24/08/06

Billets de Septembre 2005

Note de l'auteur : Les billets sont présentés par ordre chronologique inverse.

30/09/2005 

100HO7+LHO+L100 

S'il y a bien une chose que je déteste c'est quand on fait semblant de parler français. Je veux dire, les fautes m'agacent au plus haut point, et si ce sont plus que de l'inattention j'en conçois de la pitié ou du mépris pour celui qui les commet... C'est plus fort que moi, qu'est-ce que vous voulez. On peut être familier, argotique, grossier et vulgaire, chaque mot a son usage après tout, même les gros, mais quand on écrit "ankulé" on s'abstient.

Quand on prétend parler une langue, surtout sa langue maternelle, on essaie de la parler correctement et pas à moitié. Oh, je ne vais pas me lancer dans une longue diatribe du genre "connaître une langue c'est connaître l'esprit d'un peuple, une mauvaise conjugaison dans sa langue maternelle dénote un esprit mal formé, des fautes graves de vocabulaire dénotent une ignorance crasse..."

Non, je ne suis pas professeur de français. Mais laissez-moi condamner cette apologie de la déstructuration orthographique, ce cri écrit, cette phonétique sans rythme, cette mauvaise charade qu'il faut bien nommer "langage" SMS, développé par pure fainéantise pour ne pas avoir à épeler tous les mots sur les touches trop petites. Oui, parce que l'excuse bidon du prix des SMS, je n'y crois pas... Rapport au prix du téléphone, déjà.

Quelqu'un avait déjà traduit les fables de La Fontaine en argot et en verlan, en louchébème, même, déclamé du Racine sans les liaisons (un massacre...), voire même mis Molière en bande dessinée, alors rien que pour voir j'ai décidé de traduire un poème de La Fontaine en Langage SMS. Voilà ce que donne "A Monseigneur le Dauphin".

monCnieur ledof1 

j chant l& RO don &zop & l rep 

troup 2 ki listwar ankor ke mansonjr 

conti1 d VriT ki serv 2 leson 

tou parl en mon ouvraj 

& mm l& poison 

c kil diz sadrS a tous tan k nou som 

j m ser danimo pr 1struir l& keum 

ilustr rejeton d1 pr1s M& D sky 

sr ki le mond entye a now l& yx 

& ki fesan >ir l& + cool tet 

kontra Dzormé C jrs par C conket 

kLkotr t dira d1 + fort vx 

l& f& 2 t& ayeu & l& vRtu D roi 

j V t koz& 2 -dr aventur 

t traC en C vR 2 l&jR p1tur 

& si 2 tagr&& je nenport l pri 

jor& o - lonr 2 lavoir entrepri 

jan 2lafontN 

Oui, j'ai parfois remplacé des mots par leur équivalent SMS, et non, je n'ai pas cherché à préserver les liaisons et les diérèses qui font tout le sel des alexandrins de ce prologue aux Fables... Mais c'est un SMS, je vous avais prévenu que ce serait ignoble.

Je ne sais pas pour vous, mais moi, je suis le genre de mec que ça énerve tellement qu'il écrit ses rares SMS entièrement et sans fautes. J'ai même envoyé "anticonstitutionnellement", le mot le plus long de la langue française, à la fin d'un SMS rien que pour voir ce que ça donnait. & j vs Mmerd.

29/09/2005 

Queer Culture 

L'homosexualité a été dépénalisée en France depuis 1981, à peu près en même temps qu'on abolissait la peine de mort. C'est François Mitterrand qui a fait tout ça, si, si. Il en a profité pour se fier au stéréotype qui dit que les gays sont naturellement plus sensibles et plus artistiques, toujours d'un goût exquis (il n'avait visiblement jamais été dans une Gay Pride de sa vie, ce pauvre monsieur, mais passons).

François Mitterrand et ses successeurs ont fait du Ministère de la Culture en endroit ou on cultive (comme son nom l'indique) l'homosexualité. Les pédés fleurissent et les autres ne font pas long feu, comme une revanche contre les employeurs chauvins. Depuis mai 1981, en effet, nous n'avons eu en France que des pédés à la Culture, ou alors des gens extrêmement bêtes ou bizarres.

