28/08/06

Billets de Novembre 2005

Note de l'auteur : Ces billets de mon ancien Blog (qui n'est plus en activité) sont au complet, sans les images ni les commentaires, avec une mise ne page proche de l'originale. Si proche en fait, que tout ce gris risque de vous déprimer. Mais passons... L'important c'est que pour une raison personnelle et hautement politique (la flemme...), ils sont classés par ordre déchronologique. Voilà.

30/11/2005

Men in tights

Ce n'est pas souvent que je vous parle de jeux auxquels je joue, mais une fois n'est pas coutume... Surtout que là, il s'agit d'un jeu sur ordinateur. Cela faisait belle lurette que je n'avais eu le temps de m'adonner à ce genre de choses, mais pour l'occasion je me suis payé un bon jeu : City of Heroes et son extension.

Bien entendu je suis tout à fait pour le marketing qui est fait autour du jeu, le jeu de cartes, les abonnements... Je suis un bon petit capitaliste, moi, madame. Mais bon, les sujets d'économie et de société, ça va cinq minutes. Maintenant je parle jeu, c'est sérieux.

Alors bien sûr, c'est un jeu massivement multijoueur en ligne. Cela ne colle pas tout à fait avec ma personnalité. J'aurais tendance à penser que si l'on est plus de un à faire la même chose, ce ne peut être que dans un lit... Mais on peut quand même bien s'amuser sans les autres, tout en les croisant de temps en temps.

Le paramétrage des costumes et des pouvoirs est extrêmement riche, suffisamment pour que chacun ait un héros différent, et il est pourtant presque impossible de reproduire exactement un héros déjà fait (et surtout de refaire précisément un héros issu d'une bande dessinée).

Les joueurs laissent libre cours à leurs penchants geeks les plus vils lors de la création de héros, d'où la recrudescence d'héroïnes mangas à gros seins et de beaux mecs supermusclés (il faut dire que question forme physique, pour le coup, les héros n'ont pas trop le choix...) mais on a quand même des perles.

Par exemple, j'ai croisé virtuellement un héros tout petit et tassé, marron foncé et grumeleux, aux yeux verts fluos, répondant au nom charmant de "cacaman". Je ne connais pas ses pouvoirs, mais les méchants n'ont qu'à bien se tenir. Surtout les narines.

La plupart des créateurs de superhéros n'ont aucun goût en matière de costume, ou du moins font montre d'un manque flagrant de sobriété : il y a tant d'ajouts et de superpositions bariolées qu'on ne voit presque plus à quoi ressemble le héros. On dirait du Jean-Paul Gautier !

Ce qui fait le succès d'un superhéros n'est certes pas son costume, mais tout de même... Si c'est le personnage qui sera au centre de votre écran pendant les heures et les heures que vous allez passer à jouer à ce passe-temps addictif, autant faire les choses bien.

J'ai personnellement crée Doggie Style (que les amateurs, si rares soient-ils, reconnaîtront sans peine), un superhéros bagarreur, très cuir et torse nu, au petit cul bien moulé dans des pantalons luisants et au poitrail harnaché par de noires lanières.

Chacun ses goûts...

29/11/2005

Ennemis publics (pour savoir qui sera) n°1

C'est Noël, enfin presque, et les blancs flocons reviennent, de même qu'en ce début de période de campagne sur le long terme, c'est le moment pour tout ceux qui n'étaient pas sur la scène politique d'essayer d'y grimper à toute force et par tous les moyens... Mini non-événement qui arrive à passer au JT, pavé dans la mare, petits détails qui rappellent le nom, tout est bon pour les cochons.

Ces efforts ne sont pas toujours spectaculaires : il ne s'agit pas de faire un coup d'éclat dont l'effet s'épuiserait trop tôt, mais simplement de se signaler à l'attention des futurs électeurs. Non, l'artillerie lourde n'est pas encore là, même si l'heure approche et que les soldats fourbissent leurs armes et leurs meilleurs argumentaires. Les centristes, par exemple, n'ont rien trouvé de mieux que de dire non en public à l'assemblée.

Ils l'ont fait de telle manière que l'on croit que c'est important alors qu'il s'agit d'un non de principe sur des détails, d'un non politique pour refuser d'être dans la coalition technocratique de l'UMP pour les présidentielles, et pour fonder sa propre coalition technocratique alors que la Nullité Syphilitique (ministre d'état) et notre premier ministre L'Oréal se tapent dessus. Tout ça c'est juste histoire de se différencier, sinon, même cravate, même droite...

Et bien entendu, à la suite de cela, on a entendu les pires propos démagogiques qui soient en provenance des centristes, mais aussi de tous les bords... "Nous avons toujours été là", "Nous devons proposer une alternative aux Français", "Nous ne sommes pas d'accord avec la façon de faire de cette droite et il est de notre devoir de le dire, tant pis si cela doit se faire dans l'opposition..." On l'a déjà entendu cent fois.

La gauche n'est pas en reste, puisqu'il semble qu'elle se réveille sous la forme non d'une gauche plurielle mais d'une gauche hétéroclite et multiple. François Hollande (l'autre tête de fromage) s'est fait réélire chef de son parti, seul candidat, tandis que d'autres essaient d'attirer à eux les militants qui n'entrent pas dans la désaffection la plus totale dans ce qui reste du parti rosâtre après quelques années de destruction.

Lionel Robert Jospin, le joyeux curé de Meudon, orchestre peut-être son retour en force, ou souhaite simplement apporter son soutien à quelqu'un en vue d'élections futures : Il vient juste de publier un livre étrange, "Le monde comme je le vois", qui n'est ni un recueil de pensées, ni une biographie, et qui se défend d'être un programme... Tout en ne se privant pas de "commentaires constructifs" sur la France !

