'ineptement nommé (selon ses propres dires) Docteur Manhattan.

Un tel être est encore plus obscènement puissant que Superman. Mais le plus drôle c'est qu'un être tel que le Docteur Manhattan devrait être extrêmement courant chez les super-héros, lorsqu'on réfléchit aux principes physiques impossibles des pouvoirs des uns et des autres. Qu'est-ce qu'il faut pour désintégrer ? Soit augmenter d'un coup la température, soit annuler les forces faibles entre atomes, soit écartes les molécules.

Trois choses que savent faire, en théorie du moins et si leurs pouvoirs n'étaient pas stupidement limités, la plupart des héros qui contrôlent le feu (Pyro, Carrie...), le froid (donc l'augmentation et la diminution de température, voir Iceman), les champs de force (Madame Fantastique), les champs magnétiques (Magnéto), la télékinésie (Jean Grey et compagnie), et j'en passe... Il doit y avoir d'autres moyens.

Qu'est-ce qui empêche quelqu'un capable de transformer la matière à volonté, faisant foin des limitations arbitraires et artificielles du style "ne marche que sur (...)", d'apprendre à le faire de mieux en mieux et à distance, puis de se recréer parfaitement avec tous ses souvenirs à un autre endroit du monde et de transformer le premier corps en air, se téléportant ou créant des clones à volonté ? Et pas que lui-même.

De même, le type qui peut se téléporter, en examinant le comment de son pouvoir, peut éventuellement el contrôler pour téléporter els autres, ou les désintégrer (il suffit de ne pas les faire réapparaître, par exemple), ou créer de nouvelles choses, et de là avoir tous les autres pouvoirs qu'il veut (créer des boules de feu, transformer les gens, cesser de vieillir...). Si on pousse assez loin, tout pouvoir un peu basique permet... TOUT.

Autre pouvoir fouteur de merde, tout pouvoir un tant soit peu absolu. Prévoir l'avenir, on l'a déjà dit, c'est terrifiant. Lire dans les pensées c'est déjà horrible, mais savoir la Vérité, c'est pire que tout. En admettant que ce soit possible, la Vérité Absolue serait à la fois pratique et une tricherie sans nom. Un tel être saurait tout, potentiellement : il suffit de poser la bonne question en la formulant de façon à ce qu'il puisse dire vrai ou faux !

Je ne sais pas si je suis clair, mais ma thèse est toute simple : Si vous voulez rester dans votre coin sans changer le monde, n'ayez pas de pouvoir. Si vous voulez changer les choses ou être reconnu (ou payé), vous n'avez pas nécessairement besoin d'un pouvoir spécial, il suffit d'être bon dans ce que vous faites, et votre souhait revient à un "Ah si j'avais du talent" ou "Ah si j'étais riche". Tout ça ne va pas loin.

Si vous voulez être le nouveau messie (quel orgueil, mais bon, admettons, c'est tentant), vous pouvez prendre n'importe quel pouvoir, même minable, ça n'a aucune importance : poussé au maximum, il fait son petit effet. Plus il est basique, et plus il équivaut à avoir, de fait, tous les pouvoir. Vous voyez, on y revient.

Donc à ce compte-là, prenez un truc qui permet de réaliser un fantasme personnel, tant qu'à faire.

Ce n'est pas réellement un pouvoir mais plutôt un moyen ou un état, mais lire tous les livres du monde, ou pouvoir tout manger sans s'empoisonner ou grossir, pouvoir s'adonner sans fin à l'excès de n'importe quel plaisir, voilà qui reste tentant et qui semble à première vue dépourvu de conséquences majeures. Sauf que non, ça revient à souhaiter l'invulnérabilité, l'immortalité ou un autre pouvoir "messianique".

Peu importe ce que vous choisissez, ce qu'il y a de drôle, ce n'est pas ce que vous ferez avec votre pouvoir : vous vous lasserez vite, ou vous habituerez à ce nouveau jouet. Non, ce sont les conséquences que ce pouvoir aura sur le monde qui permettent des spéculations sans fin ! S'il n'y a pas de conséquences, ou qu'on s'interdit d'y penser, ou qu'on n'est pas enclin à se les imaginer, c'est trop rapide, trop facile, pas amusant.

Personnellement, et pour répondre à la question, j'adoooore le pouvoir. Alors si je voulais un pouvoir sans trop de conséquences, j'aimerais avoir quelque chose de visible, comme un corps de rêve et une bite de cheval. Et si j'avais à choisir dans les GROS pouvoirs, alors pourquoi me faire chier ? Démiurge, ça me va bien. Modeler le monde, même juste les objets, même de façon limitée, si c'est à ma convenance, ça c'est intéressant.

Ya pas de raison. Et le premier qui sort que ça en dit long sur mes problèmes de contrôle, je le claque.

Un ange passe

Voilà. Voilà ce qui arrive quand on parle sans savoir. Je bats ma coulpe, mea culpa, mea maxima culpa, mea coule plus. J'avais dit avant de l'avoir vu que le film X-Men III non seulement sortait le 17, mais en plus était réalisé par le relativement gay Brian Singer et restait une leçon de tolérance en ce jour de lutte, et blablabla... Un propos décidément beaucoup trop engagé et militant pour les habitudes critiques de ma petite personne.

C'était sans doute à mettre sur le compte du manque d'inspiration et du stress dû à un examen imminent. Oui, pas exactement un examen médical ni un examen diplômant, mais un simple certificat, le TOEFL si vous voulez tout savoir. Et ça s'est bien passé, merci. Mais qu'importe, le mal est fait : pour une fois que je dis du bien de quelque chose, cette chose s'arrange pour contrarier mes rares velléités au dithyrambisme éhonté !

Non seulement il est sorti une semaine plus tard (comme me l'a gentiment fait remarquer le Loupil, aimable hybride) mais en plus il n'a pas le même réalisateur. Ce dernier, le relativement juif Brett Ratner, devrait s'y connaître en minorités et en films d'action... Mais c'est quand même le réalisateur de l'immonde série des "Rush Hour" et ça se voit. Le film flirte donc avec le caca, et ce n'est qu'une leçon de jeu d'acteur alimentaire.

Les effets spéciaux sont ratés par rapport aux autres films (flammes bâclées, rajeunissement raté de P. Stewart et I. McKellen, pouvoirs à la va-vite, ailes moches, etc.), et tous les acteurs semblent avoir pris de nombreuses rides, fort malséantes pour des super héros et des lycéens de surcroît. Le scénario est encore plus minimaliste que dans les autres films et tellement peu développé que c'en est absurde invraisemblable.

Bon, nous parlons quand même de mutants, un postulat invraisemblable en soi je vous l'accorde. Mais les réactions des personnages sont pathétiques. Du reste, ils n'ont aucune profondeur, et le film est morcelé d'apparitions de centaines de mutants divers (et de Stan Lee) que seuls les grands fans reconnaîtront, qui font deux secondes à l'écran et ont leur effet spécial, mais qui ne font rien avancer dans l'histoire.

Ce qui est plus gênant, c'est que les personnages secondaires ne sont pas développés non plus et sont complètement parachutés. Hank le génie bleuâtre et ce pauvre Angel et son papa, le mutant Leech, le président et ses conseillers, Pyro qui n'est décidément pas un personnage fouillé depuis le II, tout comme Colossus le soi-disant russe... Ceux qui ne connaissaient pas avant seront complètement perdus.

Qui plus est, la plupart des personnages de la bande dessinée sont changés ou massacrés pour les besoins du film. Ce n'est pas la tentative de sous-intrigue pseudo-romantique en forme de triangle Bobby Drake/Kitty/Marie qui rattrape le coup, ni les très nombreuses pistes destinées visiblement à engendrer de possibles "spinoffs", films ou certains personnages seront développés en solo, qui vont rattraper le coup.

Oh, malgré tout ça c'est distrayant, sympathique... Oui, ça bouge, il y a des effets spéciaux (ce n'est plus aussi cher qu'avant) et puis on peut être sensible aux scènes d'action crétines suivies de réactions artificielles de la part d'acteurs qui s'emmerdent mais qui ont quand même signé pour la suite, parce qu'il faut bien manger. Disons, pour faire Michelin, que ça vaut un petit détour, mais que ça ne vaut pas le voyage.

La seule chose qui rachète le film, c'est le très mignon petit Angel, Ben Foster, acteur habituellement télévisé et notamment dans Six Feet Under... Comment a-t-il réussi à paraître moins musculeux, trapu et ridé que dans Alpha Dog, son dernier film, en plus d'avoir l'air angélique d'un imberbe blondinet ? Mystère et boule de gomme-les-rides-sous-photoshop. Peu importe. Rien que de le voir, ça me fait ma journée.

D'accord, il a moins de quatre lignes de dialogue, presque pas de temps à l'écran (sauf si on compte les moments ou on le voit voltiger, mais là il est entièrement ou presque en image de synthèses), une seule vraie scène ou on le voit bien, son personnage est réduit à un symbole minable uniquement là pour sauver son pôpa à la fin... Mais putain de merde, quand il déploie ses ailes pour la première fois, quelle bombe sexuelle !

Moi qui pensait que les anges n'avaient pas de sexe et que les blonds imberbes étaient moins virils...

24/05/2006

Pied-Main-Bouche

C'est tout de même étrange les différences entre les notions d'hygiène. Moi qui vous parle, je suis tout content d'avoir un nouveau ciseau à ongles, comme ça je n'aurai plus à utiliser celui qui est dans mon couteau suisse, ou pire, la vieille paire rouillée tellement émoussée que quand on essaie de couper un ongle avec, elle l'aplatit, le ramollit, le tord, l'arrache, l'écrase, bref, le coupe autant qu'un rouleau à pâtisserie.

Oh, j'ai un coupe-ongle parfaitement valable, mais je ne supporte pas ces espèces de fausses pinces à épiler, ces engins de torture à levier de barbares qui ne s'adaptent jamais à al forme de votre ongle. En dépit de la courbure, ou plutôt à cause d'elle, ça vous fait des aspérités partout, sauf à repasser plusieurs fois... Déjà que ce n'est pas spécialement agréable de se couper les ongles, si ça doit prendre trois heures pour que ce soit net !

Et puis ça claque et ça projette des morceaux partout, ou alors ça les garde dans la réserve qu'il faut vider toutes les cinq secondes, comme avec les taille-crayons (une analogie dont je me passerais bien, personnellement, mon orteil ou mon index n'ont rien de commun avec un 2B...). La seule alternative, c'est la lime à ongles. Et ça, je ne supporte pas. Ce truc me fait grincer des dents, je n'y peux rien !

J'ai toujours peur que ça ripe de partout, le simple contact de cette surface honnie suffit à me donner des frissons, comme el coton ou la craie crissant sur un tableau noir. Et la détestable sensation d'avoir les ongles et le bout des doigts sensibles et légèrement poudreux, qui d'ordinaire suit un élagage en règle de nos excroissances kératiniennes digitales (les ongles, patate), est alors décuplée !

Vous allez me dire que je suis une chochotte. Bon, déjà, vous avez raison. Techniquement je suis pédé comme un phoque, et assez douillet. Ce qui n'a rien à voir avec le judoka aux pièces jaunes, là, que je trouve assez moche. Mais d'ordinaire, les homosexuels bien stéréotypés ne reculent pas devant une manucure, saisis d'horreur à la vue d'un repousse-cuticule ! Moi, la première qui m'approche avec ça, je l'assassine avec.

Mais je connais certaines personnes qui seraient très contentes de se couper les ongles des pieds avec l'instrument qui leur sert aux ongles des mains, si rouillé et si grossier soit-il, et tant pis pour les bactéries et les champignons. J'ai entendu parler de gens qui se rongeaient les ongles des pieds (beurk), alors je suppose que je dois être dans le juste milieu, avec pas mal d'hétérosexuels... C'est rassurant, quelque part.

Acte V, scène première : Un cimetière

(...)

HAMLET :

Donne. (Il prend le crâne.) Hélas ! Pauvre Yorick ! Je l'ai connu, Horatio, c'était un garçon d'une verve prodigieuse, d'une fantaisie infinie. Mille fois il m'a porté sur son dos; et maintenant, quelle horrible chose que d'y songer ! J'en ai la nausée. Voici la place des lèvres que j'ai baisées tant de fois. Où sont tes railleries, maintenant ? Tes gambades, tes chansons, tes explosions de drôleries dont s'esclaffait toute la table ? Plus un sarcasme aujourd'hui pour te moquer de cette grimace ? Rien que ce lugubre bâillement ?

(...)

William Shakespeare

23/05/2006

Everything's green

Cela fait bien longtemps que je n'ai pas proposé de petit exposé didactique dans ce Blog. Je suis certain que mes lecteurs (du moins ceux que j'aime bien) ne sont pas hommes (ou femmes) à refuser d'apprendre quelque chose, et ils me pardonneront si le sujet ne les passionne pas ou s'ils en savent déjà plus que moi. Et puis j'aime bien faire mon intéressant, et il est bon de faire de temps à autre une petite leçon de choses.

Aujourd'hui, dans la série "Le professeur Elromanozo a toujours quelque chose à dire", notre causerie traitera de la couleur des icebergs. Les icebergs (littéralement "montagnes de glace") se détachent des calottes glacières lorsque l'érosion des vagues et des vents les arrache, les calottes glacières regelant progressivement de façon (ordinairement) constante. Leur taille est colossale, mais seul 12% de leur volume environ dépasse de l'eau.

La plupart des icebergs reflètent la couleur de l'eau, du ciel et de la lumière alentours en des nuances de bleu, de blanc, et parfois même de rose ou de jaune. La plupart des scientifiques pensent depuis longtemps que certaines couleurs, notamment les couleurs chaudes, sont dues à la présence de traces d'éléments chimiques dans la glace (cuivre, zinc, fer...). On sait aussi qu'une glace très bleue est en fait très dense, et renvoie simplement la lumière.

On a vu des icebergs gris très sombres, parfois bruns ou presque noirs, contenant des graviers entiers et des morceaux de terre ou de roche. En toute logique, il devrait y avoir peu de glace verte, et cette glace devrait être assez claire, si l'on se fie à ces théories. Toutefois, nombre de marins et de scientifiques rapportent avoir vu des icebergs allant jusqu'à un joli vert bouteille translucide, surtout issus du glacier Amery en antarctique.

Il semble que ce soit là leur couleur propre, puisqu'ils restent verts alors que les conditions de lumière et de climat changent et que les autres icebergs alentours reflètent ces changements. Pour découvrir pourquoi ces blocs de glace gardaient une telle couleur, il a fallu faire des carottages dans ces icebergs ainsi que dans plusieurs endroits de la calotte glaciaire antarctique, et dans la banquise (glace sans terre en dessous).

La banquise est constituée de plusieurs couches : la plus basse est constituée de glace compacte et sans bulles d'air (donc très translucide). Il s'agit de glace formée à partir d'eau de mer, désalinisée par le processus de glaciation. La couche supérieure de la banquise est constituée de glace faite de neige compactée, emprisonnant des bulles d'air et parfois des sédiments, plus épaisse et plus lourde.

En forant les icebergs verts, on a découvert que leur partie émergée (au dessus) était de la même composition que la partie inférieure de la banquise, et présentait en outre des traces d'érosion par la mer, alors qu'il s'agit de la partie émergée de l'iceberg. L'explication est simple : lorsque l'iceberg est arraché à la banquise, il n'est pas rare qu'il se retourne sur lui même, du fait des densités différentes des couches de glace.

Mais pourquoi sont-ils verts ? C'est bien simple. La glace sous la banquise, celle qui apparaît au dessus chez ces icebergs, est formée en couches successives d'eau de mer qui gèle au contact de la glace. Ces plaquettes s'agglomèrent et emprisonnent entre elles des couches de microorganismes, de phytoplancton (plancton végétal) plus ou moins en décomposition, ou qui meurent en se faisant congeler.

Ces créatures microscopiques sont, dans cette région, chlorophylliennes, et contiennent donc des pigments verts. Ce sont ces sédiments, et non pas du phytoplancton vivant ou de grandes concentrations de minéraux ni un jeu de lumière, qui donnent leur jolie couleur à ces icebergs... Du moins c'est ce que suggèrent les observations, mais tout ceci est encore sujet à controverse. Si ça se trouve on découvrira autre chose bientôt.

A ceux que cela intéresserait, renseignez-vous en lisant les travaux de J. Kipfstuhl, notamment, effectués dans les années 90, mais aussi ceux de G. Dieckmann. Vous n'aurez aucun mal à trouver des informations sur Internet en ce qui concerne la glaciologie, la biologie polaire et les calottes glaciaires, c'est un sujet très à la mode depuis qu'on a réalisé qu'elles étaient en train de fondre et que c'était mal.

22/05/2006

Cas Saoulé

J'étais il y a peu dans la ville de Toulouse pour affaires. C'est une agglomération très particulière. Vue de haut, la ville rose est effectivement... Rose. C'est à dire couleur de tuiles. Vue de dedans, c'est juste rouge sale. Mais je suppose que la "ville rouge sale" ça sonnait moins bien. Parlons du centre-ville, puisqu'il s'agit à peu près de la seule chose visuellement potable dans toute cette zone.

La "vieille ville" de Toulouse n'a que peu d'immeubles vraiment charmants ou anciens. La plupart ne datent que du XIXe siècle, ce qui, je suppose les qualifierait de vieux pour les touristes américains. Les plus notables sont évidemment en briques rouges, comme pratiquement toute la ville, et sont inexplicablement crasseux. C'est paraît-il un trait commun à de nombreuses villes du Sud, mais j'ai constaté que ce n'était pas vrai partout. Ici oui.

Cette vieille ville, ce centre culturel autour du capitole, fait environ cinq ou six de pâtés de maison de diamètre, à la louche et en étant gentil. Parmi les nombreuses boutiques touristiques et des arcades en brique rouge (on a parfois l'impression de se trouver dans une usine, à la longue...) trône la place du capitole. Elle sert à organiser des événements de renommée mondiale comme la fête du poulet, et s'orne d'une croix du Sud.

Pour une raison inexplicable, cette grande croix d'Occitanie en bronze s'orne des douze signes du zodiaque, stylisés et en bronze. Devant, il y a le Capitole, grand bâtiment (en briques rouges, oui...) qui se prend pour un palais néo-classique. Il possède en effet huit colonnes en marbre rose, qu'il arbore comme des flammes ringardes peintes à l'aérographe sur le capot d'une vieille Simca customisée...

La mention "Capitolium", souvenir des anciens dirigeants de la ville, les capitouls (ou plutôt, souvenir du XIXe siècle et d'un temps de fierté nationale où l'on se souvenait de travers d'un Moyen-Âge idéalisé pour essayer de se rendre fier de sa région) orne cette mairie glorifiée alors qu'elle n'a plus lieu d'être. Maison d'arrêt, églises toutes de briques et cathédrale rouge méritent à peine une mention similaire.

Autour de ce bastion de culture du pauvre se massent des rues de plus en plus modernes et sales au fur et à mesure qu'on s'éloigne du centre. Toujours avec le même thème "briques rouges" si cher au coeur des Toulousains, on accumule les immeubles peu gracieux des années cinquante, soixante, soixante-dix, tous plus hideux les uns que les autres, et toujours plus assombris par la saleté omniprésente.

Le boulevard Jean Jaurès (oui, il y en a toujours un) qui mène à la gare, par exemple, est un fleuron de l'architecture socialisante des pays de l'est, orné d'immondes Sofitels et Novotels pour le rendre un peu plus moderne, et de magasins pouilleux. Encore plus loin autour, les autoroutes et les HLM laissent place à des centres de recherches, zones industrielles, et d'immenses campus universitaires de béton sale.

L'aéroport, du doux nom de la ville dans laquelle il est sis, défigure encore plus le riant paysage de la région dans le but de contenir un misérable Colombus Café et un marchand de journaux, qui vend aussi des mauvais produits régionaux en boites. Quant aux toulousains, ce sont des gens du Sud (avé l'assent parfois incompréhensible) aimables mais pas gentils (syndrome du citadin) et surtout assez laids (moustache, calvitie et bourrelets).

Quant à la légendaire cuisine toulousaine, elle se perd, et les gargotes sont plus nombreuses que les restaurants familiaux... Les seules personnes relativement potables que j'ai rencontrées dans le peu de temps que j'ai passé dans cette ville étaient des touristes ou des visiteurs, comme moi. Je suppose que tout ceci peut paraître pittoresque et charmant, surtout si on aime la brique, mais je trouve cela quelconque au point de choquer.

En conclusion de ce descriptif catégorique, je ne dirais qu'une chose : Cette ville, qui a produit Claude Nougaro et élu François Bayrou, possède en matière de politique et de musique exactement la merde qu'elle mérite. Elle est l'équivalent urbain de ce personnage maupassantien du notable bedonnant qui pète plus haut que son cul, fait ajouter un pigeonnier à sa maison et, se croyant aussi important qu'intelligent, songe à la députation.

Oui, la spécialité toulousaine semble bien être la saucisse, voire même l'andouille... Quant au cassoulet, il est loin d'être une exclusivité de ce département. Par avance je m'excuse auprès des Toulousains qui ne seraient pas comme ceux que j'ai décrit ici (et il doit y en avoir, enfin, disons qu'après tout c'est possible...), ce n'est pas de leur faute s'ils sont nés dans cette moderne verrue rose rougie sur la fesse du Languedoc.

21/05/2006

Smoking = Drug, No smoking = Drag ?

Avez-vous remarqué combien la drogue a une place importante dans notre société ? Bien qu'illégales, les drogues dites "récréatives" (autrement dit, la fumette, les extas, et quelques rails de coke pour faire bonne mesure) apparaissent à qui mieux-mieux dans notre paysage médiatique et culturel. Le cannabis est d'ailleurs particulièrement présent, ayant effrontément très bonne presse auprès de presque tout le monde.

Il existe déjà quantité de livres, sites web, librairies spécialisées sur le sujet des drogues "douces" (en général surfant aussi sur la vague des alter-mondialistes, peut-être à cause du côté écolo-jardinage, alors que ça n'est pas forcément lié...), des tas de choses importées de Hollande et d'ailleurs... Un chef très "nouvelle cuisine" a même conçu une recette de tomates lyophilisées présentées comme des rails de coke !

J'ai dit effrontément, j'aurais pu dire scandaleusement et de façon imméritée. Est-ce parce que ça bouffe les neurones et que ça change l'expérience d'un ou plusieurs sens ? Allez savoir. Le glutamate monosodique aussi fait ce genre de chose, de façon légèrement différente et graduelle. Est-ce que la contre-culture chante ses louanges ? Bien sûr que non, et ça serait étonnant. Pourtant on en trouve plus facilement au chinois du coin.

Glissons. Le cannabis, disais-je, a bonne presse, à tel point qu'on le trouve dans la plupart des comédies, dans beaucoup d'autres films, et souvent dans des scènes totalement gratuites dans lesquelles il est présenté comme une pratique normale. Richard Bohringer, acteur dont le quotient intellectuel est l'équivalent de la qualité de son jeu (c'est à dire niveau température anale) a adopté les couleurs rasta pour son groupe musical.

Mais plus que toucher les groupes de rock, les bohèmes pas toujours bourgeois et les gens qui veulent faire jeune par les portraits de Bob Marley, les slogans libertaires et les couleurs du drapeau pseudo-éthiopien des rastafari, cette mode s'étend jusque dans ce bastion du politiquement correct et des convenances qu'est la publicité... C'est un cap important : la pub est le reflet d'une majorité silencieuse, non plus d'une minorité bruyante !

Exemple frappant, a priori, la publicité parfaitement innocente pour les M&M's (celle où un paquet circule dans une salle de cinéma, les détails sont peu importants) s'orne en toute fin de publicité du slogan "faites-les tourner". Le mot est évidemment choisi pour ses connotations vis-à-vis des fumeurs de cannabis, la pub visant une cible jeune (sinon ils auraient utilisé "circuler" ou "passer"). C'est une référence qui touche et interpelle.

Autre exemple de la présence de culture-cannabis dans la pub, celle, récente, pour Virgin Mobile. Un homme stressé car il est accroc aux SMS et n'arrive pas à s'arrêter va tenter de se faire, par maraboutage, "désintoxiquer". Arrive alors un autre black, clairement rasta et à la voix façon Doc Gynéco. Celui-ci lui propose d'envoyer autant de SMS qu'il veut, grâce au slogan "Soyez enfin détendu du mobile".

On le voit, le SMS est présenté comme une drogue qui détend, et le "gentil rasta" vient en dispenser pour un prix dérisoire au français moyen stressé sur le point de se faire arnaquer par un marabout. Cette drogue est non seulement présentée comme bénéfique, mais normale et accessible à tous (ce qui reflète d'ailleurs une certaine réalité, dans l'accessibilité, et si l'on a comme tout le monde une définition élastique de la norme).

Moins subtile est la publicité pour les nouveaux chewing-gums de chez Hollywood, les "sweet gums" aux parfums extravagants et au coeur liquide coloré. Grâce à des effets spéciaux (artistiquement très réussis, il faut le dire) la saveur et la fraîcheur de ces dragées sont présentées ouvertement comme psychédéliques, colorant de façon surréaliste un monde autrement vu en noir et blanc.

Les protagonistes de la pub sont tous jeunes et tendance (normal, c'est la cible), et se trouvent dans une gare. Quelqu'un, hors caméra (donc un inconnu, même s'il s'agit peut-être d'un des amis cela ne change rien), leur offre ces chewing-gums qui ont l'air de pilules. Ils les acceptent avec joie et les gobent goulûment, surpris de soudain voir la vie en rose... N'est-ce pas là LE scénario type contre lequel on met les enfants en garde ?

