Les archives de Côté Beurre

Les miettes d'une ancienne tartine qui tombait sur un autre serveur, que rigoureusement ma mère m'a défendu d'nommer ici.

31/08/06

Billets de Mars 2006

Note de l'auteur : Les billets sont classés par ordre déchronologique. Si vous avez une question ou un problème, écrivez-moi. Si vous voulez savoir pourquoi tout est grisé comme ça et d'où tout ça vient, et pourquoi tout est compilé de cette manière, c'est que manifestement vous n'avez rien lu du titre de ce Blog, ni les billets avant celui-là... Mais soit, je réexplique. Ceci est al compilation d'un mois de billets publiés sur mon ancien Blog, avec la mise en page à peu près respectée, mais sans les photos (doù, parfois, quelques incohérences quand le billet y fait allusion, mais rien de grave). C'est classé du plus récent au plus vieux parce que c'était comme ça sur l'ancienne page. Tout bêtement. A bon entendeur...

31/03/2006

Etat sir

Jamais je n'aurais cru voir ce jour. La Reine d'Angleterre a accepté l'idée aussi sotte que grenue d'anoblir Tom Jones. Bon, moi je l'aime bien... Franchement, il a fait de bons trucs. Mais là, récompenser en le faisant Sir une carrière de plusieurs décennies qui se termine par "Sex Bomb", un titre ou quelque vieux beau se trémousse sur des paroles plus que simples : On frise le ridicule. Et puis, anoblir un Gallois... Je vous demande un peu !

Encore des "Sirs", Derek Jacobi, Paul McCartney et Elton John continuent leur petit bonhomme de chemin sans se préoccuper le moins du monde de leur titre (comme, sans doute, le fera Tom Jones, qui, s'il est honoré, n'avait certes pas besoin de cette confirmation de sa célébrité... Tout comme les autres !), organisant qui un concert, qui une vente de charité (Elton John brade ses frusques contre le SIDA), qui jouant dans un film à succès...

Soyons sérieux, ces titres, ils n'en ont pas besoin. Voyez les Chevaliers des Arts et Lettres en France. Sylvester Stallone l'est. Et pour quoi ? Pour ses films d'action fins et racés. Même si il est sans doute quelqu'un de très fin et un homme d'affaire avisé qui gère bien sa fortune personnelle comme sa carrière cinématographique, il est difficile de dire sans pouffer que sa filmographie "éduque ses contemporains et élève leur niveau culturel"...

Mais toutes les récompenses ne sont pas imméritées. Les chevaliers du Taste-vin ont accueilli dans leurs rangs l'acteur Bob Hoskins il y a déjà longtemps, en lui offrant un manteau en poil de lapin et non d'hermine certes (c'était juste après le film Qui veut la peau de Roger Rabbit) mais le geste était sincère. Il y a fort à parier que cet acteur soit grand amateur de vins. Belle ouverture vers l'Amérique de cette institution scléro... séculaire.

A quand Sir Steven Seagal, Chevalier des Arts et Lettres et Prince de l'Aïkido ?

Le Retour de la Vengeance des Franges en Daim

Bravant les troubles et les émeutiers, je me suis rendu du côté de Châtelet aujourd'hui. Bon, il n'y avait pas grand monde à ce moment là et je me suis vite éloigné des grands axes et des places, opérant une retraite stratégique là où je ne risquais pas de me prendre des coups. C'est lâche, je sais, mais c'est aussi parce que j'ai déjà donné question coups, dans d'autres manifestations, et ce sans même être manifestant... Mais je vous passe les détails.

Toujours est-il que j'ai vu dans le métro (Oui, le métro, parfaitement, je prends le métro ! Ha, et vous me croyiez snob... Non, je suis un être plus chthonien) la réclame d'un spectacle de Steven Seagal. Si, si, l'acteur qui, exploitant sans vergogne le créneau de Chuck Norris, incarna des personnages aussi variés que les neurones de Jean-Claude Van Damme dans des films qui avaient autant de rebondissements que Jane Birkin.

Souvenez-vous : Le cuisinier surentraîné du bateau de guerre qui bute tous les terroristes à lui seul avec un couteau à fruit et désamorce la bombe dans le train dans la suite, c'était lui. Le flic bouddhiste qui, pour une fois, ne tue personne et n'arrête pas de tripoter ses billes, encore lui. L'écolo avec une grosse moto et un blouson en daim beige avec des franges partout, qui résout le problème des déchets nucléaires de la mine...Toujours lui !

Steven Seagal, lui qui est l'idole des films d'action en Egypte (il est sur toutes les chaînes du câble et des hôtels pour touristes fortunés, doublé en arabe s'il vous plaît), lui a la queue de cheval si fluide, lui dont la calvitie avance malgré la chirurgie... Steven Seagal, devenu rock star, est en tournée. Et il passe à l'Olympia. Et ce juste avant de tourner un autre film en Roumanie. Lui, dont on n'a pas entendu parler depuis des lustres.

Il se fait vieux, il s'empâte, il s'habille très mal, il a l'air plouc et beauf avec sa guitare, il a un sale accent, gominé au baranne et au pento dans une sempiternelle coiffure raide vers l'arrière, il joue des rôles à peu près aussi évolués que Lucy l'australopithèque et il se croit fin... Mais il a une carrière. Et une bonne. Pas mal pour un has-been... C'est déjà mieux que Chuck Norris et Van Damme, précités de la même veine.

29/03/2006

La goutte d'eau

Je suis un trekkie. Vous l'aurez peut-être remarqué à ma façon de faire référence à Star Trek et à son jargon spécifique de temps à autres, et aussi à ce que j'ai écrit dans mes listes. En soi, ça n'a aucun rapport avec ce dont je voulais vous entretenir, c'est juste qu'à l'occasion de la diffusion d'une des multiples séries de Star Trek sur le câble, j'ai vu la dernière publicité pour l'eau de Volvic. C'est choquant de bons sentiments.

"Pour un litre de Volvic acheté, dix litres d'eau potable seront puisés au Sahel". C'est quand même tendancieux. Qu'est-ce que cela suggère ? Premièrement, que si on n'achète pas l'eau de Volvic, on ne donnera pas d'eau au Sahel, donc qu'on va priver ces pauvres assoiffés. Deuxièmement, que Volvic fait des bénéfices (eh oui, ce n'est pas uniquement altruiste) en faisant jouer la culpabilité et la compassion avec une pub larmoyante.

C'est un comportement parfaitement odieux, et, pris comme ça, un chantage. Par ailleurs c'est mensonger... Ce qu'il se passe, c'est qu'avec une partie de l'argent récolté des puits seront creusés au Sahel. Très bien, bravo, mais chaque puits ne donnera pas la même quantité d'eau, et il n'est pas dit que tout sera potable... Et même si c'est bénéfique, c'est sans garantie et c'est loin d'être immédiat. Notez le confortable futur : "seront puisés".

Si ça se trouve, l'entreprise Volvic va envoyer l'argent (peut-être même en se sucrant au passage, on a vu plus étonnant de nos jours, l'humanitaire est loin d'être au dessus de tout soupçon...) en faisant confiance à des sous-traitants locaux, sans s'en préoccuper au delà du minimum juridique, ce qui lui permettra de récolter des subsides, des exemptions de taxes, et de faire une publicité aux relents miasmatiques de fausse bienfaisance.

Mais je conjecture sans aucune preuve... Et j’admets volontiers que si nous n'avons aucune preuve de la bonne foi de Volvic, nous n'avons aucune preuve de sa mauvaise foi. Même si Volvic est exemplaire et que ce geste est une main tendue de bonne foi, cette publicité pathétique et racoleuse est basée sur une approximation simpliste basée sur des estimations invérifiables... N'importe quel géologue vous le dira.

Que font nos enquêteurs zélés, les petits saints écologistes spécialistes de la traçabilité dont la France semble avoir un réservoir inépuisable ? Sont-ils trop occupés à déposer quelque étron devant un fast-food ou à saccager quelque plant mutant ? Sont-ils trop verts, et bons pour les goujats ? Mais qu'on me pardonne, je m'énerve pour rien. C'est un beau geste, sans doute, mais je suis de nature soupçonneuse.

Daily Bugle

"Trompettes de la renommée, vous êtes bien mal embouchées", disait George Brassens, grand poète au pragmatisme pourtant éclatant devant l'éternel. Je viens d'en faire l'amusante expérience : Je n'ai jamais reçu autant de commentaires à mes billets que lorsque je parlais de quelque chose de vaguement connecté à l'actualité. Chose que je ne voulais vraiment pas faire régulièrement au départ. Et puis ils sont moins drôles.

C'est subjectif, évidemment, mais une chose ne ment pas : je tourne autour de cinq ou six commentaires (en incluant mes réponses) pour les deux derniers billets d'actualité. le reste, zéro. Chose étrange, que les commentaires soient ou non positifs, ils ne concernent pas tous le propos, mais d'autres commentaires, ou des fautes d'orthographes, ou le Blog dans son ensemble. Ces billets attirent plus l'oeil. Enfin, il faut croire.

Marni Nixon ? Tout le monde s'en fout. Les USA ? Pareil. La république Tchèque ? Les bouquins ? La nature humaine ? Les filles à pédé ? Les cons de Brassens ? Condi Rice et Hillary Clinton ? Dieu ? Les contes d'Europe ? La Chine ? Tout cela ne provoque pas grand chose à part chez quelques gentils amis qui viennent me lire. Mais la soi-disant révolte sur une loi obscure, ça, ça se vend. On en revient à mon billet sur les priorités du JT.

Ce n'est certes pas à cause d'une nouvelle mise en page. Par contre, la pub joue un grand rôle : Je vois des habitués d'autres Blogs qui ont des liens vers le mien venir me lire régulièrement. Merci en passant au Loupil et ses piliers de comptoir virtuels pour leurs nombreux commentaires ! Les moteurs de recherche, plus souvent sollicités pour des sujets d'actualité, apportent peut-être un certain passage aléatoire aux Blogs "vivants".

Je me découvre des "habitués", ou soi-disant, qui ne se sont pas manifestés avant aujourd'hui. Je n'ai pas fait ce site pour glaner des encouragements, même si je les apprécie, ni pour m'entendre dire que je fais quelques fautes d'orthographes (certains passent uniquement pour les dénoncer... Une couille n'est qu'à un Q d'une coquille, non ? Bref, c'est à croire qu'ils n'ont que ça à foutre dans la vie, pas d'amis, rien...) même poliment.

Je connais trop l'apathie des internautes, ayant déjà publié des textes pseudo-littéraires en ligne sans obtenir plus de réaction de la part d'un éventuel public que de celle d'une huître anémique, pour dépendre de leur approbation. Après tout, les gens qu'on voit en ligne, ce ne sont pas de "vrais" gens, et leur travail publié, leurs photos et autres, ce n'est pas du temps et de la sueur, c'est juste un peu de code. Ben voyons.

Je suis content de recevoir des commentaires, sincèrement ! Mais je suis trop critique pour laisser passer certaines absurdités sans mettre le nez dedans à mes lecteurs habitués mais silencieux, quels qu'ils soient, si tant est qu'ils existent. Loin de moi l'idée de les culpabiliser : tout le monde fait pareil, moi le premier. Peut-on seulement laisser un mot partout où l'on passe comme quelque newbie, l'équivalent virtuel du puceau ?

C'est un peu gauche. Alors que faire ? Eh bien, c'est simple, c'est comme avec un magazine. Quand on n'a rien à dire on se tait, quand on a quelque chose à dire on écrit... Quand on trouve un auteur super, génial, sympa, et tout, on n'hésite pas à le dire et à revenir voir, et quand on n'aime pas on va voir ailleurs. Et je remercie d'ailleurs les personnes de tous horizons qui m'ont commenté de façon sympathique et constructive.

Quelle chance qu'ils soient plus nombreux que les autres !

Le retour de la vengeance du Voyageur de Commerce

Au fond, c'est ce que c'est. Le problème du voyageur de commerce qui doit passer par telle ou telle ville une seule fois dans un ou plusieurs trajets. On fait ça au lycée. C'est la même méthode de résolution mathématique, ce jeu à la con. Je dis ça, mais je ne m'y connais pas en maths et je serais bien incapable de me souvenir de la méthode exacte (ou alors avec beaucoup d'efforts), mais je suis bien documenté, et c'est ça.

Vous connaissez tous, sans doute, le sudoku. C'est un nouveau jeu de chiffres au nom oriental qui a fait son apparition il n'y a pas encore très longtemps dans un nombre incalculable de journaux, magazines, quotidiens... Il bénéficie même de sa propre presse spécialisée à l'instar des recueils de mots croisés. Il y a même des jeux de société basés sur le concept, et des livres sortent sans cesse, triomphant de grilles toujours plus diaboliques.

"Su-Doku" est la combinaison de deux idéogrammes, signifiant "nombre-seul". Sachez, tous autant que vous êtes, que le Sudoku n'a de japonais que le nom. Il fallait s'y attendre, puisqu'il fait appel aux chiffres arabes... Même si son principe peut tout aussi bien s'appliquer avec des lettres ou même des couleurs à la place des chiffres. Le Sudoku s'apparente aux carrés latins, une notion introduite par Euler, mathématicien suisse (1707-1783).

Ce gars là était un génie, d'autant qu'il a produit pas loin de la moitié de son travail dans les dix-sept dernières années de sa vie, durant lesquelles il était complètement aveugle. Un carré latin est une grille carrée (les matheux diront de n x n) dans laquelle chaque nombre (de 1 à n) est présent une fois par ligne et par colonne. Chaque solution de grille de Sudoku est donc un cas particulier de carré latin de neuf cases sur neuf cases.

Le sudoku en tant que jeu a été inventé en 1979 par un certain Howard Garnes, qui faisait des jeux de logique et les vendait à des journaux qui donnent dans ce genre de choses, pour vivre. Il avait pour nom "Number Place". Il n'a pas eu un grand succès, sauf au Japon, qui l'a repris en 1984 sous son nom actuel pour remplacer les mots croisés (c'est vrai que les mots croisés en Kanji, c'est pas terrible...), les rendant symétriques et plus difficiles.

Au fond, c'est un jeu super simple. Pas de définitions arbitraires et sadiques à trouver, une seule règle enfantine qui fait jouer l'observation plutôt que le raisonnement, comme au "démineur" de windows. Les "parties" ne durent pas éternellement, et on peut les interrompre et les reprendre plus tard comme on veut. Tout ceci explique peut-être son succès tardif mais vertigineux... Mais moi je trouve que ça reste limité, comme truc.

C'est vrai quoi, quand vous en avez fait un, vous les avez tous faits. Le nombre de chiffres marqués décroît, le nombre de possibilités augmente, et de ce fait la difficulté de la grille, mais au fond c'est toujours la même chose et le même système. Il y a aussi un nombre limité de grilles. Bon, d'accord, il y en a quand même 6 670 903 752 021 072 936 960, mais ça prouve que c'est un jeu limité et pas du tout stratégique ni aléatoire.

Personnellement, passé les dix ou vingt premières grilles, je trouve ça ennuyeux. Parfois difficile, mais surtout ennuyeux. Il n'y a aucune motivation, ça passe le temps moins bien qu'un bouquin et ça n'apprend pas les mathématiques : on n'a même pas besoin d'additionner ni de soustraire, ni de savoir compter au delà de neuf ! Le seul avantage c'est qu'on peut TOUS finir une grille, même si c'est dur et chiant.

C'est un truc à appliquer, c'est tout. Comme ça, les imbéciles qui se félicitent de réussir les grilles les plus dures alors qu'il suffit d'avoir un peu de patience et de méthode peuvent se dire qu'ils sont intelligents, pas seulement opiniâtres... Et les nombreux amateurs qui font leur Sudoku tous les matins peuvent enfin ne pas passer pour des cons dans le métro parce qu'ils n'ont pas fini les mots croisés infaisables de Maître Machinchose.

27/03/2006

Ze French Pervers Pépère Touch

J'ai revu l'un des fleurons du cinéma américain, un des chefs d'oeuvre de Vincente Minnelli, et un grand hommage à la France de la Belle Epoque : Gigi. Rien à voir avec le dessin animé bariolé et stupide. C'est l'histoire d'un riche dandy qui tombe amoureux de sa petite protégée, Gigi, qui était une charmante et innocente petite fille dans ses pattes mais qui, depuis, a grandi. Qui plus est c'est une comédie musicale du "bon vieux temps".

Il y a des acteurs excellents, et toute l'équipe est de haut vol. Il y a Maurice Chevalier, un chanteur et un héros de guerre, et Louis Jourdan, acteur qui a joué de nombreux rôles de jeunes premiers et quelques méchants marquants (dont celui de Octopussy, un James Bond, et Return of the Swamp Thing, très marrant). Louis Jourdan est mort récemment, et il se trouve qu'il était résistant actif lors de la seconde guerre mondiale.

Vincente Minnelli, ce n'est pas n'importe qui non plus. Il a réalisé Brigadoon, Un Américain à Paris... Bon, sa seule erreur a été de commettre Liza Minnelli avec Judy Garland. Mais comme ce film a pour vedette féminine Leslie Caron, ça va bien. En plus, elle essaie de se la jouer d'Audrey Hepburn (et ça marche parfois) tout en évitant le créneau "petite fille conne à l'oeil halluciné" à la Judy Garland.

En plus l'action se déroule avec des gentlemen parfaits, dans la haute société parisienne, à une époque ou montrer ses clavicules et ses chevilles était malséant pour une dame, voire faisait carrément pute. Malgré l'intrigue hautement basée sur les amours et le personnage équivoque (mais toujours présentable et drôle) du vieux séducteur continental joué par Maurice Chevalier, rien n'évoque moins que la plus pure respectabilité.

C'est dans ce cadre encore plus guindé et aseptisé que le Londres de My Fair Lady que j'ai retrouvé une chanson qui passait très bien à l'époque, et qui, de nos jours, ne peut être interprétée autrement que comme une apologie de la pédophilie ! C'est Maurice Chevalier qui la chante, en anglais et avec un accent à couper au couteau, ses habituels trémolos gouailleurs et suggestifs plein la voix : Thank Heaven for Little Girls.

Réécoutez-la si vous la trouvez, demandez-la moi si vous ne la trouvez pas, j'ai le fichier MP3. Allez au moins voir les paroles sur l'un des nombreux sites prévus à cet effet. C'est étonnant comme ce qui est flagrant aujourd'hui était insoupçonné, peut-être même involontaire, dans les années soixante où le film a été tourné. C'est une horreur pour moi qui suis un peu show-tune-queen : je ne le verrai plus jamais de la même manière.

Le Trek et la Gate

C'est fou comme les mentalités changent en dix ans. Prenez deux séries de SF prestigieuses, à dix ans d'intervalle. Elles n'ont pas la même cible, mais elles s'appliquent toutes deux à traiter d'aventures autant que de sujets de société, tout en donnant au téléspectateur le conformisme qu'il attend d'un programme grand public. Les deux séries ont fait sept et huit saisons respectivement sans compter les spinoffs...

Autant dire que les deux sont bonnes, et que la seconde se trouve dans la même position que la première dix ans auparavant. Même si ce n'est pas aussi comparable, c'est le mieux qu'on puisse faire en la circonstance. Mais voyez plutôt les circonstances de cette expérience inédite et inopinée : j'ai vu l'autre jour un épisode de Star Trek (la nouvelle génération, celle avec Patrick Stewart...) et juste après, un épisode de Stargate SG1.

Dans l'épisode de Star Trek, il y avait des terroristes désespérés qui tuaient plein d'innocents mais étaient obligés pour ce faire d'utiliser un moyen qui les tuait à petit feu. Ils Réussissaient à enlever le médecin de l'enterprise, qui venait apporter des médicaments aux victimes des actes terroristes. L'enterprise tente de rester neutre, finit par récupérer son docteur et se casser vite fait sans intervenir, laissant en suspens le problème...

Le problème était "doit-on intervenir dans les conflits des autres ?", et rappelle furieusement les affres d'Israël et de la Palestine. La fédération (et les créateurs de la série, dans les années 90) y répond par sa directive première : la non-ingérence totale. C'est une solution particulièrement lâche que celle de l'épisode, qui, une fois le docteur récupéré, ne nous montre pas d'épilogue de paix ou de guerre, juste nos héros qui se tirent.

Dans l'épisode de Stargate, nous voyons nos héros faits prisonniers par un régime totalitaire et esclavagiste. Ceux-ci finissent par libérer les esclaves (on leur avait menti en leur disant que la surface de leur monde était inhabitable pour les forcer à bosser en sous-sol, mais passons). Quand le méchant administrateur les confronte en disant "mais vous mettez fin à tout un mode de vie, une société !", le colonel O'Neil répond, "oh, que c'est dommage !", non sans ironie mais avec un manque certain de finesse (comme les divers combats).

Et ça c'est le début des années 2000. En dix ans, peut-être moins, on est passé du "n'intervenons pas, revoyons notre rôle dans ces conflits, même si nous sommes indirectement impliqués c'est peut-être trop, ne leur donnons même pas des médicaments, vous voyez où ça mène ?"  à "Butons les, ces esclavagistes/terroristes/vilains, parce qu'on a raison et eux ont tort, ne tolérons pas ce que nous jugeons mal"...

Même vu le succès des deux séries, cela ne reflète en rien l'opinion et les mentalités de tous dans une société... Par contre, cela reflète une moralité que les conservateurs et des bien-pensants acceptent. Plus encore, cela donne ce qu'une grande majorité de gens tolère, bon gré mal gré, peut-être en rechignant, peut être de tout son coeur, comme la morale d'un show qu'ils aiment globalement. Sinon la série ne marcherait pas.

Ces deux séries de SF, qui plus est, grâce à la fiction, sont bien plus libre de montrer un certain idéal que les autres émissions, trop proches de la réalité : la distanciation fait que l'on peut parler dans ces séries de sujets beaucoup plus controversés en les transposant à des univers différents du nôtre... Mais je ne vous apprends rien sur ce point. Toujours est-il que le public a vite changé de bord ces dix dernières années.

26/03/2006

Fantastique four

Vivons heureux en attendant la mort, pour reprendre le regretté Pierre Desproges. Saviez-vous que les deux seuls modes de funérailles autorisés en France sont l'enterrement et l'incinération ? Dans certains cas on fait confiance à la mer pour disposer du corps du défunt, mais c'est loin d'être la norme. Qui plus est, cela ne laisse pas grand chose aux proches, du moins pas grand chose devant quoi se recueillir.

L'immersion fait du cher disparu un anonyme sans autre sépulture que la pisse des poissons, et si l'on peut toujours lui rendre hommage en faisant face à l'océan, ça gâche quand même les vacances à la plage de la petite famille... Mais quand on y pense, disperser les cendres de quelqu'un ici ou là, dans une rivière, sur une plaine ou ailleurs, ce n'est pas beaucoup mieux. Evidemment, c'est tout aussi écologique.

De toutes façons, la crémation est une gigantesque arnaque : les fours crématoires fonctionnent en continu et son alimentés en combustibles bien avant que l'on y introduise les corps, sans quoi la moindre cérémonie de crémation prendrait des lustres. Les cendres froides que l'on donne aux éplorés juste après sont celles de bois, d'autres combustibles, voire même d'autres défunts, mais certainement pas celles de leur mort à eux.

Quant à l'enterrement, disons que ça donne un repère fixe et que les os resteront longtemps dessous, même si les vers et les asticots auront mangé, déplacé, remué et converti toute cher dans un grand espace de terreau alentours avec une étonnante promptitude. Vous choisissez ce que vous voulez, mais autant estimer n'avoir pas besoin de lien au corps du défunt pour rendre hommage à vos morts... On le voit, c'est un lien si ténu !

Il existe tant de jolies manières de disposer d'un corps : faire un bûcher public comme celui de Dark Vador à la fin de Star Wars, le mettre en haut d'une tour pour que les vautours le mangent comme dans certains rites orientaux, ou même dissoudre proprement le corps à l'acide... Quant à moi, je me fiche de comment on traitera ma dépouille quand je serai mort, vu que je ne serai plus là pour le voir, au-delà ou non.

23/03/2006

Ach, mais z'est l'Apokalybze !

Avec un ami anti-CPE (personne n'est parfait), nous avons discuté de ces manifestations qui occupent tant de monde ces temps-ci. Avec la grève générale prévue mardi, il devient de plus en plus évident que si le CPE ne sera pas retiré, un quelconque amendement le videra de toute substance, réduisant à néant les vagues mais réels efforts de changement et de réforme d'un gouvernement en qui plus personne n'a confiance...

Du moins jusqu'aux prochaines élections, après lesquelles un autre gouvernement tentera de faire avancer le schmilblick à sa façon, à al suite de quoi auront lieu d'autres manifestations... réduisant à néant les vagues mais réels efforts de changement et de réforme d'un gouvernement en qui plus personne n'a confiance ! Mais passons. Je disais l'autre jour que les manifestants étaient édulcorés par rapport à 1968.

Je les avais traité, à mots couverts, de Mao-spontex... Un terme des années 60 désignant les jeunes militants qui adoptent toutes les nouvelles tendances et couleurs politiques à la mode du moment qu'elles sont dissidentes ou vaguement révoltées, sans vraiment y croire, comme des éponges. Si les événements ont effectivement rivalisé avec certains des excès de "mai 68", c'est uniquement en terme de dégâts, pas de débats.

Quelqu'un me faisait fort judicieusement remarquer que, étant de droite (personne n'est parfait), j'avais naturellement peur de la manifestation, la dernière manifestation ayant compté des gens de droite depuis 1968 ayant été celle du mythique 21 avril (et encore étaient-ils assez réticents). Il est vrai, même si c'est plus une aversion dégoûtée. Il est vrai aussi que, individualiste de principe en toutes choses, j'abhorre les masses.

Peu importe. La manifestation anti-CPE (je parle du phénomène dans son ensemble), je continue de l'affirmer, n'est pas contre le CPE... Ce n'est qu'un prétexte. Elle fait suite aux grèves à répétition, aux émeutes des banlieues, et n'est que le symptôme d'une crise plus profonde, comme l'oedème n'est que la manifestation d'un mal plus profond. La question est... Est-ce une allergie, un choc, ou un cancer ?

Parce que si c'est une allergie, il suffit de trouver ce qui cloche dans notre société et l'enlever. Si c'est un choc, c'est encore mieux : il suffit de frotter un peu là où ça fait mal et ça passe tout seul. Mais si c'est un cancer, il y a de fortes chances que ce soit déjà métastasé. Il n'y aurait alors plus qu'à tenter une chimio ou une opération qui exciserait les tissus malades tout en charcutant allègrement les tissus sains autour.

Le problème avec le cancer c'est que c'est inhérent à l'organisme : il se développe sur un terrain favorable sans forcément de cause explicable. C'est parce que le système a une couille au départ que le cancer peut apparaître, parce que l'organisme ne peut pas se défendre correctement contre lui-même... Non, ce n'est pas une comparaison très originale, celle de la société comme corps. Elle date même d'avant les Lumières.

Ce qui laisse supposer deux choses : soit aucun manifestant et aucun membre du gouvernement n'a lu les physiocrates, ni même Tocqueville, Montaigne et d'autres, soit (et c'est plus probable), même en les ayant lu et en connaissant exactement les défauts et les aberrations intrinsèques de notre société et de notre politique depuis ses origines, on n'arrive pas à régler le problème... Ni même à le définir exactement.

Et ne vous laissez pas avoir par ceux qui disent "c'est simple, je vais vous dire quel est le problème"... Ils essaient sans doute de vous vendre quelque chose, sans doute eux-mêmes à la prochaine élection. Si le problème était simple, il aurait été réglé depuis longtemps ; et justement, une partie du problème est que tout le monde refuse les solutions simples car elles impliquent des emmerdements pour l'un ou l'autre groupe.

Puisque tout le monde peut donner son avis et faire de la politique, que tout le monde s'improvise à la fois futurologue et adepte de ce qu'il faut bien appeler du terme pompeux de Grande Histoire, je vais le faire aussi : Nous dirigeons-nous vers une Révolution ? Vers la Longue Nuit façon décadence de l'Empire Romain ? Une guerre civile ? Un grand craquèlement mondial lié à un effondrement de l'économie du pétrole ?

Personne ne peut dire de quoi demain sera fait, mais il y a quelques certitudes : ce ne sont pas les manifs anti-CPE qui sont importantes. Le CPE n'est qu'une petite réforme à la noix qui ne touche pas tant de gens que ça, et même si c'est une goutte d'eau de plus dans le vase bien plein des tensions sociales, ce n'est rien à côté de ce qui arrive. Croisade religieuse, effondrement économique, paralysie politique, désagrégation sociale...

Je ne voudrais pas jouer les cassandre mais ça va être gros, surprenant, et douloureux. Bon, ça n'a pas non plus l'air d'être pour tout de suite, mais ça approche.

Vieux sujet

Dans la famille "Je suis moche, con et pourtant je passe à la télé façon forcing", je voudrais le fils... Jordy Lemoine. Fils de producteur et d'actrice, c'est lui qu a signé "dur, dur d'être une bébé". On en a encore entendu parler dans cette galerie de has-been pathétiques qu'a été la ferme des célébrités... Ce gosse est incroyable. A 17 ans il était en troisième, donc soit con, soit perturbé, et en plus il est laid comme un pou.

Et ce n'est pas le seul ! C'est incroyable le nombre de sombres crétins qui ont des têtes à faire peur qu'on nous force à supporter alors qu'ils ne font même pas recette... Les présentateurs calvitieux d'émissions éphémères, les miss météo à demi momifiées, les lofteurs et star-académiciens divers, et tant d'autres insupportables. Je dirais bien qu'ils ont des têtes à faire de la radio, mais certains en font : ils ont des voix à se faire peindre.

Est-on passé à un rythme de consommation audiovisuelle si rapide que faire passer de force une bande de débiles comme de la chair à canon, en espérant qu'il y en ait un ou une dans le tas qui soit potable, est le seul moyen de renouveler le PAF, alors même que des dinosaures bafouillants autrefois légendaires comme PPDA se cramponnent encore à leur siège malgré qu'ils butent sur tous les mots de plus de trois syllabes ?

Oui, je sais, ma phrase est trois fois trop longue. Depuis le temps, vous devriez être habitués à mes propositions alambiquées... Qui plus est, c'est facile de dire du mal des méchants de la télé, surtout quand on prétend ne pas la regarder soi-même... Je la regarde peu, et quand je l'allume, c'est pour tomber sur ça. Avouez que ça ne donne pas envie d'autre chose que d'écrire ce genre de billets !

En fait si, ça donne envie d'éteindre. Et moi qui ai justement une nouvelle télé... C'est du gâchis.

Un peu de poésie, que diable

Poème contre celles qui croient que parce qu'elles sont filles, elles sont obligatoirement la copine de tous les pédés du monde, et auxquelles j'ai envie de dire "casse-toi, pourquoi tu me parle, t'as pas d'amis ?"

Pourquoi, pourquoi nous naissez-vous,

Filles à pédés non goudous ?

Fillette qui croit être gouine,

Moi, je ne suis pas ta copine.

Est-ce par manque, est-ce par choix

Que vous nous tombez dans les bras ?

Est-ce parce que vous croyez

Que les gays vont vous protéger ?

Est-ce en vous l'atavique peur

De la perte de vos vertus,

Ou de passer l'aspirateur

Dans un foyer trop rebattu

Qui bloque vos vies sexuelles

Face aux garçons conventionnels ?

Quand vous rencontrez un monsieur

Qui vous paraît intéressé

Par ce qui se passe sous le

Truc moulant que vous adorez,

Vous reculez, tergiversez,

Puis, chez-nous vous vous réfugiez.

Est-ce par sécurité que

Vous nous racontez vos malheurs ?

Vous nous prenez pour des sans-queue,

Pour des rigoles à vos pleurs...

Nous sommes la bonne copine,

La bonne pomme et le bon con,

Et le détail de notre pine

N'en décourage point, ça non...

Nous sommes, dit-on, si sensibles,

Si beaux, si fins, ayant bon goût,

Que seuls nous pouvons être cible

De vos attentions, sans jaloux.

Mais enfin, réveillez-vous donc !

Sensibles ? Mais où peut-on voir

Que dans les clubs où nous allons

On ne joue qu'à colin-maillard ?

Que penser de ces accessoires

En cuir, en latex rose et noir,

Des ours qui arpentent les rues,

Des pervers, des patte-pelus

Dans les backrooms errant sans fin,

Des trentenaires qui se matent,

Des vieux beaux costume-cravate

Recherchant de jeunes tapins...

Le coiffeur stéréotypé

En rose et jouant à la poupée

Qui relooke sans reluquer...

Vous plaît-elle, l'ambiguïté ?

Êtes-vous donc toutes les mêmes

Pour que vous nous croyiez semblables ?

Il en est parmi vous qu'on aime

Et d'autres qui sont exécrables.

Il est des grosses et des moches,

D'énervantes mouches du coche,

Des bêtes et des qui s'accrochent,

Qui mériteraient des taloches...

Laissez-nous, car la vérité

C'est qu'une amitié ne repose

Pas sur la non sexualité

Mais sur tellement d'autres choses...

Quand à celles qui aiment tant

Ce sentiment si convenu

D'être amoureuse sans amant

Et sans jamais se mettre nue,

Qui voudraient convertir nos dards

(Pour tout compliquer, sûrement...)

Sachez que c'est juste bizarre,

Ou pire, que c'est terrifiant

De voir vos appas suggestifs,

Etant indifférents, rétifs

A votre trou saignant et vif

Entre deux tranches de rosbif...

Sachez qu'avec nous moins qu'un gars

Qui pourrait s'en prendre à vos charmes

Et raidissant cette belle arme,

De cocagne un superbe mat,

Sachez, petites péronnelles,

Je le dis sans misogynie,

Qu'il ne suffit pas d'être une "elle"

Pour être d'un oiseau l'amie.

21/03/2006

Ces dames au salon

J'ai fait aujourd'hui le dernier salon où l'on cause, celui du livre. Autant vous pouvez me laisser dans une confiserie, dans un magasin de porcelaine ou dans toute autre boutique, je saurai résister à la tentation d'acheter... Autant il ne faut jamais me mettre dans une librairie, surtout une grande. Là, j'étais servi. Tel le singe ayant trouvé la clé de la bananeraie, je suis entré pour des clopinettes (5 euros) dans mon paradis personnel !

J'ai presque honte de mes achats compulsifs, surtout que ce salon n'a vraiment rien d'une solderie... Mais que voulez-vous, j'ai été élevé dans cette vénération du mot écrit qui fait que si l'on me donnait le choix entre brûler un livre et tuer un inconnu de mes mains, j'hésiterai longtemps. Tel un dragon sur son trésor, j'aime dormir sur mon tas de pages. Ma chambre est remplie de livres, certains lus, d'autres à lire : leur contact m'apaise.

Je suis ressorti du salon moins riche, mais heureux, et plus lourd de quelques kilos de pages bien pleines... De la bonne marchandise : Des nouvelles et des romans de SF, le roman de Lancelot du Lac en cinq tomes de poche, avec le texte en vieux français en regard de la traduction, quelques fac-similes d'enluminures d'une très belle Apocalypse française du XIVe siècle... Je vous passe le reste, de même que les innombrables tracts.

Après quelques heures à parcourir joyeusement les innombrables stands de ce qu'il faut bien appeler la plus grande librairie de France, sise dans le Hall 1 du parc des expositions de Paris, j'avais le dos lourd mais le coeur léger. J'ai même rencontré un auteur d'une puissance extraordinaire qui m'a dédicacé sa dernière oeuvre. J'étais très honoré de le rencontrer, surtout que, d'ordinaire, il n'est pas parisien.

Je ne parle pas de Joseph Joffo (qui était là, lui aussi), ce vieillard cacochyme dont les oeuvres du style "un sac de billes" torturent notre belle jeunesse depuis bien trop longtemps. Je ne parle pas des auteurs de Kookabura, Tessa, et toute la clique de chez Soleil. Non, je veux bien sûr parler de Logan, qui était en dédicace au stand de chez H&O... Ses bonnes oeuvres ne sont pas pour les petits enfants, mais elles sont remarquablement fun !

Qui plus est c'est un homme charmant, plein d'humour bien qu'un peu timide, et il m'a offert un joli dessin. Tout ça m'a presque fait oublier le sandwich BLT riquiqui à prix prohibitif acheté sur place, la succursale de chez Drouant mercantilement installée ici pour profiter des pseudo-intellectuels, le catalogue complet à plus de 20 euros (plus cher que la plupart des livres !) et le clone de Angelina Jolie et sa pose stupide sur l'affiche.

Vieille idée

Vous allez dire "il hurle avec les loups"... Vous allez crier "simplification abusive"... Vous allez trépigner, pester, dire que ça n'est pas si simple... Et vous aurez parfaitement raison. Mais l'avantage d'une simplification, outre qu'elle rentre dans le format du Blog, est qu'elle permet de voir le problème sans déprimer. Je crois que j'ai raison de penser ce que je vais dire dans ce billet (phrase plus ambiguë qu'elle en a l'air), mais je résume, bien sûr.

J'ai longtemps refusé de parler d'Israël et de la Palestine dans ces lignes... Trop actuel, trop chaud, trop ceci, trop cela. Une fois n'est pas coutume, mon point de vue sur la question est celui de pas mal de gens. Comme trop souvent, le résultat final de mon opinion est aussi celui d'un certain nombre de gens qui disent que "de toutes façons, c'est pas chez-nous, c'est chez les bougnoules"... Même si, tout de même, il y a une nuance.

Depuis un nombre incalculable d'années que les juifs et les arabes se foutent sur la gueule de diverses manières, la dernière incarnation en date du conflit et la plus meurtrière n'est autre que la guerre au proche orient et par extension le terrorisme international islamiste. Bon, d'accord, avec les croisades. Actuellement, nous avons deux camps sur cette Terre Promise qui a été promise à trop de monde :

D'un côté nous avons une théocratie fondamentaliste qui brandit des textes apocryphes en invoquant un droit divin/historique imaginaire à s'établir sur une terre sainte, de l'autre, nous avons une théocratie fondamentaliste qui brandit des textes apocryphes en invoquant un droit divin/historique imaginaire à s'établir sur une terre sainte. Marrant, non ? Tout ça pour un bout de caillou avec trois chèvres dessus.

Entre les terroristes, les officiels qui traînent les pieds, les fous de dieu, les civils fous de guerre, tous ceux qui sont contents quand il y a des morts en face, les suicidaires, les marchands de canons et les diverses barbouzes, les seules personnes saines d'esprit se sont cassées depuis longtemps de ces pays pour aller vivre en Europe ou en Amérique, refusant de vivre avec une bombe au dessus de la tête et préférant les regarder au JT.