Jack Lang ? Gay comme un pinson. François Léotard ? Bête comme ses pieds. Jacques Toubon ? Bête à manger du foin ET probablement un homo refoulé. Philippe Douste-Blazy ? Pareil, mais en plouc : ma concierge est plus virile. Catherine Trautmann ? Diplômée en théologie et langue et culture Copte de la fac de Strasbourg, oui madame, si ça c'est pas bizarre autant qu'étrange...

Catherine Tasca ? Une vieille fille socialiste qui a fait passer le PACS, fille de révolutionnaire communiste, vous pensez si c'est de la bonne lesbienne italienne ça... Jean Jacques Aillagon ? Il a fait son coming-out dans Le Monde, c'est l'ami pédé de la famille Chirac. Renaud Donnedieu de Vabres ? Elle est folle comme un quatorze juillet, celle-là aussi, outée par Têtu en plus.

D'après mes renseignements les hétérosexuels sont assez rares parmi les employés. Il y a tout juste la parité dans certains services. Ils sont au minimum bisexuels, que ce soit par effet de mode ou décision de carrière c'est une autre histoire... Je connais quelqu'un qui y travaille, lui-même est pédé comme un foc et connaît quelques collègues comme lui. Bibliquement.

Qui a dit que le Ministère de la Culture était un "placard" ? Même sans les socialistes, les couloirs du Palais Royal ont une étrange et rose résonance... Serait-on revenu au temps de Cambacérès, conseiller de Napoléon qu'on appelait en ces lieux "Tante Hurlurette" quand il déambulait avec les jeunes hommes qui lui servaient de mignons ? J'en suis toute émoustillée.

27/09/2005 

Un bout de blanc nuage 

Avant de me coucher, encore une petite humeur de chien sur un objet récalcitrant. Je connais quelqu'un, qui, fan de technologie plus ou moins moderne et surtout de gadgets, avait fait l'emplette pour sa jolie perceuse d'un compresseur... Pour les non-bricoleurs j'explique ce que c'est, d'autant qu'hier encore je ne le savais pas.

Il s'agit d'un pistolet à peinture fonctionnant par compression adaptable à l'embout multifonction de la perceuse. Les professionnels utilisent des rouleaux et des pinceaux. Mais tant pis, l'achat est fait. Et puis ça a beau être un gadget bizarre, c'était moins cher  à cette époque ancestrale qu'un vrai pistolet à peinture.

Voilà notre héros bricoleur qui s'y met avec une joie sans limite et mal cachée, et veut peindre son radiateur en blanc avec son appareil bâtard, arguant que le pinceau n'y entrera que mal et que ça ira plus vite. Le raisonnement se tient, d'autant que pour prévenir tout incident, il a posé une bâche et du scotch.

Le travail commence. L'ennui avec un pistolet à peinture de ce type, c'est que ça vaporise. Cela créé un nuage comme un brumisateur, pas un jet. Aussi, il y a une tache de peinture assez fine sur le radiateur, presque rien entre les trous du radiateur, par contre plein de peinture en suspension dans l'air, sur le mur, partout.

La peinture se dépose assez lentement sur ce qu'elle trouve et elle a le temps de voyager un peu. On en retrouve au delà de la toile cirée, dessous même, à cause d'un bout de scotch mal collé. Plus important, on en retrouve sur tout le peintre, des cheveux au pantalon. Il a eu la bonne idée de ne pas trop respirer, heureusement.

Mais aussi, pourquoi vouloir peindre un radiateur avec une perceuse ? Pour avoir le plaisir de dire que son gros outil a craché quelque chose de blanc et que ça a recouvert toute la maison ? Allez savoir. Nous avons tous droit à la satisfaction virile et phallocentrique du bricoleur du dimanche, je suppose.

Le retour de Téflon-Man 

Tiens, si je parlais de l'actualité, pour une fois... J'avais dit que non, mais finalement, là, il y a une perle trop belle pour qu'on la rate. Il s'agit encore du Nain Soluble dans les cités, de la Nationale Sangsue de l'UMP, du Néoplasme Survivant de la droite, bref, monsieur N.

Vous vous souvenez sans doute qu'hier matin on avait arrêté, sur les conseils d'un indic quelconque et après une enquête assez rude, une bande d'islamistes qui planifiaient sans doute des attentats... Sauf qu'on n'a rien trouvé de probant si ce n'est quelques discours suspects. Rien de sympathique, mais tout de même.

