06/09/06

Billets de Juin 2006

Note de l'Auteur : Voici les billets de mon ancien blog pour tout le mois de juin 2006, par ordavec une mise en page proche de celle de l'original, et sans les images ni les commentaires. N'hésitez-pas à me faire part de vos questions ou de vos réactions...

29/06/2006

Chapeau bas

Avez-vous déjà vu ce dessin animé de la Warner quand vous étiez jeunes ? Celui ou Bugs Bunny est poursuivi par Elmer Fudd dans un bois, et dans lequel un camion de chapeaux laisse s'envoler aux quatre vents une partie de sa cargaison... Sans plus de justification, les couvre-chefs atterrissent les uns après les autres sur les têtes des héros, et ceux-ci changent de personnalité en fonction ! Illogique, impossible, mais ça passe.

Vous vous êtes déjà déguisé étant petit ? Non ? Vous n'aviez pas la panoplie de votre modèle préféré (un super héros quelconque, Zorro, un pompier, un policier, un chevalier, un cow-boy, un indien, ou, pour les filles, une fée, une princesse, une reine... Oui, j'ai aussi trouvé ça injuste envers les filles, déjà à l'époque). Si vous ne vous êtes jamais déguisé, même pas pour une fête de l'école dans un costume tarte, vous ne pouvez pas comprendre.

Si vous n'avez pas porté la panoplie de Spiderman, vous ne pouvez pas savoir ce que c'est d'incarner votre héros : pendant un bref instant, vous pouvez vous faire croire que vous l'êtes. Evidemment, si vous n'avez jamais été emmitouflé façon bonbon, oignon ou quelque autre fantasme bizarroïde pondu par l'esprit malade d'un éducateur lors d'un spectacle de fête d'école, vous ne savez pas non plus combien c'est tragicomique.

Se déguiser, changer de peau, mettre un masque (même alors que tout le monde vous reconnaît !) pour dire momentanément "ce n'est pas moi", c'est se permettre des choses que l'on ne ferait pas ordinairement. C'est dépasser ses limites, comme dans un carnaval, jour des fous où tout est permis, ou dans une mascarade, ou l'on pouvait alors courtiser à qui mieux-mieux sans représailles ni souci des convenances.

Si en prime on adopte le costume, la pose, la démarche et le rôle d'un personnage ou d'un archétype connu, non seulement on lui rend hommage, mais on partage ses capacités et sa réputation... Le temps du bal en tout cas. Le psychodrame improvisé fonctionne, que l'on soit acteur masqué au théâtre grec, Arlequin sur scène ou dans un bal de la Renaissance, ou Vampire le temps d'une soirée d'Halloween.

Tels sont les prémices et les délices du Cosplay (contraction de Costume Play, évidemment), qui consiste à se déguiser lors de conventions en son personnage de japanimation favori. Souvent, les costumes sont primés, et il est mal vu de ne pas avoir fait le sien soi-même... Voire de porter deux fois le même costume en public. C'est la dernière "incarnation" d'un carnaval qui ne meurt jamais, revitalisé par le phénomène Fandom...

A peine différent, le phénomène de la mode, dont nous parlions à peine quelques jours plus tôt, ne nécessite pas d'avoir des vêtements que l'on fait soi-même... Mais bien de porter un costume spécifique (et plus ou moins cher) en fonction de sa tribu, son origine, pour marquer son appartenance à tel ou tel groupe plus ou moins couru (d'où l'existence de clones de la mode...) ou imiter telle ou telle personnalité.

C'est justement pour sortir de ce carcan vestimentaire de convenances et ces panoplies qui vont et viennent, mais qui sont toujours acceptées socialement (même quand elles sont "provoc", oui madame !) que le carnaval existe... Et si certains chanteurs osent sortir eux aussi de ce carcan d'une manière plus régulière que le commun des mortels (Voir Elton John à une certaine époque), c'est surtout à cause du symbole.

Quoi, vous en croyez tout de même pas que les Drag Queens se baladent vraiment avec des plumes dans le cul, des crinolines et des semelles ultracomepnsées 24/7 ? Vous m'inquiétez...

27/06/2006

The Power in my Purse

Je me suis laissé entraîner sur la mauvaise pente. Lundi, des amis m'ont emmené faire les magasins. Je sais, je sais, ce ne sont pas encore les soldes... Mais apparemment ce n'est pas grave ! Voyez-vous, mes amis sont très tendance, alors ils vont faire les magasins pour voir ce qu'ils vont acheter quand ce sera les soldes. Et s'ils voient quelque harde qui les tente et qui risque de disparaître trop vite une fois soldée, ils l'achètent.

C'est d'une logique parfaitement spécieuse, mais ça a l'air de totalement leur échapper, alors je n'ai trop rien dit... D'autant qu'il y avait ce qu'on appelle des "avant-soldes" dans certains magasins plus ou moins exclusifs, des ventes privées (en fait pas super privées non plus sinon ils ne vendraient pas grand chose, mais bon). Pour vous dire, une vente privée, c'est comme une version bêta-test d'un jeu vidéo, mais avec des fringues.

J'ai donc été immergé dans l'univers fabuleux (oui, Absolument Fabuleux...) de la Fashion Victim moyenne. Et c'est épuisant. Rien que porter les sacs de façon élégante, ça fait mal... Sérieusement, ça peut provoquer un tennis elbow (ou shopping elbow, en l'occurrence). Heureusement, de tels désagréments sont réservés à ceux qui achètent chaque semaine l'équivalent du budget bouffe d'une famille moyenne pendant un an.

Dans des boutiques plongées dans une ambiance tantôt planante, tantôt techno, issue d'une mauvaise compil de bar gay, j'ai vu les innombrables clones de la mode. Toujours présents, ils changent de tenue selon la tendance, mais leur regard est toujours aussi morne et blasé. D'ailleurs, depuis que les mannequins en plastique ont des yeux peints et des poses plus molles, on peut les confondre : difficile de discerner le bovin de l'atone.

Ces jours-ci, ils portent des couleurs ternes, grises, brunes, United Colors of Moche-Marron... Des polos en véritable toile de sac à patate sont apparemment très à la mode, comme les imprimés à fleurs (ressortez vos chemises années 60) et des jeans brodés ou recousus (apprenez le point de croix). Economisez en coiffeur, la coupe "j'ai ouvert la fenêtre et ça fait trois jours que je me suis pas lavé" est aussi très en vogue.

Parfois, il ya de gros cafouillages... On retrouve des chemises presque hawaïennes, avec des motifs de flammes et de fauves, dans la catégorie hyper tendance et pour un prix prohibitif... Des colliers griffés avec des petits coquillages ou des bouts de bois, des cornes taillées façon surfeur parfaitement exorbitants... Alors que sur les plages à touristes, il y en a depuis belle lurette à pas cher, à côté des fausses lunettes Dior.

Tout de même, il faut le voir une fois dans sa vie, ce spectacle de la mode. Il n'y a que là que l'on assiste à des dialogues d'anthologie du style "_Oh, regarde ! _ Oh, c'est quoi ? _ Une veste !"... C'est le seul endroit où l'on peut croiser des gens aussi épanouis et pourtant aussi dépressifs : capables d'avoir tout ce qu'ils veulent, et pourtant de pleurer lorsqu'un bout de tissu miniature et informe dépasse en prix leurs possibilités de retrait.

Voire leur autorisation de découvert. Voire leur salaire annuel. Imaginez l'espèce de boite miniature Vuitton, dans laquelle vous pouvez ranger quelques clous, et, en tassant bien, un paquet de mouchoirs... Et ce micro-sac dans lequel une seule carte de crédit tient péniblement... Tout ceci est largement plus cher que le demi-mètre carré d'appartement Avenue Foch dans lequel vous les poserez.

Mais passons. Non, les fashion victimes sont épanouies, bien plus que les midinettes (et d'ailleurs, ne soyons pas misogynes, les fashion victimes sont autant hommes que femmes). Pensez-vous ! Elles ne réfléchissent pas, elles ont trouvé leur passion, leur hobby, leur équilibre. Leur seul problème est de gagner assez d'argent pour acheter encore. Bienheureuses, elles ont trouvé leur point G : il est chez Gucci.

Et elles gloussent de plaisir à chaque fois qu'elles y vont.

26/06/2006

L'art et la matière

Dans la série des objets inutiles, la littérature occupe quand même un certain créneau. Dit comme ça, on dirait que je ne lis pas et que je suis un gros inculte... Eh bien je n'ai peut-être pas tout lu, mais j'ai une maîtrise d'histoire obtenue à la Sorbonne et les choses lisibles sont à peu près mon seul achat compulsif. Non, je voulais simplement dire que certains livres se posent quand même là dans l'absurdité.