Et puisqu'on parle de livres, Michel Rocard a fait paraître le sien, sobrement intitulé "Si la gauche savait", et co-écrit avec le confident de l'ancien Roi Soleil, François Mitterrand. C'est d'ailleurs de très bon ton de cracher sur Mitterrand en ce moment, ça permet à la gauche de se dire vraiment de gauche et à la droite de faire croire qu'elle n'a pas repris les magouilles que la gauche voulait pour elle.

Sachant que ce livre n'intéressera personne à part ceux qui s'intéressent à la politique, qu'on m'explique en quoi ce ne sont pas des livres politiques, comme le prétendent leurs auteurs. Quelle est cette hypocrisie ? S'ils avaient voulu écrire des livres pour une autre raison que soutenir quelqu'un, se soutenir eux-mêmes ou apporter leur grain de sel à la gestion de la France, ils auraient fait du néo-Harry Potter, c'est la mode.

"Non non, nous n'élaborons pas de programme, c'est prématuré, pour l'instant on n'en est pas là, l'avenir le dira, je ferai ce que réclament les militants, je n'y pense pas, pour l'instant je fais mon travail en collaboration avec les autres serviteurs de l'état, nous ne sommes pas ennemis même si nos opinions divergent, pas de polémique..." Ben voyons. Et la vessie de porc, là, c'est une lanterne ?

27/11/2005

Leçon de chose

L'une des choses qu'on apprend simplement en ayant un regard critique sur le discours des autres (à la télévision, dans les livres, ailleurs...) est que les mots sont importants. C'est ce que vous dira n'importe quel écrivain, journaliste, hôte d'accueil, psychiatre ou politicien.

Prenez le mot "pénis"... C'est un terme tellement médical qu'on dirait un petit truc racorni sous respirateur dans une clinique. "Bite", par contre, voilà un mot sympa ! "Bite"... ça vous prend sous la ceinture, c'est percutant, comme un flic qui défonce une porte et te pointe un gros magnum sous la gorge !

Ou "queue", moins épais mais beaucoup plus long : Une seule syllabe qui s'allonge sur quatre lettres à partir du Q, et qui force à avoir la bouche en coeur... Un mot tout en extension, qui désigne réellement une partie de soi, la partie d'un animal, un membre aussi utile qu'un bras ou qu'une tête.

"Braquemart", "Noeud", "Dard" et "Pine" sont des termes anciens qui désignent une arme, une épée, un instrument meurtrier, une pointe faite pour faire saigner... Croyant être plus virils en s'attachant à l'art de la guerre, un autre apanage masculin, on s'éloigne du véritable but : le plaisir.

"Membre", "chibre", "Vit", voilà des mots vieillots pour latinistes qui sous-entendent la chose comme des saintes Nitouche. "Zizi", ou pire, "zigounette", "quéquette", voilà des mots terrifiants qui féminisent, rapetissent, infantilisent, bordent le pénis dans son petit lit de poils pour mieux le couvrir de honte.

Mais "Zob"... Avec un Z majuscule, il le mérite. Trois lettres, dont la dernière de l'alphabet, d'une simplicité et d'une rudesse qui convient à l'érection archétypale. La seule, la vraie, la plus dure, la plus grosse, donc la plus irrésistible ! On peut, sans crainte d'être moins viril, lui ajouter un I, ou le changer en "Zboub" ou en "Zguègue".

Oui, s'il fallait une justification au terme "gros" dans "gros mot", c'est sans aucun doute dans le Zob qu'on la trouverait. Parce qu'il ne viendrait à l'idée de personne d'appeler Zob une petite bite, un zizi, une fine pine... Un Zob, c'est une belle queue, grosse sans honte ni orgueil : La meilleure, en toute simplicité.

26/11/2005

Les carnes avalent

Dans un de ces trop rares moments ou, luxe suprême, j'ai le temps de m'ennuyer, sans doute le résultat de trop nombreuses soirées passées avec mes parents, j'ai zappé sur une démonstration équestre de la garde républicaine, avec orchestre et choeurs, costumes ridicules et tout et tout.

Mon Dieu que c'était moche. Ils ont montré diverses sortes de pas aux noms tous plus fleuris et alambiqués les uns que les autres, tellement subtils qu'il est impossible au quidam de faire la différence entre certains d'entre eux. De temps en temps, c'est l'ordre des pattes ou l'angle du sabot qui change, quoi.

Le cheval étant un animal extrêmement raide, peu gracieux et guindé, ses mouvements attirent naturellement les officiers supérieurs, qui adorent faire souffrir la pauvre bête en lui faisant exécuter des pas comptés peu naturels, le forçant à marcher de côté (ce qu'un cheval ne peut physiologiquement pas faire).

Pour ces quelques heures de pseudo divertissement sur une musique martiale grotesque, ces trois pirouettes contre-nature que personne ne peut différencier de ce qui est naturel, combien d'années d'entraînement et de dressage (je parle aussi du cavalier et de ses quelques neurones) n'a-t-il pas fallu ?

Le pire c'est que tout ça est complètement inutile puisque ce n'est ni beau, ni artistique, ni remarquable. Un garde républicain, ça n'a déjà que peu d'intérêt pour les plus de six ans qui ont déjà vu le costume, mais si en plus on le met sur une bête moche, puante, stupide et devenue obsolète depuis le XIXe siècle...

Ce ne sont que des canassons baveux qui avancent ensemble pendant qu'un car de poulets décorés chante en choeur un peu plus loin. Le défilé du quatorze juillet est plus folichon, ne serait-ce qu'à cause de la patrouille de France. Même dans les ballets Béjart, au moins il se passe quelque chose...

Et puis il faut les entretenir, les soigner, les nourrir, les faire se reproduire... Sans pour autant que ce soit rentable par ailleurs. C'est que ça en bouffe un cheval ! Si c'est à ça qu'on emploie le budget de la défense, je crois que je préférais encore le porte-avion déglingué.