Eh bien le soir même, Nabot Sournois passait à la télé, sur France 3, et lâchait négligemment un bon gros message sécuritaire sur "l'arrestation de ce matin". Quelle coïncidence, quel heureux hasard que cette arrestation ait eu lieu à ce moment là, vu que l'interview était programmée depuis quelques temps déjà.

Mieux encore : L'interview, c'était du différé, elle a été enregistrée il y a cinq jours. Quelle prévoyance, quand même, cinq jours à l'avance, il savait exactement qu'il allait y avoir une arrestation juste le jour ou il passait à la télé. Comme quoi, notre Nouveau Sauveur prédit aussi l'avenir.

If looks could kill 

Quand vous faites une rencontre, la première impression est toujours basée sur l'apparence physique. Le milieu gay est particulièrement plein de cette attitude superficielle que l'on a nommé à juste titre Body Fascism, presque caricatural à l'image d'Hollywood, mais il est loin d'être le seul.

La beauté et le soin comptent, ne dites pas le contraire. Il n'y a rien de plus inégalitaire et de plus relatif que l'apparence physique. La preuve, entre quelqu'un qui présente bien et quelqu'un de négligé, qui sera choisi pour jouer les hôtes d'accueil ou les porte-paroles ?

Cela va plus loin. Je connais une jeune fille qui voulait soutenir une maîtrise d'histoire sur Hillary Clinton. Elle se présente en juillet à son futur directeur de maîtrise. Elle était habillée de façon ordinaire, sans maquillage, car elle venait de passer ses examens et n'avait pas envie de s'apprêter... Le directeur de maîtrise la décourage.

Les raisons invoquées ont été les raisons habituelles : Etes-vous bien certaine ? C'est trop récent pour une maîtrise d'histoire... Un livre va sortir bientôt sur le sujet, ça ferait double emploi. Et puis vous êtes une femme, donc une féministe, vous êtes biaisée par rapport au sujet.

Pourtant décidée à faire son mémoire, elle revient à la charge en septembre. Cette fois, elle a acquis un bronzage, perdu quelques kilos, mis ses cheveux en ordre et emprunté un tailleur Chanel à une copine. Elle présente le même sujet, mot pour mot, et le même professeur lui dit : "Pas de problème mademoiselle."

Je doute sérieusement que le directeur de maîtrise soit un vieux vicieux, c'est d'ailleurs quelqu'un de très sympathique qui ne ferait pas de mal à une mouche et a une réputation sans défauts d'universitaire sérieux dans et hors de la Sorbonne...

Mais le fait est que tout le monde se laisse influencer plus qu'il ne croit par l'aspect de son interlocuteur. Demandez à quiconque veut trouver un travail de guichetier avec un piercing inhabituel au visage, ou devenir cadre avec des bras tatoués jusqu'aux mains.

Discrimination ? Oui et non. Envers les personnes difformes c'est possible, mais cela reste rare, et beaucoup tombent sous le coup de la loi sur l'emploi de personnes handicapées. Pour les autres, il serait facile de se tenir propre grâce aux bains-douches gratuits des municipalités, et de ne pas avoir l'air de s'en foutre.

De plus j'apprécie énormément un joli tatouage, même grand, mais celui qui choque volontairement ne doit pas s'étonner ensuite de ne pas pouvoir s'insérer comme il le voudrait dans la société qu'il a lui-même cherché à secouer. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre, non ?

26/09/2005 

Concept le dise 

Il y a des mots à la mode, nouveaux lieux communs d'une concision remarquable et pourtant assez vains, qui regroupent un certain nombre de notions en une sonorité passe-partout, un peu comme un jingle publicitaire, une réplique de drague ou une phrase clé en politique.

La plupart du temps, ça s'appelle "concept". Pas "un" concept comme un concept d'émission de télé ou autre, juste concept : le concept store est un magasin qui vend non pas un type de produits mais une déclinaison de produits autour d'une idée, Une concept car est un prototype qui idéalise une orientation du constructeur...

Les abus sont faciles du fait du concept même du concept, polymorphe, comme dans "ouah, c'est super concept", "trop concept", "c'est concept, tu peux pas comprendre", voire même "concept mon cul".

C'est apparemment un mot outil que l'on préfère à l'adjectif correct (qui est "conceptuel", mais qui se trouve lui aussi lourdement connoté dans le milieu de l'Art). La variété de sens qui peut être exprimé à l'aide de ce mot est proprement géniale, surtout si on l'associe à d'autres mots outils, le plus souvent étrangers, voire étranges.