Comme la solution rapide et quasi-certaine est absolument impitoyable, peu écologique et franchement nazillonne, je ne la proposerai même pas... Il s'agirait de vitrifier entièrement la zone entre le Liban et le mont Sinaï à coups de bombes atomiques, sans évacuer quiconque et sans prévenir. Le seul problème c'est que ça créerait sans doute d'autres problèmes à résoudre par le même moyen.

On n'en finirait pas et il faudrait passer à l'extermination totale de la race humaine. Mais après, pour les cafards, ce serait d'un calme ! C'est une solution efficace à tous les maux de l'humanité. Evidemment, elle n'est pas parfaite, comme toutes les solutions. Contentons nous de dire que, lorsque le pétrole ne sera plus important, les guerriers actuels se sentiront beaucoup plus seuls... Et ce sera le début de la paix.

Enfin, la leur, du moins.

20/03/2006

Long Time No See

Comme disent les anglais et leur grammaire si particulièrement sophistiquée et complexe... Je n'ai pas publié mon billet quotidien depuis pas mal de temps. je vais me rattraper dés que je pourrai, mais comme il m'arrive des choses dans la vie (qui l'eut cru !) j'ai moins de temps pour ça. Comme disait je ne sais plus quelle chanteuse, soit on vit sa vie, soit on s'assoit pour la raconter, au choix.

Je vais vous raconter brièvement ce qui m'arrive, après je poursuivrai d'autres élucubrations. Attention, ça va aller très vite : Je me suis fait larguer par un mec, mais l'avantage c'est que je me suis fait larguer avant de vraiment sortir avec le mec en question. C'est pathétique, je sais, mais au moins on gagne du temps. Voilà, fin de la parenthèse personnelle... Je ne vous le raconte que parce que c'est un peu marrant.

Un ami m'avait demandé de retoucher sur ordinateur la jaquette (ha ha) d'un DVD. Il s'agit d'un film dit "gay", vous savez, de ceux que l'on trouve dans le rayon rainbow et les étagères roses des Virgins et des FNACs... L'ami en question ne veut pas qu'on l'étiquette immédiatement en regardant sa vidéothèque, même s'il adore ce film. je ne m'étendrai pas sur la sexualité de cet ami, lui même s'étend assez peu dessus.

Il voulait, spécifiquement, que le petit drapeau arc-en-ciel discret sur le côté soit masqué. Juste ça. Bon, le titre, en gros dessus, c'est quand même Juste une question d'amour. Il y a deux mecs qui s'enlacent ouvertement, en très gros, au milieu de la jaquette. Les photos, le résumé, les logos des magazines et entreprises gaies qui sponsorisent el film, le vert printemps du fond, tout sur le DVD hurle l'homophilie.

Et comme si ça ne suffisait pas, le film est un peu connu pour être l'un des premiers bons téléfilms pro-gays en france. A moins d'avoir une jaquette complètement noire avec "xxx" en guise de titre, ce qui est, avouons-le, carrément suspect dans une vidéothèque, je ne vois pas comment on pourra éviter l'inévitable : les gens, cette masse anonyme et indifférenciée, sauront fatalement qu'il a un film gay chez-lui.

J'ai bien essayé de lui dire que c'était un faux problème, qu'il ne laissait pas des gens intolérants et homophobes entrer chez-lui pour voir ses films, que personne n'allait s'introduire par effraction juste pour regarder les films qu'il possède et ensuite répandre des rumeurs, et que de toutes façons ça ne signifiait rien quant à son orientation sexuelle... Mais à quoi bon, au fond.

Alors moi, j'ai fait où on me disait de faire et j'ai noirci le petit drapeau sous Photoshop, bête et discipliné. C'est vrai quoi, je ne suis pas psy. Manquerait plus que ça.

17/03/2006

Method in Madness

L'ouverture du salon du livre m'oblige à vous parler de l'écrit, un sujet qui m'est cher entre tous. Personnellement, je n'ai pas besoin de salon pour faire l'emplette de bouquins de façon compulsive et pour en lire des tas. D'ailleurs il n'y a pas de secret, plus on lit et plus on lit vite, et même s'il y a des méthodes pour accélérer la cadence, le plaisir de la littérature y perd parfois. Quant aux lectures obligatoires, pour l'étude ou le travail...

Une certaine catégorie de personne (pour paraphraser la SNCF) m'a demandé, à divers moments de ma vie, comment on pouvait devenir aussi savant que moi... Comment on pouvait lire, étudier, faire toutes sortes de choses aussi vite et aussi bien que ma petite personne. C'est vrai, on me l'a demandé ! Si, si ! On ne rit pas. Je n'ai rien d'un génie, je n'ai pas été premier de ma classe depuis le lycée. Tout ça c'est de l'esbroufe.

Pourtant, des étudiants, des lycéens, des hommes faits parfois me demandent comment "je m'en sors", à lire et écrire toujours dans les temps ou en avance. A cela je répondrai que c'est excessivement simple : il y a un truc. C'est une méthode de travail qu'on apprend, comme le reste. C'est aussi une bonne dose de confiance en soi : quand on doit faire quelque chose en un court laps de temps et qu'on le fait sans s'arrêter, on réussit.

Je ne sais pas pourquoi, c'est toujours comme ça... Dans certaines limites, bien sûr. on arrive à faire le boulot de plusieurs jours de façon honnête en un après-midi. Cela m'est déjà arrivé. Il ne faut pas en abuser, c'est épuisant et pour tout dire assez ennuyeux, on n'accorde peut-être pas toute l'attention que le sujet mérite, mais c'est si utile que cela en devient nécessaire. Pour le reste, c'est une question de méthode de travail.

Méthode de travail Bene Gesserit efficace, leçon numéro 1 : Vous pouvez apprendre. Apprendre, c'est facile ! Ce n'est pas comme du travail, c'est beaucoup plus intéressant que d'aligner des boulons dans une usine. Encore faut-il savoir apprendre. Si certaines connaissances nécessitent d'être apprises par coeur, on peut se casser les dents sur des pavés trop épais alors que ce n'est pas indispensable. Ménagez-vous !

Asseyez-vous et écoutez comment on lit vite et efficacement un bouquin... La plupart des étudiants, à leurs débuts, lisent les livres de la première page à la dernière, en lisant chaque page (ou du moins celles du chapitre qui les intéresse). C'est long, et peu synthétique : des détails sans importance se gravent dans le cerveau... Peu d'entre eux arrivent seuls à retrouver la méthode que je vais vous exposer ici, à la fois facile et efficace.

Premièrement : Lisez le titre et le sous-titre (c'est le sujet). Lisez le petit éloge en quatrième de couverture (l'éditeur vous dit pourquoi acheter le livre, ne le croyez pas). Lisez la préface : c'est l'auteur et le contexte.

Deuxièmement : Lisez avec attention la table des matières. Vous aurez ainsi un "schéma" du livre dans votre tête, qui correspond presque toujours au raisonnement de l'auteur et aux étapes de son exposé.

Troisièmement : Lisez la conclusion. C'est là que l'auteur veut arriver, c'est ce qu'il a voulu prouver. Si il n'y en a pas, lisez le chapitre final, c'est en général un bilan ou une synthèse... Bref, ce sont les points importants.

Quatrièmement : Lisez l'introduction en entier... Oui, enfin ! Car en général une longue introduction pose tout ce qui va se passer par la suite dans le bouquin, renseigne sur l'auteur, le contexte, et les prémices.

Cinquièmement : Lisez les chapitres dans l'ordre en appliquant le même mode de lecture, conclusion, puis introduction... Ne lisez pas le développement si vous n'avez pas le temps, juste les conclusions partielles.

Conseils subsidiaires : Si le sujet ne correspond pas à ce que vous voulez, ou si à un moment donné vous vous apercevez que ce n'est pas le bon livre pour votre travail/révisions/documentation, arrêtez de lire. Ce n'est pas la peine de perdre votre temps, et ne pas finir un livre est un droit imprescriptible.

Certains livres, bien souvent des monographies, sont mal conçus pour ce genre de lecture efficace mais se lisent plutôt comme des romans... Dans ce cas, la "conclusion" des chapitres n'est autre que le dernier paragraphe desdits chapitres, en général assez repérable.

Cette méthode peut être adaptée pour la lecture de romans, mais attention : ça passera si vous n'avez à faire qu'une fiche de lecture, mais la plupart des oeuvres littéraires ont le chic pour cacher de petits détails primordiaux en plein milieu du texte, ne résumant jamais ce qui s'est passé dans un chapitre à la fin ou au début de celui-ci... Lisez donc l'intégralité de ce genre d'oeuvres !

Voilà, c'est à peu près tout pour ce qui est de l'absorption des connaissances. Ceci ne sert qu'à avoir les bases d'un livre dans la tête, tout aussi efficace pour la plupart des révisions que de lire le livre en entier, voire plus, parce que vous avez l'essentiel dans la tête et vous passez aux détails par la suite en sachant exactement où vous allez... Vous n'avez qu'à ranger les informations dans les "étagères", entre les jalons que vous vous êtes constitués.

Croyez-moi, c'est plus facile de "connaître" un livre sans le découvrir peu à peu comme un roman : quitte à ne pas lire pour le plaisir, autant y passer moins de temps, et retenir du premier coup pour éviter de relire. On est sensé vous apprendre cette méthode à la Fac, dés le DEUG, ou même en Terminale... Mais en fait, presque personne ne le fait, pensant que c'est automatique et que ça fait un cours en moins pour le sujet principal.

Alors oui, comme ça, tout de suite, ça démythifie sacrément les grosses têtes qui se baladent dans la plupart des universités... Eh bien pas tellement, en fait. Lire efficacement demande beaucoup d'attention, un certain entraînement à repérer les passages importants, un crayon pour les souligner et un cerveau en état de marche. De plus, dans les grandes écoles, c'est presque toujours du par-coeur sinon rien, et en quantité !

Tout étudiant au delà de la licence connaît forcément tout ça : Cela permet de souffler et de ne pas passer sa vie à lire et relire les mêmes choses. Les étudiants gagneront un temps fou et ça donnera un sérieux avantage aux lycéens. Je sais que la plupart de mes amis (du moins ceux qui lisent ce Blog) savent déjà comment faire... Mais j'espère que ça en aidera d'autres, ceux que je ne connais pas, et ceux que je connais.

16/03/2006

Tagada Tsoin Tsoin

N'avez-vous jamais été fascinés par le générique de la série Batman, celle avec Adam West, et par ses combats délirants entrecoupés d'onomatopées écrites sur des accords de jazz ? Moi si. Ce sont surtout les onomatopées absurdes, à vrai dire, qui m'intriguaient lorsque, encore tout jeune, je regardais ce monument de kitsch. Pensez donc, une bagarre qui fait des "Sock" et des "Ffuit"... Alors que tout le monde sait qu'un coup de poing fait "Paf".

Je ne savais pas encore, à l'époque, que les onomatopées étaient différentes selon les pays et les langues... On pourrait même penser que, puisque l'oreille n'est pas éduquée de la même manière, de même que la prononciation, nous percevons tous le même son mais ne l'interprétons pas de la même façon que nous soyons anglais, français ou chinois. Nous n'entendons donc pas la même chose ! C'est le débat classique de la perception.

Autres exemples... Le corbeau, au débotté, vous diriez qu'il fait "Croa" en croassant. Eh bien en Pologne, il fait "Karr", ce qui a tout de même plus d'allure, avouons-le ! De même, il n'y a qu'en France que le coq fait un joyeux "Cocorico". Non que cela soit du nationalisme, mais en Allemagne, il fait "Kikeriki". En Espagne c'est "Cicirici", et dans les pays anglo-saxons il s'agit du très obscène "Cockedoodledoo". Il y a des variantes, bien sûr.

Et les animaux ne sont pas les seuls à faire les frais de la barrière des langues. Tout le monde sait que les anglais disent "Ouch" au lieu de "Aïe", mais il y a plus : Un cri d'horreur s'écrira "Aieee" en anglais, alors que tout un chacun ferait "Aaah" ou "Iiiih" sous nos longitudes. Les onomatopées des comics américains colonisent d'ailleurs nos pages depuis longtemps, où fleurissent les "Aaargh", et parfois même un "Outch", bâtard franglais.

De même, les bruits de succion autrement muets en français se disent aujourd'hui couramment "Slurp", onomatopée dérivée du verbe anglais signifiant "aspirer", verbe qui décrit d'ailleurs exactement le bruit... Et un baiser s'écrit "Smack" ou même "Kiss" sans que qui que ce soit d'autre que les professeurs de français n'y trouvent à redire. Le "Boom" remplace souvent le "Boum", le "Bang" remplace le "Pan"... La liste est longue.

Heureusement, il existe un bastion de notre langue que les forces anglophones aux obscures diphtongues n'ont pas encore pris, résistant encore et toujours à l'envahisseur grâce au bon vieil humour gaulois... Une tache difficile à ravoir que cet humour, trace de pneu sur le slip de la culture. Cette redoute redoutée, je la gardais pour la bonne bouche, si j'ose dire... Chez-nous, on dit encore "Prout", et pas "Poot".

14/03/2006

Des gênés récents

Nous avions déjà parlé de la cohorte des has-beens qui tentent une fois de plus d'attirer les projecteurs... A côté d'acteurs de premier ordre comme Anthony Hopkins et Sean Connery, ou même Sir Ian McKellen, Patrick Stewart, Jeremy Irons et quelques autres qui donnent une performance exemplaire même lors de films alimentaires, de petits rigolos (du moins comparé aux autres) coassent pour une minable fraction de leur gloriole passée.

Les cris hypocrites de Roger Moore boycottant le foie gras, lui qui s'était fait l'apologie de la décadence occidentale dans James Bond, l'ef-front-terie d'une Brigitte Bardot papier-crêpon, les coming-outs dont tout le monde se fout (Richard Chamberlain, Tom Selleck, et, encore plus débile, George Takei, Monsieur Sulu dans Star Trek, avouant sa gaytitude au moment ou ça n'a plus aucun intérêt : deux ou trois ans avant sa mort !)...

Comme Anthony Quinn et un nombre incalculable de vieux seconds rôles ou d'anciens bellâtres hollywoodiens, les voilà forcés de se reconvertir à Broadway... Dans des revivals, qui plus est, à la partition coupée, tailladée, remixée et amputée pour leur permettre de s'en tirer malgré leur grand âge. Anthony Quinn a fait Zorba le Grec, Richard Chamberlain a fait My Fair Lady, Julie Andrews (58 ans) reprend ses vieux succès...

Tout ça, on a déjà vu, déjà donné, merci, au revoir. Mais voilà qu'approche sournoisement de l'âge de leurs artères toute une génération de chanteurs et chanteuses. Peu s'en sortiront vraiment. Si Sir Elton John paraît relativement équilibré et si Madonna semble encore avoir une carrière devant-elle (et aux alentours de 48 ans, ce n'est pas mal) d'autres constatent qu'on les a arnaqué sur leur statue géante : elles fondent sous la pluie...

L'Artiste-Anciennement-Connu-Sous-Le-Nom-De-Prince-Mais-Qu'on-Peut-Recommencer-A-Appeler-Prince-Maintenant-Parce-Que-Sa-Crise-De-La-Quarantaine-Est-Terminée-Et-Qu'il-Faut-Pas-Déconner-Non-Plus-Vu-Que-ça-Ne-Fait-Plus-Recette, après avoir allègrement chié sur les maisons de disque (à tort ou à raison, peu importe) revient la queue entre les jambes un album ici ou là... Et surtout de l'autre côté, côté flouze et pas paillettes.

Et il a le même âge que Madonna, à peu de choses près. Et puisqu'on parle de paillettes, vous avez sans doute entendu parler de Gary Glitter... Mais si, vous savez, le chanteur anglais à sale gueule des années disco. Un VRAI has-been. Je n'avais jamais entendu son nom jusqu'à ce qu'il soit, tout récemment, condamné en Thaïlande pour proxénétisme pédophile. Il avait fui l'Angleterre à cause d'une histoire semblable, mais rien n'avait été prouvé.

Il semble que Michael Jackson soit à peu près dans la même position, d'ailleurs. Penché en avant. L'ex-King of Pop (Oui, ex, parce que Robbie Williams l'a enfoncé question ventes, d'où la position...) se réfugie en ce moment à Bahreïn. Il tente d'éviter la justice qui lui réclame plein de sous, pour les taxes, pour ses dettes, pour les employés de son monstrueux parc privé... Et il y a toujours ces histoires de scandales pédophiles qui traînent.

Je n'ai jamais aimé Michael Jackson, malgré un talent certain (que je trouve surfait, mais bon...) c'est un gars qui fait vraiment froid dans le dos, et, qu'il soit vraiment un pédophile ou pas il n'est plus humain depuis un bon moment, à l'extérieur comme dans sa tête. Il ne suffit pas de fonder une ou deux associations caritatives pour être béatifié sur tous les tableaux : Il y a beaucoup de mécènes mafieux, c'est même le cas général.

Cela fait tant de fois qu'on l'accuse de tripoter des enfants, comme on dit, "pas de fumée sans feu"... Mais en même temps, cet homme excite tant les jalousies, c'est un bouc émissaire tellement évident, il a un grain tellement visible que là, je ne sais plus quoi penser. Oh, à propos... Lui aussi a l'âge de Madonna, grosso modo. Eh oui, même avant la cinquantaine on peut faire "zombi". Il peut retourner Thriller sans maquillage.

Quoi qu'il en soit, il vend encore des albums, et Madonna aussi. La carrière de ces gens n'est pas terminée, même si ils sont à première vue sur une pente descendante : ils bougent encore. Il n'est pas impossible que certains nous fassent le coup du retour de la vengeance, comme George Michael, ou, côté troisième âge, Tom Jones. A côté de ça, signalons que les Stones comme Metallica font toujours salle comble...

13/03/2006

Les colles des fans

J'ai des amis professeurs et, étant moi-même encore un peu lié au monde de l'Académie, j'entends ce qui se fait. Un sujet particulièrement stupide du JT m'y a fait penser : de nouvelles méthodes d'éducation expérimentales font régulièrement leur apparition. Si, si, périodiquement, on change les méthodes. Cela tient des livres pour jeunes parents : un coup on les laisse sucer leur pouce, un coup non, en fonction du pédiatre en vogue cette année.

Comme si on apprenait la vie en classe... Grosso modo, ça donne à peu près le même résultat, même si les enfants ne sont jamais assez bien pour la génération antérieure... Cette fois-ci, c'est pour apprendre le respect aux "Djeuns" dans les ZEP qu'on leur fait faire du foot. A été mis en place un système qui vient d'en haut, révolutionnaire, comme une sorte de permis à points pour l'élève : points en moins pour insolence, etc.

On peut les priver d'entraînement ou de match si ils sont vilains. Ouaouh. Les bureaucrates ont encore inventé l'eau chaude : les bons points, mauvais points, les blâmes, les renvois, et l'exercice physique comme activité à la fois saine, distrayante et fédératrice. Tout ça pour apprendre le respect au travers des cours de morale qui ne disent pas leur nom, et faire travailler (leur corps et le reste) sans en avoir l'air des jeunes gens autrement oisifs.

C'est ce que font depuis longtemps (c'est à dire depuis... oh, disons le XIXe siècle) des tas de lycées privés et publics, des pensionnats ultra-catholiques aux plus modernes institutions laïques, avec les meilleurs résultats. De même, de nombreux professeurs consciencieux, plutôt que d'être froids, prennent sur leur temps de loisir pour proposer des activités supplémentaires, distractions délicatement formatrices, à leurs petits élèves.

Au fond, il n'y a que les bonnes vieilles méthodes qui marchent !

Sous l'Occupation

Jamais, ô grand jamais, je ne comprendrai les manifestants étudiants. Ils sont chroniquement inefficaces depuis 1968, ils se privent et privent les autres du droit d'étudier qu'ils ont payé, et ce pour rien du tout. La réforme LMD ? Elle est passée. Le CPE ? Il est voté depuis belle lurette. La guerre en Irak ? Mais oui, c'est sûr, George W. Bush a peur des étudiants français et se fie à eux pour la politique internationale... Et moi, je suis Greta Garbo.

Je ne suis pas forcément pour le CPE, ou tout autre contrat "jeune". Je ne prétends pas m'y connaître, mais a priori, ce qu'il faudrait, c'est plus de contrats des sortes qu'on a déjà. Le problème c'est que je m'y connais quand même plus que la plupart de ceux qui manifestent. Les plus ardents sont ceux qui font partie de cellules "révolutionnaires" plus ou moins underground qui recrute dans les facs : des agitateurs formés et professionnels.

Ces cellules sont hélas allègrement manipulées par les grands partis, mais passons. Quoi qu'il en soit, je vois mal le rapport entre bloquer les facs et abroger une loi. A la limite, manifester devant l'Assemblée ou Matignon, oui... Mais empêcher les gens d'étudier n'aura pour conséquence, au pire, que de leur faire louper un examen. Et ça fait longtemps que les politiciens savent que les étudiants manifestants (c'est à dire les plus jeunes) ne votent pas.

C'est vrai, les étudiants qui ont une conscience politique supérieure à celle d'une huître sont en général au delà de la licence, et préfèrent voter et passer leurs examens tranquille plutôt que de manifester. Les autres se laissent entraîner, en général, par la minorité syndiquée susnommée, la seule d'ailleurs à voter pour les élections des conseils universitaires. Même avec des milliers de manifestants, les vrais activistes sont quelques centaines.

Pensez qu'il ne faut que 800 étudiants pour occuper un campus qui en accueille 10000, et que sur ces 800 étudiants il y en a peut-être une centaine qui fait ça sérieusement et le ferait de lui-même, seul si nécessaire. Et encore. Prenons cette parodie de démocratie pour ce qu'elle est : le symptôme d'une détresse sociale plus profonde et d'un ras-le-bol qui ne sait pas vers quoi tendre. En attendant, moi, ça me complique la vie.

Déjà, les dernières manifs étudiantes avaient failli me faire perdre une année en m'empêchant de passer mes examens. Je précise que je n'ai pas fait mai 68, ce grand moment dont les quinquagénaires assagis et maintenant de droite se rappellent en riant, et dont les professeurs attardés de la même génération se souviennent, émus, en lavant le cerveau de leurs étudiants sans crainte pour leur poste archi-protégé.

Par contre, je connais quelques personnes qui étaient là ,et bien là. Ils ont eu le regard atterré en voyant ces minables qui, à la télévision, se plaignent d'avoir été évacués par les CRS de la Sorbonne qu'ils ont lâchement dégradé (et abîmer un monument comme ça, c'est comme brûler un livre, ça ne se fait carrément pas !). Les CRS ne les ont pas emmenés dans le panier à salade ni passés à tabac : C'est peu violent comparé à 68.

Pire : On voyait aux informations un étudiant qui se plaignait d'avoir été évacué à 4h48, avant qu'il y ait des métros. Le pauvre, il avait prévu de passer quelques jours à Paris et d'occuper une fac ou deux, de faire une manif histoire de dire ? Vous parlez d'un engagement... Je suis sans doute de parti pris vu que je suis de droite, même si le CPE ne me semble pas une mesure très utile, mais là, j'ai presque honte pour eux.

09/03/2006

La bête est morte

Ma télévision a pété. Enfin, pété, c'est beaucoup dire. Elle n'affiche rien, mais le son marche. Le canon à image est foutu, et comme il s'agit de la pièce la plus chère, autant acheter pour le même prix un écran plat bien meilleur. Je ne dis pas qu'il me faut absolument une télévision... Je trouve mes informations sur Internet et à la radio, ne faisant plus confiance au JT que pour les titres, et il n'y a jamais rien à part trois séries débiles.

Mais tout de même, pour les vidéos, c'est plus pratique que de regarder un DVD sur un écran d'ordinateur (encore faut-il pouvoir le faire, c'est loin d'être le cas de tout le monde...). Donc, bientôt, place au plasma. Vous avez remarqué comme les hypermarchés, FNACs, Darty et autres chaînes de grande distribution ne vendent de toutes façons plus que ça ? Fini, le tube cathodique de nos ancêtres, vive le numérique. Tant mieux, après tout.

En moins de cinquante ans nous avons fait des progrès considérables : voyez la photo ci-dessous, une télévision française de 1949. Le boîtier est en aluminium peint, inhabituel et particulièrement moderne pour l'époque : les boîtiers étaient le plus souvent en bois. On a installé une "loupe" (jaunie par l'âge) juste devant l'écran, trop petit pour qu'on voie bien les détails de loin. En noir et blanc, cet appareil est à peine mieux qu'un oscilloscope.

J'ose croire que dans quelques décennies, peut-être moins, ils sortiront autre chose, comme les DVD ont remplacé les CD et les VHS. L'ergonomie fait aussi des progrès si l'on en croit les divers constructeurs qui font les derniers salons (du design) ou l'on cause : meubles et parois sensitives qui actionnent des appareils cachés, lignes pures et claires... On se croirait dans Star Trek, ou dans Minority Report... Un truc complètement froid, intuitif et beau.

Décidément, on ne croirait pas que, de nos jours, tout ça est fabriqué par des esclaves laotiens !

08/03/2006

Tu seras un homme, ma fille

Aujourd'hui, c'était la journée de la femme. A ceux qui s'insurgent qu'il n'y a pas de journée de l'homme, vous n'aurez qu'à répondre que ce sont les 364 autres... Oui, même si les droits des femmes sont archi-reconnus partout dans nos pays civilisés (enfin, admettons...), elles ont encore besoin de leur jour dédié pour rappeler au monde que, pas si loin que ça, il y a des femmes défigurées, mutilées et tuées au nom de pas grand chose.

A part ça, ces histoires de voile islamique c'était du vent, du moins en France. A mon avis, privez de scolarité les petites filles qui le portent et elles n'auront aucune chance d'apprendre pourquoi elles ont le choix puis de décider en connaissance de cause... On en a fait tout un plat, et, rétrospectivement, ce très petit nombre de jeunes filles voilées monté en épingle par les médias préfigurait les tensions religieuses qui nous secouent aujourd'hui.

Au sujet des femmes battues, car il faut en parler : C'est innommable, évidemment, mais on ne parle jamais des hommes battus. C'est pourtant le fond de très nombreux cas de violences conjugales. De même, on imagine la violence conjugale comme rarement réciproque, alors que c'est le cas pour beaucoup de couples: ils en viennent aux mains... Et à tout âge ! Si, si, ça arrive aux vieux aussi. Et les coups font plus mal passé un certain âge.

Mais il faut bien le dire, en cette journée de la femme, que peut-on dire sur ce sexe qui ne soit pas d'une affligeante banalité ? C'est vrai, je suis de parti pris, vu que sexuellement je n'ai jamais trouvé les femmes très intéressantes. Nous avons déjà parlé des clichés rebattus dans un précédent billet, ainsi que de l'anatomie féminine (le "pénis inversé"...), et franchement, tout ça date aussi un peu.

Oui, que dire ? La femme est l'avenir de l'homme ? Je suis contre les femmes, tout contre ? Demain sera féminin ? Femmes, je vous aime ? Où sont les femmes ? Femmes, femmes, femmes ? Femme des années 80 et femme jusqu'au bout des seins ? Être une femme libérée, tu sais, c'est pas si facile ?... Ce sont ces phrases toutes faites qui le sont, faciles, et leur sens est devenu politiquement correct même s'il ne l'était pas au départ.

Certes, il est tout de même un peu étonnant qu'on ait attendu jusque là pour s'apercevoir que 52% de la population mondiale, ce n'était pas une minorité, mais bien quelque chose de ridiculement banal. On appelle encore ça le "sexe faible", mais à mot couverts, sans doute parce qu'elles n'arrivent pas toujours à ouvrir les pots de confiture du premier coup, mais à vrai dire ça m'arrive aussi, alors...

Quant au terme "beau sexe", alors là, je m'insurge... Et j'aimerais répondre, avec le large soutien de nombreux congénères masculins, à celles qui ont trouvé le slogan "ni putes, ni soumises", un fort et clair "ni macs, ni machos", parce qu'aujourd'hui une femme a le droit d'être féminine ET d'avoir une carrière, voire d'être hommasse, mais qu'on regarde encore bizarrement les drag queens et les travestis. Sans parler des Trans.

Enfin, on n'a pas trop à se plaindre, nous, les mecs : Ici, la Vénus de Milo a retrouvé ses bras et le David de Michel-Ange n'a pas perdu son sexe. A quand la même chose partout dans le monde ?

Avalez la fumée

Avez-vous vu la dernière publicité pour les meilleures tables parisiennes ? Bon, quand je dis "meilleures tables", c'est subjectif. Certaines sont excellente,s d'autres sont très bonnes, toutes ou presque sont hors de prix, et un bon ami à moi s'est fait refouler à l'entrée de l'une d'elles... Et, pour ma part, je ne suis pas très "nouvelle cuisine", donc je raye d'office un certain nombre de soi-disant grands restaurants de ma liste personnelle.

La publicité en question est un petit guide distribué dans les restaurants qui y sont mentionnés (en général il est sur une table près du vestiaire ou apporté discrètement au moment de l'addition, il y a tout de même un certain standing à respecter...) avec les restaurants de l'association "best restaurants in Paris". Un resto par page, la photo du chef et du propriétaire à chaque fois, classés par thème, avec plusieurs index pour s'y retrouver.

Ce qui est génial, c'est la présentation : On dirait un paquet de Gitanes. C'est bleu foncé, large, ça s'ouvre comme un paquet de cigarette et le logo fait penser à une quelconque marque de tabac. Le plus fort, ce sont les messages en grosses lettres façon faire-part de décès qu'on trouve sur les vrais paquets, mais détournés :

"Bien manger ne tue pas" et "Bien manger contribue à votre plaisir et à celui de votre entourage".

Rien que pour avoir paraphrasé les slogans hypocrites au nom si noble de la bonne chère, allez voir leur site. Il n'y est pas fait mention de cette publicité, ce n'est rien d'extraordinaire, mais ça vaut le coup d'y aller... Si vous aimez bien manger et que vous êtes en fonds. Oui, je sais, il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger. Mais c'est à l'Avare Harpagon que Molière le fait dire, et je gage que vous n'êtes pas aussi pisse-vinaigre !

07/03/2006

Bon sang, mais c'est bien sûr !

Si vous allez aux Lilas, banlieue parisienne dont je parlais l'autre jour, vous trouverez peut-être une sinistre ruelle boueuse, étroite, ou se profile un arbre mort qui surplombe le microscopique panonceau qui indique un musée. Si vous trouvez le chemin, c'est que, comme moi, vous aurez réservé par téléphone au propriétaire de ce musée privé, le musée des vampires. Il est unique, et son propriétaire est Jacques Sirjent (Sirgent pour la presse).

Unique au monde, il 'est, mais pas parce que c'est le seul musée sur le vampirisme... Une seule pièce ("mais je suis en tarin d'en aménager d'autres", nous dit Jacques, un homme entre deux âges plutôt quelconque) et pas de visite, rien de rare ni précieux... Mais une marée de gris-gris forains, farces et attrapes, peintures fluorescentes, affiches de vieux films de vampires, photos d'acteurs et objets en résine vaguement gothiques.

Ici et là, des photos dédicacées ornent les murs, ainsi que des masques en caoutchouc d'un goût douteux. Un collage de diverses images du diable et de Vlad Tepes, indistinctement mêlées, vous montre le niveau du lieu : la maternelle. Pire: le mur du fond affiche d'indicibles croûtes, mauvais portraits de Brad Pitt et de Tom Cruise dans Entretien avec un Vampire et "visions romancée" de la comtesse Bathory.

Ce n'est pas ce qu'on pourrait appeler un musée, mais l'antre d'un terroriste culturel. Il vous recevra sur de vieux canapés (il fait ça chez-lui, pourquoi se gêner...) et vous offrira un kir à la cerise (parce que c'est rouge, ça fait genre "Dracula"). Puis, il vous assommera pendant environ deux heures et se fera payer la modique somme de 6 euros : assez cher pour un kir et le déplacement. La différence avec moi c'est que j'assomme gratis, et je ne mens pas.

Lui vous abreuve de contrevérités historiques pas tant sur les vampires que sur l'occulte en général, sortant sans honte des études peu sérieuses, des statistiques du style "on peut multiplier les chiffres par trois parce que visiblement, c'est plus", une histoire des Balkans complètement fantaisiste, tout en éludant les faits qui ne l'intéressent pas, tant sur le plan biologique qu'historique ou anthropologique.

Pour se justifier, il montrera du doigt une toute petite pile de livres poussiéreux : des dictionnaires datant du XVIIe siècle dans lesquels il a trouvé l'évolution du mot "vampire" depuis ce temps là. C'est très intéressant, mais ça se fait en quelques minutes avec un Littré et une bibliothèque. Des cas rapportés de vampirisme en Roumanie, de la porphyriose (le "vampirisme biologique"), des suceurs de sang de l'antiquité ? Il les ignore.

Au lieu de vous parler de religion, de mythes païens et d'ethnologie sérieuse, il vous montrera sans doute son chat mort pris dans de la résine (dans une bassine bleue de salle de bain, de loin, pour éviter qu'on voie les détails). Il dit l'avoir trouvé dans des circonstances hautement occultes, de même que d'autres vagues bouts de trucs qui en ressemblent à rien et n'en prouvent pas plus, et extrapolera quelque conspiration à la mode.

Il vous dira qu'il a trouvé des preuves "il y a quelques mois, dans un bazar au pied de la Tour St Jacques, et le bazar a brûlé juste après..." alors qu'il n'y a pas eu d'incendie ni de bazar là-bas depuis au moins dix ans si ce n'est plus. Ajoutez aussi à cela les traces de messes noires trouvées au Père Lachaise (rien que de très normal, si vous voulez mon avis, et rien à voir avec les vampires sauf peut-être via le jeu de rôles...).

En sus, il vous fera le coup de la numérologie : dates, chiffres, additions débiles, coïncidences entre les numéros des tombes du père Lachaise, noms des caveaux montés en épingle... Quelques références anticléricales primaires, du conspirationnisme, beaucoup d'allusions sans rien derrière du genre "mais non, ils sont forcément au courant de la profanation de cette tombe, donc c'est eux !", vous voyez le topo.

Après ce pathétique propos, il fera passer des classeurs contenant "la plus grande collection de jaquettes de films de vampires d'Europe". Super. Et même si c'était intéressant, on n'a que sa parole, et on a vu ce qu'elle valait. Il termine par des références tellement prévisibles au fait que "les vampires sont gentils, ils ne sont pas obligés de tuer, mais méfiez-vous des vrais vampires d'aujourd'hui, les vampires économiques !".

Ben voyons. Entre ça et ses histoires de fantômes soi-disant vécues, je ne sais pas si je dois rire ou pleurer. Mais d'où lui vient cette science vampirique ? De nulle part : Ce n'est qu'un ancien professeur d'anglais ("avec des livres en préparation...") avec une formation en histoire de l'art (et, non, savoir analyser un tableau ou une sculpture ne permet pas de se dire historien...). Rien ne dit qu'il est seulement agrégé ou même qu'il a obtenu un diplôme... Et visiblement, avec ma maîtrise d'histoire de la Sorbonne, j'en sais plus que lui.

Voyageur qui ne savez pas quoi faire un soir ou une nuit, ne vous égarez pas dans les chemins écartés et bourbeux vers la ruelle maudite, le château incongru de ce bossu mental... Fuyez ce lieu de perdition, vous n'y trouverez qu'une demi pensée aussi mâchée que le papier dont il se sert pour décorer son macabre chez-lui, avec un mauvais goût certain. Fuyez, oui, fuyez ce vampire qui vous pompera... l'air.

06/03/2006

Centuries

Considérez les quatrains suivants, juste par plaisir... Ils ne sont pas de Nostradamus, mais ils se sont

tous révélés exacts les uns après les autres, sauf les deux derniers. Pas mal, hein ?

Non certes, elle n'est pas bâtie

Sur du sable, sa dynastie

Il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Il peut dormir, ce souverain,

Sur ses deux oreilles, serein.

Il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Je, tu, il, elle, nous, vous, ils,

Tout le monde le suit, docile.

Il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Il est possible au demeurant

Qu'on déloge le shah d'Iran,

Mais il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Qu'un jour on dise "c'est fini"

Au petit roi de Jordanie

Mais il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Qu'en Abyssinie on récuse

Le roi des rois, le bon Négus,

Mais il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Que, sur un air de fandango,

On congédie le vieux Franco,

Mais il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Que la couronne d'Angleterre

Ce soir, demain, roule par terre,

Mais il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Que, ça s'est vu dans le passé,

Marianne soit renversée,

Mais il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

("Le Roi", Paroles et musique de George Brassens)

... Le rut animal !

J'ai retrouvé le fil de ma pensée, perdu au détour d'un palindrome piégé : Les films d'horreur animaliers. Oui, vous savez bien, il y a un certain nombre de genres de films d'horreur qui mettent en scène des bébêtes, et l'un d'eux est le film avec un criminel/alien/monstre/animal qui tue tout le monde façon "dix petits nègres", souvent en huis clos. Sinon c'est l'inverse : les humains sont en minorité et doivent fuir ou se retrancher, ou les deux.

Dans les deux cas, l'intérêt est le suspense et les variantes du déroulement de l'histoire ne sont pas infinies, même si les protagonistes et le monstre-prétexte sont constamment renouvelés. Depuis que la formule de base du premier de ces films a été établie, presque chaque animal ou plante a bénéficié de sa propre oeuvre, plus ou moins heureuse, et souvent tout à fait incongrue...

Au début, ils se limitaient aux créatures considérées comme effrayantes ou un nuisibles : rats, araignées (Arachnophobie, par exemple, loin d'être le premier ni le dernier : on se souvient de La Femme araignée...), serpents, scorpions, piranhas, requins... Puis ça a été les abeilles tueuses, les sangsues, les crocodiles (alligators et autres caïmans compris), fourmis anthropophages, termites... Ou des versions extraterrestres ou géantes de ces animaux.

Au bout du compte, on en est arrivé au point ou le manque d'idées était tellement cruel que serpents divers, scorpions variés et chauves-souris exotiques n'ont plus suffi. Les scénaristes des séries B s'en sont pris (souvent mal) à des bêtes parfaitement innocentes mais à mauvaise réputation : les limaces (comme dans Slugs), les cafards, les grenouilles, que sais-je encore... Même les mites ont eu "Mothra", la mite géante des Godzilla.

Toujours présents, les aliens, momies, robots, vampires, loups-garous, créatures de Frankenstein ou d'un lagon d'une couleur à déterminer font encore recette. Buffy, La Momie, Van Helsing, tous ceci renouvelle le genre... J'ai dernièrement eu le bonheur de voir le très imaginatif mais pathétique Metal Beast, une série Z avec un loup-garou chirurgicalement et génétiquement altéré pour avoir une peau blindée.