Count your blessings

Par les temps qui courent, il est bon de savoir dans quel camp on est, ou même, s'il on est soi-même dans aucun camp, où se place chacun. C'est pourquoi, en guise de service public, j'inaugure ce soir une nouvelle liste sur ce Blog décidément fort utile : Le Top des Religions du Monde.

Ce sont des petits résumés de toutes les religions majeures ou marquantes du monde contemporain, qui mettent en lumière leurs différences et leurs traits marquants, dans un souci de concision et de simplicité. Il est possible que certains trouvent le contenu choquant, mais ça ne l'est pas plus que certains livres sacrés.

Il s'agit bien entendu d'une liste non exhaustive, n'hésitez surtout pas à m'écrire pour m'indiquer votre religion/croyance/secte si elle ne fait pas partie de celles que j'ai cité. Vous pouvez aussi m'écrire pour me dire ce que vous pensez des petits résumés de chacune des fois présentées, ça me fera plaisir.

Vous allez à présent pouvoir choisir votre religion en connaissance de cause, ou mieux connaître votre foi si vous n'avez pas eu le choix, et voir enfin les atouts et les désavantages de la nombreuse et jalouse concurrence qui s'exerce sur ce marché depuis l'invention du concept.

Et si vous ne les lisez que pour rire, vérifiez que ce n'est pas interdit par votre religion, on ne sait jamais.

25/11/2005

Le retour des Grands Anciens

Avec le papy boom et les générations suivantes qui prennent leur retraite, la population des seniors est de plus en plus importante en France, en nombre comme dans notre vie quotidienne. Pour s'en persuader, il suffit de voir la recrudescence et le vieillissement de la population dans la région PACA, et la multiplication là-bas des publicités pour les crèmes antirides, les télésièges pour escaliers, baignoires à portières et autres thermolactyls...

Pour faire court, les vieux sont plus de vingt millions en France, on ne sait plus où les mettre, et ils emmerdent tout le monde. Bien sûr il y a la DHEA, le Viagra, les autres progrès de la médecine en matière d'élixirs de jouvence, mais tout ça ne fait que prolonger l'inévitable période de la vie ou le vieux moyen se morfond et perd progressivement la boule. L'euthanasie faisant trop état-nazi pour certains, que peut-on faire ?

C'est vrai, on ne peut pas les mettre dans des camps ni les tuer comme ça, ce sont nos ancêtres, tout de même. Les maisons de retraite plus ou moins confortables et bondées écopent déjà de nombreuses critiques... Il ne nous reste qu'à nous plaindre du menu lorsque nous nous retrouvons avec un ou deux légumes en trop pour les fêtes de Noël. Mais a qui la faute, réellement ? Aux docteurs, pardi.

Oui, ce sont les avancées médicales inconsidérées et considérables de ces dernières années qui, plutôt que de prolonger la jeunesse, se sont contentées de prolonger la vie, préservant par là même les corps plus où moins décérébrés de nos vieillards encombrants. Et pour calmer leurs séniles ardeurs, on les confit scientifiquement grâce à la camisole chimique, pour mieux les préserver comme des bibelots dans une vieille chambre.

J'attends le jour où les savants se pencheront enfin sur le moyen de nous rendre les vieux plus supportables, même avant d'avoir à simplement les anesthésier pour leur bien et le nôtre. Ils nous le doivent bien. Une pilule pour empêcher la moustache de pousser aux tantes qui piquent, par exemple, ou un filtre anti-flatulences suractivé pour nous préserver des terribles pets de vieux...

Et puis il faudrait élucider le mystère de l'odeur de vieux. C'est vrai, ces miasmes spécifiques de phéromones rancies, quelque parte entre la pisse de chat et le formaldéhyde, nous rendent à tous la vie dure. Et ça leur rendrait service de s'en débarrasser : Ils ont honte, il n'y a qu'à voir les quantités de parfum dont s'aspergent les vieilles. Peine perdue : leur peau fait tourner n'importe quelle fragrance.

En attendant ces indispensables inventions, contentons-nous d'éloigner nos vieux pour ne pas les voir crever, c'est la solution de lâcheté absolue mais la seule qui permet encore de se regarder dans une glace dans notre société. Du moins pour une majorité politiquement correcte qui ne sourit pas de soulagement lorsque des tas de vieux seuls que personne ne regrette meurent sous la canicule, enfin libérés de leurs souffrances.

I'm with stupid

Je vous ai déjà raconté comment mon ordinateur m'a lâchement abandonné (un problème qui n'est toujours pas réglé, d'ailleurs, car la bête est têtue), eh bien mon serveur mail m'a lâché. Oh, juste pendant un ou deux jours, mais c'était tout de même inquiétant de ne pas pouvoir lire ses messages, même sur une autre machine.

Par ailleurs, MSN Spaces, qui héberge et fabrique entièrement le site que vous voyez à part son contenu, m'a plusieurs fois refusé des billets, "avalés" au moment de la publication, certes par erreur mais sans espoir de retour, me condamnant à les réécrire.

Et encore, de tous les bugs, toutes les avanies, tous les plantages, tous les ralentissements que mon ordinateur subis, quel qu'il soit, je ne vous les dis pas toutes. Je n'en fais pas l'étalage parce que c'est le lot de tout amateur d'informatique et que ces problèmes sont vite corrigés.

Tout ça pour dire que les ordinateurs sont bêtes. Stupides. Il faut toute leur dire. Pour l'intelligence artificielle, on repassera. Par contre, on fait tous les jours de nouvelles percées dans le domaine de la connerie artificielle, et ça ne semble pas vouloir cesser.

On n'arrête pas le progrès.

22/11/2005

Hello, big boy

Aux Etats-Unis, tout est grand. Il est vrai que ces gens-là ont de la place et ne font pas les choses à moitié. Je l'ai constaté à Salt Lake City lorsque je suis allé dernièrement visiter un petit morceau de cet immense pays. Imaginez des montagnes plus grandes que les Alpes qui vous attendent à la fenêtre chaque matin... Cela dit c'est bien de structure et de développement humain que je voulais parler. Question construction, ça se pose là.