N'acceptez pas de "bonbons" d'un inconnu, surtout dans une gare ou un lieu public du même acabit... Cette publicité peut faire référence à toutes sortes de drogues, LSD, extasy, amphétamines, toute forme de drogue en pilule, ou, symboliquement, toute forme de drogue tout court... Ce qui me fait tiquer c'est que dans la publicité, le produit remplace la drogue en question et le tout est présenté comme bon, souhaitable.

Il est devenu tellement facile de présenter les drogues récréatives les plus courantes comme positives ! Parce que presque tout le monde le fait ou l'a fait au moins une fois, "ce n'est pas si grave"... et du "ce n'est pas si grave" au "c'est acceptable", puis au "c'est bien", il n'y a qu'un pas. Moi cela me choque de voir que certains considèrent la drogue comme simplement une autre marque de chewing-gum.

Surtout que pendant ce temps tout le monde crache en Tartuffe sur la cigarette.

18/05/2006

Plan à trois

Hier, c'était une journée importante. Un jour à marquer d'une pierre, blanche ou noire, peu importe. Pas parce que c'était une journée d'action, comme on dit (après tout, c'était la journée mondiale contre l'homophobie), mais parce que c'était le jour des sorties au cinéma. Plus spécialement celui de X-Men III, que j'irai voir un de ces quatre. Et c'est approprié, vu que les X-Men ont fait beaucoup pour l'intégration des gays.

Que ce soit ou non une volonté explicite de la part de leurs créateurs, les X-Men intègrent la notion de tolérance d'une minorité, d'acceptation de soi ou de l'autre, de coming-out aux parents qui peuvent plus où moins bien se passer... Et surtout d'une différence qui n'est pas choisie, différence qui donne accès à tout un univers pour peu qu'on s'accepte soi-même. C'est plus qu'une simple crise d'adolescence, même si c'est cela aussi.

Et cette bande dessinée accompagne d'innombrables jeunes, gays ou non, depuis des dizaines d'années, plus sûrement que n'importe quelle association éphémère lambda. En plus, pour un ado, c'est beaucoup plus marrant que des séances sur le divan d'un psy, et plus facile que d'aller vers un groupe de gens qu'on ne connaît pas. Qui plus est, ça montre des mecs et des filles jeunes et bien faits en tenues flashy moulantes.

D'ailleurs, le réalisateur des films est gay, tout comme Sir Ian McKellen, le méchant. Mais vous le saviez, bien sûr. Evidemment, ce n'est pas un film à morale, qui martèle ses messages, tout comme les bandes dessinées et les dessins animés (et encore plus de merchandising...), mais avant tout une histoire spectaculaire et grand public pleine d'effets spéciaux et d'action, avec à son service le réalisateur de Usual Suspects.

Et c'est bien comme ça : c'est la meilleure manière de lutter contre l'homophobie, non ?

16/05/2006

Château brillant

Chateaubriand a dit : "La vie me sied mal, la mort m'ira peut-être mieux." A première vue, il est difficile de croire que l'auteur de cette citation, des Mémoires d'Outre Tombe, traducteur de l'oeuvre de John Milton, obsédé par le sinistre, le macabre, l'austère et le religieux, hanté par ses névroses, ses parents, et autres spectres bretons, soit le  d'un courant littéraire qu'on appelle "romantisme".

C'est pourtant le cas, même s'il faut dire que le romantisme de Chateaubriand est remarquable par son absence totale de rose, de petits angelots et de coeurs pastels... Tout ça n'est tout simplement pas la même chose. On lui voue un certain culte en Bretagne, à Combourg (le château dans lequel il a passé sa jeunesse tourmentée au milieu des histoires de fantômes et des chats emmurés vivants (charmante tradition bretonne).

Des vieilles ménopausées jusqu'à l'os sont heureuses de vous faire visiter, montrant avec fierté la théière de l'auteur, l'armoire de l'auteur, voire même la comptabilité de l'auteur. C'est super important par rapport à son oeuvre. Il y a aussi, au fil de la visite, des tas d'objets ayant appartenu à ses descendants même pas directs, des objets qui "auraient pu" être comme ceux que l'auteur a eu, et des lieux qui étaient différents à l'époque.

Ce joli petit paquet d'irrationalités littéraires, agrémenté de quelques histoires et légendes n'ayant aucun rapport avec Chateaubriand ou le château, fait pourtant partie des lieux autant que les meubles ou le parc. Sans cela, ce ne serait jamais qu'un assemblage de cailloux réguliers. Un touriste bien beauf s'est d'ailleurs exclamé à l'attention de son immonde lardon puant : "Regarde, ça ressemble à ton château playmobil !"...

Je ne suis absolument pas sensible à ce charme littéraire, et pour moi les vieilles pierres ont bien plus d'attrait que les descendants cul-pincés d'une baderne bigote du XIXe qui ont refait le papier peint. Quant à Chateaubriand, son oeuvre post "retour à la foi" se résume au fruit d'une longue, d'une gigantesque envie de pisser. Ou autre chose.  Il s'est retenu toute sa vie, et on a envie de lui dire "Pète un coup, René !"

Oui, parce que François-René-De c'est carrément couillon comme prénom. Une circonstance atténuante de plus à son caractère déprimant. Mais avec des parents pareils (un père aussi strict et une grenouille de bénitier comme maman) dans ce château froid, pas étonnant qu'il ait trouvé le riant paysage calme et sympathique alentours un tant soit peu sinistre. Et effectivement, la mort lui va mieux, je trouve.

Par ailleurs, signalons que cet immense auteur (en qualité, certes, mais surtout en quantité) a par son oeuvre engendré un jeu de rôles parodique autant que romantique sobrement et symboliquement intitulé René... Et, il y a très très très longtemps, votre humble serviteur a produit quelques maigres textes participant à cette aventure. Honnêtement, je préfère le jeu aux bouquins... Mais vous l'aviez deviné, bien sûr.

15/05/2006

Tais-toi donc, Grand Jacques

Aujourd'hui, je ne vous parle pas de notre cher président, ce vépéciste maladroit qui a mis les vieux pantalons de De Gaulle pour faire croire qu'il a les mêmes couilles, ce représentant de commerce charlatanesque, grand truqueur qui n'aurait pas déparé les clichés du pire album de Lucky Luke... Je vais vous entretenir d'un autre Jacques de la politique de notre beau pays, anglicisé en Jack, toujours tendance et pétillant.

Jack Lang est un mythe, un monstre sacré, une légende de la politique française... Il a fait énormément pour la culture, et s'est avéré un très bon ministre à l'éducation comme ailleurs. Est-il présidentiable ? L'autre jour, je l'ai entendu dans le poste lors d'une interview. Les sujets abordés par le propos étaient les plus divers mais le but avoué était de tenter de répondre à cette question par l'affirmative.

Les journalistes, de moins en moins pertinents, s'escrimaient à vouloir lui faire dire du mal de son parti ou de la Ségolène (le candidat le plus fade depuis Bernard Menez, et pourtant c'est une femme... mais passons), mais Jack a tenu bon ! Toujours gentil et respectueux, il a éructé de gros et pieux mensonges, comme quoi la cohésion du PS est exemplaire et que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, malgré les divergences d'opinions.

Comme c'était un peu l'occasion, Jack Lang a rappelé tout ce qu'il voulait faire ou aurait voulu faire, bref, il a donné son programme : recherche et éducation (très joli mais comment financer ?) et refonte du modèle social français (le leitmotiv de TOUS les politiciens depuis des années, sans qu'un seul ne s'y soit attelé, malgré l'urgence de plus en plus évidente de la situation et les nombreuses manifestations et émeutes)...

Comme disait Francis Blanche, mieux vaut penser le changement que changer le pansement. Mais il a quand même sorti une phrase qui m'a fait hurler de rire et d'incrédulité... C'était à propos du respect entre politiques, et, s'il s'agissait d'un slogan de campagne, ce serait le plus kitsch que j'aie jamais entendu. Dans un sens, d'ailleurs, ça lui sied bien, lui qui a toujours été gauche-Auteuil-Neuilly-Passy... Il a donc dit :

"Vous savez, ma philosophie de la vie, ça a toujours été qu'il faut être clâââsse..."

Et il l'a répété, différemment mais avec le même mot "clâââsse".

Et encore, et encore. Comme pour bien marquer le coup.

Comment est-on passé de la lutte des classes à la lutte de la clâââsse ?

A la première question de ce billet, "Est-il présidentiable ?", il faut répondre non.

Non, bien sûr que non, évidemment non... Trop kitsch, trop insensé, trop culture-gauche-caviar, trop marais, trop formidâââble, trop Centre Pompidou, trop beaux-arts magazine ! Pas dans le monde réel, raisonnable...

Mais au point où nous en sommes, ce monde l'est-il encore ?

14/05/2006

Jovien de dire une connerie

Avec la sarabande des discours, interviews et soi-disant débats d'idées qui ne sont rien d'autre qu'une campagne inhabituellement en avance, on a droit sur toutes les chaînes à de belles énormités. J'ai été particulièrement choqué par l'inculture d'un analyste politique de I-télévision (qui m'avait pourtant habitué à plus de pertinence que d'autres chaînes) qui est passé pour un débile auprès de toute personne relativement cultivée.

Le voilà, l'inculte socialisant, qui lâche, très docte et sûr de lui entre les cris et les "moi je crois", en fin d'émission : "La droite est atteinte de Jupitérisme : vous savez, Jupiter était le Dieu qui mangeait ses propres enfants." Bravo. Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre. C'est une jolie phrase, mais Jupiter n'a jamais mangé le moindre de ses gosses... Mis dans sa cuisse, sorti de son cerveau, conçus hors mariage, éventuellement, mais mangé, jamais.

Et pour cause : il ne voulait pas faire comme son père, Saturne, qui avait mangé les frères et soeurs de Jupiter (destin dont lui seul réchappa, grâce à sa mère) pour se prémunir d'une prophétie qui disait qu'un de ses enfants causerait sa perte. Jupiter a éventré Saturne, faisant sortir toute sa petite famille olympienne... Saturne est aussi connu, accessoirement, comme le puissant et ancien Dieu du temps.

Il aurait dit "Saturnisme" plutôt que le néologisme "Jupiterisme", ce pauvre journaleux, que ça serait passé : même si le saturnisme est une maladie née de l'empoisonnement au plomb, elle a des connotations liées à la décadence de l'Empire Romain, aux orgies de sénateurs corrompus tandis que la plèbe gronde, et même à un monarque intouchable, Néron, qui préfère brûler Rome en jouant du violon plutôt que rendre les rênes de l'état...

Autant de parallèles que l'on peut établir avec la droite française, pour peu que l'on soit un esprit contestataire. Et exagérateur. Mais si on devait compter toutes les exagérations malheureuses des médias, les mots malheureux comme "révolution" utilisés à tort et à travers, le "putsch" de Nicolas Sarkozy (comme s'il avait déjà pris le pouvoir façon Hitler, alors qu'il fait juste son intéressant), on s'endormirait plus sûrement qu'en comptant les moutons.

09/05/2006

La Juste Récompense d'un Père (Parabole)

Ce soir, je vais vous raconter une histoire. Certains diront que c'est une parabole destinée à vous éclairer, d'autres diront qu'il s'agit d'un fabliau sans autre but que l'amusement... Dans l'un et l'autre cas, écoutez, braves habitants, l'histoire de la récompense d'un homme de vertu qui la transmet à sa descendance. Il y avait une fois dans l'exotique et lointain royaume de Paris (75, France), un homme de bien. Il n'y a pas de mot plus juste.

Cultivé, bon, s'efforçant d'être à la fois juste, charitable, et d'entretenir sa merveilleuse famille, il avait épousé une femme à son image. Jamais ils ne furent séparés dans leur amour, même par la pire adversité. Ils eurent deux enfants. C'étaient des filles, et leurs parents les aimaient de tout leur coeur. Le père, moderne, voulut en faire des enfants cultivés et dignes de leurs ancêtres, leur inculquant les préceptes qu'il pensait les meilleurs.

Et il y réussit au delà de toute espérance. Ses deux filles devinrent aimantes, travailleuses, dégourdies, intelligentes, belles plus que de raison... Plus raisonnables que la plupart des hommes (ce qui est facile) et bien plus que la plupart des femmes (ce qui l'est moins). Pour des êtres humains faillibles, avec deux joyaux aussi parfaits issus de sa chair, il ne pouvait qu'être le plus fier et le plus heureux des hommes :

Lettrées, versées dans les arts les plus divers, les deux soeurs virent dés leur plus jeune âge leur bonté naturelle développée et encouragée, la flamme de leur altruisme attisée par le souffle doux et chaleureux de leurs parents... En même temps qu'ils aiguisaient leur esprit pour leur apprendre à éviter la naïveté qui accompagne trop souvent la gentillesse, que l'on nomme candeur et innocence, mais qui conduit trop de bonnes gens à leur perte.

Lorsqu'elle fut en âge, le père appela l'aînée de ses filles et lui demanda ce qu'elle comptait faire de sa vie. "Père, rien ne me plairait tant que d'étudier les lettres, pour plus tard les enseigner !", dit-elle, sans peur ni honte. Lorsque la seconde soeur fut en âge, elle aussi se rendit auprès de son père, et répondit ainsi de la même manière : "Père, rien ne me plairait tant que d'étudier les langues, pour plus tard les enseigner !"

A ces mots, toujours plus fier de ses filles aimantes, le père vit que c'était leurs coeurs qui parlaient. Il n'eut donc de cesse que d'encourager et de faciliter les études et les démarches nécessaires à la réalisation des voeux de ses enfantes chéries. Leurs études achevées, elles revinrent chacune voir leur père, un peu intimidées, comme pour lui annoncer une triste nouvelle.

La première parla ainsi : "Père, tu m'as bien élevée et je t'en serai éternellement reconnaissante, mais je dois à présent te quitter : je pars pour la dangereuse plaine des zones d'éducation sanguinaires, de mon plein gré, enseigner notre culture et notre langue à ceux qui en ont le plus besoin !". A ces mots, le père fut empli de souffrance. Quoi ? Qu'avait-il fait pour mériter cela ? Lui infliger la perte d'une enfant aussi parfaite ?

Avant qu'il n'eut pu répondre, la seconde s'était avancée et parlait : "Père, tu m'as bien élevé et je t'en serai éternellement reconnaissante, mais je dois à présent te quitter : je pars pour l'exotique Népal, dont j'ai appris le parlé, aider l'opprimé et le pauvre par les soins autant que l'enseignement !". Le père était presque dans les tourments les plus indicibles, ceux qui accompagnent la quasi certitude de la perte d'un enfant.

"Mes filles chéries !" dit-il. "Que m'as tu dit, toi, l'aînée ? Et toi, cadette, quel est ce langage ? Retirez ces paroles, je vous en prie, avant que le coeur de votre mère ne se brise en les entendant... Je vous ai élevées pour que vous n'ayez point à souffrir de ces maux, et que vous sachiez les combattre, pas pour aller au devant d'eux ! Pourquoi risquer vos vies en vous exposant à de tels périls ? Vous les gâcherez, vous les perdrez !"

Il acheva par : "C'est tout ce que vous obtiendrez !". Choquées mais résolues, de par la volonté et la force d'âme qu'elles avaient hérité de leurs parents et acquises par leur éducation, elles répondirent sereinement : "Cher et honoré père, ce n'est point perdre sa vie que de l'offrir par amour, et ce n'est point la gâcher que de la vivre au service de ceux qui sont dans le besoin. Nous vous en supplions à genoux, laissez-nous partir !"

Alors, le pauvre et honnête homme, ému par tant de bonté, donna son consentement à ses filles exemplaires. Il savait, comme il s'en était toujours douté, qu'il devrait un jour se séparer de ses filles, mais il avait espéré qu'elles ne mettent pas leur vie en danger. Mais pouvaient-elles choisir une cause et des moyens plus vertueux, non pas pour mourir, mais pour vivre ? C'étaient là les principes qui les avaient tous trois guidés.

Sa propre peur, les élans naturels de son coeur sont toujours là, présents plus que jamais. Comment ne pas se faire de souci pour ses propres enfants ? Mais ils sont tempérés par la vertu de ses filles, sa fierté, qui rejaillit sur son honneur. Tel est le véritable amour paternel : il sait qu'il va perdre, et pourtant, il aime et donne le meilleur de lui-même, tandis que l'amour filial réalise les espoirs avec dévotion à la vertu.

Ce sont là des principes immortels et que l'on pourrait discuter des heures durant (ce qui a déjà été fait par de nombreux sages, théologiens et philosophes). Tirez-en ce que vous voudrez : fatalité de l'amour, pouvoir ineffable de celui-ci, éducation qui porte ses fruits, joie de voir ses enfants réussir, hantise des principes inflexibles, cessation de la peur des sentiments conflictuels... Ou tout simplement une bonne histoire.

Ce qu'il est important de savoir, en fait, ce n'est pas ce qui arrivera aux filles. Je ne vous le dirai pas, d'une part parce que cela n'est pas le sujet : c'est l'acte de ces filles qui est important, pas leur réussite. D'autre part, parce que cela ne s'est pas encore produit. Le plus important, dans cette fable romancée, n'est pas de savoir si c'est un non une parabole... Mais bien que ses protagonistes vivent aujourd'hui.

C'est ce qui rend sa portée encore plus universelle : elle n'a pas été inventée.

06/05/2006

Low & Ordure

Assez ! Il suffit ! C'en est trop ! Pendons-les haut et court ! Viva la Revoluçion ! Et toutes ces sortes de choses. Rebellons-nous contre la télé clonée. Je ne parle pas ici du George clownesque, bellâtre qui a commencé accommodé aux tomates tueuses avant de devenir un suppôt du grand capital avec la franchise de Daniel Ocean, tout en poursuivant son engagement politique style "je répète les conneries de la presse" avec ses propres films.

Non, je veux parler du manque de choix quant aux programmes télévisés, malgré l'étendue de l'offre du câble. Il ne s'agit pas simplement du sempiternel "ouah, ya rien à la télé, c'est de la merde, plus ya de chaînes et moins bien c'est !", mais d'un cri contre la conformité et l'envahissement de toutes les fréquences par un seul et même programme, qui contrôlerait les désormais proverbiales horizontales et verticales...

Le coeur de ma diatribe est dirigé vers une série, une seule, qui a contaminé la plupart des chaînes avec ses quinze saisons, j'ai nommé New York District (Law and Order, en version originale). Actuellement, à certaines heures, il est impossible de passer à côté : chaque chaîne susceptible de diffuser films, émissions ou séries, diffuse en fin d'après-midi ou en début de soirée, toute la semaine, au moins un épisode.

Et je ne vous parle pas des spinoffs (séries annexes, comme celle qui se déroule à Baltimore, et l'autre qui a pour titre "special victims unit"). Parfois largués deux par deux ou plus, étrangement similaires, les épisodes ont l'avantage de pouvoir être vus à peu près dans n'importe quel ordre : il y a très peu de métahistoire, ce sont des enquêtes individuelles. Certaines chaînes du câble regroupent même les épisodes par acteurs et par thème.

Cette série, fruit d'une coopérative de scénaristes et nègres divers, marche très bien, et renouvelle son casting sans complexes, au contraire de Derrick ou Navarro par exemple. Les épisodes sont toujours plus où moins dans l'air du temps, rapides et rythmés, et seules les étapes importantes sont montrées. Cette méthode a fait des petits, et d'autres séries du même genre parlent de policiers, de pompiers, de ceci ou cela...

Pour marcher, ça marche. A quinze saisons, et avec la richesse des archives du système judiciaire américain (bien plus que le nôtre basé sur le précédent plus que sur le législatif) pour alimenter des scénaristes souvent jetables, les producteurs sont tranquilles et traient leur vache à lait par tous les pis : romans, guides de la série, jeux vidéos plus où moins bien faits... Un facétieux a même fait un album à colorier (parodique bien sûr).

Comme ça marche bien, les chaînes françaises se jettent toutes sur le filon pour avoir une part du gâteau, plutôt que d'oser l'originalité d'une programmation différente. Il est vrai que si la dernière saison inédite est chère, le prix des droits de diffusion des anciennes saisons est très abordable pour la plupart des "petites" chaînes du câble, de celles qui sont coincées avec Starsky, Hutch et Charles s'en charge.

Voilà pourquoi, aujourd'hui, quand on zappe tranquillement, on passe sans interruption par cinq à six épisodes différents (mais toujours similaires) de New York District. Et c'est bien, cette série... C'est bien fait, c'est documenté, c'est assez réaliste, c'est bien scénarisé,  décors et costumes sont certes réutilisés et courants mais tout à fait appropriés... Mais moi ça me sort par les narines à force de me bourrer le crâne !

Et après on se demande pourquoi la plupart des français connaissent mieux le système judiciaire américain que le leur...

Pitié, éteignez la télé, ça leur apprendra.

05/05/2006

L'anhydre de Lerne

Discrètement, j'ai mis sur ce Blog une liste des métaux fictifs, pensant que ce serait vaguement distrayant. Elle ne va pas faire long feu, mais bon, peu importe : la variété reste le sel des blogs. A propos de métaux, non fictifs cette fois, vous avez sans doute entendu parler des vols de métaux par braquages (ou autres) qui subissent une recrudescence en ce moment... Il est vrai que les cours du métal augmentent.

Nous ne parlons pas ici uniquement de métaux dis précieux comme l'or ou le platine, toujours convoités et victimes eux aussi de cette recrudescence, mais d'éléments plus anodins comme le nickel et le cuivre. Apparemment, les métaux peuvent transiter et, comme de l'argent blanchi, être remis sur le marché par des intermédiaires peu scrupuleux. Vous allez me dire, ce n'est pas aussi grave qu'un vol de lingots d'or ou de monnaie...

Eh bien si. Premièrement, les entreprises qui possèdent ces métaux sont lésées de leur matière première... Deuxièmement, cela influe sur les prix de ces métaux. De tels éléments sont importants, non seulement dans l'électronique, mais aussi pour la recherche, ou simplement les travaux pratiques des élèves de millions de lycées en Europe ! Bon, d'accord, la plupart des élèves nous remercieront si il leur manque le sulfate de cuivre...

Mais il y a pire. Le sulfate de cuivre anhydre, poudre blanche, est l'un des matériaux employés pour faire passer la cocaïne. C'est un vieux truc, une réaction simple, et surtout l'Europe est un marché en plein essor pour "l'hydre" des trafiquants... Il ne s'agit donc pas uniquement de quelques piécettes en nickel, et les gendarmes autour du Havre ne patrouillent pas que pour protéger les droits de quelques chefs d'entreprise.

Comme l'oxyde de zinc, qui entre dans la composition de tellement de choses que les frères ZAZ en ont fait un sketch devenu immortel dans "Kentucky Fried Movie" ("Hamburger Film Sandwich" en français), les débouchés légaux et illégaux du cuivre et de ses dérivés sont nombreux, et je voulais juste informer les lecteurs de ce Blog de faire attention à cette information, laquelle ne mérite pas l'indifférence que lui témoigneront beaucoup.

03/05/2006

Dégueu Station

"Authentique", "Traditionnel", "Le goût nature original", voilà bien des arguments de vente imparables à ranger dans la catégorie "sans OGM" et "bio". Nous avons d'ailleurs déjà évoqué cette catégorie on ne peut plus relative dans un précédent billet (c'était il y a longtemps, mais vous devriez pouvoir trouver à force de persévérance). En l'occurrence, pendant mon petit séjour en Bretagne, j'en ai vu des produits de cet acabit.

Je précise tout de suite qu'en général ça ne vaut pas un clou... Preuves à l'appui. Les craquelins originaux et authentiques, nature et traditionnels de Bretagne ? C'est fadasse, on dirait du polystyrène expansé ou de la mousse plastique, mais faite pour être mâchonnée. Je n'ose employer le terme "alimentaire". Ce n'est pas que ce soit mauvais, c'est juste que ça n'a pas de goût et que ça grince sous la dent. Insupportable.

Le terme "craquelin" peut désigner des tas de choses : des brioches un peu croustillantes, des pâtissons gonflés comme des chouquettes, des biscuits, une sorte croquant qui entre dans la composition de gâteaux à la crème, des feuilletés souvent fourrés aux fruits, ou même des tas de petites bugnes et merveilles frites de différentes sortes. Là, c'est un machin. Il n'y a pas d'autre mot. Une chips épaisse en forme d'oreille du Prince de Galles.

Tant qu'on y est, la crème de caramel au beurre salé, eh bien c'est infect. Soit, les caramels au beurre salé ont un goût original, et certains les adorent, mais de là à les rendre plus pâteux (genre Nutella) et à les tartiner sur du pain... Le saucisson à la myrtille n'est pas fantastique non plus, et je ne vous parle pas des produits naturels et traditionnels qui ne sont pas typiquement bretons, comme le pain de maïs...

Les traditions, ça n'est pas mauvais en soi. Mais à goûter ce genre de choses, on comprend pourquoi il y a des recettes traditionnelles qui font le tour du monde et d'autres qui marinent dans leur village paumé.

01/05/2006

May Day

Je cherchais quelque chose à vous raconter, ô lecteurs fidèles, à propos du joli mois de mai... Outre les mièvreries du genre "une hirondelle ne fait pas le printemps" et les Lewiscarroleries massacrées à la sauce Disney comme "Les fleurs sont la beauté du monde, un matin de mai fleuri", je n'ai pas trouvé grand chose. Pourtant le printemps en lui-même est une période étonnante et tout aussi chargée d'archaïsmes que les autres saisons.