Le loulou est un ancien espion/assassin qui s'est injecté du sang de lycanthrope pour un projet top secret (comme d'hab...), et qui est très énervé parce qu'on lui greffe une peau métallique sans son accord. Il tue (presque) tout le monde en bon psychopathe, puis se fait abattre grâce à un obus explosif (seule chose capable de percer le blindage) à pointe en argent fait en dix minutes à partir d'une collection de médailles.

Les végétaux ne sont pas en reste, et les plantes extraterrestres façon gros cerveau avec un bec ont fait place à de nouveaux défis pour nos héros éternellement soumis aux clichés les plus pathétiques. Voyez La petite boutique des horreurs et sa plante carnivore, le guerrier écologique et humide de Swamp Thing, et Killer Tomatoes (avec George Clooney !) pour le côté parodique... Mieux encore, Tou Gigantaïou Moussaka.

Dernièrement, les progrès de la génétique et des effets spéciaux ont apporté de l'eau au moulin de la série B, et les monstres des profondeurs, dinosaures, clones et mutants divers arrivent en renfort : hommes-requins, dinosaures, carnosaurs, vers géants au cycle improbable de Tremors, mutant amazonien de Relic, insectes chasseurs de Bugs ou de Mimic... Des bêtes de plus en plus réalistes et de moins en moins vraisemblables apparaissent.

Tout récemment, le film "La Crypte" (en fait c'est The Cave, mais ça sonnait mal en français, et quand on voit le film ça colle à peu près) est sorti, dans lequel la bête est n'importe quel humain ou animal mutant sous prétexte d'un parasite qui l'adapte à un milieu cavernicole. Et ça fait genre démon-vampire-monstre horrible. Mais l'animal utilisé ici, en dehors de l'apport des légendes judéo-chrétiennes et vampiriques, est assez inoffensif.

Il s'agit d'un petit lézard primitif blanchâtre et sans yeux, doté de branchies externes, le protée, qui vit dans certaines cavernes en Roumanie et nulle part ailleurs : c'est un écosystème très fermé, et le pauvre s'est adapté. Ces petites choses ne sont pas dangereuses mais fragiles et en petit nombre, pourtant le film (par ailleurs très marrant) invente toute une faune aveugle, blanchâtre et meurtrière, mutée de la même manière.

Il faut aller chercher super-loin, finalement, pour retrouver l'idée originale, mais au bout du compte, si on retire toutes les fioritures, le scénario est simple : les héros vont dans la grotte habitée par des protées (en l'occurrence des mutants dangereux et contagieux) et ils se font tous tuer sauf deux, qui ressortent. L'un est sauf, mais, fin à tiroir prévisible, l'autre se révèle un mutant à la dernière scène.

Ils sont vraiment à courts d'idées. Vraiment. C'est le même scénario à tous les coups. Depuis les dents de la mer, il n'y a rien eu de vraiment transcendant dans le genre, à part un ou deux films de serial killers (mais ce ne sont pas des animaux, ceux-là, ça ne compte pas). Bien sûr, ils arrivent à distraire, voire même à étonner, mais le genre est tellement codifié qu'on s'attend à presque tout. Et c'est tellement contraire au genre.

Ne l'oublions pas, la série B est à l'origine la désignation des films dont les producteurs n'étaient pas certains du succès... Ceux tournés avec moins de moyens dans le studio "B", pas le "A". C'était donc le domaine de jeunes réalisateurs qui avaient carte blanche pour expérimenter (d'où le fait que la SF soit souvent reléguée à la série B) et se "faire la main", se former... Le domaine même de l'originalité, non du conformisme actuel.

Grandeur et décadence !

05/03/2006

L'ami naturel...

C'est par ce palindrome que je souhaitais commencer ce billet d'humeur léger, rompant avec les derniers sujets quelque peu dépressifs qui occupaient cette page ces derniers jours. Vous aurez aussi remarqué que la production s'est faite moins régulière, du moins si vous êtes un lecteur assidu... Mais je n'ai pas de comptes à vous rendre. Et puis une seule personne m'a souhaité spontanément ma fête le 28, alors ça vous fera les pieds.

Les gens les plus perspicaces en auront déduit mon prénom, ils auraient tout aussi bien fait de me le demander: comme disait l'autre, what's in a name ? Mais revenons à mes élucubrations habituelles. Pour ceux qui ne savent pas ce qu'est un palindrome (Si, si, il y en a... Je vous vois, au fond, n'ayez aucune honte !), c'est un mot ou une phrase qui donne la même chose lue à l'envers. Le titre de ce billet est donc un demi-palindrome, ou anacyclique.

Plus précisément, c'est un texte dont la succession de lettres est la même, qu'on la parcoure de la droite vers la gauche ou de la gauche vers la droite. Autres exemples de palindromes : Non, Sexes, Ressasser, Rêver, Kayak, élu par cette crapule, mais aussi des lieux communs tels C'est sec, l'âge légal... On en doit beaucoup à Louise de Vilmorin, mais ils existent dans toutes les langues et de grands auteurs s'y sont essayés avec brio.

Bref, c'est un petit jeu littéraire infaisable, mais vous pourrez apprendre une liste par coeur et en ressortir des exemples choisis dans vos conversations les plus mondaines, comme un méprisable petit sycophante. Au moins ça servira à autre chose qu'à vous griller les neurones en tentant de faire les vôtres : George Perec a déjà composé le plus long (et lourd...) en langue française, en 1969, et s'il est grammaticalement correct, il n'a que peu de sens.

De quoi je voulais vous parler, déjà ?

Bah, ça me reviendra un autre jour.

03/03/2006

Et mon derrière, il a la grippe ?

Dans la série "j'ai appris un nouveau mot inutile", une fois n'est pas coutume, à la télévision... Le mot "rotoluve". C'est comme un pédiluve, sauf que c'est pour les roues. Diablement astucieux, non ? En substance : Les voitures roulent dans de petites rigoles qui mouillent leurs pneus d'une solution sans doute désinfectante, le tout étant mis en place pour maintenir un périmètre de sécurité sanitaire face aux vilains germes.

En l'occurrence il s'agit du H5N1, mais ils nous avaient fait le coup avec le prion et la fièvre aphteuse, déjà. C'est merveilleux ! les automobilistes qui rouleraient par mégarde sur un oiseau grippé avant de manger les pneus de leur véhicule sont à présent à l'abri de la maladie. Ce sont les voitures qui transmettent les virus, c'est bien connu, et d'ailleurs ce désinfectant est complètement pur avec toutes les voitures qui y passent dedans.

Et tous les microbes sont instantanément tués : même les guanos sur le capot, les plumes sur les jantes et le sang de pigeon sur le pare-choc des automobilistes les plus sanguinaires. Non, franchement, c'est génial. La contamination se fait par des oiseaux (qui volent, si, si...) et on met des petits bains pour les roues en guise de contrôle. Si ça les arrête, c'est pas du désinfectant, ce truc, c'est l'eau de la grotte de Lourdes !

Tout le monde ment dans cette affaire. Le gouvernement nous répète que les oiseaux contaminés ne nous menacent pas en dépit des cas français qui apparaissent, les médias soufflent le chaud et le froid en essayant de sympathiser avec les éleveurs tout en étant alarmistes, les politiciens tentent de se placer en vue de 2007, et les ventes de volailles chutent en dépit du fait que tous les quidams interrogés "mangent du poulet comme avant".

Question médications, rotoluves ou pas, ce n'est pas encore au point. Les immunisations de volailles ? Même si ça marche, on n'est pas sorti de l'auberge s'il y a un cas humain qui se déclare, vu que le vaccin humain n'est pas encore prêt et qu'il aurait fallu faire des injections avant de toutes façons. Reste le Tamiflu, réputé "seul remède efficace" (encore que pas tellement...) qui, malheureusement, se fait rare.

Quant à l'autre épidémie, celle imprononçable due aux moustiques tropicaux, elle a déjà fait plus de morts en moins de temps. Quand je pense que Greenpeace a le culot de dire que l'homme est le plus grand destructeur de la planète, alors même que les tremblements de terre, les tsunamis, les ouragans et autres catastrophes ravagent les villes du monde entier, rivalisant à peine avec les épidémies, le SIDA en tête...

Heureusement, nous voilà bien prémunis, grâce à nos fantastiques rotoluves.

01/03/2006

Schizophrénie mondiale

Tu ne cèdera pas au péché, à la tentation de gourmandise... Et tu ne mangeras pas de cet animal parfaitement comestible mais tabou même si tu es affamé !

Tu honoreras ton père et ta mère, tu ne blasphèmeras point... Et tu mutileras le prépuce de ton fils avant qu'il puisse se défendre !

Tu feras de jolies fêtes... Et tu exciseras ta femme pour qu'elle ne jouisse jamais !

Tu respecteras l'ordre social et les prêtres... Et tu éviteras certaines personnes qui sont "nées impures", les intouchables !

Tu te souviendras des exploits passés... Et tu battras tes femmes car ce sont des objets !

Tu ne seras pas oisif... Et tu feras des sacrifices humains pour que le soleil se lève !

Tu seras loyal au combat et tu entretiendras ton corps... Et tu feras brûler des gens dans une structure de bois et de paille une fois l'an !

Tu aimeras ton prochain et tu tendras l'autre joue si on te frappe... Et tu tortureras les hérétiques jusqu'à ce qu'ils avouent avoir conspiré avec le Diable !

Tu vénèreras un seul Dieu et son prophète... Et tu trucideras les infidèles au mépris de ta propre vie !

Tu ne prendras aucune vie humaine ou animale... Et tu apprendras à endurcir ton corps et tuer sans armes de douze façons différentes !

Tu seras poli, sobre et hospitalier... Et tu interneras les homosexuels pour leur laver le cerveau !

Cela fait quelques temps maintenant, et ça devient sérieux, le monde souffre de trop de religion et pas assez de Dieu.

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29/08/06

Billets de Février 2006

Note de l'Auteur : Comme toujours, ces billets sont présentés de manière déchronologique. Attention, pour certains billets, il eut été opportun d'avoir la photo qui les accompagnait... Mais j'ai eu la flemme de toutes les remettre. J'en profite donc pour lancer un message à ceux là, rares, qui voudraient obtenir ces photos : Démerdez-vous pour deviner... Et si vous ne pouvez vraiment pas survivre une seconde de plus sans ça, écrivez-moi en précisant bien de quel billet il s'agit (date, titre, peut-être le sujet...), et je vous répondrai courtoisement en vous envoyant la photo (si je l'ai encore) ou en vous disant de quoi il s'agit, sans même vous traiter de sale petit bout de rectum fétide et distendu de babouin hémorroïdaire.

P.S.: J'adore le billet sur les Schtroumpfs. C'est celui qui ets tout en bas.

27/02/2006

Viva la Ban

Je suis allé aux Lilas. Ce n'est pas la saison, c'est vrai, mais je ne parle pas des fleurs ;

je parle de la banlieue juste au delà de la porte des Lilas. Ce n'est ni tellement mieux ni

tellement pire que certaines banlieues pourries, comme coin, la porte des Lilas, même si

c'est peu riant et assez crasseux, entre une boulangerie fermée et une armurerie, un métro qui pue la pisse et la caravane d'une voyante de supermarché...

J'en profite pour dire à tous ceux qui se sont cru malins et ont relayé la fausse info que la

banlieue n'est pas, étymologiquement, un "lieu de bannissement"... C'est simplement un lieu ou l'on exerce le droit de ban. En latin médiéval bannus, le ban, mot germanique, n'a rien d'un ostracisme : c'est simplement le pouvoir d'ordonner, de commander, en l'occurrence l

'expression du fait que les territoires autour de paris dépendent de cette ville.

"Le ban et l'arrière-ban", expression qui signifie de nos jours toutes les huiles, toutes les têtes connues, c'est le service armé du Roi (qui réunit donc les nobles les plus importants),

parce que le droit de ban était à l'origine sa prérogative. Quant à la bannière, c'est tout simplement l'étendard qui désigne un seigneur : un privilège militaire des seigneurs qui on

t assez de vassaux pour être chevaliers bannerets (toujours la même origine).

Si j'ose dire, c'est plutôt banal ! C'est un autre mot qui a la même origine : le ban, c'est le

droit courant. La "banalité" est la redevance exigée par le seigneur pour l'utilisation de bâtiments qui en dépendent que de lui (le four, le moulin du village...), un sens aujourd'hui oublié, mais bien là. La banlieue n'est donc pas un lieu d'exclusion, mais la "servante", le sujet de la ville et de son seigneur. Voilà qui donne un nouvel éclairage aux émeutes.

Et moi qui croyais que le temps des jacqueries était révolu en notre pays épris de liberté...

26/02/2006

La gloire, enfin !

Je viens de recevoir aujourd'hui même mon premier commentaire défavorable ! J'en suis extrêmement content, je pense que je vais fêter ça. toutes les occasions sont bonnes pour fêter, je trouve. Surtout, la personne (qui se cache derrière l'anonymat et un blog à accès restreint) a choisi un billet d'humeur particulièrement engagé ("Parent couille", allez-y voir si vous voulez) et a peut-être même lu les autres.

Franchement, ça me réjouit ! d'une part parce que j'ai la confirmation que j'ai un impact et que j'adore l'attention. C'est vrai, si quelqu'un arrive à détester ce que j'écris suffisamment pour perdre son temps à laisser un mot même pas argumenté ni raisonné, c'est que ça a influencé sa journée, ou qu'il n'a rien d'autre à foutre dans la vie. Et vu le nombre de cons sur Terre, si j'en choque un, il est clair que je suis sur la bonne voie.

Alors je ne sais pas qui c'est (apparemment c'est une certaine ou un certain "lolotte") mais je lui transmet ce message : Si tu trouves mon Blog nul, tant mieux, et tu n'as même pas à t'excuser par un "dsl" timide mais poli, c'est juste un avis. Et en l'occurrence, je me fous du tien. Voilà, c'est dit, il fallait que cela le fut. Et maintenant, passons à autre chose, parce que c'est tout de même pas super intéressant, tout ça.

24/02/2006

Pump it up

Tiens, quand une bonne idée est lancée, elle se développe fatalement ! Vous vous souvenez de mon concours débile, le jeu de la Haine ? Mais si, c'était autour du Nouvel An dans ce même Blog. Eh bine même chose, en plus grand, au Baron : La première cérémonie des "Gérard" du cinéma, des parpaings de dix kilos récompensant les pires acteurs, réalisateurs et gens du spectacle...

Il y a quinze catégories, un peu différentes des miennes mais pas tellement. Et j'ai apparemment un goût très sûr puisque c'est effectivement Arielle Dombasle et Michael Youn, Christian Clavier et Patrick Braoudé, tout ce beau monde, qui ont été "primés". Evidemment, personne n'est allé critiquer Luc Besson, ou faire une catégorie "pire journaleux", vu que le jury est composé de trente journalistes qui veulent faire populiste.

De là à dire qu'on m'a pompé l'idée, il n'y a qu'un pas... Que je ne franchirai pas. C'est vrai quoi, le prix citron, c'est du déjà-vu... L'idée est dans l'air depuis très longtemps, et je suis même heureux si, par hasard, mon Blog a pu influencer la création d'une telle cérémonie (ce qui n'est pas prouvé). Surtout si c'est pour descendre Michael Youn, d'ailleurs. Enfin, ils auraient pu me demander, j'aurais dit oui.

C'est vrai qu'on ne demande pas avant de pomper, quand on fait un article à la "gonzo", ça gâche le truc. Il y a tellement de brèves qui sont reprises telles quelles, tellement d'histoires de mauvais journalistes qui reprennent des infos non vérifiées... Tout le monde sait que les "journaleux d'aujourd'hui" sont des vautours incompétents et impertinents (au sens premier du terme : non pertinents) bouffis de galimatias.

Mais après tout ils ont raison.  J'ai moi-même pas mal pompé (je vous en prie...) quand c'était permis. Je veux dire, ce Blog est en accès libre et public, j'y écris ce que je pense : quand on crie sur une caisse à savon de Hyde Park, fut-elle virtuelle, doit-on s'offusquer que cela donne des idées à quelqu'un, ou même que les propos soient repris ? Bien sûr que non. C'est fait pour ! Mais j'espère leur avoir mis le nez dedans...

Et la prochaine fois, je garderai mes bonnes idées pour moi.

Return of the Vengeance of the Egg from Outer Space

J'ai oublié hier (c'est à dire il y a quelques minutes, puisque nous sommes à cette charnière obligatoire et mathématique entre les jours que personne ne respecte, minuit, qui n'est ni le milieu de la nuit ni l'heure du crime mais plutôt un énorme cliché...) de vous parler de celui qui m'a fourni (enfin, chez qui j'ai lâchement piqué...) la photo de l'oeuf qui illustre le billet précédent (celui sur Calimero). (Promis, les parenthèses, demain j'arrête...).

Eh bien c'est notre Vulcain préféré, Monsieur Spock himself, Leonard Nimoy. Il en aura vu de drôles dans sa carrière, et son personnage aux oreilles pointues l'aura poursuivi comme une sale blague. Je ne vais pas vous raconter tous les problèmes qu'il a eu, le pauvre, ils ont été suffisamment étalés partout. Par contre, il a changé de voie : il est photographe d'art. Il a même un site web. Je ne donne pas l'adresse, c'est facile à trouver.

C'est donc un homme aux multiples talents. Personnellement, je trouve que son travail sent beaucoup les années 70, mais je m'abstiendrai de porter un jugement autre que purement empirique puisque j'y connais que dalle en photo et que, lui, a publié des bouquins, quand même. Toujours est-il que, pour information, et dans la rubrique "que sont-ils devenus", la photo précédente et celle qui illustre ce billet sont toutes deux de Leonard Nimoy.

Que dire, sinon le classique voeu vulcain, Live long and prosper ?

Comme aurait ajouté Maurice Chevalier, Yop-là Boum.

23/02/2006

C'est trop injuste !

Tout le monde connaît le petit poussin noir avec son éternelle coquille d'oeuf sur la tête, Calimero, et tout le monde sait que c'est sa citation favorite. Et le contraire serait étonnant. Tout petit déjà, quand les frères Nino, Toni Pagot et Ignazio Colnaghi l'inventent en 1963 pour les besoins publicitaires d'une marque de lessive, il devient noir parce qu'il tombe dans la boue... Et le reste, malgré la lessive, car il passe mieux comme ça.

Quelle joie sadique avons-nous, enfants, éprouvé devant l'adaptation en dessin animé des années 70 ! Avec quelle délectation avons-nous vu les mésaventures communes de cet innocent poussinet, objet de tortures morales et mentales communes à l'enfance, mais surpultipliées pour cause de dessin animé ! Quel plaisir masochiste nous poussait à regarder cette lavette se faire baffer injustement encore et encore !

Oui, masochiste, car les enfants s'identifient bel et bien à lui. C'est le seul personnage à présenter le monde de manière injuste, quand bien même il vit dans un cadre familial gentillet en apparence normal et plein d'amour... Et c'est ce qui le rend si "mignon", en tous les cas si pitoyable. Calimero n'est en effet jamais récompensé pour toutes ses bonnes intentions. Toujours incompris, ne reflète-t-il pas les interrogations et les tracas de l'enfance ?

La production des épisodes de Calimero, depuis l'Italie puis le Japon, s'est poursuivie jusqu'en 1995, et sa renommée a survécu à ses créateurs. Un destin vraiment trop injuste si on considère que ce dessin animé est mal fait, peu imaginatif, moche, et parle d'une infecte sous-merde, d'un faible avorton incapable de s'exprimer, dont tout le monde se fout et qui va chialer et emmerder sa pauvre mère plutôt que de se faire respecter.

Ce qui est encore plus injuste, c'est que personne ne se souvient de celui à qui Calimero emprunte son nom : Saint Calimer, ou Calimerius, fêté le 30 juillet (ou le 31, selon les calendriers). Il est né en Grèce, a été élevé à Rome, et a été le disciple du pape Saint Télésphore (cette époque est une mine de noms pour cartoons...). Il est passé évêque de Milan, et a évangélisé à tour de bras : on l'a surnommé "l'apôtre de la vallée du Po". Un peu scato ?

Passons... Arriva ce qui devait arriver, le gouvernement changea pour un moins tolérant envers les sectes monothéistes, et l'empereur Commode (oui, le méchant sanglant dans Gladiator, qui était aussi un brin strict dans la vie) lança des persécutions qui aboutirent à son martyr : on le précipita tête la première dans un puits. Si ça, c'est pas trop injuste, ma bonne dame... Ses reliques sont enterrées sous son église, à Milan, pour les curieux.

J'aurais pu vous parler de Calimerius de Montechiaro (1430-1521), un abbé dominicain qu'on fête le 28 novembre, mais il est beaucoup moins marrant : Sa petite histoire, c'est qu'il a vécu très vieux et qu'il a prêché dans toute l'Italie, et que quand il avait 90 ans et qu'il ne pouvait plus se lever pour faire son sermon au pupitre, des paroissiens l'ont soulevé pour qu'il puisse faire son boulot. Une honte ! Le pauvre vieux, a son âge...

Oui, il y a décidément des choses qui sont trop injustes.

22/02/2006

Je vous Xène, au fond ?

Connaissez-vous la Cyropédie ? C'est un vieux bouquin très sympa qui raconte la vie de Cyrus le Grand, roi des Perses, et c'est Xénophon qui l'a écrit. Il est replet d'un style parsemé de listes et de conseils philosophiques, chers aux Grecs, et contient de nombreux principes encore tout à fait d'actualité (Xénophon était un gosse de riche et un contestataire qui s'est retourné contre son pays... Un genre très populaire en ce moment).

Il n'empêche qu'il écrivait bien, et que l'enfance de Cyrus est relatée avec force anecdotes charmantes, qui se veulent toujours élogieuses. Cyrus était paraît-il doué en tout (admettons... mais bon, ça sent quand même la grosse flatterie, surtout que l'auteur n'y était pas), mais des histoires présentées comme positives de point de vue culturel de Xénophon font un peu... Comment dire... Sale gosse.

Cyrus n'hésite pas à faire de la lèche aux profs pour obtenir le droit d'être arbitre des litiges pour ses petits camarades. Chez son grand-père, on lui donne tout ce qu'il veut, y compris des trucs démentiels (un zoo personnel plein de fauves pour qu'il puisse les chasser avec ses copains, des armes en métaux précieux...) Mais il en veut plus encore, et il flatte son grand-père en faisant jouer la corde sensible jusqu'à ce qu'il l'obtienne !

A part ça, il obéit à son père, écoute ses conseils même s'il finit par faire à son idée, fait tout selon les traditions et essaie d'avoir des idées originales. Dans le bouquin il y arrive, mais ou s'arrêtent les faits, ou commence la légende dorée ? Peu importe, nous parlons ici non pas de l'éventuel Kurush, roi de Perse, mais bien du leader idéalisé par Xénophon, Hérodote et d'autres, libérateur des juifs de Babylone... Et maître chanteur affectif.

C'est présenté de façon tout à fait normale, bien entendu, vu que les grecs étaient de grands élitistes très branchés lois (les inventeurs de la "démocratie" ne donnaient pas le droit de vote aux femmes, aux non-grecs de souche, aux esclaves, aux déclarés fous, aux moins de trente ans, a ceux qui n'ont pas fait leur service militaire, à ceux qui ne payaient pas l'impôt... bref, il y avait, quoi, une trentaine d'électeurs pour Athènes).

Mais il n'empêche que c'était un sale petit lèche-cul fils à papa. Je m'y connais, j'en suis un aussi.

21/02/2006

Ô, Torino ! (Oui, je sais, vieux calembour infect...)

Le sport est le royaume du manque de classe, d'accord : c'est normal, l'exercice et la performance physique en tant que but exclusif dans la vie ne pousse pas forcément à l'élévation mentale, même si certains sportifs sont sans doute très cultivés (bon, vous me ferez signe quand vous en rencontrerez un, parce que moi je n'en ai jamais vu... mais on ne sait jamais). Mais là, heureusement que le ridicule ne tue pas.

Je ne comprendrai jamais pourquoi le mauvais goût hante le monde de la compétition sportive comme l'odeur de pets dans les mouroirs. Les maillots, même avec des couleurs vives, en prenant des coupes pratiques qui laissent les athlètes libres de leurs mouvements, avec les nouveaux matériaux, on pourrait arriver à faire quelque chose de mettable... Mais non, à la place on a ces trucs hideux et bariolés qui flottent n'importe comment !

Je ne parle même pas des écussons des sponsors, tellement nombreux qu'on les voit à peine, et qui forment comme un arlequin sur des athlètes dont on ne voit même plus le drapeau. Le spandex moulant, à la limite, ça pourrait passer... Mais non, il faut qu'il y ait des renflements bizarres pour accrocher ci ou ça, et les fans de Goldorak qui conçoivent ça ont l'air de penser que plus il y a de bandes colorées dans tous les sens, mieux c'est.

La palme revient quand même aux costumes des patineurs artistiques, qui ont systématiquement vingt à trente ans de retard par rapport à la mode, et font toujours penser à des reliquats de la vieille garde-robe de la période flashy d'Elton John. A un moment ça s'était calmé, mais maintenant, la mode des "habits de lumière", du strass et des zigouigouis pastels flottants revient en force, avec les cols ouverts jusqu'aux abdos... pour les deux sexes !

Cette année, aux jeux olympiques (Et je précise que j'ai vu ça par hasard, ma mère regardant les épreuves de patinage... Je méprise les JO, et je ris des histoires de dopages soulignées par le sieur Nikolavitch. Je ne regarde que les compétitions de natation, quelquefois la gymnastique, et seulement les hommes...) j'ai trouvé pire que tout ça : Les médailles. Oui oui, je parle des pendentifs style bronze, argent, or...

D'habitude c'est relativement classique... Pas toujours très joli, mais c'est au moins frappé, gravé, moulé, quelque chose quoi ! Là, rien. C'est un gros rond plaqué dans le métal habituel, bien large pour qu'on le voie de loin et poli que ça brille à la télé, avec un trou au milieu pour passer le ruban. Au début on se demande si c'est une pièce japonaise géante ou un donut. Sérieusement, la médaille d'argent, on dirait un CD !

Alors il y a de vagues lignes dessus et une inscription (sans doute "Torino 2006", ou "merde à celui qui le lira" en Italien, allez savoir...) mais ça reste assez simple. J'aime bien le design, mais quand même, se retrouver avec un DVD peint en doré autour du cou, accroché à un ruban façon boite de chocolat, c'est un peu de l'arnaque. Ils sont vraiment cheap, les italiens, cette année. Ou alors ils ont tout claqué pour les cérémonies.

20/02/2006

Pas de printemps pour Marni

Voilà une grande incomprise d'Hollywood : Marni Nixon. Elle a chanté pour tout le monde, et tout le monde l'a écouté, ravi... tout en croyant que c'était quelqu'un d'autre à chaque fois. Elle a chanté non seulement à Broadway mais aussi de l'opéra et c'est une soprano de grand talent. Le problème c'est le nom : Marni, comme dans le film, Nixon, comme le président. Et puis elle a un faux air de Julie Andrews ou de Felicity Lott.

Elle est vraiment mal tombée côté gloire et célébrité, la pauvre : elle rappelle tellement de gens que tout le monde la confond avec eux, et elle a chanté à la place de tellement de stars qu'on croit que c'est leur vraie voix et pas elle. Par exemple, saviez-vous que le film "My Fair Lady" est tiré de la comédie musicale de Broadway dans laquelle c'était Julie Andrews jouait Eliza Dolittle ? Les producteurs voulaient Audrey Hepburn pour le film.

Seulement la petite Audrey, elle est bonne actrice, elle est jolie, elle fait ses accents correctement, mais elle ne sait pas aligner trois notes, et certainement pas chanter une partition aussi exigeante ! Et ils ne pouvaient pas reprendre Julie Andrews : déjà, c'est pas gentil, et en plus elle tournait Mary Poppins à l'époque. Donc, la voix chantée de Eliza Dolittle dans "My Fair Lady" ce n'est ni Audrey hepburn ni Julie Andrews, c'est Marni Nixon.

S'ils avaient effectivement pris Julie Andrews, ils n'auraient pas eu besoin de doubler quoi que ce soit : elle avait du coffre : regardez Mary Poppins, la Mélodie du Bonheur ("The Sound of Music"), Victor-Victoria... Bon, maintenant elle a la cinquantaine bien tassée, elle a une jolie voix, mais ses aigus sont morts au champ d'honneur et elle pisse sous elle quand elle force trop la voix, à force de ne plus travailler. Normal.

Mais ça n'a aucun rapport avec la choucroute... Je disais donc que c'est aussi Marni Nixon qui double toutes les chansons de l'héroïne dans "The King and I" ("Le Roi et Moi" en français), mais pas seulement : elle a aussi doublé la star de West Side Story... Et dans la chanson "Diamonds are a girl's best friend", c'est encore elle qui a prononcé, à la place de Marilyn Monroe qui faisait des couacs, la phrase "These rocks don't lose their shape" !

Son seul rôle vraiment marquant est justement lié à Julie Andrews : Dans la Mélodie du Bonheur, elle joue l'une des nonnes, la soeur Sophie. C'est un tout petit rôle, mais elle participe à la jolie chanson débile des nonnes, "how do you solve a problem like Maria ?". Jouer une religieuse qui chante comme à Broadway avant le succès de Sister Act et de Nunsense (la comédie musicale ou il n'y a que des nonnes), c'était assez osé.

A part ça, elle a doublé des dessins animés (notamment Mulan de Disney), eu des rôles à la télévision (uniquement à Seattle...), et elle a quand même bien gagné sa vie avec des concerts et des tournées. Je ne suis pas sûr, mais je crois qu'elle habite à New York et donne des cours de chant, des master's class, ce genre de choses. Comme quoi, on peut rester dans le métier et avoir du succès sans être une star...

Elle a fait de son mieux, elle n'a pas hésité à faire tous les genres et à être audacieuse, et sans bâcler, même pour l'alimentaire... Elle a même eu trois enfants qui ont réussi. Elle n'a rien à se reprocher, bien au contraire. Mais on ne m'enlèvera pas de l'idée qu'une telle carrière, lorsqu'on songe a tout ce qu'elle a accompli, tout ce pour quoi elle a travaillé et l'étendue de ses talents, a des relents d'ingratitude.

Ouais. C'est même dégueulasse. Salope d'Audrey Hepburn.

18/02/2006

Rien ne va plus

Je ne sais pas si vous aviez eu vent de ce fait divers survenu il y a déjà un an (environ), un incident de plus dans le florilège français... C'était cette histoire de Casino, prés de la Garonne il me semble. Il prouve encore une fois, s'il était besoin, qu'on ne peut pas matériellement faire la moindre affaire en France sans payer de pots-de-vin ou tricher, au moins un peu, avec les règlements, les arrêtés, les lois, bref, le système.

Selon la loi, un casino ou un établissement de jeux d'argent doit être construit et en état de fonctionner avant de pouvoir demander l'autorisation d'ouvrir à la préfecture (elle délivre une licence, ce qui en soi n'est pas un mal, permettant l'exercice de cette profession). En général, comme ça coûte très très cher de construire un casino et d'embaucher le personnel, on s'arrange pour connaître la décision à l'avance.

C'est vrai quoi, en y réfléchissant bien, les édiles, les préfets, les décideurs, ce sont des notables que tout le monde connaît, par nécessité. Ils ont le pouvoir de dire oui ou non, de bloquer la machine ou d'ouvrir la porte. Quand un quidam vient à eux en toute sincérité, que ce soit pour ouvrir un casino ou quoi que ce soit d'autre, pourquoi le permettre alors que le pays s'est bien débrouillée sans jusque là ? Il faut "aider" un peu.

Connaître les bonnes personnes, ça aide : rien que pour avoir le permis de construire (n'importe ou en France) il faut graisser la patte à droite et à gauche dans les municipalités. C'est sympathique, n'est-ce pas, de savoir que dans un pays ou l'on est sensé aider les entreprises qui ont peu de capital et développer le tourisme, il faut doubler le budget initial d'une construction pour frais de corruption...

Le résultat est que ceux qui veulent ouvrir un casino sans avoir déjà une coquette fortune et sans connaître les ficelles ne peuvent pas le faire. Quant au prêt bancaire nécessaire : pour l'obtenir, il faut des garanties... Pratiquement, il faut déjà avoir l'autorisation de la préfecture et l'assurance de faire des bénéfices, le permis de construire, et des sous à côté. Toutes ces choses qu'on n'a qu'APRÈS avoir obtenu le prêt.

Mais revenons à l'histoire elle-même. Cette fois, c'était un casino construit pour 6 millions d'euros, prêt et neuf, mais qui n'a pas ouvert car la préfecture n'a pas donné son autorisation, et ce de façon inopinée. Officiellement, c'est parce qu'il y a déjà deux établissements de ce genre dans le département et qu'on ne veut pas "saturer le marché". Je trouve la concurrence très motivante, mais bon, ce n'est que mon avis...

La véritable raison de ce coup de pute (appelons les choses comme elles sont) est plus probablement un pot-de-vin trop petit de la part du directeur du casino, ou d'autres pots-de-vin bine placés de la part des autres tenanciers déjà établis dans la région. Peut-être aussi qu'un des investisseurs s'est retiré et que, surtout si le un officiel quelconque était intéressé à l'affaire, tout s'écroule.

Peu importe, toujours est-il qu'à cause de ces magouilles nécessaires au fonctionnement du système français, des croupiers, des hôtesses, des serveurs, des comptables et d'autres, parfois débauchés spécialement ou venus de tous les coins de France (les jobs en casino sont rares, sauf si on compte les supermarchés du même nom) vont pointer au chômage alors qu'un employeur est là et veut les faire travailler, les payer !

Je ne parle même plus du coût matériel de l'opération. On ne va pas pleurer non plus sur les patrons de casinos, il y a fort à parier que celui-là est retombé sur ses pieds : quel andouille fait un investissement de cette magnitude sans avoir un plan de secours ou déjà un peu de bouteille ? On l'a dit, il est impossible de se lancer là-dedans sans piston... Je parle de la main d'oeuvre qu'on laisse tomber lamentablement.

Tout ça n'a rien à voir, au fond, avec la droite ou la gauche au pouvoir, et chacun s'émeut du sort de ces laissés pour compte : c'est le modèle administratif français tout entier qui est en cause. Rien à voir non plus avec les émeutes qui ont secoué nos banlieues, mais c'est symptomatique : Quelle joie ineffable d'habiter dans un pays ou l'on empêche les gens de travailler quand bien même le taux de chômage reste haut.

Et les gens me demandent pourquoi je veux émigrer...

Odeur de sainteté

Cela va vous paraître éminemment trivial, mais au fond je m'en bat l'oeil... Je vais aujourd'hui vous parler des désodorisants d'intérieur. C'est un sujet qui, vu le nombre de marques et de publicités, préoccupe de plus en plus les français. Il est vrai que certaines personnes (ne riez pas, j'en ai croisé...) considèrent que désodoriser une maison ou passer une chemise au "fébrèze" remplace le lavage.

Vous noterez que tous les désodorisants d'intérieur sont d'un goût extrêmement douteux ou connoté. Mettez de l'encens, on vous prendra pour un bobo ou un hippie, un goth, un adolescent attardé ou un fumeur de joints (le cumul n'est pas interdit). Utilisez une lampe Berger et on vous prendra pour un bourgeois qui aime le design, entre "femme actuelle" et "l'homme moderne". Il n'y a aucune échappatoire.

Si vous utilisez des bougies parfumées, on vous prendra pour un new age ou un fan d'Ikea... Et puis si certaines sont sympathiques, d'autres sont super artificielles. La citronnelle contre les moustiques, en hiver c'est une faute de goût. Quoi que vous puissiez employer pour chasser le renfermé, c'est du dernier suspect : votre foyer est-il si sale que vous ayez besoin de camoufler ses relents odieux par de maigres artifices ?

Puisqu'on en parle : évitez les petits sapins qui puent pour les voitures, c'est bon pour ceux qui habitent dans une station-service... Evitez les diverses formes d'objets visibles que l'on pose ici ou là, en guise de bibelots ou d'ornements de table à café, et qui perdent leurs esters délétères en tentant de contrecarrer l'odeur tenace de chou et de morue dans la plupart des loges de concierges parisiennes.

Si vous avez besoin de vos prises de courant (et on suppose que c'est le cas, puisque vous avez un ordinateur avec Internet et probablement quelques lampes chez-vous, une télévision, des appareils ménagers, un fer à repasser et tutti quanti...) inutile de compter sur un désodorisant à brancher. En plus c'est tout aussi moche (mais plus discret), on dirait de l'insecticide, il y a une veilleuse intempestive et on oublie de les changer.

A moins que vous n'aimez les parfums de synthèse, bien sûr : Vous avez des goûts de chiottes, donc vous mettez des parfums pour les chiottes partout dans la maison. Comme les désodorisants "visibles" font tarte, vous pensez vous en sortir avec un spray... C'est possible, mais le parfum est le même. Il est entêtant lorsque vous venez juste de vaporiser façon Nana Mouskouri dans la pub, et il ne dure pas longtemps.

Moyen terme tout nouveau tout beau vu à la télé : le porte-spray mural programmable qui vaporise à intervalles réguliers. C'est très fort : ça cumule tous les inconvénients. Vous avez un parfum tarte entêtant constamment, et en plus c'est moche. Accroché au mur avec un clou, ça vous mutile votre mur. Sur une table c'est hideux, et en plus il faut changer les piles ou le brancher quelque part.

Encore plus fort, il ne se laisse pas oublier : à intervalles réguliers, il lâche un vent. Certes, c'est pour désodoriser, mais avouez que ça fait con : vous avez un invité, il entend "pffuit" près de son oreille, à hauteur de tête, ça a de quoi le charmer. Pendant "La liste de Schindler", le bidule innommable posé sur la télé fait "prout", c'est fin. Et pendant le dîner, le vague truc en plastoc pète et asperge les plats, quelle élégance !

On n'arrête pas le progrès. Qui utilise ce genre de choses ? Ceux qui n'ouvrent pas les fenêtres parce qu'ils habitent près d'une tannerie/porcherie/décharge (biffez les mentions inutiles) ? Ceux qui possèdent des chats non castrés dont ils ne changent pas la litière et un vieux chien crade qu'ils ne lavent jamais ? Il faut au moins ça, ou une bonne dose de masochisme, pour se soumettre volontairement à ces odeurs infectes.

Vous avez déjà senti ? Le type qui a conçu le parfum "forestier" n'a visiblement jamais été dans la moindre forêt, c'est plutôt un ingénieur chimiste boutonneux et asthmatique, allergique aux pollens, qui en sort jamais et qui s'est explosé les fosses nasales il y a longtemps à force de respirer les vapeurs de produits aux noms barbares en "ène"... Quand à la "rose", ou à "marine", mieux vaut ne pas y penser.

