31/08/06

Billets de Mars 2006

Note de l'auteur : Les billets sont classés par ordre déchronologique. Si vous avez une question ou un problème, écrivez-moi. Si vous voulez savoir pourquoi tout est grisé comme ça et d'où tout ça vient, et pourquoi tout est compilé de cette manière, c'est que manifestement vous n'avez rien lu du titre de ce Blog, ni les billets avant celui-là... Mais soit, je réexplique. Ceci est al compilation d'un mois de billets publiés sur mon ancien Blog, avec la mise en page à peu près respectée, mais sans les photos (doù, parfois, quelques incohérences quand le billet y fait allusion, mais rien de grave). C'est classé du plus récent au plus vieux parce que c'était comme ça sur l'ancienne page. Tout bêtement. A bon entendeur...

31/03/2006

Etat sir

Jamais je n'aurais cru voir ce jour. La Reine d'Angleterre a accepté l'idée aussi sotte que grenue d'anoblir Tom Jones. Bon, moi je l'aime bien... Franchement, il a fait de bons trucs. Mais là, récompenser en le faisant Sir une carrière de plusieurs décennies qui se termine par "Sex Bomb", un titre ou quelque vieux beau se trémousse sur des paroles plus que simples : On frise le ridicule. Et puis, anoblir un Gallois... Je vous demande un peu !

Encore des "Sirs", Derek Jacobi, Paul McCartney et Elton John continuent leur petit bonhomme de chemin sans se préoccuper le moins du monde de leur titre (comme, sans doute, le fera Tom Jones, qui, s'il est honoré, n'avait certes pas besoin de cette confirmation de sa célébrité... Tout comme les autres !), organisant qui un concert, qui une vente de charité (Elton John brade ses frusques contre le SIDA), qui jouant dans un film à succès...

Soyons sérieux, ces titres, ils n'en ont pas besoin. Voyez les Chevaliers des Arts et Lettres en France. Sylvester Stallone l'est. Et pour quoi ? Pour ses films d'action fins et racés. Même si il est sans doute quelqu'un de très fin et un homme d'affaire avisé qui gère bien sa fortune personnelle comme sa carrière cinématographique, il est difficile de dire sans pouffer que sa filmographie "éduque ses contemporains et élève leur niveau culturel"...

Mais toutes les récompenses ne sont pas imméritées. Les chevaliers du Taste-vin ont accueilli dans leurs rangs l'acteur Bob Hoskins il y a déjà longtemps, en lui offrant un manteau en poil de lapin et non d'hermine certes (c'était juste après le film Qui veut la peau de Roger Rabbit) mais le geste était sincère. Il y a fort à parier que cet acteur soit grand amateur de vins. Belle ouverture vers l'Amérique de cette institution scléro... séculaire.

A quand Sir Steven Seagal, Chevalier des Arts et Lettres et Prince de l'Aïkido ?

Le Retour de la Vengeance des Franges en Daim

Bravant les troubles et les émeutiers, je me suis rendu du côté de Châtelet aujourd'hui. Bon, il n'y avait pas grand monde à ce moment là et je me suis vite éloigné des grands axes et des places, opérant une retraite stratégique là où je ne risquais pas de me prendre des coups. C'est lâche, je sais, mais c'est aussi parce que j'ai déjà donné question coups, dans d'autres manifestations, et ce sans même être manifestant... Mais je vous passe les détails.

Toujours est-il que j'ai vu dans le métro (Oui, le métro, parfaitement, je prends le métro ! Ha, et vous me croyiez snob... Non, je suis un être plus chthonien) la réclame d'un spectacle de Steven Seagal. Si, si, l'acteur qui, exploitant sans vergogne le créneau de Chuck Norris, incarna des personnages aussi variés que les neurones de Jean-Claude Van Damme dans des films qui avaient autant de rebondissements que Jane Birkin.

Souvenez-vous : Le cuisinier surentraîné du bateau de guerre qui bute tous les terroristes à lui seul avec un couteau à fruit et désamorce la bombe dans le train dans la suite, c'était lui. Le flic bouddhiste qui, pour une fois, ne tue personne et n'arrête pas de tripoter ses billes, encore lui. L'écolo avec une grosse moto et un blouson en daim beige avec des franges partout, qui résout le problème des déchets nucléaires de la mine...Toujours lui !

Steven Seagal, lui qui est l'idole des films d'action en Egypte (il est sur toutes les chaînes du câble et des hôtels pour touristes fortunés, doublé en arabe s'il vous plaît), lui a la queue de cheval si fluide, lui dont la calvitie avance malgré la chirurgie... Steven Seagal, devenu rock star, est en tournée. Et il passe à l'Olympia. Et ce juste avant de tourner un autre film en Roumanie. Lui, dont on n'a pas entendu parler depuis des lustres.

Il se fait vieux, il s'empâte, il s'habille très mal, il a l'air plouc et beauf avec sa guitare, il a un sale accent, gominé au baranne et au pento dans une sempiternelle coiffure raide vers l'arrière, il joue des rôles à peu près aussi évolués que Lucy l'australopithèque et il se croit fin... Mais il a une carrière. Et une bonne. Pas mal pour un has-been... C'est déjà mieux que Chuck Norris et Van Damme, précités de la même veine.

29/03/2006

La goutte d'eau

Je suis un trekkie. Vous l'aurez peut-être remarqué à ma façon de faire référence à Star Trek et à son jargon spécifique de temps à autres, et aussi à ce que j'ai écrit dans mes listes. En soi, ça n'a aucun rapport avec ce dont je voulais vous entretenir, c'est juste qu'à l'occasion de la diffusion d'une des multiples séries de Star Trek sur le câble, j'ai vu la dernière publicité pour l'eau de Volvic. C'est choquant de bons sentiments.

"Pour un litre de Volvic acheté, dix litres d'eau potable seront puisés au Sahel". C'est quand même tendancieux. Qu'est-ce que cela suggère ? Premièrement, que si on n'achète pas l'eau de Volvic, on ne donnera pas d'eau au Sahel, donc qu'on va priver ces pauvres assoiffés. Deuxièmement, que Volvic fait des bénéfices (eh oui, ce n'est pas uniquement altruiste) en faisant jouer la culpabilité et la compassion avec une pub larmoyante.

C'est un comportement parfaitement odieux, et, pris comme ça, un chantage. Par ailleurs c'est mensonger... Ce qu'il se passe, c'est qu'avec une partie de l'argent récolté des puits seront creusés au Sahel. Très bien, bravo, mais chaque puits ne donnera pas la même quantité d'eau, et il n'est pas dit que tout sera potable... Et même si c'est bénéfique, c'est sans garantie et c'est loin d'être immédiat. Notez le confortable futur : "seront puisés".

Si ça se trouve, l'entreprise Volvic va envoyer l'argent (peut-être même en se sucrant au passage, on a vu plus étonnant de nos jours, l'humanitaire est loin d'être au dessus de tout soupçon...) en faisant confiance à des sous-traitants locaux, sans s'en préoccuper au delà du minimum juridique, ce qui lui permettra de récolter des subsides, des exemptions de taxes, et de faire une publicité aux relents miasmatiques de fausse bienfaisance.

Mais je conjecture sans aucune preuve... Et j’admets volontiers que si nous n'avons aucune preuve de la bonne foi de Volvic, nous n'avons aucune preuve de sa mauvaise foi. Même si Volvic est exemplaire et que ce geste est une main tendue de bonne foi, cette publicité pathétique et racoleuse est basée sur une approximation simpliste basée sur des estimations invérifiables... N'importe quel géologue vous le dira.

Que font nos enquêteurs zélés, les petits saints écologistes spécialistes de la traçabilité dont la France semble avoir un réservoir inépuisable ? Sont-ils trop occupés à déposer quelque étron devant un fast-food ou à saccager quelque plant mutant ? Sont-ils trop verts, et bons pour les goujats ? Mais qu'on me pardonne, je m'énerve pour rien. C'est un beau geste, sans doute, mais je suis de nature soupçonneuse.

Daily Bugle

"Trompettes de la renommée, vous êtes bien mal embouchées", disait George Brassens, grand poète au pragmatisme pourtant éclatant devant l'éternel. Je viens d'en faire l'amusante expérience : Je n'ai jamais reçu autant de commentaires à mes billets que lorsque je parlais de quelque chose de vaguement connecté à l'actualité. Chose que je ne voulais vraiment pas faire régulièrement au départ. Et puis ils sont moins drôles.

C'est subjectif, évidemment, mais une chose ne ment pas : je tourne autour de cinq ou six commentaires (en incluant mes réponses) pour les deux derniers billets d'actualité. le reste, zéro. Chose étrange, que les commentaires soient ou non positifs, ils ne concernent pas tous le propos, mais d'autres commentaires, ou des fautes d'orthographes, ou le Blog dans son ensemble. Ces billets attirent plus l'oeil. Enfin, il faut croire.

Marni Nixon ? Tout le monde s'en fout. Les USA ? Pareil. La république Tchèque ? Les bouquins ? La nature humaine ? Les filles à pédé ? Les cons de Brassens ? Condi Rice et Hillary Clinton ? Dieu ? Les contes d'Europe ? La Chine ? Tout cela ne provoque pas grand chose à part chez quelques gentils amis qui viennent me lire. Mais la soi-disant révolte sur une loi obscure, ça, ça se vend. On en revient à mon billet sur les priorités du JT.

Ce n'est certes pas à cause d'une nouvelle mise en page. Par contre, la pub joue un grand rôle : Je vois des habitués d'autres Blogs qui ont des liens vers le mien venir me lire régulièrement. Merci en passant au Loupil et ses piliers de comptoir virtuels pour leurs nombreux commentaires ! Les moteurs de recherche, plus souvent sollicités pour des sujets d'actualité, apportent peut-être un certain passage aléatoire aux Blogs "vivants".

Je me découvre des "habitués", ou soi-disant, qui ne se sont pas manifestés avant aujourd'hui. Je n'ai pas fait ce site pour glaner des encouragements, même si je les apprécie, ni pour m'entendre dire que je fais quelques fautes d'orthographes (certains passent uniquement pour les dénoncer... Une couille n'est qu'à un Q d'une coquille, non ? Bref, c'est à croire qu'ils n'ont que ça à foutre dans la vie, pas d'amis, rien...) même poliment.

Je connais trop l'apathie des internautes, ayant déjà publié des textes pseudo-littéraires en ligne sans obtenir plus de réaction de la part d'un éventuel public que de celle d'une huître anémique, pour dépendre de leur approbation. Après tout, les gens qu'on voit en ligne, ce ne sont pas de "vrais" gens, et leur travail publié, leurs photos et autres, ce n'est pas du temps et de la sueur, c'est juste un peu de code. Ben voyons.

Je suis content de recevoir des commentaires, sincèrement ! Mais je suis trop critique pour laisser passer certaines absurdités sans mettre le nez dedans à mes lecteurs habitués mais silencieux, quels qu'ils soient, si tant est qu'ils existent. Loin de moi l'idée de les culpabiliser : tout le monde fait pareil, moi le premier. Peut-on seulement laisser un mot partout où l'on passe comme quelque newbie, l'équivalent virtuel du puceau ?