Par exemple, le centre de conférences de l'église de Jésus Christ des saints des derniers jours (qui est différent du centre de conférences public de la ville, et un peu plus petit en superficie, il faut le dire) est n bâtiment moderne qui comporte une fausse cascade, un jardin sur le toit, un petit clocher, de grands escaliers à la autant en emporte le Vent, et 21000 places dans un amphithéâtre doté de grandes orgues et d'une fosse à orchestre.

Même sans les nombreux tableaux et fresques christiques et mormones, la statue en pierre blanche de cinq mètres de haut dans la cage d'escalier sous un dôme d'étoiles peintes, les missionnaires volontaires venus de tous les pays (sauf chez les bougnoules, faut pas déconner...) qui grouillent ici et là pour l'encadrement, ça fait classe. Le problème c'est que les 21000 places sont rarement occupées, sauf peut-être pour les concerts de Noël.

De même, l'hôtel Grand American est immense, luxueux, obscènement haut et décoré à l'ancienne. Il a été financé pour les olympiades d'hiver par un « utahn » (habitant de l'Utah) dans le pétrole, donc cet hôtel (qui a coûté la bagatelle de 2 milliards de dollars) est un "à côté". Il est à l'heure actuelle rentré dans ses frais, mais ce n'est pas une entreprise super rentable : Il y a de nombreux hôtels corrects et moins chers en ville.

Tout ça me fait penser à cette anecdote de la course à l'espace, lorsque les Américains ont dépensé des sommes faramineuses pour concevoir un stylo qui écrit en apesanteur alors que les Soviétiques utilisaient des crayons. Vive la simplicité... Je pose la question, dans ces cas-là, qui me vient à l'esprit lorsque quelqu'un bande mou et que ça se voit : Est-ce que tu soutiens bien ce que tu avances, mon chou ?

21/11/2005

Dia-enfoirus

La santé est très importante aux yeux des Américains. Et c'est normal, vu le système quasi absent de sécurité sociale dont ils disposent, ils n'hésitent pas à dépenser plus pour être moins malades. Pour les aider, les compagnies pharmaceutiques font des publicités pour les médicaments (c'est permis, chez eux, même la publicité comparative... Que ce soit un bien, un mal, ou juste "comme ça" est un autre débat).

Il y a des publicités pour les médicaments disponibles uniquement sur ordonnance. L'argument qui revient souvent dans celles-ci est "si vous en avez besoin, prenez-en"... Et l'argument des pubs pour les médicaments génériques et ceux sans ordonnance est "c'est moins cher et aussi efficace, voire plus". Ils montrent même des petites vieilles qui approuvent leurs pilules en disant qu'elles sont super soulagées, et tout.

On trouve, dans un registre plus bénin, des publicités pour la parapharmacie, comme la nouvelle brosse à dents électrique Oral B qui dispose d'un ordinateur de bord (si, si, c'est authentique, si ça se trouve on l'aura bientôt en France), lequel vous dit combien de temps vous avez brossé, régule les mouvements des poils et des caoutchoucs masseurs de la brosse, et vous dit lorsqu'il faut bientôt changer les piles ou la buse.

J'ai aussi vu une publicité pour la politesse. "Faites un compliment, ça ne coûte rien", ou quelque chose du genre. C'est passé sur CNN. J'étais très étonné, mais apparemment, ce n'est pas un canular, c'est la fondation pour une vie meilleure (FBL, Foundation for a Better Life) qui sponsorise cet acte gratuit de moralisation et de niaiserie, probablement avec des deniers qui seraient mieux utilisés dans la recherche médicale, mais bon.

Vous avez aussi des médicaments "contre" le Jet Lag, le décalage horaire pris en pleine face lors des vols longs courriers. Il y a les somnifères pour vous faire dormir pendant le vol, mais aussi les médicaments anti-mal de l'air. Et puis il y a les excitants qui vous maintiennent éveillé, à prendre toutes les deux heures pendant le vol. Deux heures après avoir touché le sol, toute la fatigue vous retombe dessus et zou, dodo.

Mais ce qui m'a vraiment choqué, c'est le nombre de nouvelles conditions médicales que les hypocondriaques peuvent se découvrir, là-bas. Oui, il y a un médicament pour toutes sortes de choses, y compris des tas de "problèmes" que nous n'aurions même pas l'idée de traiter médicalement. On peut citer la ritaline, de sinistre mémoire, le médicament qu'on donne ax enfants turbulents pour qu'ils se concentrent.

Il s'agit d'un produit psychotrope qu'on a donné pendant de nombreuses années (et que certains donnent encore) dans des proportions faramineuses aux enfants et aux jeunes que l'on jugeait atteints d'un "attention deficit disorder", c'est à dire qui était hyperactifs et ne se concentraient "pas assez" en classe. Les parents en ont vite fait prescrire aux enfants qui les faisaient grimper aux murs pour les calmer.

A mesure que de plus en plus d'enfants en prenaient, et à des doses de plus en plus fortes jusqu'à presque devenir des zombies dociles, les parents d'enfants n'ayant aucun problème médical en firent prescrire à leurs enfants, devenus plus actifs par rapport aux autres décérébrés, ne serait-ce que pour leur donner un avantage scolaire par rapport aux petits drogués qui se concentraient plus facilement.

Résultat, il y a toute une génération de jeunes dépendants de la ritaline, dont certains ne peuvent pas se concentrer sans en prendre. Lorsqu'un enfant est vraiment à problèmes, ce qui arrive quand même moins souvent que les parents ne se l'imaginent, la pharmacopée peut aider à traiter les symptômes s'ils deviennent insupportables... Mais il vaut toujours mieux traiter les causes, en général psychologiques, par le dialogue.