Non, on ne m'ôtera pas l'idée que la meilleure solution est de ne pas fumer (de toutes façons c'est mauvais pour la santé et ça coûte un pognon fou), d'éviter le tissu la moquette sur les murs (c'est hideux et ringard), de ne pas avoir trente-six animaux domestiques (c'est fatigant, bête et crade), de ne pas cuisiner de chou, de sardines, ni de morue (c'est dégueulasse, ça fait péter et c'est gras)... Et de LAVER SA MAISON !

16/02/2006

Jamon Jamon

Ceux qui me connaissent savent à quel point j'aime la bonne bouffe. Je me flatte en sus d'être un connaisseur en matière de jambons, fumés ou non, et de savoir les apprécier comme certains les grands vins. Eh bien là, je suis gâté. Il y a déjà quelques temps que je voulais vous en parler, aujourd'hui c'est l'occasion : Je me régale d'un jambon Jabugo tout droit importé d'Espagne.

Pour ceux qui ne seraient pas au courant, il s'agit de la Rolls des jambons, du caviar de al viande de porc... C'est sans doute le meilleur jambon au monde. Son goût si particulier, si puissant, si fort, rappelle la graisse d'oie et la noisette, et est dû à sa couenne et son gras un peu jaune. Qu'il soit coupé en tranches fines ou en morceaux épais, cru ou grillé, ce jambon fumé est divin.

La recette exacte, je ne la connais pas. je sais seulement qu'il s'agit d'une race de porcs spécifique, qu'ils sont exclusivement nourris des noix et noisettes qui poussent dans cette province d'Espagne qui les élève, et que les jambons, une fois fumés, sont affinés, vieillis, suspendus à des crocs de bouchers pendant des années. Chez-moi, par exemple, il y a un millésime 2003.

Et c'est délicieux.

15/02/2006

Les glands épris se rencontrent

Je voulais vous écrire un petit post moins dur que de coutume pour la saint Valentin (autant dire un billet doux...) mais j'étais pris. Pour ceux que ça intéresse, il est rare que ma vie sentimentale m'octroie la possibilité de passer cette fête des amoureux avec quelqu'un qui est effectivement amoureux de moi, et dont je suis moi aussi so in love, et encore plus rare que je n'ai rien d'autre à faire que m'adonner aux marivaudages...

Là, j'étais occupé. Occupé à quoi ? Ma foi, que ce soit ou non de la gaudriole, ça ne vous regarde pas. Toujours est-il que j'ai eu vent de nombre de choses très spéciales organisées pour la saint Valentin. Un couple que je connais va se saouler en boite de nuit, ce qui est sûrement très agréable pour eux sur le moment mais qui risque de dégénérer en gueule de bois assortie de triolisme... Mauvais pour les relations. Encore que...

Un autre couple ne fête pas vraiment la saint Valentin si ce n'est que l'un offre à l'autre un bouquet de violettes, loin des traditionnelles et pompeusement passionnelles roses rouges à la douzaine. Fleurs autrefois difficiles à trouver hors des bois, elles symbolisent un amour toujours renouvelé, frais comme au premier jour. En plus c'est délicat, même si ça ne dure pas longtemps. Mais combien de temps dure l'amour ? Pour eux ça fait plus de vingt ans.

Les inévitables couples tape-à-l'oeil vont se couvrir de roses, de bijoux, de manteaux, de bons petits plats... Quelques millions de ménages vont envoyer les enfants au lit plus tôt, et quelques millions d'autres vont oublier... D'autres passionnés feront du sexe ou s'enverront des assiettes à la tête. Et au moins un milliard et demi d'asiatiques s'en foutront éperdument, évidemment, vu que ce n'est pas du tout dans leur culture.

J'en connais qui ne vont rien fêter, sécher leur coeur en disant que "de toutes façons c'est commercial", artificiel, que ça fait chier pour rien et que c'est kitsch. Rien de nouveau sous le soleil des bobos ! Qu'est-ce qui n'est pas commercial ? A partir du moment ou vous envoyez une carte ou des fleurs, vous êtes bien obligé de les payer, non ? Et ça n'a pas besoin d'être kitsch, mais c'est un beau geste de se casser le cul pour son amoureux...

Un de mes amis a même été invité à une soirée "anti-saint-Valentin", organisée le soir même. Le paradoxe fait sourire : des couples qui n'aiment pas l'image "rose" de cette fête vont à ces soirées, qui ne sont autre qu'un moyen de fêter comme ils l'entendent la même occasion pour la même raison : leur amour... Et ils ne sont probablement pas au courant de cette ironie. Encore plus fort : des célibataires s'y rencontrent !

Il est vrai qu'à partir du moment ou on fixe un jour, c'est "comme si les autres étaient moins importants". On peut arguer que si ce n'est pas comme la saint Valentin tous les jours, ce n'est pas de l'amour... De la merde, oui ! La saint Valentin est une occasion de marquer le coup, on n'en a jamais assez, et tous les prétextes devraient être bons. Et qu'on ne me fasse pas croire qu'un couple doit vivre sans cesse sous le mièvre diktat d'Eros.

Par ailleurs, cette fête est tout aussi respectable que Noël ou Pâques. Elle est assez ancienne (le haut Moyen-Âge, ça vous suffit ?), et aussi sanglante que les autres. Ce n'est pas simplement le jour avant coureur du printemps, déjà symbolique de la sève qui monte, celui ou d'habitude les oiseaux (cui-cui...) commencent à faire leurs nids aux alentours de Rome... Saint Valentin est en effet un chrétien martyrisé en 270.

C'est le saint que prient les amoureux, certes, mais pas toujours pour des raisons avouables. Voyez-vous, c'est un de ces saints "guérisseurs" du moyen-âge. Autant Saint Sébastien s'occupait des pestes avec Saint Ignace, autant Saint Valentin s'occupait des maladies honteuses de l'époque. D'abord les maladies des reins, comme les calculs, mais aussi les divers ennuis à la prostate, les hernies, et jusqu'aux hémorroïdes !

Si on veut parler anthropologie, ces derniers, sortes de pertes suppurantes du "bas" de l'homme qui vieillit ou s'est fait enculer (donc qui a perdu de sa virilité d'une manière ou d'une autre), sont vus au Moyen-Âge comme des menstrues masculines. L'anatomie en ce temps là n'est pas très connue du grand public, à tel point qu'on considère le vagin uniquement comme un pénis inversé. Bref, l'hémorroïde tient du siège... de l'amour.

On en appelait à saint Valentin, dans beaucoup de paroisses, pour bénir les jeunes amants... Romantique ? C'est possible, quand il ne s'agit pas d'un mariage forcé parce que quelqu'un a montré ses fesses a quelqu'un d'autre et qu'il en est résulté un petit accident : On en appelait aussi à lui pour faire passer les grossesses non désirées ou hors mariage, et pour guérir les maladies vénériennes (Vérole, chaude-pisse et compagnie, c'est assez immonde...)

Lors des grandes épidémies de peste, comme les pauvres gens ne savaient littéralement plus à quel saint se vouer, il fit partie de beaucoup de processions, avec d'autres, en sa qualité de guérisseur. Par ailleurs, si l'image du putti très Renaissance, bébé angelot aux ailes blanches et à l'arc doré, a fait surface au XIXe siècle, le "vrai" saint Valentin est un monsieur barbu à l'ample robe... De quoi effrayer les lycéennes.

Par ailleurs, Eros, le "vrai" dieu grec, là encore, n'est pas le bébé que l'on croit : comme sa fonction l'impose, c'est quelqu'un de nécessairement pubère, un éphèbe fin et musclé, digne fils d'Aphrodite, dont l'arc, une fois bandé, envoie toujours le coup au but (oui, la contrepèterie est voulue... qu'est-ce que vous croyez ?). C'est lui qui a enlevé Psyché, la raison, dans la fable mythologique, comme l'amour enlève la raison à ses victimes.

Je vous raconte tout ça non pas pour faire mon intéressant (enfin, un peu quand même...) mais surtout pour que vous puissiez, si vous le souhaitez, vous détacher de l'image standardisée, "marchandisée", critiquée et rose bonbon de cette fête. Voyez-y ce qui vous fait plaisir. Je suis résolument pour les fêtes, et pour les traditions, a condition de ne pas en oublier le vrai sens, de ne pas fêter mécaniquement : il faut que ça apporte quelque chose.

Ici, c'est un message (même si je n'aime pas le terme "message", surtout aujourd'hui, le jour des lettres d'amour, parce que ça fait un peu employé des postes...) qui ne varie pas selon les époques : que ce soit par les flèches d'Eros ou par le martyr de Saint Valentin (tué "pour l'amour du Christ"), malade ou en bonne santé, fou, forcé ou passionné, l'amour est une souffrance... Douce ou non. Sa couleur est d'ailleurs le rouge, celle du sang.

Le vrai sens de cette fête, ou l'on offre symboliquement son propre coeur à l'être cher, c'est le sang versé qui la "rend sacrée"... Et n'est-ce pas ce que tout le monde dit ? Dans un couple, il faut faire des sacrifices.

13/02/2006

Cherchez la femme

Maintenant que j'ai le cerveau branché sur l'analyse des symboles et archétypes dans les films, je ne peux plus m'en empêcher. Enfin, si, je peux, mais parfois je le fais sans le vouloir. J'ai donc voulu trouver un sens plus général aux protagonistes de la série Desperate Housewives (une série particulièrement réussie, que je conseille à tout le monde), et je n'ai pas été déçu. C'est très bien écrit.

On y retrouve tous les stéréotypes et les facettes "traditionnelles" de la femme. Bien sûr il y a les clichés modernes et évidents : la ménagère parfaite, la mère épuisée, la divorcée, la femme qui trompe son mari, la voisine indiscrète, les enfants à peine humains, la belle-mère... Sans compter les hommes : Le cocu violent, le père absent, le voisin secret, le jeune amant, le bellâtre, et j'en passe. Des clichés, mais jamais maladroits.

Mais ce sont les quatre héroïnes et la narratrice qui ont droit aux archétypes universels et hors du temps, presque shakespeariens, qui se superposent avec style et élégance sur leurs rôles de femme contemporaine. Susan, la divorcée jouée par Teri Hatcher est la Vierge : émotive et sans aucun homme dans sa vie, elle est comme une pucelle maladroite au coeur fragile. Sa fille est plus une copine avec elle.

Karl, son ex-mari, est l'homme menteur et patte-pelu générique dont la Vierge a peur, et qu'elle n'a jamais connu (et notre héroïne s'aperçoit qu'elle n'a en effet jamais vraiment connu son mari qu'une fois qu'il lui ait montré son vrai visage en la plaquant). Quant à Lynette, l'ancienne carriériste devenue femme au foyer, elle est la Mère... Elle s'épuise pour le bien être de ses enfants, toujours aimante mais très pragmatique, pour des raisons évidentes.

La mère, c'est celle qui fait et ferait tout pour ses enfants, celle qui nourrit tout le monde. Alors que Susan, la Vierge, n'est pas capable de cuisiner, la Lynette, la mère, sait à la fois repasser, coudre, organiser, cuisiner, et donner de l'affection à tout le monde... Sans recourir au moindre artifice, dans la simplicité, et pas froidement comme Bree, qui continue ce cercle des trois-plus-une "Soeurs Fatales" modernes.

Bree, la femme au foyer idéale, la "Stepford Wife" n'est autre que la Mégère, la troisième sorcière classique : C'est la vieille, c'est la femme puissante, parfaite, inatteignable et castratrice, inexorable, qui "vole" la puissance de l'homme (son pauvre mari qui veut divorcer) selon l'imagerie médiévale et biblique. Elle mène son monde à la baguette et peut être une terrifiante virago vindicative... Comme la main froide de la justice.

Et Gabrielle, l'hispanique pulpeuse qui trompe son riche mari (lequel lui offre bien entendu des tas de bijoux et est beaucoup moins beau qu'elle, et fait plus âgé), c'est bien entendu la Pute. C'est elle qui dupe les hommes, la femme aux moeurs libres que les hommes réprouvent, mais qu'ils ont créé eux-mêmes, et qu'ils sont bien contents de trouver quitte à cocufier eux aussi... En plein dans la symbolique sexuelle.

Et puis il y a la narratrice, Mary-Alice, morte dans le pilote mais qui survit en voice-over dans chaque épisode faisant office de point de vue omniscient, original dans une série de moeurs (on est plus habitué à ce que la caméra montre les points de vue de chacun sans "narration"), et bien pratique. Allez, celle-là, je vous la laisse. C'est la plus facile de toute. La Femme qui voit tout, sait tout, ne juge pas, et se rit de tout et surtout de la Mort...

C'est elle que les quatre sorcières, les quatre femmes, les quatre éléments qui donnent la vie (si vous tenez absolument à reprendre un symbolisme aussi désuet et archaïque) évoquent constamment lorsqu'elles se retrouvent. C'est ce qui les lie ensemble et modifie leur vie, leur donne une raison d'agir, de faire avancer l'histoire, et, d'une certaine manière, un pouvoir sur le monde.

C'est la comédie qui corrige les moeurs en riant, l'ironie du sort, la première femme que l'on voit dans la série et celle dont la voix commence et achève chaque épisode. Elle est partout, et l'histoire tourne toujours autour d'elle, quelles que soient les sous-intrigues de chaque personnage. Vous ne voyez pas ? C'est pourtant quelque chose que tout le monde connaît. C'est très très ancien, bien avant la Bible. Rien, vraiment ?

Allons, le générique de la série, avec toutes ces pommes, ces Eves, ces arbres et ces représentations universelles, ça aurait dû vous mettre sur la voie. Songez a la raison première de tout ceci, avant même cette histoire un peu mesquine de Bien et de Mal. Bon, un dernier indice, mais c'est vraiment un TRES GROS, celui-là, et c'est le dernier : D'habitude, tout le monde croit que c'est un homme, et son nom commence par un D...

C'est aussi pour ça que la série marche. Ce genre de choses, ça parle à tout le monde.

12/02/2006

C'est dans les vieux pots qu'on fait la vieille soupe

Il y a déjà quelques temps j'ai commis un grand péché inavouable... que je vais vous avouer tout de suite. C'est vrai, entre nous, on se dit tout, non ? Bon. Un jour que j'étais déprimé et que je me sentais seul (ce qui est plus souvent un signe de manque d'occupation que de manque de mec, mais passons...) j'ai composé un petit profil sur un site de rencontres gay, dont je tairai le nom par pudeur. De toutes façons si vous cherchez vous trouverez.

Oh, je n'ai aucune excuse... Tout le monde le fait sans en attendre quoi que ce soit, histoire de dire. Même les hommes déjà bien pourvus (je parle des mecs maqués, pas forcément de ceux qui en ont une grosse...) ont le leur. Ils y ajoutent simplement la mention "en couple", et, de temps en temps, "plan a 3". Les petits jeunes pas si innocents grouillent, et les vieux cochons pullulent, mais il y a aussi des gens normaux. Enfin, raisonnablement.

J'y ai, je l'avoue, rencontré des gens charmants. Parfois même cela m'a permis de me payer (au sens figuré, même si de nombreux garçons vénaux se faisant appeler "masseurs" ou carrément "escorts" proposent leur négociable compagnie...) de bonnes parties de jambes en l'air. J'ai trouvé beaucoup de chaussures et j'en ai enfilé la plupart, mais une qui m'aille et que je trouve à la fois confortable et jolie ? Pas sur Internet.

Quoi qu'il en soit, j'ai appris une chose improbable : je plais encore à certains. C'est bon à savoir. L'ennui c'est que les certains en question ne sont pas connus pour leur discernement et que je préfèrerai les tenir à distance, si possible une arme à la main. je veux parler des vieux cochons plus ou moins gras, calvitieux papy gâteaux entre 45 et 60 ans qui se jettent sur tout ce qui a plus de 18 balais avec la même avidité baveuse et impotente.

A ces hommes là, j'ai une petite liste de conseils à donner, fruits de mon expérience:

Lorsque vous envoyez des photos, évitez à tout prix:

1) les photos de votre jeunesse, prises il y a dix ans (et dix kilos). Ce n'est plus vous, un point c'est tout.

2) les photos prises seul, sans sourire, dans une salle de bain d'hôtel : c'est glauquissime et désespéré.

3) les photos obscures et floues (prises dans le noir avec un air soi-disant sexy mais surtout alcoolo...)

4) les photos de vos abdos si vous n'en avez pas : rentrer son ventre, ça se voit. Autres muscles : pareil.

5) d'envoyer des photos de tout sauf votre tête... C'est le type même de celui qui a honte ou qui est moche.

6) les photos de vous "en tenue" (lingerie, string, soubrette, bas, latex, accessoires, etc.)... BEURK !

7) n'importe quelle photo de vous si vous êtes moche, édenté, ravagé, et que vous faites vos 70 ans.

8) d'envoyer des photos de vos aventures sexuelles, ou de votre bite ayant éjaculé, vue de dessus...

9) mais alors là VRAIMENT à tout prix, d'envoyer une photo de votre bite en guise de présentation !

Si par malheur vous avez quand même envoyé une photo de votre bite sans qu'on vous le demande (et, soyons réalistes, on ne vous le demandera pas souvent):

1) Ayez la ligne : les kilos en trop, ça se voit même si la photo est très bien cadrée et l'éclairage avantageux.

2) Ayez une jolie bite ! Cela ne veut pas dire "grosse", mais elle ne doit pas être ridicule... ni minuscule.

3) LAVEZ-VOUS avant la photo ! Votre smegma, votre sueur ou votre crasse ne sont PAS sexy, juste dégueu.

4) Inutile d'exhiber vos maladies honteuses, une circoncision bâclée, une mycose ou une péniplastie ratée !

5) Si vous avez des tatouages et des piercings, même si vous les croyez drôles ou sexy, prévenez avant.

6) Ne vous rasez pas juste la base de la verge comme les acteurs pornos, elle n'aura pas l'air plus grosse.

7) Sérieusement, c'est un mythe. Tout le monde saura que vous avez honte. Rien de plus ridicule qu'un mec à petite bite qui se la joue comme ça, c'est pathétique. Je vous jure. Parfois ça fait crazy horse ou caniche nain.

8) Par contre, élaguez un peu le buisson, ne soyez pas négligé. Surtout si ça cache votre "cacahouette"...

9) Bandez, que diable ! A quoi ça sert d'envoyer une photo de la décapotable si on ne peut pas la conduire ?

Lorsque vous êtes assez civilisé pour vous présenter autrement que par vos organes génitaux, sachez toutefois:

1) Que se dire un "monsieur", "bien" ou "discret", ne se fait plus depuis les années 1930. Et ça fait Landru.

2) Que "jeune dans sa tête" signifie que vous êtes vieux dans votre corps ET dans votre tête : c'est démodé.

3) Que les jeunes pas cons recherchent rarement le père ou un "homme expérimenté" pour apprendre la vie.

4) Que les termes "h mur", "ch Alix", "amitiés particulières" ou pire, "éromène" vous relèguent aux années 50.

5) Que vos trips sexuels QUELS QU'ILS SOIENT n'intéressent personne, sauf si on vous le demande.

6) Que vos mensurations génitales ne constituent pas un "bonjour" correct (voir le problème des photos...)

7) Que si vous décrochez un rendez-vous, l'autre verra bien que vous avez 46 ans et pas 34 : ne mentez pas.

8) Que se dire grand, musclé, bien monté, etc. ne sert à rien, dans la même veine. Les jeunes le font moins.

9) Qu'une série de chiffres et de lettres (taille, poids, mensurations, âge, type...) n'est pas une présentation.

Autres règles générales:

1) Les jeunes gens ne sont pas attirés par les mecs mariés mais honteux, même s'ils se disent "bon suceurs".

2) Ne vous ridiculisez pas en vous proposant comme vide-couilles soumis : il y en a de plus jeunes que vous.

3) Ne proposez pas de l'argent à qui n'en demande pas... Tout le monde n'est pas votre Escort Boy !

4) Ne présumez pas de votre charme irrésistible, il s'est fané, comme vos répliques de drague à deux balles.

5) Le style vieux-beau, c'est mieux que vieux-moche, mais à moins que vous ne soyez mannequin, c'est bof.

6) Si vous voulez séduire les jeunes, gardez au moins un corps d'athlète. C'est très dur, mais c'est comme ça.

7) Autrement, ayez culture, humour et patience : Vous ne coucherez pas tout de suite de toutes façons.

8) Les adultes ne draguent pas les mineurs, même quand ceux-ci, sans doute complexés, veulent coucher !

9) LA règle d'OR : Ne vous vexez pas, ne soyez pas désobligeant, mais NON, c'est NON.

Il n'y a rien d'autre à dire, si ce n'est répéter qu'à la lumière de mes expériences, et du fait que je me sois fait draguer maintes fois sur le net et ailleurs par des moches, des gros, des vieux, des hommes mariés,  et même des gens visiblement ravagés par quelque drogue ou maladie, j'ai un immense respect toujours renouvelé pour les travailleurs du sexe. C'est un métier difficile pour lequel il faut une grande conscience professionnelle.

Nous avons déjà discuté de la sexualité du troisième âge dans un autre billet. Il faut aussi rappeler une ou deux choses qu'on ne redit jamais assez... Même si ce n'est pas facile quand on bande mou et que ce n'est pas de sa génération, il faut mettre des capotes. Ne mélangez pas viagra ET poppers, c'est dangereux. Et aussi, surtout, on ne suit pas le démon de midi à huit heures du soir : la crise de la quarantaine c'est déjà ridicule à 40, mais à 65 ans...

11/02/2006

Sur l'autel de Saint Pratchett, patron des métaphores

Je passais sur un Blog, un beau jour, ou peut-être une nuit... C'est un Blog que j'apprécie beaucoup, fait par une personne que j'apprécie tout autant si ce n'est plus, soit dit en passant. J'y ai vu une expression qui me hérisse le poil: Mutatis Mutandis. Un latinisme distingué et peu connu qui signifie littéralement "en changeant ce qui est changé" et qui se traduit par "en changeant ce qui doit être changé". Vérifiez vos pages roses du Larousse...

Il est très très rare qu'on emploie cette expression correctement. La, ça va à peu près... Mais je l'ai tellement entendue prononcée par des cons que maintenant, elle est pour toujours associée à une réaction allergique chez-moi. En effet, il y a une minorité de peignes-culs, divisés en cliques de pseudo-philosophes (souvent des étudiants et des professeurs de philosophie) qui s'autocongratulent et se masturbent avec cette expression particulière.

C'est un passe-partout : Vous avez trouvé une comparaison drolatique à la Wilde, vous dites "telle chose est comme telle autre, mutatis mutandis, bien sûr..." et tous de saluer le trait d'esprit parce que vous avez utilisé le latin sans faire de pause dans la conversation. Vous avez trouvé une comparaison boiteuse ? Pas grave, ça marche aussi, de la même manière : comme c'est "en changeant ce qui doit l'être", ça passe !

A l'extrême de la mode de cette logorrhée, on obtient des perles de contresens. Des comparaisons et parfois même des métaphores (stylistiquement audacieux dans une conversation, ils ont dû les préparer avant...) d'une si abyssale absurdité qu'on se demande ce qu'elles foutent là. Que ces gens s'écoutent parler, c'est une chose, mais qu'ils comprennent au moins ce qu'ils racontent, ça devrait être le minimum...

C'est la porte ouverte à toutes les simplifications... Adolf Hitler c'est Franklin Roosevelt, mutatis mutandis... Cary Grant, c'est Saint Sébastien, mutatis mutandis... Tant qu'on y est, un éléphant c'est un croûton de pain, ma concierge c'est le Pape et moi je suis Greta Garbo, en changeant ce qui doit l'être. C'est incompréhensible parce qu'il n'y a rien à comprendre, mais personne ne pose la question de peur de passer pour un con.

Un tel lieu commun colonise donc allègrement les conversations intellectuelles qui se veulent brillantes, camouflant le manque de talent et d'esprit des métaphores débiles et des comparaisons ineptes par un petit rajout, une espèce de queue... C'est un membre vestigial difforme qui rallonge les phrases qui n'en ont pas besoin, et c'est une béquille qui pousse celles qui ne mériteraient pas d'être dites.

La répétition devient lancinante et insupportable dés que vous fréquentez un peu ces cuistres (et j'évite au maximum, mais il y a des jours ou on ne choisit pas). Guitry, Wilde et Pratchett, eux, ont le talent de se rendre compréhensibles et de métaphoriser à bon escient, et ce n'est pas si facile: Ils devraient peut-être réviser un peu. Pour qualifier les usagers de cette expression, voilà un autre latinisme distingué : Asinus asinum fricat.

Les mates mains des maures

Parlons un peu de ces histoires de caricatures qui font des morts... C'est marrant, il y a quatre mois, la presse danoise n'avait même pas droit de cité en Iran. Ni d'ailleurs les autres journaux, interdits par la censure gouvernementale. Je m'étonne qu'aujourd'hui tout le monde la lise et réagisse si violemment à ses propos... D'autant que les caricatures de Mahomet sont plutôt ratées, pas drôles et bénignes.

C'est comme ce député égyptien de progrès et de la modernité qui se rend en France en toute innocence pour voir un copain ministre et qui (c'est super réaliste pour un député cairote...) achète Charlie Hebdo. Et là il est tout surpris, complètement choqué, le journal lui en tombe des mains ! Je ne rigole pas, c'est cette énormité là qu'ils ont dit au journal de vingt heures. Je savais que Charlie Hebdo était mauvais, mais à ce point là...

Et le député de se désoler, de dire qu'il est choqué quand bien même il n'est pas intégriste, en tant que musulman, que ça ne fera rien si ce n'est mettre de l'huile sur le feu... Ben voyons. Des caricatures, il y en a eu de pires et il y en aura de meilleures, chez tout le monde. Tout ça n'est qu'un prétexte. C'est le patron du journal danois qui doit être content de son opération commerciale. Des morts gratuits à cause de trois dessins cheap...

C'est pour ça que je ne les met pas sur ce site, ces crobars, ils ne valent pas le coup. D'autant que je risque d'avoir des problèmes de hacking ou de menaces si je les met en ligne. C'est arrivé, si, si. Je n'ai ni envie de lancer une polémique ni d'avoir les commentaires de musulmans outrés sur mon minuscule petit site. Oui, c'est un geste lâche, mais c'est un Blog, pas un grand quotidien bourré d'avocats et d'informaticiens.

J'en profite pour dire que c'est par le terrorisme et les idées courtes de certains plus que par une éventuelle censure ou ue agence secrète de chez-nous que, depuis des milliers de kilomètres de distance, notre liberté de parole même est menacée : Je ne suis pas le seul à ne pas vouloir publier, ni à avoir peur, et on devrait pouvoir dire plus de choses sans crainte. Si chaque caricature virulente devait provoquer ça...

Je ne m'étendrai pas sur mes opinions en matière de guerre et de diplomatie, ni sur mes pensées concernant Israël et la Palestine, parce que ça ne m'apporterait que des ennemis et que ce n'est pas le sujet: ce ne sont que des opinions, après tout. Je dirais seulement que dans les journaux du proche orient, les caricatures de l'occident font penser à celles des juifs sous Hitler : elles sont beaucoup moins gentilles que les timides gribouillis danois.

Histoire de montrer ce que ce genre d'intégrisme peut faire, j'ai mis une jolie photo qui montre bien le riant climat de là-bas, les messages de paix et d'amour de ces gentils manifestants pacifiques qui ne lapident personne, pas offensants ni insultants pour un sou, et qui ne se laissent pas du tout entraîner par la minorité (statistiquement improbable) de fanatiques religieux ascétiques et saints, qui ne font de mal à personne. Et ça c'est Youpi.

09/02/2006

Flash Spécial !

Aujourd'hui, il y a encore un truc qui me gonfle jusqu'à la moelle. Depuis une petite semaine, il y a un gars qui a un Blog MSN et qui me laisse des commentaires. En soi, ça me fait plutôt plaisir... Mais là... Il laisse toujours le même, à tel point que je me demande si ça n'est pas un logiciel qui fait ça, à des billets différents. Le commentaire (que je supprime systématiquement) dit :

"Salut, bonne continuation pour ton Blog, passe voir le mien."

(et c'est signé 351.psg, avec un lien vers son Blog. Je donne le nom, comme ça je met les gens en garde.)

Premièrement, et ça se voit, il n'a pas lu les billets. Deuxièmement, il n'a pas lu mon profil. Troisièmement, il fait tous les blogs MSN à la chaîne en déposant le même commentaire, sans lire quoi que ce soit, pour attirer des gens sur le sien. Tout ça n'a pas grand intérêt, je ne lui en manifeste d'ailleurs plus aucun maintenant que j'ai compris la profondeur de sa réflexion et de ses vues. Il se fiche du monde...

Je sais tout cela parce que je suis allé voir son Blog. C'est une suite d'images gif animées vaguement cochonnes hétéro, avec pour thème les femmes nues et le PSG. Oh, et aussi l'écrasement de l'OM. Soit, on peut être supporter, ce n'est pas indécent (tout comme d'avoir un QI ne dépassant pas la température anale, après tout, ne soyons pas sectaires...), et avoir le goût du clinquant kitsch moche plein de logos...

Mais à ce point là ! Non, vraiment, son site est pathétique. C'est bariolé, illisble, ça bouge dans tous les sens... Et il a plein de commentaires (28 au premier billet qui apparaît, un billet avec moins d'une ligne de texte, dont le slogan du PSG, et une geisha nue), tous de gens différents qui ne font visiblement que répondre à un commentaire comme celui que j'ai reçu, poliment, genre "bien ton site" ou "super, mais je suis pas très foot".

Mais au moins ces commentaires sont quelque chose de personnel... Ils reflètent ce que pensent leur auteur, ce n'est pas qu'un avis de passage froid, artificiel, qui n'apporte rien à personne. Je n'ai pas compris ce que ce sinistre goujat compte faire avec son site, à part peut-être faire le concours de celui qui a le plus de commentaires (il a vraiment du temps à perdre, mais là encore ce n'est visiblement pas la réflexion qui l'étouffe).

Son site ne fait de la pub pour rien à part le PSG (le sous-titre est tout de même "si t'es fier d'être parisien tape dans tes mains"...), il ne répond pas aux commentaires, il publie sans cesse le même billet (ou à peu de choses près : la fille à poil en 256 couleurs animée est différente à chaque fois, les slogans sont du même acabit...), et s'il lit quoi que ce soit du Blog des autres ça ne se voit vraiment pas.

Donc, avis à ceux qui reçoivent un tel commentaire sur leur Blog, cet énergumène ne s'intéresse pas à vous, tout juste à votre clic. Je supprimerai ses commentaires systématiquement si j'étais vous, mais je ne me donnerai pas la peine d'aller commenter son site, cela ne peut mener qu'à deux choses : au mieux rien, au pire une guerre de commentaires. Dans les deux cas, il n'en vaut pas la peine.

Sous-(capilli)culture

Pourquoi, mais pourquoi faut-il que la Loi de Murphy existe ? Je vous raconte pourquoi j'ai plus une tête de con que d'habitude : Cela faisait trois mois environ que j'avais repoussé mon rendez-vous régulier chez le coiffeur, d'abord par flemme, et puis à cause des températures délétères qui ne poussent pas vraiment à se faire rafraîchir la tignasse... Et il faut dire que j'ai mes habitudes chez un coiffeur sis à l'autre bout de Paris.

J'en ai essayé beaucoup, mais aucun ne me coupe aussi bien, exactement comme je veux. C'est si rare, un bon coiffeur. Et figurez-vous qu'aujourd'hui, j'ai un rendez-vous, donc je me dois d'être bien coiffé. Hier, j'ai pris rendez-vous sans aucun problème. Ce matin, je me pointe à l'heure dite, et mon coiffeur n'est pas là : le pauvre, il a une gastro-entérite, lui qui n'est jamais malade ni en vacances (c'est aussi pour ça que je l'aime bien...).

Me voilà donc entre les mains de son assistante vietnamienne. Soit, me dis-je, un pis aller, mais si ça se trouve elle coupe bien. Je lui donne les mêmes indications qu'à mon coiffeur habituel, me disant que je ne vais pas non plus lui en demander trop : je n'ai pas une coupe de cheveux extravagante, c'est celle qu'il y a sur mes photos. Elle a tout compris de travers, coupe ronde au lieu de carrée, long au lieu de dégagé, court au lieu de long...

Je ne sais pas comment elle a fait son compte, elle m'a fait des pattes de longueurs différentes. elle m'avait même posé la question de savoir si je voulais un dégradé, je lui ai dit non... Elle m'en a fait un quand même. C'est moi que ça a dégradé. Le fait qu'elle parle français comme une vache espagnole y est peut-être pour quelque chose. On dirait la chanson de Linda Lemay, il va falloir attendre que ça repousse. Je déteste.

D'ailleurs ce n'est pas la première fois que ça m'arrive, le coup du dégradé. Et toujours avec des coiffeuses, jamais avec des coiffeurs, j'ai remarqué. Parfois elles posent la question, parfois non, mais souvent elles en font un subrepticement, derrière la tête. C'est peut-être ce qu'on leur apprend à l'école de coiffure, ou peut-être qu'elles préfèrent. Même si ça me fait une tête de boule, elles s'obstinent. Mais cette fois c'était pire :

Si vous voulez, imaginez la tête d'un des romuliens de Star Trek, la série originale, vous savez, style manga ou sénateur romain... et faites passer ça chez le coiffeur de Napoléon III. Je n'avais pas le temps de lui faire rectifier le tir, surtout si elle ne comprend rien, vu que j'avais rendez-vous. Et puis je ne vais pas passer ma vie chez le coiffeur. J'ai laissé mon numéro pour qu'on me rappelle dés que mon coiffeur attitré va mieux.

Espérons qu'il pourra réparer les dégâts, ou au moins sauver les meubles. Pour un rendez-vous, ça peut aller, au moins je suis "net" et je n'ai pas sur la tête l'expansion anarchique de plusieurs mois sans même une égalisation. Et puis je n'ai pas tellement le choix, alors je corrige ça comme je peux avec du gel (j'ai horreur du gel...). Cependant, il est hors de question que je me ballade avec une chevelure pareille pendant un mois.

En attendant mon prochain rendez-vous, j'ai une casquette, c'est déjà ça...

08/02/2006

L'Empire des Sens

Il y a quelque chose à dire de la simplicité. J’aime mon petit confort, un bon lit, de doux vêtements, des films à la télévision, Internet, mes nombreux livres, manger Japonais, écouter toutes sortes de musique et téléphoner à mes amis, et tant d’autres choses que d’aucuns considèreraient comme luxueuses. Pourtant il y a quelque chose de voluptueux, presque érotique, à revenir à l’appréciation de spectacles et de sensations fortuites, courantes et basiques.

Elles appartiennent clairement à notre monde moderne, mais contiennent une part de nature.

S’étendre à demi nu sur un sol dur, au frais, en écoutant le bruit de la pluie tombant à quelques mètres, au dehors, et laisser ses muscles se délasser.

Cette sensation divine des draps froids au petit matin alors que l’on s’étire et que la lumière monte, lorsqu’on s’est réveillé sans aide importune.

Se délecter de l’égalité de la surface d'un objet métallique, de sa fraîcheur.

Les bruits étranges et fascinants, inhumains et peu reconnaissables de prime abord, des machineries de la Propreté de Paris, actionnées par les éboueurs, lorsque la froideur matutinale fait frissonner.

Le frémissement électrique involontaire qui soulage quand, à la lumière d’un éclair soudain, éclate l’orage qu’on a pressenti toute une lourde journée.

Une odeur moite, quasi iodée, une atmosphère étrangement propre : Celle des rues d’une ville rincée après une bonne averse, qui appelle à la sérénité.

L’ardoise et la pierre humide alors que les derniers échos d’un crachin à grosses gouttes résonnent dans les cours d’immeubles, comme après l’amour.

Tremper ses mains dans un évier rempli d’eau à la bonne température et les y laisser un moment, rien que pour apprécier la texture de l’eau et reposer ses doigts.

Il y a enfin le petit bonheur, formidable pour nous les hommes, que constitue le fait de pisser loin…

Lorsqu’on a le choix, la sensualité anodine fait apprécier la vie.

07/02/2006

Horizons lointains ?

Au cours d'une conversation banale avec un ami français qui était allé à San Francisco et qui avait bien aimé, je l'ai entendu me dire que San Francisco n'était pas du tout comme l'image qu'on s'en faisait depuis la France, et de toutes façons pas du tout "comme les Etats-Unis". C'est exact, y étant allé moi-même, je peux dire que cette ville a un caractère bien particulier et que les français ont trop d'idées reçues sur l'Amérique en général.

Cela m'a remis en mémoire les récits de voyages de mon oncle, qui était allé dans diverses villes des Etats-Unis et jurait que New York ne ressemblait pas du tout aux Etats-Unis, de même que San Francisco. D'autres amis tout aussi français m'ont confirmé ceci, parlant qui de Los Angeles, qui de New York, qui de Salt Lake City, qui de quelque autre ville... Mais ce n'est pas tout, les Américains que je connais s'y mettent aussi !

Un ami de Caroline du Sud me dit que "New York n'est pas vraiment comme une ville américaine"... Un autre, du Wisconsin, me dit la même chose de Salt Lake City. Selon diverses personnes un peu partout aux Etats-Unis, des grandes villes et des capitales d'Etats, parfois même des modèles d'urbanisme et des cités qu'on ne pourrait trouver nulle part ailleurs dans le monde, "ne sont pas comme des villes américaines".

Peut-être est-ce dû à la taille du pays et à sa diversité, au nombre de ses habitants qui pensent tous que l'Amérique, c'est avant tout leur petite ville, leur lopin de terre et leur suburb, pour reprendre le terme non connoté des banlieues anglo-saxonnes... Et peut-être ont ils tous raison à la fois. Peut-être la distance entre deux points de ce territoire est-elle si grande qu'on en a toujours une perspective déformée, ou qu'on soit.

Les Etats-Unis d'Amérique semblent bien être le seul pays au monde qui ne se ressemble pas. Allons même plus loin : tous les pays du monde sont comme les Etats-Unis SAUF les Etats-Unis. Il est vrai que beaucoup de pays se définissent par rapport à ce modèle, pour ou contre, donc c'est un peu normal... Mais personne ne semble savoir à coup sûr ce que sont ces Etats-Unis, pas même les intéressés ! Je trouve ça vertigineux, pas vous ?

06/02/2006

Un classique... Sinon tout !