C'est un peu gauche. Alors que faire ? Eh bien, c'est simple, c'est comme avec un magazine. Quand on n'a rien à dire on se tait, quand on a quelque chose à dire on écrit... Quand on trouve un auteur super, génial, sympa, et tout, on n'hésite pas à le dire et à revenir voir, et quand on n'aime pas on va voir ailleurs. Et je remercie d'ailleurs les personnes de tous horizons qui m'ont commenté de façon sympathique et constructive.

Quelle chance qu'ils soient plus nombreux que les autres !

Le retour de la vengeance du Voyageur de Commerce

Au fond, c'est ce que c'est. Le problème du voyageur de commerce qui doit passer par telle ou telle ville une seule fois dans un ou plusieurs trajets. On fait ça au lycée. C'est la même méthode de résolution mathématique, ce jeu à la con. Je dis ça, mais je ne m'y connais pas en maths et je serais bien incapable de me souvenir de la méthode exacte (ou alors avec beaucoup d'efforts), mais je suis bien documenté, et c'est ça.

Vous connaissez tous, sans doute, le sudoku. C'est un nouveau jeu de chiffres au nom oriental qui a fait son apparition il n'y a pas encore très longtemps dans un nombre incalculable de journaux, magazines, quotidiens... Il bénéficie même de sa propre presse spécialisée à l'instar des recueils de mots croisés. Il y a même des jeux de société basés sur le concept, et des livres sortent sans cesse, triomphant de grilles toujours plus diaboliques.

"Su-Doku" est la combinaison de deux idéogrammes, signifiant "nombre-seul". Sachez, tous autant que vous êtes, que le Sudoku n'a de japonais que le nom. Il fallait s'y attendre, puisqu'il fait appel aux chiffres arabes... Même si son principe peut tout aussi bien s'appliquer avec des lettres ou même des couleurs à la place des chiffres. Le Sudoku s'apparente aux carrés latins, une notion introduite par Euler, mathématicien suisse (1707-1783).

Ce gars là était un génie, d'autant qu'il a produit pas loin de la moitié de son travail dans les dix-sept dernières années de sa vie, durant lesquelles il était complètement aveugle. Un carré latin est une grille carrée (les matheux diront de n x n) dans laquelle chaque nombre (de 1 à n) est présent une fois par ligne et par colonne. Chaque solution de grille de Sudoku est donc un cas particulier de carré latin de neuf cases sur neuf cases.

Le sudoku en tant que jeu a été inventé en 1979 par un certain Howard Garnes, qui faisait des jeux de logique et les vendait à des journaux qui donnent dans ce genre de choses, pour vivre. Il avait pour nom "Number Place". Il n'a pas eu un grand succès, sauf au Japon, qui l'a repris en 1984 sous son nom actuel pour remplacer les mots croisés (c'est vrai que les mots croisés en Kanji, c'est pas terrible...), les rendant symétriques et plus difficiles.

Au fond, c'est un jeu super simple. Pas de définitions arbitraires et sadiques à trouver, une seule règle enfantine qui fait jouer l'observation plutôt que le raisonnement, comme au "démineur" de windows. Les "parties" ne durent pas éternellement, et on peut les interrompre et les reprendre plus tard comme on veut. Tout ceci explique peut-être son succès tardif mais vertigineux... Mais moi je trouve que ça reste limité, comme truc.

C'est vrai quoi, quand vous en avez fait un, vous les avez tous faits. Le nombre de chiffres marqués décroît, le nombre de possibilités augmente, et de ce fait la difficulté de la grille, mais au fond c'est toujours la même chose et le même système. Il y a aussi un nombre limité de grilles. Bon, d'accord, il y en a quand même 6 670 903 752 021 072 936 960, mais ça prouve que c'est un jeu limité et pas du tout stratégique ni aléatoire.

Personnellement, passé les dix ou vingt premières grilles, je trouve ça ennuyeux. Parfois difficile, mais surtout ennuyeux. Il n'y a aucune motivation, ça passe le temps moins bien qu'un bouquin et ça n'apprend pas les mathématiques : on n'a même pas besoin d'additionner ni de soustraire, ni de savoir compter au delà de neuf ! Le seul avantage c'est qu'on peut TOUS finir une grille, même si c'est dur et chiant.

C'est un truc à appliquer, c'est tout. Comme ça, les imbéciles qui se félicitent de réussir les grilles les plus dures alors qu'il suffit d'avoir un peu de patience et de méthode peuvent se dire qu'ils sont intelligents, pas seulement opiniâtres... Et les nombreux amateurs qui font leur Sudoku tous les matins peuvent enfin ne pas passer pour des cons dans le métro parce qu'ils n'ont pas fini les mots croisés infaisables de Maître Machinchose.

27/03/2006

Ze French Pervers Pépère Touch

J'ai revu l'un des fleurons du cinéma américain, un des chefs d'oeuvre de Vincente Minnelli, et un grand hommage à la France de la Belle Epoque : Gigi. Rien à voir avec le dessin animé bariolé et stupide. C'est l'histoire d'un riche dandy qui tombe amoureux de sa petite protégée, Gigi, qui était une charmante et innocente petite fille dans ses pattes mais qui, depuis, a grandi. Qui plus est c'est une comédie musicale du "bon vieux temps".

Il y a des acteurs excellents, et toute l'équipe est de haut vol. Il y a Maurice Chevalier, un chanteur et un héros de guerre, et Louis Jourdan, acteur qui a joué de nombreux rôles de jeunes premiers et quelques méchants marquants (dont celui de Octopussy, un James Bond, et Return of the Swamp Thing, très marrant). Louis Jourdan est mort récemment, et il se trouve qu'il était résistant actif lors de la seconde guerre mondiale.

Vincente Minnelli, ce n'est pas n'importe qui non plus. Il a réalisé Brigadoon, Un Américain à Paris... Bon, sa seule erreur a été de commettre Liza Minnelli avec Judy Garland. Mais comme ce film a pour vedette féminine Leslie Caron, ça va bien. En plus, elle essaie de se la jouer d'Audrey Hepburn (et ça marche parfois) tout en évitant le créneau "petite fille conne à l'oeil halluciné" à la Judy Garland.

En plus l'action se déroule avec des gentlemen parfaits, dans la haute société parisienne, à une époque ou montrer ses clavicules et ses chevilles était malséant pour une dame, voire faisait carrément pute. Malgré l'intrigue hautement basée sur les amours et le personnage équivoque (mais toujours présentable et drôle) du vieux séducteur continental joué par Maurice Chevalier, rien n'évoque moins que la plus pure respectabilité.

C'est dans ce cadre encore plus guindé et aseptisé que le Londres de My Fair Lady que j'ai retrouvé une chanson qui passait très bien à l'époque, et qui, de nos jours, ne peut être interprétée autrement que comme une apologie de la pédophilie ! C'est Maurice Chevalier qui la chante, en anglais et avec un accent à couper au couteau, ses habituels trémolos gouailleurs et suggestifs plein la voix : Thank Heaven for Little Girls.

Réécoutez-la si vous la trouvez, demandez-la moi si vous ne la trouvez pas, j'ai le fichier MP3. Allez au moins voir les paroles sur l'un des nombreux sites prévus à cet effet. C'est étonnant comme ce qui est flagrant aujourd'hui était insoupçonné, peut-être même involontaire, dans les années soixante où le film a été tourné. C'est une horreur pour moi qui suis un peu show-tune-queen : je ne le verrai plus jamais de la même manière.

Le Trek et la Gate

C'est fou comme les mentalités changent en dix ans. Prenez deux séries de SF prestigieuses, à dix ans d'intervalle. Elles n'ont pas la même cible, mais elles s'appliquent toutes deux à traiter d'aventures autant que de sujets de société, tout en donnant au téléspectateur le conformisme qu'il attend d'un programme grand public. Les deux séries ont fait sept et huit saisons respectivement sans compter les spinoffs...

Autant dire que les deux sont bonnes, et que la seconde se trouve dans la même position que la première dix ans auparavant. Même si ce n'est pas aussi comparable, c'est le mieux qu'on puisse faire en la circonstance. Mais voyez plutôt les circonstances de cette expérience inédite et inopinée : j'ai vu l'autre jour un épisode de Star Trek (la nouvelle génération, celle avec Patrick Stewart...) et juste après, un épisode de Stargate SG1.

Dans l'épisode de Star Trek, il y avait des terroristes désespérés qui tuaient plein d'innocents mais étaient obligés pour ce faire d'utiliser un moyen qui les tuait à petit feu. Ils Réussissaient à enlever le médecin de l'enterprise, qui venait apporter des médicaments aux victimes des actes terroristes. L'enterprise tente de rester neutre, finit par récupérer son docteur et se casser vite fait sans intervenir, laissant en suspens le problème...

Le problème était "doit-on intervenir dans les conflits des autres ?", et rappelle furieusement les affres d'Israël et de la Palestine. La fédération (et les créateurs de la série, dans les années 90) y répond par sa directive première : la non-ingérence totale. C'est une solution particulièrement lâche que celle de l'épisode, qui, une fois le docteur récupéré, ne nous montre pas d'épilogue de paix ou de guerre, juste nos héros qui se tirent.

Dans l'épisode de Stargate, nous voyons nos héros faits prisonniers par un régime totalitaire et esclavagiste. Ceux-ci finissent par libérer les esclaves (on leur avait menti en leur disant que la surface de leur monde était inhabitable pour les forcer à bosser en sous-sol, mais passons). Quand le méchant administrateur les confronte en disant "mais vous mettez fin à tout un mode de vie, une société !", le colonel O'Neil répond, "oh, que c'est dommage !", non sans ironie mais avec un manque certain de finesse (comme les divers combats).

Et ça c'est le début des années 2000. En dix ans, peut-être moins, on est passé du "n'intervenons pas, revoyons notre rôle dans ces conflits, même si nous sommes indirectement impliqués c'est peut-être trop, ne leur donnons même pas des médicaments, vous voyez où ça mène ?"  à "Butons les, ces esclavagistes/terroristes/vilains, parce qu'on a raison et eux ont tort, ne tolérons pas ce que nous jugeons mal"...

Même vu le succès des deux séries, cela ne reflète en rien l'opinion et les mentalités de tous dans une société... Par contre, cela reflète une moralité que les conservateurs et des bien-pensants acceptent. Plus encore, cela donne ce qu'une grande majorité de gens tolère, bon gré mal gré, peut-être en rechignant, peut être de tout son coeur, comme la morale d'un show qu'ils aiment globalement. Sinon la série ne marcherait pas.

Ces deux séries de SF, qui plus est, grâce à la fiction, sont bien plus libre de montrer un certain idéal que les autres émissions, trop proches de la réalité : la distanciation fait que l'on peut parler dans ces séries de sujets beaucoup plus controversés en les transposant à des univers différents du nôtre... Mais je ne vous apprends rien sur ce point. Toujours est-il que le public a vite changé de bord ces dix dernières années.