A la limite, on peut respecter les livres saisonniers des hommes politiques et de leurs nègres, ces "livres de campagnes", et on peut même apprécier les éditions Harlequin, si ce n'est pour la qualité de leurs parutions, au moins pour un succès qui ne s'est jamais démenti (les taches tenaces persistent et signent...). Dieu sait qu'il faut garder l'esprit ouvert : la SF a encore du mal à avoir bonne presse auprès d'une soi-disant élite.

Mais là, tout de même. Je suis contre les autodafés par principe, mais qu'on brûle celui-là, je ne sais pas si je le remarquerai. Il s'agit d'un ouvrage des éditions Edimontagne, collection 4camp (des livres de camping pour randonneurs et écolos, militants alter-mondialistes nomades, ou chevriers du Larzac, éventuellement). L'auteur en est Kathleen Meyer. Cela se présente comme un manuel ou une monographie.

Le titre en est à la fois descriptif, simple, et délicieusement poétique : "Comment Chier dans les Bois". Le pire c'est que le livre cherche à se faire passer pour à la fois didactique, intéressant et indispensable : le sous-titre en est "Pour une approche environnementale d'un art perdu". Certaines critiques dithyrambiques déclarent avec emphase que l'auteur nous ouvre les yeux sur un problème très actuel.

Moi, j'ai pas forcément envie de regarder, mais bon... C'est vrai que c'est actuel. Quotidien, je dirais. C'est un gros problème. Enfin, une grosse commission. Ahem. Poursuivons. Je disais donc que ce livre adresse le problème du caca dans la nature, car certains campeurs (là encore selon le livre, mais c'est vraisemblable) ne se préoccupent pas de l'endroit où ils se soulagent et du devenir de leurs étrons.

C'est d'ailleurs mon cas, ou ça le serait si je campais. Crapahuter en compagnie d'insectes sans matelas et sans luxe sous une tente bruyante, que ce soit à l'aventure et à la dure ou bien en compagnie de douzaines d'autres boeufs immondes dans leurs caravanes puantes avec leurs sales lardons gâtés pourris et leurs barbecue qui puent, le tout dans la crasse, merci bien, ça ne me sied pas au teint.

Et dire que c'est un best-seller. Vous, je ne sais pas, mais moi, je n'ai pas besoin qu'on m'explique "comment" on chie dans un bois. A part la notion toute humaine de discrétion, comme il n'y a pas plus biodégradable que les crottes et que tous les animaux le font, pourquoi se retenir ? Bien évidemment, les mauvaises langues (si j'ose dire) auront déjà trouvé une utilité à ce livre, surtout si ses pages sont bien fines.

C'est peut-être ça, cette nouvelle méthode...

25/06/2006

He's dead, Jim !

Aujourd'hui, un petit billet vite fait... Je me suis dit que j'allais peut-être en faire une autre liste, mais non, ça n'est pas la peine : Je vous livre ces dix entrées sympathiques presque en forme de top ten (presque parce que je n'arrive pas à décider de l'ordre...). Ces détails ne sont pas rédhibitoires, et peuvent même ajouter au côté "culte" du film. D'ailleurs ils sont souvent repris exprès dans des comédies...

Dix détails débiles qui rendent un film désuet ou cassent l'ambiance dés que c'est un peu sérieux :

_ Un acteur trop maquillé, surtout en gros plan et quand il dégouline de sueur

_ Les acteurs jouant les enfants ont l'air plus vieux que les acteurs jouant les parents

_ Une fausse gifle ou un faux coup qui se voit, une cascade ratée, une plaie qui ne saigne pas...

_ Des rires enregistrés, des applaudissements au héros dans le film, surtout avec une musique triomphale

_ Un acteur qui a un problème (un doute comme Harrison Ford, rentre son ventre comme Tom Cruise...)

_ Un détail historique qui tue (indiens avec des montres, grecs antiques avec des arbalètes...)

_ Un personnage irréaliste (petit gosse super intelligent et débrouillard, vieux sage qui a l'air omniscient...)

_ Un acteur qui postillonne ou bave (pas seulement au théâtre ! Voir le Hamlet de Kenneth Branagh)

_ Des costumes trop propres pour des miséreux et qui ont l'air découpé pour ressembler à des haillons

_ Des grosses couleurs qui tachent et/ou des effets spéciaux en mauvaises images de synthèse partout

Bonne séance !

Bring out your dead (Rire et Châtiment?)

Raymond Devos est mort, paix à son âme. C'est bien dommage. Soit. Il écrivait bien. Dernièrement il bloblotait un peu du ciboulot, il était vieux... Il a fait son temps, il a eu une très bonne vie bien remplie, et on pourrait même dire que ses héritiers sont en plein dans le sordide au sujet de son héritage, si l'on voulait soi-même être oiseux. Il était quand même un peu énervant à écouter, avec sa voix couinante et inaudible, essoufflée...

Il était gros et laid, ses lèvres violettes et molles pendaient de façon tellement immonde qu'on eut dit un gigantesque mérou, surtout avec ses yeux binoclards et globuleux. Je le préférais à lire qu'à voir, et surtout à entendre, puisqu'en parfait autodidacte, il était incapable de jouer correctement du moindre instrument de musique... Disons, jamais plus que l'amateur à peine correct. Mais soit, c'était son style, un peu "cirque".

Non, voilà une vraie bonne grosse perte pour le monde du spectacle : Aaron Spelling est mort, lui aussi. Ce juif texan né en 1923 nous a apporté plus que quelques textes d'une matière à rire... Il a été auteur et acteur, certes, mais c'est surtout en tant que très grand producteur qu'on le connaît. Le producteur, le donneur de sous despotique, quelle mauvaise presse a ce beau métier pourtant indispensable...

Le producteur, qui reconnaît la valeur des oeuvres et sait diriger la créativité vers autre chose que l'impasse, est au spectacle ce que l'éditeur (et son armée de relecteurs) est à la littérature : quand il n'est pas là, vous obtenez à 90% de la merde, de la boue infâme et élitiste incompréhensible... Sauf génie pur, l'autoédition c'est comme les films d'art et d'essai : C'est triste et on a honte pour les pauvres bougres.

Merci à Mel Brooks pour avoir par deux fois rappelé la valeur de cette grande profession. Aaron Spelling fait donc partie de ces légendes d'Hollywood et de la télévision, quelqu'un qui, comme les meubles, semble avoir toujours été là. Je ne vous citerai pas sa filmographie complète en tant qu'auteur, réalisateur ou producteur, vous n'en comprendriez pas le quart : En France nous ne bénéficions pas de tous les programmes américains.

C'est parfois un bien, certes... Toujours est-il que Aaron Spelling est l'homme derrière "Murder One", "S.W.A.T.", "Starsky & Hutch", "Drôles de Dames (Charlie's Angels, y compris les films)", "La croisière s'amuse (The Love Boat)", "L'île fantastique (Fantasy Island)", "L'amour du risque (Hart to Hart)", "T.J. Hooker (vous savez, l'AUTRE rôle de Shatner...)", "Melrose Place", "Beverly Hills", et même "Charmed" comme producteur exécutif !

Il n'a pas non plus hésité à s'engager dans le caritatif (puisqu'il avait plein de sous, tant qu'à faire...), et aussi sur d'autres sujets. Il a par exemple produit la version télévisée et filmée de "And the Band Played On", une pièce de théâtre très gay qui relate le début des années SIDA. Ce fut la première à en parler ouvertement et à dire au grand public que, non, le SIDA, ça n'était pas que pour les pédés.

Alors évidemment, Aaron Spelling n'était pas l'ami de George Brassens comme Raymond Devos. Il avait aussi eu la chance, contrairement à lui, d'avoir un diplôme. Il n'a pas fait que des choses bien, et il a même fait énormément d'alimentaire et de "commercial"... C'est un "mass entertainment" après tout. Il a même pistonné sa fille Tori Spelling, plus célèbre que lui à présent. Etait-il mauvais ou malhonnête pour autant ? Non.

Cet homme, plus que Raymond Devos, dans des domaines bien plus variés et toujours avec un goût exquis (Enfin, qui en appelle au plus grand nombre) a réellement épaté la galerie. Ce qui n'est pas un mal, et surtout pas facile, comme certains auteurs voudraient le faire croire. Il est souvent plus difficile de savoir ce que les gens vont aimer que ce que vous, vous aimez. Surtout quand eux-mêmes ne savent pas ce qu'ils veulent.

Je ne veux pas établir de hiérarchie, d'ailleurs elle se fait d'elle-même et elle est parfois injuste de na pas reconnaître ceux qui n'apparaissent pas en public... Mais je pense que, sans salir la mémoire de l'immense artiste (littéralement, diront les mauvaises langues...) qu'était Raymond Devos, archétype du clown du verbe, l'on peut rendre à César ce qui est à César, et hommage à Aaron Spelling, fils spirituel de P. T. Barnum.