Quelqu'un m'a demandé il n'y a pas longtemps de lui recommander un livre. Ne connaissant pas ses goûts, et me disant qu'avec un tel ouvrage on ne pouvait pas se tromper, je lui recommandai "Les neuf Princes d'Ambre" de Roger Zelazny (il est dans l'une de mes listes si vous êtes curieux). Il n'en avait jamais entendu parler, je lui ai donc dit que le genre était quelque part entre la SF et la Fantasy.

Et là, comme on peut s'y attendre, j'entend le sempiternel préjugé contre la science-fiction...  Le "Je ne juge pas, mais je ne suis pas très SF" de ceux qui n'en ont jamais lu. Certes, c'est un droit, même si Jules Verne et Herbert George Wells se retournent probablement dans leur tombe en entendant cela... Je répond : "Essaie, au moins, si ça ne te plaît pas cesses de le lire, c'est un classique". Qu'est-ce que je n'avais pas dit là !

Il me regardait comme si j'étais un néo-nazi. L'explication est la suivante : Figurez-vous que pour qu'un livre soit considéré comme un classique par les bibliothécaires, libraires, éditeurs et autres gens de l'écrit, il faut qu'il ait été écrit et édité il y a plus de cinquante ans et qu'il soit à l'heure actuelle régulièrement réimprimé. C'est authentique. J'aurais au moins appris un truc dans cette histoire. Mais c'est quand même assez douteux.

Oui, beaucoup de livres qui sont considérés comme "classiques" collent à cette définition. Cela dit, prenez Marcel Proust... Il est toujours édité, mais qui l'a lu ? Je veux dire vraiment lu, pour son plaisir, pas pour l'étudier. Une minorité, tout au plus, même si tout le monde en parle. A ce compte là, autant considérer le bottin, le dictionnaire ou un livre de maths comme un classique : le contenu change autant que celui d'un classique retraduit.

Si on respecte vraiment cette définition du puriste, on jette au panier les trois quarts de la SF, à commencer par la majorité de l'oeuvre de Philip K. Dick, et tout ce qui a été écrit après 1956... Y compris ce que tout le monde considère comme un classique, Narnia, le Seigneur des Anneaux, et tant qu'on y est la moitié de Asimov et Van Vogt, l'écriture de Fondation et du cycle d'Isher étant à cheval autour de la date charnière !

On rejette en bloc tous les livres plébiscités par le public, ceux qui ont été adaptés au cinéma et ont fait des millions, ceux qui ont un noyau de fans particulièrement inexpugnable, au profit, certes, de grands auteurs, mais aussi d'un tas de bouses qui n'en appellent qu'à trois intellos moribonds qui se tirent la ficelle en pensant au sous-texte et à combien les élèves des écoles vont souffrir, forcés d'acheter lesdits volumes.

Comprenez-moi, je lis les classiques avec plaisir, mais qu'on ne me traite pas d'hérétique inculte parce que j'ose dire que beaucoup de ces bouquins, tout comme beaucoup de la production de chaque époque, ne me plaisent pas. Et j'ose même dire qu'une partie de ces livres sont objectivement chiants. Leur seul intérêt est souvent qu'ils ont plu, ou qu'ils ont été importants, qu'ils ont déclenché quelque chose... C'est bien, mais c'est tout.

Par un concours de circonstance, parfois même parce que les éditeurs et les responsables des programmes de l'éducation nationale sont gâteux et s'entendent sur la réimpression pas cher de tel ou tel livre, prétendument à cause de la crise de l'édition ou je ne sais quoi, ces livres sont sacro-saints alors que d'autres tout aussi méritants et de toutes les époques sont inconnus au bataillon, victimes de quelque mode.

Certes, ce n'est pas parce que c'est de la SF que c'est bien, ou parce que c'est neuf que c'est mieux, mais ce n'est pas parce qu'il y a marqué "classique" que c'est intéressant. Contrairement à la croyance, on ne découvre pas la lecture par les classiques, ou très peu : le style est souvent trop lourd pour de jeunes cervelles. Entre Harry Potter et Phèdre, les gosses ont fait leur choix... Incidemment, Harry Potter est plus épais et paraît moins long.

On ne doit lire que les classiques, disent certains Diafoirus de la littérature, qui veulent amputer les plus vives de nos pages, s'arrogeant le titre de médecin des lettres sous prétexte qu'ils ont un doctorat. Si l'on avait suivi ce conseil, la lecture et les idées qu'on en tire retarderaient de cinquante ans, et nous ne serions sans doute pas allés sur la Lune... Mais soit, techniquement et officiellement, un classique reste un classique.

Laissons leur, à ces vieilles barbes qui n'ont jamais rien écrit et qui n'ont rien lu de neuf depuis les cinquante ans de marge qu'ils ont peur de sauter, leurs catégories sans âmes. Qu'ils continuent d'avoir un catalogue de Dewey à la place de la tête, au moins c'est pratique. Qu'ils ne cessent de soigner leurs livres alités sous perfusion plutôt que de s'occuper de leurs successeurs, dignes héritiers des grandes oeuvres du passé.

Un vrai classique n'a pas besoin de perfusion, son contenu traverse le temps, nouveau à chaque lecteur, vigoureux et plein de sens. Des clichés ? Oui, mais s'ils ne marchaient pas, ce ne seraient pas des clichés. Continuons de nous gorger des bons livres, des livres ouverts et non fermés sur eux-mêmes, de toutes les époques, et ne boudons pas notre plaisir en nous embarrassant de règles et de décrets...

Laissons à l'hospice les aigris du verbe.

05/02/2006

Parent couille

Une fois de temps en temps, il faut bien parler d'un sujet sérieux. Aujourd'hui, si on parlait de l'adoption ? Alors je le dis tout de suite, je veux des enfants. J'adore ces petites larves, j'ai très envie de leur donner de l'amour, de leur apprendre des choses, de leur montrer le monde, de leur faire faire des voyages, de les protéger, de les laisser choisir leur voie... Tout. Donc je suis naturellement en faveur de l'adoption par les couples gays, et de procédures plus faciles.

C'était juste pour remettre les pendules à l'heure et donner mon avis personnel, parce qu'on ne parle pas des gays en particulier mais de l'adoption en général. Quand on y pense, c'est très difficile d'adopter, pour qui que ce soit. Et c'est normal, on ne va pas donner un gosse à n'importe qui si on peut éviter qu'il tombe entre les mains d'un odieux, d'un fâcheux, d'un méchant pédophile ou un mort en sursis.

Mais c'est quand même très dur. Pensez à la pléthore de couples qui ne peuvent pas avoir d'enfants, qui rament, qui remplissent des papiers sans fin, qui doivent sans cesse prouver leur bonne foi avant, pendant et après l'adoption alors que tout ce qu'ils veulent c'est un petit bout de chou (peu importe la couleur) et une vraie famille... Alors que des infectes raclures pondent des gosses à tire larigot et les envoient faire la manche...

On ne compte plus le nombre de parents indignes, d'histoires de famille horribles, alcoolisme, viols, violence, abandon, parents malades qui font un enfant sans pouvoir s'en occuper par la suite... Mais il y a tellement peu de parents adoptifs qui font ce genre de choses, c'est vraiment l'exception : Ils se sont battus pour avoir leur enfant, et en plus il y a un suivi, il ne manquerait plus qu'ils lui mènent la vie dure !

Cela tombe tellement sous le sens que c'en est parfaitement incongru que nous n'ayons pas mis ça en place : il faudrait le même examen de conscience pour devenir parent que pour adopter. Hélas on ne peut pas réglementer la sexualité et la contraception, déjà parce que c'est immoral, ensuite parce que c'est infaisable... Si on pouvait faire ça, ça ferait longtemps que les maladies vénériennes auraient été vaincues.

Tout ce qu'on peut faire c'est essayer de rééquilibrer un peu les choses en transférant les enfants pris aux mères et pères indignes pour les donner à ceux que l'on juge méritants, même si parfois ça rate, même si les parents indignes regrettent, même si tel couple ou tel autre est mal jugé... La compassion et la justice, ordinairement incompatibles, doivent pourtant se mêler ici. C'est un palliatif, mais que faire d'autre ?

Ah, comme disait l'autre, monde de merde, tiens.

04/02/2006

Encre antipathique

Tout le monde a déjà fait des sauvegardes sur CD, ou DVD pour les mieux équipés, de ce qu'il avait sur son disque dur. Pourquoi supposez-vous que ce soit si difficile d'écrire sur un disque ? Enfin, ce n'est pas très dur, mais il faut avoir le stylo approprié. N'en ayant pas, j'ai tenté plusieurs expériences avec les CD et les feutres que j'avais, et ça n'a donné que ce que la NASA aurait appelé un "échec réussi"...

J'ai d'abord essayé avec un feutre pour tableau blanc, type Velleda, mais ça s'efface, comme de bien entendu. J'ai essayé avec un marqueur, et non seulement ça pue encore plus mais en plus ça s'efface aussi... Et ça laisse des grosses traces de loches infectes sur mes beaux CDs ! Après j'ai arrêté les frais et j'ai réfléchi cinq minutes... Ayant déjà tenu un marqueur pour CD entre les mains, je me suis souvenu que son encre était soluble dans l'eau.

Euréka ! pensais-je. J'ai fouillé un peu partout et réuni tous les feutres que j'ai pu. La plupart des feutres de coloriage de mon petit neveu font soit des traces dégeulasses soit n'adhèrent carrément pas. Comme l'encre de stylo à plume, cela s'accumule en de petites gouttelettes et ça n'écrit pas. Les feutres à bille et autres "Pilot" fins n'écrivent pas non plus, et si on appuie on risque de rayer l'objet.

Même les marqueurs à alcool capables d'écrire sur du verre et du métal entre les mains des taggeurs du métro ne font que laisser de grosses traces moches. Pas moyen, sans LE marqueur qui peut écrire sur CES surfaces lisses là, rien à faire. La mort dans l'âme, j'ai dû inscrire la contenu de mes sauvegardes sur des post-it ou sur les jaquettes des boites des CD, en attendant le lendemain ou j'ai fait l'emplette du feutre requis.

Et tant que j'y étais, puisqu'il semble que ce soit une denrée rare à la maison, j'en ai pris pour tous ceux qui, chez-moi, utilisent un ordinateur. Oui, parce que cette saloperie, ça s'use vite, ça sèche encore plus vite, et ça n'est pas disponible dans toutes les papeteries. Et ça coûte cher. A plus d'un euro le feutre (en gros dix francs !) et vu la soudaine demande pour ce type de feutre uniquement, ce sont les papetiers qui vont être contents.

Peut-on les blâmer, eux ou les multinationales, d'avoir fait exprès de faire des CD sur lesquels on ne peut pas écrire, ou de contrôler le marché des feutres spéciaux (il en existe de plusieurs marques dont certaines ne font QUE des marqueurs pour CD et des CD vierges, notamment disponibles dans les FNACs) ? Bof. J'aurais fait la même chose. Ce n'est pas plus honteux que le prix au détail des CD par rapport au coût de production.

La prochaine fois, n'étant plus pris au dépourvu, je m'approvisionnerai autrement.

02/02/2006

MIB est mol

J'ai revu il y a peu les deux films des Men In Black, coup sur coup. Ne me demandez pas pourquoi, sans doute une idée eue à cause de l'affiche de Chicken Little, c'était un truc entre copains, parfois on prend de mauvaises décisions quand on est jeune... Bon. Eh bien j'étais déçu. Déçu déçu déçu. J'avais bien aimé le premier lors de sa sortie en salle et je l'avais revu en VHS (eh oui, à l'époque...) avec un grand plaisir, et là je trouve qu'il a vieilli.

A l'époque j'avais même fait une affiche truquée des MIB : je les avais revêtu de blouses blanches et je leur avais mis la tête de deux des professeurs de physique de mon lycée (oui, j'étais au lycée, il faut bien en passer par là, non ? CESSER DE ME HARCELER SUR MON PASSE HONTEUUUUX !) pour en faire les "Men in Blouses", expérimentant timidement les anciennes versions de Photoshop à des fins à peu près drolatiques.

MIB II est évidemment une resucée du I avec la même intrigue, à peu de choses près, et des effets spéciaux suractivés. Les gags y sont assez nuls et faciles (« Oh, un Alien avec des couilles sur le menton... Oh, des scènes bédéesques incongrues... Oh, des méchants parachutés et une scène bizarre ou Z fait du Kung Fu... Oh, un cameo du réalisateur et de Michael Jackson... »). Beaucoup de glaçage, pas beaucoup de gâteau.

Et puis l'arrogance et la vanité sans bornes de Will Smith, faut avouer, ça va cinq minutes. Déjà, il commence à ne plus avoir l'âge, heureusement qu'il s'est lancé dans des rôles plus sérieux que l'éternel black sexy de Wild Wild West... Et le parler black américain sans les gros mots (version politiquement et filmographiquement correcte tout-public-rose-bonbon oblige) ça fait légèrement ridicule, tout comme le rap commercial.

Tout ça pour dire que si MIB restera culte et classique, il sera quand même vu avec dérision par les générations futures. Ce qui serait drôle c'est que les générations futures contactent effectivement des extraterrestres, ça, ça gâcherait l'effet de plein de films instantanément, sans parler de tous les rêves que ça briserait. Avec toutes les théories sur les extraterrestres, il y en a maximum une ou deux qui sont juste, et minimum zéro...

Oh, et soit dit en passant, OUI, ce billet n'était là que pour accompagner le calembour vaseux du titre.

01/02/2006

Ce rêve bleu ?

A la demande générale d'une seule personne (mais qui m'a fait très plaisir) je vais aujourd'hui vous faire une petite conférence sur les Schtroumpfs, ces petites créatures bleuâtres et mièvres apparemment faites seulement pour amuser les enfants, et la trame hautement idéologique et propagandiste qui sous-tend leurs aventures. Point de sous-entendus sexuels et freudiens aujourd'hui, c'est du Grand Capital qu'il nous faut causer.

Oui, on parle tout le temps des manipulations mentales et des messages pro-yankees des dessins animés américains, de la violence des dessin animés japonais, du modèle capitaliste promulgué par les comics venus d'outre-atlantique (ce qui a cessé depuis longtemps, les comics se faisant maintenant de plus en plus underground et contestataires, allant jusqu'aux extrêmes divers et même à l'anarchie). Jamais des belges.

Car les Schtroumpfs, pour tout dire, fruit de l'esprit hypocrite de Peyo (qui s'est fait des couilles en or avec !), sont la représentation exacte de la société communiste idéale, telle que la décrit l'idéologie Marxiste et Trotskyste... Et le plus étonnant c'est que leurs aventures exhibent aussi les défauts inhérents aux régimes communistes que la Terre a connu (en tentant de les présenter sous un jour positif) comme le racisme et les théories du complot !

Bien sûr, dans la bande dessinée ou le dessin animé de Hanna Barbera (et quelle ironie que ce soit une compagnie aussi américaine et pro-américaine qui aie repris les droits...), les Schtroumpfs n'ont jamais, ô grand jamais, abordé directement un quelconque thème politique, pas plus qu'ils ne poussaient des jurons ni ne se montraient nus, ou ouvertement subversifs.

Soit... Mais commençons par le commencement... Les Schtroumpfs sont exactement cent. Chacun possède un métier, une activité bien définie, et on s'adresse à lui non pas par son nom (il n'en a pas) mais par son occupation ou sa caractéristique principale. A part lorsqu'ils portent les accessoires nécessaires à leur métier, les Schtroumpfs sont TOUS identiques. Et ils chantent TOUS la même chanson.

Les Schtroumpfs partagent TOUT. A peine récoltées, les ressources, salsepareille ou autres, sont aussitôt entreposées et redistribuées selon les besoins de chacun ! Il n'y a pas de propriété privée. Ils sont tous heureux sans changement, sans mobilité sociale, et l'argent n'existe pas pour eux. Ils ne changement pas de métier : quand ça arrive, tout va de travers. Moralité : garde le rôle que t'a désigné la société, petit mouton.

De plus, le village des Schtroumpfs vit entièrement en autarcie. Ils subviennent à leurs propres besoins en exploitant la nature sans excès, sans augmenter ni diminuer leur population (ils sont immortels, il n'y a jamais d'accidents ni de morts et ils ne se reproduisent pas, donc c'est facile). Personne ne sort, personne ne rentre, et les humains sont refoulés à la frontière "par magie". Et PERSONNE ne pose aucune question sur l'extérieur.

Ils suivent un chef, le Grand Schtroumpf, un patriarche avec une barbe (comme Marx ?), un petit père des Schtroumpfs (Comme Staline ?) qui n'a pas d'activité définie si ce n'est qu'il est vieux et sage et qu'il est leur chef adulé : ils ne font rien sans le consulter, et quand ils le font, il leur arrive malheur. Qui plus est, le Grand Schtroumpf est le seul à être habillé en rouge (communiste...) et seul à décider de l'avenir du village.

"Grand Schtroumpf" est un titre, le seul (avec le Schtroumpf à Lunettes, le cas de la Schtroumpfette étant spécial, voir plus loin...) à ne pas être un corps de métier : ce n'est pas le Schtroumpf Chef, c'est le Grand Schtroumpf... Cette forme de culte de la personnalité est d'autant plus subtile que ce Schtroumpf est présenté comme n'ayant aucun défaut à part son âge (mais il est immortel), et sachant tout faire, connaissant tout ou presque.

Il arrive d'ailleurs malheur au moindre Schtroumpf qui essaie de lui prendre sa place, que ce soit le Schtroumpf à lunettes ou "L'apprenti Schtroumpf", ou un autre : Ce Schtroumpf profite toujours subrepticement d'une absence ou pire, d'une maladie du Grand Schtroumpf pour prendre le pouvoir sans y avoir été habilité par qui que ce soit... Et c'est toujours son orgueil, même si les intentions sont bonnes, qui est mis en évidence.

Cela devrait suffire à vous convaincre que nous avons affaire à un régime totalitaire et non démocratique (pratique : nous sommes au Moyen-Âge, belle excuse pour ne pas introduire ce concept, et les Schtroumpfs pratiquent de temps à autres le "consensus" autour des décisions du Grand Schtroumpf...), mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin : Parlons des activités des Schtroumpfs...

Les corps de métier manuels sont les plus répandus, et les Schtroumpfs les plus souvent mis à contribution sont le Schtroumpf bricoleur et le Schtroumpf paysan, c'est à dire l'ouvrier et le laboureur, décrits comme ne songeant qu'à leur travail, les piliers de la société Schtroumpf, deux personnages qui ne sont JAMAIS présentés sous un jour négatif... Comme le cuisinier et le costaud (soldat/policier), ils travaillent pour tous.

Plus représentatif encore... Lorsqu'un Schtroumpf de plus fait son apparition grâce à un miroir magique dans "Le Centième Schtroumpf", il est finalement chassé du village car il n'a pas d'activité qui soit utile aux autres Schtroumpfs ! Et c'est aussi du fait de son absence de contribution à la société, en plus de son absence de queue, que le "faux Schtroumpf" (Gargamel transformé pour les noyauter) est reconnu, puis ostracisé.

Les Schtroumpfs comptent quelques personnages "gags" comme le musicien (qui joue mal, donc présenté sous un jour négatif, mais toléré...) et le poète, quant à lui carrément présenté comme un pédé total (sous un jour négatif, puisqu'on se moque de lui et que ses poèmes sont minables). La raison de la négativisation de ces Schtroumpfs est qu'ils n'ont pas de "vrai" métier qui soit utile et productif aux Schtroumpfs.

Le Schtroumpf vaniteux, celui avec la fleur dans le chapeau et qui se parfume, est présenté négativement comme l'homosexuel, et peu toléré par les autres. Le Schtroumpf gourmand non plus ne contribue à rien, et il est négativisé aussi. Le Schtroumpf grognon joue le rôle de la "minorité statistiquement improbable mais pourtant prévue par le système" qui ne se réjouit pas de la vie en communauté...

Le Schtroumpf farceur est gênant mais toléré... Pourquoi l'appelle-t-on farceur ? Car il aime faire exploser des paquets. C'est sa seule farce. Pas de coussins péteurs, par de poissons d'avril, rien que des paquets piégés. Mais on le tolère, car ses paquets font bien rire les Schtroumpfs quand il les utilise contre les méchants... C'est donc le Schtroumpf aux Attentats contre les Ennemis du Peuple, un important rouage du régime !

Le Schtroumpf à Lunettes est l'économiste, celui qui planifie tout, bref, le technocrate. C'est lui qui est considéré comme le plus intelligent après le Grand Schtroumpf. Pourtant, il arrive un malheur à chaque fois qu'il utilise son intelligence... Les Schtroumpfs devant être égaux, si l'un pose des questions, il est catalogué comme dissident : c'est l'Intelligentsia bourgeoise dans une société du nivellement par le bas.

Qui plus est, le Schtroumpf à Lunettes, moralisateur en diable, présente une ressemblance frappante avec Léon Trotsky dans sa jeunesse. Comme lui, à chaque fois qu'il questionne trop les idéaux du Grand Schtroumpf (Lénine, Staline...) il se retrouve exilé ou il arrive une péripétie. Même sans cela, le Schtroumpf à Lunettes est l'un des seuls Schtroumpfs à être malheureux régulièrement, rien que parce qu'il estime que ses idées ont de la valeur.

Les Schtroumpfs ont parfait leur régime totalitaire au fil de nombreuses aventures comme "le Schtroumpfissime" (pendant l'absence de leur Chef, les Schtroumpfs passent en Monarchie, et c'est mal), ou "Le Schtroumpf Financier" (l'idée de l'argent et de la spéculation, de l'économie de marché, est introduite chez les Schtroumpfs, le capitaliste s'enrichit brièvement mais fait vite face à une révolution et au lobbying du Grand Schtroumpf...).

Quantité de petits détails renforcent les similitudes entre les Schtroumpfs et le communisme, trop pour que cela soient des coïncidences. Par exemple, l'aventure du "Cosmoschtroumpf"... Cosmo, et pas Astro, comme les Russes et pas comme les Américains. Les Schtroumpfs Noirs (noirs... comme les anarchistes) sont présentés comme malades, dangereux et contagieux, avant que le Grand Schtroumpf ne les guérisse !

On peut remarquer l'absence chez les Schtroumpfs de minorités raciales : ils sont bleus. Soit, admettons que ce soit par tolérance. Mais ils sont absolument athées, croyant en la magie du Grand Schtroumpf et rien d'autre : il n'y a pas de Schtroumpf religieux, alors que c'est quand même un thème omniprésent de l'époque médiévale dans laquelle ils se trouvent. Vive l'autarcie et les forêts féeriques...

Les Schtroumpfs sont aussi particulièrement misogynes. Au départ, il n'y a PAS de femelle Schtroumpf. La Schtroumpfette est en fait une création de Gargamel (le méchant dont on va reparler) conditionnée et envoyée pour appâter, séduire et espionner les Schtroumpfs par la luxure... Ce qui ressemble fort à une tentative de l'Occident pour, au delà du mur de Berlin, tenter ceux de l'Est par la libéralisation des moeurs.

Mais Gargamel rate son coup : sa Schtroumpfette est moche. Ce n'est qu'après avoir adopté les idéaux et la façon de vivre des Schtroumpfs qu'elle sera acceptée au village et transfigurée par le Grand Schtroumpf (grâce à la chirurgie esthétique) en une blonde sexy. Et après ça, elle ne fait RIEN. Elle n'a aucun métier, aucun rôle si ce n'est d'aguicher. Pire. De temps en temps elle cuisine ou recoud quelques pantalons.

Et Gargamel, parlons-en, du méchant. Qui est-il ? Un homme au nez crochu et au nom qui sonne comme Gargantua et Pantagruel, qui représente la gloutonnerie et l'avarice. Il veut attraper les Schtroumpfs pour en faire de l'or : C'est le capitalisme qui veut prendre les gentils ouvriers, chosifiés, et les exploiter pour obtenir de l'argent, quitte à les tuer jusqu'au dernier. Il habite aussi un labo gris, entre manoir et usine...

Il habite avec un chat marron (basané...) dont le nom est Azraël (Israël ?), et, on l'a dit son nez est crochu. C'est lui-même un alchimiste... Vous décodez ? Bravo, vous avez gagné, il s'agit bien entendu du complot Judéo-maçonnique, toujours un grand succès auprès des fascistes de droite comme de gauche. Gargamel ne rechigne pas lui-même à avoir de mauvaises fréquentations, notamment criminelles (la Mafia ?)...

Mais le vice de Gargamel est aussi son point faible : C'est toujours grâce à son avarice qu'il est piégé, bêtement, alors que les Schtroumpfs savent résister à la tentation de l'or. Leurs autres ennemis reflètent toujours cette avidité que les Schtroumpfs ignorent : le Cracoucass, un genre de vautour, mais aussi l'ogre Grosse-Bouffe (peut-être une "bombe atomique", puissance brute qui peut être "retournée" contre l'agresseur).

Je n'ai parlé ici que des aventures les plus connues des Schtroumpfs, et uniquement de celles qui ont été imaginées par leur auteur original, avant que celles-ci ne cèdent à la mode et se mettent à introduire des concepts modernes et de nouveaux personnages en pagaille. J'aurais pu vous parler de "L'oeuf et les Schtroumpfs", qui montre la valeur du travail (un oeuf qui exauce les souhaits est en définitive mauvais...).

J'aurais pu aussi vous parler de "Schtroumpf vert et vert Schtroumpf", une aventure ou, à cause de différents sémantiques du langage Schtroumpf, les villageois se divisent en plusieurs factions qui en viennent aux mains, faisant fuir le Grand Schtroumpf... Un message d'unité pour vivre ensemble, certes, mais derrière une seule doctrine, celle du guide, du Führer ou du Petit Père, qui lui seul connaît tout ! Il y a d'autres exemples.

J'aurais aussi pu développer les nombreux crossovers avec les aventures de Johann et Pirlouit, du même auteur, aventures dans lesquelles à chaque fois, sans exception, le mal vient d'une histoire d'argent (même quand il s'agit d'une damoiselle à sauver, c'est un méchant qui veut l'épouser pour sa dot... Ou bien c'est un prince maudit par un usurpateur... Ou encore un souverain rançonné, et le traître a gardé l'argent pour lui...).

Et je ne parle pas de la "poussière magique" qui rend tout le monde heureux. Mais bon, il y a des limites, ce billet est déjà très long... Cette thèse des Schtroumpfs-communistes n'est pas neuve, loin de la. Elle a été explorée sur Internet et ailleurs de nombreuses fois depuis les années 80. Et quand on y pense, c'est évident ! Même le village des Schtroumpfs, avec ses toits étranges, ressemble à l'église St Basile de Moscou...

Si le coeur vous en dit, avant d'offrir des bédés à vos enfants, relisez-les vous-même sous cet angle insoupçonné et voyez si vous voulez vraiment conditionner vos bambins a la propagande d'une époque où l'oeil de Moscou se cachait partout. Mais ne vous inquiétez pas trop quand même, j'ai été élevé aux Schtroumpfs (même si je les ai trouvé niais très vite) et je suis de droite jusqu'au bout des ongles...

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Billets de Janvier 2006

Note de l'Auteur : Ces billets, classés par ordre déchronologique, comportent la suite et la fin du gran dconcours de Noël ou on ne gagne rien, le Jeu de la Haine... Il s'agissait de sélectionner les personnalités les plus ignobles dans plein de catégories différentes. Le début se trouve évidemment à al fin du moins de Décembre. Un jour, je republierai peut-être les images faites maison des différents prix attribués...

31/01/2006

Vert galant

Puisque je suis dans le sujet depuis deux jours, je vais vous parler d'un troisième film qu'on peut revoir sous l'angle homosexuel, alors qu'on ne le soupçonnerait pas au départ. Plus qu'un film, il s'agit d'un genre : le film de Superhéros. Plus particulièrement, il s'agit du film de superhéros ou le héros n'a pas particulièrement envie d'avoir des pouvoirs et ou il est persécuté.

La série des X-Men a ouvert le genre, et tout le monde sait que le réalisateur de ces films-là est gay comme un pinson. Oh, la gaytitude n'est qu'un mince filigrane de cette oeuvre, mais les gays adolescents se reconnaissent obligatoirement dans cette minorité de mutants incompris qui découvre sa différence... Surtout qu'ils ont des faciès Hollywoodiens, des costumes kitsch moulants et des pouvoirs que tout le monde aimerait bien avoir.

Il est vrai que les superhéros sont un repère pour toute une génération de gays, costumes, histoires, héros... Ce n'est pas pour rien qu'un des protagonistes de Queer as Folk devient vendeur de comics. Mais revenons à nos moutons filmés : Hulk. Voilà un film qui a vraiment le coming-out comme trame générale. A la limite, il préfigure même le film suivant de Ang Lee, Brokeback Mountain, lui carrément gay jusqu'à l'os (et ouvertement, cette fois).

Hulk, ce n'est pas que l'histoire d'un type qui a de grosses colères, même si ce qui touche tout le monde chez-lui c'est que, quelque part, nous avons tous notre petit bonhomme vert intérieur. C'est aussi (du moins dans le film) une histoire de rébellion contre un père autoritaire. Reprenons si vous le voulez bien l'intrigue point par point...

Bruce Banner est un scientifique émérite, fils de scientifique émérite. A son insu, toutefois, il est le fruit des tentatives très narcissiques de son père pour former un super-militaire xénophobe (oui, Hulk est sensé défendre l'Amérique contre les invasions étrangères... D'où la couleur verte, sans doute) à partir de son propre ADN, manipulé depuis l'enfance et même avant : Bref, c'est le classique "tu seras un homme mon fils"...

Ce que personne en sait c'est que l'ADN tordu, bizarre, anormal, bref queer mais refoulé du Papa est passé au fils, et qu'il n'attend qu'une bonne excuse pour refaire surface, comme par exemple des radiations et autres nanomédicaments suractivés. Et ces radiations rendent Bruce Banner plus fort : en un instant, son Hulk est lâché, métaphore printanière d'une rage réprimée, d'une frustration sexuelle au torse nu, viril et musculeux.

Au cas ou vous ne le sauriez pas, le culturisme est un gros (c'est le cas de le dire) fantasme de la communauté gay, le culte du corps y étant très répandu (ce qu'on appelle le "body fascism") et ce depuis avant même la mode des "clones" dans les années 70 et les dessins de Tom of Finland. Il existe aujourd'hui plein de site de cul (n'ayons pas peur des mots) consacrés au fantasme de l'hypertrophie musculaire...

Dés ce moment, à chaque fois que Bruce est brusqué, ces pouvoirs et ces appétits bestiaux qu'il n'a pourtant jamais voulu font surface et sèment la terreur, leur rage décuplée par le fait qu'ils aient été si longtemps et si expertement réprimés... Par qui, me direz-vous ? La société en général, la minorité morale, mais aussi l'armée, et surtout ce cher Papa qui est la cause de tout : ces appétits, le mode de vie répressif et les débordements.

Il est à noter au passage que Hulk, les forces de l'individu dans le film, se bat contre son père, le caméléon moléculaire, donc quelqu'un qui fait comme les autres, qui représente l'establishment et la conformité dans tout ce qu'il fait et ce qu'il est, et même dans son boulot. Le reste, la vérité, la justice, la liberté et le Modèle Américain, c'est optionnel... Tout comme les scènes d'action et les gros effets spéciaux qui tachent.

Ce n'est qu'à la fin, lorsque Bruce Banner s'émancipe de son père pour ne faire qu'un avec son Hulk intérieur, qu'il peut contrôler ses pulsions et devenir le super-soldat héroïque (un homme, un vrai, malgré ce qu'en pensent les autres) que sa nature commande qu'il soit. Le message est clair : Si vous avez peur d'ouvrir la cage du gorille, souvenez-vous que ce qui fait votre force est souvent ce dont, en vous, vous avez peur.

Et ça, c'est vraiment une moralité style gay-pride : Si vous avez peur de vos pulsions (sous-entendu homosexuelles...) et que vous en avez honte le lendemain ou vous les avez assouvies dans des ébats particulièrement inavouables, acceptez-vous vous-même pour ce que vous êtes, c'est votre fierté qui fera votre force : Ainsi, Hulk devient non une bête incomprise mais un héros de et dans la société.

Bon, moi je dis ça parce que c'est dans le film, hein, maintenant je suis gay, je le revendique, mais je n'ai jamais fait aucune Gay-Pride et c'est pas cette année que ça va commencer. Je n'ai jamais aimé non plus le personnage de Hulk, qu'il soit grisâtre ou vert printemps, même pas quand c'était Lou Ferrigno (qui a un grand fan club gay bien qu'il ne soit qu'un bodybuilder moche de plus) qui le "jouait".

Mais le message est là, je trouve qu'il est un tant soit peu positif... Faites-en ce que vous voudrez !

30/01/2006

Lestat bite tranquille

J'avais dit que je vous parlerai d'autres films à messages, alors en voilà un beau, plus facile encore que Alien 4 à décrypter. Entretien avec un Vampire est un film de Coming-Out et un film sur l'homosexualité. Ouais, parfaitement. Au delà même de la symbolique sexuelle du vampire qui suce le sang, liée à la virginité, à la pénétration et à la sensualité par rapport à la chasteté victorienne, toujours présente... Et je le prouve.

A priori, les aventures de deux allégories vaguement Goth aux incisives surdéveloppées qui tuent dans l'ombre de la Nouvelle-Orléans d'un siècle lointain n'a rien pour pousser à marcher dans une gay-pride. Pourtant, les prédateurs métaphoriques (et, ne le nions pas, particulièrement craquants) décrits pas Anne Rice nous donnent une grande leçon sur ce qu'il advient de notre vie lorsqu'on se refuse a sa nature, à ses appétits légitimes.

Tout est dans l'éxagération : Louis, le planteur sexy, est déçu par la vie. Il est encore jeune, et sa femme et son enfant sont morts (sa vie d'hétérosexuel est donc morte, morne et sans intérêt). Son chagrin menace de le perdre, lui et tout son potentiel, ses hectares de plantation, sa jeunesse, bref, tout. Heureusement, il se fait draguer par Lestat (le très scientologue Tom Cruise) qui le sauve de ces lieux mal famés ou il traîne...

C'est à dire qu'il élimine la petite frappe au moment ou Louis va se faire tuer au sortir de je ne sais quel bar (à backroom ?) après avoir bu comme un trou (si on peut dire). Lestat soulève Louis du bourbier dépressif du déni, et lui offre un aperçu du vrai plaisir en tant que passif, en le faisant monter tout en haut d'un énorme mat extrêmement freudien... Puis le laisse tomber, brusquement, pour qu'il médite sur ces plaisirs interdits.

Notons que Louis entre volontairement et sans contrainte dans le monde des Vampires, ne pouvant s'empêcher de retourner aux plaisirs moites et entêtants de Lestat devant le fiasco de sa vie hétérosexuelle... Comme le dit Tom Cruise/Lestat dans le film : "You are a vampire who never knew what life was until it ran out in a big gush over your lips". Si ça c'est pas la description d'une éjac faciale, hein...

A partir de ce moment au pied de la très symbolique statue de l'Ange, Louis est transfiguré. Bras dessus-bras dessous, ils vont de pair dans des costumes Wildiens chasser dans le grand monde en bons pédés. N'est-ce pas après tout le vice des nobles, le péché de socratisation, que la sodomie ? L'adoption par le couple homo modèle de la petite Claudia permet le développement de la thématique du complexe d'Electre.

Le complexe d'Electre, c'est comme Oedipe, à l'envers : la fille se met avec le père. Plutôt que de raisonner sa petite fille avec une paire de claques et lui enseigner son mode de vie, et lui dire que NON, les filles en se marient pas avec leur Papa en tuant leur "maman" (La blonde Lestat, qui depuis le début est le plus efféminé des deux), ses propres complexes le poussent à jouer le jeu, ce qui, en fin de compte, les perds tous.

Parce qu'au lieu de s'assumer en tant que vampire, ce qu'il est et qu'il ne peut nier, avec tous les pouvoirs et aussi tous les désavantages que cela implique, il reste le commensal réticent de ce grand festin, tellement rongé par la culpabilité qu'il n'apprécie pas ce qu'il mange. Et ça ne le rend pas agréable comme convive, les vampires de Paris l'ont bien vu, comme Christian Slater qui a supporté ses pleurnicheries pendant tout le film.

L'éternité devient donc, pour Louis la folle honteuse et refoulée, un long samedi soir sans télé, sans téléphone, sans rendez-vous, sans boite de nuit, sans mec, sans copain et avec un frigo vide. Moralité de la dernière scène du film, celle ou Lestat a finalement survécu, plus pédé que jamais, et mord à belle dent dans le très sexy et très vivant Christian Slater malgré tout ce qu'on lui a fait subir :

Si vous avez peur de vos propres appétits, que le combat sans fin de Louis pour son "salut" vous rappelle que la seule voie vers l'amour, la satisfaction et la paix intérieure commence par le fait de s'accepter pour ce qu'on est vraiment. "We are to be powerful, beautiful, and without regret", c'est après tout la première leçon pour ceux de son espèce, selon Antonio Banderas/Armand...

29/01/2006

Alien, la Ré-suce-érection

Il y a certains films engagés qui ont un message imprimé en rouge sur fond blanc partout sur la pellicule, comme les films ultra gays avec des arc en ciels partout et, dans un autre genre, Michael Moore. Et puis il y a d'autres films, plus subtils, qui propagent plus discrètement une idéologie. Je ne suis pas très fin pour ce genre de choses, je l'avoue volontiers (surtout parce que j'ai tendance à tout regarder au premier degré).

Cela dit il y a quand même des chef-d'oeuvres (ou des bouses filmiques) apparemment conventionnels que peu de gens soupçonnent, mais qui, pour les personnes averties, peuvent être "vues" d'une manière extrêmement subversive et osée. Ce sont souvent des films qui ont eu un grand succès, peut-être parce qu'inconsciemment nous les considérons, grâce à ce message sous-entendu, comme différents des autres. Ou non, j'en sais rien.

Par exemple, Alien 4 a eu un grand succès et a rattrapé le fiasco du 3. Beaucoup l'ont adoré, beaucoup l'ont détesté, mais il ne semble pas y avoir de milieu... Tout le monde s'accorde à dire qu'il est assez malsain et décalé. Si on considère les thèmes du film, c'est compréhensible : Inceste, parricide, viol, fratricide, infanticide, lesbianisme fertile, partouzes, le tout dans un univers carcéral/médical/SM/avec de la bave partout à la Giger ! Quand même, Beurk.

Le postulat de l'Alien, même au delà du simple trip "insectophilie", est tout de même un viol buccal qui "féconde" un individu parfois masculin et le tue, donnant naissance à une créature au look assez phallique qui lui sort du ventre ! Mais il y a mieux : En effet, Ripley est à la fois la mère de la Reine et sa soeur, c'est la mère et la soeur de sang des Aliens. Elle tue ses frères, et elle finit par répondre à l'appel de la Reine et lui faire l'amour dans sa chambre nuptiale.