26/03/2006

Fantastique four

Vivons heureux en attendant la mort, pour reprendre le regretté Pierre Desproges. Saviez-vous que les deux seuls modes de funérailles autorisés en France sont l'enterrement et l'incinération ? Dans certains cas on fait confiance à la mer pour disposer du corps du défunt, mais c'est loin d'être la norme. Qui plus est, cela ne laisse pas grand chose aux proches, du moins pas grand chose devant quoi se recueillir.

L'immersion fait du cher disparu un anonyme sans autre sépulture que la pisse des poissons, et si l'on peut toujours lui rendre hommage en faisant face à l'océan, ça gâche quand même les vacances à la plage de la petite famille... Mais quand on y pense, disperser les cendres de quelqu'un ici ou là, dans une rivière, sur une plaine ou ailleurs, ce n'est pas beaucoup mieux. Evidemment, c'est tout aussi écologique.

De toutes façons, la crémation est une gigantesque arnaque : les fours crématoires fonctionnent en continu et son alimentés en combustibles bien avant que l'on y introduise les corps, sans quoi la moindre cérémonie de crémation prendrait des lustres. Les cendres froides que l'on donne aux éplorés juste après sont celles de bois, d'autres combustibles, voire même d'autres défunts, mais certainement pas celles de leur mort à eux.

Quant à l'enterrement, disons que ça donne un repère fixe et que les os resteront longtemps dessous, même si les vers et les asticots auront mangé, déplacé, remué et converti toute cher dans un grand espace de terreau alentours avec une étonnante promptitude. Vous choisissez ce que vous voulez, mais autant estimer n'avoir pas besoin de lien au corps du défunt pour rendre hommage à vos morts... On le voit, c'est un lien si ténu !

Il existe tant de jolies manières de disposer d'un corps : faire un bûcher public comme celui de Dark Vador à la fin de Star Wars, le mettre en haut d'une tour pour que les vautours le mangent comme dans certains rites orientaux, ou même dissoudre proprement le corps à l'acide... Quant à moi, je me fiche de comment on traitera ma dépouille quand je serai mort, vu que je ne serai plus là pour le voir, au-delà ou non.

23/03/2006

Ach, mais z'est l'Apokalybze !

Avec un ami anti-CPE (personne n'est parfait), nous avons discuté de ces manifestations qui occupent tant de monde ces temps-ci. Avec la grève générale prévue mardi, il devient de plus en plus évident que si le CPE ne sera pas retiré, un quelconque amendement le videra de toute substance, réduisant à néant les vagues mais réels efforts de changement et de réforme d'un gouvernement en qui plus personne n'a confiance...

Du moins jusqu'aux prochaines élections, après lesquelles un autre gouvernement tentera de faire avancer le schmilblick à sa façon, à al suite de quoi auront lieu d'autres manifestations... réduisant à néant les vagues mais réels efforts de changement et de réforme d'un gouvernement en qui plus personne n'a confiance ! Mais passons. Je disais l'autre jour que les manifestants étaient édulcorés par rapport à 1968.

Je les avais traité, à mots couverts, de Mao-spontex... Un terme des années 60 désignant les jeunes militants qui adoptent toutes les nouvelles tendances et couleurs politiques à la mode du moment qu'elles sont dissidentes ou vaguement révoltées, sans vraiment y croire, comme des éponges. Si les événements ont effectivement rivalisé avec certains des excès de "mai 68", c'est uniquement en terme de dégâts, pas de débats.

Quelqu'un me faisait fort judicieusement remarquer que, étant de droite (personne n'est parfait), j'avais naturellement peur de la manifestation, la dernière manifestation ayant compté des gens de droite depuis 1968 ayant été celle du mythique 21 avril (et encore étaient-ils assez réticents). Il est vrai, même si c'est plus une aversion dégoûtée. Il est vrai aussi que, individualiste de principe en toutes choses, j'abhorre les masses.

Peu importe. La manifestation anti-CPE (je parle du phénomène dans son ensemble), je continue de l'affirmer, n'est pas contre le CPE... Ce n'est qu'un prétexte. Elle fait suite aux grèves à répétition, aux émeutes des banlieues, et n'est que le symptôme d'une crise plus profonde, comme l'oedème n'est que la manifestation d'un mal plus profond. La question est... Est-ce une allergie, un choc, ou un cancer ?

Parce que si c'est une allergie, il suffit de trouver ce qui cloche dans notre société et l'enlever. Si c'est un choc, c'est encore mieux : il suffit de frotter un peu là où ça fait mal et ça passe tout seul. Mais si c'est un cancer, il y a de fortes chances que ce soit déjà métastasé. Il n'y aurait alors plus qu'à tenter une chimio ou une opération qui exciserait les tissus malades tout en charcutant allègrement les tissus sains autour.

Le problème avec le cancer c'est que c'est inhérent à l'organisme : il se développe sur un terrain favorable sans forcément de cause explicable. C'est parce que le système a une couille au départ que le cancer peut apparaître, parce que l'organisme ne peut pas se défendre correctement contre lui-même... Non, ce n'est pas une comparaison très originale, celle de la société comme corps. Elle date même d'avant les Lumières.

Ce qui laisse supposer deux choses : soit aucun manifestant et aucun membre du gouvernement n'a lu les physiocrates, ni même Tocqueville, Montaigne et d'autres, soit (et c'est plus probable), même en les ayant lu et en connaissant exactement les défauts et les aberrations intrinsèques de notre société et de notre politique depuis ses origines, on n'arrive pas à régler le problème... Ni même à le définir exactement.

Et ne vous laissez pas avoir par ceux qui disent "c'est simple, je vais vous dire quel est le problème"... Ils essaient sans doute de vous vendre quelque chose, sans doute eux-mêmes à la prochaine élection. Si le problème était simple, il aurait été réglé depuis longtemps ; et justement, une partie du problème est que tout le monde refuse les solutions simples car elles impliquent des emmerdements pour l'un ou l'autre groupe.

Puisque tout le monde peut donner son avis et faire de la politique, que tout le monde s'improvise à la fois futurologue et adepte de ce qu'il faut bien appeler du terme pompeux de Grande Histoire, je vais le faire aussi : Nous dirigeons-nous vers une Révolution ? Vers la Longue Nuit façon décadence de l'Empire Romain ? Une guerre civile ? Un grand craquèlement mondial lié à un effondrement de l'économie du pétrole ?

Personne ne peut dire de quoi demain sera fait, mais il y a quelques certitudes : ce ne sont pas les manifs anti-CPE qui sont importantes. Le CPE n'est qu'une petite réforme à la noix qui ne touche pas tant de gens que ça, et même si c'est une goutte d'eau de plus dans le vase bien plein des tensions sociales, ce n'est rien à côté de ce qui arrive. Croisade religieuse, effondrement économique, paralysie politique, désagrégation sociale...

Je ne voudrais pas jouer les cassandre mais ça va être gros, surprenant, et douloureux. Bon, ça n'a pas non plus l'air d'être pour tout de suite, mais ça approche.

Vieux sujet

Dans la famille "Je suis moche, con et pourtant je passe à la télé façon forcing", je voudrais le fils... Jordy Lemoine. Fils de producteur et d'actrice, c'est lui qu a signé "dur, dur d'être une bébé". On en a encore entendu parler dans cette galerie de has-been pathétiques qu'a été la ferme des célébrités... Ce gosse est incroyable. A 17 ans il était en troisième, donc soit con, soit perturbé, et en plus il est laid comme un pou.

Et ce n'est pas le seul ! C'est incroyable le nombre de sombres crétins qui ont des têtes à faire peur qu'on nous force à supporter alors qu'ils ne font même pas recette... Les présentateurs calvitieux d'émissions éphémères, les miss météo à demi momifiées, les lofteurs et star-académiciens divers, et tant d'autres insupportables. Je dirais bien qu'ils ont des têtes à faire de la radio, mais certains en font : ils ont des voix à se faire peindre.

Est-on passé à un rythme de consommation audiovisuelle si rapide que faire passer de force une bande de débiles comme de la chair à canon, en espérant qu'il y en ait un ou une dans le tas qui soit potable, est le seul moyen de renouveler le PAF, alors même que des dinosaures bafouillants autrefois légendaires comme PPDA se cramponnent encore à leur siège malgré qu'ils butent sur tous les mots de plus de trois syllabes ?

Oui, je sais, ma phrase est trois fois trop longue. Depuis le temps, vous devriez être habitués à mes propositions alambiquées... Qui plus est, c'est facile de dire du mal des méchants de la télé, surtout quand on prétend ne pas la regarder soi-même... Je la regarde peu, et quand je l'allume, c'est pour tomber sur ça. Avouez que ça ne donne pas envie d'autre chose que d'écrire ce genre de billets !

En fait si, ça donne envie d'éteindre. Et moi qui ai justement une nouvelle télé... C'est du gâchis.

Un peu de poésie, que diable

Poème contre celles qui croient que parce qu'elles sont filles, elles sont obligatoirement la copine de tous les pédés du monde, et auxquelles j'ai envie de dire "casse-toi, pourquoi tu me parle, t'as pas d'amis ?"

Pourquoi, pourquoi nous naissez-vous,

Filles à pédés non goudous ?

Fillette qui croit être gouine,

Moi, je ne suis pas ta copine.

Est-ce par manque, est-ce par choix

Que vous nous tombez dans les bras ?

Est-ce parce que vous croyez

Que les gays vont vous protéger ?

Est-ce en vous l'atavique peur

De la perte de vos vertus,

Ou de passer l'aspirateur

Dans un foyer trop rebattu

Qui bloque vos vies sexuelles

Face aux garçons conventionnels ?

Quand vous rencontrez un monsieur

Qui vous paraît intéressé

Par ce qui se passe sous le

Truc moulant que vous adorez,

Vous reculez, tergiversez,

Puis, chez-nous vous vous réfugiez.

Est-ce par sécurité que

Vous nous racontez vos malheurs ?

Vous nous prenez pour des sans-queue,

Pour des rigoles à vos pleurs...

Nous sommes la bonne copine,

La bonne pomme et le bon con,

Et le détail de notre pine

N'en décourage point, ça non...

Nous sommes, dit-on, si sensibles,

Si beaux, si fins, ayant bon goût,

Que seuls nous pouvons être cible

De vos attentions, sans jaloux.

Mais enfin, réveillez-vous donc !

Sensibles ? Mais où peut-on voir

Que dans les clubs où nous allons

On ne joue qu'à colin-maillard ?

Que penser de ces accessoires

En cuir, en latex rose et noir,

Des ours qui arpentent les rues,

Des pervers, des patte-pelus

Dans les backrooms errant sans fin,

Des trentenaires qui se matent,

Des vieux beaux costume-cravate

Recherchant de jeunes tapins...

Le coiffeur stéréotypé

En rose et jouant à la poupée

Qui relooke sans reluquer...

Vous plaît-elle, l'ambiguïté ?

Êtes-vous donc toutes les mêmes

Pour que vous nous croyiez semblables ?

Il en est parmi vous qu'on aime

Et d'autres qui sont exécrables.