Par exemple, je suis allé un jour dans un bar lounge. "lounge" est un concept. Cela représente un débit de boisson et tout ce qu'on y trouve (musique, mode, décoration et attitude). Cela implique une ambiance vague, sereine, voire chiante, adaptée aux fumeurs de moquette et aux gens qui ne se parlent pas beaucoup.

Lounge est aussi le nom d'une des pièces du Cluedo, en anglais. En effet, à l'image d'une partie du célèbre jeu des frères Parker, tous les clients d'un bar lounge sont assis comme à la maison, sur des canapés et autour d'une table, en se demandant qui a tué l'ambiance. Inexplicablement, la déco est toujours violette.

25/09/2005 

Putain deux jours 

Il n'y a pas eu de billet d'humeur hier, pour ceux qui auraient suivi. Et puisque le précédent a été écrit quelques temps après minuit avant d'aller au lit, cela signifie par voie de conséquence que ça fait deux jours que je n'ai pas ajouté mon grain de sel à l'Univers, du moins pas sur ce site. D'où le titre.

Ce n'était pas par manque de grains potentiels, mais par manque de temps... Ou par procrastination, comme vous voudrez, puisque la plupart du temps on peut prendre le temps autant qu'on veut moyennant quelques sacrifices. D'ailleurs tous mes amis vous le diront, j'ai un grain en permanence, donc ça ne manque pas.

Personne ne s'est manifesté dans mon lectorat. Mon lectorat est très discret, d'ailleurs, c'est une qualité que j'apprécie chez-lui même si c'est parfois agaçant. Jusques à présent je n'ai en effet reçu qu'un seul commentaire de quelqu'un que je ne connaissais pas (merci pour elle).

Je dois donc supputer que mes seuls lecteurs sont mes amis (et encore, pas tous) a qui j'ai dit que ce Blog existait, cette personne, et un français blanc malade dans sa tête, entre 28 et 37 ans, qui se masturbe dans un réduit bordélique. Il y en a toujours un qui traîne selon les profilers, et on ne sait jamais ce qu'il lit ni pourquoi.

Ce billet d'humeur est-il destiné à autre chose qu'à me regarder le nombril pour en déterminer la profondeur ? Non, mais vous étiez prévenus, c'est un Blog... Il y a tout de même autre chose dont je voulais vous faire part, tant que je suis là, et c'est l'établissement de deux nouvelles listes traitant de restaurants, sous peu.

Je trouvais que ça manquait, d'autant que tout le monde se plaît à critiquer les films, la musique, les hommes politiques... Bref, tout ça n'étant pas très original, j'ai décidé de faire un peu autre chose. Je vais donc faire sans honte une pub pour les adresses que je trouve bonne... Et l'inverse, bien entendu.

23/09/2005 

Un trou sur le PAF 

Je vous avais déjà parlé du luxurieux Robottom, ce jouet presque vivant qui s'allume en appuyant à l'emplacement de son sexe (ou de son anus, tout cela est un peu flou sur un dinosaure mécanique, avouons-le), eh bien c'est reparti. Une nouvelle idiotie pour enfants me titille la glande critique.

Je zappais sur le câble lorsque, passant pas les chaînes dites "jeunesse" en fin d'après-midi, je tombe sur une série animée qui s'appelle "les gnoufs". A ceux qui ne connaîtraient pas, je précise que c'est un terme grossier pour désigner la prison ou la cellule (militaire, d'un poste de police, etc.). Littéralement, un "trou".

C'est peut-être vieillot, comme mot, et il est vrai que plus personne ne fait son service militaire (moi-même, je ne l'ai pas fait) et n'a donc plus droit à cet argot fleuri des casernes, mais tout de même, celui qui a trouvé ça devait bien avoir une idée de ce qu'il faisait... Ou au moins un ami qui le lui a dit, je ne sais pas, moi...

C'est un dessin animé pour les très jeunes avec des espèces de bébêtes de toutes les couleurs rendues en images de synthèse. Ils voyagent dans l'espace grâce à des ballons, et se sont arrêtés chez-nous. Ils peuvent prendre la forme de n'importe quoi pour "découvrir le monde par ses yeux", mais chaque gnouf est particulier.