Période de transition par excellence, il printemps évoque la maturation sexuelle. C'est la saison des fleurs et des premières amours, du réchauffement et de la montée de sève... Suggestif, hein ? C'est aussi une période dangereuse, culturellement parlant, car les changements de temps, l'humidité et le fraîchin font que les individus "fragiles" des sociétés (anthropologiquement et médicalement parlant : les vieux, les très jeunes, les gens dont c'est la première puberté...) sont en danger de maladie... Réel au Moyen-Âge, imaginé aujourd'hui.

C'est assez peu compréhensible pour nous, modernes penseurs. On mettait ça sur le dos de la sève qui monte et des fluides qui changent, du fait que les "anciens" ne sont plus sexuellement actifs (et par conséquent supportent mal une saison qui met pour rien leurs fluides en mouvements), et puis cette histoire de fraîchin n'est pas super claire non plus... Mais qui dit période transitoire dit "entre-deux", donc "marge", donc "danger".

Le premier mai, ou "may day", fête du travail, n'est qu'une version moderne de Beltane, la fête païenne considérée comme le plus grand jour férié au pays de Galles et dans d'autres terres celtiques. C'est la fête du feu, le "Feu de Bel", ou plutôt le feu de Baal... La fête de la sève qui monte, à l'opposé de la Samhain (bien que l'autre équinoxe, vernal, soit le 21 mars, l'autre nom de Beltane est justement "Cetsamhain").

Petite parenthèse : le signal de détresse "may day" n'a aucun rapport avec le mois de mai ou ce dont on parle. Il s'agit de la transcription anglophone du français "m'aider", diminutif de la phrase "venez m'aider". En effet, pas mal de signaux radios internationaux sont en français, comme "silence" (prononcé dans toutes les langues à la française) et "pan-pan" (prononcé "panne", et signifiant exactement cela). Revenons à nos moutons.

Tout ceci n'est pas sans rappeler la fête romaine des floralies, banquet des fleurs durant trois jours qui pouvait être complètement orgiaque. Et qui ne connaît le "sacre du printemps" que Stravinsky immortalise de façon moderne, et les évocations grotesques des poèmes païens de Carmina Burana, mis en musique par Carl Orff ? Pas étonnant que toute la chrétienté ait cherché à effacer cette célébration par tous les moyens.

Le jour de cette fête de mai, nous nous contentons d'un brin de muguet, alors que les druides allumaient des feux. Dans une fête aussi chaude, il est de bon ton de sauter nu par dessus les feux aux propriétés bénéfiques... et de "danser" toute la nuit. L'arbre de mai (symbole phallique) et les enfants tournant autour, les danses folks entre hommes et les tournois sportifs, autant de traditions qui échauffent les sangs !

Et les femmes ne sont pas en reste : on élit une Reine de Mai, traditionnellement nue et conduisant la fête, et les jeunes filles s'apprêtent... Quelle est la part de fantasme sur la sorcellerie et la part de traditions là-dedans ? Allez savoir. Toujours est-il que beaucoup considèrent que c'est la fête de la sexualité débridée, alors que c'est une fête, bien plus généralement, où l'on cherche ses limites et où on teste celles de la société.

C'est pourquoi l'une des plus grandes traditions du mois de mai dans les pays celtes sont les danses Morris que l'on danse en cercle, avec clochettes et bâtons, et entre hommes : les bâtons sont sexuels, mais pas tant que servant à garder et à délimiter. Il est de coutume de réparer les barrières en ce jour, et de faire le tour de sa maison et de ses champs à pied : cela s'appelle "battre les limites", et ça, ça n'a rien de débridé.

Mais le mois de mai est tout de même joli. Ne dit-on pas, en mai, fais ce qu'il te plaît ? La chanson anglaise dit "Lusty month of may", le mois de mai luxurieux... Et c'est encore le cas aujourd'hui. Outre le regain (passablement soixante-huitard, parfois...) de ces vieilles symboliques, c'est le mois où l'on veut plaire : il n'y a qu'à voir tous les magazines féminins qui profitent de ce que c'est une période de changement.

Très prosaïquement, et c'est lié au symbolisme dont nous discutions plus haut, c'est le mois où l'on fait les diètes qui porteront leurs fruits à l'été, le mois où l'on s'apprête, le mois où l'on ressent à nouveau le besoin de plaire. Comparez le nombre des publicités pour les produits light, des régimes publiés, vous verrez aisément la différence entre les mois. La période printanière d'avril-mai est largement en tête.

D'ailleurs, c'est de cet engouement pour la minceur que profita le pharmacien délétère dont les pilules soi-disant miraculeuses ont fait à la fois couler l'encre, la bile et le sang quelques jours plus tôt : nous en parlions dans ce même Blog. Vous voyez bien : Quand je vous disais que la saison du printemps était celle où les fluides se mettaient en mouvement, et que c'était une saison d'excès, une saison dangereuse...

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02/09/06

Billets d'Avril 2006

Note de l'Auteur : Voilà les billets du mois d'Avril... Ils sont toujours sans images et classés par ordre déchronologique, mais la mise en page à un peu déconné. Bon, c'est pas super grave, en même temps, vous avez une partie grise... et une partie grise ! Avec deux gris différents et des tailles à peine pas pareilles sur certains titres,  pour ça, je vous fais confiance pour ne pas me chier une pendule. De toutes façons,  personne ne va les lire, ces archives...

30/04/2006

France liste

Nous vivons dans une société étrange. Pour nous en convaincre il suffit de lire nos lois... Et ce qu'on interdit de faire à nos citoyens. Voici une liste non exhaustive d'un tas de choses que pas mal de gens trouvent, si pas "normales", du moins pardonnables dans certaines circonstances, et qui sont pourtant interdites. Beaucoup sont dangereuses, mais traverser en dehors des clous aussi... C'est illégal, et tout le monde l'a fait.

Choses illégales que presque tout le monde fait, ou voudrait bien faire :

_ Acheter des cigarettes en étant mineur et/ou les fumer

_ Acheter, posséder et/ou fumer du cannabis sans intention de revente

_ Avoir des relations sexuelles avec un autre que son conjoint (adultère)

_ Se promener dans les rues de manière "suspecte" (Vagabondage)

_ Refuser de montrer ses papiers à un représentant de la loi qui les demande, ne pas en avoir sur soi

_ Passer sans valider son titre de transport dans les transports en commun

_ Donner son sang lorsqu'on est homosexuel

_ Donner son sang après tout acte chirurgical, sexuel, blessure, piercing ou tatouage non suivis de dépistage

_ Ne pas déclarer certains revenus, par oubli ou volontairement, et ne pas payer à temps (fraude fiscale)

_ Payer "au noir" pour n'importe quel service ou bien

_ Conduire après n'avoir bu qu'un verre (conduite en état d'ivresse)

_ Lire un fichier informatique MP3 ou autre sans l'avoir dûment payé à qui de droit

_ Posséder un carnet d'adresse informatisé trop détaillé ou accessible (loi informatique et liberté)

_ Etre payé pour un jour férié même si on a travaillé et qu'on en avait envie

_ Se suicider (bien entendu, c'est la tentative avortée que l'on peut punir...)

_ Aider quelqu'un à se suicider ou ne pas l'en empêcher lorsqu'on est averti

_ Donner à un mendiant dans les transports en commun

_ Mendier ou quêter l'aumône dans des lieux publics (pour soi-même ou un autre, pas pour un organisme)

_ Amener un animal dans les transports en commun autre qu'un chien d'aveugle

_ Ne pas céder son siège dans les transports en communs et les hôpitaux publics lorsqu'on est valide

_ Insulter quelqu'un en public (même de façon anodine, ce sont des menaces, de la violence verbale)

_ Insulter quiconque porte un uniforme ou un signe distinctif montrant qu'il est fonctionnaire de l'état

_ Insulter d'une manière quelconque un membre d'une minorité (le crime est plus important que pour un autre)

_ Payer un ou une prostituée (même sans avoir de relations sexuelles)

_ S'adonner à n'importe quel type d'activité sexuelle dans une voiture à l'arrêt (si on vous y surprend...)

_ Monter à cheval dans la plupart des grandes villes

_ Tuer un pigeon (alors qu'il est permis de mettre pointes acérées, répulsifs et autres sur son balcon)

_ Changer l'aspect extérieur de sa propre maison sans autorisation (dans la plupart des villes)

_ Refuser de payer son loyer, même pris à la gorge par son propriétaire et vivant dans un lieu insalubre

_ Laisser un animal ou une personne dont on est responsable commettre n'importe quelle infraction

_ Crier et chanter dans la rue après 22 heures (tapage nocturne)

_ Uriner dans tout lieu public ou extérieur qui n'est pas prévu pour, y compris en pleine nature

_ Faire un pari amical ou organiser un jeu d'argent sans licence appropriée

Je tiens à dire que je suis personnellement fier d'être dans un pays qui tient toujours pour illégal de fumer des joints et d'insulter les gens en public, comme de se battre, et tant d'autres choses... Mais je pense qu'on peut s'entendre sur cette histoire de don du sang des gays, par exemple ! A part ça, il est toujours permis, en France, d'épouser ses cousins et de ne pas aller voter. Je suppose que toute société a ses petites bizarreries.

29/04/2006

Exempli Gratia

Je ne résiste pas au plaisir de vous égrener un autre exemple du jeu que j'exposai dans le dernier billet d'humeur, celui des anagrammes casés... Allez l'y lire si vous l'osez ! Ce texte, beaucoup plus hard, contient au moins trente anagrammes du mot "Réticence", dont plusieurs répétés (et en une occasion l'un d'eux est accordé au pluriel, donc avec un S... Bon, c'est de la triche, je l’admets !). Le plus petit fait deux lettres. Bonne chasse !

Laid Producteur :

Ceinte de fleurs selon un rite vaguement originaire de Cirène, la pseudo-vestale de Nice fut saillie sur la crête... Sans réticence et sans qu'elle ne crie, du moins sans cri de protestation devant ce sacrilège, cette ensorceleuse Circé fut réée après la cène par un beau légionnaire, sans doute né juif ou yankee, car circoncis...

La nuit, américaine, était loin d'être d'un noir d'encre lorsque le réalisateur tourna la scène, écrite par un crétin pour qu'on se rince l'oeil... Il en rit encore alors qu'il tire sa blondasse, de ce que les branleurs font au ciné porno du coin ou sur le net, devant ce qu'il créé. Lui, il n'a pas ce tic, ni cette pulsion masturbatoire.

Il trie le monde entre ceux qui se font exploiter, ceux qui plantent ton tee, te cirent les pompes... Et ceux qui, comme lui, baisent avec des femmes aux seins gros comme des citernes et vivent royalement dans une somptueuse villa, écrin luxueux de leurs délices de Capoue.

Pour citer Mel Brooks: "When you got it, flaunt it! »

28/04/2006

Lire et écrire, règles avancées

Je viens d'ajouter dans la liste des jeux originaux celui des anagrammes casés... Les règles en sont simples mais son exécution n'est pas à la portée de n'importe qui : il s'agit de prendre un mot au hasard (dans un livre, évidemment) et d'en trouver quelques anagrammes. Une ou deux dizaines devraient être un bon chiffre. Pas la peine de faire des anagrammes parfaites avec toutes les lettres, des mots plus courts fonctionnent aussi.

Mais le jeu ne fait que commencer : chaque joueur devra caser tous ces mots (ou le plus possible) dans un texte d'une page environ (ou moins si possible). Chacun lit son texte à haute voix, il est donc important de faire un texte assez drôle, élégant, ou original. De préférence, il faut que les anagrammes passent inaperçus à la lecture... Et tout le monde travaille avec les mêmes mots, les joueurs sont donc logés à la même enseigne.

Ce n'est pas très difficile pour qui est habitué à écrire (ou à Blogger...) mais c'est un défi tout de même ! Ce jeu occupe agréablement quelques heures. Je voudrais vous faire partager un texte comprenant vingt anagrammes du mot "Aurait". Le plus petit des anagrammes fait deux lettres, et le plus long est le mot lui-même (On eut pu en trouver largement plus de vingt, mais nous ne sommes pas devant Laurent Romejko, que diable...)

Récit de chasse :

L'aube naissait et tout était calme près du trou d'eau presque tari. Le soleil Kényan, Ra septentrional des sources du Nil, avivait les couleurs avec art, loin de troubler le rut matinal des lions... Robert Jones, explorateur, tria ses cartouches et rit, chargeant son fusil, pensant au pelage qu'il allait rapporter à la belle Tara. Tout ce dont il avait besoin, c'était d'un peu plus de jour...

Le soleil à l'horizon faisait encore une aura de la crinière du viril animal qui ruait sa femelle. Robert ajusta sa carabine, visa, tira... Et rata le fauve, distrait par l'émoi au creux de son propre bas-ventre provoqué par l'ami naturel qu'il scrutait intensément ! C'est sur lui que se rua le lion, et il s'en fallu de peu qu'il ne le tua, si ce rat de Robert n'avait pas été si vif... Robert fuit donc.

Notre héros eut été reconnu pour son cran s'il n'avait pas été estropié dans sa virilité. Cette histoire, fils mieux aimé, tu la raconteras dans ce bar louche bien connu de Nairobi. Rita la taulière la taira, ira jusqu'à la nier... Mais tu sais dorénavant la vérité : Voilà ce qu'il est advenu de Roger Jones, explorateur intrépide et chasseur émérite... Alias Rita Jones, barmaid au bar chez Tara !

Essayez de les trouver tous, pour voir !

Pharmakon

...En grec, ce mot signifie à la fois "le remède" et "le poison". Il a donné, en français, les mots pharmacie, pharmacopée, et toutes ces sortes de choses. Et cela faisait longtemps qu'il n'avait pas été aussi bien employé. Oh, de loin en loin, il y a toujours des affaires de ce genre, hélas : médicaments retirés, contre-indications peu respectées... Mais cette fois, c'est plus qu'un simple accident ou de la négligence.

L'information circule, la pharmacie Demours, dans le 17e arrondissement de Paris nous redonne une vieille arnaque, celle de la panacée, de l'or potable, et du "snake oil" des charlatans du Far West... Des pilules amincissantes qui ne sont pas franchement amincissantes, mais plutôt dangereuses : selon la dépêche, palpitations, vomissements et diarrhées sont au rendez-vous, désillusionnant bien vite les pauvres gens.

126 personnes sont déjà victimes, dont quatorze hospitalisés dans un état grave, cinq dans un état critique et un décès... En ces temps de traçabilité et de méfiance du consommateur, comment ces personnes (un nombre faramineux pour une pharmacie de quartier !) se sont-elles laissées prendre ? Il faut que le baratin soit bien rodé. Mais il est vrai que les mentions principe actif, naturel, biologique ou médecine douce font le gros du travail...

Et puis pourvu que cela ait l'aspect professionnel, la couleur bleue du Viagra et blanche de l'Aspirine, le petit pot bien fermé et industriel, l'étiquette sobre et l'aval de votre pharmacien, pourquoi vous poseriez-vous des questions ? Les français ne sont-ils pas ceux qui pratiquent le plus l'automédication dans le monde, et avec un succès redoutable, pourrait-on arguer, puisque nous avons aussi la meilleure espérance de vie ?

Ce qu'on oublie souvent, c'est que les nombreuses pilules de régime du commerce, vendues sans ordonnance, sont toutes dangereuses et à ne pas prendre à la légère. Comme toujours, il y a des instructions à suivre... Ce qui n'est sans doute pas le cas du remède meurtrier et artisanal de chez Demours. Même alors, nombre de médecins récusent ces produits, selon eux loin d'être indispensable : mieux vaut faire de l'exercice.

Doit-on prendre un médicament par simple confort ? C'est un vieux débat, comme celui de la chirurgie plastique, et qui va jusqu'à toucher du doigt le principe fondamental de la médecine, qui est, ou n'est pas, selon certains, soulager la douleur à tout prix... Une chose est sûre, lorsqu'il s'agit d'un médicament aussi douteux qu'une pilule de régime, il y a quand même des précautions à prendre. Mais je ne blâme pas les 126 clients malheureux...

Comment pouvaient-ils deviner que cela allait les rendre malades ? Habituellement, même en cas d'arnaque, quand ça ne marche pas le résultat est nul... La pilule est souvent un placebo. Ici, le pharmacien criminel a fabriqué un poison. Ce qui m'étonne, c'est le nombre de "contaminations" (et on ne les a pas toutes retrouvées) avant que quelqu'un ait remarqué quelque chose, et fait le lien.

Enfin, quelqu'un d'autre que le pharmacien. Oui, parce que même si ce n'est pas volontaire (qui après tout voudrait faire mourir ses clients, se privant de ses revenus, à moins d'en vouloir à certains... Mais je m'égare), il est peu probable qu'il ait été ignorant d'effets secondaires des principes inclus dans ses préparations. L'excuse du "je ne savais pas" alors qu'il a quand même continué à vendre, ça ne tient pas debout.

Remarquez, à force de remplir ses toilettes par tous les bouts, ça finit par marcher, ce régime.

27/04/2006

Au théâtre ce soir

L'autre soir, j'ai vu le Diable, et il n'avait pas fière allure. J'étais à une représentation de Dom Juan, de Molière, pièce tragicomique au texte qui fait plaisir à entendre... Plus qu'un séducteur, Dom Juan est un athée qui se moque du monde, et si la morale est avant tout religieuse, elle va plus loin que cela et reste toujours actuelle : l'homme qui ne croit en rien n'est rien lui-même, et le vice, même si l'on ne le qualifie pas de péché, reste le vice.

Mais je digresse, et je m'en voudrais de résumer un texte si riche. Je disais donc que là-bas, j'avais vu le Diable. Je l'ai aperçu dés mon entrée dans la salle, une de ces salles d'auditorium typique des banlieues communistes du 93, toute de briques et mal entretenue, petit succédané de Bolchoï, théâtre d'état qui amène pourtant les plaisirs de la culture, non sans héroïsme, à ceux qui devraient prendre un long train pour arriver au moindre musée.

Le Diable, cet autre rouge, était assis là, à quelques sièges de moi. Il était un peu pâlot et il avait tombé les cornes, mais on pouvait sans peine reconnaître l'homme noir des sorcières d'antan. Nous avons tous deux vu la pièce sans parler, c'est tout juste s'il a osé troubler le silence pour faire le mal, presque en s'excusant : un seul téléphone portable a sonné. C'était agaçant, mais c'était au tout début, et le propriétaire est sorti tout de suite.

Sur scène, les comédiens faisaient ce qu’ils pouvaient. Ma foi, ils ne jouaient pas si mal... Quelques chutes maladroites, quelques lapsus que personne n'a vus (le public était profane). Il y a beaucoup, beaucoup à redire de la performance des comédiens, mais il faut blâmer, très probablement, le metteur en scène. Le Diable l'a très bien vu, il en était atterré, le pauvre. Voyez-vous, la mise en scène était moderne... Et mauvaise.

Je dois préciser tout de suite que j'aime beaucoup ce qu'on appelle le théâtre contemporain, et la modernisation des classiques est souvent bénéfique. Une mise en scène dépouillée, l'absence quasi totale d'accessoires, un décor sombre, voilà qui donne aux comédiens une chance de tout meubler eux-mêmes, une grande liberté, et l'attention indivise du public. Le théâtre est un livre d'histoires, pas d'Histoire...

Mais là... Oser demander aux comédiens de tourner le dos au public, c'est bien, c'est naturel. Mais heureusement que j'étais prés des premiers rangs, sinon je n'aurai rien entendu ! De même, on voit bien qu'ils ont des mimiques, mais, de dos, on ne les voit pas. Et puis qu'est-ce que c'est que cette mode de taper dans ses mains pour un oui ou pour un non ? Tout ceci remplace fort mal les trois coups, et le reste.

Périodiquement, surtout autour des éléments surnaturels de la pièce, certains acteurs (restés sur scène, sans doute pour meubler) tapent dans leurs mains. Soit ça fait "regardez, j'ai pris des cours d'improvisation", soit ça fait "regardez, c'est moderne, c'est snob". Il eut été intéressant de trouver quelque chose de plus original, de moins ridicule, quelque chose qui casse moins l'ambiance solennelle, tragique ou comique.

Et puis ce sont des claquements de mains qui remplacent les coups frappés à la porte de Dom Juan par la statue du Commandeur... Certes, c'est du théâtre, mais je ne sais pas si vous imaginez un poing de pierre, caverneux, sépulcral, frapper sur une porte de chêne de manière à vous glacer les os (c'est ça, dans la pièce !) figuré par trois péquins masqués qui tapent mollement des mains, même pas bien synchronisés.

Plus on avance dans le surnaturel, plus les autres acteurs, grotesques avec leurs masques, se mettent à évoluer lentement, qui manipulant un pendule (hautement symbolique, et aussi hautement banal... Comme une comique mouche du coche tournoyant près des tirades fatiguées et boueuses de Dom Juan), qui jetant des regards lourds (de fatigue ?) au public (pour compter les spectateurs ?), qui Béjartisant vaguement.

C'était une mise en scène très commune, avec des chaises (comme dans d'autres Dom Juans modernes d'ailleurs ! vraiment rien d'original) et presque aussi pathétique que le film avec Alain Delon dans le rôle titre, pantalonesque vieillard défraîchi face à un pathétique Michel Boujenah en Sganarelle mou (sur fond de polyphonies corses, en plus, n'importe quoi...). C'était vide, et plus qu'ennuyant, c'était agaçant.

C'est tout de même Dom Juan qui a remporté la palme du pire cabotin radoteur... Ses tirades, lassantes, accentuaient encore l'effet qu'un tel épouvantail dégingandé ne peut séduire personne, surtout avec une maigreur presque ravagée et un costume aussi ridicule. C'est un Dom Juan désabusé, blasé et cynique, mais sans amour pour la vie ni la jouissance, et qui fatigue vers la fin, de plus en plus monocorde, sentencieux...

Alors que Dom Juan devrait être plein de vie, fringant, enrubanné, un beau Diable ! Celui-ci, dans l'assistance, n'en a pas cru ses yeux. Quoi ? Ce raide fil de fer articulé, ce lampadaire dénué de présence, ce petit bourgeois blasé, déchet commun et transparent comme un gobelet en plastique, Cadavre transi qui déclame comme une vieille savate en se prenant pour Desproges ? Remplacer un personnage aussi sexué, aussi plein de vie ?

A cause de lui, et de la mise en scène, toutes les dernières répliques de Sganarelle sont tombées complètement à plat... Ainsi que quelques autres. Dommage. J'ai appris plus tard que l'acteur qui jouait Dom Juan avait (quelle surprise...) fait la mise en scène. Tout s'explique. A sa mort, après son ridicule geignement et les gesticulations des divers spectres en marshmallow, le Diable n'est pas venu le chercher.

Il n'y a pas eu de fumée, pas de flammes, le Diable s'est simplement levé et il est parti. Comme j'étais le seul à le voir (les acteurs sont trop imbus d'eux-mêmes, et le public est trop bonne pomme), il m'a jeté un regard en sortant. Pas un de ces regards à la Faust des Méphistophélès en collants rouges, ceux qui disent "je te reverrai bientôt !", mais un regard las, atterré, et plein de compréhension pour moi et le public.

L'indifférence est une chose terrible, celle des gens importants l'est plus encore... Même quand on applaudit par ailleurs. Voyez-vous, le public était composé de lycéens en sortie scolaires, qui n'y connaissent pas grand chose, et à qui on a dit d'applaudir quand même. Tous les autres étaient des invités ou des amis des acteurs, venus pour faire plaisir à une représentation un peu à la sauvette. Et la salle était tout sauf pleine.

Gageons que la pièce a besoin de rodage... Même si le texte est balisé, archi-balisé, classique, lu par tout le monde, joué par tout le monde à l'école (c'est ça ou le bourgeois gentilhomme, ou alors le médecin malgré lui, ou le malade imaginaire... à la limite les femmes savantes... ou carrément tous à la fois), et que les autres acteurs ne sont pas mauvais... Et espérons que Satan daignera relever Dom Juan la prochaine fois.

26/04/2006

It's only make believe

Vous avez peut-être remarqué dans ma liste de sentences qui tuent (un peu plus bas sur ce Blog... Allez-y, ce n'est pas si loin !) la phrase "There's a sucker born every minute" attribuée à un certain David Hannum, illustre inconnu. Et, si vous connaissiez cette phrase, vous vous êtes sûrement dit "Palsambleu, mais voilà qui Ets étrange, n'est-ce point la phrase de P. T. Barnum ?"... Ou quelque chose de ce genre. Et vous auriez eu raison.

Enfin presque. Il s'agit d'une phrase qu'on attribue à Barnum parce qu'elle lui est toujours associée, et que son auteur réel n'est absolument pas célèbre. Pour ceux qui ne savent pas qui était P. T. Barnum, c'est celui du cirque Barnum & Bailey, le grand arnaqueur et concepteur de shows forains et de music hall, self-made-man et montreur de galeries de monstres célèbre pour ses hyperboles (et aussi pour Eléphant Man, mais bon).

Comme l'histoire de cette citation particulièrement acerbe et lucide est intéressante, je vous la résume. A l'époque de Barnum, les Etats-Unis sont en pleine démocratisation des loisirs. En même temps, de nombreux pasteurs évangélistes prêchent contre les théories de l'évolution (c'est encore le cas aujourd'hui) et parlent des temps reculés où des géants et des dragons vivaient sur Terre, réinterprétant diverses trouvailles paléontologiques.