Il est des grosses et des moches,

D'énervantes mouches du coche,

Des bêtes et des qui s'accrochent,

Qui mériteraient des taloches...

Laissez-nous, car la vérité

C'est qu'une amitié ne repose

Pas sur la non sexualité

Mais sur tellement d'autres choses...

Quand à celles qui aiment tant

Ce sentiment si convenu

D'être amoureuse sans amant

Et sans jamais se mettre nue,

Qui voudraient convertir nos dards

(Pour tout compliquer, sûrement...)

Sachez que c'est juste bizarre,

Ou pire, que c'est terrifiant

De voir vos appas suggestifs,

Etant indifférents, rétifs

A votre trou saignant et vif

Entre deux tranches de rosbif...

Sachez qu'avec nous moins qu'un gars

Qui pourrait s'en prendre à vos charmes

Et raidissant cette belle arme,

De cocagne un superbe mat,

Sachez, petites péronnelles,

Je le dis sans misogynie,

Qu'il ne suffit pas d'être une "elle"

Pour être d'un oiseau l'amie.

21/03/2006

Ces dames au salon

J'ai fait aujourd'hui le dernier salon où l'on cause, celui du livre. Autant vous pouvez me laisser dans une confiserie, dans un magasin de porcelaine ou dans toute autre boutique, je saurai résister à la tentation d'acheter... Autant il ne faut jamais me mettre dans une librairie, surtout une grande. Là, j'étais servi. Tel le singe ayant trouvé la clé de la bananeraie, je suis entré pour des clopinettes (5 euros) dans mon paradis personnel !

J'ai presque honte de mes achats compulsifs, surtout que ce salon n'a vraiment rien d'une solderie... Mais que voulez-vous, j'ai été élevé dans cette vénération du mot écrit qui fait que si l'on me donnait le choix entre brûler un livre et tuer un inconnu de mes mains, j'hésiterai longtemps. Tel un dragon sur son trésor, j'aime dormir sur mon tas de pages. Ma chambre est remplie de livres, certains lus, d'autres à lire : leur contact m'apaise.

Je suis ressorti du salon moins riche, mais heureux, et plus lourd de quelques kilos de pages bien pleines... De la bonne marchandise : Des nouvelles et des romans de SF, le roman de Lancelot du Lac en cinq tomes de poche, avec le texte en vieux français en regard de la traduction, quelques fac-similes d'enluminures d'une très belle Apocalypse française du XIVe siècle... Je vous passe le reste, de même que les innombrables tracts.

Après quelques heures à parcourir joyeusement les innombrables stands de ce qu'il faut bien appeler la plus grande librairie de France, sise dans le Hall 1 du parc des expositions de Paris, j'avais le dos lourd mais le coeur léger. J'ai même rencontré un auteur d'une puissance extraordinaire qui m'a dédicacé sa dernière oeuvre. J'étais très honoré de le rencontrer, surtout que, d'ordinaire, il n'est pas parisien.

Je ne parle pas de Joseph Joffo (qui était là, lui aussi), ce vieillard cacochyme dont les oeuvres du style "un sac de billes" torturent notre belle jeunesse depuis bien trop longtemps. Je ne parle pas des auteurs de Kookabura, Tessa, et toute la clique de chez Soleil. Non, je veux bien sûr parler de Logan, qui était en dédicace au stand de chez H&O... Ses bonnes oeuvres ne sont pas pour les petits enfants, mais elles sont remarquablement fun !

Qui plus est c'est un homme charmant, plein d'humour bien qu'un peu timide, et il m'a offert un joli dessin. Tout ça m'a presque fait oublier le sandwich BLT riquiqui à prix prohibitif acheté sur place, la succursale de chez Drouant mercantilement installée ici pour profiter des pseudo-intellectuels, le catalogue complet à plus de 20 euros (plus cher que la plupart des livres !) et le clone de Angelina Jolie et sa pose stupide sur l'affiche.

Vieille idée

Vous allez dire "il hurle avec les loups"... Vous allez crier "simplification abusive"... Vous allez trépigner, pester, dire que ça n'est pas si simple... Et vous aurez parfaitement raison. Mais l'avantage d'une simplification, outre qu'elle rentre dans le format du Blog, est qu'elle permet de voir le problème sans déprimer. Je crois que j'ai raison de penser ce que je vais dire dans ce billet (phrase plus ambiguë qu'elle en a l'air), mais je résume, bien sûr.

J'ai longtemps refusé de parler d'Israël et de la Palestine dans ces lignes... Trop actuel, trop chaud, trop ceci, trop cela. Une fois n'est pas coutume, mon point de vue sur la question est celui de pas mal de gens. Comme trop souvent, le résultat final de mon opinion est aussi celui d'un certain nombre de gens qui disent que "de toutes façons, c'est pas chez-nous, c'est chez les bougnoules"... Même si, tout de même, il y a une nuance.

Depuis un nombre incalculable d'années que les juifs et les arabes se foutent sur la gueule de diverses manières, la dernière incarnation en date du conflit et la plus meurtrière n'est autre que la guerre au proche orient et par extension le terrorisme international islamiste. Bon, d'accord, avec les croisades. Actuellement, nous avons deux camps sur cette Terre Promise qui a été promise à trop de monde :

D'un côté nous avons une théocratie fondamentaliste qui brandit des textes apocryphes en invoquant un droit divin/historique imaginaire à s'établir sur une terre sainte, de l'autre, nous avons une théocratie fondamentaliste qui brandit des textes apocryphes en invoquant un droit divin/historique imaginaire à s'établir sur une terre sainte. Marrant, non ? Tout ça pour un bout de caillou avec trois chèvres dessus.

Entre les terroristes, les officiels qui traînent les pieds, les fous de dieu, les civils fous de guerre, tous ceux qui sont contents quand il y a des morts en face, les suicidaires, les marchands de canons et les diverses barbouzes, les seules personnes saines d'esprit se sont cassées depuis longtemps de ces pays pour aller vivre en Europe ou en Amérique, refusant de vivre avec une bombe au dessus de la tête et préférant les regarder au JT.

Comme la solution rapide et quasi-certaine est absolument impitoyable, peu écologique et franchement nazillonne, je ne la proposerai même pas... Il s'agirait de vitrifier entièrement la zone entre le Liban et le mont Sinaï à coups de bombes atomiques, sans évacuer quiconque et sans prévenir. Le seul problème c'est que ça créerait sans doute d'autres problèmes à résoudre par le même moyen.

On n'en finirait pas et il faudrait passer à l'extermination totale de la race humaine. Mais après, pour les cafards, ce serait d'un calme ! C'est une solution efficace à tous les maux de l'humanité. Evidemment, elle n'est pas parfaite, comme toutes les solutions. Contentons nous de dire que, lorsque le pétrole ne sera plus important, les guerriers actuels se sentiront beaucoup plus seuls... Et ce sera le début de la paix.

Enfin, la leur, du moins.

20/03/2006

Long Time No See

Comme disent les anglais et leur grammaire si particulièrement sophistiquée et complexe... Je n'ai pas publié mon billet quotidien depuis pas mal de temps. je vais me rattraper dés que je pourrai, mais comme il m'arrive des choses dans la vie (qui l'eut cru !) j'ai moins de temps pour ça. Comme disait je ne sais plus quelle chanteuse, soit on vit sa vie, soit on s'assoit pour la raconter, au choix.

Je vais vous raconter brièvement ce qui m'arrive, après je poursuivrai d'autres élucubrations. Attention, ça va aller très vite : Je me suis fait larguer par un mec, mais l'avantage c'est que je me suis fait larguer avant de vraiment sortir avec le mec en question. C'est pathétique, je sais, mais au moins on gagne du temps. Voilà, fin de la parenthèse personnelle... Je ne vous le raconte que parce que c'est un peu marrant.

Un ami m'avait demandé de retoucher sur ordinateur la jaquette (ha ha) d'un DVD. Il s'agit d'un film dit "gay", vous savez, de ceux que l'on trouve dans le rayon rainbow et les étagères roses des Virgins et des FNACs... L'ami en question ne veut pas qu'on l'étiquette immédiatement en regardant sa vidéothèque, même s'il adore ce film. je ne m'étendrai pas sur la sexualité de cet ami, lui même s'étend assez peu dessus.

Il voulait, spécifiquement, que le petit drapeau arc-en-ciel discret sur le côté soit masqué. Juste ça. Bon, le titre, en gros dessus, c'est quand même Juste une question d'amour. Il y a deux mecs qui s'enlacent ouvertement, en très gros, au milieu de la jaquette. Les photos, le résumé, les logos des magazines et entreprises gaies qui sponsorisent el film, le vert printemps du fond, tout sur le DVD hurle l'homophilie.

Et comme si ça ne suffisait pas, le film est un peu connu pour être l'un des premiers bons téléfilms pro-gays en france. A moins d'avoir une jaquette complètement noire avec "xxx" en guise de titre, ce qui est, avouons-le, carrément suspect dans une vidéothèque, je ne vois pas comment on pourra éviter l'inévitable : les gens, cette masse anonyme et indifférenciée, sauront fatalement qu'il a un film gay chez-lui.

J'ai bien essayé de lui dire que c'était un faux problème, qu'il ne laissait pas des gens intolérants et homophobes entrer chez-lui pour voir ses films, que personne n'allait s'introduire par effraction juste pour regarder les films qu'il possède et ensuite répandre des rumeurs, et que de toutes façons ça ne signifiait rien quant à son orientation sexuelle... Mais à quoi bon, au fond.

Alors moi, j'ai fait où on me disait de faire et j'ai noirci le petit drapeau sous Photoshop, bête et discipliné. C'est vrai quoi, je ne suis pas psy. Manquerait plus que ça.

17/03/2006

Method in Madness

L'ouverture du salon du livre m'oblige à vous parler de l'écrit, un sujet qui m'est cher entre tous. Personnellement, je n'ai pas besoin de salon pour faire l'emplette de bouquins de façon compulsive et pour en lire des tas. D'ailleurs il n'y a pas de secret, plus on lit et plus on lit vite, et même s'il y a des méthodes pour accélérer la cadence, le plaisir de la littérature y perd parfois. Quant aux lectures obligatoires, pour l'étude ou le travail...

Une certaine catégorie de personne (pour paraphraser la SNCF) m'a demandé, à divers moments de ma vie, comment on pouvait devenir aussi savant que moi... Comment on pouvait lire, étudier, faire toutes sortes de choses aussi vite et aussi bien que ma petite personne. C'est vrai, on me l'a demandé ! Si, si ! On ne rit pas. Je n'ai rien d'un génie, je n'ai pas été premier de ma classe depuis le lycée. Tout ça c'est de l'esbroufe.

Pourtant, des étudiants, des lycéens, des hommes faits parfois me demandent comment "je m'en sors", à lire et écrire toujours dans les temps ou en avance. A cela je répondrai que c'est excessivement simple : il y a un truc. C'est une méthode de travail qu'on apprend, comme le reste. C'est aussi une bonne dose de confiance en soi : quand on doit faire quelque chose en un court laps de temps et qu'on le fait sans s'arrêter, on réussit.