22/06/2006

To sleep, perchance to dream

Incompréhensible. Vraiment. No comprendo. Moi y en a rien biter. Enfin je me comprends. C'est déjà ça... Comme vous êtes en passe d'arrêter de lire parce que vous n'y comprenez rien non plus, je vous explique. Suite à un problème de congestion, j'ai des ennuis, et suite à un problème de gestion de cons (je ne dis pas ça pour toi, ô, mon semblable, mon autre moi-même, et qui n'est pas la moitié d'un frère, rassure-toi), j'ai des soucis.

Mes ennuis, qui sont des ennuis de santé, sont aisément correctibles par le traitement approprié, prescrit pas mon fidèle docteur, un Chevalier servant que j'ai connu récemment et qui me suit très bien. Ledit traitement, indispensable et sans alternative, simple à suivre et sans équivoque dans sa posologie se compose entre autres de corticoïdes. Et là, les ennuis commencent sérieusement.

Les corticoïdes, voyez-vous, ça fait gonfler, tout le monde le sait. Bonjour les kilos. C'est génial, ça, quelques semaines avant le départ en vacances d'été et à la veille de pas moins de trois fêtes entre amis et avec ma famille. Si je comptais faire un régime, c'est plus la peine, ça ne marchera pas. Qui plus est, il faut que j'évite de manger salé, et j'adore manger très salé...

D'ailleurs bientôt, pour l'occasion d'un des trois repas-fêtes dont je vous parlais et juste pour me faire plaisir, on m'a promis mon plat favori, des Saltimbocca Alla Romana (des escalopes de veau ultrafines poêlées avec de la sauge et du jambon italien, très salé. Même TRES TRES salé. Mais délicieux !). Je ne peux pas refuser, et surtout je n'en ai pas envie... Et si je mange salé, je vais gonfler encore plus.

La vie est pleine de cruels dilemmes de ce genre... Heureusement que je n'ai pas le choix entre la chaise électrique et le billot, ou entre la peste et le choléra, me direz-vous... Certes, vous avez raison, mais si je vous racontais mes autres problèmes (que je m'en voudrais d'étaler) je sacrifierai ce blog sur l'autel d'un apitoiement personnel qui me laisse froid, bien loin du pragmatique cynisme qui me sied beaucoup mieux.

Mais la chose qui m’échappe dans tout ça c'est que je suis crevé. Fatigué. Vanné. Las. Par terre. Du genre à ne pas pouvoir m'allonger même sur un lit de clous rouillés et de tessons aiguisés, de peur de me réveiller trois heures plus tard encore plus crevé qu'avant. Et c'est là que le bat blesse, les corticoïdes sont censés être des excitants. C'est notoire. Allez coucher un gosse qui en a pris, par exemple.

Alors bon, ça doit être autre chose. Les soucis sans doute. Tant pis. J'irais bien faire un somme, moi...

21/06/2006

Ya plus de saisons

Tiens, nous sommes bientôt le 25... Ne serait-ce pas le moment de parler de Noël ? Comment ça nous sommes en juin ? Mais ça n'est pas une excuse. Et puis là n'est pas la question de toutes façons... Si tout le monde faisait un peu plus attention aux fêtes ils ne s'agglutineraient pas dans les magasins au dernier moment... Et puis... Et puis j'ai envie de parler de Noël, alors j'en parle. Taisez-vous. Je sais ce que je dis.

De toutes façons, qui d'entre-vous connaît par coeur le noms des rennes du Père Noël ? Ailleurs, certains enfants vous regarderaient d'un oeil peiné. Pas triste, mais peiné pour vous. Bon, parce que je suis gentil, je vais vous les donner, moi, les noms des rennes. Le Père Noël possède huit rennes, plus un renne de tête doté d'un nez rouge luisant qui lui montre le chemin au travers des rudes intempéries hivernales.

Les huit rennes du traîneau s'appellent, dans l'ordre de leur licol, Dasher (Filant), Dancer (Danseur), Prancer (Sauteur), Vixen (Renarde), Comet (Comète), Cupid (Cupidon), Dunder (Brunerobe ou Brunpoil, parfois appelé Donner...) et Blitzen (Eclair, parfois appelé Blixen, sans doute à cause de l'auteur de Out of Africa...). Le renne de tête s'appelle Rudolph (Rodolphe) addition poétique de 1939 par Robert L. May.

C'est le beau frère du poète qui a composé la chanson de Rudolph le Renne au Nez Rouge que connaissent la plupart des enfants d'Amérique. Par ailleurs, tout de même, le Père Noël bénéficie d'une certaine amélioration de statut par rapport à son prédécesseur Saint Nicolas. N'oublions pas que celui-ci était seul et sans elfes pour apporter de maigres peins d'épices aux enfants, le cul posé sur son âne.

Bon. Continuez d'être sage les enfants, plus que six mois à tenir !

La valise, un carton ?

Finalement, le jeu des mots valises (lancé par Miss Poivert et repris par le Loupil) a-t-il eu beaucoup de succès ? Le dessin de Gadins et Bouts de Ficelles (qui représente clairement l'éléptère mâle, d'ailleurs, Archaeopachydermyx Pterans, ancêtre bien connu de l'éléphant-dinde) a eu du succès, certes, mais qui s'est embêté à trouver des définitions pour mes mots ? Et qui en a trouvé d'autres à part moi ?

Pas de commentaires sur le site concernant ce genre de choses en tout cas. J'espère donc que vous vous êtes bien amusés à la maison, et comme je pense que vous avez marinés suffisamment longtemps pour être confits, je vais vous donner mes définitions... C'est à dire els définitions que j'ai devisé pour les mots que j'ai moi-même composé et soumis à Miss Poivert. Par ordre alphabétique :

Alexandring, ou Alexandingue : n. m.

     D'Alexandrin, vers de douze pieds, et Dring,

     Onomatopée rappelant une sonnerie.

     D'Alexandrin, vers de douze pieds, et Dingue,

     Terme familier pour désigner un fou.

Vers qui réveille, rai qui rit, rêve d'air, vent,

Vers qui veille, vent qui vit et qui rend rêvant.

Alphabruti : adj.

     De l'Alphabet, liste raisonnée des lettres d'une langue, et Abruti, personne rendue stupide.

Personne écrivant phonétiquement ou en langage SMS en toutes occasions, éliminant la plupart des lettres de l'alphabet (remplacement systématique de Qu ou C par K, etc.).

Mathon : n. f ?

     De Maton(ne), gardien(ne) de prison (fam. et argot) et Thon, poisson de mer connu pour sa taille imposante, sa gueule immonde et son odeur écoeurante (familièrement, une personne très laide). Gram : désigne toujours un féminin mais s'accorde au masculin. Exemple : "Le mathon était une tireuse hors de pair". Gardienne de prison grosse, moche, et dont la fonction remplace le genre et la personnalité. Dans le cas d'un officier de police de sexe féminin, que cela se voie ou pas, on dirait un Chapon (argot policier).

Prostitulaire : adj. et n.

     De Prostitué(e), personne à l'affection négociable, et Titulaire, possesseur d'un titre. Client si régulier de personnes à l'affection négociable que celui-ci bénéficie de réductions, coupons, carte de fidélité, cadeaux gratuits, ou toute autre forme de bonus.

Rhododindon : n. m.

     De Rhododendron, arbuste à fleur encombrant, et Dindon, gros gallinacé originaire d'Amérique du Nord. Dinde trop ronde pour entrer dans le four.

Tolkienambour : n. m. (féminin : Tolkienambourde)

     De Tolkien, auteur fantastique, et Topinambour, une sorte de patate.

Fan enragé de Tolkien se targuant d'avoir lu toute son oeuvre avant tout le monde, et surtout avant toutes les adaptations (qu'il juge mauvaises), se hâtant de cracher sur tous ceux qui ont "copié le maître", c'est à dire inexplicablement, tous les auteurs du genre Fantasy ainsi que tous les auteurs de jeux de rôles.

Voisaint : n. m. (féminin : Voisainte)

     De Voisin, personne vivant près d'une autre, et Saint, personnalité réelle ou mythique canonisée par une autorité religieuse, par ext. personne d'une grande bonté et/ou vertu.

Créature mythique. Voisin qui n'est jamais embêtant.

Voussoimenteur : n. m. (féminin : Voussoimenteuse)

     De Voussoiement, sorte de vouvoiement, et Menteur, personne qui ne dit pas la vérité.

Personne qui vouvoie uniquement par flatterie, et tutoie ceux qu'il respecte vraiment.