En 1868 un certain George Hull de Binghamton (état de New York), vient de se former pendant deux ans à l'archéologie et à la paléontologie... Durant ces deux ans, il a machiné un plan si machiavélique, un canular si énorme, une arnaque si monumentale qu'elle ne peut que fonctionner. Ce plan, qui dénote une compréhension aiguisée de la nature humaine et de son époque, nécessite une longue mise en place.

George Hull n'est pas un professionnel de la paléontologie, mais c'est un entrepreneur visiblement brillant qui a réussi dans la manufacture de cigares. Erudit et notable (ce qui, dans la mentalité protestante, ne donne que plus de poids à ses opinions : qui a réussi dans la vie a "gagné son pain à la sueur de son front"...), il a aussi voyagé un peu partout aux Etats-Unis et s'est érigé en athée résolument sceptique.

Il se rend tout d'abord à Fort Dodge, Iowa, où il avait remarqué deux ans auparavant une carrière de gypse. Le gypse est parfait pour son plan car il présente des veines d'un bleu foncé qui lui donnent un aspect vaguement organique, en plus d'être facile à tailler. Hull paie des ouvriers pour lui découper un bloc de 4m par 1m par 1m30 environ. Il ne leur en dit pas plus, car il ne faut pas que trop de gens soient au courant.

En novembre de la même année, le bloc (soigneusement enveloppé dans de la toile pour en préserver le secret) est transporté par diligence vers la gare la plus proche, à près de 70km de là... Après un voyage difficile, il est expédié par le train à Chicago où l'attend un tailleur de pierre du nom de Edward Burghardt. Celui-ci, bien payé ainsi que ses assistants par George Hull, a des instructions extrêmement précises :

Tenus au secret, ils ont pour tâche de sculpter un "géant" de gypse dans une grange à l'écart de la ville, et uniquement durant leurs jours de congés et leurs dimanches. Le géant devait avoir l'air d'être mort dans d'atroces souffrances. Le résultat est à la hauteur, très expressif et surtout détaillé : ongles de mains, de pieds, narines, sexe, une main porté au ventre... Une aiguille est même utilisée pour tailler les pores de la peau !

Une fois le géant fini et aspergé d'une solution de vitriol et d'encre pour le "vieillir", le géant, convenablement emballé, est réexpédié par le train jusqu'à la ferme de William Newell, le cousin de George Hull, près de Cardiff (dans l'Etat de New York, hein, pas au Pays de Galles...). Notez que c'est très pratique : Il s'agit d'un homme de confiance (ce qui est nécessaire à cette étape du plan), mais qui ne porte pas le même nom que Hull.

Hull, Newell et son fils aîné enterrent ensuite le géant en travaillant exclusivement la nuit à peu près entre la maison et la grange de Newell. Même s'ils savent qu'il s'agit d'une arnaque et ont une part garantie dans celle-ci, pour que le secret soit total, ni Newell ni son fils aîné ne sont au courant de la suite du plan ni de ce qui a précédé. Le reste de la famille, les amis, les voisins, sont tenus dans l'ignorance la plus totale.

Hull leur promet que, dans environ un an, il reviendra exécuter la suite du plan avec eux. Par chance (mais est-ce vraiment de la chance ? Hull est un paléontologue averti), six mois plus tard, on déterre des fossiles près de la ferme des Newell, et des journaux relatent la chose dans tout le pays. Un an après avoir enterré le géant, et alors que ces articles providentiels sont encore dans les mémoires, Hull se manifeste comme promis.

Il envoie une lettre à Newell le 15 octobre pour tout lui expliquer. Sur ses instructions, Newell engage deux ouvriers (peu éduqués, au dessus de tout soupçon dans le cadre d'une arnaque) pour creuser un puits. Il leur demande "parce que c'est pratique" de creuser entre sa grange et sa maison, et il attend. Comme prévu, en début d'après-midi, les ouvriers viennent lui annoncer une grande "trouvaille" : un géant pétrifié...

La nouvelle fait vite son chemin, et le jour même, les visiteurs affluent. Dés le premier après-midi, Newell érige une tente autour du "tombeau du géant" et fait payer l'entrée 25 cents. Deux jours plus tard, le Syracuse Journal publie la découverte, et le nombre de visiteurs augmente... Ainsi que le prix des entrées, qui passe à 50 cents. Une compagnie de diligence offre même quatre allers-retours par jour depuis Syracuse !

Chaque jour, parmi les milliers de visiteurs, se pressent des ecclésiastiques, des professeurs, des érudits et des scientifiques émérites. Avant longtemps, l'opinion des experts est divisée selon deux théories. La première : c'est un géant fossilisé. La seconde : c'est une statue ancienne. Et c'est par là que l'on constate toute l'ingéniosité du plan de Hull : Cette controverse, prévue, est la "diversion du prestidigitateur".

Trop occupés à se demander s'il s'agit d'un humain fossilisé ou d'une statue et dépourvus de méthodes de datations modernes, les scientifiques, les théologiens, les experts et ceux dont l'opinion compte (et derrière eux la majorité des visiteurs), ne cherchent pas à mettre en doute le fait qu'il s'agisse bien de quelque chose d'ancien... Ainsi, personne ne crie au scandale au milieu des cris, et personne ne vérifie s'il s'agit d'un faux !

Dix jours après la découverte du "Géant de Cardiff", au moment où il commence à faire couler de l'encre au niveau national, Hull et son cousin vendent un intérêt à valeur de deux tiers des profits du géant pour 30000 dollars (une somme énorme à l'époque) à une association commerciale de cinq hommes basée à Syracuse, à la tête de laquelle se trouve le banquier David Hannum (eh oui, c'est lui !). Ils décident d'exposer le géant en ville...

Et, tant qu'à faire, prétextant les frais nécessaires au déplacement et à l'exposition du géant dans une galerie ainsi que l'authentification "coûteuse" par des experts, les propriétaires associés du géant augmentent le prix de l'entrée à un dollar par tête de pipe. Le géant est, cette année-là, l'exposition dont on parle le plus aux Etats-Unis : près de 3000 personnes se pressent pour venir le voir chaque dimanche, malgré le prix !

P. T. Barnum s'intéresse à cette affaire, comme à tout spectacle qui pourrait lui rapporter de l'argent. Il envoie un de ses sbires pour voir de quoi il s'agit, lequel lui confirme tout, ainsi que le nombre faramineux de visiteurs. Barnum se fiche de savoir si c'est un faux, il ordonne aussitôt à son sbire (par câble express) de faire une offre aux propriétaires pour racheter le géant à valeur de 50000 dollars. Hannum refuse l'offre.

Barnum, qui est tout de même un expert, sent l'arnaque. Il se dit que ça ne fera peut-être pas long feu, et décide de ne pas surenchérir. Comme il veut tout de même avoir sa part du gâteau et que cette nouveauté est dans l'air du temps, il engage une équipe pour sculpter son propre géant. Avant peu, il dévoile son propre géant et clame qu'il l'a acheté à Hannum et que celui-ci n'expose à présent qu'une reproduction !

Et rebelote : des milliers de gens affluent pour voir le géant de Barnum, parce que, lui, il a déjà un nom, et que son histoire est plausible. Comme il a des relais, beaucoup de journaux impriment même la version Barnum de l'histoire, c'est à dire que le géant de Hannum et Hull est un faux et que celui de Barnum est authentique. C'est à ce moment que la citation de Hannum paraît : "There's a sucker born every minute !"

Hannum (qui a, soit dit en passant, toujours l'impression que son géant est un authentique fossile ou une authentique statue puisqu'il n'a pas participé à l'arnaque du début !), fait évidemment référence aux milliers d'imbéciles qui paient pour voir le géant de Barnum. Cette phrase n'a-t-elle pas, pourtant, une dimension universelle, par son élégance, et surtout par le fait qu'elle choque en envenime les choses ?

Et cela ajoute à la confusion, pour le plus grand plaisir de Barnum : celui-ci, par une seconde diversion, a détourné toute l'arnaque à son profit (et est même arrivé à voler la phrase de Hannum !). Trop occupés à se demander quel géant est authentique, distrait par une bataille d'experts, de noms, de scientifiques et de journalistes, le public n'est même pas effleuré par l'idée que les deux sont des faux.

Hannum fait un procès à Barnum pour diffamation, erreur grossière de quelqu'un qui n'est pas dans la confidence... Au procès, Hull est appelé à la barre et dévoile toute l'histoire. Le juge, certainement amusé, prononce un non-lieu en faveur de Barnum : Même s'il en a fabriqué une copie, on ne peut condamner P. T. Barnum pour avoir qualifié le premier géant de "faux", puisque c'en est effectivement un.

Oh, bien sûr, après-coup, tout le monde a dit "j'en étais sûr", et s'est tourné vers les rares experts qui avaient compris le truc. Un avis d'archéologue le qualifie effectivement ainsi : "An impossibility, a statue, a clumsy fraud, and just plain silly". Pourtant, cet avis n'eut pas grand effet sur les esprits : l'acceptation du géant n'était basée, comme pour tant d'autres choses, que sur le désir et le besoin d'y croire.

Depuis lors, puisque David Hannum, banquier naïf, n'avait rien de remarquable, et que Barnum avait à la fois le don de l'esbroufe, du vol, et celui du théâtral, c'est à lui qu'on attribue la citation. Voilà toute l'histoire, récit d'une époque de forains haute en couleurs et d'arnaques faites de bouts de ficelles et de blocs de gypse. Ne la regrettez pas, nous vivons une époque similaire... et tout aussi drôle et intéressante, quand on y songe.

25/04/2006

Trafic d'organes

Tiens, c'est la Saint Marc aujourd'hui. Bon, j'en n'ai rien à battre, je ne connais pas de Marc. C'est pourtant un joli nom. Accessoirement, Saint Marc est celui qui a écrit l'évangile du même nom (et il ne s'est pas vraiment cassé pour le titre, comme tous ces gens là...). Il a abrité pas mal de chrétiens du temps des persécutions, il a accompagné Saint Pierre à Rome, et il est mort à Alexandrie sans même se faire martyriser, en 67.

La place San Marco de Venise (et surtout l'église du même nom) est appelée ainsi parce qu'on a acheminé le corps de Saint Marc (ou ce qu'on a cru à un moment être le corps de Saint Marc, ou, plus probablement encore, ce qu'on voulait faire passer pour le corps de Saint Marc pour une basse raison politique et monétaire à la "nous aussi on a des gros saints"...) dans cette ville humide, même s'il n'avait pas grand chose à y faire...

C'est le privilège des saints (et des mannequins) d'avoir un corps très demandé. On se les arrache ! Littéralement d'ailleurs, vu le nombre de reliques vraies et fausses qui circulent encore. Avec la crise pétrolière, ça fait cher la phalange. Je me demande à combien s'élève le bout de Jean-Paul II... Les anticléricaux diront que déjà de son vivant, son bout ne s'élevait plus beaucoup et surtout pas pour grand chose, certes.

Tout ça me fait penser à la pratique funéraire peu scrupuleuse que les créateurs de Star Trek ont attribué à une race ultra commerciale et cupide au point d'en être à la fois pittoresque, stéréotypée et ignoble, les Ferengis. Leurs morts ne sont pas enterrés ni incinérés, mais lyophilisés et revendus dans des petites boites "collectors" avec certificat d'authenticité. Et là aussi des faux circulent. Moi je trouve ça très humain...

Mais sérieusement, les chirurgiens et les embaumeurs de Sa Sainteté, pour peu qu'ils aient eu l'âme un peu simoniaque (Simoniaque, d'après Simon le Mage, qui, dans l'évangile, voulait s'associer avec Jésus pour commercialiser ses prodiges, le confondant avec un "simple" sorcier... Avec le blé que se fait encore l'Eglise, c'est Simon, ce gagne-petit, qui aurait pu prendre des cours...) peuvent se faire pas mal de blé à la revente.

Pareil pour Mère Thérésa. En plus c'est le genre de chose qui, une fois authentifiée et mise dans son joli présentoir, ne peut que prendre de la valeur avec le temps. Et dans cent ans, qui sait quelle fortune on pourra en tirer ? A mon avis il y a certains croque-morts et certains gériatres qui ont assuré l'héritage de leurs petits enfants "en nature", en plus de leurs fantastiques honoraires de médecin des stars.

A tout le moins, ce sera mieux que la relique de la côte flottante de Cher, même pour les fans de Ralf König.

Mais moins drôle, aussi.

22/04/2006

Cordon s'il vous plaît

Dans la série "traditions bretonnes", il y en a une qui fait toujours rêver : les pierres levées. C'est la fierté de la civilisation celte : des cailloux alignés par rapport aux étoiles. C'est très astucieux. Evidemment, il ne faut pas autant de travail pour aligner des menhirs, même très jolis, que pour bâtir une pyramide, un mausolée à l'antique, des jardins suspendus, le phare d'Alexandrie, ou même les antiques statues bouddhiques qui parsèment l'Asie.

Vous allez me trouver médisant, mais je ne trouve pas ça si fascinant que ça. Oh, d'accord, c'est joli, ça force le respect, mais de là à en déduire une conspiration à la Da Vinci Code ou considérer ça comme une merveille du monde... D'aucuns, qui ne comprennent pas comment les pierres ont été amenées là (négligeant sans doute le travail et l'ingéniosité de nos ancêtres, qui ne devaient pas être plus cons que nous...), crient à l'OVNI.

Je trouve ça d'un racisme achevé ces histoires d'anciens astronautes. Comme si les celtes avaient eu besoin d'aide extraterrestre pour concevoir un calendrier un peu lourd. Même chose pour les pyramides du Mexique, ou celle de Gizeh, les lignes de Nazca et des tas d'autres monuments dits primitifs : certains disent que "ce n'est pas possible pour des gens de cette époque d'avoir fait ça", simplement parce qu'ils ne savent pas le refaire.

C'est vrai quoi, personne ne va dire que la cathédrale de Chartres, le mont Rushmore ou le Parthénon sont l'oeuvre d'extraterrestres qui s'ennuyaient ce jour là, non ? Pourtant, les cathédrales, on serait bien en peine d'en refaire aujourd'hui, pour ne citer qu'elles. Tout ça pour dire que les alignements de pierre, les dolmens et autres monolithes, ça reste largement du domaine de l'humainement possible. Surtout quand on en voit certains...

Tout le monde connaît Stonehenge, Carnac, peut-être même en avez-vous aperçu deux ou trois autres assez sympathiques... Personne ne connaît les multiples pierres levées de la forêt de Fougères. Et pour cause : le dolmen dit "de la pierre au trésor", par exemple, n'est qu'un tas indistinct et moussu, visiblement un peu excavé histoire qu'on puisse voir en se forçant qu'il y a pu y avoir un trou mais que ça s'est peut-être effondré.

Si je vous dit qu'un peu plus loin le "cordon des druides" constitue un alignement de près de cinquante pierres levées en quartz, vous êtes impressionnés. Malheureusement, ce ne sont que des cailloux gris, mal alignés, inégaux en taille, impurs, pas taillés, pas sculptés, pas peints, et pas orientés par rapport à quoi que ce soit de céleste. Il n'y a rien en dessous, rien alentours. Les tas de graviers de Blair Witch sont plus impressionnants.

Comment les archéologues savent-ils qu'il ne s'agit pas d'un phénomène naturel ? Mystère, mais ils ont sûrement leurs méthodes. Quel est l'intérêt de nous montrer tout ça ? Aucun. Peut-être qu'on découvrira autre chose un jour. En attendant c'est un attrape touristes. Les rochers de la forêt de Fontainebleau sont bien plus jolis et étranges. Pourquoi personne ne soutient que les OVNIs sont passés par là ?

21/04/2006

Caban au fond du jardin

Puisqu'il faut toujours parler d'actualité, je vais vous parler d'un truc qui n'a rien à voir en faisant un lien subtil. Attention, ça va aller très vite... Nous sommes aujourd'hui le 21 Avril, date anniversaire d'une certaine autre date que tout le monde semble croire importante politiquement en France. Il se trouve que le 22 et le 23 j'ai deux copines qui fêtent coup sur coup leurs anniversaires, et elles ne se connaissent même pas.

C'est pourquoi je vais vous parler des traditions bretonnes (Vous avez vu, hein, ça c'est de la transition ! Il y a des jours où je m'étonne moi-même...). La Bretagne est un pays fort, et lourd de traditions séculaires. D'aucuns diraient qu'il est fort de ses traditions, alors que d'autres n'hésitent pas à affirmer qu'il est fort lourd de ses traditions. Je vous avais déjà parlé des néo-druides puant le chouchen et le mauvais guide touristique de Pline.

Savez-vous en sus que la Bretagne est la seule région de France (quoique je ne les aie pas toutes explorées, mais tout de même...) où j'ai pu trouver un caban ? Eh oui, la grande tradition du caban de marin breton, vêture chaude, pare-vent, pare-pluie et pare-soleil, est bien vivante. Bon, personne n'en porte en Bretagne. On dirait qu'ils se sont tous déguisés en parisiens. C'est comme les pulls rayés, c'est trop ringard, malgré le côté pratique.

Mais essayez de trouver un caban à Paris : je n'en ai pas vu depuis belle lurette. Je faisais encore les magasins il y a quelques mois et j'ai demandé partout s'ils avaient des cabans... La réponse qu'on me faisait toujours : "des quoi ?!". Le mot même semblant inconnu, je décrivais du mieux que je pouvais la coupe et l'aspect du manteau, et obtenais en retour un sourire entendu et une sélection de duffel-coats. Et moi de soupirer face à l'incompétence.

Une fois, une seule, le vendeur semblait savoir de quoi je parlais. Bon, je ne donnerai pas le nom du magasin, mais ça n'était pas non plus chez n'importe qui. "Des cabans, monsieur ? Attendez, je vais chercher cela en réserve, je pense que cela vous satisfera..." m'a-t-on répondu. J'étais aux anges ! Mais c'était prématuré : Qu'y avait-il dans la réserve et que le vendeur avait pris pour des cabans ? Des duffel-coats, bien sûr.

Car enfin, il y a tout de même une grosse différence entre un caban et un duffel-coat. Pas seulement la couleur, le matériau et la coupe, mais l'absence de capuche, les boutons, la longueur, le revers, les poches... Ce n'est vraiment pas sorcier à reconnaître. Pour ceux qui ne voient pas du tout de quoi je veux parler, pensez aux Beatles. Ils avaient des cabans. Voilà. En plus, la mode du caban pour femme revient.

Toujours pas ? Allez, je vous met une photo (c'est un St James) puisque vous insistez. Si je n'avais pas une de ces pelures marines en face de moi je me dirais que c'est une conspiration colossale ou que je suis fou, que je suis comme cet homme qui se souvient d'une chose qui pour lui a toujours été et qui s'aperçoit graduellement que cela n'a jamais existé pour personne. Un peu comme les vleptes. Comment ça, vleptes, ça n'existe pas ?

20/04/2006

Exceptions

Qui a dit que ce sont toujours les meilleurs qui s'en vont ? Voici l'exception qui confirme la règle : Au même âge, à peu près, la Reine Elizabeth II est encore en vie et Philippe Castelli est mort. Et c'est bien fait. Ze Couine est une personne très avisée et pleine d'humour (elle a tout de suite vu quelle salope serait Diana et quel thon serait Camilla, pour commencer...), alors que Castelli a toujours été abject, c'est connu, et ça a fait son succès.

D'ailleurs ce n'est pas tout : Il semble que ce soit le temps de l'exception, puisque la pseudo-révolution autour du CPE s'est chez-nous temporairement calmée alors que nous sommes un pays qui a historiquement une grande habitude de la chose... Et qu'une monarchie datant du XVIIe siècle a Katmandou est, selon toute apparence, sur le point d'être renversée. Ce qui ne serait pas plus mal, mais c'est un autre problème.

De même, Julia Roberts s'est faite éreinter à son premier passage sur la scène de Broadway. Qu'il s'agisse du trac, du décalage, d'une incompréhension, du fait qu'elle joue comme un pied quand il s'agit de théâtre, de ce que les critiques New-yorkais sont tous des stéréotypes vivants sortis de la même école qui leur apprend à snober à la fois Hollywood et Stephen King tout en adorant la musique sérielle, ou de tout ça en même temps, allez savoir.

Mais je suis soudain si disert à propos de l'actualité que j'en oublie les choses importantes... Une fois n'est pas coutume, j'ai nettoyé mon petit coin de toile. Appelez ça nettoyage de printemps, purge, élagage ou amputation des membres gangrenés, mais j'ai supprimé deux listes. C'en était trop. Bon, j'en ai aussi rajouté une, celle des jeux marrants et originaux (c'est à dire différents de ceux que tout le monde connaît déjà).

Bon, je sais, ce billet est flou, sans plan, sans fil directeur, administratif et pas très bien écrit non plus. C'est un post un peu court et mou par rapport à d'autres, mais comme je n'ai pas l'impression d'être intéressant d’habitude, du moins pour d'autres que moi, ça ne devrait pas beaucoup vous changer. La prochaine fois, je serai peut-être motivé pour faire un billet un peu plus bandant (c'est à dire long et dur, forcément).

18/04/2006

Pâques, manne

Les pâques viennent de passer, temps béni de la sortie d'Egypte et de la résurrection. Encore une fête sanglante pour fêter la venue d'un printemps que craignaient les païens : le sang du Christ mort pour qu'il puisse ressusciter et que le monde soit sauvé, renouvelé par l'âge de la grâce; le sang des premiers nés et celui de l'agneau pascal qui protège de la colère divine et permet de sortir de l'hiver de l'esclavage...Décidément, Dieu adore le sang.

Et moi j'adore les oeufs en chocolat. D'ailleurs j'en ai eu pour pâques et je ne m'étendrai pas sur leur rôle symbolique, ça me les casse, les oeufs. Mon neveu, qui n'est pas très grand, est passé en hurlant à tous les endroits propices pour découvrir les chocolats ovoïdes et autres catalyseurs de sa délectation infantile. Tradition vaguement slave oblige, nous avons aussi teint de vrais oeufs avec des pigments et des décalcomanies...

Les oeufs teints, qui sont des oeufs durs, il faut les cogner entre eux : celui dont l'oeuf casse a perdu et le donne à manger au vainqueur. Oui, bon, si vous n'aimez pas l'oeuf, ça n'a qu'un intérêt limité, mais c'est sympa. Batailles d'oeufs, chocolats, jouets, jeux, courses et excitations diverses, sans oublier le repas de famille... Mon neveu s'est bien dépensé. C'est vital, pour lui et pour les autres, comme ça il dort bien la nuit. Bref, une belle fête.

C'est peut-être un sale jeu de mots, mais c'est ce qui s'appelle se taper la cloche. Reste maintenant à éviter la crise de foie, s'astreindre religieusement à seulement un ou deux chocolats par jour, et à pratiquer un jeûne sélectif (régime tomates-concombre, et une carotte en l'honneur du lapin de pâques... J'exagère bien sûr) pour perdre les kilos qui vont avec... Je savais bien qu'il y avait une raison pour faire carême avant pâques.

16/04/2006

Frêles de sang

Demain, c'est la journée mondiale de l'hémophilie, terrible maladie congénitale du sang qui empêche la coagulation, provoquant d'horribles douleurs articulaires et aggravant toute blessure, ecchymose ou hémorragie. Cette affliction me fait immanquablement penser à la cohorte des vieilles maladies répandues dans les nobles lignages, aux noms anciens, telles la consomption, la phtisie, la tuberculose et la petite vérole...

Celle-ci est héréditaire et peut même sauter des générations. Vous souvenez-vous de cette dynastie aristocratique passablement consanguine d'Europe dont tous les membres étaient atteints d'hémophilie ? Cela a dû être un calvaire pour eux : non seulement les malades sans traitement moderne meurent jeunes et éprouvent des douleurs constantes, mais ceux-là étaient affichés comme l'exemple d'une noblesse viciée au XVIIIe siècle.

Ces pauvres riches étaient condamnés à ne pas trop se montrer, pas seulement de peur de se blesser à cette époque de cape et d'épées, mais surtout parce que le moindre effort s'accompagnait de souffrances sans nom croissant avec les années. En plus c'est une maladie du sang, donc chargée de symboles (le sang bleu des aristocrates est-il corrompu ? Qu'en est-il des vampires, pâles nobles suçant littéralement le sang du peuple ?)

Moi, j'ai toujours trouvé ça marrant, intéressant à étudier, comme la maladie des "enfants de la lune", l'albinisme, la porphyriose, l'hypertrichose et les allergies au soleil, l'anémie falciforme et des tas d'autres choses qui expliquent scientifiquement (ou tentent de le faire) les mythes, symboles et faits ethnologiques de nos cultures. Bon, c'est mes goûts... Ce qui n'empêche pas de plaindre les hémophiles. Sans pour autant m'apitoyer.

Non, je ne suis pas impitoyable, c'est juste que je connais un ou deux hémophiles et que non seulement ils ne sont pas handicapés mais ils n'aiment pas qu'on les considère comme tels. C'est vrai quoi, c'est grave, mais on n'a pas besoin de le leur rappeler ou de les regarder différemment. Même chose avec les séropositifs. Aurait-on, après tout, le même regard sur un diabétique, une maladie tout aussi terrible qu'invisible il fut un temps ?

Heureusement pour eux, c'est plutôt discret, tout ça.

15/04/2006

Breizh Na Viken, ou un truc comme ça

Parti me ressourcer et prendre le bon air de la mer, comme les dames d'antan allaient faire des cures au moindre signe d'évanouissement (sans se préoccuper de dégrafer leur corset), j'ai sciemment refusé les places aux premières loges pour voir le tassement de l'affaire du CPE. D'après ce que j'ai entendu (et lu) c'était encore plus le cirque à la fin qu'au début, question manoeuvres politiques et effets de manches. Laissons cela.