Il y a de nombreuses soi-disant maladies qui font l'objet de médicalisation aux Etats-Unis, et les publicités pour ces médicaments sont souvent du style "Non, vous n'avez plus besoin de souffrir, vous n'êtes plus seul, ce petit truc qui vous agaçait peut maintenant se soigner !". Par exemple le Requip est un remède sensé soigner le "Restless Legs Syndrome", ou RLS (le "syndrome des jambes en proie à l'agitation").

Ce nouvel état médical est décrit comme "cette façon que vous avez d'avoir envie de bouger les jambes quand vous êtes assis ou couché parce que vous ne tenez pas en place, et qui peut vous empêcher de vous endormir vite." J'étais effaré en voyant la pub, une nouvelle étape horrifique dans l'avancée terrible de la mentalité presse-bouton qui dit que tout a une solution scientifique, même l'insignifiant.

Toujours est-il que ce médicament miracle disponible sur ordonnance semble n'être rien d'autre qu'un somnifère doublé d'un relaxant musculaire. L'avertissement légal et rapide de la pub stipule qu'il peut prooquer une dépendance comme tout somnifère, qu'il n'est pas à prendre en conduisant car il provoque sommeil et évanouissements, et qu'il peut provoquer des nausées.

Personnellement, à moins que vos jambes ne dansent littéralement la polka sans votre accord préalable, je pense que rien ne justifie de prendre un tel risque, surtout si vous êtes simplement nerveux et que vous ne tenez pas en place. Au pire, passez une mauvaise nuit et allez voir un psy, passez des radios des jambes, ou, encore mieux, couchez-vous uniquement quand vous êtes réellement fatigués.

20/11/2005

"Prenez garde à l'homme d'un seul livre." St Thomas d'Aquin

Cela peut sembler un pléonasme, mais la crainte du Très Haut me donne le vertige. Je veux dire par là qu'une foi inébranlable en Dieu n'est pas mauvaise, mais qu'il ne faut pas confondre foi et religion : Le mouton obéit-il au berger, ou simplement au chien et au bâton ? Les trop nombreux intégrismes qui sclérosent les religions du monde semblent annoncer de nouvelles et meurtrières croisades.

"O, tablettes de la sagesse ultime, montrez-nous la voie", semblent-ils dire. "Nous allons suivre aveuglément ce qu'il y a d'écrit sans tenir compte de la réalité, même si ça a été fait par un ancien gourou à l'attention d'un groupe de personnes d'un pays, d'une culture et d'une époque complètement différents, avec d'autres lois et sur un autre continent. De cette façon, nous nous absolvons de toute responsabilité et de toute faute car nous ne réfléchissons pas par nous-mêmes et nous n'écoutons qu'une seule voix, qu'un seul livre, de peur que ça nous fasse nous poser des questions. Pardonnez-nous, nous ne savons pas ce que nous faisons."

Il y a eu bien souvent des autodafés au cours de l'histoire, ou l'on a tenté d'effacer les événements et de détruire les bibliothèques. Un empereur chinois de la dynastie Qin faisait systématiquement brûler les ouvrages autres que purement pratiques, dans le but de "protéger le peuple d'un savoir dangereux". Mais l'autodafé, spectaculaire, provoque souvent des réactions enflammées (c'est le cas de le dire)...

De nos jours, comme autrefois, nous employons une méthode plus subtile. Plutôt que de brûler les bons livres, nous ne les lisons pas.

God bless America

En Amérique, tout est ouvert le dimanche, ou presque. Pourquoi ? Eh bien tout simplement parce que les magasins veulent gagner plus d'argent, et que ça vaut le coup : Les gens sortent pendant le week-end, c'est un jour de congé pour beaucoup, et ils sont heureux de pouvoir dépenser des sous dans des magasins puisqu'ils ne peuvent pas le faire les autres jours. Et les vendeurs prennent un autre jour de congé, voilà tout.

Voyez-vous, aux Etats-Unis, la mentalité est légèrement différente de celle de la France : on n'empêche pas les gens de travailler plus s'ils le veulent gagner plus d'argent, il est plus facile d'embaucher et encore plus facile de renvoyer, et l'emploi d'étudiants comme serveur ou vendeur les week-ends est entré dans les moeurs. Il y a des abus, bien sûr, mais ils coûtent moins cher que le système social français, et chacun a sa chance.

Les Américains trouvent que leur taux de chômage est faramineux et ils se plaignent de cela à leur gouvernement, c'est même l'un des reproches les plus courants contre les Républicains : une mauvaise gestion de l'économie. Que ce soit vrai ou non. Pour information, le taux de chômage de ce pays est d'environ 2 à 3 %. Oh, sur 280 millions ça fait du monde, mais en France on dirait que 2 ou 3 % c'est "incompressible".

Tout là-bas est plus grand et moins cher. Les portions sont doublées et les prix largement divisés par deux en ce qui concerne la nourriture. Les centres commerciaux sont partout, de même que les galeries marchandes et les hypermarchés. La variété et le nombre des produits proposés fait palir la plupart de nos supermarchés, pour ne rien dire des prix, même si la qualité peut sembler un peu "chimique" par rapport au goût français...

Tout ça pour dire que ce n'est pas forcément mieux aux Etats-Unis, mais qu'au moins, eux, ils gagnent des sous !

19/11/2005

Jésus Christ Super Star

J'aime beaucoup la plupart des religions américaines pour leur vision de Dieu. C'est digne d'un pseudo humanisme nazillon, et c'est très drôle. La plupart des églises fondamentalistes chrétiennes (les mormons, bien sûr, mais aussi beaucoup d'évangélistes) croient que Jésus et Dieu sont de la même substance, donc que Jésus est divin. Jésus a donc vraiment l'air d'un dieu... Musclé, grand, beau, blond aux yeux bleus.