Voilà, fini ! N'hésitez pas à me proposer vos définitions, et surtout amusez-vous, ne vous forcez pas. Pour plus de mots inventés de cette façon, consultez le "Dictionnaire des mots qui n'existent pas" de Jean-Loup Chiflet, lui-même joueur de mot émérite mais trop souvent pesant à force... Un ouvrage pas indispensable, car vraiment axé adultes des années 90, et de ce fait tombant parfois à plat...

Mais il a de très bon mots, de très bonnes trouvailles, comme la chaltitude (hauteur maximale et souvent impressionnante que peut atteindre un chat faisant le gros dos pour rencontrer une main au dessus), le crustasybarite (personne très agaçante qui attend d'avoir décortiqué tous ses fruits de mer avant de les manger, les sélectionnant avec soin), et quelques autres.

Je vais personnellement mettre mes mots dans mes valises et soigner celles que j'ai sous les yeux avec quelques vacances bien méritées (ou pas, on s'en fout, l'important c'est que je me casse et que je vous emmerde... Sans blague...) très bientôt, c'est à dire pendant à peu près guère plus mais pas moins que tout le mois de juillet. C'est pas demain, mais ça approche, alors je préviens.

A bon entendeur, salut !

20/06/2006

Pouvoir Psy

J'ai entendu dire l'autre jour par je ne sais quel expert badernoïde que les voyants et autres marabouts étaient "déconnectés de la réalité". Rien que ça. Ha ! Oh, je n'ai rien contre le sain scepticisme qui devrait toujours marcher avec la science, main dans la main (car sans la mise en doute, il n'y a pas de question, pas d'expérience et pas de progrès...), mais soyons tout de même clairs.

Si nous refusons l'ignorance au nom de la science, nous devons aussi la refuser lorsqu'on parle du surnaturel. Je ne vais pas vous dire qu'il y a des phénomènes inexpliqués, nous le savons tous : j'ai l'espoir qu'un jour on les explique, et en même temps je me dis que le monde sans eux serait bien moins intéressant... je ne vais pas non plus vous recommander un médium ou vous tirer les cartes.

Non, simplement, dire qu'un praticien du paranormal est déconnecté de la réalité simplement à cause de son métier, même s'il croit à ses pouvoirs (ce qui n'est pas certain...), c'est quand même un peu fort de la part d'un simple psychiatre. La psychiatrie met des années pour arriver au même résultat que la voyance-conseil obtient en quelques séances, chez la plupart de ceux qui y croient vraiment.

Même si la voyante est plus chère (et ce n'est pas toujours le cas), ça fait quand même pas mal d'économies... Du moins si madame Irma cherche à aider et pas juste à empocher son blé et faire revenir le gogo. Mais voilà encore un préjugé : de nombreux psychiatres font la même chose, et entament des analyses de longue haleine, sans fin, à raison de deux séances très chères par semaine, alors que ça n'est pas nécessaire.

C'est le côté autoritaire de la voyance qui aide le patient crédule en quête de conseils, ce côté "je ne suis pas juste diplômé et entraîné à lire les gens par déduction, mais je sais ce qui arrive via le surnaturel et je ne me trompe jamais"... Même si c'est complètement faux, c'est une réputation que n'ont pas les psychiatres. Quant aux accusations de charlatanisme, les deux corps de métier son ex-aequo.

Enfin, entre un psychiatre qui, après des années d'études, se retrouve soumis à des tas de règles, dont les consultations sont tarifées et contrôlées et qui a de la paperasse à remplir par dessus la tête histoire de fréquenter des psychopathes... Et une voyante qui ne fréquente que des gens "normaux", qui n'a pas fait trop d'études, qui se fait payer cher et au black et qui fait ce qu'elle veut sans licence...

Vous me direz lequel de ces deux-là est le plus déconnecté de la réalité !

19/06/2006

N'est haut logique

Je suis tout content d'avoir eu un beau livre pour mon anniversaire. Oui, ça fait très niais, quand on le dit comme ça... Mais je retombe en enfance : imaginez un peu, on vient de m'offrir un dictionnaire. J'adore ça ! J'en manquais justement. Le dictionnaire est un outil indispensable à chacun, et il est bon de le renouveler environ tous les dix ans en moyenne... certains le gardent toute une vie, les écrivains et professeurs changent souvent.

Celui là est très bien. C'est le nouveau Littré, référence absolue de la langue française. Absolument imbattable sur l'étymologie, l'origine des mots, bref, la linguistique. Par contre ce n'est pas du tout un dictionnaire technique ni illustré, et il fait uniquement les mots communs... Ne lui demandez pas de définitions plus explicites et plus complètes que le style "Merisier : Cerisier sauvage. Bois dont on fait des meubles."

Il a tout de même une section annexe particulièrement instructive sur les néologismes. On peut constater que bien des barbarismes courants ou non y ont leur place, certains très usités ("Maronnasse"), très spécialisés ("Hard-core gamer"), et d'autres que l'on croirait déjà entrés dans le dictionnaire ("scénaristique"). On y trouve aussi quelques drôleries comme "Dieudonnerie" et "Raffarinade"...

Mais au delà de cette innocente nomenclature mutante se trouve toujours le spectre du Journalois (oui, un autre néologisme issu de cet ouvrage précieux). Il s'agit du parler journalistique, cette langue sensément efficace et simple qui, pour mieux "convoyer du sens", rend exsangue et sèche la belle langue qu'est la nôtre. Par bien des côtés, celle-ci rappelle la Novlangue (comme le fait remarquer l'exemple du Littré, d'ailleurs).

Rappelons ici ce qu'est la Novlangue, Newspeak en anglais. C'est un idiome inventé par George Orwell dans l'immortel 1984. Il en fait la langue officielle de son état totalitaire, une langue rapide dont toutes les nuances (et particulièrement celles qui sont subversives, pour en éliminer jusqu'au concept !) ont été élaguées avec l'ablation de mots jugés superflus, la simplification de la grammaire, bref, une agglutination à l'extrême.

Par exemple, pourquoi dire "mauvais" alors qu'on a déjà le mot "bon", et qu'il suffit de dire "inbon" ? Pourquoi dire "poux" et "canaux" alors qu'on a "pous" et "canals" ? On le voit, cette langue se rapproche du politiquement correct, dans le sens ou l'entendait Pierre Desproges : un aveugle est un non-voyant, un sourd un malentendant... On résout un problème cosmétique en appelant un chat un chien, en niant la réalité.

D'ailleurs, on entend régulièrement certains, pour rire, redire les mots courants de cette langue, parfois sans même avoir lu le livre : "C'est doubleplusbon" plutôt que "c'est meilleur". Il existe quantité de langages crées de cette façon, d'ailleurs. Le Japonais en fait partie, d'une certaine manière, de même que l'Espéranto (fondé de façon à être un langage universel, donc aux concepts et à la grammaire modulaires et faciles)...

Mais je m'égare. Je vous parlais de mots bien réels utilisés en dépit du bon sens, des horreurs employées pour rien à cause d'une méconnaissance du vocabulaire français. Pensez-vous, des mots qui sonnent faux, lourds et peu gracieux, lâchés couramment parce que certains abrutis ne connaissent pas le mot (pourtant usuel) qui se rapporte au concept qu'ils évoquent... Comme des pets ponctuant une logorrhée.

On les entend partout : Contraventionnaliser plutôt que verbaliser, Masculinisme plutôt que machisme, Quinzomadaire plutôt que bihebdomadaire, Rectilignité plutôt que droiture... N'importequoitesque au lieu de farfelu ! Ce sont de vraies ordures verbales, pas de ces mots qui auront l'espoir de passer dans la langue, tels méandreux (au lieu de sinueux), démoniser (pour diaboliser), ou à la limite hommager (écrire un hommage)...

Ces mots qui réinventent l'eau chaude m'agacent profondément. Si beaucoup de néologismes sont justifiés, plus encore sont l'expression d'un concept déjà parfaitement défini, comme cister (et cisteur, cistage...), c'est à dire s'adonner à la chasse aux objets sans valeur à l'aide d'énigmes, autrement dit le bon vieux cache-tampon, en version "adultes régressifs friqués ayant du temps à perdre". Pareil avec les anglicismes.

Dieu sait que je ne suis pas pour cette pantalonnade qu'a été la loi Toubon, et je suis pour l'évolution de la langue (Pantalonnade aussi a été un néologisme, à une époque), mais quand il existe un mot français parfaitement élégant et adapté, doit-on vraiment adopter la version microsoftienne ? Doit-on, même si l'on apprend l'anglais ou quelque autre lingua franca, abandonner pour autant des mots tout à fait valables ?