Dans ma paisible retraite champêtre, au bord d'un ru gazouillant et à quelques mètres du pré de quelques charmants moutons, j'ai médité, reposé et serein face à l'horizon délicieusement forestier et aux pêchers en boutons, respirant l'air vivifiant et vacancier du printemps breton, me délectant d'un feu de cheminée et de quelques crêpes, un livre à la main... Joie et bonheur sur toute la ligne.

Evidemment, pas moyen d'avoir du réseau pour les portables, il y avait à peine quatre chaînes hertziennes sur l'antique télévision, les prises de courant se faisaient rares dans certaines pièces et pour la connexion au Net, pas la peine d'espérer. Il n'y avait même pas de micro-ondes, les moutons d'a côté chiaient à tout va, et il fallait chasser les punaises de bois autour des fenêtres. En même temps c'était un peu le but : rusticité avant tout.

Sinon, l'un dans l'autre, la Bretagne, c'est sympa. Les librairies sont paradisiaques et je m'y connais, les noms sont pittoresques... Qui ne connaît la Vilaine, rivière qui passe par Rennes et Vitré ? Sens et Dol, toujours opposés ? Je suis passé dans un village du nom de Vieux-Vy sur Couesnon, rien à voir pourtant avec une bite du troisième âge alanguie sur une fesse tannée. Quoique, il y avait une maison de retraite dans les environs.

Mais tous les villages se ressemblent, ou du moins ont-ils des caractères communs qui couvrent leurs spécificités. Par exemple, ils ont tous une place de la République (celle sur laquelle tout le monde se gare, et surtout les touristes qui vont faire leurs courses), une rue du Général De Gaulle, et, inexplicablement, une rue des tilleuls. Tout aussi inexplicablement, c'est en général cette rue qui abrite la maison de retraite ou le club du troisième âge.

Il semble aussi que la Bretagne (surtout la Manche et l'Ille et Vilaine) concurrencent sérieusement la Vendée pour le titre du département avec le plus de ronds-points de toute la France. Triste constat : il y en a parfois plusieurs qui se suivent, inutiles, n'ayant chacun que trois issues... Un vieux problème parmi d'autres. Peut-être vous en conterai-je plus un autre jour sur ma relation amour-haine avec la Bretagne un autre jour.

07/04/2006

Le gros Gwen-ha-Dudule

Je pars ! Je m'en vais ! Il suffit, point de larmes. Pris du besoin de changer d'air, je m'en vais à la campagne soigner mes nerfs au milieu des vaches folles et des poules patraques, ou des cochons pestiférés, ou de quoi que ce soit... Ce qu'ils ont en stock en ce moment. Je constaterai de visu combien les manifestations anti-CPE s'étendent hors les villes, ainsi que la pénétration de la technologie dans les hameaux. Mais c'est accessoire.

Je pourrai aussi prendre des nouvelles de la Peste Grippale Aviaro-Bovine Spongiforme Fractaloïde Qui Précarise Sa Mère La Pute (ou PGABSFQPSMLP, ou quel que soit le nom de l'épidémie à rotoluves en vogue actuellement), voir si il est d'aussi bon ton de détester la droite, Le Pen, De Villepin et Sarkozy là-bas qu'ici... Mais je vais surtout m'éloigner de ces problèmes tellement obnubilants en faisant semblant de m'en rapprocher.

Je pars donc en Bretagne. Un de mes amis se plaît à dire que Rennes tient le flambeau de la contestation anti-CPE, mais je pense que je vais trouver là-bas d'autres raisons de me plaindre. Les nappes phréatiques réduites comme la peau de chagrin, l'odeur des porcheries industrielles, les résidus de marées noires, les moules pourries... Je trouve toujours. Mais je n'y vais pas pour ça non plus, vous pouvez me croire.

Non, j'y vais pour les vacances, pour une semaine, pour prendre l'air marin, pour aller faire des ballades en forêt, revoir les châteaux bretons que j'affectionne, rapporter des patates de St Malo, m'acheter un nouveau caban, pour regoûter au pain de campagne et au beurre salé, pour lire au coin du feu quand il fait un temps bien breton, guetter la Bigouden avec son rouleau de sopalin sur la tête (jamais vu, je ne vais pas dans les bons coins)...

Et surtout manger des galettes soubises. Avec des oignons, et tout.

A la semelle prochaine, comme disait l'autre !

06/04/2006

L'esprit de la loi, la loi de l'esprit

Le trafic aérien a été perturbé ces dernières semaines par toutes ces journées d'action et de grèves sur lesquelles je ne m'étendrai plus... Comme s'il n'était pas assez congestionné d'habitude, et comme si le surbooking ne suffisait pas à mettre dans les drames les voyageurs qui (qui l'aurait cru ?) souhaitaient exercer la liberté première de tout homme, celle qui définit le mot même, celle d'aller et venir où bon leur semble.

Cela me fait me ressouvenir d'une anecdote (authentique) que vous pourrez ressortir à vos prochains dîners mondains. L'histoire se passe à l'aéroport de Strasbourg. Régulièrement, la fourrière embarquait une Ferrari mal garée de devant les départs, là où c'est interdit. Toujours la même, la voiture restait une, deux semaines ou plus à la fourrière avant que son propriétaire ne revienne la chercher, payant ce qu'il fallait de bonne grâce.

Le propriétaire faisait visiblement exprès de laisser sa voiture à des endroits illicites pour qu'elle s'y fasse prendre. Les employés de la fourrière et de l'aéroport, naturellement curieux, lui demandèrent un jour la raison de son comportement... Elle est excessivement simple : Obligé de voyager des semaines durant pour affaires, l'automobiliste ne voulait pas laisser son luxueux véhicule à n'importe qui, ni se la faire voler devant chez-lui.

A la fourrière, sa voiture était "gardiennée" nuit et jour, et, puisque les fonctionnaires de l'état sont responsables des véhicules qu'ils gardent et doivent les restituer en bon état une fois l'amende payée, il avait la certitude qu'elle serait bien bichonnée... Et le prix du parking de l'aéroport (ou d'un autre parking privé), avec des garanties inférieures à celles proposées par les forces de l'ordre, était supérieur au prix de l'amende à payer à l'état.

Puisque ce calcul était non seulement avisé mais parfaitement légal, on le laissa continuer son manège.

Peut-être le fait-il toujours à l'heure actuelle... A moins que le tarif n'ait changé.

05/04/2006

Cadeau Bonux

Lassé des dépêches n'offrant aucune analyse, et ayant honni les journaux télévisés plein d'une stridulence vapide (Si, si, ça veut dire quelque chose, ça veut dire qu'ils sont vides de sens mais qu'ils produisent quand même un bruit agaçant. Pas mal, hein ?), j'ai, une fois n'est pas coutume, acheté la presse. Je parle des magazines de chroniques plus ou moins politiques qui vous proposent la botte en devanture des kiosques.

En l'occurrence, je voulais avoir plusieurs sons de cloche sur cette histoire de CPE, d'autant que je m'étais aperçu en passant devant l'une de ces unes racoleuses (avec des flammes et tout) que les journaleux avaient enfin rattrapé mes conclusions et prédit une révolution. Ce que j'y ai trouvé, on s'en fout. Si vous voulez le savoir, vous n'avez qu'à aller les lire vous-mêmes, sans blague... Ce n'est pas du tout de ça dont je voulais parler.

Il s'agit de quelque chose dont on m'avait parlé mais que je ne voulais pas croire : les grands magazines se sont tous transformés en Pif Gadget. A l'intérieur du Monde, vous avez le monde diplomatique, le monde magazine, le monde culture, le monde des idées, le monde machinchose... Gratuit dans le Figaro Magazine, vous avez Madame Figaro et toute la famille... Le Nouvel Obs a lui aussi fait des petits, comme l'Express.

Eh, bien obligés. Quand on veut rester au top des ventes des grands journaux à consensus national (avec marqué "nous sommes sérieux" en gros sur la couverture pour qu'on ne les confonde pas avec d'autres magazines a qui il arrive de vérifier leurs sources...), on fait comme les copains. Au lieu de proposer un gadget, on vous fait l'article : les suppléments sont maculés de publicités déguisées en critiques culture (spectacles, restos, livres...).

Et à l'intérieur, il arrive qu'il y ait autre chose encore. Non pas comme les larges quotidiens dépliables ont des pages imbriquées les unes dans les autres, mais bien comme des poupées russes. Pour attirer le chaland et le maintenir intéressé, plutôt que de tout mettre dans un magazine normal, on divise tout et on fait un magazine gigogne. On remplit les blancs avec des pubs, des agendas, des échantillons, des livrets, des coupons...

Quel fait étrange que ces magazines ressemblent de plus en plus à Elle : papier glacé, publicités en pleine page, des petits bébés à l'intérieur du genre agenda culturel, Elle à Paris, Elle Ados, Elle Ménopausée, Elle Jalouse, Elle Je-Suis-Une-Jeune-Pouffe, que sais-je encore... Même Elle a une page société de temps en temps. Ou du moins quelque chose qui passe pour tel, au dos d'une pub avec échantillon gratuit de crème suractivée.

Je suis sûr que si l'un de ces grands groupes ajoutait un gadget, un avion en carton, un jeu de l'oie, un lance-pierre, un phénakistiscope à monter soi-même ou un sachet de daphnies, les autres le suivraient. Au cas où.

04/04/2006

Des Inconvénients de la Bouteille(r)

Pierre Bouteiller, homme de radio ayant été directeur des programmes de France Inter et France musique (si je ne me trompe, mais franchement, la carrière de cet homme m'échappe un peu, n'écoutant aucune de ces deux radios...) a sorti un livre écrit au vitriol pour emmerder le monde. je n'ai pas tout lu, mais apparemment il n'a pas digéré le fait de ne pas être grand patron de Radio France, ou je ne sais quoi.

A son âge, c'est normal, le pauvre. Je ne le plains pas, du moins pas à cause de ces mesquineries corporatistes, mais parce que c'est le livre classique de fin de vie, ou de rupture de carrière. Tous les vieux journalistes, acteurs et professionnels du show-business en publient un, en général avec "souvenirs" ou "histoire" dans le titre. Cela se veut un brûlot, un pavé dans la mare, basé sur des tas de recherches et sur l'expérience de terrain...

En fait ce sont des mémoires sélectives, déformées et réinterprétées au travers de récentes déconvenues par ce qui n'est rien d'autre qu'un vieillard aigri... Si compétent que l'auteur soit ou ait été. Sérieusement, tout le monde le fait. Même Jean Le Bitoux l'a fait pour régler ses comptes avec le milieu homosexuel maintenant que certains sont morts du SIDA et ne peuvent plus le contredire.

Roger Peyrefitte a écrit un roman qui va dans le même sens : il était âgé, usé, amer, démédiatisé et passé de mode, ne choquant plus par ses "amitiés particulières" du fait du mouvement gay, il voulait faire du sensationnel, écrire un truc bien provocateur... Il a fait "Roy", l'histoire d'un gamin de treize ans qui, outé, doit quitter la maison et tombe dans la drogue et la prostitution en Californie dans les seventies.

Bon, premier problème : Son style peaufiné à mort de fin de carrière enlève toute spontanéité et confère à l'adolescent le pragmatisme d'un homme de l'âge de Peyrefitte, c'est à dire presque gâteux. Deuxième problème : L'auteur n'a jamais mis les pieds en Californie, ou du moins pas récemment. Troisième problème, les gosses de treize ans avec une telle maturité sexuelle, c'est un GROS FANTASME DE VIEUX.

Mais c'est du bon Roger Peyrefitte, et si vous aimez, vous n'en serez que plus ravis. C'est après tout un auteur devenu classique, dont Gide faisait l'apologie, une grande figure de l'homosexualité d'avant que le coming out ne soit à la mode... Du temps ou les parties de touche-pipi en internat pouvaient choquer. Petit clin d'oeil aux éditions TG qui rééditent "Les Amitiés particulières" et "Roy" depuis quelques temps déjà...

Vous voyez, ça arrive à presque tout le monde, dans la plupart des domaines ou la gloire a été au rendez-vous : Ecrire un livre en se moquant du lecteur, simplement pour lancer un cri à la Calimero, un grand "c'est pas juste" à la face du monde. Même quand le livre ne parle pas des déconvenues de l'auteur, il en est imprégné, car il n'est pas écrit pour lui-même, pour exister en tant que livre.

Peu de ces livres de catharsis (ou carrément de crachats...) sont réellement des chefs d'oeuvre. Je ne sais pas si je publierai quoi que ce soit de littéraire un jour, et si ça m'arrive j'espère que je n'aurai pas besoin d'écrire pour autre chose que le livre et le lecteur... Mais je réalise que mon tempérament m'y pousse. N'est-ce pas, après tout, ce que je fais inlassablement dans ce Blog ?

03/04/2006

La vérité vous rendra libre

Six vérités simples et farfelues sur moi-même, pour rappeler celles du Loupil, qui rappelaient celles d'Audrey H. :

1) Je fais plus vieux que je ne le suis, et ça me désole.

2) J'ai perdu mon pucelage à 18 ans, mais je me suis bien rattrapé. Houlà, oui...

3) Je juge toujours sur la mine, je cherche toujours à réviser ce jugement, je me trompe rarement sur les cons.

    (Ceux qui vous disent "je ne juge pas" sont des menteurs : ils gardent simplement leur première idée pour eux, et, quand ils sont particulièrement ouverts d'esprit, ils ne s'y fient pas. Mais ils se placent toujours par rapport à ce qu'ils voient en approuvant, désapprouvant, ou en s'en foutant. Les gens qui ne vous jugent VRAIMENT pas sont ceux qui ne font pas attention à vous, les gens que vous indifférez... Le simple fait de voir entraîne nécessairement un jugement, si sommaire soit-il, lié à la culture et aux idées/opinions de l'observateur. Donc n'allez pas me dire que je suis un gros méchant, ce serait une hypocrisie politiquement correcte...)

4) J'ai horreur des collectifs qui se disent sans chefs, démocratiques ou autogérés, à la "je pense donc tu suis".

5) Mes exs sont tous plus ou moins névrosés, pas de mon fait, mais je commence à en avoir marre.

6) J'étais timide, maintenant je m'en fous.

L'un dans l'autre, rien que de très normal... Faites de même si vous l'osez : on peut parfaitement dire six vérités simples sur soi-même sans rien révéler d'intime. De toutes façons c'est libérateur.

Cent un commentaires

Un commentaire (de moi) publié suite à un billet sur Georgette Agutte et sa définition du dictionnaire, toujours chez le Loupil...

Ah, la bataille incessante de la concision et la sélection nécessaires contre l'exhaustivité respectueuse... Si seulement l'être humain pouvait faire plus que d'éclairer une infime partie à la fois ses connaissances avec le mince faisceau de torche électrique de sa concentration !
En attendant, il y aura toujours dans le dictionnaire et sur le calendrier des tas de gens dont on se fout et qu'on ne connaît pas... Et chacun pense qu'il y a d'autres gens qui mériteraient d'y être mais n'y sont pas. Qui se souvient de Casimir Pulaski, héros polonais de la révolution américaine mort à la bataille de Savannah ? Pourtant il a son "General Pulaski Day", une commémoration non chômée, certes, mais tout de même au niveau fédéral. C'est à peine s'il a quelques lignes dans les dictionnaires anglophones courants.
Aucune morale ici, aucun principe, si ce n'est que nous avons une culture judéo-chrétienne, donc basée sur l'histoire et la recollection d'événements passés... Et que l'on est TOUJOURS confrontés à l'impossibilité de se souvenir de tout, ou même de se souvenir de tout avec précision, acuité et exactitude. C'est une contradiction inhérente de notre culture et de nos spiritualités, d'ailleurs, de se souvenir d'une ou plusieurs versions de l'histoire, d'interpréter et de réinterpréter les sources tantôt comme mythes, tantôt comme faits, tout en perpétuant la tradition (qui tient de l'idée reçue) que l'Histoire est immuable... Alors qu'à chaque génération, elle apporte quelque chose de différent, dans chaque pays et chaque culture, toujours en mouvement. C'est pourquoi, si ça se trouve, cette peintre dont le nom m'a déjà échappé pourrait se retrouver au premier plan demain comme artiste incomprise de son siècle... Ou même complètement réinterprétée par des archéologues obtus dans un millénaire, et devenir la Cruelle Reine de la Cité Franche de Paris, qui peignait des femmes condamnées à mort par noyade ! Tout ceci a-t-il un sens ? Bien sûr que non. Qu'est-ce qui en a ? Peut-être rien. Au bout du compte, l'Histoire, le passé, ce qu'il y a dans le dictionnaire et comment tout cela est choisi, tout ça n'a aucun sens. C'est peut-être aussi le cas da la vie, du moins par notre bout de la lorgnette : aucun sens, si ce n'est la direction et la poussée arbitraire que nous lui imprimons. Et comment on en est arrivé à une réflexion de cette profondeur à partir d'une quasi anonyme qui a peint trois trucs et épousé un gars à peine plus fameux, je ne le saurais jamais... Mais rien que pour ça, elle mérite le respect !

Cent commentaires

Je viens seulement de réaliser que j'écrivais de longs commentaires sur un Blog étranger, celui du Loupil, mon hybride et nonobstant grand ami, et que vous, chers lecteurs, n'en profitiez pas. Réparant cette injustice criante, je vais recopier tout ou partie de ces commentaires, souvent élucubratoires, pouvant se tenir sans aide et débordant largement du sujet, sur ma page à moi...

Je donnerai quelques indications contextuelles si nécessaire, mais le mieux serait d'aller voir par vous-même le Blog du Loupil (il y a un lien juste à côté, si, si...) pour voir l'étincelle qui a mis le feu aux poudres désordonnées de ma réflexion. Je dois ajouter que si vous souhaitez écrire des commentaires, longs ou courts, ne vous gênez pas ! En tout cas, voici le premier, à propos d'une citation de George Perec :

George Perec était un joueur de mots émérite, un journaliste plus que correct et un érudit doté d'un grand sens de l'humour, mais franchement, son style, ça n'est pas la panacée... Ecrire le plus petit alexandrin et le plus long palindrome de la langue française, c'est un exploit, mais ça n'a qu'un intérêt limité, surtout que ni l'un ni l'autre n'ont beaucoup de sens, et ni l'un ni l'autre ne font partie d'une oeuvre qui les sublimerait, comme "Cette obscure clarté...", éternel exemple scolaire d'oxymore issue de la pièce classique.

Il n'y a qu'à voir le destin réservé au plus long roman français, "Artamène", écrit au XVIIIe siècle par un nobliau qui a dû beaucoup s'ennuyer, et qui fait quand même environ 13500 pages sur les aventures d'un roi de Perse (en l'occurrence, Cyrus) : Personne ne le connaît, personne ne le lit, ni maintenant, ni à l'époque de son écriture. C'est une curiosité académique, un succès d'estime.

Quant à Perec, il est moins prolifique (d'aucuns diraient qu'il a moins de mérite, mais là n'est pas la question), et l'on peut arguer qu'il n'écrit pas mal. Je persiste à le trouver moyen, comme un amateur, un tâcheron du verbe et pas un artiste. Il incarne d'ailleurs tout ce que je déteste en moi... Ciel, comme c'est soudain psychologique ! D'un autre côté, si LUI arrive à être publié, alors je peux écrire un roman quand je veux... Je serai d'ailleurs content si j'ai une carrière comme la sienne.

Je réitère mes remerciements au Loupil pour son Blog, qui n'a jamais autant mérité la première et élogieuse description que j'en ai fait.

02/04/2006

Mesdames et messieurs les jurés

Dans ma quête de simplicité, et histoire de faire mon intéressant, j'ai réuni en une liste nouvelle des citations intéressantes d'autres gens que moi. Ces individus sont parfois anonymes, parfois mes amis, parfois extrêmement célèbres... Toujours est-il qu'ils sont ici parce que leurs paroles reflètent ce que je pense. Ou du moins ce que j'ai pu penser. Je ne sais si ce sont des vérités simples, mais ce sont les miennes, et il y en a bien plus que quatre.

Soyons sérieux, ces phrases n'ont rien à voir avec la vérité, bien qu'elles soient toutes rigoureusement vraies... Une question philosophique purement académique qu'il me sied d'ignorer tant l'aspirine me fait défaut à cet instant. Les Indiens ne disent ils pas que derrière toute chose se cache une vérité ? Mais ces vérités-là sont sympathiques, et d'une manière ou d'une autre vous rendront service, ne serait-ce qu'en vous divertissant.

Comme je m'amuse beaucoup à vous dire les vôtres à longueur de temps et que vous avez le droit de me citer quand vous voulez (c'est juste que personne ne le fait, vu que je ne suis pas connu et que je n'écris pas si bien que ça), je me suis dit que j'allais vous dire les miennes, du moins celles qu'on m'a dites, de vérités. Ce sont des sentences lapidaires et percutantes, du moins elles tentent de l'être, d'où le nom : sentences qui tuent.

Après tout, il n'y a que la vérité qui blesse.

Ach, mais z'est l'Ab... comment ça, déjà dit ?

Il flotte à Paris un parfum de nervosité, comme dans la plupart des grandes villes de France. Les occupants des universités traînent largement les pieds malgré les injonctions/négociations. Des mouvements dans les gares, sur les routes et un peu partout pour bloquer le pays, bien que sans armes et relativement pacifiques, ne peuvent qu'être qualifiés d'insurrectionnels : entre insubordination, grève et résistance passive.

Pas si passive que ça, d'ailleurs, même si le "jeu" est un peu calmé maintenant que notre président, ménageant la chèvre et le chou comme on s'y attendait tous, a bravement tourné le dos à son adversaire en maintenant un CPE rendu parfaitement exsangue... Les arrestations et le fichage continuent (c'est le boulot de la police après tout). Il reste des casseurs désoeuvrés qui n'attendent qu'une autre manifestation pour aller se défouler.

Mais loin de ces "agents provocateurs", comme disent aussi les anglais, la population est divisée et ça se sent. Et ça se voit. Même le magazine Public (ou Choc, je ne sais plus, ça n'est pas important...) a publié un article sur le CPE : les stars pour, les stars contre. Les débats télévisés n'en finissent plus, quand bien même l'affaire devrait être terminée, ou du moins dans sa phase la moins médiatiquement intéressante/sensationnelle.

Sur les places les plus fréquentées de Paris, on peut voir des attroupements inhabituels. Des jeunes et des moins jeunes qui attendent, qui avec une banderole repliée, qui avec un tambour, au cas où. Il n'y a aucune manifestation de prévue, mais ils restent là, avec des policiers en face. Ces petits exercices de nonchalance sont loin d'être un crime (nous ne sommes plus sous Vichy !)... Mais... Qu'attendent-ils ? A quoi sont-ils prêts ?

Quantité de gens haïssent un peu plus tous ceux qui les ont empêché d'aller travailler, d'étudier, simplement d'aller et venir... J'en connais par exemple qui ont failli se faire agresser par des étudiants "filtrant" certain campus à Paris, rien que pour pouvoir faire signer un papier dont dépendait leur diplôme, leur emploi, peut-être leur avenir. Le CPE était-il une menace de cet ordre pour tant de français ? Un obstacle, peut-être, rien de plus.

Le jeu en valait-il la chandelle ? Même si le CPE dans sa version première était une attaque (assez grossière) pour tenter une brèche dans le système des prud'hommes, n'est-ce pas justement ces tribunaux et le code du travail qu'il faudrait changer ? N'est-ce pas parce qu'il est autrement inattaquable, ce système, que la nécessité d'une réforme s'impose à tous sans pour autant satisfaire personne ?

Je ne sais. le Napoléon de Neuilly, de moins en moins drôle, est apparu fatigué à la télévision pour dire qu'il faisait son travail. Il n'avait pas hésité à faire campagne avec autant de subtilité qu'un arbre qui s'abat, et proposer sa propre version de la réforme du contrat de travail : à ranger dans la boite des idées originales qui, idéalement, peuvent marcher, mais aussi dans celle des promesses électorales irréalisables et démagogiques.

Aucune conclusion, aucune répartie drolatique, aucune morale aujourd'hui.

Pourquoi est-ce que j'ai l'impression d'être un chroniqueur de guerre ?

Coimbra

Avril au Portugal,

A deux c'est idéal,

Là-bas si l'on Ets fou,

Le ciel l'est plus que vous.

Pour un sentimental

L'amour existe-t-il

Ailleurs qu'au Portugal

En Avril ?

C'est une chanson stupide de 1949 que je vous offre pour le premier Avril.

D'autant que nous sommes le 2, c'est ça, la blague.

Par ailleurs, l'image est un poisson d'avril fractal que j'ai trouvé sur un site de physiciens du Wisconsin.

Cherchez pas, ya aucun rapport avec la choucroute.

01/04/2006

Acné de la dernière pluie

Les problèmes de peau sont une plaie. L'inverse est vrai aussi, d'ailleurs, mais là n'est pas la question. Je n'en ai pas tant que ça, mais beaucoup de gens en ont trop... Moi j'ai juste quelques boutons de temps à autres : A Paris, une peau un peu trop sèche ou un peu trop grasse est vite agressée. Un beau jour, on m'a parlé de ce nouveau produit (et je commence à parler comme dans une publicité, je sais)...

Je ne citerai pas de nom. Quelqu'un m'a dit que c'était "vachement bien". C'est un de ces liquides bleus (ils sont invariablement bleus ou transparents et sentent vaguement le parfum, alors même que le principe actif quel qu'il soit n'est pas coloré et est inodore, sans doute pour que ça ait l'air plus efficace) dont l'on imbibe une ouate quelconque pour s'en humecter la face plus ou moins généreusement, sans frotter ni rincer.