Je ne sais pas pourquoi, c'est toujours comme ça... Dans certaines limites, bien sûr. on arrive à faire le boulot de plusieurs jours de façon honnête en un après-midi. Cela m'est déjà arrivé. Il ne faut pas en abuser, c'est épuisant et pour tout dire assez ennuyeux, on n'accorde peut-être pas toute l'attention que le sujet mérite, mais c'est si utile que cela en devient nécessaire. Pour le reste, c'est une question de méthode de travail.

Méthode de travail Bene Gesserit efficace, leçon numéro 1 : Vous pouvez apprendre. Apprendre, c'est facile ! Ce n'est pas comme du travail, c'est beaucoup plus intéressant que d'aligner des boulons dans une usine. Encore faut-il savoir apprendre. Si certaines connaissances nécessitent d'être apprises par coeur, on peut se casser les dents sur des pavés trop épais alors que ce n'est pas indispensable. Ménagez-vous !

Asseyez-vous et écoutez comment on lit vite et efficacement un bouquin... La plupart des étudiants, à leurs débuts, lisent les livres de la première page à la dernière, en lisant chaque page (ou du moins celles du chapitre qui les intéresse). C'est long, et peu synthétique : des détails sans importance se gravent dans le cerveau... Peu d'entre eux arrivent seuls à retrouver la méthode que je vais vous exposer ici, à la fois facile et efficace.

Premièrement : Lisez le titre et le sous-titre (c'est le sujet). Lisez le petit éloge en quatrième de couverture (l'éditeur vous dit pourquoi acheter le livre, ne le croyez pas). Lisez la préface : c'est l'auteur et le contexte.

Deuxièmement : Lisez avec attention la table des matières. Vous aurez ainsi un "schéma" du livre dans votre tête, qui correspond presque toujours au raisonnement de l'auteur et aux étapes de son exposé.

Troisièmement : Lisez la conclusion. C'est là que l'auteur veut arriver, c'est ce qu'il a voulu prouver. Si il n'y en a pas, lisez le chapitre final, c'est en général un bilan ou une synthèse... Bref, ce sont les points importants.

Quatrièmement : Lisez l'introduction en entier... Oui, enfin ! Car en général une longue introduction pose tout ce qui va se passer par la suite dans le bouquin, renseigne sur l'auteur, le contexte, et les prémices.

Cinquièmement : Lisez les chapitres dans l'ordre en appliquant le même mode de lecture, conclusion, puis introduction... Ne lisez pas le développement si vous n'avez pas le temps, juste les conclusions partielles.

Conseils subsidiaires : Si le sujet ne correspond pas à ce que vous voulez, ou si à un moment donné vous vous apercevez que ce n'est pas le bon livre pour votre travail/révisions/documentation, arrêtez de lire. Ce n'est pas la peine de perdre votre temps, et ne pas finir un livre est un droit imprescriptible.

Certains livres, bien souvent des monographies, sont mal conçus pour ce genre de lecture efficace mais se lisent plutôt comme des romans... Dans ce cas, la "conclusion" des chapitres n'est autre que le dernier paragraphe desdits chapitres, en général assez repérable.

Cette méthode peut être adaptée pour la lecture de romans, mais attention : ça passera si vous n'avez à faire qu'une fiche de lecture, mais la plupart des oeuvres littéraires ont le chic pour cacher de petits détails primordiaux en plein milieu du texte, ne résumant jamais ce qui s'est passé dans un chapitre à la fin ou au début de celui-ci... Lisez donc l'intégralité de ce genre d'oeuvres !

Voilà, c'est à peu près tout pour ce qui est de l'absorption des connaissances. Ceci ne sert qu'à avoir les bases d'un livre dans la tête, tout aussi efficace pour la plupart des révisions que de lire le livre en entier, voire plus, parce que vous avez l'essentiel dans la tête et vous passez aux détails par la suite en sachant exactement où vous allez... Vous n'avez qu'à ranger les informations dans les "étagères", entre les jalons que vous vous êtes constitués.

Croyez-moi, c'est plus facile de "connaître" un livre sans le découvrir peu à peu comme un roman : quitte à ne pas lire pour le plaisir, autant y passer moins de temps, et retenir du premier coup pour éviter de relire. On est sensé vous apprendre cette méthode à la Fac, dés le DEUG, ou même en Terminale... Mais en fait, presque personne ne le fait, pensant que c'est automatique et que ça fait un cours en moins pour le sujet principal.

Alors oui, comme ça, tout de suite, ça démythifie sacrément les grosses têtes qui se baladent dans la plupart des universités... Eh bien pas tellement, en fait. Lire efficacement demande beaucoup d'attention, un certain entraînement à repérer les passages importants, un crayon pour les souligner et un cerveau en état de marche. De plus, dans les grandes écoles, c'est presque toujours du par-coeur sinon rien, et en quantité !

Tout étudiant au delà de la licence connaît forcément tout ça : Cela permet de souffler et de ne pas passer sa vie à lire et relire les mêmes choses. Les étudiants gagneront un temps fou et ça donnera un sérieux avantage aux lycéens. Je sais que la plupart de mes amis (du moins ceux qui lisent ce Blog) savent déjà comment faire... Mais j'espère que ça en aidera d'autres, ceux que je ne connais pas, et ceux que je connais.

16/03/2006

Tagada Tsoin Tsoin

N'avez-vous jamais été fascinés par le générique de la série Batman, celle avec Adam West, et par ses combats délirants entrecoupés d'onomatopées écrites sur des accords de jazz ? Moi si. Ce sont surtout les onomatopées absurdes, à vrai dire, qui m'intriguaient lorsque, encore tout jeune, je regardais ce monument de kitsch. Pensez donc, une bagarre qui fait des "Sock" et des "Ffuit"... Alors que tout le monde sait qu'un coup de poing fait "Paf".

Je ne savais pas encore, à l'époque, que les onomatopées étaient différentes selon les pays et les langues... On pourrait même penser que, puisque l'oreille n'est pas éduquée de la même manière, de même que la prononciation, nous percevons tous le même son mais ne l'interprétons pas de la même façon que nous soyons anglais, français ou chinois. Nous n'entendons donc pas la même chose ! C'est le débat classique de la perception.

Autres exemples... Le corbeau, au débotté, vous diriez qu'il fait "Croa" en croassant. Eh bien en Pologne, il fait "Karr", ce qui a tout de même plus d'allure, avouons-le ! De même, il n'y a qu'en France que le coq fait un joyeux "Cocorico". Non que cela soit du nationalisme, mais en Allemagne, il fait "Kikeriki". En Espagne c'est "Cicirici", et dans les pays anglo-saxons il s'agit du très obscène "Cockedoodledoo". Il y a des variantes, bien sûr.

Et les animaux ne sont pas les seuls à faire les frais de la barrière des langues. Tout le monde sait que les anglais disent "Ouch" au lieu de "Aïe", mais il y a plus : Un cri d'horreur s'écrira "Aieee" en anglais, alors que tout un chacun ferait "Aaah" ou "Iiiih" sous nos longitudes. Les onomatopées des comics américains colonisent d'ailleurs nos pages depuis longtemps, où fleurissent les "Aaargh", et parfois même un "Outch", bâtard franglais.

De même, les bruits de succion autrement muets en français se disent aujourd'hui couramment "Slurp", onomatopée dérivée du verbe anglais signifiant "aspirer", verbe qui décrit d'ailleurs exactement le bruit... Et un baiser s'écrit "Smack" ou même "Kiss" sans que qui que ce soit d'autre que les professeurs de français n'y trouvent à redire. Le "Boom" remplace souvent le "Boum", le "Bang" remplace le "Pan"... La liste est longue.

Heureusement, il existe un bastion de notre langue que les forces anglophones aux obscures diphtongues n'ont pas encore pris, résistant encore et toujours à l'envahisseur grâce au bon vieil humour gaulois... Une tache difficile à ravoir que cet humour, trace de pneu sur le slip de la culture. Cette redoute redoutée, je la gardais pour la bonne bouche, si j'ose dire... Chez-nous, on dit encore "Prout", et pas "Poot".

14/03/2006

Des gênés récents

Nous avions déjà parlé de la cohorte des has-beens qui tentent une fois de plus d'attirer les projecteurs... A côté d'acteurs de premier ordre comme Anthony Hopkins et Sean Connery, ou même Sir Ian McKellen, Patrick Stewart, Jeremy Irons et quelques autres qui donnent une performance exemplaire même lors de films alimentaires, de petits rigolos (du moins comparé aux autres) coassent pour une minable fraction de leur gloriole passée.

Les cris hypocrites de Roger Moore boycottant le foie gras, lui qui s'était fait l'apologie de la décadence occidentale dans James Bond, l'ef-front-terie d'une Brigitte Bardot papier-crêpon, les coming-outs dont tout le monde se fout (Richard Chamberlain, Tom Selleck, et, encore plus débile, George Takei, Monsieur Sulu dans Star Trek, avouant sa gaytitude au moment ou ça n'a plus aucun intérêt : deux ou trois ans avant sa mort !)...

Comme Anthony Quinn et un nombre incalculable de vieux seconds rôles ou d'anciens bellâtres hollywoodiens, les voilà forcés de se reconvertir à Broadway... Dans des revivals, qui plus est, à la partition coupée, tailladée, remixée et amputée pour leur permettre de s'en tirer malgré leur grand âge. Anthony Quinn a fait Zorba le Grec, Richard Chamberlain a fait My Fair Lady, Julie Andrews (58 ans) reprend ses vieux succès...

Tout ça, on a déjà vu, déjà donné, merci, au revoir. Mais voilà qu'approche sournoisement de l'âge de leurs artères toute une génération de chanteurs et chanteuses. Peu s'en sortiront vraiment. Si Sir Elton John paraît relativement équilibré et si Madonna semble encore avoir une carrière devant-elle (et aux alentours de 48 ans, ce n'est pas mal) d'autres constatent qu'on les a arnaqué sur leur statue géante : elles fondent sous la pluie...

L'Artiste-Anciennement-Connu-Sous-Le-Nom-De-Prince-Mais-Qu'on-Peut-Recommencer-A-Appeler-Prince-Maintenant-Parce-Que-Sa-Crise-De-La-Quarantaine-Est-Terminée-Et-Qu'il-Faut-Pas-Déconner-Non-Plus-Vu-Que-ça-Ne-Fait-Plus-Recette, après avoir allègrement chié sur les maisons de disque (à tort ou à raison, peu importe) revient la queue entre les jambes un album ici ou là... Et surtout de l'autre côté, côté flouze et pas paillettes.

Et il a le même âge que Madonna, à peu de choses près. Et puisqu'on parle de paillettes, vous avez sans doute entendu parler de Gary Glitter... Mais si, vous savez, le chanteur anglais à sale gueule des années disco. Un VRAI has-been. Je n'avais jamais entendu son nom jusqu'à ce qu'il soit, tout récemment, condamné en Thaïlande pour proxénétisme pédophile. Il avait fui l'Angleterre à cause d'une histoire semblable, mais rien n'avait été prouvé.