Que dire du mot forwarder, totalement synonyme de réexpédier ou transmettre ? De Gentryfication, pale copie d'embourgeoisement ? D'un objet must-have, en fait indispensable ? Du move qui n'est en définitive qu'un mouvement ? D'un testing qui n'est autre qu'une expérience ou un test ? D'un slide-show qui starte et remplace impunément un diaporama qui commence ou bien débute ?

Mais je me tais, on va me prendre pour une vieille andouille faisant l'apologie inutile d'une langue française surannée que plus personne ne parle, pas même les français, et que le monde a largement abandonné au profit d'un idiome plus simple et plus universel comme l'anglais... Je ne vais même pas vous parler du langage SMS, cette ignominie cause d'une plus forte recrudescence des fautes, et pas uniquement chez les jeunes.

Il n'y a plus qu'une chose à dire : Sélectez lé mot avek sw1...

18/06/2006

Dia de Independencia (Independance Day)

Les Catalans sont heureux. Plus heureux aujourd'hui qu'hier, en tant que peuple, car ils ont obtenu sans difficulté une quasi-indépendance méritée. Depuis longtemps qu'ils sont fiers d'être Catalans, ils ont choisi de ne pas faire comme certains Basques qui posent des bombes partout : Ils mettent en avant leur culture. Et quelle culture ! Picasso, Dali, Gaudi, Miro, l'art gothique et roman, la mer Méditerranée, la crème, le thon...

Barcelone est la capitale culturelle de l'Espagne, certes, mais c'est volontaire : Elle s'est mise ne avant de cette manière depuis bien longtemps, et d'autres villes auraient pu prétendre à ce titre (notamment dans la Junta de Andalucia) si elles avaient été aussi enclines au pacifisme, ou tout simplement misé sur le bon cheval. On peut arguer que la Catalogne est naturellement plus riche que des régions comme la Mancha... Soit.

Mais le résultat est là : à présent, l'autonomie de langue et de culture est renforcée, et leur autonomie fiscale avance à pas de géants (la région catalane peut maintenant administrer et prélever 50% des impôts sur le revenus, par exemple). S'ils ont atteint ce but, à un rythme que certains jugent lent et d'autre approprié, c'est par des voies pacifiques... Ce qu'ont aussi essayé certains Basques comme le grand auteur Max Aub.

Ne produisant hélas pas un best seller international par an, mais ayant écrit un chef-d'oeuvre absolu qui n'est autre que son recueil de nouvelles intitulé Obabakoak, Max Aub rachète une peu le déshonneur que les séparatistes de l'ETA (Euzkadi Ta Azkatasuna, ou "Le Pays Basque et sa Liberté"... J'espère qu'avec le nom complet vous ne confondrez plus avec d'autres acronymes, moi ça m'arrive tout le temps).

Alors oui, c'est vrai, la route de l'indépendance catalane est longue, mais au moins ils y arrivent. Regardez où en est le pays Basque aujourd'hui : les attentats n'ont réussi qu'à renforcer ce qu'ils combattaient. On se retrouve avec plus de flics, moins de touristes, plein de bouseux qui font bosser leurs gosses au lieu de les envoyer à l'école... Et un grand besoin des subventions que l'état hésite à donner pour ne pas financer les terroristes.

Résultat, le Pays Basque et ses diverses régions fonctionnent moins bien que la Catalogne. C'était déjà le cas depuis bien longtemps, mais comment voulez-vous que ça ne se soit pas creusé ? Plus de terroristes c'est moins d'investisseurs, moins de sous, moins de routes correctes, moins d'écoles, moins de tout. Heureusement, comme cela fait quelques temps que l'ETA s'est calmé, il y a de l'espoir.

13/06/2006

Vie de chien

Arrêtez les rotatives, réveillez PPDA, passez en DEFCON 1, téléphonez au Président ainsi qu'à Jacques Chirac tant qu'à faire, faxez le Pape (si, si, introduisez-le dans la fente !), larguez les bombes, tirez les torpilles quantiques, lâchez les blanches colombes, faites évacuer le zoo, Catapultez des nains enflammés dans le ciel nocturne (lesquels seront habillés comme dans les tableaux de Vélasquez et crieront "Mira ! Mira !")...

Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. Autrement dit, j'ai un an de plus, pour tous les non-comprenants congénitaux. Ce qui me fait... Un certain âge. Vous savez que ce n'est pas poli de demander ça à une Dame ? A Lady ? Eine Frau ? Una Dona ? Et le fait que je sois un homme n'a rien à voir dans l'histoire. D'ailleurs je suis extrêmement jeune et je n'ai pas honte de mon âge. Aujourd'hui j'ai deux ans.

Parfaitement. Deux. Ce qui fait que j'ai créé ce Blog dés les premiers mois de mon existence. Quand je vous disais que j'étais un génie, un prodige absolu... Quoique pas tout à fait, puisque je suis un chien. Donc en années de chien ça fait 14 ans. Oui, je suis un chien (un labrador, pour être précis) génétiquement modifié dans un centre de recherches, et j'écris grâce à une interface clavier adaptée pour que je puisse l'utiliser avec la langue.

Quand je vous disais que j'étais petit, brun et poilu. Vous croyiez vraiment que j'étais un humain ? Ha, vous vous êtes bêtement fié à mes photos et à des tas de fausses pistes que j'ai dispersé çà et là. Voyez-vous, c'était la condition sine qua non qu'ont posé mes maîtres, les chercheurs (ceux qui ont fait le chat hypoallergénique, vous voyez ?). Comme je ne peux pas sortir du labo, j'ai le droit d'aller sur le Net, mais sous une fausse identité.

Ah, merde, j'ai tout dit... Ils vont devoir m'emmener loin, me piquer ou me cloner, ou m'enfoncer une sonde anale extraterrestre... Un vendredi soir habituel, quoi.  Bon, d'accord, je vous fais marcher. Mais vous n'avez évidemment pas cru un mot de ce que j'ai dit. Si c'est le cas, c'est dommage, parce que c'est vraiment mon anniversaire ! Et je remue la queue quand je suis content, aussi. Bon, c'est l'heure de la promenade...

12/06/2006

Au delà du réel

Interprétez vos rêves grâce à l'almanach des fermiers, plutôt que de faire confiance à Jung ou ce vieux pervers de Freud... Bien entendu aucun rapport avec quoi que ce soit de réel, mais plutôt une forme de divination apparentée à l'astrologie ou au Tarot : L'oniromancie est un vieil art. Attention, ceci n'est censé concerner que les rêves faits lorsqu'on est calme, sobre, ni affamé ni trop repu, et qu'on n'a pas l'esprit "altéré par le vice".

Autant dire que ça ne marche pour personne...

"Rêver de routes indique la fortune; si elle est claire et lumineuse, c'est une bonne fortune; si elle est sombre et sinistre, c'est une mauvaise fortune et le signe de futurs revirements. Les anneaux symbolisent le mariage, l'argent et l'amitié. Le serpent est le symbole de la fausseté de l'inimitié, et dénote les ennemis. Il devrait mettre sur ses gardes, car il avertit des problèmes, vexations et tracas. Le cercueil, emblème de mort, signifie une longue vie heureuse; c'est aussi un signe d'accroissement de ses propriétés par l'industrie, et annonce des nouvelles d'amis lointains. Le chien, symbole de fidélité, signifie les amis et la jalousie. Rêver de carrés indique paix et prospérité; de figures oblongues, des problèmes domestiques. Les lignes droites indiquent la paix, les voyages, le bonheur et une longue vie. Les lignes tordues et courbes indiquent des tracas; le triangle ou la couronne indiquent une fortune inopinée. Rêver de croix signifie la mort d'un ami, et dénote l'adversité, les épreuves et le malheur. Rêver de fleurs est un bon présage, cela implique la joie, le bonheur, des gains matériels rapides, un mariage prospère et une vie heureuse. Les lettres indiquent des nouvelles : claires et aisément lues, elles indiquent de bonne nouvelles. Rêver d'arbres évoque la bonne santé et les souhaits exaucés. Rêver de montagne indique des amis et la bonne fortune. Les nuages, le soleil, la lune et les étoiles dénotent le bonheur, la chance, les honneurs, un changement dans la vie, la respectabilité et l'industrie, selon leur luminosité. Rêver d'oiseaux est un bon présage; c'est le signe que la persévérance viendra à bout des difficultés. Rêver d'animaux en général (sauf le chien) est mauvais signe, signe de perte par vol, problèmes et difficultés, et que le rêveur devra recourir à la plus grande vigilance pour les surmonter. Rêver d'enfants est le signe de troubles dans la vie amoureuse; et de grandes dépenses arrivant sans prévenir. Rêver de femmes dénote la joie et le bonheur d'une façon générale. Rêver d'hommes indique des visiteurs, des cadeaux, etc. Rêver de vers ou de choses rampantes, d'horloges, de forêts ou de choses désagréables, signifie la rivalité en amour et en affaires, l'hypocrisie, la tromperie et la trahison d'amis. Rêver de poissons signifie qu'on va recevoir des nouvelles de l'étranger, la confiance de ses amis, les voyages et l'argent, les événements heureux, l'amélioration de ses affaires. Rêver de maisons ou de grandes villes indique un changement favorable de fortune, mais aussi la prudence dans toutes les situations. Rêver de voyage est signe d'embarras et de retards."