J'ai mis la main sur diverses bouteilles de ^produits du même métal (si j'ose dire) et comparé les prix et les compositions... Certains sont avec alcool, sans alcool, d'autres ont des tas de produits chimiques ronflants simplement pour dire qu'il s'agit d'un dérivé de savon, d'autres sont plus parfumés que pharmaceutiques, mais tous sont surtout de l'eau : normal pour une telle solution qui doit simplement s'évaporer et assécher la peau.

Mais le produit miracle dont je parle, de quoi est-il fait ? Qu'est-ce qui a sauvé la peau du visage de mon ami et, sans doute, des générations de jeunes acnéiques ? Quel est l'ingrédient ultime, la solution géniale ? Je vous le donne en mille : "Composition : Acide acétylsalicilique, eau". De l'aspirine. Et encore, très diluée. Alors, est-ce que c'est l'effet placebo, ou même tout autre chose chez ce type qui a tout arrangé ?

Un changement de produit, la prise d'un autre médicament, une hormone en plus ou en moins, l'absence d'un allergène, une réduction du stress ou une variation de l'humeur, un changement alimentaire, un temps plus humide ou plus sec, plus chaud ou plus froid, une peau qui vieillit, l'opération du Saint Esprit (qui sait, c'est peut-être l'eau de Lourdes...), tout ça aurait bien pu jouer... Et l'a sans doute fait.

En attendant, si ça marche...

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31/08/06

Billets de Mars 2006

Note de l'auteur : Les billets sont classés par ordre déchronologique. Si vous avez une question ou un problème, écrivez-moi. Si vous voulez savoir pourquoi tout est grisé comme ça et d'où tout ça vient, et pourquoi tout est compilé de cette manière, c'est que manifestement vous n'avez rien lu du titre de ce Blog, ni les billets avant celui-là... Mais soit, je réexplique. Ceci est al compilation d'un mois de billets publiés sur mon ancien Blog, avec la mise en page à peu près respectée, mais sans les photos (doù, parfois, quelques incohérences quand le billet y fait allusion, mais rien de grave). C'est classé du plus récent au plus vieux parce que c'était comme ça sur l'ancienne page. Tout bêtement. A bon entendeur...

31/03/2006

Etat sir

Jamais je n'aurais cru voir ce jour. La Reine d'Angleterre a accepté l'idée aussi sotte que grenue d'anoblir Tom Jones. Bon, moi je l'aime bien... Franchement, il a fait de bons trucs. Mais là, récompenser en le faisant Sir une carrière de plusieurs décennies qui se termine par "Sex Bomb", un titre ou quelque vieux beau se trémousse sur des paroles plus que simples : On frise le ridicule. Et puis, anoblir un Gallois... Je vous demande un peu !

Encore des "Sirs", Derek Jacobi, Paul McCartney et Elton John continuent leur petit bonhomme de chemin sans se préoccuper le moins du monde de leur titre (comme, sans doute, le fera Tom Jones, qui, s'il est honoré, n'avait certes pas besoin de cette confirmation de sa célébrité... Tout comme les autres !), organisant qui un concert, qui une vente de charité (Elton John brade ses frusques contre le SIDA), qui jouant dans un film à succès...

Soyons sérieux, ces titres, ils n'en ont pas besoin. Voyez les Chevaliers des Arts et Lettres en France. Sylvester Stallone l'est. Et pour quoi ? Pour ses films d'action fins et racés. Même si il est sans doute quelqu'un de très fin et un homme d'affaire avisé qui gère bien sa fortune personnelle comme sa carrière cinématographique, il est difficile de dire sans pouffer que sa filmographie "éduque ses contemporains et élève leur niveau culturel"...

Mais toutes les récompenses ne sont pas imméritées. Les chevaliers du Taste-vin ont accueilli dans leurs rangs l'acteur Bob Hoskins il y a déjà longtemps, en lui offrant un manteau en poil de lapin et non d'hermine certes (c'était juste après le film Qui veut la peau de Roger Rabbit) mais le geste était sincère. Il y a fort à parier que cet acteur soit grand amateur de vins. Belle ouverture vers l'Amérique de cette institution scléro... séculaire.

A quand Sir Steven Seagal, Chevalier des Arts et Lettres et Prince de l'Aïkido ?

Le Retour de la Vengeance des Franges en Daim

Bravant les troubles et les émeutiers, je me suis rendu du côté de Châtelet aujourd'hui. Bon, il n'y avait pas grand monde à ce moment là et je me suis vite éloigné des grands axes et des places, opérant une retraite stratégique là où je ne risquais pas de me prendre des coups. C'est lâche, je sais, mais c'est aussi parce que j'ai déjà donné question coups, dans d'autres manifestations, et ce sans même être manifestant... Mais je vous passe les détails.

Toujours est-il que j'ai vu dans le métro (Oui, le métro, parfaitement, je prends le métro ! Ha, et vous me croyiez snob... Non, je suis un être plus chthonien) la réclame d'un spectacle de Steven Seagal. Si, si, l'acteur qui, exploitant sans vergogne le créneau de Chuck Norris, incarna des personnages aussi variés que les neurones de Jean-Claude Van Damme dans des films qui avaient autant de rebondissements que Jane Birkin.

Souvenez-vous : Le cuisinier surentraîné du bateau de guerre qui bute tous les terroristes à lui seul avec un couteau à fruit et désamorce la bombe dans le train dans la suite, c'était lui. Le flic bouddhiste qui, pour une fois, ne tue personne et n'arrête pas de tripoter ses billes, encore lui. L'écolo avec une grosse moto et un blouson en daim beige avec des franges partout, qui résout le problème des déchets nucléaires de la mine...Toujours lui !

Steven Seagal, lui qui est l'idole des films d'action en Egypte (il est sur toutes les chaînes du câble et des hôtels pour touristes fortunés, doublé en arabe s'il vous plaît), lui a la queue de cheval si fluide, lui dont la calvitie avance malgré la chirurgie... Steven Seagal, devenu rock star, est en tournée. Et il passe à l'Olympia. Et ce juste avant de tourner un autre film en Roumanie. Lui, dont on n'a pas entendu parler depuis des lustres.

Il se fait vieux, il s'empâte, il s'habille très mal, il a l'air plouc et beauf avec sa guitare, il a un sale accent, gominé au baranne et au pento dans une sempiternelle coiffure raide vers l'arrière, il joue des rôles à peu près aussi évolués que Lucy l'australopithèque et il se croit fin... Mais il a une carrière. Et une bonne. Pas mal pour un has-been... C'est déjà mieux que Chuck Norris et Van Damme, précités de la même veine.

29/03/2006

La goutte d'eau

Je suis un trekkie. Vous l'aurez peut-être remarqué à ma façon de faire référence à Star Trek et à son jargon spécifique de temps à autres, et aussi à ce que j'ai écrit dans mes listes. En soi, ça n'a aucun rapport avec ce dont je voulais vous entretenir, c'est juste qu'à l'occasion de la diffusion d'une des multiples séries de Star Trek sur le câble, j'ai vu la dernière publicité pour l'eau de Volvic. C'est choquant de bons sentiments.

"Pour un litre de Volvic acheté, dix litres d'eau potable seront puisés au Sahel". C'est quand même tendancieux. Qu'est-ce que cela suggère ? Premièrement, que si on n'achète pas l'eau de Volvic, on ne donnera pas d'eau au Sahel, donc qu'on va priver ces pauvres assoiffés. Deuxièmement, que Volvic fait des bénéfices (eh oui, ce n'est pas uniquement altruiste) en faisant jouer la culpabilité et la compassion avec une pub larmoyante.

C'est un comportement parfaitement odieux, et, pris comme ça, un chantage. Par ailleurs c'est mensonger... Ce qu'il se passe, c'est qu'avec une partie de l'argent récolté des puits seront creusés au Sahel. Très bien, bravo, mais chaque puits ne donnera pas la même quantité d'eau, et il n'est pas dit que tout sera potable... Et même si c'est bénéfique, c'est sans garantie et c'est loin d'être immédiat. Notez le confortable futur : "seront puisés".

Si ça se trouve, l'entreprise Volvic va envoyer l'argent (peut-être même en se sucrant au passage, on a vu plus étonnant de nos jours, l'humanitaire est loin d'être au dessus de tout soupçon...) en faisant confiance à des sous-traitants locaux, sans s'en préoccuper au delà du minimum juridique, ce qui lui permettra de récolter des subsides, des exemptions de taxes, et de faire une publicité aux relents miasmatiques de fausse bienfaisance.

Mais je conjecture sans aucune preuve... Et j’admets volontiers que si nous n'avons aucune preuve de la bonne foi de Volvic, nous n'avons aucune preuve de sa mauvaise foi. Même si Volvic est exemplaire et que ce geste est une main tendue de bonne foi, cette publicité pathétique et racoleuse est basée sur une approximation simpliste basée sur des estimations invérifiables... N'importe quel géologue vous le dira.

Que font nos enquêteurs zélés, les petits saints écologistes spécialistes de la traçabilité dont la France semble avoir un réservoir inépuisable ? Sont-ils trop occupés à déposer quelque étron devant un fast-food ou à saccager quelque plant mutant ? Sont-ils trop verts, et bons pour les goujats ? Mais qu'on me pardonne, je m'énerve pour rien. C'est un beau geste, sans doute, mais je suis de nature soupçonneuse.

Daily Bugle

"Trompettes de la renommée, vous êtes bien mal embouchées", disait George Brassens, grand poète au pragmatisme pourtant éclatant devant l'éternel. Je viens d'en faire l'amusante expérience : Je n'ai jamais reçu autant de commentaires à mes billets que lorsque je parlais de quelque chose de vaguement connecté à l'actualité. Chose que je ne voulais vraiment pas faire régulièrement au départ. Et puis ils sont moins drôles.

C'est subjectif, évidemment, mais une chose ne ment pas : je tourne autour de cinq ou six commentaires (en incluant mes réponses) pour les deux derniers billets d'actualité. le reste, zéro. Chose étrange, que les commentaires soient ou non positifs, ils ne concernent pas tous le propos, mais d'autres commentaires, ou des fautes d'orthographes, ou le Blog dans son ensemble. Ces billets attirent plus l'oeil. Enfin, il faut croire.

Marni Nixon ? Tout le monde s'en fout. Les USA ? Pareil. La république Tchèque ? Les bouquins ? La nature humaine ? Les filles à pédé ? Les cons de Brassens ? Condi Rice et Hillary Clinton ? Dieu ? Les contes d'Europe ? La Chine ? Tout cela ne provoque pas grand chose à part chez quelques gentils amis qui viennent me lire. Mais la soi-disant révolte sur une loi obscure, ça, ça se vend. On en revient à mon billet sur les priorités du JT.

Ce n'est certes pas à cause d'une nouvelle mise en page. Par contre, la pub joue un grand rôle : Je vois des habitués d'autres Blogs qui ont des liens vers le mien venir me lire régulièrement. Merci en passant au Loupil et ses piliers de comptoir virtuels pour leurs nombreux commentaires ! Les moteurs de recherche, plus souvent sollicités pour des sujets d'actualité, apportent peut-être un certain passage aléatoire aux Blogs "vivants".

Je me découvre des "habitués", ou soi-disant, qui ne se sont pas manifestés avant aujourd'hui. Je n'ai pas fait ce site pour glaner des encouragements, même si je les apprécie, ni pour m'entendre dire que je fais quelques fautes d'orthographes (certains passent uniquement pour les dénoncer... Une couille n'est qu'à un Q d'une coquille, non ? Bref, c'est à croire qu'ils n'ont que ça à foutre dans la vie, pas d'amis, rien...) même poliment.

Je connais trop l'apathie des internautes, ayant déjà publié des textes pseudo-littéraires en ligne sans obtenir plus de réaction de la part d'un éventuel public que de celle d'une huître anémique, pour dépendre de leur approbation. Après tout, les gens qu'on voit en ligne, ce ne sont pas de "vrais" gens, et leur travail publié, leurs photos et autres, ce n'est pas du temps et de la sueur, c'est juste un peu de code. Ben voyons.

Je suis content de recevoir des commentaires, sincèrement ! Mais je suis trop critique pour laisser passer certaines absurdités sans mettre le nez dedans à mes lecteurs habitués mais silencieux, quels qu'ils soient, si tant est qu'ils existent. Loin de moi l'idée de les culpabiliser : tout le monde fait pareil, moi le premier. Peut-on seulement laisser un mot partout où l'on passe comme quelque newbie, l'équivalent virtuel du puceau ?

C'est un peu gauche. Alors que faire ? Eh bien, c'est simple, c'est comme avec un magazine. Quand on n'a rien à dire on se tait, quand on a quelque chose à dire on écrit... Quand on trouve un auteur super, génial, sympa, et tout, on n'hésite pas à le dire et à revenir voir, et quand on n'aime pas on va voir ailleurs. Et je remercie d'ailleurs les personnes de tous horizons qui m'ont commenté de façon sympathique et constructive.

Quelle chance qu'ils soient plus nombreux que les autres !

Le retour de la vengeance du Voyageur de Commerce

Au fond, c'est ce que c'est. Le problème du voyageur de commerce qui doit passer par telle ou telle ville une seule fois dans un ou plusieurs trajets. On fait ça au lycée. C'est la même méthode de résolution mathématique, ce jeu à la con. Je dis ça, mais je ne m'y connais pas en maths et je serais bien incapable de me souvenir de la méthode exacte (ou alors avec beaucoup d'efforts), mais je suis bien documenté, et c'est ça.

Vous connaissez tous, sans doute, le sudoku. C'est un nouveau jeu de chiffres au nom oriental qui a fait son apparition il n'y a pas encore très longtemps dans un nombre incalculable de journaux, magazines, quotidiens... Il bénéficie même de sa propre presse spécialisée à l'instar des recueils de mots croisés. Il y a même des jeux de société basés sur le concept, et des livres sortent sans cesse, triomphant de grilles toujours plus diaboliques.

"Su-Doku" est la combinaison de deux idéogrammes, signifiant "nombre-seul". Sachez, tous autant que vous êtes, que le Sudoku n'a de japonais que le nom. Il fallait s'y attendre, puisqu'il fait appel aux chiffres arabes... Même si son principe peut tout aussi bien s'appliquer avec des lettres ou même des couleurs à la place des chiffres. Le Sudoku s'apparente aux carrés latins, une notion introduite par Euler, mathématicien suisse (1707-1783).

Ce gars là était un génie, d'autant qu'il a produit pas loin de la moitié de son travail dans les dix-sept dernières années de sa vie, durant lesquelles il était complètement aveugle. Un carré latin est une grille carrée (les matheux diront de n x n) dans laquelle chaque nombre (de 1 à n) est présent une fois par ligne et par colonne. Chaque solution de grille de Sudoku est donc un cas particulier de carré latin de neuf cases sur neuf cases.

Le sudoku en tant que jeu a été inventé en 1979 par un certain Howard Garnes, qui faisait des jeux de logique et les vendait à des journaux qui donnent dans ce genre de choses, pour vivre. Il avait pour nom "Number Place". Il n'a pas eu un grand succès, sauf au Japon, qui l'a repris en 1984 sous son nom actuel pour remplacer les mots croisés (c'est vrai que les mots croisés en Kanji, c'est pas terrible...), les rendant symétriques et plus difficiles.

Au fond, c'est un jeu super simple. Pas de définitions arbitraires et sadiques à trouver, une seule règle enfantine qui fait jouer l'observation plutôt que le raisonnement, comme au "démineur" de windows. Les "parties" ne durent pas éternellement, et on peut les interrompre et les reprendre plus tard comme on veut. Tout ceci explique peut-être son succès tardif mais vertigineux... Mais moi je trouve que ça reste limité, comme truc.

C'est vrai quoi, quand vous en avez fait un, vous les avez tous faits. Le nombre de chiffres marqués décroît, le nombre de possibilités augmente, et de ce fait la difficulté de la grille, mais au fond c'est toujours la même chose et le même système. Il y a aussi un nombre limité de grilles. Bon, d'accord, il y en a quand même 6 670 903 752 021 072 936 960, mais ça prouve que c'est un jeu limité et pas du tout stratégique ni aléatoire.

Personnellement, passé les dix ou vingt premières grilles, je trouve ça ennuyeux. Parfois difficile, mais surtout ennuyeux. Il n'y a aucune motivation, ça passe le temps moins bien qu'un bouquin et ça n'apprend pas les mathématiques : on n'a même pas besoin d'additionner ni de soustraire, ni de savoir compter au delà de neuf ! Le seul avantage c'est qu'on peut TOUS finir une grille, même si c'est dur et chiant.

C'est un truc à appliquer, c'est tout. Comme ça, les imbéciles qui se félicitent de réussir les grilles les plus dures alors qu'il suffit d'avoir un peu de patience et de méthode peuvent se dire qu'ils sont intelligents, pas seulement opiniâtres... Et les nombreux amateurs qui font leur Sudoku tous les matins peuvent enfin ne pas passer pour des cons dans le métro parce qu'ils n'ont pas fini les mots croisés infaisables de Maître Machinchose.

27/03/2006

Ze French Pervers Pépère Touch

J'ai revu l'un des fleurons du cinéma américain, un des chefs d'oeuvre de Vincente Minnelli, et un grand hommage à la France de la Belle Epoque : Gigi. Rien à voir avec le dessin animé bariolé et stupide. C'est l'histoire d'un riche dandy qui tombe amoureux de sa petite protégée, Gigi, qui était une charmante et innocente petite fille dans ses pattes mais qui, depuis, a grandi. Qui plus est c'est une comédie musicale du "bon vieux temps".

Il y a des acteurs excellents, et toute l'équipe est de haut vol. Il y a Maurice Chevalier, un chanteur et un héros de guerre, et Louis Jourdan, acteur qui a joué de nombreux rôles de jeunes premiers et quelques méchants marquants (dont celui de Octopussy, un James Bond, et Return of the Swamp Thing, très marrant). Louis Jourdan est mort récemment, et il se trouve qu'il était résistant actif lors de la seconde guerre mondiale.

Vincente Minnelli, ce n'est pas n'importe qui non plus. Il a réalisé Brigadoon, Un Américain à Paris... Bon, sa seule erreur a été de commettre Liza Minnelli avec Judy Garland. Mais comme ce film a pour vedette féminine Leslie Caron, ça va bien. En plus, elle essaie de se la jouer d'Audrey Hepburn (et ça marche parfois) tout en évitant le créneau "petite fille conne à l'oeil halluciné" à la Judy Garland.

En plus l'action se déroule avec des gentlemen parfaits, dans la haute société parisienne, à une époque ou montrer ses clavicules et ses chevilles était malséant pour une dame, voire faisait carrément pute. Malgré l'intrigue hautement basée sur les amours et le personnage équivoque (mais toujours présentable et drôle) du vieux séducteur continental joué par Maurice Chevalier, rien n'évoque moins que la plus pure respectabilité.

C'est dans ce cadre encore plus guindé et aseptisé que le Londres de My Fair Lady que j'ai retrouvé une chanson qui passait très bien à l'époque, et qui, de nos jours, ne peut être interprétée autrement que comme une apologie de la pédophilie ! C'est Maurice Chevalier qui la chante, en anglais et avec un accent à couper au couteau, ses habituels trémolos gouailleurs et suggestifs plein la voix : Thank Heaven for Little Girls.

Réécoutez-la si vous la trouvez, demandez-la moi si vous ne la trouvez pas, j'ai le fichier MP3. Allez au moins voir les paroles sur l'un des nombreux sites prévus à cet effet. C'est étonnant comme ce qui est flagrant aujourd'hui était insoupçonné, peut-être même involontaire, dans les années soixante où le film a été tourné. C'est une horreur pour moi qui suis un peu show-tune-queen : je ne le verrai plus jamais de la même manière.

Le Trek et la Gate

C'est fou comme les mentalités changent en dix ans. Prenez deux séries de SF prestigieuses, à dix ans d'intervalle. Elles n'ont pas la même cible, mais elles s'appliquent toutes deux à traiter d'aventures autant que de sujets de société, tout en donnant au téléspectateur le conformisme qu'il attend d'un programme grand public. Les deux séries ont fait sept et huit saisons respectivement sans compter les spinoffs...

Autant dire que les deux sont bonnes, et que la seconde se trouve dans la même position que la première dix ans auparavant. Même si ce n'est pas aussi comparable, c'est le mieux qu'on puisse faire en la circonstance. Mais voyez plutôt les circonstances de cette expérience inédite et inopinée : j'ai vu l'autre jour un épisode de Star Trek (la nouvelle génération, celle avec Patrick Stewart...) et juste après, un épisode de Stargate SG1.

Dans l'épisode de Star Trek, il y avait des terroristes désespérés qui tuaient plein d'innocents mais étaient obligés pour ce faire d'utiliser un moyen qui les tuait à petit feu. Ils Réussissaient à enlever le médecin de l'enterprise, qui venait apporter des médicaments aux victimes des actes terroristes. L'enterprise tente de rester neutre, finit par récupérer son docteur et se casser vite fait sans intervenir, laissant en suspens le problème...

Le problème était "doit-on intervenir dans les conflits des autres ?", et rappelle furieusement les affres d'Israël et de la Palestine. La fédération (et les créateurs de la série, dans les années 90) y répond par sa directive première : la non-ingérence totale. C'est une solution particulièrement lâche que celle de l'épisode, qui, une fois le docteur récupéré, ne nous montre pas d'épilogue de paix ou de guerre, juste nos héros qui se tirent.

Dans l'épisode de Stargate, nous voyons nos héros faits prisonniers par un régime totalitaire et esclavagiste. Ceux-ci finissent par libérer les esclaves (on leur avait menti en leur disant que la surface de leur monde était inhabitable pour les forcer à bosser en sous-sol, mais passons). Quand le méchant administrateur les confronte en disant "mais vous mettez fin à tout un mode de vie, une société !", le colonel O'Neil répond, "oh, que c'est dommage !", non sans ironie mais avec un manque certain de finesse (comme les divers combats).

Et ça c'est le début des années 2000. En dix ans, peut-être moins, on est passé du "n'intervenons pas, revoyons notre rôle dans ces conflits, même si nous sommes indirectement impliqués c'est peut-être trop, ne leur donnons même pas des médicaments, vous voyez où ça mène ?"  à "Butons les, ces esclavagistes/terroristes/vilains, parce qu'on a raison et eux ont tort, ne tolérons pas ce que nous jugeons mal"...

Même vu le succès des deux séries, cela ne reflète en rien l'opinion et les mentalités de tous dans une société... Par contre, cela reflète une moralité que les conservateurs et des bien-pensants acceptent. Plus encore, cela donne ce qu'une grande majorité de gens tolère, bon gré mal gré, peut-être en rechignant, peut être de tout son coeur, comme la morale d'un show qu'ils aiment globalement. Sinon la série ne marcherait pas.

Ces deux séries de SF, qui plus est, grâce à la fiction, sont bien plus libre de montrer un certain idéal que les autres émissions, trop proches de la réalité : la distanciation fait que l'on peut parler dans ces séries de sujets beaucoup plus controversés en les transposant à des univers différents du nôtre... Mais je ne vous apprends rien sur ce point. Toujours est-il que le public a vite changé de bord ces dix dernières années.

26/03/2006

Fantastique four

Vivons heureux en attendant la mort, pour reprendre le regretté Pierre Desproges. Saviez-vous que les deux seuls modes de funérailles autorisés en France sont l'enterrement et l'incinération ? Dans certains cas on fait confiance à la mer pour disposer du corps du défunt, mais c'est loin d'être la norme. Qui plus est, cela ne laisse pas grand chose aux proches, du moins pas grand chose devant quoi se recueillir.

L'immersion fait du cher disparu un anonyme sans autre sépulture que la pisse des poissons, et si l'on peut toujours lui rendre hommage en faisant face à l'océan, ça gâche quand même les vacances à la plage de la petite famille... Mais quand on y pense, disperser les cendres de quelqu'un ici ou là, dans une rivière, sur une plaine ou ailleurs, ce n'est pas beaucoup mieux. Evidemment, c'est tout aussi écologique.

De toutes façons, la crémation est une gigantesque arnaque : les fours crématoires fonctionnent en continu et son alimentés en combustibles bien avant que l'on y introduise les corps, sans quoi la moindre cérémonie de crémation prendrait des lustres. Les cendres froides que l'on donne aux éplorés juste après sont celles de bois, d'autres combustibles, voire même d'autres défunts, mais certainement pas celles de leur mort à eux.

Quant à l'enterrement, disons que ça donne un repère fixe et que les os resteront longtemps dessous, même si les vers et les asticots auront mangé, déplacé, remué et converti toute cher dans un grand espace de terreau alentours avec une étonnante promptitude. Vous choisissez ce que vous voulez, mais autant estimer n'avoir pas besoin de lien au corps du défunt pour rendre hommage à vos morts... On le voit, c'est un lien si ténu !

Il existe tant de jolies manières de disposer d'un corps : faire un bûcher public comme celui de Dark Vador à la fin de Star Wars, le mettre en haut d'une tour pour que les vautours le mangent comme dans certains rites orientaux, ou même dissoudre proprement le corps à l'acide... Quant à moi, je me fiche de comment on traitera ma dépouille quand je serai mort, vu que je ne serai plus là pour le voir, au-delà ou non.

23/03/2006

Ach, mais z'est l'Apokalybze !