Ben voyons. il est né à Bethlehem de parents juifs, au milieu du monde méditerranéen, et il a le type nordique. Bon, ça n'a aucune espèce d'importance, à vrai dire, mais c'est pourtant une question de premier ordre pour des croyants que j'ai personnellement rencontré et de nombreux autres dont on m'a simplement parlé. "Le fils de Dieu ne peut pas être typé sémite... C'est le fils de Dieu, il est forcément super beau !"

Ne riez pas, je l'ai entendu ! Et donc apparemment, les gens qui, comme moi, mesurent moins d'1m75 et sont bruns et velus avec des yeux noirs ne rentrent pas dans le moule en ce qui concerne la beauté canonique divine. C'est limite vexant. Surtout que dans la Bible, quelle que soit l'édition, l'apparence du Christ est un point assez flou. Si ça se trouve, s'il a existé, il était vraiment blond.

Et il avait une aura de lumière, et puis ses yeux lançaient des rayons, et ses vêtements étaient toujours parfaitement blancs et bien coupés, et il avait vraiment une auréole visible... Surtout après la résurrection. Eh, c'est ce qu'il y a sur les tableaux et les crucifix, non ? C'est là-dessus que se basent la plupart des chrétiens lorsqu'ils prient le fils de l'homme...

Je n'avais jamais réalisé jusqu'à présent combien le christianisme était proche, dans ses versions modernes, de l'idolâtrie qu'il a passé tant de temps à pourchasser : On vénère des portraits de Dieu, de Son fils, et des représentations du Saint Esprit sous forme animale ! Et je ne parle pas des icônes, ni du culte Marial que les Espagnols chérissent tant.

Marie est-elle l'incarnation du culte de la mère éternelle, principe féminin jamais touché par l'homme et pourtant mère du monde, la fertilité et la Terre, épouse d'un Dieu qui, comme par hasard, vit au Ciel ? Ce Dieu, dont les origines remontent à d'anciens dieux du tonnerre proche-orientaux comme El (l'un de Ses noms) foudroie ses ennemis tel Zeus, et porte même sa barbe blanche...

Le Seigneur a-t-il pour fils un Jésus/Hercule musculeux et américanisé venu sauver l'humanité des dieux vengeurs et des démons, doté de superpouvoirs comme le racontent les mormons ? La colombe messagère du Saint Esprit est-elle une manifestation d'un principe animiste, ou bien simplement une incarnation d'Hermès Trismégiste, s'inscrivant dans une étoile à cinq branches ?

Tout ça c'est des histoires... Seul un anthropologue, un bibliste ou un franc-maçon (et encore, sans doute des mal baisés qui se branlent en lisant le Rameau d'Or, qui se donnent des airs en se pintant au vin de messe mystico-magique dans quelque orgie estudiantine ou agape fraternelle, prétexte à ressasser l'ésotérisme à quatre sous du XIXe qui leur donne l'impression d'être supérieurs) pourrait y accorder la moindre attention.

Le jour ou les gens auront une vraie réflexion sur l'histoire qui sera dissociée de leur foi en Dieu, on pourra peut-être espérer sortir de toute ces histoires d'archaïsmes symboliques qui sentent le moisi. Vu comme c'est parti, la pompe papale, les gigantesques bureaux des mormons, l'église de Scientologie, la secte Moon, les madrasas et les guerres de religion, hélas, ont encore de beaux jours devant eux.

18/11/2005

Et non pas vivre pour manger

La grande tendance est à la nourriture bio, ou "organique". En France, il s'agit d'un budget énorme, aux Etats-Unis, c'est quinze milliards de dollars par an que rapporte l'engouement environnemental de la population, lasse sans doute de trouver des produits chimiques peu ragoûtants dans son assiette.

Mais qu'est-ce qui fait dans ce pays qu'un produit est considéré comme organique ? Si la législation européenne est plus ou moins claire en fonction des denrées, celle des Etats-Unis est largement plus floue. De nombreuses organisations, notamment les groupes anti-OGM, cherchent à clarifier la situation.

Au pays des hamburgers, trente-huit ingrédients de base d'origine spécifique sont déposés et reconnus de par la loi fédérale comme étant "organiques". Après, ça dépend des Etats. Il s'agit d'un critère mal défini, au mieux, pas d'un gage de qualité, mais c'est une assurance de traçabilité et d'authenticité.

Cependant, les entreprises peuvent marquer sur l'emballage de ce qui est vendu en magasin, où que ce soit dans le pays, la mention "organic food" même si il ne contient qu'un seul de ces ingrédients, et ce même si cet unique ingrédient n'entre qu'à moins de 5 % dans la composition de ce produit fini...

Ne croyez pas que l'Europe est à l'abri de tels manquements : Sachez que dans notre pays épris de traçabilité et haineux des "vilains Américains pas beaux" il n'existe que peu de produits protégés par une appellation contrôlée ou un dispositif similaire, et dont la fabrication et la composition sont garanties.

Les normes même les plus strictes admettent que le chocolat en barres puisse comporter des insectes moulus, inévitables accidents d'usines, et l'Orangina continue de se vendre bien qu'elle ne soit rien de plus que des résidus de jus d'orange déjà pressé dilués dans de l'eau même pas minérale.

Mais vous croyiez quoi, bande de végétaliens, écolos qui culpabilisent et crient au meurtre dés qu'on touche à un poil de vachette ? L'additif est le revers de la médaille de l'hygiène et de la conservation. Malgré tout, nous mangeons plus, plus sainement et des produits plus goûteux qu'il y a seulement trente ans.

Bien sûr, il doit y avoir un juste milieu, mais entre le bout de gras qui a ranci suspendu dans une hutte en bouse au sol de terre battue accompagnée de lait non traité au sortir de la vache et la viande conditionnée sous plastique du supermarché accompagnée de lait stérilisé, je sais ce que je préfère.