Lapignouf est un lapin rose contestataire, Grougnouf est le meneur (une espèce de peluche bleue écolo), Anignouf est un âne grognon, Micrognouf est un petit crétin violet, Kripignouf est une réincarnation de Zébulon, Captain Jtejur est le super héros local (un lapin vert), Minibeb est le naïf et Gigabeb le bon vivant.

C'est d'un classicisme éprouvé, à peu de choses près les Barbapapa avec un ton plus moderne et écolo. C'est bien fait, il y a de bons gros messages, c'est une série française avec quelques moyens et des ordinateurs comme on peut en faire aujourd'hui, et ça passe sur Disney Channel.

Tout ceci n'est sans doute pas grave. Au pire, les enfants auront appris un nouveau mot, et c'est vrai que le mot Gnouf sonne bien pour une série destinée aux gosses. N'empêche que le jeu de mots est sans doute fait exprès et qu'il passe inaperçu sous prétexte que c'est sur le câble.

21/09/2005 

Sac de noeuds 

Je mate du porno. Oui, ça m'arrive, qu'est-ce que vous voulez, il est parfois difficile de trouver un chaud sûr pour prendre son pied de manière régulière... Oh, ne jouez pas les vierges effarouchées, tous les mecs qui ont Internet en font autant, même ceux qui sont avec quelqu'un. Et les bigots, c'est les pires.

Quoi qu'il en soit, j'ai remarqué il s'établissait dans cette industrie comme dans d'autres des créneaux. En fonction de ce que vous aimez, des types de scènes et d'acteurs (ou d'actrices, le plus souvent, du moins chez les hétérosexuels, ces bêtes étranges et fascinantes pour moi...), vous regardez ou non.

C'est un peu comme les yaourts au supermarché : Vous aimez telle ou telle sorte, un peu laiteuse, nature ou avec des morceaux, et même si vous pouvez en essayer plusieurs chaque marque a son style. Si vous aimez, ce sera celle là et pas une autre l'instigatrice habituelle de votre petite pause crémeuse...

Je prend comme exemple l'industrie du porno gay parce que, il faut bien le dire, je n'en regarde pas d'autre : Certains films sont plus violents, d'autres plus tendres, d'autres classiques, et il y en a pour tous les goûts : Des exercices oraux classiques au footfucking, en passant par les accessoires, voire pire.

Telle boite de production fait dans les mecs bodybuildés style californiens, telle autre dans les poilus, une troisième ne prend que des mecs imberbes et blonds venus des pays de l'Est alors qu'une autre encore insiste pour ne prendre que des clones façon Star Academy de moins de 25 ans, etc.

Il ne s'agit pas que de la bite, paradoxalement, même s'il est évidemment indispensable que tout fonctionne dans la tuyauterie, si j'ose dire. D'ailleurs certains acteurs pornos n'en ont pas une terriblement impressionnante, surtout dans certains rôles de passifs ou ils mettent en valeur leur partenaire.

Pour les érections, l'ami d'un ami qui s'est produit dans un tel film m'a dit que certains réalisateurs demandaient à tout le monde de prendre du viagra, à titre préventif. Touchante attention, surtout pour le système cardio-vasculaire des acteurs... Comme si il n'y avait pas assez de drogue dans ce milieu glauque.

Il est vrai que c'est un métier comme un autre, quoiqu'il y soit impossible de faire carrière trop longtemps, non seulement parce qu'il faut rester jeune et beau sans débander mais aussi parce que c'est un star system... Parallèle, certes, mais qui a ses légendes et ses starlettes, et qui a encore moins de mémoire qu'Hollywood.

Je ne comprends pas comment certains peuvent se faire un idéal d'être dans cette industrie, ou même songer à y faire carrière. Pourtant beaucoup de gens aimeraient participer, au moins une fois, à ce genre de choses. Pour preuve j'en veux cette société américaine qui fait jouer ses clients dans les films X qu'elle diffuse.

Cela fonctionne suffisamment bien pour faire de l'argent. J'entend parler de plus en plus de jeunes gays attirés par la promesse d'être payé pour faire ce que tout le monde aime faire, et les inconvénients sont minimisés par le glitter et la porn-culture (et aussi la drug-culture) omniprésents de nos jours.