Il semble que Michael Jackson soit à peu près dans la même position, d'ailleurs. Penché en avant. L'ex-King of Pop (Oui, ex, parce que Robbie Williams l'a enfoncé question ventes, d'où la position...) se réfugie en ce moment à Bahreïn. Il tente d'éviter la justice qui lui réclame plein de sous, pour les taxes, pour ses dettes, pour les employés de son monstrueux parc privé... Et il y a toujours ces histoires de scandales pédophiles qui traînent.

Je n'ai jamais aimé Michael Jackson, malgré un talent certain (que je trouve surfait, mais bon...) c'est un gars qui fait vraiment froid dans le dos, et, qu'il soit vraiment un pédophile ou pas il n'est plus humain depuis un bon moment, à l'extérieur comme dans sa tête. Il ne suffit pas de fonder une ou deux associations caritatives pour être béatifié sur tous les tableaux : Il y a beaucoup de mécènes mafieux, c'est même le cas général.

Cela fait tant de fois qu'on l'accuse de tripoter des enfants, comme on dit, "pas de fumée sans feu"... Mais en même temps, cet homme excite tant les jalousies, c'est un bouc émissaire tellement évident, il a un grain tellement visible que là, je ne sais plus quoi penser. Oh, à propos... Lui aussi a l'âge de Madonna, grosso modo. Eh oui, même avant la cinquantaine on peut faire "zombi". Il peut retourner Thriller sans maquillage.

Quoi qu'il en soit, il vend encore des albums, et Madonna aussi. La carrière de ces gens n'est pas terminée, même si ils sont à première vue sur une pente descendante : ils bougent encore. Il n'est pas impossible que certains nous fassent le coup du retour de la vengeance, comme George Michael, ou, côté troisième âge, Tom Jones. A côté de ça, signalons que les Stones comme Metallica font toujours salle comble...

13/03/2006

Les colles des fans

J'ai des amis professeurs et, étant moi-même encore un peu lié au monde de l'Académie, j'entends ce qui se fait. Un sujet particulièrement stupide du JT m'y a fait penser : de nouvelles méthodes d'éducation expérimentales font régulièrement leur apparition. Si, si, périodiquement, on change les méthodes. Cela tient des livres pour jeunes parents : un coup on les laisse sucer leur pouce, un coup non, en fonction du pédiatre en vogue cette année.

Comme si on apprenait la vie en classe... Grosso modo, ça donne à peu près le même résultat, même si les enfants ne sont jamais assez bien pour la génération antérieure... Cette fois-ci, c'est pour apprendre le respect aux "Djeuns" dans les ZEP qu'on leur fait faire du foot. A été mis en place un système qui vient d'en haut, révolutionnaire, comme une sorte de permis à points pour l'élève : points en moins pour insolence, etc.

On peut les priver d'entraînement ou de match si ils sont vilains. Ouaouh. Les bureaucrates ont encore inventé l'eau chaude : les bons points, mauvais points, les blâmes, les renvois, et l'exercice physique comme activité à la fois saine, distrayante et fédératrice. Tout ça pour apprendre le respect au travers des cours de morale qui ne disent pas leur nom, et faire travailler (leur corps et le reste) sans en avoir l'air des jeunes gens autrement oisifs.

C'est ce que font depuis longtemps (c'est à dire depuis... oh, disons le XIXe siècle) des tas de lycées privés et publics, des pensionnats ultra-catholiques aux plus modernes institutions laïques, avec les meilleurs résultats. De même, de nombreux professeurs consciencieux, plutôt que d'être froids, prennent sur leur temps de loisir pour proposer des activités supplémentaires, distractions délicatement formatrices, à leurs petits élèves.

Au fond, il n'y a que les bonnes vieilles méthodes qui marchent !

Sous l'Occupation

Jamais, ô grand jamais, je ne comprendrai les manifestants étudiants. Ils sont chroniquement inefficaces depuis 1968, ils se privent et privent les autres du droit d'étudier qu'ils ont payé, et ce pour rien du tout. La réforme LMD ? Elle est passée. Le CPE ? Il est voté depuis belle lurette. La guerre en Irak ? Mais oui, c'est sûr, George W. Bush a peur des étudiants français et se fie à eux pour la politique internationale... Et moi, je suis Greta Garbo.

Je ne suis pas forcément pour le CPE, ou tout autre contrat "jeune". Je ne prétends pas m'y connaître, mais a priori, ce qu'il faudrait, c'est plus de contrats des sortes qu'on a déjà. Le problème c'est que je m'y connais quand même plus que la plupart de ceux qui manifestent. Les plus ardents sont ceux qui font partie de cellules "révolutionnaires" plus ou moins underground qui recrute dans les facs : des agitateurs formés et professionnels.

Ces cellules sont hélas allègrement manipulées par les grands partis, mais passons. Quoi qu'il en soit, je vois mal le rapport entre bloquer les facs et abroger une loi. A la limite, manifester devant l'Assemblée ou Matignon, oui... Mais empêcher les gens d'étudier n'aura pour conséquence, au pire, que de leur faire louper un examen. Et ça fait longtemps que les politiciens savent que les étudiants manifestants (c'est à dire les plus jeunes) ne votent pas.

C'est vrai, les étudiants qui ont une conscience politique supérieure à celle d'une huître sont en général au delà de la licence, et préfèrent voter et passer leurs examens tranquille plutôt que de manifester. Les autres se laissent entraîner, en général, par la minorité syndiquée susnommée, la seule d'ailleurs à voter pour les élections des conseils universitaires. Même avec des milliers de manifestants, les vrais activistes sont quelques centaines.

Pensez qu'il ne faut que 800 étudiants pour occuper un campus qui en accueille 10000, et que sur ces 800 étudiants il y en a peut-être une centaine qui fait ça sérieusement et le ferait de lui-même, seul si nécessaire. Et encore. Prenons cette parodie de démocratie pour ce qu'elle est : le symptôme d'une détresse sociale plus profonde et d'un ras-le-bol qui ne sait pas vers quoi tendre. En attendant, moi, ça me complique la vie.

Déjà, les dernières manifs étudiantes avaient failli me faire perdre une année en m'empêchant de passer mes examens. Je précise que je n'ai pas fait mai 68, ce grand moment dont les quinquagénaires assagis et maintenant de droite se rappellent en riant, et dont les professeurs attardés de la même génération se souviennent, émus, en lavant le cerveau de leurs étudiants sans crainte pour leur poste archi-protégé.

Par contre, je connais quelques personnes qui étaient là ,et bien là. Ils ont eu le regard atterré en voyant ces minables qui, à la télévision, se plaignent d'avoir été évacués par les CRS de la Sorbonne qu'ils ont lâchement dégradé (et abîmer un monument comme ça, c'est comme brûler un livre, ça ne se fait carrément pas !). Les CRS ne les ont pas emmenés dans le panier à salade ni passés à tabac : C'est peu violent comparé à 68.

Pire : On voyait aux informations un étudiant qui se plaignait d'avoir été évacué à 4h48, avant qu'il y ait des métros. Le pauvre, il avait prévu de passer quelques jours à Paris et d'occuper une fac ou deux, de faire une manif histoire de dire ? Vous parlez d'un engagement... Je suis sans doute de parti pris vu que je suis de droite, même si le CPE ne me semble pas une mesure très utile, mais là, j'ai presque honte pour eux.

09/03/2006

La bête est morte

Ma télévision a pété. Enfin, pété, c'est beaucoup dire. Elle n'affiche rien, mais le son marche. Le canon à image est foutu, et comme il s'agit de la pièce la plus chère, autant acheter pour le même prix un écran plat bien meilleur. Je ne dis pas qu'il me faut absolument une télévision... Je trouve mes informations sur Internet et à la radio, ne faisant plus confiance au JT que pour les titres, et il n'y a jamais rien à part trois séries débiles.

Mais tout de même, pour les vidéos, c'est plus pratique que de regarder un DVD sur un écran d'ordinateur (encore faut-il pouvoir le faire, c'est loin d'être le cas de tout le monde...). Donc, bientôt, place au plasma. Vous avez remarqué comme les hypermarchés, FNACs, Darty et autres chaînes de grande distribution ne vendent de toutes façons plus que ça ? Fini, le tube cathodique de nos ancêtres, vive le numérique. Tant mieux, après tout.

En moins de cinquante ans nous avons fait des progrès considérables : voyez la photo ci-dessous, une télévision française de 1949. Le boîtier est en aluminium peint, inhabituel et particulièrement moderne pour l'époque : les boîtiers étaient le plus souvent en bois. On a installé une "loupe" (jaunie par l'âge) juste devant l'écran, trop petit pour qu'on voie bien les détails de loin. En noir et blanc, cet appareil est à peine mieux qu'un oscilloscope.

J'ose croire que dans quelques décennies, peut-être moins, ils sortiront autre chose, comme les DVD ont remplacé les CD et les VHS. L'ergonomie fait aussi des progrès si l'on en croit les divers constructeurs qui font les derniers salons (du design) ou l'on cause : meubles et parois sensitives qui actionnent des appareils cachés, lignes pures et claires... On se croirait dans Star Trek, ou dans Minority Report... Un truc complètement froid, intuitif et beau.

Décidément, on ne croirait pas que, de nos jours, tout ça est fabriqué par des esclaves laotiens !

08/03/2006

Tu seras un homme, ma fille

Aujourd'hui, c'était la journée de la femme. A ceux qui s'insurgent qu'il n'y a pas de journée de l'homme, vous n'aurez qu'à répondre que ce sont les 364 autres... Oui, même si les droits des femmes sont archi-reconnus partout dans nos pays civilisés (enfin, admettons...), elles ont encore besoin de leur jour dédié pour rappeler au monde que, pas si loin que ça, il y a des femmes défigurées, mutilées et tuées au nom de pas grand chose.

A part ça, ces histoires de voile islamique c'était du vent, du moins en France. A mon avis, privez de scolarité les petites filles qui le portent et elles n'auront aucune chance d'apprendre pourquoi elles ont le choix puis de décider en connaissance de cause... On en a fait tout un plat, et, rétrospectivement, ce très petit nombre de jeunes filles voilées monté en épingle par les médias préfigurait les tensions religieuses qui nous secouent aujourd'hui.

Au sujet des femmes battues, car il faut en parler : C'est innommable, évidemment, mais on ne parle jamais des hommes battus. C'est pourtant le fond de très nombreux cas de violences conjugales. De même, on imagine la violence conjugale comme rarement réciproque, alors que c'est le cas pour beaucoup de couples: ils en viennent aux mains... Et à tout âge ! Si, si, ça arrive aux vieux aussi. Et les coups font plus mal passé un certain âge.

Mais il faut bien le dire, en cette journée de la femme, que peut-on dire sur ce sexe qui ne soit pas d'une affligeante banalité ? C'est vrai, je suis de parti pris, vu que sexuellement je n'ai jamais trouvé les femmes très intéressantes. Nous avons déjà parlé des clichés rebattus dans un précédent billet, ainsi que de l'anatomie féminine (le "pénis inversé"...), et franchement, tout ça date aussi un peu.