Et je ne vous parle pas des siècles passés... C'est l'atome ou la bougie. Le conditionnement, s'il est parfois abusif comme tout système, reste l'assurance d'une nourriture comestible, qui ne rend pas malade. De la pasteurisation à la production de masse, on peut s'estimer heureux d'avoir plus que juste à manger.

17/11/2005

Vive le son...

Un appareil étrange ressemblant vaguement à une antenne satellite croisée avec un miroir de salle de bain est devenu la moderne artillerie tout droit héritée des miroirs paraboliques qui défendaient les ports grecs dans l'antiquité. En Amérique et dans certains autres pays, on en dote les navires.

Plutôt que de réfléchir la lumière, ces astucieux dispositifs projettent dans une seule direction un son au choix. Le son est peu audible autour de l'appareil, mais il est à plein volume si l'on se trouve dans la ligne de mirel. Le volume peut être poussé jusqu'au seuil de douleur sans que le "tireur" et ses compagnons soient incommodés !

Cela porte à de grandes distances et peut servir de mégaphone, d'alarme, et d'arme projetant à courte portée des sons douloureux. Bon, personnellement je pense que Céline Dion porte plus loin, mais je suppose que c'était contre la convention de Genève...

A la place de la BO de titanic, l'appareil bizarroïde projette des sons "types", du style sirène, ou bien il peut être relié à un micro pour que quelqu'un donne des ordres aux assaillants. Le pire c'est que ça marche : Des pirates et des émeutiers ont été victimes de ce nouveau module étrange.

Comprennant que c'est là la preuve, s'il en fallait une, que les cons obéiront toujours à un ordre prononcé suffisamment fort et d'une voix bien modulée, les garde-côtes et les policiers américains en mettent sur leurs véhicules, sur terre ou sur mer.

Comme quoi, on nage en pleine science-fiction, parfois.

16/11/2005

Paris brûle-t-il ?

J'ai perçu au travers du prisme américain, vision déformée par la distance et la perspective, les feux de joie à rebours allumés par les banlieusards mécontents. Vu des Etats-Unis, qui ont connu déjà plus que leur content d'émeutes au vingtième siècle et dont les tensions raciales ne sont pas apaisées, Paris était en feu.

Malgré les gros titres russes annonçant que la capitale française était à feu et à sang, et bien que CNN ait rapporté d'énormes dégâts matériels, en Amérique, peu leur chaut. Tout cela était le plus souvent enterré derrière les attentats en Jordanie, les tornades, et surtout les élections (c'est l'année des mid-terms).

Aucune aide n'est prévue, ni aucun débarquement yankee pour mater les mates maures musulmans qui malmèneraient soi-disant nos rues : ce serait excessif, et ce serait se mêler des affaires d'un état légèrement plus souverain et politiquement correct que l'Irak. D'autant que lesdits yankees ont d'autres shahs à fouetter.

Le point de vue de la plupart des américains (du moins pour ceux qui ne sont pas indifférent au problème) est que le modèle social français a échoué de façon retentissante, prouvant que l'on ne peut pas calmer indéfiniment le peuple dans une apathie induite par les aides sociales sans lui donner du travail.

Que cette politique typiquement française soit trop dure, trop molle, trop à gauche, trop à droite, trop présente, trop absente ou trop inégale, c'est un débat qui fait toujours rage et paralyse nos institutions, on ne peut aujourd'hui que le reconnaître... Chacun de tirer ou pousser dans une direction différente.

Mais peu importent les causes profondes et multiples de cette crise ou leurs faits déclencheurs, chômage, vétusté des logements, criminalité, intégrisme, ministre d'état excité, police, électrocution, mauvaise digestion ou quelqu'un qui a perdu ses clés... Pendant ces émeutes, les buts des participants étaient loin d'être clairs.

Les "immenses" dégâts de ces manifestations désordonnées sont à relativiser : peu de dégâts humains, énormément de voitures brûlées. Mais il faut dire que si les proportions ont été décuplées ces derniers temps, des voitures brûlent et des personnes sont grièvement blessées chaque jour dans certaines banlieues.

A cause (grâce ?) aux proportions que cela a pris, les médias se sont emparés de l'affaire alors que ce phénomène date de longtemps, mais qu'il est gentiment ignoré par à peu près tout le monde. On a crié au loup, on a crié 1968, on a crié à la révolte et toutes sortes de choses, mais qu'en sait-on vraiment ?

On sait toujours comment ça commence, mais jamais comment ça finit, ni quand.

L'espérance, cette chose emplumée...

Par la Malepeste, que maudits soient les descendants de l'immonde crapaud salace et libidineux qui conçut, dans un relent fétide issu de l'éclatement éructatoire d'une des rares et fragiles bulles de savoir qui s'échappent de la masse stagnante du marais putride de son cerveau attardé, la fonction qui gère la base de registre sous Windows XP Pro, cette ignoble crevure pleine d'un abject pus, ichor vénéneux lui servant de sang.

J'écris ces lignes depuis un ordinateur étranger au mien, car celui-ci, victime d'un conflit interne comparable au pire caca nerveux de Woody Allen, s'est égaré dans quelque lamentable boucle en voulant trop revenir sur lui-même, incompréhension vraisemblablement causée par l'adjonction d'un programme étranger innocent et néanmoins pourri (comme on dit, responsable mais pas coupable).

Le lecteur perspicace aura déduit sans peine au vu des deux premiers paragraphes que je suis quelque peu irrité. Nombre de mes projets non encore sauvegardés vont probablement être anéantis par cette calamité, et ma fréquentation d'Internet sera réduite de façon drastique, puisqu'elle nécessite que j'emprunte la voie pavée par une autre machine que la mienne : Autres programmes, autres moeurs, pour paraphraser Cicéron.