Ceci est un extrait de l'almanach du fermier du docteur MacDonald, publié en Amérique en 1918. Selon toute apparence, ce sont des présages simples à interpréter... Et pourtant ils contredisent l'interprétation traditionnelle des rêves selon les techniques de l'Inde ancienne ! En ce qui concerne le soleil, la lune et les étoiles, notamment, mais aussi les animaux.

Les textes traditionnels indiens considèrent que monter sur le dos d'une vache, d'un taureau ou d'un éléphant est de bon augure. Le soleil et la lune ne sont de bons présages que lorsqu'on les touche de la main. De même, ce n'est que si l'on grimpe sur une maison, une montagne ou dans un arbre que le rêve augure une bonne fortune. Rêver qu'on pleure ou qu'on est mort augure d'un avenir brillant.

Et je ne vous parle pas de l'interprétation babylonienne des rêves religieux, ni de la dimension psychologique de tout ça : chaque culture a ses propres grilles de décodage, et bien malin celui qui peut arriver à lire l'avenir dans les rêves plutôt que les voeux inconscients de personnalités endormies ! Les rêves ont un domaine ou chacun se trompe souvent, et surtout le rêveur. Ne nous demandons pas qui a raison.

Personnellement, j'aime les rêves parce que c'est agréable et que ça donne des idées, c'est pourquoi j'essaie toujours de me souvenir des miens. Je ne les prends pas comme des présages, ni forcément comme des manifestations de désirs plus profonds, mais tout simplement comme des histoires, des mines d'aventures et de dépaysement, des cadeaux de l'esprit qui se repose. Enfin, je rêve, tout simplement !

11/06/2006

Perestroïka Pride

"Trois quarts des Russes approuvent la décision d'interdire la gay-pride de Moscou". C'est le titre de la dépêche qui rapporte le sondage Russe. Plein de chiffres intéressants, du genre "même si plein de gens sont contre les homosexuels, d'autres n'ont rien contre mais pensent que ça n'est pas naturel et que ça ne leur rend pas service de marcher dans les rues comme ça...». Je note qu'aucun homo n'ose se dire homo dans le sondage.

La Russie n'est pas connue pour diffuser des informations fiables sur quoi que ce soit, surtout quand ça va mal, mais admettons. La situation était identique aux Etats-Unis entre 1969 et 1973, et, on le voit à la croisade anti-gay de leur président, les mentalités n'ont pas encore fini de changer. Rappelons que l'homosexualité n'a été dépénalisée en France qu'en 1981, ce qui fait 25 ans tout rond... C'est affreusement récent.

Entre les popes qui chassent le juif à leurs moments perdus, les autorités répressives, la pauvreté perpétuelle qui s'est à peine arrangée depuis la chute du communisme, la mafia russe impitoyable pour qui l'homosexualité paie moins que le crime et la mentalité générale qui veut que les pédés, ça se casse plus que les bouteilles de vodka, il y a quand même du boulot.

C'est comme pour le Pape et l'Eglise Catholique, personne de sensé ne pense honnêtement que, du jour au lendemain, il y aura une gay-pride vaticane. Je sais bien que les églises orthodoxes ressemblent à des godemichés, que le stéréotype veut que les prêtres soient tous pédés, pédophiles ou les deux, mais sérieusement, de la part de l'Ours Russe, vous ne vous attendiez tout de même pas à une Bear Pride, si ?

Je réponds donc à tous ceux qui marchent à Paris pour protester contre l'homophobie des slaves : souvenez-vous de la paille et de la poutre. Les mentalités ne changent pas en un instant, surtout pas dans un pays comme la Russie. Je ne m'adresse pas à ceux qui font ça par soutien ou parce qu'il ne "faut pas mollir", mais à ceux qui croient qu'à cause de leur petite manif tout va s'arranger d'un coup.

Ne riez pas, il y en a ! J'en ai connu. On n'arrange pas les choses simplement en disant "ah ouh les cornes".

10/06/2006

Mais que fait George Clooney ?

Ah, le monde merveilleux des urgences parisiennes... J'étais inopinément à l'hôpital Bichat, non pour moi-même mais pour accompagner quelqu'un qui avait fait une subite crise de tombéd'unescabeautite aiguë. Une maladie courante et néanmoins dangereuse que l'on contracte le plus souvent en faisant l'andouille en hauteur pour accrocher des tableaux, des guirlandes d'anniversaire, changer des ampoules, etc.

Il a fallu attendre environ cinq heures qu'un médecin daigne examiner la plaie occipitale ouverte (!!!), ce qui est un délai normal (enfin disons "habituel" bien qu'aberrant) dans la plupart des services d'urgences lorsque la victime n'est pas en train d'agoniser. Et encore, Bichat a les deuxièmes plus grandes urgences de Paris. On nous dit qu'il y a trop de médecins en France alors que les couloirs sont remplis uniquement de patients qui attendent...

Cette situation paradoxale m'a permis d'étudier la faune locale, entre deux cris inarticulés de la grasse harpie malienne de l'accueil ("Je sais pas, vous voyez pas que je suis occupée ? Ne m'agressez pas ! Je peux rien faire, c'est pas moi qui..."). Soit dit en passant, c'est le seul rôle de l'accueil : permettre aux rares médecins de boire un café entre deux patients et d'arriver en "sauveurs" lorsqu'ils viennent la houspiller, prenant le parti du patient.

Comme on l'a vu, "patient" n'est pas un vain mot. Parmi eux on trouve certains types inévitables : le clochard qui est tombé ou s'est fait agresser, et qui continue de mendier dans la salle d'attente; le vieux avec des trucs genre décapsuleur en plastique qui dépassent de la poitrine; la vieille dame tyrannique ne parlant pas français et sa fille soumise, qui interprète et tempère les propos visiblement méprisants de l'impotente grabataire...

Il y a aussi un ou deux enfants avec un jouet absurde coincé dans un orifice au hasard (ou même ailleurs), l'adolescente tendance mais un peu grassouillette qui baisse les yeux et vient aux urgences "parce qu'elle a mal au ventre"... N'oublions pas le type complètement crevé qui bave dans un coin, et le groupe de blacks qui ont l'air en parfaite santé mais regardent tous le sport à la télé (un match qu'on a mis pour couvrir les cris...).

Presque toujours, on trouve une gentille dame un peu âgée qui vient dire d'une voix douce que telle ou telle partie du corps lui fait mal, mais qu'elle ne veut pas déranger. Au contraire, il y a ceux qui crient, surtout les familles qui viennent voir leurs proches admis en urgence et à qui personne ne dit rien, jamais. Si vous êtes encore capable de rouspéter, vous êtes probablement là pour rien de toutes façons !

De temps en temps, un ambulancier arrive pour prendre une série de cafés de ses doigts agiles pour lui et ses collègues. On peut aussi croiser un pompier tout en pectoraux, plus gonflé que l'agent de sécurité. Au dehors, chacun se sert de son portable (bien que ce soit aussi le cas à l'intérieur en dépit de l'interdiction), et on croise plus d'internes en train de fumer que dans les couloirs à soigner les malades...

Ce qui est clair c'est qu'on ne peut pas soigner tout le monde, et que le tri est fait soit par les pompiers et les ambulanciers (parfois très sexy mais rarement aussi qualifiés qu'un médecin), soit par l'infirmière d'accueil (idem)... Conseil : pour augmenter vos chances d'être traité en premier, si votre blessure n'est pas trop grave ou ne saigne pas assez, éventrez-vous avec un couteau à pain. C'est la seule chose à faire...

09/06/2006

Yak Rivais, Yillustrais aussi

Les blogs du Loupil et de Miss Poivert (voir ma liste de blogs ou c'que faut y aller, juste à côté) m'ont gentiment plongé dans l'atmosphère doucereuse de l'enfance, nostalgie qui vaut tous le lexomil du monde, en parlant des mots-valises. Figurez-vous que quand j'étais petit (ce qui était il n'y a pas si longtemps... d'autant que je mesure encore moins de 1m75), j'étais fan de Yak Rivais.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas, Yak Rivais est professeur (à présent à la retraite, du moins je l'espère pour lui) et écrivain joueur de mots qui a fait les riches heures de l'Ecole des Loisirs, maison d'édition qui aime les enfants. C'est pour ses élèves qu'il a écrit, entre autres, "Les contes du miroir" et "les sorcières sont NRV", deux recueils d'histoires, chacune basée sur un jeu de mot ou de lettre différent.