Oui, que dire ? La femme est l'avenir de l'homme ? Je suis contre les femmes, tout contre ? Demain sera féminin ? Femmes, je vous aime ? Où sont les femmes ? Femmes, femmes, femmes ? Femme des années 80 et femme jusqu'au bout des seins ? Être une femme libérée, tu sais, c'est pas si facile ?... Ce sont ces phrases toutes faites qui le sont, faciles, et leur sens est devenu politiquement correct même s'il ne l'était pas au départ.

Certes, il est tout de même un peu étonnant qu'on ait attendu jusque là pour s'apercevoir que 52% de la population mondiale, ce n'était pas une minorité, mais bien quelque chose de ridiculement banal. On appelle encore ça le "sexe faible", mais à mot couverts, sans doute parce qu'elles n'arrivent pas toujours à ouvrir les pots de confiture du premier coup, mais à vrai dire ça m'arrive aussi, alors...

Quant au terme "beau sexe", alors là, je m'insurge... Et j'aimerais répondre, avec le large soutien de nombreux congénères masculins, à celles qui ont trouvé le slogan "ni putes, ni soumises", un fort et clair "ni macs, ni machos", parce qu'aujourd'hui une femme a le droit d'être féminine ET d'avoir une carrière, voire d'être hommasse, mais qu'on regarde encore bizarrement les drag queens et les travestis. Sans parler des Trans.

Enfin, on n'a pas trop à se plaindre, nous, les mecs : Ici, la Vénus de Milo a retrouvé ses bras et le David de Michel-Ange n'a pas perdu son sexe. A quand la même chose partout dans le monde ?

Avalez la fumée

Avez-vous vu la dernière publicité pour les meilleures tables parisiennes ? Bon, quand je dis "meilleures tables", c'est subjectif. Certaines sont excellente,s d'autres sont très bonnes, toutes ou presque sont hors de prix, et un bon ami à moi s'est fait refouler à l'entrée de l'une d'elles... Et, pour ma part, je ne suis pas très "nouvelle cuisine", donc je raye d'office un certain nombre de soi-disant grands restaurants de ma liste personnelle.

La publicité en question est un petit guide distribué dans les restaurants qui y sont mentionnés (en général il est sur une table près du vestiaire ou apporté discrètement au moment de l'addition, il y a tout de même un certain standing à respecter...) avec les restaurants de l'association "best restaurants in Paris". Un resto par page, la photo du chef et du propriétaire à chaque fois, classés par thème, avec plusieurs index pour s'y retrouver.

Ce qui est génial, c'est la présentation : On dirait un paquet de Gitanes. C'est bleu foncé, large, ça s'ouvre comme un paquet de cigarette et le logo fait penser à une quelconque marque de tabac. Le plus fort, ce sont les messages en grosses lettres façon faire-part de décès qu'on trouve sur les vrais paquets, mais détournés :

"Bien manger ne tue pas" et "Bien manger contribue à votre plaisir et à celui de votre entourage".

Rien que pour avoir paraphrasé les slogans hypocrites au nom si noble de la bonne chère, allez voir leur site. Il n'y est pas fait mention de cette publicité, ce n'est rien d'extraordinaire, mais ça vaut le coup d'y aller... Si vous aimez bien manger et que vous êtes en fonds. Oui, je sais, il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger. Mais c'est à l'Avare Harpagon que Molière le fait dire, et je gage que vous n'êtes pas aussi pisse-vinaigre !

07/03/2006

Bon sang, mais c'est bien sûr !

Si vous allez aux Lilas, banlieue parisienne dont je parlais l'autre jour, vous trouverez peut-être une sinistre ruelle boueuse, étroite, ou se profile un arbre mort qui surplombe le microscopique panonceau qui indique un musée. Si vous trouvez le chemin, c'est que, comme moi, vous aurez réservé par téléphone au propriétaire de ce musée privé, le musée des vampires. Il est unique, et son propriétaire est Jacques Sirjent (Sirgent pour la presse).

Unique au monde, il 'est, mais pas parce que c'est le seul musée sur le vampirisme... Une seule pièce ("mais je suis en tarin d'en aménager d'autres", nous dit Jacques, un homme entre deux âges plutôt quelconque) et pas de visite, rien de rare ni précieux... Mais une marée de gris-gris forains, farces et attrapes, peintures fluorescentes, affiches de vieux films de vampires, photos d'acteurs et objets en résine vaguement gothiques.

Ici et là, des photos dédicacées ornent les murs, ainsi que des masques en caoutchouc d'un goût douteux. Un collage de diverses images du diable et de Vlad Tepes, indistinctement mêlées, vous montre le niveau du lieu : la maternelle. Pire: le mur du fond affiche d'indicibles croûtes, mauvais portraits de Brad Pitt et de Tom Cruise dans Entretien avec un Vampire et "visions romancée" de la comtesse Bathory.

Ce n'est pas ce qu'on pourrait appeler un musée, mais l'antre d'un terroriste culturel. Il vous recevra sur de vieux canapés (il fait ça chez-lui, pourquoi se gêner...) et vous offrira un kir à la cerise (parce que c'est rouge, ça fait genre "Dracula"). Puis, il vous assommera pendant environ deux heures et se fera payer la modique somme de 6 euros : assez cher pour un kir et le déplacement. La différence avec moi c'est que j'assomme gratis, et je ne mens pas.

Lui vous abreuve de contrevérités historiques pas tant sur les vampires que sur l'occulte en général, sortant sans honte des études peu sérieuses, des statistiques du style "on peut multiplier les chiffres par trois parce que visiblement, c'est plus", une histoire des Balkans complètement fantaisiste, tout en éludant les faits qui ne l'intéressent pas, tant sur le plan biologique qu'historique ou anthropologique.

Pour se justifier, il montrera du doigt une toute petite pile de livres poussiéreux : des dictionnaires datant du XVIIe siècle dans lesquels il a trouvé l'évolution du mot "vampire" depuis ce temps là. C'est très intéressant, mais ça se fait en quelques minutes avec un Littré et une bibliothèque. Des cas rapportés de vampirisme en Roumanie, de la porphyriose (le "vampirisme biologique"), des suceurs de sang de l'antiquité ? Il les ignore.

Au lieu de vous parler de religion, de mythes païens et d'ethnologie sérieuse, il vous montrera sans doute son chat mort pris dans de la résine (dans une bassine bleue de salle de bain, de loin, pour éviter qu'on voie les détails). Il dit l'avoir trouvé dans des circonstances hautement occultes, de même que d'autres vagues bouts de trucs qui en ressemblent à rien et n'en prouvent pas plus, et extrapolera quelque conspiration à la mode.

Il vous dira qu'il a trouvé des preuves "il y a quelques mois, dans un bazar au pied de la Tour St Jacques, et le bazar a brûlé juste après..." alors qu'il n'y a pas eu d'incendie ni de bazar là-bas depuis au moins dix ans si ce n'est plus. Ajoutez aussi à cela les traces de messes noires trouvées au Père Lachaise (rien que de très normal, si vous voulez mon avis, et rien à voir avec les vampires sauf peut-être via le jeu de rôles...).

En sus, il vous fera le coup de la numérologie : dates, chiffres, additions débiles, coïncidences entre les numéros des tombes du père Lachaise, noms des caveaux montés en épingle... Quelques références anticléricales primaires, du conspirationnisme, beaucoup d'allusions sans rien derrière du genre "mais non, ils sont forcément au courant de la profanation de cette tombe, donc c'est eux !", vous voyez le topo.

Après ce pathétique propos, il fera passer des classeurs contenant "la plus grande collection de jaquettes de films de vampires d'Europe". Super. Et même si c'était intéressant, on n'a que sa parole, et on a vu ce qu'elle valait. Il termine par des références tellement prévisibles au fait que "les vampires sont gentils, ils ne sont pas obligés de tuer, mais méfiez-vous des vrais vampires d'aujourd'hui, les vampires économiques !".

Ben voyons. Entre ça et ses histoires de fantômes soi-disant vécues, je ne sais pas si je dois rire ou pleurer. Mais d'où lui vient cette science vampirique ? De nulle part : Ce n'est qu'un ancien professeur d'anglais ("avec des livres en préparation...") avec une formation en histoire de l'art (et, non, savoir analyser un tableau ou une sculpture ne permet pas de se dire historien...). Rien ne dit qu'il est seulement agrégé ou même qu'il a obtenu un diplôme... Et visiblement, avec ma maîtrise d'histoire de la Sorbonne, j'en sais plus que lui.

Voyageur qui ne savez pas quoi faire un soir ou une nuit, ne vous égarez pas dans les chemins écartés et bourbeux vers la ruelle maudite, le château incongru de ce bossu mental... Fuyez ce lieu de perdition, vous n'y trouverez qu'une demi pensée aussi mâchée que le papier dont il se sert pour décorer son macabre chez-lui, avec un mauvais goût certain. Fuyez, oui, fuyez ce vampire qui vous pompera... l'air.

06/03/2006

Centuries

Considérez les quatrains suivants, juste par plaisir... Ils ne sont pas de Nostradamus, mais ils se sont

tous révélés exacts les uns après les autres, sauf les deux derniers. Pas mal, hein ?

Non certes, elle n'est pas bâtie

Sur du sable, sa dynastie

Il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Il peut dormir, ce souverain,

Sur ses deux oreilles, serein.

Il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Je, tu, il, elle, nous, vous, ils,

Tout le monde le suit, docile.

Il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Il est possible au demeurant

Qu'on déloge le shah d'Iran,

Mais il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Qu'un jour on dise "c'est fini"

Au petit roi de Jordanie

Mais il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Qu'en Abyssinie on récuse

Le roi des rois, le bon Négus,

Mais il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Que, sur un air de fandango,

On congédie le vieux Franco,

Mais il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Que la couronne d'Angleterre

Ce soir, demain, roule par terre,

Mais il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

Que, ça s'est vu dans le passé,

Marianne soit renversée,

Mais il y a peu de chances qu'on

Détrône le roi des cons.

("Le Roi", Paroles et musique de George Brassens)

... Le rut animal !

J'ai retrouvé le fil de ma pensée, perdu au détour d'un palindrome piégé : Les films d'horreur animaliers. Oui, vous savez bien, il y a un certain nombre de genres de films d'horreur qui mettent en scène des bébêtes, et l'un d'eux est le film avec un criminel/alien/monstre/animal qui tue tout le monde façon "dix petits nègres", souvent en huis clos. Sinon c'est l'inverse : les humains sont en minorité et doivent fuir ou se retrancher, ou les deux.

Dans les deux cas, l'intérêt est le suspense et les variantes du déroulement de l'histoire ne sont pas infinies, même si les protagonistes et le monstre-prétexte sont constamment renouvelés. Depuis que la formule de base du premier de ces films a été établie, presque chaque animal ou plante a bénéficié de sa propre oeuvre, plus ou moins heureuse, et souvent tout à fait incongrue...

Au début, ils se limitaient aux créatures considérées comme effrayantes ou un nuisibles : rats, araignées (Arachnophobie, par exemple, loin d'être le premier ni le dernier : on se souvient de La Femme araignée...), serpents, scorpions, piranhas, requins... Puis ça a été les abeilles tueuses, les sangsues, les crocodiles (alligators et autres caïmans compris), fourmis anthropophages, termites... Ou des versions extraterrestres ou géantes de ces animaux.