Avec un ami anti-CPE (personne n'est parfait), nous avons discuté de ces manifestations qui occupent tant de monde ces temps-ci. Avec la grève générale prévue mardi, il devient de plus en plus évident que si le CPE ne sera pas retiré, un quelconque amendement le videra de toute substance, réduisant à néant les vagues mais réels efforts de changement et de réforme d'un gouvernement en qui plus personne n'a confiance...

Du moins jusqu'aux prochaines élections, après lesquelles un autre gouvernement tentera de faire avancer le schmilblick à sa façon, à al suite de quoi auront lieu d'autres manifestations... réduisant à néant les vagues mais réels efforts de changement et de réforme d'un gouvernement en qui plus personne n'a confiance ! Mais passons. Je disais l'autre jour que les manifestants étaient édulcorés par rapport à 1968.

Je les avais traité, à mots couverts, de Mao-spontex... Un terme des années 60 désignant les jeunes militants qui adoptent toutes les nouvelles tendances et couleurs politiques à la mode du moment qu'elles sont dissidentes ou vaguement révoltées, sans vraiment y croire, comme des éponges. Si les événements ont effectivement rivalisé avec certains des excès de "mai 68", c'est uniquement en terme de dégâts, pas de débats.

Quelqu'un me faisait fort judicieusement remarquer que, étant de droite (personne n'est parfait), j'avais naturellement peur de la manifestation, la dernière manifestation ayant compté des gens de droite depuis 1968 ayant été celle du mythique 21 avril (et encore étaient-ils assez réticents). Il est vrai, même si c'est plus une aversion dégoûtée. Il est vrai aussi que, individualiste de principe en toutes choses, j'abhorre les masses.

Peu importe. La manifestation anti-CPE (je parle du phénomène dans son ensemble), je continue de l'affirmer, n'est pas contre le CPE... Ce n'est qu'un prétexte. Elle fait suite aux grèves à répétition, aux émeutes des banlieues, et n'est que le symptôme d'une crise plus profonde, comme l'oedème n'est que la manifestation d'un mal plus profond. La question est... Est-ce une allergie, un choc, ou un cancer ?

Parce que si c'est une allergie, il suffit de trouver ce qui cloche dans notre société et l'enlever. Si c'est un choc, c'est encore mieux : il suffit de frotter un peu là où ça fait mal et ça passe tout seul. Mais si c'est un cancer, il y a de fortes chances que ce soit déjà métastasé. Il n'y aurait alors plus qu'à tenter une chimio ou une opération qui exciserait les tissus malades tout en charcutant allègrement les tissus sains autour.

Le problème avec le cancer c'est que c'est inhérent à l'organisme : il se développe sur un terrain favorable sans forcément de cause explicable. C'est parce que le système a une couille au départ que le cancer peut apparaître, parce que l'organisme ne peut pas se défendre correctement contre lui-même... Non, ce n'est pas une comparaison très originale, celle de la société comme corps. Elle date même d'avant les Lumières.

Ce qui laisse supposer deux choses : soit aucun manifestant et aucun membre du gouvernement n'a lu les physiocrates, ni même Tocqueville, Montaigne et d'autres, soit (et c'est plus probable), même en les ayant lu et en connaissant exactement les défauts et les aberrations intrinsèques de notre société et de notre politique depuis ses origines, on n'arrive pas à régler le problème... Ni même à le définir exactement.

Et ne vous laissez pas avoir par ceux qui disent "c'est simple, je vais vous dire quel est le problème"... Ils essaient sans doute de vous vendre quelque chose, sans doute eux-mêmes à la prochaine élection. Si le problème était simple, il aurait été réglé depuis longtemps ; et justement, une partie du problème est que tout le monde refuse les solutions simples car elles impliquent des emmerdements pour l'un ou l'autre groupe.

Puisque tout le monde peut donner son avis et faire de la politique, que tout le monde s'improvise à la fois futurologue et adepte de ce qu'il faut bien appeler du terme pompeux de Grande Histoire, je vais le faire aussi : Nous dirigeons-nous vers une Révolution ? Vers la Longue Nuit façon décadence de l'Empire Romain ? Une guerre civile ? Un grand craquèlement mondial lié à un effondrement de l'économie du pétrole ?

Personne ne peut dire de quoi demain sera fait, mais il y a quelques certitudes : ce ne sont pas les manifs anti-CPE qui sont importantes. Le CPE n'est qu'une petite réforme à la noix qui ne touche pas tant de gens que ça, et même si c'est une goutte d'eau de plus dans le vase bien plein des tensions sociales, ce n'est rien à côté de ce qui arrive. Croisade religieuse, effondrement économique, paralysie politique, désagrégation sociale...

Je ne voudrais pas jouer les cassandre mais ça va être gros, surprenant, et douloureux. Bon, ça n'a pas non plus l'air d'être pour tout de suite, mais ça approche.

Vieux sujet

Dans la famille "Je suis moche, con et pourtant je passe à la télé façon forcing", je voudrais le fils... Jordy Lemoine. Fils de producteur et d'actrice, c'est lui qu a signé "dur, dur d'être une bébé". On en a encore entendu parler dans cette galerie de has-been pathétiques qu'a été la ferme des célébrités... Ce gosse est incroyable. A 17 ans il était en troisième, donc soit con, soit perturbé, et en plus il est laid comme un pou.

Et ce n'est pas le seul ! C'est incroyable le nombre de sombres crétins qui ont des têtes à faire peur qu'on nous force à supporter alors qu'ils ne font même pas recette... Les présentateurs calvitieux d'émissions éphémères, les miss météo à demi momifiées, les lofteurs et star-académiciens divers, et tant d'autres insupportables. Je dirais bien qu'ils ont des têtes à faire de la radio, mais certains en font : ils ont des voix à se faire peindre.

Est-on passé à un rythme de consommation audiovisuelle si rapide que faire passer de force une bande de débiles comme de la chair à canon, en espérant qu'il y en ait un ou une dans le tas qui soit potable, est le seul moyen de renouveler le PAF, alors même que des dinosaures bafouillants autrefois légendaires comme PPDA se cramponnent encore à leur siège malgré qu'ils butent sur tous les mots de plus de trois syllabes ?

Oui, je sais, ma phrase est trois fois trop longue. Depuis le temps, vous devriez être habitués à mes propositions alambiquées... Qui plus est, c'est facile de dire du mal des méchants de la télé, surtout quand on prétend ne pas la regarder soi-même... Je la regarde peu, et quand je l'allume, c'est pour tomber sur ça. Avouez que ça ne donne pas envie d'autre chose que d'écrire ce genre de billets !

En fait si, ça donne envie d'éteindre. Et moi qui ai justement une nouvelle télé... C'est du gâchis.

Un peu de poésie, que diable

Poème contre celles qui croient que parce qu'elles sont filles, elles sont obligatoirement la copine de tous les pédés du monde, et auxquelles j'ai envie de dire "casse-toi, pourquoi tu me parle, t'as pas d'amis ?"

Pourquoi, pourquoi nous naissez-vous,

Filles à pédés non goudous ?

Fillette qui croit être gouine,

Moi, je ne suis pas ta copine.

Est-ce par manque, est-ce par choix

Que vous nous tombez dans les bras ?

Est-ce parce que vous croyez

Que les gays vont vous protéger ?

Est-ce en vous l'atavique peur

De la perte de vos vertus,

Ou de passer l'aspirateur

Dans un foyer trop rebattu

Qui bloque vos vies sexuelles

Face aux garçons conventionnels ?

Quand vous rencontrez un monsieur

Qui vous paraît intéressé

Par ce qui se passe sous le

Truc moulant que vous adorez,

Vous reculez, tergiversez,

Puis, chez-nous vous vous réfugiez.

Est-ce par sécurité que

Vous nous racontez vos malheurs ?

Vous nous prenez pour des sans-queue,

Pour des rigoles à vos pleurs...

Nous sommes la bonne copine,

La bonne pomme et le bon con,

Et le détail de notre pine

N'en décourage point, ça non...

Nous sommes, dit-on, si sensibles,

Si beaux, si fins, ayant bon goût,

Que seuls nous pouvons être cible

De vos attentions, sans jaloux.

Mais enfin, réveillez-vous donc !

Sensibles ? Mais où peut-on voir

Que dans les clubs où nous allons

On ne joue qu'à colin-maillard ?

Que penser de ces accessoires

En cuir, en latex rose et noir,

Des ours qui arpentent les rues,

Des pervers, des patte-pelus

Dans les backrooms errant sans fin,

Des trentenaires qui se matent,

Des vieux beaux costume-cravate

Recherchant de jeunes tapins...

Le coiffeur stéréotypé

En rose et jouant à la poupée

Qui relooke sans reluquer...

Vous plaît-elle, l'ambiguïté ?

Êtes-vous donc toutes les mêmes

Pour que vous nous croyiez semblables ?

Il en est parmi vous qu'on aime

Et d'autres qui sont exécrables.

Il est des grosses et des moches,

D'énervantes mouches du coche,

Des bêtes et des qui s'accrochent,

Qui mériteraient des taloches...

Laissez-nous, car la vérité

C'est qu'une amitié ne repose

Pas sur la non sexualité

Mais sur tellement d'autres choses...

Quand à celles qui aiment tant

Ce sentiment si convenu

D'être amoureuse sans amant

Et sans jamais se mettre nue,

Qui voudraient convertir nos dards

(Pour tout compliquer, sûrement...)

Sachez que c'est juste bizarre,

Ou pire, que c'est terrifiant

De voir vos appas suggestifs,

Etant indifférents, rétifs

A votre trou saignant et vif

Entre deux tranches de rosbif...

Sachez qu'avec nous moins qu'un gars

Qui pourrait s'en prendre à vos charmes

Et raidissant cette belle arme,

De cocagne un superbe mat,

Sachez, petites péronnelles,

Je le dis sans misogynie,

Qu'il ne suffit pas d'être une "elle"

Pour être d'un oiseau l'amie.

21/03/2006

Ces dames au salon

J'ai fait aujourd'hui le dernier salon où l'on cause, celui du livre. Autant vous pouvez me laisser dans une confiserie, dans un magasin de porcelaine ou dans toute autre boutique, je saurai résister à la tentation d'acheter... Autant il ne faut jamais me mettre dans une librairie, surtout une grande. Là, j'étais servi. Tel le singe ayant trouvé la clé de la bananeraie, je suis entré pour des clopinettes (5 euros) dans mon paradis personnel !

J'ai presque honte de mes achats compulsifs, surtout que ce salon n'a vraiment rien d'une solderie... Mais que voulez-vous, j'ai été élevé dans cette vénération du mot écrit qui fait que si l'on me donnait le choix entre brûler un livre et tuer un inconnu de mes mains, j'hésiterai longtemps. Tel un dragon sur son trésor, j'aime dormir sur mon tas de pages. Ma chambre est remplie de livres, certains lus, d'autres à lire : leur contact m'apaise.

Je suis ressorti du salon moins riche, mais heureux, et plus lourd de quelques kilos de pages bien pleines... De la bonne marchandise : Des nouvelles et des romans de SF, le roman de Lancelot du Lac en cinq tomes de poche, avec le texte en vieux français en regard de la traduction, quelques fac-similes d'enluminures d'une très belle Apocalypse française du XIVe siècle... Je vous passe le reste, de même que les innombrables tracts.

Après quelques heures à parcourir joyeusement les innombrables stands de ce qu'il faut bien appeler la plus grande librairie de France, sise dans le Hall 1 du parc des expositions de Paris, j'avais le dos lourd mais le coeur léger. J'ai même rencontré un auteur d'une puissance extraordinaire qui m'a dédicacé sa dernière oeuvre. J'étais très honoré de le rencontrer, surtout que, d'ordinaire, il n'est pas parisien.

Je ne parle pas de Joseph Joffo (qui était là, lui aussi), ce vieillard cacochyme dont les oeuvres du style "un sac de billes" torturent notre belle jeunesse depuis bien trop longtemps. Je ne parle pas des auteurs de Kookabura, Tessa, et toute la clique de chez Soleil. Non, je veux bien sûr parler de Logan, qui était en dédicace au stand de chez H&O... Ses bonnes oeuvres ne sont pas pour les petits enfants, mais elles sont remarquablement fun !

Qui plus est c'est un homme charmant, plein d'humour bien qu'un peu timide, et il m'a offert un joli dessin. Tout ça m'a presque fait oublier le sandwich BLT riquiqui à prix prohibitif acheté sur place, la succursale de chez Drouant mercantilement installée ici pour profiter des pseudo-intellectuels, le catalogue complet à plus de 20 euros (plus cher que la plupart des livres !) et le clone de Angelina Jolie et sa pose stupide sur l'affiche.

Vieille idée

Vous allez dire "il hurle avec les loups"... Vous allez crier "simplification abusive"... Vous allez trépigner, pester, dire que ça n'est pas si simple... Et vous aurez parfaitement raison. Mais l'avantage d'une simplification, outre qu'elle rentre dans le format du Blog, est qu'elle permet de voir le problème sans déprimer. Je crois que j'ai raison de penser ce que je vais dire dans ce billet (phrase plus ambiguë qu'elle en a l'air), mais je résume, bien sûr.

J'ai longtemps refusé de parler d'Israël et de la Palestine dans ces lignes... Trop actuel, trop chaud, trop ceci, trop cela. Une fois n'est pas coutume, mon point de vue sur la question est celui de pas mal de gens. Comme trop souvent, le résultat final de mon opinion est aussi celui d'un certain nombre de gens qui disent que "de toutes façons, c'est pas chez-nous, c'est chez les bougnoules"... Même si, tout de même, il y a une nuance.

Depuis un nombre incalculable d'années que les juifs et les arabes se foutent sur la gueule de diverses manières, la dernière incarnation en date du conflit et la plus meurtrière n'est autre que la guerre au proche orient et par extension le terrorisme international islamiste. Bon, d'accord, avec les croisades. Actuellement, nous avons deux camps sur cette Terre Promise qui a été promise à trop de monde :

D'un côté nous avons une théocratie fondamentaliste qui brandit des textes apocryphes en invoquant un droit divin/historique imaginaire à s'établir sur une terre sainte, de l'autre, nous avons une théocratie fondamentaliste qui brandit des textes apocryphes en invoquant un droit divin/historique imaginaire à s'établir sur une terre sainte. Marrant, non ? Tout ça pour un bout de caillou avec trois chèvres dessus.

Entre les terroristes, les officiels qui traînent les pieds, les fous de dieu, les civils fous de guerre, tous ceux qui sont contents quand il y a des morts en face, les suicidaires, les marchands de canons et les diverses barbouzes, les seules personnes saines d'esprit se sont cassées depuis longtemps de ces pays pour aller vivre en Europe ou en Amérique, refusant de vivre avec une bombe au dessus de la tête et préférant les regarder au JT.

Comme la solution rapide et quasi-certaine est absolument impitoyable, peu écologique et franchement nazillonne, je ne la proposerai même pas... Il s'agirait de vitrifier entièrement la zone entre le Liban et le mont Sinaï à coups de bombes atomiques, sans évacuer quiconque et sans prévenir. Le seul problème c'est que ça créerait sans doute d'autres problèmes à résoudre par le même moyen.

On n'en finirait pas et il faudrait passer à l'extermination totale de la race humaine. Mais après, pour les cafards, ce serait d'un calme ! C'est une solution efficace à tous les maux de l'humanité. Evidemment, elle n'est pas parfaite, comme toutes les solutions. Contentons nous de dire que, lorsque le pétrole ne sera plus important, les guerriers actuels se sentiront beaucoup plus seuls... Et ce sera le début de la paix.

Enfin, la leur, du moins.

20/03/2006

Long Time No See

Comme disent les anglais et leur grammaire si particulièrement sophistiquée et complexe... Je n'ai pas publié mon billet quotidien depuis pas mal de temps. je vais me rattraper dés que je pourrai, mais comme il m'arrive des choses dans la vie (qui l'eut cru !) j'ai moins de temps pour ça. Comme disait je ne sais plus quelle chanteuse, soit on vit sa vie, soit on s'assoit pour la raconter, au choix.

Je vais vous raconter brièvement ce qui m'arrive, après je poursuivrai d'autres élucubrations. Attention, ça va aller très vite : Je me suis fait larguer par un mec, mais l'avantage c'est que je me suis fait larguer avant de vraiment sortir avec le mec en question. C'est pathétique, je sais, mais au moins on gagne du temps. Voilà, fin de la parenthèse personnelle... Je ne vous le raconte que parce que c'est un peu marrant.

Un ami m'avait demandé de retoucher sur ordinateur la jaquette (ha ha) d'un DVD. Il s'agit d'un film dit "gay", vous savez, de ceux que l'on trouve dans le rayon rainbow et les étagères roses des Virgins et des FNACs... L'ami en question ne veut pas qu'on l'étiquette immédiatement en regardant sa vidéothèque, même s'il adore ce film. je ne m'étendrai pas sur la sexualité de cet ami, lui même s'étend assez peu dessus.

Il voulait, spécifiquement, que le petit drapeau arc-en-ciel discret sur le côté soit masqué. Juste ça. Bon, le titre, en gros dessus, c'est quand même Juste une question d'amour. Il y a deux mecs qui s'enlacent ouvertement, en très gros, au milieu de la jaquette. Les photos, le résumé, les logos des magazines et entreprises gaies qui sponsorisent el film, le vert printemps du fond, tout sur le DVD hurle l'homophilie.

Et comme si ça ne suffisait pas, le film est un peu connu pour être l'un des premiers bons téléfilms pro-gays en france. A moins d'avoir une jaquette complètement noire avec "xxx" en guise de titre, ce qui est, avouons-le, carrément suspect dans une vidéothèque, je ne vois pas comment on pourra éviter l'inévitable : les gens, cette masse anonyme et indifférenciée, sauront fatalement qu'il a un film gay chez-lui.

J'ai bien essayé de lui dire que c'était un faux problème, qu'il ne laissait pas des gens intolérants et homophobes entrer chez-lui pour voir ses films, que personne n'allait s'introduire par effraction juste pour regarder les films qu'il possède et ensuite répandre des rumeurs, et que de toutes façons ça ne signifiait rien quant à son orientation sexuelle... Mais à quoi bon, au fond.

Alors moi, j'ai fait où on me disait de faire et j'ai noirci le petit drapeau sous Photoshop, bête et discipliné. C'est vrai quoi, je ne suis pas psy. Manquerait plus que ça.

17/03/2006

Method in Madness

L'ouverture du salon du livre m'oblige à vous parler de l'écrit, un sujet qui m'est cher entre tous. Personnellement, je n'ai pas besoin de salon pour faire l'emplette de bouquins de façon compulsive et pour en lire des tas. D'ailleurs il n'y a pas de secret, plus on lit et plus on lit vite, et même s'il y a des méthodes pour accélérer la cadence, le plaisir de la littérature y perd parfois. Quant aux lectures obligatoires, pour l'étude ou le travail...

Une certaine catégorie de personne (pour paraphraser la SNCF) m'a demandé, à divers moments de ma vie, comment on pouvait devenir aussi savant que moi... Comment on pouvait lire, étudier, faire toutes sortes de choses aussi vite et aussi bien que ma petite personne. C'est vrai, on me l'a demandé ! Si, si ! On ne rit pas. Je n'ai rien d'un génie, je n'ai pas été premier de ma classe depuis le lycée. Tout ça c'est de l'esbroufe.

Pourtant, des étudiants, des lycéens, des hommes faits parfois me demandent comment "je m'en sors", à lire et écrire toujours dans les temps ou en avance. A cela je répondrai que c'est excessivement simple : il y a un truc. C'est une méthode de travail qu'on apprend, comme le reste. C'est aussi une bonne dose de confiance en soi : quand on doit faire quelque chose en un court laps de temps et qu'on le fait sans s'arrêter, on réussit.

Je ne sais pas pourquoi, c'est toujours comme ça... Dans certaines limites, bien sûr. on arrive à faire le boulot de plusieurs jours de façon honnête en un après-midi. Cela m'est déjà arrivé. Il ne faut pas en abuser, c'est épuisant et pour tout dire assez ennuyeux, on n'accorde peut-être pas toute l'attention que le sujet mérite, mais c'est si utile que cela en devient nécessaire. Pour le reste, c'est une question de méthode de travail.

Méthode de travail Bene Gesserit efficace, leçon numéro 1 : Vous pouvez apprendre. Apprendre, c'est facile ! Ce n'est pas comme du travail, c'est beaucoup plus intéressant que d'aligner des boulons dans une usine. Encore faut-il savoir apprendre. Si certaines connaissances nécessitent d'être apprises par coeur, on peut se casser les dents sur des pavés trop épais alors que ce n'est pas indispensable. Ménagez-vous !

Asseyez-vous et écoutez comment on lit vite et efficacement un bouquin... La plupart des étudiants, à leurs débuts, lisent les livres de la première page à la dernière, en lisant chaque page (ou du moins celles du chapitre qui les intéresse). C'est long, et peu synthétique : des détails sans importance se gravent dans le cerveau... Peu d'entre eux arrivent seuls à retrouver la méthode que je vais vous exposer ici, à la fois facile et efficace.

Premièrement : Lisez le titre et le sous-titre (c'est le sujet). Lisez le petit éloge en quatrième de couverture (l'éditeur vous dit pourquoi acheter le livre, ne le croyez pas). Lisez la préface : c'est l'auteur et le contexte.

Deuxièmement : Lisez avec attention la table des matières. Vous aurez ainsi un "schéma" du livre dans votre tête, qui correspond presque toujours au raisonnement de l'auteur et aux étapes de son exposé.

Troisièmement : Lisez la conclusion. C'est là que l'auteur veut arriver, c'est ce qu'il a voulu prouver. Si il n'y en a pas, lisez le chapitre final, c'est en général un bilan ou une synthèse... Bref, ce sont les points importants.

Quatrièmement : Lisez l'introduction en entier... Oui, enfin ! Car en général une longue introduction pose tout ce qui va se passer par la suite dans le bouquin, renseigne sur l'auteur, le contexte, et les prémices.

Cinquièmement : Lisez les chapitres dans l'ordre en appliquant le même mode de lecture, conclusion, puis introduction... Ne lisez pas le développement si vous n'avez pas le temps, juste les conclusions partielles.

Conseils subsidiaires : Si le sujet ne correspond pas à ce que vous voulez, ou si à un moment donné vous vous apercevez que ce n'est pas le bon livre pour votre travail/révisions/documentation, arrêtez de lire. Ce n'est pas la peine de perdre votre temps, et ne pas finir un livre est un droit imprescriptible.

Certains livres, bien souvent des monographies, sont mal conçus pour ce genre de lecture efficace mais se lisent plutôt comme des romans... Dans ce cas, la "conclusion" des chapitres n'est autre que le dernier paragraphe desdits chapitres, en général assez repérable.

Cette méthode peut être adaptée pour la lecture de romans, mais attention : ça passera si vous n'avez à faire qu'une fiche de lecture, mais la plupart des oeuvres littéraires ont le chic pour cacher de petits détails primordiaux en plein milieu du texte, ne résumant jamais ce qui s'est passé dans un chapitre à la fin ou au début de celui-ci... Lisez donc l'intégralité de ce genre d'oeuvres !

Voilà, c'est à peu près tout pour ce qui est de l'absorption des connaissances. Ceci ne sert qu'à avoir les bases d'un livre dans la tête, tout aussi efficace pour la plupart des révisions que de lire le livre en entier, voire plus, parce que vous avez l'essentiel dans la tête et vous passez aux détails par la suite en sachant exactement où vous allez... Vous n'avez qu'à ranger les informations dans les "étagères", entre les jalons que vous vous êtes constitués.

Croyez-moi, c'est plus facile de "connaître" un livre sans le découvrir peu à peu comme un roman : quitte à ne pas lire pour le plaisir, autant y passer moins de temps, et retenir du premier coup pour éviter de relire. On est sensé vous apprendre cette méthode à la Fac, dés le DEUG, ou même en Terminale... Mais en fait, presque personne ne le fait, pensant que c'est automatique et que ça fait un cours en moins pour le sujet principal.

Alors oui, comme ça, tout de suite, ça démythifie sacrément les grosses têtes qui se baladent dans la plupart des universités... Eh bien pas tellement, en fait. Lire efficacement demande beaucoup d'attention, un certain entraînement à repérer les passages importants, un crayon pour les souligner et un cerveau en état de marche. De plus, dans les grandes écoles, c'est presque toujours du par-coeur sinon rien, et en quantité !

Tout étudiant au delà de la licence connaît forcément tout ça : Cela permet de souffler et de ne pas passer sa vie à lire et relire les mêmes choses. Les étudiants gagneront un temps fou et ça donnera un sérieux avantage aux lycéens. Je sais que la plupart de mes amis (du moins ceux qui lisent ce Blog) savent déjà comment faire... Mais j'espère que ça en aidera d'autres, ceux que je ne connais pas, et ceux que je connais.

16/03/2006

Tagada Tsoin Tsoin

N'avez-vous jamais été fascinés par le générique de la série Batman, celle avec Adam West, et par ses combats délirants entrecoupés d'onomatopées écrites sur des accords de jazz ? Moi si. Ce sont surtout les onomatopées absurdes, à vrai dire, qui m'intriguaient lorsque, encore tout jeune, je regardais ce monument de kitsch. Pensez donc, une bagarre qui fait des "Sock" et des "Ffuit"... Alors que tout le monde sait qu'un coup de poing fait "Paf".

Je ne savais pas encore, à l'époque, que les onomatopées étaient différentes selon les pays et les langues... On pourrait même penser que, puisque l'oreille n'est pas éduquée de la même manière, de même que la prononciation, nous percevons tous le même son mais ne l'interprétons pas de la même façon que nous soyons anglais, français ou chinois. Nous n'entendons donc pas la même chose ! C'est le débat classique de la perception.