Il y a par exemple une histoire entière en calligrammes, une histoire semée d'artabanismes, une histoire ou chaque mot commence par la dernière lettre du mot qui le précède, une histoire dans laquelle chaque phrase dissimule un prénom, une histoire caviardée à partir du petit chaperon rouge de Perrault, une histoire en calembours, et de nombreuses autres encore... Et bien entendu une histoire en mots-valises.

Yak Rivais illustre aussi ses livres, ce qui lui permet de s'adonner aux rébus. Il est aussi le père de livres tels "Guide Zinzin d'Histoire de France, de l'à peu préhistoire au monde contempourien", de "Moi pas grand mais moi malin" (Un livre pour enfant entièrement écrit sans la lettre E !), du "Métro mé pas trop" (un spectacle pour fêtes d'écoles à la Raymond Queneau), et bien sûr des enfantastiques.

La longue série des enfantastiques n'a pas vraiment de jeux de mots, à part dans le titre. Enfin si, à l'occasion, mais ça n'est pas le but premier. Il s'agit d'une série de contes contemporains dont les héros sont tous élèves de ses classes dans son école près de la place de la Contrescarpe : Chaque élève fait montre d'un pouvoir extraordinaire et original, prétexte à histoire. Il paraît évident qu'il a été élevé au lait de Gripari...

Qui n'a rêvé, honnêtement, d'avoir un tel professeur ? Chacun devrait acheter son ouvrage sur les mots-valises pour ses enfants, ses nièces, voire pour le donner à n'importe qui en passant devant une école primaire. Mon exemplaire est tout écorné... C'est "le Rhinocérossignol et autres animots-valises", depuis réécrit et augmenté en "Le Rhinocérossignol et le Coca-Koala". Offrez-le, vous ferez aimer le français.

Mais ce serait vous bouder le plaisir de le lire en premier : Comment résister devant un savoir aussi indispensable que les moeurs de l'escargodasse (un pataugastéropode), la moralité de la fable de la cigalipette et de la fourmilitaire, de l'histoire de ces deux jumots-valises que sont le pangolin et le pangolautre, et de l'étendue de la famille des poux (poupulaire, poubelle, poudingue, hippoupotame...) ?

Achetez-le donc et rangez-le dans votre bibliothèque, à S comme Superflutile.

08/06/2006

Non, ce n'était pas le radeau de la méduse ce bateau...

Je ne suis pas de ceux qui prennent les sportifs pour des héros, et surtout pas leurs agissements pour des exploits. Surtout pas à notre époque, ou l'on devrait faire monter les médecins et les chimistes sur les podiums plutôt que les "champions". Désabusé, moi ? Point du tout. Encore eut-il fallu que je m'y intéresse au départ : les gesticulations de ceux qui excitent le peuple autour du néant absolu m'indiffèrent au plus haut point.

Mais tout de même, il y a certaines choses qui sont un peu grosses, un peu dures à avaler... Des héroïnes, des "aventuriers de l'extrême" qu'il est difficile de prendre au sérieux. Prenez Raphaëla le Gouvello. A 46 ans, elle vient de finir saine et sauve sa traversée de l'océan indien en planche à voile, en solitaire et sans escale. Dit comme ça, ça force le respect, non ?

Une seule et faible femme, plus toute jeune, face aux éléments déchaînés, aux requins affamés, avec pour tout soutien un maigre bout de bois et une voile ? Ne vous fiez pas au stéréotype. Déjà, elle s'entretient, et elle est vachement bien conservée pour son âge. Elle connaît bien la mer, elle fait ça depuis trente ans. Ensuite, elle n'a pas le matériel de tout le monde... Elle est archi-sponsorisée !

Sa planche à voile n'a rien d'un bout de bois : c'est un miracle de technologie qui mesure presque huit mètres de long et deux mètres de large ! Cet énorme bouzin profilé, aussi grand qu'un bus, est bardé de tas d'appareils de navigation, garanti matériaux composites incassables, possède un mat qui tient pratiquement la voile tout seul en cas de tempête (voile dont la surface renvoie le catamaran moyen chez sa mère !).

On peut y entreposer des vivres et les réchauffer, manger dessus, dormir dessus (la surface est aussi grande que la plupart des chambres de bonnes à Paris !), bronzer dessus tant qu'on y est... Et s'il y a le moindre problème, c'est aussi bourré d'électronique et de balises GPS pour qu'on retrouve la pauvrette sur son esquif en un rien de temps. Et bien entendu, comme c'est médiatisé, il y a des caméras pour tout retransmettre.

Moi je n'appelle pas ça une planche à voile. Ce n'est pas yacht de milliardaire saoudien, mais c'est quand même tout confort par rapport à l'idée qu'on se fait de l'aventure. La seule différence avec une vedette c'est qu'il n'y a qu'un pont en guise de cabine et un espace de stockage dans la planche. Et qu'il n'y a un moteur qu'en cas d'urgence. Et toutes les vedettes n'ont pas la chance d'avoir un matériel aussi sophistiqué !

Alors la pauvre Raphaëla, on va la plaindre parce qu'elle a manqué d'eau potable aux trois quarts du voyage ? Et puis quoi encore, elle a un appareil pour filtrer l'eau de mer. Parce qu'elle a rencontré des requins ? Ben voyons, sur son insubmersible elle n'allait pas se laisser emmerder par trois morceaux de sushi. Parce qu'elle a eu une gastro-entérite ? Et moi, quand j'ai la tourista ou la courante, j'en fais tout un plat ?

C'est un record ? C'est sûr que comme tout le monde s'en fout, personne ne l'a encore tenté. Allez, rions-en...

07/06/2006

Flash Spécial

Vous vous souvenez du billet récent sur ce même blog au sujet de ces deux jeunes hommes en but à l'homophobie de leurs parents ? L'un mineur et subissant une fouille complète de sa chambre, sans même lui laisser le temps de se remettre du suicide de sa meilleure amie, l'autre tout juste majeur et cloîtré chez-lui à la veille du baccalauréat. Comme moi, vous auriez pu vous dire "ça va se tasser, c'est un manque de dialogue...". Eh bien non.

Aux dernières nouvelles, la mère du plus jeune lui a dit qu'elle préférait le voir mort plutôt qu'homosexuel. Les parents du plus âgé ont appelé la police pour le ramener chez-lui alors qu'il était sorti... Heureusement, il est majeur. Ils l'ont aussi menacé de l'envoyer à l'hôpital psychiatrique. Ils ont même caché le contrat de travail du boulot qu'il a décroché, puisqu'il s'agit du même lieu de travail que celui de la mère...

Comprenez-vous, la mère ne veut pas avoir honte de son fils : elle refuse que tout le monde sache qu'il est homosexuel sur leur lieu de travail. Les deux jeunes hommes ne peuvent plus se voir, ou alors en cachette dans des lieux publics et en échappant chacun au contrôle parental. Pourtant, les deux ont largement dépassé la majorité sexuelle... Je vous le demande, qui est à enfermer dans l'histoire ?

Je me souviens

Le Canada vient de se réveiller comme une fleur, tout surpris de trouver un nid de terroristes islamistes sur son sol. 12 hommes et 5 adolescents avec de quoi faire tout péter (plus encore que l'attentat d'Oklahoma City, dit-on) ont été arrêtés par leurs services. Au Canada ! Un pays si large d'esprit et pacifiste qu'ils se sont abstenus pour l'Irak, et que leurs troupes ne Afghanistan ne font rien d'autre que de l'humanitaire.

Le Canada, dont j'ai parlé il y a longtemps dans ce même blog, pays épris de paix ou la criminalité est basse et la qualité de vie haute. Le Canada, si tolérant qu'il a récemment autorisé dans les écoles le port à des fins religieuses des couteaux rituels que les jeunes hommes fidèles de je ne sais quel culte doivent porter symboliquement. La lame, elle, fait trente centimètres d'acier recourbé et est tout sauf symbolique...

L'un des terroristes a menacé de décapiter le premier ministre canadien (un homme tellement placide et bénin au niveau international que, régulièrement, la plupart des gens sur Terre oublient jusqu'à son existence, et que personne ne se souvient jamais de son nom). Outre faire sauter le parlement, la bourse d'Ottawa et la tour CN (la plus haute du Canada), ils projetaient d'occuper les locaux d'une chaîne de télé.