Que cela me serve au moins à réfléchir sur ma dépendance (et notre dépendance à tous, nous autres internautes) vis-à-vis de l'informatique. Devant l'avilissement de la télévision, Internet remplace la presse écrite, le journal de vingt heures et, plus encore, le téléphone, la poste, et surtout les divertissements. Même déconnecté, un ordinateur reste un instrument de loisir fantastique et un outil de travail indispensable.

Comme je le disais avant de partir en vacances, nous sommes tous trop tributaires de la technique. Et je viens d'en faire l'expérience : Après une douzaine de jours de sevrage numérique volontaire (les andouilles diront "cybersevrage" pour une "cyberdépendance"), je m'attendais à trouver un ordinateur marchant raisonnablement bien, et j'ai ressenti un manque instantané dés le premier signe de plantage grave.

C'est la preuve évidente qu'il y a une différence entre la pause consentie et l'arrêt forcé : C'est comme se salir. Un urbain habitué au luxe qui va crapahuter à la campagne de temps en temps sous prétexte que c'est sain a toujours devant lui la perspective d'un bon bain et d'abus bien citadins : Il retrouvera ses voitures et sa pollution, ses cigarettes et ses marques favorites quand il estimera l'expérience terminée.

Fermez-lui la route de la ville, et, bien que sa situation ne soit ni mortelle, ni dangereuse, ni même différente du reste de ses heureuses vacances, vous engendrerez frustration et énervement sans fin. Internet et l'informatique en général sont devenus des extensions de nous-mêmes, des sens supplémentaires et des membres nouveaux qui nous permettent d'atteindre des choses autrefois inimaginables, bien qu'abstraites.

Mais il est parfois bon de savoir qu'on peut compter sur nous-mêmes, et que rien de tout cela n'est indispensable, quitte à se voir asséner cette vérité simple avec une brutalité aussi incommodante qu'inopinée. J'ai heureusement à ma disposition d'autres outils que ma bécane chérie pour vous faire part de cette méditation, même si j'espère retrouver mes pseudopodes numériques familiers au lieu de cette béquille.

Nous verrons si le problème nécessite une amputation suivie d'une greffe, ou si c'est guérissable...

15/11/2005

From Hell

De retour de mon périple au pays des bisons et des caramels salés, je rapporte des images et des trésors de l'occident merveilleux... Oui, Grand Calife, Commandeur des croyants, Lumière de l'Orient et Suzerain de la Sublime Porte, me voilà revenu de Salt Lake City la lointaine.

Et c'était bien.

Premièrement parce que j'y ai retrouvé des potes, deuxièmement parce que tout y est moins cher : Les fringues ont des prix imbattables, même sans les soldes (et c'était les soldes !), et ils ont les bons DVD avant tout le monde, pour environ les deux tiers du prix français. Grand maximum.

Ajoutez à cela un accueil chaleureux, une cuisine simple, efficace et roborative, et des repas copieux à moins de cinq dollars par jour, une chambre d'hôtel deux fois plus grande que celle d'un trois étoiles en France dans un hôtel de catégorie inférieure, pour la moitié du prix, et avec le câble s'il vous plaît...

Tout ça me donne envie d'émigrer.

Mais pour l'heure, je viens de poser le pied chez-moi après un trajet aérien abject au possible, je vais donc dormir quelques heures (siècles ?) avant de vous narrer plus avant les sombres pensées qui se sont coulées dans mon esprit malade et tortueux alors que j'étais en vacances.

Moi je vous le dis, ça va chier.

02/11/2005

On tour

Trois mois, trois mois déjà que j'élucubre à pleins tuyaux sur le réseau des réseaux. Trois mois que je vous offre, au milieu de la Mecque virtuelle de la porn-culture, des billets d'humeur toujours plus riches en calembours vaseux, en opinions discriminatoires et en généralisations douteuses.

S'il m'est arrivé de ne rien publier pendant deux jours, par manque d'inspiration ou de temps, c'était vraiment le bout du monde. Vous jugerez donc du temps que je consacre à cette petite entreprise, qui, comme toutes les autres, connaît en ce moment une crise...

Oh, point n'est besoin de s'alarmer, il ne s'agit pas de la grippe aviaire, des prix du pétrole, des attentats qui saupoudrent le monde comme la pincée de piment rouge relevant un plat trop fade (le cuisinier a eu al main un peu lourde ces derniers temps, il faut bien le dire).

Ne craignez point. Je pars simplement en vacances. Comme je tiens à ce que ce soient de vraies vacances, je serai vraiment injoignable et coupé d'Internet pendant... Disons, une petite quinzaine. Il n'y aura donc plus de billets jusqu'au quinze ou au seize de ce mois.

Faites-vous une raison, je ne tiens pas à me faire l'esclave de mon portable, ni de mon ordinateur, ni de mon ordinateur portable d'ailleurs. Nous sommes tous très tributaires, trop peut-être, de la technique. Et c'est une phrase vachement dure à dire, surtout très vite.

C'est la première fois depuis longtemps que je peux partir en vacances sans avoir de studieuses perspectives pour me faire de l'ombre, maître nageur surveillant mes évolutions balnéaires depuis le mirador de la rentrée, dont je peux toujours apercevoir l'oeil vigilant quoi que je fasse.

Aussi ne vais-je pas me priver ! A mon retour, je vous raconterai de nouvelles anecdotes plus fraîches et plus exotiques, ou tout au moins plus américaines puisque je vais passer ces quelques moments de repos dans l'Utah, l'état des Mormons, état dans lequel je suis déjà allé.

Pourquoi vouloir s'acoquiner avec ces immondes dévots, me diront ceux qui ont lu mon billet d'humeur d'octobre au sujet des Saints des Derniers Jours. N'est-ce pas une décision particulièrement stupide, ou du moins malavisée pour qui veut s'amuser en paix ?

Que voulez-vous... J'aime les défis.

Posté par Elromanozo à 17:16 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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