Alors même que la Reine fabrique ses petits oeufs pour féconder d'autres êtres humains qui sont dans la même pièce avec Ripley, collés à de la bave (la partouze), elle accouche et donne naissance à l'Alien hybride du film, lequel tue sa mère. Dans la scène finale, cet hybride reconnaîtra une mère et peut-être une amante dans Ripley, qui le tuera froidement alors même qu'elle éprouve pour lui un amour contradictoire et ambigu.

Quant au comportement et à la coiffure très virils de Ripley, dépassant de par ses superpouvoirs (et l'acceptation de sa nature profonde, que les autres considèrent comme monstrueuse, mais fondamentalement autre, ce qui est le vrai changement dans son rôle par rapport aux autres films) les hommes et les femmes "normales"... C'est une histoire de coming-out : accepter sa nature et en être fier, c'est être fort.

Surtout qu'au départ, la Ripley est considérée comme un monstre de foire, moins qu'humaine, mise en cellule, domptée parce qu'elle est différente, et en même temps créée par (ou issue d'une) société qu'elle ne comprend pas et qu'elle n'a jamais comprise, dans aucun des films, en tant que femme forte. Sa renaissance et ce face à face avec les docteurs sexuellement réprimés ou bizarres lui permet de s'affirmer, et de s'émanciper.

Et je ne vous parle même pas des scènes saphiques entre Ripley et la petite androïde qui se "pénètre" (dans le bras) pour entrer en contact avec "père", l'ordinateur, ce qu'elle "n'aime pas faire"... Elle veut d'abord tuer Ripley mais n'y arrive pas, réalisant qu'elles sont semblables, d'où son attirance... Et vous avez remarqué ? Dans ce film il n'y a pas d'amoureux-jeunes-premiers qui survivent à la fin... A la place, il y a elles deux.

Bref, c'est un film bourré de ce genre de choses, entre deux scènes d'action couillues (qui représentent peut-être l'hétérosexuel mâle viril fier de sa grosse arme bien phallique et pénétratrice qui tente d'éliminer les aliens sexuellement ambigus... Alors que c'est finalement le couple lesbien, une androïde a la sexualité floue et une Demi-Alien hommasse, qui vont les sortir de là, avec plus de survivants que tous les autres films réunis).

C'est aussi grâce à tout ça que cet Alien là est différent des autres de la série, et qu'il est soit le meilleur, soit le pire, mais le plus "dense" en signification. On l'aura compris, ceci est UNE vision de cette oeuvre de Jean-Pierre Jeunet sous l'angle sexuel et particulièrement bisexuel, homosexuel et, pourrait-on dire, bizarro-sexuel cher à Giger, le créateur de l'Alien originel. Et ce n'est pas un scoop, d'ailleurs, mais c'est marrant, non ?

La prochaine fois je vous parlerai d'un autre film. Ou alors des Schtroumpfs, allez savoir.

28/01/2006

Mignonne, allons voir si la rose

L'autre jour avec un copain, chez-moi, on s'est bien marré. Non, ceci n'est pas encore un billet ou je raconte ma vie bêtement, ça, ça arrive rarement. Je dois être le seul à m'amuser comme ça, avec lui, mais on joué aux bouts rimés. Vous savez, ce jeu dans le film "Ridicule" de Patrice Leconte, ou les participants tirent des rimes imposées et doivent faire des quatrains.

Comme avec des quatrains c'était trop facile (oui, on y joue quand même depuis longtemps, ça fait pédant, je sais, mais que voulez-vous, je SUIS pédant) on a écrit plein de rimes imposées et un en a tiré sept paires à la fois pour faire des sonnets. Je rappelle que le sonnet fait deux quatrains et deux tercets. Bon, on ne s'est pas toujours tenu à la forme et ça n'était pas toujours rose, mais le nombre de vers y était.

Et donc, pour en venir au fait, voilà deux de mes résultats (sachant que mon ami va peut-être publier ses poèmes, s'il le souhaite, sur je ne sais quel forum, je ne m'en occupe pas). Je ne vous donne que le meilleur de ce que j'ai fait, et ce n'est certes pas du Ronsard (c'est même de la crotte par moments), mais je rappelle que les rimes sont imposées et qu'on a bien rigolé :

Rupture

Si l'ambiance au lit est devenue mortelle

C'est à cause de toi, engeance vipérine,

Acrimonieuse qui mon malheur entérine

Lorsque nous sommes deux entre les draps pastels.

Si ma raideur souvent manque de réussite

C'est que tu ne vois rien en moi qu'un foutriquet,

Quand mon désir s'allume à ton maigre briquet

Tu le refroidis de tes aigreurs parasites...

Tu changes l'Obélisque en banane plantain

Avec ta voix qui vrille et ton noir baratin :

La nuit, j'ai l'impression d'être chez le dentiste !

Va donc, humain cancer, va donc femme maudite,

Tumeur qui a trop fait pendre ma stalactite,

Tu t'es trop incrustée, je t'extrais tel un kyste !

Mariage

Ce bellâtre étouffé par l'imbécillité

Hérita contre toute probabilité

D'une fortune, d'un énorme cornichon,

Et d'un goût prononcé pour les très gros nichons.

Voulant tâter l'engin, on se pressait en foule.

Il alla tout gâcher, épousant une Aztèque

Aux seins siliconés plus grands que des pastèques,

Mais qui, à son insu, lui préférait les poules.

Vu son tempéramment très chaud ce fut galère :

Le lit conjugal fut d'une froideur polaire,

Elle s'éffaroucha, la lesbienne bichette.

Elle mata cet homme par un tour classieux :

Il ne batifola plus jamais, ce vicieux,

Car il avait au zob une grosse clochette.

27/01/2006

Gênons manquants

Il existe des gens à l'heure actuelle dans les pays développés, et même aux Etats-Unis et en France, qui ne croient pas à l'évolution. Vous savez, ce truc, là, l'homme qui descendrait du singe... Oh bah si, quand même. L'évolution, Darwin, Lamarck, tout ça... Vous ne voyez pas ? Allez, je suis sûr que ça vous reviendra lorsque le prochain X-Men sortira. Bref, tout ça, ils n'y croient pas. Et ça gêne, ça fait tache.

Et puis zut, tant pis ou tant mieux pour eux. Oh, je ne me réjouis pas que les personnes auquelles je pense s'appuient uniquement sur leur version toute personnelle des textes bibliques sans analyse ni réflexion au delà de savoir combien il y a de Z à Ziggourat. J'ai même l'espoir que, pendant que, eppur si mueve, le monde continue de tourner, leurs enfants aient la chance d'être mieux au fait de la réalité...

Mais tout ça est délicat. Il y a des choses qu'on est obligé de laisser à la croyance. L'évolution n'est plus une hypothèse, bien sûr, même si c'est seulement en tant que théorie qu'elle a démarré, au XIXe siècle; de nombreuses preuves ont été apportées et beaucoup d'eau a coulé par ce petit moulin, à tel point que les scientifiques se disputent pour savoir laquelle de leurs versions de l'évolution se rapproche le plus du vrai...

Il y en a même pour dire que la sélection naturelle, finalement, n'a pas la place prépondérante que Darwin lui accordait, et que le hasard et les mutations, ou encore d'autres choses plus étranges, sont pour beaucoup dans l'aspect actuel de notre biosphère. Les chercheurs travaillent même sur des théories holistiques et beaucoup moins impitoyables que la sélection naturelle "manger ou être mangé".

Mais peu importe, on a encore moins de preuves, et celles-ci peuvent être interprétées de tant de façons différentes... Et il faut de toutes façons laisser la liberté de croire, sinon que serions-nous si ce n'est des intégristes encore plus intransigeants ? Est-ce que cela compte, quand on y réfléchit bien, qu'une chose aussi inconnaissable que Dieu, en théorie, ait créé l'éléphant en un jour ou en dix millions d'années ?

Est-ce que ça compte de notre point de vue, est-ce que c'est si important ? Et de son point de vue à "Lui" ? Encore moins, si ça se trouve. Après tout Dieu n'est-il pas sensé avoir créé le temps lui-même ? Les thèses du Guide du Routard Galactique et de Terry Pratchette réunies pourraient très bien s'avérer, ou du moins être crues par certains, ce qui reviendrait au même pour nous, simples mortels contemporains.

Sans doute les bigots ne seront-ils pas ébranlés un instant par ces faits ou ces théories, sans doute continueront-ils leurs vaticinations d'enfer pour tous... Espérons que les vrais croyants continueront de prier pour eux sans tout prendre au pied de la lettre, et que ces deux groupes me laisseront me servir de mon cerveau, que je l'aie ou non reçu par l'opération du Saint Esprit.

26/01/2006

Sale ami

J'ai un ami... Non, soyons justes, ce n'est pas un ami, c'est l'ami d'un ami et nous ne nous voyons que rarement, uniquement lorsque nous sommes tous deux invités par celui-ci, mais passons... Disons donc cette connaissance est un humanoïde de sexe masculin (je n'ai pas été vérifier l'entrejambe, mais ça paraît assez évident vu les poils) à l'intérêt tout relatif.

Il n'a aucune conversation autre que superficielle, soit. Il est vrai qu'il n'est pas très sociable et qu'il est un peu psychorigide sur les bords, mais ne laissons pas cela endommager une relation amicale... On a vu pire. Non, mon problème et celui de notre ami commun c'est que nous ne savons pas comment lui avouer certaines choses sans le blesser, l'humilier ou le rabaisser d'une quelconque manière.

Ne tournons pas autour du pot : il est sale. Il ne se lave pas aussi souvent qu'il le devrait et parfois, il sent. Ses cheveux filasses et de plus en plus rares sont parsemés de pellicules, parmesan râpé sur les nouilles cuites affaissées de ses épaules. Je voulais faire une analogie entre ses poussées d'acné et de la sauce tomate mais c'était vraiment trop méchant et dégoûtant.

Moi je veux bien lui dire ses quatre vérités, mais c'est vrai que c'est comme un vieux chien pourri et galeux auquel on se serait attaché : on n'a pas le coeur de lui donner un coup de pied, et pas seulement parce que la chaussure risquerait de rester collée. En plus il vient d'emménager dans son propre studio (il nous a vanté son clic-clac bleu, vraiment, il n'a rien d'autre à foutre dans la vie...) donc on s'attend à une certaine baisse d'hygiène.

J'imagine que beaucoup de gens ont de tels amis, et je sais que beaucoup ont la même notion du respect de soi qui dit que vaporiser du Fébrèze sur une chemise c'est comme la laver, que secouer les draps à l'air frais ça suffit pour enlever la saleté, et qu'une douche par semaine c'est bien suffisant... Mais là je dois tirer un trait. C'est peut-être sectaire ou snob, mais je les évite, les sales.

A moins que vous n'ayez un meilleur conseil à me donner, je vais devoir, en tant que personne la "moins proche" de lui, faire le boulot de notre ami commun et lui dire que ses crottes de nez pendent, qu'il pue des bras et qu'il a mauvaise haleine... Bref, lui dire d'aller se laver, pour nous d'abord, mais surtout pour lui. Une oeuvre aussi nécessaire et difficile que changer la litière d'un chat incontinent.

25/01/2006

Comme j'adore me plaindre...

Ah, la sale journée. Autant je refuse que ce Blog parle trop de moi et devienne un simple compte-rendu de mes activités (je crains le syndrome du "21 Juin, aujourd'hui j'ai mangé des frites...", déjà, je ne voyais pas l'intérêt de publier la correspondance de Proust ou le journal de Kafka, alors le mien vous pensez si on s'en fout...), autant là... Enfin, ça aurait pu être pire, il aurait pu pleuvoir, comme on dit.

Premièrement, j'ai enterré quelqu'un. En soi, ça n'est jamais agréable, mais là la mort du bonhomme est carrément ignoble. C'était une bonne poire qui a passé les dix dernières années de sa vie à prendre soin de sa femme atteinte d'une maladie grave, une odieuse harpie, ingrate et bigote au possible, du genre à appeler les flics en disant qu'on la séquestre et qu'on l'affame si son déjeuner au lit a un quart d'heure de retard.

La femme en question lui a d'ailleurs survécu, alors qu'il a ruiné sa santé pour elle sans se plaindre. Passons... Il est mort à moins de 60 ans à la suite d'une longue et douloureuse agonie entre deux opérations et traitements divers (dont une amputation du bras, problèmes au coeur, au côlon, aux poumons, oedèmes, infections, péritonites et autres joyeusetés...) et bourré de médicaments, à fond dans l'acharnement thérapeutique.

Je le connaissais à peine, j'étais là pour soutenir une amie dont c'était le papa, mais quoi qu'il en soit je me suis gelé les couilles par un froid de canard avec plein d'inconnus dans un endroit lugubre (vous me direz, les cimetières, c'est rarement folichon...) alors que j'étais habillé très léger, tenue correcte oblige. Et ça m'a pris tout l'après-midi, évidemment, je ne pouvais pas partir comme un voleur.

En plus, demain, un de mes meilleurs amis pars en Australie (voir l'ajout dans la liste des Blogs ci-contre) pour un an, minimum, et je m'aperçois que je ne le reverrai sans doute pas avant trois ans puisque, si Dieu le veut, je partirai étudier moi-même dans un pays lointain dans à peu près un an aussi, et ce pour un minimum de deux ans. J'y resterai même peut-être pour y vivre, allez savoir.

Ensuite, les bientôt-divorcés de service me les ont successivement brisé menu sur des tons différents, chacun complètement braqués contre et obnubilés l'un par l'autre (mélange détonnant). Et l'un de monter en épingle une remarque sur une opinion qu'ont eu d'autres personnes il y a des années, et d'en déduire des tas d'élucubrations, et l'autre de ne comprendre que ce qu'il veut bien dans la plus totale paranoïa...

Allez savoir pourquoi, je n'aime pas quand on me prend à parti ou qu'on cherche à se justifier devant moi pour des tas de choses qui me sont parfaitement étrangères, quand quelqu'un rallume avec moi une dispute commencée avec une autre personne. Ce n'est pas que je sois contre, c'est que je n'ai pas à le subir... Du reste chacun des points de vue qui m'ont été énoncés tiennent presque de la psychopathologie.

Mais encore une fois, le chien aboie tandis que la caravane passe, manque d'écraser le chien, et promet de lui jeter des pierres au prochain passage parce que ça commence à bien faire de l'entendre à chaque coup.

A part ça, je suis aux premières loges des états d'âme des membres de ma famille proche, puisque je vis avec eux... Je n'en peux mais. Stress, boulot, retour à la Terre, mon cul sur la commode... La totale.

Ajoutez à cela un accès de flemme et un manque total d'inspiration de ma part, d'interminables trajets en métro entre les cons, les clodos et les affiches si poétiques de la fondation Raoul Follereau pour les lépreux, un mal de tête sans même un comprimé d'aspirine sous la main depuis le milieu de l'après-midi, un début de rhume qui couve, et vous aurez une idée de l'aspect physique de ma journée.

Fort heureusement, mon seul vrai problème c'est que je dois écouter tout ce beau monde de temps en temps. Et ça me fait, comme aujourd'hui, une sale journée de merde... Alors, oui, ça pourrait être pire.

24/01/2006

Noms d'oiseaux

Dans la série "j'ai appris un truc", les québécois sont les meilleurs pour la turlute. Non, je ne parle pas de sexe oral, mais de cette pratique musicale à la fois labiale et linguale ressemblant à du scat sur de la country-folk... D'ailleurs, ce n'est pas une coïncidence si c'est aussi le nom du cri de l'alouette. Ben oui, "alouette, gentille alouette" c'est une chanson québécoise. Mais il n'y a pas de turlute dedans, pourtant...

Et, oui, parfaitement, l'alouette turlute. Elle grisolle aussi. Et l'hirondelle trisse, le hibou bouboule, la caille margote, le merle flûte, le canard nasille, l'oie cacarde, le paon criaille, la perdrix cacabe, la grive babille, le geai cajole, la tourterelle roucoule et caracoule, le cygne trompette, le dindon glougloute, la poule crételle, la corneille graille, le coq coqueline, la cigogne glottore, le perroquet ase, la pie cajole, le pingouin jabote...

Et le rossignol ? Eh bien le rossignol rossignole, tout simplement.

Na.

23/01/2006

"Vous n'aurez pas ma liberté de..." LA FEEEEEERME !

Je viens d'apprendre qu'il était interdit de dire des gros mots sur les blogs comme le mien. Je n'ai jamais eu de problèmes, vu que tout ceci est filtré automatiquement, systématiquement (donc bêtement...) par des détecteurs de gros mots... en langue anglaise. Les autres langages peuvent tonitruer qu'ils enculent leurs belle-doches à coup de manche à couilles foutreux, Microsoft s'en bat l'oeil. Et quand je dis l'oeil, c'est pour ne pas me répéter.

C'est extraordinaire la liberté d'expression dans le monde. En France, pays libre, on n'a pas le droit d'insulter publiquement, et on peut vous arrêter pour incitation à la haine. Par contre les gros mots, ça passe partout. Aux Etats-Unis, vous pouvez montrer toute la violence que vous voulez au cinéma ou à la télé, traiter qui vous voulez de tous les noms et tenir des propos néonazis si ça vous chante... Si vous dites "merde" on vous bippe.

En France, il existe un CSA national, c'est à dire que l'Etat peut (s'il le souhaite) censurer les médias. Aux Etats-Unis, il existe une régie d'attribution des fréquences hertziennes, rien de plus... La censure est entièrement autonome et dépendante des networks, non de l'Etat : les chaînes de télé s'autocensurent, se conformant à la "minorité morale" ou à la "majorité silencieuse" pour plaire au plus grand nombre.

Donc, techniquement, et ça va paraître ridicule à tous ceux qui critiquent les Etats-Unis sans jamais y être allés, la liberté d'expression y est plus large et mieux respectée : les multiples et retentissants procès contre l'Etat et des tas d'autres gens par des pseudo-journalistes et des artistes provocateurs le prouvent. Le truc c'est de se rappeler que quand on insulte un type en pleine rue, il peut avoir une arme.

Sur Internet, point n'est besoin de vous le dire, nulle loi n'est incontournable, et les informaticiens anglophones qui veulent passer outre les censeurs (et les programmes de détection et surveillance de mails et de chats des gouvernements du monde... Enfin, en théorie, et ce même s'ils n'ont à cacher que trois pauvres photos pornos qui font rougir leur acné, mais passons...) ont inventé des langues barbares comme le L33T.

Malgré cette censure qui semble omniprésente, malgré les paroles de mauvaise augure de Benjamin Franklin, malgré la peur du vilain terroriste et les petits coucous discrets d'Oussama Ben Laden, malgré la paranoïa ambiante qui monte, nous sommes encore libres de nous exprimer. Si, si, je vous jure. On ne m'a encore jamais empêché de dire quoi que ce soit... Parce que tout le monde s'en fout.

Et c'est la plus grande force de cette espèce de médiacratie-pseudo-tyrannie-douce-démocraturesque qui est le régime dans lequel nous vivons, en occident (et, soit dit en passant, nous ne sommes PAS en démocratie, nous ne l'avons jamais été, nous sommes officiellement et techniquement en République... ce n'est déjà pas la même chose !) : l'indifférence globale et grandissante.

Qu'est-ce que ça peut bien me foutre que des barbouzes regardent mes mails et tout ce que contient ma machine, du moment que mon voisin de palier ou quelqu'un qui peut me nuire, lui, n'y a pas accès ? Ils ne vont pas vendre ces infos, de toutes façons il n'y a rien à vendre, ça n'intéresse personne et je ne fais rien d'illégal. S'ils ont un soupçon, je leur file même le disque dur, du moment qu'ils me le rendent intact...

Oui, c'est aussi agaçant et effrayant que de se faire contrôler tout le temps dans le métro ou arrêter souvent pour délit de sale gueule. Mais à moins que le FBI et les autres agences secrètes du gros méchant Américain (et pourquoi juste EUX, hein ? Et les autres, dans le monde, vous croyez qu'ils ne feraient pas pareil s'ils pouvaient ? C'est un préjugé tout Hollywoodien, ça...) n'espionnent TOUT LE MONDE, je suis tranquille.

Et espionner TOUT LE MONDE, je ne vois pas comment c'est possible, même avec tous les moyens actuels. C'est bien joli d'arriver à faire lire ne serait-ce que 20% des mails échangés chaque jour dans le monde par un super ordinateur (et ça c'est déjà pas super vraisemblable... mais bon...), mais vous imaginez le nombre de gens qu'on devrait payer rien que pour lire les messages sans intérêt retenus par l'ordinateur à cause d'un simple mot ? Sans compter, on l'a dit, que c'est facile de passer au travers des filtres.

Non, surveiller de manière globale, pas seulement les suspects, ce n'est pas rentable (et la rentabilité, c'est tout, de nos jours). Et si vous êtes suspect mais innocent, me direz-vous ? C'est du délit de sale gueule. N'entrez pas en résistance, ça ne ferait qu'empirer... Je compatis, mais je n'ai pas de conseil à vous donner, les préjugés, il y en aura toujours, sur le Net et ailleurs. Et étant gay, je sais ce que c'est.

Alors, oui, il y a des bavures, il y a des tragédies, il y a des abus policiers et autres... Mais on en entend encore parler, non ? L'information circule, sur Internet, à la radio, dans la presse, et même, de temps en temps, à la télévision ! Dans un billet précédent, j'avais discuté du fait que c'était surtout à cause de l'audimat que la télé ne parlait plus des sujets importants, puisqu'ils sont souvent compliqués, donc chiants.

Et que je sache, des tas de gens se traitent de con (et pire) tous les jours, et se font des procès librement sans que l'Etat ne censure quoi que ce soit... Des tas d'émissions influencent des tas de gens dans des tas de sens différents, les rumeurs courent, on vote encore librement pour des andouilles qu'on espère moins pire que les autres... Donc globalement, la France, c'est pas la Roumanie de Ceauçescu.

Alors je rigole quand je vois certains minables crier haut et fort qu'ils sont dans un Stalag à haute sécurité alors que quelqu'un leur a simplement dit de la fermer ou qu'ils ne font que subir la mesquinerie toute Française de nos administrations. Ou qu'ils essaient simplement d'avoir pour eux une plus grande part du gâteau médiatique. Il faut apprendre à discerner les vraies injustices, souvent muettes, des glapissements m'as-tu-vus.

22/01/2006

Infâme avec une femme

L'autre jour je suis entré dans une librairie, plus dans l'intention de flâner que d'acheter quoi que ce soit, bien que je ne résiste pas souvent à l'appel des pages neuves... Il s'agit d'une librairie plutôt grande, située dans le Marais, et clairement cataloguée comme gaie, et cela aurait dû me préparer au choc que j'ai reçu. Mais j'avais voulu alors ignorer encore un peu les tiraillements spasmophiles de l'actualité people.

Là, dans une librairie respectable, entre les livres de régimes et les romans d'amour, se dressait une construction malsaine et blasphématoire aux relents lovecraftiens. Il s'agissait d'un petit autel improvisé fait en livres qui présentait une demi-douzaine d'ouvrages exclusivement sur Mylène Farmer. Oui, Mylène, l'apocalyptique rousse à la voix de bouilloire devenue l'icône des gays, comme un ersatz franchouillard de Cher ou de Streisand.

Toujours est-il que ce petit monument votif, orné de rubans (sans doute les bougies auraient-elles risqué de brûler d'autres livres), présentait chacun des titres délétères avec tout l'orgueil d'un laraire exhibant ses idoles dans quelque magasin de chinoiseries kitsch. Tout ça parce que la pouffe en chemise fait un autre concert dont les premiers rangs seront remplis par les jeunesses prépubères et les trentenaires gays en pâmoison.

Si l'on n'est plus à l'abri de la médiatisation outrancière des célébrités cacochymes des années 90, même dans les librairies, alors où va-t-on ?

20/01/2006

Après le Golden Globe, le Golden Con

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, chères lectrices, chers lecteurs, voici venu le moment que nous attendions et redoutions à la fois, la dernière cérémonie du JEU DE LA HAINE ! Nous allons ce soir remettre le seul prix dans la seule catégorie que nous n'avions pas abordé, celle ou tout le monde était éligible, sans aucune distinction... C'est l'heure du Ducon d'Or !

Nous allons commencer par distribuer quelques prix spéciaux, prix pour lesquels vous avez voté "indirectement", si l'on peut dire... Vous allez comprendre.

Pour le premier prix de cette soirée, nous allons distribuer le prix du Con le plus Sphérique ! Il s'agit de la personne qui a été nominée, sans tenir compte du nombre de votes, dans le plus de catégories de ce concours, montrant l'exceptionnelle versatilité et diversité de sa stupidité...

Les nominés sont :

Arielle Dombasle, nominée pour trois catégories, actrice, chanteuse et moche...

Frédéric Beigbeder, nominé lui aussi pour trois catégories, journaleux, écrivain et racoleur...

Olivier Besancenot, nominé encore pour trois catégories, politicien, racoleur et pour le Ducon d'Or...

et notre Con le Plus Sphérique : Jamel Debbouze, nominé quatre fois, en tant qu'acteur, racoleur, moche... et aussi pour le Ducon d'Or ! ça c'est une surprise !

Le second prix de cette grande soirée sera celui de la Tache la plus Persistante, c'est à dire la personnalité ayant obtenu le plus de votes, toutes catégories confondues (les votes collectifs ne sont pas admis). Nous avons ce soir un heureux hasard : des ex-aequo ! En effet, deux nominés ont obtenu exactement le même nombre de votes, c'est à dire plus que les autres...

Dans la catégorie politiciens, Monsieur le Président de la République Jacques Chirac...

Et dans la catégorie journaleux, et nominé pour le Ducon d'Or, Marc-Olivier Fogiel !

Qui eut cru que ces deux grandes figures, ces deux géants de la connerie seraient ex-aequo dans leurs domaines respectifs, et qu'en plus ils se feraient face ? En effet, Marc-Olivier Fogiel a eu l'occasion de co-présenter les débats télévisés entre les jeunes et Jacques Chirac au sujet de la constitution européenne, ils ont donc eu le loisir de se rencontrer, de se parler, et, qui sait, de s'échanger des recettes pour l'incompétence !

Notre troisième prix ce soir est un prix décerné à une catégorie, celle ayant reçu le plus de nominations... Pour le nombre exact, vous compterez vous-mêmes, mais le domaine le plus mûr pour un dégraissage massif est... L'Escarre du Plus Mauvais Cabotin, et ce sans même compter tout le monde à l'intérieur des nominations collectives !

Il est temps à présent d'annoncer les nominés (avant de donner le nom du gagnant... Ou de la gagnante !) au Ducon d'Or. je rappelle que tout était permis, tous les coups, toutes les bassesses, et surtout tous ceux qui les ont faits ! And the nominees are...

Philippe De Villiers, politicien aussi à droite que Le Pen, voire plus, royaliste sur les bords, dont nous avons déjà parlé, et qui a pour capitale un parc d'attraction où il prône sa version idéalisée, hollywoodienne, proprette, catho-hard et nationaliste de l'histoire de France. Continue de coller des affiches partout et de lancer des défis et des conventions dans le vide. Ri-di-cule.

Alain Delon, acteur qui se prend au sérieux, ancien symbole viril ayant la réputation de parler de lui à la troisième personne (et croyez bien que j'aurais vérifié si ça avait eu le moindre intérêt). Complètement has-been, trop vieux, tellement qu'il a joué les jeunes premiers avec Brigitte Bardot avant qu'elle n'ait la peau comme du cuir de bébé phoque tanné et mal entretenu.

Jamel Debbouze, résidu excrémentiel dont nous avons déjà fait le panégyrique à plusieurs reprises, en long, en large et en travers, tant et tant que si j'en parle encore je sens que je vais vomir... Il a déjà été primé plusieurs fois, reportez-vous aux autres descriptions. Et si vous voulez vraiment voir des choses atroces, regardez quelques épisodes de H, sa série presque parodique.

Alain Finkielkraut, mec que si le mouvement des néo-conservateurs devait avoir un chef de file, ce serait lui, mais ils n'en ont pas, donc c'est aussi bien. Intellectuel qui intellectualise dans le but d'empêcher les autres intellectuels d'intellectualiser en rond. Comme avec ceux du style Jean-François Kahn, Alexandre Adler et les autres analystes à la fois convenus et circonvolutés de la "conjoncture actuelle", on est tenté de lire et ressortir ce qu'il dit tout en ayant l'impression d'avoir pris le parti de l'intelligence, voire de la sagesse. Je ne connais pas un seul de ces gars-là qui ait vu juste dans ses prédictions et ses estimations plus de 10% du temps, alors vous faites comme vous voulez, moi je reste en dehors.

Michel Houellebecq, auteur qu'on ne peut que détester, même quand on l'aime. On en a déjà parlé, d'ailleurs, si vous vous souvenez, dans la catégorie des auteurs soporifiques... Rien de plus à dire, ce serait lui accorder trop d'influence : Il n'est pas assez intéressant pour me rendre malade une deuxième fois.

Olivier Besancenot, le con qui dit non par excellence, et nous l'avons déjà mentionné par ailleurs... Là encore, que dire ? C'est un postier, avec tout ce que ça a déjà de détestable, et en prime c'est un soi-disant gauchiste tout aussi mesquin que les autres, mais moins virulent car moins puissant. Il faudrait savoir, soit il veut une révolution, soit il veut se faire élire...

Marc-Olivier Fogiel, que nous avons déjà traîné dans la boue longuement, lui et ses acolytes. C'est réellement un être ignoble, je ne pourrais jamais assez le souligner : quand on fait une émission qui dit encourager les débats d'idées et dire "ce qu'elle pense", on essaie de ne pas la pousser de toutes ses forces vers l'affect... Résultat, "on ne peut pas plaire à tout le monde" ne plaît pas à grand monde.

Jean-Pascal, ancien jeune imbécile de la Star Académy dont le nom de famille m'échappe, qui a une personnalité quasi absente, et immature quand on la voit, qui chante mal des chansons pas drôles, et ayant fait le seul tube dont la parodie radiophonique était meilleure et a mieux marché que l'original. Sa vraie carrière a duré les dix minutes que ça a pris pour enregistrer cette bouse.

Georges-Alain, encore un de ces débiles à noms composés à coucher dehors de la Star Académy. Mais bordel, les mamans, à quoi vous pensez ? D'abord vous élevez vos gosses pour qu'ils deviennent de parfaits crétins superficiels (ça se voit à la télé), vous leur donnez des noms hideux, et pour couronner le tout vous les envoyez à TF1, la boite à cons, comme des petits mongoliens dans les monastères médiévaux ? Une seule explication : Les chiens ne font pas des chats.

Amélie Poulain, personnage fictif (Dieu Merci) incarné par Audrey Tautou dans le film éponyme avec des framboises au bout des doigts, psychopathe, voyeuse, manipulatrice au sourire sadique, passible d'atteinte à la vie privée, vol qualifié, harcèlement, peut-être même de proxénetisme, et en tout cas d'une bonne paire de claques. Ah, si seulement le boucher de cet autre film de Jeunet, Delicatessen, avait croisé son chemin...

Santa Claus, Saint Klaus, le Père Noël, Saint Nicolas, la Befana, bref, Papa Noël, lui aussi un personnage fictif (désolé de briser vos illusions), nominé sans doute parce que trop joyeux, trop débonnaire, et représentant un esprit festif particulièrement hypocrite ainsi qu'un mensonge généralisé (au fond, c'est un peu prendre les enfants pour des cons, même si ça leur fait de beaux souvenirs)... Et puis le concept "il sait si vous avez été méchant ou gentil", ça fout les boules. Oui, de Noël.

Wendy Darling, l'aînée des enfants Darling dans le dessin animé de Peter Pan, de Walt Disney, parce qu'elle cumule à la fois les pires défauts de l'archétype de la princesse pouffiasse et qu'elle n'est absolument pas drôle, jamais à s'amuser, toujours à moraliser... C'est LA petite fille modèle, essentiellement parce qu'elle est tellement plate en tant que personnage qu'elle est incapable de penser par elle-même, ce qui doit plaire à ses parents.

Ciel, la liste des nominés est terminée... Vous rendez-vous compte du choix particulièrement difficile qu'ont eu à faire les votants parmi tous les Jean-foutres célèbres du monde ? C'est pour ça qu'il y a si peu de nominés. Personne n'avait d'idées, personne ne se sentait capable de désigner, de montrer du doigt un seul être qui, de la Terre entière, était LE plus con, sans aucun doute possible. Cette pudeur vous honore tous, mais était-elle véritable ? Peu importe, les votes, si peu nombreux qu'ils aient été, furent suffisants pour faire pencher la balance pour UN SEUL nominé.

Et il s'agit de...

(roulements de tambour.......................)

Marc-Olivier Fogiel !

Oui, c'est lui le Ducon D'Or ! Nous l'applaudissons bien fort, tous en choeur. Vous rendez-vous compte, cher public ? Marc-Olivier Fogiel est le seul à avoir reçu le premier prix à chaque fois qu'il a été nominé à ce concours ! Son palmarès compte désormais le Sept de Plomb du Journaleux le plus Incompétent, le Prix de la Tache la Plus Persistante, ainsi que le très peu convoité Ducon D'Or ! A chaque fois qu'il est ne serait-ce que cité, il fait l'unanimité en tant qu'imbécile, prétentieux, agaçant épidermique, à côté de la plaque, tout ce que vous voulez... Si vous cherchez une andouille télévisée, c'est lui l'homme de la situation. Que Dieu te garde, "Marc-O", nous espérons tous que personne d'autre ne le fera.

Nous nous sommes tous bien amusés, mais il est temps maintenant, ce soir, avec vous (c'est dingue comme je fais bien Jean-Pierre Foucault...) de clore ce concours et ces remises de prix. Je voudrais me joindre au CIO pour remercier encore une fois tous ceux qui ont voté pour cette toute première édition du JEU DE LA HAINE. Bravo à tous, sans vous, rien de tout ceci n'aurait été possible.

Je tiens aussi à m'excuser auprès de ceux qui se sont emmerdés pendant des semaines à suivre ce concours débile en espérant qu'un jour le cours normal de mon Blog reprendrait, et je tiens à les assurer... que leur opinion m'est totalement indifférente, parce que je ne force pas les gens à lire mes élucubrations. C'est vrai, quoi, ça se saurait, non mais sans blague. Mais vu que le concours est fini, oui, évidemment que ça va reprendre comme avant.

Je voudrais aussi dire que pour ma part, je me suis bien amusé à récolter des résultats toujours drôles, parfois inattendus, souvent en désaccord avec ce que je pensais, et que je me suis surtout fendu la poire à pondre pour chacun de petites piques synthétiques à sujets imposés, qui m'ont forcé (et c'est plutôt bien) à me documenter sommairement sur les gens en question et à sortir de mes propres pensées dans ce Blog.

Pour m'avoir donné l'occasion de faire tout cela et surtout de présenter mon propre jeu presque télévisé, avec des invités surprise fictifs et tout et tout, merci à mes amis et lecteurs (tous mes lecteurs sont mes amis, bien sûr, même les rares que je n'ai jamais vu ! et la plupart de mes amis sont mes lecteurs aussi, ça tombe bien).

Voilà, à la prochaine, bonsoir, et à vous les studios...

18/01/2006

"I am big. It's the pictures that got small." Gloria Swanson (Norma Desmond)

Mesdames et messieurs, lecteurs et lectrices, voici l'instant suprême ! Oui, le moment est enfin arrivé de vous révéler quel est celui ou celle que vous avez élu comme pire acteur, comique le plus pathétique, bref, de décerner l'Escarre du Plus Mauvais Cabotin ! Vous avez été nombreux à voter pour de nombreux nominés, et le CIO remercie tous ceux qui se sont donnés cette peine.

Comme disait Norma Desmond sous les traits de Gloria Swanson dans l'oeuvre immortelle de Billy Wilder, Sunset Boulevard, "They took the idols and smashed them, the Fairbankses, the Gilberts, the Valentinos ! And who've we got now ? Some nobodies !"... Ce sont ces rien-du-tout qui ont été nominés, tous mauvais sans exception. Commençons sans tarder par l'Escarre du Bel Effort (le troisième prix)...

Et notre premier gagnant est... Christophe Lambert ! Le héros de tant de films d'action et d'aventure. Après avoir joué un guerrier celte (sorte de chevalier au regard croisé) dans y-glandait... Pardon, Highlander, il a prouvé qu'il pouvait jouer naturel dans Greystoke (soit, ce n'était pas vraiment un rôle de composition). Dans cet incommensurable ramassis de stupidités qu'était Beowulf (parodie de saga islandaise façon D&D et Mad Max), il a réussi à faire pire que Vercingétorix (un film fait après, qui a perdu du temps, du public et surtout de l'argent). Les suites absurdes de Highlander ont eu un improbable succès, jusqu'à lancer plusieurs séries télé (heureusement sans lui). On retirera de sa carrière et des interviews qu'il a donné quelques éléments majeurs : C'est un abruti à l'image de Jean-Claude Van Damme, il joue comme une savate, il a fait des films de merde, il est laid, et il louche. Le quinté gagnant.

Passons à l'Escarre du Pire Second Couteau, notre second prix... Il est attribué à Jamel Debbouze ! Oui, vous savez, le petit éclopé vaguement bossu et difforme, au visage mongolien, inarticulé et répugnant. C'est un miracle qu'il en soit arrivé là ou il est avec une tête pareille et une absence totale de talent, si ce n'est pour faire pitié. Eventuellement. De loin. On peut saluer la performance. Nous avons déjà parlé de ses talents de racoleur des cités, puisqu'il a été nominé dans la catégorie Réverbère de Bronze. Citons donc quelques éléments de son oeuvre d'un ennui mortel : ses sketches soi-disant comiques inintelligibles, ses altercations médiatisées avec la police, ses rôles minables et mal joués (pourtant, il n'avait qu'à être naturel dans la peau d'un con...) au cinéma, et pour couronner le tout Angel-A. Pitié, n'en jetez plus, on va me faire un procès pour atteinte aux droits de l'homme (alors qu'il a déjà porté atteinte à ses doigts, l'homme...), diffamation, insulte publique, incitation à la haine raciale, propos racistes, et a pas bien de traiter un arabe de con alors qu'on a le droit pour les autres, et tout le tintouin. Je doute que ce soit être raciste que de dire que Jamel Debbouze est un con (à moins qu'il ne forme sa propre espèce, différenciée de l'humanité, qui sait...), surtout quand on sait que d'autres acteurs tout aussi maghrébins, mais aussi turcs, noirs, juifs, libanais, asiatiques et bien meilleurs ont moins de succès que lui, et que lui-même ne se prive pas pour traiter qui il veut tout à fait grossièrement.