C'est vrai que c'est plus pratique pour avoir des otages célèbres et diffuser ses revendications... Non que ce soit particulièrement important, ce sont toujours les mêmes : protestations contre les troupes en Afghanistan, le gouvernement en général (tant pis s'il est pro-palestinien)... Il y a toujours des prétextes, mais de fait il n'y a aucune justification à ce genre de meurtre en masse brutal et indécent.

Le Canada est donc fort étonné. En plein désarroi, dirait-on. D'autant que les terroristes n'ont eu aucun contact avec Al Quaida, et n'ont pas été formés ou endoctrinés en Afghanistan. Ce sont des citoyens canadiens nés au Canada ou arrivés là en bas âge. Non, ce sont des endoctrinés "maison", made in Canada par des intégristes musulmans locaux et le fabuleux outil qu'est Internet.

Il est vrai que les communautés musulmanes tardent à trier le bon grain de l'ivraie dans leurs propres rangs, ce qui est aussi le cas pour les lobbys chrétiens des Etats-Unis... Chacun est réticent à se dissocier de groupements certes fondamentalistes, mais dotés de nombreux fidèles, de crédits conséquents, et qui peuvent décrédibiliser ceux qui les bannissent en prétextant qu'ils respectent mieux les écritures.

On en vient au problème principal de toute cette histoire : les revendications ne comptent pas ou plus, et tout le monde s'en fiche : elles ont expédiées en une ligne dans les journaux... Non, tout le monde l'a bien compris maintenant qu'il est trop tard, il s'agit d'une guerre de religion. Une bonne vieille guerre de religion, comme au temps de la Saint Barthélemy, avec option Croisade et Guerre Mondiale.

Par ailleurs c'est ce que j'avais prédit à qui voulait l'entendre (c'est à dire pas grand monde à l'époque) il y a des années. J'en ai un peu marre d'avoir raison. Religion oblige, le simple fait pour le Canada d'être aussi pluraliste est un prétexte suffisant pour justifier toutes les extrémités aux yeux de ceux qui suivent une loi coranique répressive et stricte. Les pays qui ont subi des attaques l'ont déjà compris et dit aux copains.

Evidemment tout le monde se croit à l'abri dans son coin, se disant "si je reste en dehors, tout ira bien pour moi." Comme la France en son temps. Ce n'est d'ailleurs pas une attitude lâche, surtout quand des vies sont en jeu ! Mais comme le monde entier a des intérêts dans le pétrole et que tous les pays occidentaux commercent avec les Etats-Unis et/ou font dans l'humanitaire, n'importe qui peut être pris pour cible.

On peut déplorer le fait qu'on ait à vivre une époque où l'on doive être loup pour éviter d'être mouton (c'est vrai que c'est dommage), mais y a-t-il eu une seule époque ou l'on pouvait sans risque se permettre de baisser sa garde ? Je suis historien et, personnellement, je n'en ai pas trouvé. Qu'ai-je écrit dans la liste des sentences qui tuent, un peu plus bas, il y a quelques temps ?

Ah oui. C'est un proverbe. "Faites le mouton, on vous tondra."

03/06/2006

Crimée toussotements

Malgré les multiples lois anti-tabac et la cherté de ces petites graines de cancer, nombre de gens continuent de fumer, ou commencent de le faire. A leur décharge, si l'on peut dire, ce n'est pas forcément du tabac. Puisqu'il est devenu impossible de fumer dans les lieux publics, la résistance s'organise et reprend les vieilles traditions : la cigarette après l'amour (là où personne ne vient vous embêter), et les "roulées maison".

J'exagère. Il n'y a pas de maquis fumeur, même si ça en a tout l'air parfois... Les fumeurs se cachent, fument chez eux et sans se montrer, fument sur le balcon lorsqu'ils sont invités chez leurs amis... Tous ceux qui le peuvent vont acheter leurs cigarettes à l'étranger ou dans les zones duty-free : Une fois sur deux, les mentions en forme de faire-part de décès ne sont pas en français sur les paquets des clients aux terrasses des cafés.

La "traditionnelle" cigarette post-coïtale est un antique moyen de relaxation... Et puis ça conjure la culpabilité, la soudaine conscience de sa nudité, tout en donnant une contenance... Et quelque chose d'autre à regarder que son ou sa partenaire. Mieux vaut fumer après qu'avant, sous peine d'avoir l'impression d'embrasser un cendrier... Et puis ça évite au mec de s'endormir tout de suite, c'est plus poli.

Par ailleurs, il a longtemps été jugé inconvenant pour les femmes de fumer. Vous me direz, c'était pareil pour tout un tas de choses, y compris respirer sans qu'on leur en donne la permission... Mais la cigarette à la bouche d'une femme a pour beaucoup d'hommes une connotation lascive. Si, si. Moi je ne vois pas, mais il paraît. Les "Lorettes", putes du quartier Notre Dame de Lorette, ont été les premières à briser publiquement le tabou, début XIXe.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles les fumeurs choisissent de rouler leurs propres cigarettes. La première est le prix, pour les adeptes des comptes d'apothicaires. La deuxième est l'arrêt à terme de la cigarette : l'action de rouler étant fastidieuse, les fumeurs les plus naïfs croient que cela les forcera à arrêter par flemme. En fait ils apprennent juste à rouler les cigarettes deux fois plus vite, ou à utiliser d'astucieux appareils rouleurs.

Une troisième raison, évidente, est la présence d'autre chose que la substance traditionnelle (entendez légale) dans le fût de papier. Il est intéressant de remarquer qu'un des symboles courants de ceux qui "se les roulent" est le zouave. Vous savez, comme celui du pont de l'Alma, ce troupier pittoresque au costume bariolé qui servait l'armée française il y a belle lurette. C'est vrai qu'on fume souvent après avoir fait le zouave.

Mais la raison de ce symbolisme étrange est en fait une légende, celle autour de l'invention de la cigarette moderne, par opposition à celle popularisée en Espagne vers 1828, "cigarillo" fait de mégots de cigares. Elle serait le fait d'un zouave pendant la guerre de Crimée. Son régiment manquant de pipes (trop fragiles car en terre), il eut l'idée d'employer les feuilles de papier fin servant à contenir les doses de poudre des fusils.

Cette cigarette est donc de tabac séché et broyé, tabac à pipe, roulé dans une feuille de papier. Il se peut que l'invention se soit faite lors du siège d'Acre en 1832 : c'est durant cette bataille que les artilleurs égyptiens ont trouvé le moyen d'améliorer leur cadence de tir en dosant la poudre grâce à ces tubes de papier, ce qui les fit récompenser d'une livre supplémentaire de tabac... Sans pipe pour le fumer.

Il est à noter toutefois que, depuis longtemps, les indiens d'Amérique utilisaient des roseaux, des cannes, des feuilles de maïs, ainsi que toutes sortes de pipes cylindriques pour fumer le tabac, et que l'action de fumer une herbe pour en tirer du plaisir ou simplement comme acte liturgique a des origines incertaines mais fort lointaines... N'allez pas non plus créditer les zouaves d'avoir importé le tabac, ça c'est Jean Nicot.

Tout ça pour dire que le tabac est une glorieuse et longue tradition d'autodestruction dans laquelle il y a autant d'anecdotes culturelles, d'inventivité, de génie humain et de pétulance que dans d'autres domaines réputés. Un peu comme les produits du terroir. Ou la cynégétique (la chasse, pour ceux qui n'auraient pas compris), la fabrication d'armes... Bref, c'est un crime "respectable".

Et vous savez maintenant pourquoi le zouave, militaire barbu protégeant le drapeau d'une puissance coloniale, est l'un des symboles d'une rébellion : apposez son portrait stylisé, clope au bec, sur un paquet quelconque, c'est le symbole d'une marque de papier à rouler célèbre (Zig Zag). Apposez son portrait avec une cigarette légèrement différente sur un drapeau éthiopien, et vous avez un tout autre symbole.

Coïncidence troublante, il n'existe plus de régiments de zouaves : ils se sont empoisonnés eux-mêmes. Enfin, pas tout à fait. Ils ne sont pas morts d'un cancer ou d'une overdose. Ils sont morts parce qu'ils portaient des fez et des pantalons bouffants rouges. Ces pantalons étaient non seulement facile à viser de très loin, mais aussi teints en rouge Garance... Et le rouge Garance, c'est empoisonné. C'est même mortel.

Ils tombaient comme des mouches dés qu'on leur tirait dans les jambes, la teinture passant directement dans leur système circulatoire. Peu de gens savaient vraiment comment tout ça fonctionnait, surtout pas en haut lieu. Evidemment, on ne savait pas non plus que la cigarette provoque des cancers. Alors voilà, j'espère que ce billet poussera certains à arrêter de faire le zouave...

Ou au moins à le faire à fond et en sachant pourquoi.

Posté par Elromanozo à 20:08 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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