Autres exemples... Le corbeau, au débotté, vous diriez qu'il fait "Croa" en croassant. Eh bien en Pologne, il fait "Karr", ce qui a tout de même plus d'allure, avouons-le ! De même, il n'y a qu'en France que le coq fait un joyeux "Cocorico". Non que cela soit du nationalisme, mais en Allemagne, il fait "Kikeriki". En Espagne c'est "Cicirici", et dans les pays anglo-saxons il s'agit du très obscène "Cockedoodledoo". Il y a des variantes, bien sûr.

Et les animaux ne sont pas les seuls à faire les frais de la barrière des langues. Tout le monde sait que les anglais disent "Ouch" au lieu de "Aïe", mais il y a plus : Un cri d'horreur s'écrira "Aieee" en anglais, alors que tout un chacun ferait "Aaah" ou "Iiiih" sous nos longitudes. Les onomatopées des comics américains colonisent d'ailleurs nos pages depuis longtemps, où fleurissent les "Aaargh", et parfois même un "Outch", bâtard franglais.

De même, les bruits de succion autrement muets en français se disent aujourd'hui couramment "Slurp", onomatopée dérivée du verbe anglais signifiant "aspirer", verbe qui décrit d'ailleurs exactement le bruit... Et un baiser s'écrit "Smack" ou même "Kiss" sans que qui que ce soit d'autre que les professeurs de français n'y trouvent à redire. Le "Boom" remplace souvent le "Boum", le "Bang" remplace le "Pan"... La liste est longue.

Heureusement, il existe un bastion de notre langue que les forces anglophones aux obscures diphtongues n'ont pas encore pris, résistant encore et toujours à l'envahisseur grâce au bon vieil humour gaulois... Une tache difficile à ravoir que cet humour, trace de pneu sur le slip de la culture. Cette redoute redoutée, je la gardais pour la bonne bouche, si j'ose dire... Chez-nous, on dit encore "Prout", et pas "Poot".

14/03/2006

Des gênés récents

Nous avions déjà parlé de la cohorte des has-beens qui tentent une fois de plus d'attirer les projecteurs... A côté d'acteurs de premier ordre comme Anthony Hopkins et Sean Connery, ou même Sir Ian McKellen, Patrick Stewart, Jeremy Irons et quelques autres qui donnent une performance exemplaire même lors de films alimentaires, de petits rigolos (du moins comparé aux autres) coassent pour une minable fraction de leur gloriole passée.

Les cris hypocrites de Roger Moore boycottant le foie gras, lui qui s'était fait l'apologie de la décadence occidentale dans James Bond, l'ef-front-terie d'une Brigitte Bardot papier-crêpon, les coming-outs dont tout le monde se fout (Richard Chamberlain, Tom Selleck, et, encore plus débile, George Takei, Monsieur Sulu dans Star Trek, avouant sa gaytitude au moment ou ça n'a plus aucun intérêt : deux ou trois ans avant sa mort !)...

Comme Anthony Quinn et un nombre incalculable de vieux seconds rôles ou d'anciens bellâtres hollywoodiens, les voilà forcés de se reconvertir à Broadway... Dans des revivals, qui plus est, à la partition coupée, tailladée, remixée et amputée pour leur permettre de s'en tirer malgré leur grand âge. Anthony Quinn a fait Zorba le Grec, Richard Chamberlain a fait My Fair Lady, Julie Andrews (58 ans) reprend ses vieux succès...

Tout ça, on a déjà vu, déjà donné, merci, au revoir. Mais voilà qu'approche sournoisement de l'âge de leurs artères toute une génération de chanteurs et chanteuses. Peu s'en sortiront vraiment. Si Sir Elton John paraît relativement équilibré et si Madonna semble encore avoir une carrière devant-elle (et aux alentours de 48 ans, ce n'est pas mal) d'autres constatent qu'on les a arnaqué sur leur statue géante : elles fondent sous la pluie...

L'Artiste-Anciennement-Connu-Sous-Le-Nom-De-Prince-Mais-Qu'on-Peut-Recommencer-A-Appeler-Prince-Maintenant-Parce-Que-Sa-Crise-De-La-Quarantaine-Est-Terminée-Et-Qu'il-Faut-Pas-Déconner-Non-Plus-Vu-Que-ça-Ne-Fait-Plus-Recette, après avoir allègrement chié sur les maisons de disque (à tort ou à raison, peu importe) revient la queue entre les jambes un album ici ou là... Et surtout de l'autre côté, côté flouze et pas paillettes.

Et il a le même âge que Madonna, à peu de choses près. Et puisqu'on parle de paillettes, vous avez sans doute entendu parler de Gary Glitter... Mais si, vous savez, le chanteur anglais à sale gueule des années disco. Un VRAI has-been. Je n'avais jamais entendu son nom jusqu'à ce qu'il soit, tout récemment, condamné en Thaïlande pour proxénétisme pédophile. Il avait fui l'Angleterre à cause d'une histoire semblable, mais rien n'avait été prouvé.

Il semble que Michael Jackson soit à peu près dans la même position, d'ailleurs. Penché en avant. L'ex-King of Pop (Oui, ex, parce que Robbie Williams l'a enfoncé question ventes, d'où la position...) se réfugie en ce moment à Bahreïn. Il tente d'éviter la justice qui lui réclame plein de sous, pour les taxes, pour ses dettes, pour les employés de son monstrueux parc privé... Et il y a toujours ces histoires de scandales pédophiles qui traînent.

Je n'ai jamais aimé Michael Jackson, malgré un talent certain (que je trouve surfait, mais bon...) c'est un gars qui fait vraiment froid dans le dos, et, qu'il soit vraiment un pédophile ou pas il n'est plus humain depuis un bon moment, à l'extérieur comme dans sa tête. Il ne suffit pas de fonder une ou deux associations caritatives pour être béatifié sur tous les tableaux : Il y a beaucoup de mécènes mafieux, c'est même le cas général.

Cela fait tant de fois qu'on l'accuse de tripoter des enfants, comme on dit, "pas de fumée sans feu"... Mais en même temps, cet homme excite tant les jalousies, c'est un bouc émissaire tellement évident, il a un grain tellement visible que là, je ne sais plus quoi penser. Oh, à propos... Lui aussi a l'âge de Madonna, grosso modo. Eh oui, même avant la cinquantaine on peut faire "zombi". Il peut retourner Thriller sans maquillage.

Quoi qu'il en soit, il vend encore des albums, et Madonna aussi. La carrière de ces gens n'est pas terminée, même si ils sont à première vue sur une pente descendante : ils bougent encore. Il n'est pas impossible que certains nous fassent le coup du retour de la vengeance, comme George Michael, ou, côté troisième âge, Tom Jones. A côté de ça, signalons que les Stones comme Metallica font toujours salle comble...

13/03/2006

Les colles des fans

J'ai des amis professeurs et, étant moi-même encore un peu lié au monde de l'Académie, j'entends ce qui se fait. Un sujet particulièrement stupide du JT m'y a fait penser : de nouvelles méthodes d'éducation expérimentales font régulièrement leur apparition. Si, si, périodiquement, on change les méthodes. Cela tient des livres pour jeunes parents : un coup on les laisse sucer leur pouce, un coup non, en fonction du pédiatre en vogue cette année.

Comme si on apprenait la vie en classe... Grosso modo, ça donne à peu près le même résultat, même si les enfants ne sont jamais assez bien pour la génération antérieure... Cette fois-ci, c'est pour apprendre le respect aux "Djeuns" dans les ZEP qu'on leur fait faire du foot. A été mis en place un système qui vient d'en haut, révolutionnaire, comme une sorte de permis à points pour l'élève : points en moins pour insolence, etc.

On peut les priver d'entraînement ou de match si ils sont vilains. Ouaouh. Les bureaucrates ont encore inventé l'eau chaude : les bons points, mauvais points, les blâmes, les renvois, et l'exercice physique comme activité à la fois saine, distrayante et fédératrice. Tout ça pour apprendre le respect au travers des cours de morale qui ne disent pas leur nom, et faire travailler (leur corps et le reste) sans en avoir l'air des jeunes gens autrement oisifs.

C'est ce que font depuis longtemps (c'est à dire depuis... oh, disons le XIXe siècle) des tas de lycées privés et publics, des pensionnats ultra-catholiques aux plus modernes institutions laïques, avec les meilleurs résultats. De même, de nombreux professeurs consciencieux, plutôt que d'être froids, prennent sur leur temps de loisir pour proposer des activités supplémentaires, distractions délicatement formatrices, à leurs petits élèves.

Au fond, il n'y a que les bonnes vieilles méthodes qui marchent !

Sous l'Occupation

Jamais, ô grand jamais, je ne comprendrai les manifestants étudiants. Ils sont chroniquement inefficaces depuis 1968, ils se privent et privent les autres du droit d'étudier qu'ils ont payé, et ce pour rien du tout. La réforme LMD ? Elle est passée. Le CPE ? Il est voté depuis belle lurette. La guerre en Irak ? Mais oui, c'est sûr, George W. Bush a peur des étudiants français et se fie à eux pour la politique internationale... Et moi, je suis Greta Garbo.

Je ne suis pas forcément pour le CPE, ou tout autre contrat "jeune". Je ne prétends pas m'y connaître, mais a priori, ce qu'il faudrait, c'est plus de contrats des sortes qu'on a déjà. Le problème c'est que je m'y connais quand même plus que la plupart de ceux qui manifestent. Les plus ardents sont ceux qui font partie de cellules "révolutionnaires" plus ou moins underground qui recrute dans les facs : des agitateurs formés et professionnels.

Ces cellules sont hélas allègrement manipulées par les grands partis, mais passons. Quoi qu'il en soit, je vois mal le rapport entre bloquer les facs et abroger une loi. A la limite, manifester devant l'Assemblée ou Matignon, oui... Mais empêcher les gens d'étudier n'aura pour conséquence, au pire, que de leur faire louper un examen. Et ça fait longtemps que les politiciens savent que les étudiants manifestants (c'est à dire les plus jeunes) ne votent pas.

C'est vrai, les étudiants qui ont une conscience politique supérieure à celle d'une huître sont en général au delà de la licence, et préfèrent voter et passer leurs examens tranquille plutôt que de manifester. Les autres se laissent entraîner, en général, par la minorité syndiquée susnommée, la seule d'ailleurs à voter pour les élections des conseils universitaires. Même avec des milliers de manifestants, les vrais activistes sont quelques centaines.

Pensez qu'il ne faut que 800 étudiants pour occuper un campus qui en accueille 10000, et que sur ces 800 étudiants il y en a peut-être une centaine qui fait ça sérieusement et le ferait de lui-même, seul si nécessaire. Et encore. Prenons cette parodie de démocratie pour ce qu'elle est : le symptôme d'une détresse sociale plus profonde et d'un ras-le-bol qui ne sait pas vers quoi tendre. En attendant, moi, ça me complique la vie.

Déjà, les dernières manifs étudiantes avaient failli me faire perdre une année en m'empêchant de passer mes examens. Je précise que je n'ai pas fait mai 68, ce grand moment dont les quinquagénaires assagis et maintenant de droite se rappellent en riant, et dont les professeurs attardés de la même génération se souviennent, émus, en lavant le cerveau de leurs étudiants sans crainte pour leur poste archi-protégé.

Par contre, je connais quelques personnes qui étaient là ,et bien là. Ils ont eu le regard atterré en voyant ces minables qui, à la télévision, se plaignent d'avoir été évacués par les CRS de la Sorbonne qu'ils ont lâchement dégradé (et abîmer un monument comme ça, c'est comme brûler un livre, ça ne se fait carrément pas !). Les CRS ne les ont pas emmenés dans le panier à salade ni passés à tabac : C'est peu violent comparé à 68.

Pire : On voyait aux informations un étudiant qui se plaignait d'avoir été évacué à 4h48, avant qu'il y ait des métros. Le pauvre, il avait prévu de passer quelques jours à Paris et d'occuper une fac ou deux, de faire une manif histoire de dire ? Vous parlez d'un engagement... Je suis sans doute de parti pris vu que je suis de droite, même si le CPE ne me semble pas une mesure très utile, mais là, j'ai presque honte pour eux.

09/03/2006

La bête est morte

Ma télévision a pété. Enfin, pété, c'est beaucoup dire. Elle n'affiche rien, mais le son marche. Le canon à image est foutu, et comme il s'agit de la pièce la plus chère, autant acheter pour le même prix un écran plat bien meilleur. Je ne dis pas qu'il me faut absolument une télévision... Je trouve mes informations sur Internet et à la radio, ne faisant plus confiance au JT que pour les titres, et il n'y a jamais rien à part trois séries débiles.

Mais tout de même, pour les vidéos, c'est plus pratique que de regarder un DVD sur un écran d'ordinateur (encore faut-il pouvoir le faire, c'est loin d'être le cas de tout le monde...). Donc, bientôt, place au plasma. Vous avez remarqué comme les hypermarchés, FNACs, Darty et autres chaînes de grande distribution ne vendent de toutes façons plus que ça ? Fini, le tube cathodique de nos ancêtres, vive le numérique. Tant mieux, après tout.

En moins de cinquante ans nous avons fait des progrès considérables : voyez la photo ci-dessous, une télévision française de 1949. Le boîtier est en aluminium peint, inhabituel et particulièrement moderne pour l'époque : les boîtiers étaient le plus souvent en bois. On a installé une "loupe" (jaunie par l'âge) juste devant l'écran, trop petit pour qu'on voie bien les détails de loin. En noir et blanc, cet appareil est à peine mieux qu'un oscilloscope.

J'ose croire que dans quelques décennies, peut-être moins, ils sortiront autre chose, comme les DVD ont remplacé les CD et les VHS. L'ergonomie fait aussi des progrès si l'on en croit les divers constructeurs qui font les derniers salons (du design) ou l'on cause : meubles et parois sensitives qui actionnent des appareils cachés, lignes pures et claires... On se croirait dans Star Trek, ou dans Minority Report... Un truc complètement froid, intuitif et beau.

Décidément, on ne croirait pas que, de nos jours, tout ça est fabriqué par des esclaves laotiens !

08/03/2006

Tu seras un homme, ma fille

Aujourd'hui, c'était la journée de la femme. A ceux qui s'insurgent qu'il n'y a pas de journée de l'homme, vous n'aurez qu'à répondre que ce sont les 364 autres... Oui, même si les droits des femmes sont archi-reconnus partout dans nos pays civilisés (enfin, admettons...), elles ont encore besoin de leur jour dédié pour rappeler au monde que, pas si loin que ça, il y a des femmes défigurées, mutilées et tuées au nom de pas grand chose.

A part ça, ces histoires de voile islamique c'était du vent, du moins en France. A mon avis, privez de scolarité les petites filles qui le portent et elles n'auront aucune chance d'apprendre pourquoi elles ont le choix puis de décider en connaissance de cause... On en a fait tout un plat, et, rétrospectivement, ce très petit nombre de jeunes filles voilées monté en épingle par les médias préfigurait les tensions religieuses qui nous secouent aujourd'hui.

Au sujet des femmes battues, car il faut en parler : C'est innommable, évidemment, mais on ne parle jamais des hommes battus. C'est pourtant le fond de très nombreux cas de violences conjugales. De même, on imagine la violence conjugale comme rarement réciproque, alors que c'est le cas pour beaucoup de couples: ils en viennent aux mains... Et à tout âge ! Si, si, ça arrive aux vieux aussi. Et les coups font plus mal passé un certain âge.

Mais il faut bien le dire, en cette journée de la femme, que peut-on dire sur ce sexe qui ne soit pas d'une affligeante banalité ? C'est vrai, je suis de parti pris, vu que sexuellement je n'ai jamais trouvé les femmes très intéressantes. Nous avons déjà parlé des clichés rebattus dans un précédent billet, ainsi que de l'anatomie féminine (le "pénis inversé"...), et franchement, tout ça date aussi un peu.

Oui, que dire ? La femme est l'avenir de l'homme ? Je suis contre les femmes, tout contre ? Demain sera féminin ? Femmes, je vous aime ? Où sont les femmes ? Femmes, femmes, femmes ? Femme des années 80 et femme jusqu'au bout des seins ? Être une femme libérée, tu sais, c'est pas si facile ?... Ce sont ces phrases toutes faites qui le sont, faciles, et leur sens est devenu politiquement correct même s'il ne l'était pas au départ.

Certes, il est tout de même un peu étonnant qu'on ait attendu jusque là pour s'apercevoir que 52% de la population mondiale, ce n'était pas une minorité, mais bien quelque chose de ridiculement banal. On appelle encore ça le "sexe faible", mais à mot couverts, sans doute parce qu'elles n'arrivent pas toujours à ouvrir les pots de confiture du premier coup, mais à vrai dire ça m'arrive aussi, alors...

Quant au terme "beau sexe", alors là, je m'insurge... Et j'aimerais répondre, avec le large soutien de nombreux congénères masculins, à celles qui ont trouvé le slogan "ni putes, ni soumises", un fort et clair "ni macs, ni machos", parce qu'aujourd'hui une femme a le droit d'être féminine ET d'avoir une carrière, voire d'être hommasse, mais qu'on regarde encore bizarrement les drag queens et les travestis. Sans parler des Trans.

Enfin, on n'a pas trop à se plaindre, nous, les mecs : Ici, la Vénus de Milo a retrouvé ses bras et le David de Michel-Ange n'a pas perdu son sexe. A quand la même chose partout dans le monde ?

Avalez la fumée

Avez-vous vu la dernière publicité pour les meilleures tables parisiennes ? Bon, quand je dis "meilleures tables", c'est subjectif. Certaines sont excellente,s d'autres sont très bonnes, toutes ou presque sont hors de prix, et un bon ami à moi s'est fait refouler à l'entrée de l'une d'elles... Et, pour ma part, je ne suis pas très "nouvelle cuisine", donc je raye d'office un certain nombre de soi-disant grands restaurants de ma liste personnelle.

La publicité en question est un petit guide distribué dans les restaurants qui y sont mentionnés (en général il est sur une table près du vestiaire ou apporté discrètement au moment de l'addition, il y a tout de même un certain standing à respecter...) avec les restaurants de l'association "best restaurants in Paris". Un resto par page, la photo du chef et du propriétaire à chaque fois, classés par thème, avec plusieurs index pour s'y retrouver.

Ce qui est génial, c'est la présentation : On dirait un paquet de Gitanes. C'est bleu foncé, large, ça s'ouvre comme un paquet de cigarette et le logo fait penser à une quelconque marque de tabac. Le plus fort, ce sont les messages en grosses lettres façon faire-part de décès qu'on trouve sur les vrais paquets, mais détournés :

"Bien manger ne tue pas" et "Bien manger contribue à votre plaisir et à celui de votre entourage".

Rien que pour avoir paraphrasé les slogans hypocrites au nom si noble de la bonne chère, allez voir leur site. Il n'y est pas fait mention de cette publicité, ce n'est rien d'extraordinaire, mais ça vaut le coup d'y aller... Si vous aimez bien manger et que vous êtes en fonds. Oui, je sais, il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger. Mais c'est à l'Avare Harpagon que Molière le fait dire, et je gage que vous n'êtes pas aussi pisse-vinaigre !

07/03/2006

Bon sang, mais c'est bien sûr !

Si vous allez aux Lilas, banlieue parisienne dont je parlais l'autre jour, vous trouverez peut-être une sinistre ruelle boueuse, étroite, ou se profile un arbre mort qui surplombe le microscopique panonceau qui indique un musée. Si vous trouvez le chemin, c'est que, comme moi, vous aurez réservé par téléphone au propriétaire de ce musée privé, le musée des vampires. Il est unique, et son propriétaire est Jacques Sirjent (Sirgent pour la presse).

Unique au monde, il 'est, mais pas parce que c'est le seul musée sur le vampirisme... Une seule pièce ("mais je suis en tarin d'en aménager d'autres", nous dit Jacques, un homme entre deux âges plutôt quelconque) et pas de visite, rien de rare ni précieux... Mais une marée de gris-gris forains, farces et attrapes, peintures fluorescentes, affiches de vieux films de vampires, photos d'acteurs et objets en résine vaguement gothiques.

Ici et là, des photos dédicacées ornent les murs, ainsi que des masques en caoutchouc d'un goût douteux. Un collage de diverses images du diable et de Vlad Tepes, indistinctement mêlées, vous montre le niveau du lieu : la maternelle. Pire: le mur du fond affiche d'indicibles croûtes, mauvais portraits de Brad Pitt et de Tom Cruise dans Entretien avec un Vampire et "visions romancée" de la comtesse Bathory.

Ce n'est pas ce qu'on pourrait appeler un musée, mais l'antre d'un terroriste culturel. Il vous recevra sur de vieux canapés (il fait ça chez-lui, pourquoi se gêner...) et vous offrira un kir à la cerise (parce que c'est rouge, ça fait genre "Dracula"). Puis, il vous assommera pendant environ deux heures et se fera payer la modique somme de 6 euros : assez cher pour un kir et le déplacement. La différence avec moi c'est que j'assomme gratis, et je ne mens pas.

Lui vous abreuve de contrevérités historiques pas tant sur les vampires que sur l'occulte en général, sortant sans honte des études peu sérieuses, des statistiques du style "on peut multiplier les chiffres par trois parce que visiblement, c'est plus", une histoire des Balkans complètement fantaisiste, tout en éludant les faits qui ne l'intéressent pas, tant sur le plan biologique qu'historique ou anthropologique.

Pour se justifier, il montrera du doigt une toute petite pile de livres poussiéreux : des dictionnaires datant du XVIIe siècle dans lesquels il a trouvé l'évolution du mot "vampire" depuis ce temps là. C'est très intéressant, mais ça se fait en quelques minutes avec un Littré et une bibliothèque. Des cas rapportés de vampirisme en Roumanie, de la porphyriose (le "vampirisme biologique"), des suceurs de sang de l'antiquité ? Il les ignore.

Au lieu de vous parler de religion, de mythes païens et d'ethnologie sérieuse, il vous montrera sans doute son chat mort pris dans de la résine (dans une bassine bleue de salle de bain, de loin, pour éviter qu'on voie les détails). Il dit l'avoir trouvé dans des circonstances hautement occultes, de même que d'autres vagues bouts de trucs qui en ressemblent à rien et n'en prouvent pas plus, et extrapolera quelque conspiration à la mode.

Il vous dira qu'il a trouvé des preuves "il y a quelques mois, dans un bazar au pied de la Tour St Jacques, et le bazar a brûlé juste après..." alors qu'il n'y a pas eu d'incendie ni de bazar là-bas depuis au moins dix ans si ce n'est plus. Ajoutez aussi à cela les traces de messes noires trouvées au Père Lachaise (rien que de très normal, si vous voulez mon avis, et rien à voir avec les vampires sauf peut-être via le jeu de rôles...).

En sus, il vous fera le coup de la numérologie : dates, chiffres, additions débiles, coïncidences entre les numéros des tombes du père Lachaise, noms des caveaux montés en épingle... Quelques références anticléricales primaires, du conspirationnisme, beaucoup d'allusions sans rien derrière du genre "mais non, ils sont forcément au courant de la profanation de cette tombe, donc c'est eux !", vous voyez le topo.

Après ce pathétique propos, il fera passer des classeurs contenant "la plus grande collection de jaquettes de films de vampires d'Europe". Super. Et même si c'était intéressant, on n'a que sa parole, et on a vu ce qu'elle valait. Il termine par des références tellement prévisibles au fait que "les vampires sont gentils, ils ne sont pas obligés de tuer, mais méfiez-vous des vrais vampires d'aujourd'hui, les vampires économiques !".

Ben voyons. Entre ça et ses histoires de fantômes soi-disant vécues, je ne sais pas si je dois rire ou pleurer. Mais d'où lui vient cette science vampirique ? De nulle part : Ce n'est qu'un ancien professeur d'anglais ("avec des livres en préparation...") avec une formation en histoire de l'art (et, non, savoir analyser un tableau ou une sculpture ne permet pas de se dire historien...). Rien ne dit qu'il est seulement agrégé ou même qu'il a obtenu un diplôme... Et visiblement, avec ma maîtrise d'histoire de la Sorbonne, j'en sais plus que lui.

Voyageur qui ne savez pas quoi faire un soir ou une nuit, ne vous égarez pas dans les chemins écartés et bourbeux vers la ruelle maudite, le château incongru de ce bossu mental... Fuyez ce lieu de perdition, vous n'y trouverez qu'une demi pensée aussi mâchée que le papier dont il se sert pour décorer son macabre chez-lui, avec un mauvais goût certain. Fuyez, oui, fuyez ce vampire qui vous pompera... l'air.

06/03/2006

Centuries

Considérez les quatrains suivants, juste par plaisir... Ils ne sont pas de Nostradamus, mais ils se sont

tous révélés exacts les uns après les autres, sauf les deux derniers. Pas mal, hein ?

Non certes, elle n'est pas bâtie

Sur du sable, sa dynastie

Il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Il peut dormir, ce souverain,

Sur ses deux oreilles, serein.

Il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Je, tu, il, elle, nous, vous, ils,

Tout le monde le suit, docile.

Il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Il est possible au demeurant

Qu'on déloge le shah d'Iran,

Mais il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Qu'un jour on dise "c'est fini"

Au petit roi de Jordanie

Mais il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Qu'en Abyssinie on récuse

Le roi des rois, le bon Négus,

Mais il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Que, sur un air de fandango,