Enfin, voici le dernier et le plus important des prix de cette distribution, l'Escarre du Plus Mauvais Cabotin ! Et le CIO, le jury, moi-même et les nombreux suffrages s'unissent pour le décerner à quelqu'un qui le mérite amplement : Franck Dubosc ! A la fois pseudo-comique et acteur vieillissant ayant eu un sursaut nouveau dans sa carrière avec la crise de la quarantaine, il avait démarré avec une scène de nu pathétique et franchouillarde, très jeune, dans "A nous les garçons", un film oubliable des années 80. Et puis il y a eu quelques spectacles, et un rôle récurrent dans une sitcom anglaise genre "les feux de l'amour"... Cet homme est d'ailleurs une resucée totale des années 80 : il a le même humour, les mêmes références et la même garde-robe. Sans la mode des revivals, il ne serait qu'un acteur quadragénaire de plus au chômage, un vieux beau mou a la sexualité flageollante. Sans compter qu'il se prend au sérieux, cet andouille. Et il joue mal... Mon Dieu qu'il joue mal. Il est incapable de paraître naturel, il en fait des tonnes, trop... même pour les téléfilms des chaînes hertziennes. Il est devenu l'agaçant motif récurrent franchouillard et oubliable dans un certain nombre de comédies franchouillardes et oubliables de la vieille garde des acteurs franchouillards et oubliables de l'époque du Splendid (juste l'époque, même pas la troupe, hein, comme Clémentine Célarié, Patrick Timsit...). Son rôle récent le plus marquant était un passage mineur avec un personnage encore plus plat que les autres dans Iznogoud, juste histoire de mettre son nom sur l'affiche. Hélas sa carrière n'est pas terminée. Prions ensemble pour qu'il ait de moins en moins de rôles...

Mais ce ne sont pas là les seuls mauvais acteurs qui ont été dénoncés. Vous avez été si nombreux à proposer des noms et à voter pour eux, il serait dommage de ne pas les inclure tous... Voici donc VOS pires acteurs :

Thierry Ardisson, parce que, décidément, il touche à tout celui-là... Alors qu'il devrait ne plus toucher à rien, qu'il n'aurait jamais dû toucher à quoi que ce soit, qu'il touche trop de monde avec ses émissions sans pour autant toucher personne émotionnellement parlant, et qu'il touche déjà trop de sous.

Laurent Gerra, parce que ça fait longtemps qu'on avait pas eu un imitateur aussi peu drôle, qui a fait fortune en imitant très bien Johnny Hallyday en sa présence, et très mal les autres. On se souviendra de la seule chose vaguement bien vue qu'il aie fait, ses chansons. Et encore, pas toutes.

Jean Dujardin, pseudo acteur moche, calvitieux et bedonnant, très français moyen (comme si on avait envie de voir ça, il suffit d'aller dans la rue...) nominé pour "un gars, une fille", le pathétique "Brice de Nice", et tous les autres rôle qu'il a eu l'occasion de jouer dans sa minuscule carrière.

Jean-Marie Bigard, apologue grossier de la vulgarité qui a fait UN sketch dans sa vie ("la chauve-souris") et a resservi la même soupe et le même genre de blagues dans tous les autres. Ne sait pas chanter, ne sait pas jouer, ne sait pas faire rire... Mais sait très bien compter avec ses théâtres et sa boite de production.

Titoff, comique raté (enfin, allez savoir, c'est peut-être drôle, ce qu'il raconte, le problème c'est qu'il n'articule pas...), acteur raté aussi, pas spécialement beau, c'est presque l'homonyme d'un acteur porno gay avec une seule couille et une énorme bite. Ainsi donc, voilà ce qu'est devenue l'autre couille...

Anne Roumanoff, impétrante méritante pour les Queens of Moche, actrice et comique tellement nulle qu'elle aurait encore l'air de lire un texte et d'en faire des tonnes en embrassant ses enfants le matin. Elle écrit (mal) ses textes elle-même, sans doute parce que personne d'autre ne veut bien.

Arielle Dombasle, nominée pour les Queens of Moche, mais aussi gagnante du troisième prix des Défaites de la musique, nous en avons suffisamment dit sur cette dinde incompétente pour qu'elle ait les oreilles qui bourdonnent, et ce serait lui accorder trop d'importance que d'en dire plus.

Bernard Menez, notre dauphin racoleur... On peut le qualifier d'acteur uniquement parce qu'il a fait ce métier, il fut un temps, mais tout le monde s'en souvient comme d'un mauvais franchouillard télévisé... Pour plus de détails sur sa minable carrière, reportez-vous aux Réverbères de Bronze.

Jean-Claude Van Damme, parce qu'aucune liste de mauvais acteurs n'eut été complète sans ce gigantesque et cultissimme hurluberlu aux propos esthético-philosophique dignes des pires élèves de maternelle, sorte de croisement improbable entre un livre de New Age et des stéroïdes... Un vrai Belge.

Sonia Rolland, la nouvelle héroïne de la dernière bouse policière de TF1, citée pour avoir malencontreusement cru qu'une ancienne Miss France passablement quelconque (nominée uniquement pour qu'il y ait un "quota racial" de gagnantes, je parie, et ça c'est vraiment super raciste...) pouvait égaler Halle Berry.

James Best, acteur américain à la carrière exemplaire en ceci qu'elle est exempte de tout premier rôle, et que c'est inexplicablement le seul acteur américain à être nominé ici… Pour son horrible prestation en tant que Rosco P. Coltrane, le shérif de la série "Shérif, fais-moi peur". En jouant mal, c'est fait.

Cüneyt Arkin, candidat très limite, mais quand même un peu connu en dehors de son pays natal... Par dérision. Je cite un votant : "Immortelle vedette de Dunyani Kurtaran Adam, le célèbre Star Wars Turc. C'est le fils caché d'Alain Delon et Steven Seagal, mais turc." Les aficionados apprécieront.

Alain Chabat, pour l'ensemble de sa seconde carrière en tant qu'acteur, mais aussi producteur, présentateur, réalisateur, auteur, scénariste, comique, et monument vieillissant de cette télé qui a été bien et ne s'est pas renouvelée, Canal +... Et puis il y a eu Comédie, la chaîne qui déconne. Vraiment. Et c'en est triste.

Guillaume Canet, pour ses yeux de vache folle, son jeu minable, sa voix agaçante, la coiffure ignoble de ses cheveux ordinaires, et Parce qu'il est démodé avant l'heure et qu'il pense qu'il est sexy alors qu'il est quelconque. Tout nu on dirait une grenouille, et il n'est pas capable de se laisser pousser une barbe correcte.

Arthur, oui, vous avez bien lu, Arthur le journaleux présentateur déjà cité dans cette catégorie, parce que le bougre a fait un spectacle nul sur lui-même, qu'il a appelé par son nom. C'est-y-pas égocentrique, ça madame, venant d'un cuistre bedonnant à la voix cassée qui articule un mot sur trois et produit de la merde ?

Michaël Youn, monument revendiqué de la connerie, pour avoir tout pompé à Jackass et MTV, pour s'être fait pistonner de partout, pour avoir racolé encore et encore en se foutant à poils à la télé, sur scène et au cinéma, tout ça pour arriver à rien : Iznogoud, et Incontrôlable, un film à la Rob Schneider... Berk.

Sophie Marceau, incapable pétasse que Pierce Brosnan a dû supporter pendant tout un James Bond, bête comme ses pieds et qui joue tout pareil. On voyait le soulagement dans les yeux de l'agent secret lorsqu'il a tué froidement cette pauvre conne. Mais je me tais, elle a déjà été citée...

Clémentine Célarié, parce qu'elle est toujours grosse même avec Slim Fast, qu'elle joue toujours mal à la scène comme à l'écran (non qu'elle ait tant de rôles que ça ces temps-ci, le public comme les cinéastes reconnaissant l'inexistence de ses talents). Amanda Lear a dit qu'elle lui ressemblait, le matin, pas maquillée.

Fanny Ardant, parce qu'elle a un seul jeu, un seul personnage, un seul air crétin, un seul ton, une seule diction théâtralo-inefficace, et une seule voyelle (le A, elle ne sait pas dire les autres)... Par contre, on voit très bien ses trente deux dents lorsqu'elle montre son seul sourire. Qui plus est, elle vieillit.

Julie Delpy, la star incontestée (et qui voudrait lui disputer ce titre...) du film "Le loup-garou de Paris", oeuvre regrettable en tout points. Elle, elle a une sale tête et elle joue comme un cul et Sophie Marceau réunis. Elle a essayé de jouer dans d'autres films, en ce sens ou elle est dedans, mais ou elle joue mal.

Tous les acteurs de l'équipe Luc Besson, dont Mila Jovovitch, son clone suédois et ossu de Angel-A et dont le nom m'échappe (non qu'il ait jamais mérité d'être retenu), Jamel Debbouze, John Malkovitch (lequel a depuis pas mal de temps tendance à se prendre pour un acteur, inexplicablement...), et les autres.

Ouf ! Nous avons probablement oublié beaucoup d'acteurs minables, mais pour les nominés, c'est terminé. Enfin pas tout à fait, il reste un grand prix à remettre... Une seule catégorie, une seule cérémonie, celle qui couronne tous les cons. Nous nous retrouverons une prochaine fois pour la conclusion de ce concours particulièrement débile, ce Jeu de la Haine, la Cérémonie des Ducons D'Or !

All right, Mr. DeMille, I'm ready for my close-up...

15/01/2006

La musique...

Oui, la musique sera à tout jamais... La chose la plus idiosyncrasique. Je veux dire qu'on aime ou on n'aime pas tel ou tel morceau, ça ne s'explique pas. Pour paraphraser une brève de comptoir, ya pas deux mecs qui ont le même goût musical, sauf si tu fais un truc très très musical, là ça va pour les deux. Eh bien là, sans conteste, nous avons trouvé des trucs très très pas musicaux. Et ça va pour tout le monde.

Oui, Mesdames et messieurs, chers lecteurs, laissez-moi vous présenter en direct de chez-moi et sur la grande tribune aveugle d'Internet, celle ou tout le monde est sur la scène et ou personne ne regarde, la toute première cérémonie de la remise du très grand prix musical, sponsorisé par le CIO, décerné aux nominés méritants (c'est assez long, comme intro, là, ça va ?), j'ai nommé les Défaites de la Musique !

Il y a eu énormément de nominés. C'est normal, on entend des chansons de merde tout le temps, à la télévision et à la radio, c'est le principe du star system : on martèle. Certains, sans doute trop migraineux d'un tel laminage, n'ont pas hésité à soumettre plusieurs noms au comité, dénonçant avec une joie non dissimulée tous les navets qu'ils ont détesté. Les scores étaient très serrés mais nous avons pu départager les finalistes, bien que le grand gagnant de ce soir ait remporté haut la main avec bien plus de votes que les autres (mais vous verrez bien qui c'est, patience !)... Mais passons à la distribution :

Le Quart de Défaite, troisième prix de ce soir, est attribué à Arielle Dombasle, ce tas de silicone déjà nominé pour le prix de Queen of Moche... J'enjoins le lecteur avide de se référer à la description haute en couleur et en collagène qui en a été faite à ce moment là.

La Demi Défaite, second prix, est attribué à l'Adversaire, au Mal Absolu, à Celle qui Foule au Pied les Rois Déchus, à l'Ange Noir de l'Abîme Sans Fond, à la Grande Bête nommée Dragon, à la Reine des Enfers, à l'Engeance de Satan, au Rejeton Démoniaque, à ses oeuvres et à ses pompes, bref, à Céline Dion.

Enfin, et c'est loin d'être une surprise, la Défaite de la Musique est attribuée collectivement à la Star Académy, déjà récompensée du Réverbère de Bronze (au moins en partie)... Toutes années confondues. En effet, pas un seul des olibrius étant passé par cette machine à faire du cul n'est capable de pousser trois notes correctement, qu'il ait achevé ou non sa soi-disant formation. Et en choeur, c'est pire.

Ah lala... C'est fini. Déjà. Eh oui, ça se tire, hein... N'oublions pas les très très très nombreux nominés qui n'étaient pas assez mauvais ou assez célèbres pour mériter une petite place dans le gros classement :

Vincent Delerm, bonobo bobo qui, un jour peut-être, apprendra à parler, lire et écrire...

Jean-Louis Murat, autre primate, à peu près un clone du précédent, en plus cliché...

Calim... pardon, Calogéro, parce que quand on l'entend, c'est trop injuste...

Raphaël, parce qu'il a une voix d'ange hélas castré trop tard dans un siècle trop vieux...

Jean-Louis Aubert, encore un clone en Jean-Louis de la nouvelle scène française, sans rien de remarquable...

Johnny Hallyday, alias "le retour des morts vivants", gag vivant sur les poivrots, les cons et les drogués...

Benjamin Biolait, troisième clone bobo, mais avec une coupe de cheveux encore plus ignoble...

Mariah Carey, une chanteuse chrétienne à la croix de bois qui fait pute, il fallait le faire...

Lara Fabian, autre clone, cette fois-ci de la Maîtresse des Ténèbres (voir la québécoise plus haut)...

Bénabar, clone bobo numéro quatre, avec une voix de cinquante ans et un physique de quatorze...

Philippe Risoli, présentateur nominé pour "cuitas les bananas", opus d'une extraordinaire finesse...

Jean-Marie Bigard, soi-disant comique vieillissant, nominé pour "la la la", chant littérairement impeccable...

Raphaël Mezrahi, pseudo-journaliste dont on a déjà parlé, pour l'inoubliable "les carottes ça a des poils"...

Les What Four, pour la carrière la plus courte et la plus drôle (involontairement) de tous les temps...

Carla Bruni, pour sa voix qui ressemble à un vent, tantôt brise inaudible, tantôt pet malodorant...

Voilà, bon, ça c'est fait... Je vais cesser de vous casser les yeux (à défaut des oreilles, ou de quelque autre organe plus ou moins rond...) et vous dire bonsoir, et à la prochaine fois !

14/01/2006

Tu viens, chéri ?

Il va nous être difficile de faire court pour la remise de ce prix... Il s'agit d'un prix spécial ou tout le monde est éligible (enfin, quand je dis "tout le monde", je veux dire tous ceux qui sont "quelqu'un"... Je ne sais pas si je suis clair, mais comprenne qui voudra). Le seul critère de sélection est que les nominés doivent avoir fait quelque chose d'ignoble ou d'immoral pour rester ou devenir célèbre. Il s'agit, mais vous aviez deviné, du Réverbère de Bronze de la personnalité la plus Racoleuse !

Nous avions pensé inviter Régine, la vieille taulière la plus célèbre de France, mais elle n'était pas libre, elle se faisait refaire quelque chose. Certaines femmes ont comme excuse qu'elles doivent "se laver les cheveux" pour éviter un rendez-vous... Elle, elle ne peut plus depuis longtemps, alors il faut bien qu'elle trouve quelque chose. Du moins quand ça lui arrive de refuser un rendez-vous, à son âge. Finalement notre choix s'était porté pour Raymonde. C'est moins cher, et à peine moins bien... Vous connaissez Raymonde ? Mais si... Raymonde, un monument à Pigalle. Vous connaissez Guy Montagné ? Non plus ? Faites comme-si. Il n'est pas nominé mais il aurait dû. Eh bien Guy Montagné est devenu célèbre en imitant Raymonde, dite "La Grosse Raymonde". Bon, de toutes façons elle n'est pas là (remerciez le ciel...), mais renseignez-vous si vous avez de la curiosité morbide.

Au lieu de cela nous avons les impétrants du Petit Réverbère, c'est à dire le deuxième prix... Nous l'attribuons à titre honorifique à ceux qui ont récolté les quelques votes qui les sortent du lot des vulgaires nominés, mais pas suffisamment pour se hisser au rang de vulgaire tout court...

Rocco Buttiglione, homme politique italien à la fois de gauche et homophobe (comme quoi, ça n'a rien à voir !) reçoit un petit réverbère pour son hilarante dénonciation au parlement européen, qui n'a convaincu personne, mais ce n'était pas fait pour : C'était uniquement pour se faire de la pub, à lui et à son patron, le Roi des Arnaqueurs Italiens. Racoler en étant impopulaire, en disant des insanités et sans être soi-même connu, et en plus le faire pour quelqu'un d'autre et réussir ensuite à ce que tout le monde parle de vous quand même, il faut le faire !

La totalité de l'entreprise TF1 reçoit un petit réverbère parce qu'elle est la chaîne la plus regardée, la chaîne au journal incontournable, la première chaîne du pays, aux émetteurs si puissants que c'est la seule que l'on puisse recevoir partout en France, même quand les autres (pourtant nationales !) sont brouillées... Et qu'elle fait quand même de la merde et du cul. Pour comprendre, regardez TF1, un jour. UN jour.

L'agitateur/acteur/comique Dieudonné M'Bala reçoit lui aussi un petit réverbère pour son engagement hypocrite, ses propos antisémites et anti-blancs racoleurs suivis d'excuses médiatisées, pour avoir dit que l'antisémitisme n'existait pas en France et minimisé la Shoah (Comme Jean-Marie Le Pen, qu'il est censé combattre...), tout en faisant des procès pour racisme à tout et n'importe quoi. Et pour quoi faire ? Pour relancer sa carrière solo et commencer une pseudo carrière politique. C'est absolument incroyable... J'ai des amis transsexuels, hétéros, homos, beaufs, noirs, arabes, juifs, asiatiques, serbo-croates, américains, anglais, et d'autres complètement mélangés... Et LUI, il me donne envie d'être raciste.

Enfin, et non des moindres, le dernier petit réverbère échoit à Bernard Menez... Cet acteur et chanteur, déjà habitué aux tournées de superettes, en est réduit à faire des pubs pour des magasins de produits casher en gros sur la chaîne juive du câble, accompagné de filles-potiches à gros seins habillées en mères juives. Sa chanson "jolie poupée"  et ses participations au Club Dorothée lui ont assuré sa nomination, surtout quant on met ça à côté de ses heures de gloire (il a joué Molière face à De Funès à la grande époque, quand même...). Mais ce qui a vraiment fait la différence, c'est sa carrière politique dans le 15e arrondissement de Paris en tant qu'indépendant, avec des arguments à peu près comparables à une cagette de poireaux.

Tant de racolage pour arriver à pas grand chose... A part TF1, il est vrai que ce ne sont que des célébrités mineures, et on pourrait dire que TF1 n'est célèbre que parce qu'elle n'emploie que des racoleurs (et qu'elle le fait très bien). Eh bien vous n'êtes pas au bout de vos surprises, chers lecteurs, car TF1 reçoit encore un prix. Oui, un petit bout du Grand Prix d'aujourd'hui...

Le Réverbère de Bronze est attribué à toute la télé-réalité dans son ensemble ! Point de jaloux : Il s'agit d'un concept parfaitement révoltant et vicié au départ. Le Loft était déjà éprouvant (et Loana avait fait très très fort dans le genre racolage, on se souvient encore de sa laideur et de sa vulgarité qui n'aurait pas déparé un vrai réverbère et un avocat commis d'office), l'île de la tentation était encore plus putassière et brisait les ménages (même des faux, peu importe), de même que les éditions de Nice People, la Ferme, Greg la pauvre andouille, et compagnie... (Oui, et la Compagnie, aussi). La Star Académy, du fait de son côté didactique, aurait pu tirer son épingle du jeu en proposant des artistes "de qualité" (enfin, peut-être pas "bons", mais un peu meilleurs que cette merde, on ne demande pas grand chose...) sans racolage... Mais non, ils se sont vautrés dans le stupre pour, en plus, faire de la crotte commerciale. La gagnante de cette année se démarque d'ailleurs dans cette sélection et reçoit, au nom du concept même de Real-TV, en tant que son véritable symbole, le réverbère de bronze pour tous les autres. Oui, Magalie, qui n'a strictement aucune qualité si ce n'est qu'au moins elle ne mord pas (l'imbécile heureuse...), qui chante comme le veau dont elle a la gueule, est la plus racoleuse du moment : Plus que dans un squelette siliconé et lisse comme du mastic qui a un âge différent selon qu'on regarde la tête, les côtes ou les jambes, toutes les adolescentes grosses et moches (et qui chantent mal) se reconnaissent en elle, et ça, ça leur donne le faux espoir qu'elles peuvent réussir, ces pauvres dindes... Pour elles, c'est le mensonge qu'elles aimeraient croire : "moi aussi je serai une star !". Pour les producteurs, c'est la vérité suivante : "Continuez de bouffer, de grossir, de vomir, de boursoufler, et d'acheter des fringues de salopes qui ne vous vont pas, bref, d'accumuler de la merde et de la regarder à la télé, car c'est nous qui la faisons !". Et ça, c'est VRAIMENT un putain de gros racolage. Mais c'est le travail d'une grande équipe.

Mais même si ce n'est pas tout le monde qui peut prétendre au Réverbère, contrairement à la croyance populaire que tout le monde peut s'abaisser à faire la pute, il y a eu beaucoup de nominés. Bien racoler est en effet un art, et ces personnages nous le prouvent :

Roger Pierre, nominé pour toute sa carrière de mauvais acteur vaudevillesque et grisonnant...

Kylie Minogue, nominée en dépit de certaines qualités, parce que plus pute que ça à la télé tu meurs...

Frédéric Beigbeder, qu'on retrouve partout, pour les mêmes raisons que d'habitude...

L'inventeur du téléphone portable qui fait appareil photo (et bientôt les pommes de terre frites ?)...

Le directeur du CSA, nominé parce que TF1 sévit toujours, donc la censure ne fait pas son travail...

Jamel Debbouze, pour avoir racolé tous les arabes des cités et les autistes et les avoir mélangés aux yeux du public...

Bataille et Fontaine, l'un de nos Sept de Plombs, ne nous répétons pas...

Bruno Mégret, pour avoir repris traitreusement l'extrême droite à la Le Pen, en plus mesquin...

Olivier Besancenot, pour l'extrême gauche postière et molle qui attire toujours quelques désoeuvrés...

Et enfin, Richard Branson, la cinquantaine bien tassée, fondateur du groupe Virgin, qui tente toujours de faire étudiant attardé et baba cool qui s'adonne aux sports extrêmes et fait du rock... Soi-disant un jeune con qui dit merde au système et qui a réalisé son rêve, en fait un ignoble mercantile qui pousse l'hypocrisie et l'exploitation des jeunes jusqu'à vendre des capotes estampillées "virgin" dans ses magasins. Si.

Voilà, il est temps de clore cette petite cérémonie... Pour terminer, disons simplement histoire de moraliser (il faut bine, de temps en temps...) que si presque chacun est prêt à certaines concessions pour réussir, et est coupable de certaines entorses à l'éthique ou à la déontologie, nous venons de voir de véritables exploits dans ce domaine : des gens qui sont immoraux, produisent de l'immoral pour les autres, et prônent l'immoralité rien que pour être immoraux histoire qu'on parle d'eux (ce qui est en soi immoral). Bienvenue, donc, dans un monde ou, pour paraphraser le proverbe, "Le Vice est sa propre récompense" !

Moi, j'adore ! A la prochaine.

12/01/2006

Director's cut

On m'a dit (à plusieurs reprises, et des gens que j'apprécie) que ça devenait "gonflant", ces remises de prix. Bien que ce soit un terme fort, je soupçonne qu'encore plus de gens voulaient me faire la réflexion... Ils n'avaient qu'à la faire plus tôt, je ne mords pas... Pas trop. Et c'est bien normal de trouver ça ennuyeux, c'est une formule répétitive de billets d'humeur trop longs...

Mais maintenant qu'y puis-je ? Je suis lancé et je dois achever le concours. D'ailleurs ce n'est pas toujours rose à écrire, et le style s'en ressent, mais il faut toujours finir ce qu'on commence. Toutefois j'essaierai de raccourcir au maximum, et la prochaine fois, s'il y en a une, je me limiterai question catégories. Dans un souci d'économie de mots (une fois n'est pas coutume...) je vais supprimer les Invités Surprise pour passer directement aux nominés.

Aujourd'hui, le CIO distribue La Palme de Canard en Caoutchouc du Réalisateur le plus à côté de ses Pompes. Comme pour d'autres catégories, les gagnants se sont tout de suite démarqués des autres, de toutes manières peu nombreux, avec trois fois leurs suffrages ! Il y a deux réalisateurs gagnants, les autres pouvant retomber dans l'anonymat crapoteux de l'indifférence...

La Première Palme est attribuée à Luc Besson, pour l'ensemble de sa filmographie en tant que réalisateur et producteur ! Pour la petite histoire, Luc Besson est un nain adipeux et velu qui n'arrête pas de se teindre et est totalement imbu de lui-même. Jusque là, j'aurais plutôt tendance à penser que c'est moi, mais le portrait n'est pas fini. Puant d'orgueil quand on le rencontre, son fantasme compte apparemment les filles ossues qu'il replace dans tous ses films, et il s'écoute parler dans tout ce qu'il fait quand il ne fait pas quelque chose exclusivement pour le vendre (comme ses livres pour enfants, ou "Le Baiser mortel du Dragon", ou la série des "Taxi"...). Notez, ça marche bien. C'est vrai, pour un français, il a complètement réussi en jouant le jeu d'Hollywood. C'est pourquoi nous ne le blâmerons qu'un peu pour ça et beaucoup pour ses films de merde. Le Grand Bleu n'est qu'une longue et molle apologie du suicide sur fond de chant cétacé, le Cinquième Elément  un ramassis de musique techno, de couleurs qui tachent et d'ésotérisme à quatre sous du XIXe siècle, et pour Jeanne d'Arc, on me dit que cela "aurait pu être un des plus beaux films du monde s'il ne s'était pas écouté scénariser des scènes rigolotes, mais qui n'avaient rien à foutre là". Ajoutez en plus de mauvais acteurs et le tour est joué. Quant à Angel-A, on me rapporte que c'est tout aussi minable question scénario et casting, bien que je ne l'aie pas vu moi-même. Il semble que ce soit son "film profond en noir et blanc", passage obligé de tout réalisateur prétentieux qui se respecte.

La Seconde Palme ex-aequo revient à Jan Kounen, le triste réalisateur de Blueberry. Avec un seul film, il a déjà mérité la palme autant que Luc Besson, et c'est un exploit. Tout cet argent pour obtenir un film si stupide, fait par et pour les fumeurs de joints, et mal réalisé, en plus... Un bad trip toutes les cinq minutes fait avec des images de synthèses ratées. Il n'y a qu'un seul bon acteur et il est sous-employé, par ailleurs aucun personnage n'est réellement développé. Tant mieux pour Vincent Cassel, il serait incapable de tenir la distance de toutes façons. C'est soporifique, et au bout du compte toute l'intrigue (absurde et invraisemblable, mais passons) revient à la question "mais où se cache le labo ou ils produisent la came ?". Il y a même une grosse chatte mouillée et touffue à la fin, et c'est totalement gratuit. Mais la carrière de cet olibrius n'a pas commencé avec cette infecte bouse : il a aussi fait de regrettables courts-métrages dans lesquels il s'écoute parler (et se droguer, aussi). Tout ce qu'on peut espérer c'est qu'il n'aura plus de financement pour ces trop longues séances de branlette cinématographique qui se donnent des airs, ce fabricateur autoproclamé d'une nouvelle morale douteuse (et pompée à d'autres) qui se pavane au festival de Sundance comme le geai paré des plumes du paon.

Pour cette catégorie, les nominations étaient assez contradictoires, certains ne jurant que par tel réalisateur que d'autres ont détesté, d'autres nominant des gens dont ils aimaient certains films mais qui les avaient déçus... Quoi qu'il en soit voici leurs noms :

Sam Raimi, pour la série des Evil Dead, considérée comme totalement gratuite et vieillissante, et/ou les Spiderman, que certains voient comme peu fidèles à la BD et trop hollywoodiens.

Quentin Tarantino, pour Kill Bill I et II, parce qu'il aurait dû s'arrêter à Pulp Fiction ou Une Nuit en Enfer, et parce que c'était trop en faire pour de belles images gratuites et invraisemblables.

Claude Lellouch, pour Un homme et une femme, et pour l'ensemble de sa filmographie, nominé par ceux qui n'aiment pas le cinéma français mou et lent.

Micheal Bay, pour l'ensemble d'une carrière qui n'a pas l'air de vouloir s'achever, et particulièrement pour son magnum opus opportuniste et stupide, Pearl Harbor.

George Lucas, pour toute une carrière mercantile passée à ne faire que des films commerciaux qui ont très mal vieilli, à les exploiter au maximum, puis à les revamper pour recommencer sans se préoccuper de bien faire.

Jean-Paul Rappeneau, pour des films comme Cyrano de Bergerac et d'autres fleurons désuets avant l'heure des grandes heures (longues surtout...) de l'exception culturelle française dans le cinéma.

Valérie Lemercier, pour des films qu'on oublie, qu'on essaie d'oublier ou qu'on ne va carrément pas voir, et parce qu'elle devrait se cantonner à son travail d'actrice.

Christophe Gans, pour l'indicible merde que constitue Le Pacte des Loups, ainsi que pour les films subséquents qui sont tous strictement moins bons.

Stanley Kubrick, pour ses réalisations aussi longues que pédantes, pour Eyes Wide Shut (a regarder les yeux fermés...) et tous les films chiants mais précurseurs (2001, Orange Mécanique...) qui déçoivent.

Tim Burton, pour Charlie et la Chocolaterie pleine de gratuité, pour Big Fish et ses bons sentiments, pour ses Noces Funèbres à vomir, bref, pour ne plus savoir faire que de jolies images sans rien derrière.

Il est fort probable que vous soyez un inconditionnel d'un ou plusieurs réalisateurs nominés... Y compris des gagnants. Consolez-vous, vous n'êtes pas le seul à avoir des goûts de chiottes !

10/01/2006

Rions un peu avec la politique

Françaises, Français, mes chers compatriotes, après les voeux de bonne année de notre cher président (très cher, hors de prix d'ailleurs vu ce que ça a coûté à pas mal de gens de le faire élire, côté financement comme côté votants qui ont regretté...), il était naturel que nous nous retrouvions pour une nouvelle remise des prix du JEU DE LA HAINE particulièrement civique : Le Jarnac de Platine du Politicien le plus Corrompu !

(Jingle par Lully)

Pourquoi Jarnac ? A cause des mânes de notre ancien président, le plus machiavélique, le plus corrompu, le plus intrigant, le plus extraordinairement fourbe, qui est né dans cette petite ville, célèbre pour son coup en traître... Monsieur François Mitterrand, un si grand arnaqueur, trafiquant, faux jeton, impérial et retourneur de veste qu'il bénéficie encore aujourd'hui, dix ans après sa mort, d'un culte fidèle, malgré toutes les affaires qu'on découvre.

Accueillons tout de suite un invité (surprise !) qui doit énormément à François Mitterrand : sans lui son parti eut été évincé des scrutins de longtemps. Il s'est refait une nouvelle jeunesse dans son vieil âge en refilant les membres "gênants" de son groupe à un traître encore plus fourbe qui a fait sécession, et il a le "Front" de former sa dauphine de fille (d'aucuns diraient "baleine"...) à le remplacer à la tête de son parti devenu hélas respectable (à peu près comme un mafieux peut "se ranger" sans vraiment changer d'opinions)... Il est violent, borgne, populiste, laid, vieux, et sa Bretagne natale le renie avec exécration, j'ai nommé... Jean-Marie Le Pen !

Merci, merci ! Vive la France !

     Monsieur Le Pen, permettez-moi de vous dire que je suis flatté.

C'est très gentil à vous ! Mais je suis très heureux d'être ici.

     Non, c'est vrai, sans vous on ne saurait pas qui détester !

Ha ha ! En tout cas tout le monde n'est pas de votre avis : je n'ai pas été nominé pour ce prix, et je suis le chef d'un Grand Parti de Droite !

     Oui, c'est une honte, mais que voulez-vous...

En tout cas, laissez-moi vous dire que je suis content d'être reçu ici, car le Front National est banni des ondes, comme toujours, et ne peut pas s'exprimer, et ça, c'est une honte...

     Je suis d'accord... Si plus de gens entendaient la stupidité de vos propos je pense que vous auriez moins de suffrages, et on verrait que vous constituez un réel danger.

Hein ? Qu'est-ce que vous dites ?

     ... Mais ce n'est pas pour ça que le CIO vous a fait venir... Vous connaissez la Marseillaise ?

Mais... Evidemment ! L'Hymne National, tout de même !

     Bien. Alors au lieu de vous faire remettre des prix, nous allons vous demander de chanter cet Hymne avec nous, et de nous commenter les meilleurs passages. D'accord ?

Moui, c'est original. Allons-y... Mais je vous préviens, je chante très mal !

     Ce n'est pas grave du tout, de toutes façons on ne vous entendra pas à l'écrit. Allez, chauffe Marcel !

A présent, en vertu de la solennité de ce moment, levons-nous tous pour l'hymne national, dont voici les paroles complètes :

Allons, enfants de la Patrie,

Le jour de gloire est arrivé !

Contre nous, de la tyrannie,

L'étendard sanglant est levé. (bis)

Entendez-vous dans nos campagnes

Mugir ces féroces soldats ?

Ils viennent jusque dans vos bras

Egorger vos fils, vos compagnes !      Oui, ces paroles là, tout le monde les connait... Pourtant, personne ne réfléchit à ce qu'elles veulent dire : des ennemis d'autres pays nous en veulent, les Américains sur le plan économique, les Islamistes bien sûr, et même au sein de l'Europe, ces pays qui veulent avaler notre nation, nos traditions, nos particularismes, l'exception Française !

     Aux armes citoyens,

     Formez vos bataillons !

     Marchons, marchons,

     Qu'un sang impur

     Abreuve nos sillons !     Quel joli refrain ! Je ne comprends pas pourquoi les jeunes ne le chantent plus, il y a du sang, des tripes... Peut-être que c'est parce que ce vieux singe de Giscard l'a ralenti exprès.

Que veut cette horde d'esclaves,

De traitres, de rois conjurés ?     Oui, que veulent nos gouvernants corrompus, hein ? Que veulent-ils ? Encore plus d'argent, un autre quinquénnat ? Jusqu'où iront-ils ?

Pour qui ces ignobles entraves,

Ces fers de longtemps préparés ?     Ils veulent vous garder dans l'ignorance, ils vous mentent depuis longtemps, oui, c'est un grand complot, entre les francs-maçons et les juifs, sans oublier les invertis !

Français, pour nous, ah ! Quel outrage !

Quel transports il doit exciter ?

C'est nous qu'on ose méditer

De rendre à l'antique esclavage !     Et je restaurerai le pouvoir d'achat, aussi !

Quoi ? Ces cohortes étrangères

Feraient la loi dans nos foyers ?     Oui, ces hordes venues du Tiers Monde, si étrangères à nos racines, à notre culture et dont la France, qui en peut pas les soutenir et les nourrir tous, n'a que faire, qui osent venir ici nous prendre nos honnêtes gagne-pains alors que de bons français crèvent de faim ! On n'a pourtant pas le droit d'en dire du mal, sinon nous sommes taxés de racisme, alors qu'eux ne se gênent pas pour descendre les blancs...

Quoi ? Ces phalanges mercenaires

Terrasseraient nos fils guerriers ?     ... Et je ne parle pas de ceux qui créent l'insécurité dans nos rues, dans nos banlieues, ou des français, qui sont souvent sans travail, rasent les murs dans la peur, n'ayant aucun moyen de déménager, ne se sentent pas ne sécurité dans leur propre maison ! Ces nids d'intégristes islamistes, ces parasites, ces mauvaises graines qui quémandent ou volent les fonds publics grâce à la corruption et aux médias pour construire leurs mosquées, leurs dortoirs pour drogués...

Grand Dieu ! Par des mains enchaînées

Nos fronts sous le joug se ploieraient ?

De vils despotes deviendraient

Les maîtres de nos destinées ?     ... Et ces gens qui demandent des papiers pour procéder à leur immigration de peuplement, qui demandent le droit de vote pour les détenteurs de carte de séjour, devrions nous les laisser nous prendre notre pays ?

Tremblez, tyrans, et vous perfides,

L'opprobre de tous les partis !     Vous voudriez faire croire à tout le monde que NOUS, au Front National, nous sommes haïs de tous, mais ce n'est pas vrai ! vous nous diabolisez parce que nous disons tout haut ce que de plus en plus de gens murmurent tout bas. Nous ne sommes plus seuls, et notre message, contrairement à celui des soi-disant grands partis, n'a jamais changé !

Tremblez, vos projets parricides

Vont enfin recevoir leur prix !     A la prochaine élection, nous vous battrons !

Tout est soldat pour vous combattre :

S'ils tombent, nos jeunes héros,

La France en produit de nouveaux,

Contre vous tout prêts à se battre !     Notre montée au pouvoir est inexorable ! Sieg Heil ! Euh… Ahem… Excusez-moi, ça m’a échappé.

Français, en guerriers magnanimes

Portez ou retenez vos coups.

Epargnez ces tristes victimes

A regret s'armant contre nous.     Mais chacun a le droit de voter en son âme et conscience. N'en voulez pas aux français égarés par la langue de bois et les discours démagogiques de mes concurrents.

Mais ces despotes sanguinaires,

Mais ces complices de Bouillé,

Tous ces tigres qui sans pitié

Déchirent le sein de leur mère !     ... Même si le bon sens commande de mettre bas ces dirigeants, de droite comme de gauche, ces ministres inactifs qui s'en mettent plein les poches au lieu de penser aux vrais problèmes de la France des français !

Nous entrerons dans la carrière

Quand nos aînés n'y seront plus,

Nous y trouverons leur poussière

Et la trace de leurs vertus.     Souvenez-vous des grands héros de notre grand pays, Jeanne d'Arc, Charles de Gaulle, le Maréchal Pétain, Laval...

Bien moins jaloux de leur survivre

Que de partager leur cercueil,

Nous aurons le sublime orgueuil

De les venger ou de les suivre !     Ah, c'était le bon temps ! Maintenant ce qu'il leur faudrait aux jeunes, c'est une bonne guerre...

Amour sacré de la Patrie,

Conduis, soutiens nos bras vengeurs

Liberté, Liberté chérie,

Combats avec tes défenseurs !     J'aime cette vision de la liberté, active, qui n'hésite pas à conquérir et frapper... Parce que pour vivre libres, il nous faut notre espace vital, n'est-ce pas... C'est pour cette raison que nous ne pouvons plus accepter d'immigrés, c'est pour cette raison que nous les avions colonisés au départ. D'ailleurs ça leur a fait beaucoup plus de bien que de mal !