Au bout du compte, on en est arrivé au point ou le manque d'idées était tellement cruel que serpents divers, scorpions variés et chauves-souris exotiques n'ont plus suffi. Les scénaristes des séries B s'en sont pris (souvent mal) à des bêtes parfaitement innocentes mais à mauvaise réputation : les limaces (comme dans Slugs), les cafards, les grenouilles, que sais-je encore... Même les mites ont eu "Mothra", la mite géante des Godzilla.

Toujours présents, les aliens, momies, robots, vampires, loups-garous, créatures de Frankenstein ou d'un lagon d'une couleur à déterminer font encore recette. Buffy, La Momie, Van Helsing, tous ceci renouvelle le genre... J'ai dernièrement eu le bonheur de voir le très imaginatif mais pathétique Metal Beast, une série Z avec un loup-garou chirurgicalement et génétiquement altéré pour avoir une peau blindée.

Le loulou est un ancien espion/assassin qui s'est injecté du sang de lycanthrope pour un projet top secret (comme d'hab...), et qui est très énervé parce qu'on lui greffe une peau métallique sans son accord. Il tue (presque) tout le monde en bon psychopathe, puis se fait abattre grâce à un obus explosif (seule chose capable de percer le blindage) à pointe en argent fait en dix minutes à partir d'une collection de médailles.

Les végétaux ne sont pas en reste, et les plantes extraterrestres façon gros cerveau avec un bec ont fait place à de nouveaux défis pour nos héros éternellement soumis aux clichés les plus pathétiques. Voyez La petite boutique des horreurs et sa plante carnivore, le guerrier écologique et humide de Swamp Thing, et Killer Tomatoes (avec George Clooney !) pour le côté parodique... Mieux encore, Tou Gigantaïou Moussaka.

Dernièrement, les progrès de la génétique et des effets spéciaux ont apporté de l'eau au moulin de la série B, et les monstres des profondeurs, dinosaures, clones et mutants divers arrivent en renfort : hommes-requins, dinosaures, carnosaurs, vers géants au cycle improbable de Tremors, mutant amazonien de Relic, insectes chasseurs de Bugs ou de Mimic... Des bêtes de plus en plus réalistes et de moins en moins vraisemblables apparaissent.

Tout récemment, le film "La Crypte" (en fait c'est The Cave, mais ça sonnait mal en français, et quand on voit le film ça colle à peu près) est sorti, dans lequel la bête est n'importe quel humain ou animal mutant sous prétexte d'un parasite qui l'adapte à un milieu cavernicole. Et ça fait genre démon-vampire-monstre horrible. Mais l'animal utilisé ici, en dehors de l'apport des légendes judéo-chrétiennes et vampiriques, est assez inoffensif.

Il s'agit d'un petit lézard primitif blanchâtre et sans yeux, doté de branchies externes, le protée, qui vit dans certaines cavernes en Roumanie et nulle part ailleurs : c'est un écosystème très fermé, et le pauvre s'est adapté. Ces petites choses ne sont pas dangereuses mais fragiles et en petit nombre, pourtant le film (par ailleurs très marrant) invente toute une faune aveugle, blanchâtre et meurtrière, mutée de la même manière.

Il faut aller chercher super-loin, finalement, pour retrouver l'idée originale, mais au bout du compte, si on retire toutes les fioritures, le scénario est simple : les héros vont dans la grotte habitée par des protées (en l'occurrence des mutants dangereux et contagieux) et ils se font tous tuer sauf deux, qui ressortent. L'un est sauf, mais, fin à tiroir prévisible, l'autre se révèle un mutant à la dernière scène.

Ils sont vraiment à courts d'idées. Vraiment. C'est le même scénario à tous les coups. Depuis les dents de la mer, il n'y a rien eu de vraiment transcendant dans le genre, à part un ou deux films de serial killers (mais ce ne sont pas des animaux, ceux-là, ça ne compte pas). Bien sûr, ils arrivent à distraire, voire même à étonner, mais le genre est tellement codifié qu'on s'attend à presque tout. Et c'est tellement contraire au genre.

Ne l'oublions pas, la série B est à l'origine la désignation des films dont les producteurs n'étaient pas certains du succès... Ceux tournés avec moins de moyens dans le studio "B", pas le "A". C'était donc le domaine de jeunes réalisateurs qui avaient carte blanche pour expérimenter (d'où le fait que la SF soit souvent reléguée à la série B) et se "faire la main", se former... Le domaine même de l'originalité, non du conformisme actuel.

Grandeur et décadence !

05/03/2006

L'ami naturel...

C'est par ce palindrome que je souhaitais commencer ce billet d'humeur léger, rompant avec les derniers sujets quelque peu dépressifs qui occupaient cette page ces derniers jours. Vous aurez aussi remarqué que la production s'est faite moins régulière, du moins si vous êtes un lecteur assidu... Mais je n'ai pas de comptes à vous rendre. Et puis une seule personne m'a souhaité spontanément ma fête le 28, alors ça vous fera les pieds.

Les gens les plus perspicaces en auront déduit mon prénom, ils auraient tout aussi bien fait de me le demander: comme disait l'autre, what's in a name ? Mais revenons à mes élucubrations habituelles. Pour ceux qui ne savent pas ce qu'est un palindrome (Si, si, il y en a... Je vous vois, au fond, n'ayez aucune honte !), c'est un mot ou une phrase qui donne la même chose lue à l'envers. Le titre de ce billet est donc un demi-palindrome, ou anacyclique.

Plus précisément, c'est un texte dont la succession de lettres est la même, qu'on la parcoure de la droite vers la gauche ou de la gauche vers la droite. Autres exemples de palindromes : Non, Sexes, Ressasser, Rêver, Kayak, élu par cette crapule, mais aussi des lieux communs tels C'est sec, l'âge légal... On en doit beaucoup à Louise de Vilmorin, mais ils existent dans toutes les langues et de grands auteurs s'y sont essayés avec brio.

Bref, c'est un petit jeu littéraire infaisable, mais vous pourrez apprendre une liste par coeur et en ressortir des exemples choisis dans vos conversations les plus mondaines, comme un méprisable petit sycophante. Au moins ça servira à autre chose qu'à vous griller les neurones en tentant de faire les vôtres : George Perec a déjà composé le plus long (et lourd...) en langue française, en 1969, et s'il est grammaticalement correct, il n'a que peu de sens.

De quoi je voulais vous parler, déjà ?

Bah, ça me reviendra un autre jour.

03/03/2006

Et mon derrière, il a la grippe ?

Dans la série "j'ai appris un nouveau mot inutile", une fois n'est pas coutume, à la télévision... Le mot "rotoluve". C'est comme un pédiluve, sauf que c'est pour les roues. Diablement astucieux, non ? En substance : Les voitures roulent dans de petites rigoles qui mouillent leurs pneus d'une solution sans doute désinfectante, le tout étant mis en place pour maintenir un périmètre de sécurité sanitaire face aux vilains germes.

En l'occurrence il s'agit du H5N1, mais ils nous avaient fait le coup avec le prion et la fièvre aphteuse, déjà. C'est merveilleux ! les automobilistes qui rouleraient par mégarde sur un oiseau grippé avant de manger les pneus de leur véhicule sont à présent à l'abri de la maladie. Ce sont les voitures qui transmettent les virus, c'est bien connu, et d'ailleurs ce désinfectant est complètement pur avec toutes les voitures qui y passent dedans.

Et tous les microbes sont instantanément tués : même les guanos sur le capot, les plumes sur les jantes et le sang de pigeon sur le pare-choc des automobilistes les plus sanguinaires. Non, franchement, c'est génial. La contamination se fait par des oiseaux (qui volent, si, si...) et on met des petits bains pour les roues en guise de contrôle. Si ça les arrête, c'est pas du désinfectant, ce truc, c'est l'eau de la grotte de Lourdes !

Tout le monde ment dans cette affaire. Le gouvernement nous répète que les oiseaux contaminés ne nous menacent pas en dépit des cas français qui apparaissent, les médias soufflent le chaud et le froid en essayant de sympathiser avec les éleveurs tout en étant alarmistes, les politiciens tentent de se placer en vue de 2007, et les ventes de volailles chutent en dépit du fait que tous les quidams interrogés "mangent du poulet comme avant".

Question médications, rotoluves ou pas, ce n'est pas encore au point. Les immunisations de volailles ? Même si ça marche, on n'est pas sorti de l'auberge s'il y a un cas humain qui se déclare, vu que le vaccin humain n'est pas encore prêt et qu'il aurait fallu faire des injections avant de toutes façons. Reste le Tamiflu, réputé "seul remède efficace" (encore que pas tellement...) qui, malheureusement, se fait rare.

Quant à l'autre épidémie, celle imprononçable due aux moustiques tropicaux, elle a déjà fait plus de morts en moins de temps. Quand je pense que Greenpeace a le culot de dire que l'homme est le plus grand destructeur de la planète, alors même que les tremblements de terre, les tsunamis, les ouragans et autres catastrophes ravagent les villes du monde entier, rivalisant à peine avec les épidémies, le SIDA en tête...

Heureusement, nous voilà bien prémunis, grâce à nos fantastiques rotoluves.

01/03/2006

Schizophrénie mondiale

Tu ne cèdera pas au péché, à la tentation de gourmandise... Et tu ne mangeras pas de cet animal parfaitement comestible mais tabou même si tu es affamé !

Tu honoreras ton père et ta mère, tu ne blasphèmeras point... Et tu mutileras le prépuce de ton fils avant qu'il puisse se défendre !

Tu feras de jolies fêtes... Et tu exciseras ta femme pour qu'elle ne jouisse jamais !

Tu respecteras l'ordre social et les prêtres... Et tu éviteras certaines personnes qui sont "nées impures", les intouchables !

Tu te souviendras des exploits passés... Et tu battras tes femmes car ce sont des objets !

Tu ne seras pas oisif... Et tu feras des sacrifices humains pour que le soleil se lève !

Tu seras loyal au combat et tu entretiendras ton corps... Et tu feras brûler des gens dans une structure de bois et de paille une fois l'an !

Tu aimeras ton prochain et tu tendras l'autre joue si on te frappe... Et tu tortureras les hérétiques jusqu'à ce qu'ils avouent avoir conspiré avec le Diable !

Tu vénèreras un seul Dieu et son prophète... Et tu trucideras les infidèles au mépris de ta propre vie !

Tu ne prendras aucune vie humaine ou animale... Et tu apprendras à endurcir ton corps et tuer sans armes de douze façons différentes !

Tu seras poli, sobre et hospitalier... Et tu interneras les homosexuels pour leur laver le cerveau !

Cela fait quelques temps maintenant, et ça devient sérieux, le monde souffre de trop de religion et pas assez de Dieu.

Posté par Elromanozo à 00:17 - Commentaires [0] - Permalien [#]


Commentaires sur Billets de Mars 2006

Nouveau commentaire