Sous nos drapeaux, que la victoire

Accoure à tes mâles accents,

Que tes ennemis expirants

Voient ton triomphe et notre Gloire ! Vive la République, et Vive la France !

Ah, quelle jolie chanson !

     Oui, vous êtes tout ragaillardi...

Finalement je me suis bien amusé.

     Et c'était très informatif pour nous sur votre programme.

Ha ha ! Hélas il faut que je m'en aille, j'ai un meeting avec des militants...

     Quel dommage, on s'amusait si bien.

Je peux peut-être rester si vous voulez...

     NOOON ! Euh... Je veux dire... Non merci.

Enfin, merci de m'avoir reçu, cher monsieur, au revoir !

     Au revoir...

Après ce très instructif petit interlude, rasseyons-nous... Invoquons une minute de silence parce que ça repose, et pour méditer les paroles de Benjamin Franklin : "Une société prête à sacrifier un peu de sa liberté contre un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre et finit par perdre les deux."... Ahem. On a les dirigeants qu'on mérite, et l'hymne national qu'on veut bien avoir. Voilà, fini.

Mais il est plus que temps d'ouvrir les enveloppes des gagnants de ce concours ! Tout d'abord voyons à qui est décerné le Jarnac d'argent, troisième prix de la compétition... J'ouvre l'enveloppe... Roulements de tambour... Ce sont trois gagnants, bravo à eux ! Il s'agit de François Bayrou, Roselyne Bachelot et François Hollande !

François Bayrou, l'air bête et plein de vent, est un homme politique contradictoire chef d'un parti centriste du style "faisons un sondage pour voir où vont les français, histoire que je me mette devant pour les diriger". Hargneux sur des broutilles, il est tout aussi corrompu que les autres mais sans la moindre envergure. C'est notre gagnant numéro 1, il a une belle tête de vainqueur !

Roselyne Bachelot-Narquin, pharmacienne et fille de gaulliste, âme damnée et porte parole moche de l'UMP et avant cela du RPR, et avant cela de ce que c'était avant, sans doute depuis le XVIIIe siècle... Elle a réussi à se faire un nom dans la politique tout en n'ayant aucune cause bien à elle, aucun créneau si ce n'est de suivre l'éléphant De Gaulle, puis Chirac...

François Hollande, notre troisième gagnant, est nominé ici pour sa simple incompétence. Rappelant Charlie Brown, il a un côté "qu'est-ce que je fous là ?" plutôt incongru. Il n'ira jamais loin, et c'est tant mieux : C'est le seul chef d'un grand parti qui reste parfaitement incapable d'être ne serait-ce qu'un tout petit peu présidentiable. On n'en voudrait même pas comme ministre.

On a déjà une belle sélection, mesdames et messieurs... Qui donc a pu dépasser en corruption ou en incompétence ces trois clowns à la poursuite des voix perdues ? Ouvrons donc pour le savoir l'enveloppe d'or du Jarnac D'Or, second prix de notre soirée... Et c'est... Charles Pasqua !

Oui, un grand bravo à Charles Pasqua, ancien ministre de l'intérieur et super parrain de toutes les mafias, affairiste véreux réputé, ne mâchant pas ses mots, sont l'erreur a été de s'allier successivement avec Edouard Balladur et Philippe de Villiers, deux hommes complètement à l'opposé de son caractère, alors qu'il était en quête de popularité. Le voilà nominé pour avoir à la fois inventé et justifié l'expression "les subventions à la mallette noire". C'est le maître de l'arnaque politique, ne l'oublions pas, et le premier populiste du Sud, avant même Bernard Tapie, et bien qu'il ait disparu de la trop haute politique ces derniers temps, tous s'en souviennent comme un ministre Mitterrandien avec un sentiment ambigu de haine et d'amour...

Dans la foulée, voyons maintenant à qui échoit le Jarnac de Platine.

Il a tellement de casseroles au cul que c'en est risible, presque tous ses plans capotent lamentablement, à l'étranger comme dans notre pays, il a attendu des années pour avoir ce boulot et s'aperçoit maintenant qu'il aurait mieux fait de se retirer avant... Il s'agit d'un grand homme, mesdames et messieurs... Il est loin devant tous les autres, avec le double, oui, le DOUBLE des suffrages obtenus par le second prix... Son impopularité est extraordinaire, sa corruption légendaire, son incompétence nous fait rire chaque jour... Il s'agit de Monsieur le Président de la République Jacques Chirac ! (Et je vous jure que je n'ai pas truqué les résultats, je n'ai même pas voté pour lui à ce concours !)

Incroyable, improbable, extraordinaire... Il a dépassé Charles Pasqua, il a enfoncé Kim Jong Il, George W. Bush, Marine Le Pen et Jean-Pierre Raffarin (un seul vote chacun !), et quant à Jean-Marie Le Pen et Sylvio Berlusconi, Tony Blair, Fidel Castro, Vladimir Poutine, Saddam Hussein, le président Iranien Amadinejad, Bouteflika, Laurent Gbagbo, n'importe quel leader terroriste et Dieu sait qu'il y en a, Jörg Haider, Nicolas Sarkozy (pour l'amour du Ciel, à quoi songiez-vous ?!)... Tous ces gens-là n'ont même pas été nominés ! Je m'interroge...

Voyons tout de même ceux qui ont reçu au moins un vote, ne serait-ce qu'un seul petit vote antipathique pour cette catégorie ou peu de gens ont voté, ne sachant que choisir, alors que tant nécessitaient une nomination.

Dominique Marie François René Galouzeau De Villepin, le faux mannequin l'Oréal déconnecté de la réalité dans son hôtel particulier du XVIIe (arrondissement, hein...), stratège de la dissolution du premier septennat de Jacques Chirac... Il ressemble de plus en plus à un zombi et de moins en moins à un premier ministre.

George W. Bush, le texan fou, président des Etats-Unis et Shérif du Monde, cuistre pétrolivore et illettré incompétent... Que dire de plus si ce n'est qu'il est cent fois plus corrompu que Jacques Chirac ? Mais que voulez-vous, un vote est un vote.

Jean-Pierre Raffarin, que notre ami Nikolavitch a surnommé l'ex-bossu de Matignon, quasimodo citant Lorie en guise de programme politique, impopulaire qui s'est longtemps accroché et qui n'a eu, pour toute cette détestation accumulée, qu'un seul vote !

Robert Hue, surnommé Grincheux ou Barbe-à-poux, à la fois l'oeil de Moscou et le nain du jardin, a hérité du parti communiste comme d'une vieille ferraille bonne pour la casse. Il l'a repeinte en rouge-rosé tant bien que mal (la pauvre carcasse ne supporte plus les révolutions...) mais tout ça ne roule pas très bien.

Laurent Fabius, l'homme de toutes les contradictions : D'abord fils d'antiquaire qui se tourne vers la politique, puis ministre de gauche à la politique de droite, enfin artisan de Maastricht et avocat du "non" à la constitution européenne !

Marine Le Pen, dont nous parlions tout à l'heure, qui aurait sans doute dû être un fils... Elle a les épaules larges et le physique bovin de son papa. Suffisamment pour reprendre le flambeau bleu-blanc-rouge ?

Olivier Besancenot, dont nous parlerons encore plus tard car il est nominé dans une autre catégorie (et nous ne vous dirons pas laquelle, petits sacripans !), facteur révolutionnaire abruti, tout est dit...

Raymond Barre, ex-ministre mou, professeur d'économie mou, risée de tous, caricature d'un autre âge (non, encore un autre... juste avant... voiiilà, le bébête show et les débuts des guignols, vous y êtes !).

Philippe de Villiers, demi-royaliste à la fois chiant et chouan ayant fait d'un parc d'attraction sa capitale, d'une version idéalisée de l'histoire de France son programme (les Rois n'étaient pas corrompus, ben voyons...), et de Famille Chrétienne son idéal... "Dieu est son Droit". Heureusement, nous sommes laïcs...

Kim Jong Il, mon préféré, méchant dans Team America, premier dictateur communiste héréditaire de l'Histoire, qui a été jusqu'à kidnapper un réalisateur asiatique populaire pour le séquestrer en vue d'apprendre à tourner des films, sacré meilleur athlète et sportif du monde en Corée du Nord (vive le contrôle des médias...) et cultissimme (de sa personnalité en tout cas), compositeur et écrivain, avec les plus belles filles (menottées ?) à son bras trop court... On dirait un méchant de James Bond : on voudrait inventer quelque chose de plus extravagant ou psychopathe, qu'on ne le pourrait pas.

Voilà, c'est maintenant la fin de cette distribution des prix... Soyez fiers de vos votes, car ils resteront secrets. Après tout, beaucoup de votants ne savaient pas pour qui voter, n'ont pas pensé instantanément à tous les hommes politiques qui l'auraient mérité, et beaucoup d'autres n'ont rien voté, ne sachant que choisir. D'autres enfin ont cru que seuls les français avaient accès à cette catégorie... Quoi qu'il en soit, les urnes ont parlé : S'il s'agissait d'un échantillon représentatif de la population je m'inquièterai, mais ce n'est sans doute qu'une erreur statistique. Vous préférez apparemment Kim Jong Il à Jacques Chirac, et personne ne déteste assez les dictateurs et les despotes pour les citer. Alors que tous s'appliquent à dénoncer Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen, Bruno Mégret et les fascistes de tous les pays, les exterminateurs de Kurdes, les anti-gays arabisants, les méchants Serbes, les Israéloïdes et les Palestineux, les lobbys racistes et les syndicats soi-disant non-politiques qui font pression sur le gouvernement, vous évitez soigneusement de les citer pour leur préférer des gens sans la moindre envergure, presque comiques ou complètement éteints comme Olivier Besancenot et Raymond Barre. Mais je me tais, j'ai promis de respecter les suffrages et les votants même si je ne suis pas d'accord... Par contre ce n'est pas demain que je reproposerai cette catégorie, c'est trop déprimant. A bon entendeur, salut !

09/01/2006

Sans transition...

Après une trop longue pause, nous nous retrouvons une fois de plus, mesdames, mesdemoiselles et messieurs, pour une remise de prix haute en couleurs... Qu'elles soient imprimées ou télévisées, ou même décrite verbalement à la radio, ce sont les joyeuses couleurs du JEU DE LA HAINE qui continue ! Oui, il est temps de remettre ce soir le Sept de Plomb du Journaleux le plus Incompétent !

(Jingle 7 sur 7)

Tout d'abord, je voudrais vous remercier, tous autant que vous êtes, d'avoir voté, et surtout de vous tenir informés de l'actualité des médias. Le nombre de nominés dans cette catégorie est l'un des plus importants, ce qui reflète des goûts divers mais aussi de très nombreuses sources d'information chez les votants, dans tous les médias. Félicitations, vous regardez suffisamment la télé pour la détester !

Accueillons à présent l'invité surprise qui va présenter nos prix, puisque c'est après tout son métier. Cet homme aux cheveux gelifiés s'est fait une spécialité, sur LCI, de passer pour un grand reporter en restant derrière son bureau. Il interviewe par téléphone ou en personne des gens importants en leur posant de mauvaises questions histoire de leur faire dire ce qu'il veut, les contredisant et se fichant de leurs réponses. Son journal, sobrement intitulé "Journal du monde" devrait, pour faire bonne mesure, s'appeler "Le monde selon lui" tant il compte uniquement ses opinions, qui se veulent le bon sens et ne sont que le sensationnel... Bravo à lui pour sa merveilleuse carrière et pour être venu ici ce soir : Vincent Hervouet !

Bonsoir mesdames et messieurs et bienvenue à cette édition.

     Alors, Vincent Hervouet, ça va les chevilles ?

Très bien merci. Sans transition, passons à la remise du Sept de Plomb...

     Hôla, hôla, hôla... On se calme, on a deux prix avant de remettre celui-là.

Ah ? Mais...

     Oui, on a le sept de plastique, troisième prix, et le sept de bois, deuxième prix.

Mais alors je ne recevrai pas mon prix avant la fin de la soirée ?

     Vous n'êtes pas nominé, vous n'êtes même pas dans le classement.

HEIN ? Qu'est-ce que c'est que cette arnaque ?!

     C'est pour ça qu'on vous a appelé pour présenter. C'est comme ça.

Mais j'ai droit à une récompense, vous m'aviez dit que c'était pour une récompense...

     C'est la récompense du journaliste le plus nul, vous n'aviez pas entendu ?

Ah ? Dans ce cas d'accord.

     Oui, enfin ça ne veut pas dire que vous ne la méritez pas, ça veut juste dire qu'il n'y a pas assez de gens qui ont pensé à vous pour la décerner. Pour ça il faudrait que vous soyez un peu connu ou remarquable.

Mais, qu'est-ce que c'est que ce langage ?

     Je fais mon métier de présentateur... Et d'ailleurs je vous ressers votre soupe.

Mais... Mais... On ne peut pas dire ça à l'antenne...

     Alors là, et d'une, on s'en fout, on est sur Internet; et de deux, vous en avez sorti de bien pires à des gens aussi importants que des chefs d'état.

Allons, on ne peut pas me comparer à un dictateur africain !

     Non, c'est vrai, vous n'êtes pas assez important. Allez allez, on active, les prix.

C'est un scandale !

     Allons ! Sinon on ne vous paie pas. C'est vous qui vouliez speeder tout à l'heure...

Grmbl... Bon. Alors, mesdames et messieurs, pour le sept de plastique, les lauréats sont... Laurent Ruquier, Bataille et Fontaine !

     Eh ben voilà, c'était pas si difficile. Vous voyez que c'est simple de bien présenter.

Notre premier sept de plastique, Laurent Ruquier, prouve s'il en était besoin que les gays n'ont pas tous bon goût, et ne sont pas tous de grands artistes. Galvanisé par ses premiers succès, c'est le premier à rire gauchement de ses blagues, télévisées ou radiophoniques... Il les publie dans des tout petits livres "best of" (ça fait moins de travail) qui évoquent plus les roucasseries que les pensées de Pierre Dac ou de Jean Yanne. S'il fait un bon mot (ce qui arrive de moins en moins) c'est toujours pour moraliser grâce à un esprit pédant, comme le gauchisant qui pète dans la soie qu'il est. C'est bien simple, ses co-animateurs comme ses invités lors de ses émissions de radio ou de télévision sont là uniquement pour le mettre en valeur : Sinon, pourquoi s'encombrer, dans des émissions dites culturelles et intellectuelles, d'un gay fan de bourriquet, d'une vieille gâteuse, d'une jeune pouffe inepte, d'une ancienne des grosses têtes, d'un dessinateur sorti du catalogue de l'homme moderne, ou pire encore, de Raphaël Mezrahi ? Non, Laurent Ruquier non plus ne peut pas plaire à tout le monde.

Pascal Bataille et Laurent Fontaine, deux animateurs radio et télé qui auraient pu être primés dans la catégorie King of Moche, font sans cesse de nouvelles émissions, trouvant chaque jour de nouvelles manières de torturer leur public. Leurs rires agaçants et leurs shows préparés sont apocalyptiques, et leur dualité leur permet de rebondir l'un sur l'autre dans des répliques toujours plus stupides. C'est à eux qu'échoit le sept de plastique, grâce à leur goût pour le voyeurisme, proclamé haut et fort par des petites émissions pour de trop petites gens, telles Ya que la vérité qui compte (c'est l'hôpital qui se moque de la charité... Des "anonymes" qui versent dans le sentimentalisme et la confession), Ya pas photo (non, c'est clair ! Des témoignages sur des aventures "extraordinaires" complètement bidons...) et Zéro de conduite (on dénonce le défaut d'une personne et on impose un défi pour le corriger en public... Charmant.), sans oublier Drôle de petits champions, sorte de resucée de l'école des fans mais avec des talents plus divers.

Tout de suite le deuxième prix, le sept de bois.

     Je n'aurais pas dit mieux.

... Et il s'agit de notre confrère Thierry Ardisson !

     Tout à fait, Thierry.

Comme le précise sa biographie récemment publiée, il n'a pas changé le monde mais il s'est bien amusé. Tant mieux pour lui, et tant pis pour nous. Vaguement noble, monsieur D'Ardisson a préféré retirer sa particule tout en montrant son royalisme à la fois tendance, cul-pincé et superficiel. Normal, pour de la gauche-caviar soixante-huitarde. Ses émissions, ses articles et tout ce qu'il produit sent le racolage à plein nez, tant et tant qu'il a été nominé à l'Escarre du plus mauvais cabotin (gagnera-t-il ?), et qu'il a failli participer à la catégorie des écrivains et à celle du réverbère de bronze de la personnalité la plus racoleuse. Il l'était beaucoup en son temps, racoleur, et le magazine Entrevue l'est toujours... Mais il a cédé la place à des gens plus à la mode, moins assagis et encore plus impertinents que lui. Voilà pourquoi il n'a que le sept de bois, parce qu'au fond il n'est plus à la mode.

Et tout de suite, le premier prix, le sept de plomb.

     Toujours aussi expressif et original, vous, hein...

Pardon ?

     Non, rien.

Il s'agit de notre confrère Marc-Olicier Fogiel !

     On l'applaudit bien fort ! Il n'est pas habitué.

Marc-O, comme on l'appelle couramment, est présenté comme le Kwisatz Aderach du PAF, l'élu de la télé, bref, un super animateur. Il a même interviewé le président Jacques Chirac dans une émission censée éduquer les jeunes face à la constitution européenne. Mal, certes, mais c'est déjà un miracle de piston qu'il ait eu le job. Pistonné, il l'est. Il a bien mené sa barque : il est gay et juif, deux minorités en vogue dans le milieu de la télé (les juifs ont toujours été là, voyez Michaël Youn, et les gays montent en puissance car c'est un créneau prometteur, voyez PinkTV) en plus d'être opportuniste, ce qui est toujours récompensé dans ce milieu. Il est passé d'assistant à animateur en se faisant des relations, et il a monté sa propre boite de production. Il a racheté son horrible sbire ventripotent au rabais (Guy Carlier, déjà Jack of Moche, ce qui fait de l'émission de Marc-Olivier la plus primée de ce concours, belle performance !). Une progression exemplaire chez un être aussi jeune et aussi agaçant : Autant Jean-Luc Delarue est un roquet à la jambe des vrais journalistes, autant lui est un roquet au mollet de Jean-Luc Delarue. Mais qu'a-t-il vraiment fait ? Une émission minimaliste sur Canal +, laquelle était plus une redite du zapping qu'autre chose, et puis il a volé toute la sanie télévisuelle que Thierry Ardisson avait éructé pour en faire de vagues clones d'émissions transfuges, mais qui marchent puisque Thierry Ardisson s'essouffle (on vient de le voir). Mais même à ce jeu, c'est un incompétent. Il a engagé Guy Carlier pour se mettre en valeur (c'est quelqu'un de plus laid et de moins drôle que lui, et c'était difficile à trouver sans tomber dans les lépreux en phase terminale...) mais ça ne marche pas. Son émission consiste à faire un petit laïus censé descendre ses invités sans même avoir lu ou vu ce qu'ils ont fait (sinon ça marcherait un tant soit peu), sans même écouter leurs réponses quand ils peuvent en placer une. Et il est vital pour Marc-O qu'ils se taisent, sinon c'est lui qui est mort, vu que ses invités savent en général se défendre. Même contre Pascal Sevran, ce dinosaure, Marc-Olivier Fogiel s'est fait rétamer en deux phrases, lesquelles ont prouvé qu'il n'avait pas lu le livre, pas préparé l'interview, et qu'il n'était qu'un avorton arriviste. Face à sa question grossière et évidente "Cela vous embête que Libé dise du mal de vous ?", le chanteur Renaud, pourtant pas toujours très fin, a répondu adroitement "Ben tiens, ils diraient du mal de toi que je m'en foutrais complètement."... Oui, les téléspectateurs de Marc-O le regardent uniquement pour voir de quelle façon il sera mis KO. C'est bien simple, il est arrivé plusieurs fois que, sous les applaudissements du public, alors que Marc-O était perdu dans son soliloque préparé, les invités discutent entre eux puis s'en aillent en rigolant, laissant là ce triste sire sans accorder la moindre importance, par une réponse quelle qu'elle soit, à ses flatulences buccales. Pour tout cela, je suis tout à fat de l'avis du public et du CIO, je crois honnêtement que jamais une récompense n'avait été aussi méritée que ce sept de plomb du journaleux le plus incompétent.

Et à présent que, dans un souci d'efficacité, sans doute, Vincent Hervouet est parti avec ses sous, il est l'heure de saluer tous les autres nominés, ceux qui n'ont pas été châtiés pour leur nullité mais que nous ne portons tout de même pas dans nos coeurs. Zappez sur...

Nikos Aliagas, présentateur grec et gras qui n'a rien fait de bon depuis qu'il a laissé Christine Bravo, et qui donne dans le sensationnel et le people grâce à la Star Academy...

Philippe Val, (et je cite un votant), "mandarin prétentieux, sentencieux, imprécatoire, incohérent et sans couilles", ce qui, même en travaillant à Charlie Hebdo, est un exploit...

Edwy Plenel, ainsi que tous ses petits co-présentateurs visqueux et nerveux de ses émissions culturelles sur LCI, parce qu'il cochonne dans Le Monde et que ce frisé moustachu est tout simplement insupportable...

Daniela Lumbroso... Bon, ça se passe de commentaire. Faire pute à son âge, passer dans de telles émissions à son âge, se prendre pour une journaliste alors que c'est encore une potiche, à son âge...

Elizabeth Quin, critique cinéma (déjà, c'est une tare...), journaliste et auteur d'un court (très court...) roman, absolument hideuse et énervante, impertinente au sens premier du terme : pas pertinente du tout.

Jean-Marc Four... Je vais encore citer texto un de ces votants qui me fournit une bile si riche, pour parler de cet animateur radio : "Présentateur du 13-14 sur France Inter qui utilise son journal pour inviter ses amis policiers, juges, gardiens de prison ou responsables politiques à évoquer son sujet préféré : l'insécurité. Quand il tourne dans les couloirs de la maison ovale de Radio France comme un hamster dans sa cage, une plaisanterie pourrait lui servir de credo : Pour un journaliste, l'impertinence c'est la flatulence."

Nelson Montfort, commentateur sportif incompréhensible, certes, mais dans deux langues différentes. De toutes façons, comme tous les commentateurs sportifs, il n'a rien à dire et fait du remplissage entre deux interviews.

Michel Field, sorte de tas qui s'enfonce progressivement dans son âge, avec une pipe qui dépasse, et qui se prend pour un philosophe et un grand esprit littéraire, juste au dessus de BHL et en dessous du singe dans l'évolution.

David Pujadas, un petit brun qui serait aisément remplacé par un bout de bois, question présentation. Il cherche à imiter Patrick poivre D'Arvor, sans espoir de battre son record puisqu'il vieillit en même temps.

Rachid Arabe... Si, si, il existe, il était animateur sur France 2. Avec un prénom pareil, on va encore m'accuser de jouer sur les stéréotypes, mais non, c'est son vrai nom.

Arthur, personne dont on ne veut même pas connaître le nom de famille, nominé pour avoir fait pire que Sabatier avec les Enfants de la Télé, puis avoir fait pire que Lagaf sur TF1 à la même heure...

Frédéric Beigbeder, eh oui, encore lui... C'est le monsieur Dusnob du journalisme. On pourrait dire de lui que dans toute sa carrière il n'avait rien à prouver à personne. Et il l'a prouvé.

Stéphane Bern, eh oui, nous ne l'avons pas oublié... Dans la famille roquet, je voudrais le caniche nain abricot. Et c'est ça qui veut remplacer Léon Zitrône dans une resucée de Jours de France...

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! Retenez bien tout ce qu'on vous a dit, et surtout ne soyez pas étourdi... Euh, non, c'est pas ça. Enfin, bref, il est temps de nous quitter, à la revoyure pour d'autres remises de prix aussi joyeuses que celle-ci, et peut-être même plus !

05/01/2006

Vieille Canaille...

Pleurons, mes amis, pleurons sur la tombe du seul détenteur de ce titre, le premier, le plus grand, le plus laid. Pleurons sur Feu Serge Gainsbourg, ce génie. Mais pas trop quand même, car aujourd'hui nous allons distribuer ce prix tant attendu, la Couronne du King of Moche !

(Jingle bells)

Pour présenter ce titre ô combien convoité, je vais accueillir l'actuelle Queen of Moche de France. Elle a manqué de peu le titre mondial, uniquement parce qu'elle sait bien se coiffer. Je voudrais que vous fassiez un tonnerre d'applaudissement à la première dame de France, madame Bernadette Chirac, née Chodron de Courcel !

(Jingle marseillaise !)

     Madame la première Dame, c'est un grand honneur de vous recevoir ici !

Mmmh... Merci infiniment, oui... Merci à vous. Tout l'honneur est pour moi, vous savez !

     Du tout. Nous sommes indignes de votre présence... Mais...

Ne cherchez pas à me baiser la main, jeune homme, elle est vissée au sac à main, on n'y peut rien.

     Ah, veuillez m'excuser.

Et je suis très flattée d'être ici avec vous, et tous ceux qui ont voté pour ce concours, pour décerner ce prix magnifique, fruit d'une initiative saine comme on aimerait en voir plus souvent en France... Les concurrents ont tous mérités mon accolade, au nom de notre pays tout entier qui les remercie !

     Merci, c'est très aimable à vous, le CIO est confus, je suis confus...

Si, si, d'ailleurs c'est exactement ce que dit mon mari.

     Il dit ça ?

Oui, il le dit souvent, qu'il est confus. D'ailleurs tout le monde le dit.

     Ah, oui, évidemment.

Quoi qu'il en soit cela me fait très plaisir de remettre ma couronne à quelqu'un d'autre, même si je suis un peu triste de ne plus représenter cette catégorie.

     Vous serez toujours dans notre coeur comme une Grande Dame de la laideur, madame Chirac.

Oh merci, merci mille fois !

     Mais nous parlons, nous parlons, et l'heure tourne ! Bien que nous appréciions votre compagnie, il faut à présent ouvrir la première enveloppe.

Certes... Ce sont les valets, le troisième prix. Ciel ! Il y a quatre Jacks of Moche, ex-aequo !

     Oh, bravo à eux ! Mais qui sont-ils donc ?

Eh bien ce sont quatre valets, quatre moches, quatre hommes...

     Oui ? Quel suspense !

J'ai nommé... Messieurs Sébastien Folin, Sim, Rowan Atkinson et Guy Carlier !

     Mais c'est fantastique !

Tout à fait, d'autant que Sim est un vieil ami et concurrent de longue date pour le titre ! Quel bonheur de le voir encore sur le devant de la scène, à son âge.

     Parlez pour vous, il y en a qui ne sont pas habitués... Mais voyons donc ce qu'on fait nos Jacks of Moche pour emporter le prix :

Sébastien Folin présente la météo sur TF1 et est aussi l'excuse raciale de la chaîne, pour qui ça fait bien d'employer des gens qui ne sont pas spécialement "gaulois", d'autant que c'est une obligation légale. Il est superbe et extrêmement sexy si vous aimez le genre basané, typé, cheveux luisants et barbe. Ses kilos en trop, qui se sont accumulés dés que son poste a été plus ou moins assuré, sa voix mal placée, et surtout sa visibilité totale sur la plus grosse chaîne à l'heure de plus grande écoute dans l'émission que tout le monde regarde lui assurent une bonne base de suffrages composée de gens qui ne l'aiment pas. Ce qu'il n'a pas en laideur de corps, il le compense par l'arrivisme (malgré un professionnalisme certain) et le fait que beaucoup de gans le détestent simplement de façon épidermique... Le pauvre garçon.

Rowan Atkinson, en tant qu'anglais, partait avec un net avantage dans ce concours. Grâce à ses grimaces et à son jeu d'acteur évitant habilement la composition, ses rides qui s'empilent et ses airs volontairement ringards, ses traits élastiques qu'il pince quand il n'y fait pas attention, sa diction impeccable et très agaçante, et surtout ses films extrêmement mauvais aux gags répétitifs complètement resucés de ses émissions de télévision (lesquelles commencent à dater...), il arrive en troisième place de ce concours de laideur. Il faut dire que pendant tant d'années, il s'est appliqué à mettre comiquement en valeur toutes ses prédispositions à la mocheté (et elles étaient nombreuses). Ce qui l'a achevé : C'est un ancien camarade de classe de Tony Blair. Il a dû lui donner des conseils... Bel effort !

Il était pourtant difficile de rivaliser avec Sim. Cet homme est une institution, un monument, une balise, une véritable allégorie de la mocheté ! A lui seul, il est l'exception qui confirme la règle qui dit, à l'étranger, que les français sont beaux et romantiques (du moins est-il seul depuis que Ticky Holgado est décédé). De son vrai nom Simon Jacques Eugène Berryer, et ne sortant plus que rarement de sa retraite normande, il a longtemps fait partie du décor des Grosses Têtes, la célèbre galerie de monstres du cirque Bobino présentée par le nain, Philippe Bouvard. Performance : Il est laid même à la radio. Sa carrière serait trop longue à résumer ici, sachez qu'il a chanté de nombreux titres dont plusieurs disques d'or depuis 1969, dont le célèbre "Elle est chouette ma gueule", presque un passage obligé sur www.bide-et-musique.com !

Quant à Guy Carlier, il est aussi laid que Sim, mais beaucoup, beaucoup moins drôle. Plutôt que de rire de lui on plaindrait ce bourrelet vivant. Adipeux et obscène, complexé et mal à l'aise, c'est un être vaguement irritant et incapable de lancer un bon mot qui fasse ne serait-ce que sourire (je cite : "Alain Juppé ressemble au croque mort de Lucky Luke"... On a vu mieux... Et dans le genre, lui, c'est plutôt l'autre extrême, un gros crapaud luisant et suant, n'ayant aucune chance de se transformer en prince). Après un faux succès à la radio dû à sa voix imbitable et sa diction aussi prenante qu'un mongolien ânonnant du Ionesco, il est devenu l'excroissance Jabba-esque de Marc-Olivier Fogiel à la télévision, faisant encore baisser l'audimat de cette pathétique merdouille. On croirait qu'il est en costume cintré et moulant... C'est parce que sur lui, tout devient moulant, même les sacs à patates. "Gros" chez-lui est un pléonasme, alors qualifions-le de Grand Tas.

Je n'aurais pas dit mieux.

     Merci beaucoup, Madame la Première Dame.

Du tout. On continue ?

     Allons-y, passons à la Lady of Moche, le second prix ( à ne pas confondre avec la Queen of Moche, premier prix dans le cas d'une lauréate).

Vous faites bien de le préciser.

     Voici l'enveloppe argentée...

Ah, il n'y a qu'un nom cette fois... Et c'est effectivement une Dame, une Grande Dame même !

     Noooon...

Si ! J'ai nommé Geneviève de Fontenay !

     Elle le mérite, oui, vraiment.

Médaillée du Mérite du Dévouement Français, Geneviève Mulmann dite De Fontenay se voue corps et âme à la cause des Miss. C'est elle qui organise le comité des Miss France depuis plus de cinquante ans. Et ça se voit. Jamais le mot "ancienne" dans "ancienne miss" n'a été aussi bien employé. Elle a été élue Miss Elégance dans les années cinquante mais aucune photo n'a survécu (tiens tiens...). Sans doute parce qu'elle portait déjà son sourire figé, et son légendaire et terrifiant chapeau, qui cache mal sa calvitie. Son cri de guerre clame la beauté, l'élégance, le bon goût, et Grâce de Monaco tout à la fois... C'est justement à cause de cette ironie irrésistible qu'elle hérite du titre de première dauphine : toujours demoiselle d'honneur, jamais mariée, la Lady of Mode est ici sacrée Lady of Moche, car elle est plus proche physiquement d'Iggy Pop et de Brigitte Fontaine que d'Audrey Hepburn.

Bravo ! Bravo !

     Oui, Brava !

Et cela fait si longtemps qu'elle aurait dû l'avoir à ma place ce prix...

     C'était serré quand même.

Je vous remercie !

     Ha ha... Nous allons à présent découvrir le nom de notre grand vainqueur de la soirée, le King ou la Queen of Moche en titre. Madame Chirac, êtes-vous prête ?

Oui, j'ai l'enveloppe dorée...

     Attention... Suspense suspense...

Oh grand Dieu, c'est un prix collectif !

     Oui, et le nombre de votes leur fait distancer haut la main tous les autres concurrents !

Il s'agit des Windsor, toute la famille royale d'Angleterre !

     C'est merveilleux !

Oui, les Rois des Moches sont bien entendu presque tous les représentants de la famille régnante du Royaume Uni, qui compte le plus beau ramassis de fins-de-race et de ratés consanguins à s'asseoir sur un trône depuis les Rois Fainéants ! Leurs signes distinctifs sont des dents à racler le parquet habilement tournées vers l'avant, des oreilles faisant bateau à voile, des yeux vitreux et mous, des visages qui s'affaissent, des mentons retroussés, des nez patatoïdes, des cheveux à faire peur, des formes vomitives et une façon intrinsèquement cul-pincée de s'habiller. Citons par exemple la Princesse Margaret, le Prince Charles de Galles, mais aussi la Reine Elizabeth II elle-même, le jeune Prince Harry, et, chose étonnante car elle n'en fait partie que par alliance et depuis peu, Camilla Parker-Bowles. Ladies and gentlemen, God Save the Queen !

C'est bien la première fois qu'une Première Dame de France va couronner la famille royale d'Angleterre, surtout au grand complet...

     Je suis bien de votre avis.

Hi hi ! C'est du plus haut comique.

     Malheureusement, il n'y a personne pour recevoir le prix en leur nom, question de budget et d'officialisation, vous comprenez...

Oh, ce n'est pas grave, je leur remettrai ma couronne lors de la prochaine visite officielle.

     Vous feriez ça pour nous ? Mais vous êtes un ange !

Non, c'est bien normal. Pensez-vous, c'est bien plus amusant de venir ici qu'au salon de l'agriculture... Et c'est pas Claude et Laurence qui viendraient voir leur maman à l'Elysée, d'ailleurs...

     Hem... oui... C'est très intéressant, Madame Chirac, et nous aimerions beaucoup que vous passiez un message personnel, mais nous sommes pressés par le temps...

Ah c'est vrai... Bon, avant de m'en aller, juste un ou deux, des tout petits ?

     Bon, d'accord. Mais court hein ! C'est bien parce que c'est vous.

Oui oui. Ahem... Mes enfants, venez voir maman plus souvent ! Et Jacques, je sais que je suis moche, j'ai reçu un prix... Mais depuis combien de temps n'avons-nous pas accompli le devoir conjugal ? S'il te plaît, Jacques, prends de la DHEA, du Viagra, des hallucinogènes, mais touche moi, TOUCHE MOI !!! OUIIIIIIII !!!!!!!

     ...

C'est fini.

     Sûr ?

Oui oui. Je... Je vais aller me recoiffer...

     Eh bien, merci encore et au revoir, Madame Chirac...

Bernadette, s'il vous plaît.

     Merci... Bernadette... Vous avez été une invitée modèle ! Et ça nous change.

Hi hi ! Merci à vous. Au revoir !

     Au revoir !

Quelle sainte femme. Mais comme je le disais plus tôt l'heure tourne, et nous devons passer en revue tous les autres nominés qui ont été déçus dans cette remise de prix, les laids célèbres qui n'ont pas remporté tous les suffrages qu'ils auraient pu, qu'ils auraient dû... Applaudissons :

Anne Roumanoff, mauvaise comique courte sur patte au physique ingrat qui présente très mal de très mauvais sketches avec de très mauvais textes sur un très mauvais téléprompteur sur une très mauvaise chaîne comique du câble. Versatile, elle a été nominée pour d'autres catégories, mais c'est une surprise...

Arielle Dombasle, mauvaise actrice qui s'est progressivement défigurée et se pique aussi de chanter. Hélas, là n'est pas son talent. espérons qu'elle découvrira ce que c'est avant que ses lèvres n'aient gonflé jusqu'à boucher ses narines. Ne vous inquiétez pas pour elle, on la retrouvera dans d'autres catégories.

Jean-Pierre Coffe, animateur culinaire proverbialement impuissant qui va de coup de vieux en coup de vieux, avec accessoirement un coup de gueule de temps en temps contre tout ce qui est Malebouffe. Son excuse : il ne fait pas attention à son apparence.

Pierre Palmade, ancien anorexique toujours mal fagoté, dégingandé, ossu et au sourire repoussant, qui a eu l'avantage de faire rire pendant... Oh... Quelques années. Depuis, son côté androgyne sec s'est étiolé, même si personne ne croit sérieusement une seconde à aventures avec des femmes.

Jane Birkin, encore une anglaise, normal. Moche, bête, qui chante comme elle pète (en faisant "pfuiiit"), aux cheveux trop fins, jamais bien coiffée, jamais bien habillée, des dents qu'une jument ne voudrait pas pour elle... Le seul échec de Wonderbra. Et en plus elle vieillit mal.

Michael Jackson, bien sûr: le King of Pop a été King of Moche pendant de longues années, mais disqualifié parce qu'il ne rentre plus dans la catégorie. Voyez-vous, il n'est plus humain depuis longtemps, et ne rentre pas non plus dans les personnages de fiction...

Woody Allen, autre laid célèbre qui se tape toutes les plus belles minettes du moment, à tous les coups, plus plaint que détesté pour son humour juif New-yorkais. Le génie n'a qu'un temps, sans doute...

Jamel Debbouze, handicapé de la main de ma soeur et enculé de sa mère... C'est peu élégant, mais c'est toute la "culture" qu'il représente. Il est laid, il est bête, mais il fait partie d'une minorité alors on n'a pas le droit de le mettre au pilori pour lui lancer des tomates. Heureusement, lui aussi, on le retrouve dans plusieurs catégories !

Ron Jeremy, l'acteur porno vivant le plus laid, et sans doute le plus laid depuis les années 70... Un physique pire qu'ordinaire, vomitif, voire cthulhoïde, derrière une bite tentaculaire. Elle tentacule beaucoup d'ailleurs.

Chicken Little, ou Caliméro II, le retour... Qui a plagié qui ? Allez savoir. Et on s'en fout, vu que dans les deux cas c'est de la merde. A tel point que des enfants de 10 et 11 ans de ma connaissance, soi-disant le coeur de cible du film d'animation Disney récent, en sont arrivés à vouloir partir avant la fin. Ce n'est ni intéressant, ni beau, ni bon, ni même réel, alors...

Voilà, nous sommes arrivés au bout de cette merveilleuse cérémonie. Nous remercions le CIO, Madame Bernadette Chirac, tous les concurrents et bien entendu Serge Gainsbourg et Croc, sans qui rien de tout cela n'eut été possible. Longue vie au Roi !

04/01/2006