Et c'est un cercle vicieux, puisque regarder du porno devient aussi normal que la masturbation (alors qu'on peut très bien dissocier les deux...) et qu'il y en a pléthore sur Internet, toujours plus accessible. Mais je suis mauvais apôtre, je vous l'ai dit : j'en regarde et j'aime ça, ça me donne du plaisir.

Alors, la pornographie est elle un mal nécessaire ? Est-ce un mal trop confortable ? On essaie de ne pas penser à la question morale, parce que ce ne sont soi-disant que les culs bénis qui s'y intéressent et que dés qu'on parle de morale il est facile de dire que le bien et le mal n'existent pas...

Et c'est là le problème, rien n'est absolu. Le porno est-il un mal ? La pornographie gâche la vie de beaucoup de personnes qui s'y enlisent contre leur gré, comme la prostitution, et elle est liée à la drogue; donc je suppose que oui, c'est un mal... Mais la liberté d'expression donne licence d'être licencieux.

Il existe pourtant, dit-on, une pornographie plus saine, celle qu'on récompense aux Hots D'Or et sur laquelle il existe une législation. Bien sûr, elle a ses dessous sordides, peut-être plus sordides que d'autres, mais probablement pas plus que ceux de la politique. Est-elle trop proche encore de l'autre sorte ?

La porn-culture est à la mode, les acteurs et actrices X hétéros sortent du placard et deviennent des célébrités conventionnelles, se faisant reconnaître pour ce qu'ils sont, autre chose que des organes-objets... Ce qui était arrivé dans le milieu gay déjà depuis les années 60 ou 70, mais glissons.

Oui, la morale de notre société a changé, ce domaine n'en est qu'un symptôme. Il n'y a qu'à voir les histoires de moeurs, incestes, perversions et pédophilie que l'on "découvre". Nous avons l'impression qu'elle change plus vite que tout ce que l'histoire a connu jusqu'ici, à l'image je suppose du progrès technologique...

Est-ce bien vrai ? Ou la plus grande mutation est-elle simplement le fait d'avoir levé, encore assez progressivement et sur plus de la moitié d'un siècle, le voile de la morale et de la fausse pudeur qui recouvrait les actes de ceux qui ne résistaient pas à leurs pulsions ?

En considérant le sexe comme une commodité, et sa représentation comme un créneau commercial, perdons-nous une définition de l'amour, ou un peu de sensibilité ? Peu de gens aujourd'hui sont vraiment capables de faire la distinction. Qu'en sera-t-il dans une ou deux générations ? Plus ? Je ne sais pas, mais je suis curieux !

20/09/2005 

Donnez, donnez-moi 

C'est la rentrée... Les mendiants qui se vautraient pendant les mois estivaux près des monuments historiques de notre belle capitale s'étalent aujourd'hui dans les couloirs du métro. Les artistes du métro dûment enregistrés avec des cartes de la RATP n'avaient, eux, jamais cessé de travailler : les touristes sont généreux.

Entre les quémandeurs crasseux qui passent de wagon en wagon en y allant de leur laïus, les poivrots qui puent la pisse et les schizophrènes, il se trouve encore quelques gitans et autres roumains pour massacrer les grands classiques, comme un medley quelconque, ou "Le Temps des Fleurs", sans doute l'hymne attitré de la ligne 7...

L'aumône, la quête de cette obole qui soulage la conscience en dépit du bon sens, emmerde tout le monde. C'est encore la période "creuse", mais en plein hiver, je peux croiser entre mon domicile et mon lieu de travail jusqu'à 18 personnes qui me demandent quelques piécettes. J'ai compté. Qui plus est ce sont toujours les mêmes.

Dans certains quartiers, les mendiants sont de plus en plus juvéniles, et je croise sans cesse des gens plus jeunes que moi (je précise que j'ai 24 ans) qui font la mendicité pour arrondir les fins de mois, le RMI, ou payer leur écot aux vendeurs de drogue et de piercings... Je blâme les parents et je plains les enfants, mais que sais-je d'eux ?

Il y a des mendiants tout à fait sains et dispos, d'autres crades et infects, d'autres encore visiblement atteints voire bipolaires, un ou deux attardés, des hargneux, des racistes, mais aussi des veules qui se prosternent... Des mendiants blonds, bruns, de toutes couleurs de peau, teints, haves ou gras, beaux ou moches.

C'est un trait, comme une ride ou un bouton, de notre capitale cosmopolite... Et je ne parle pas de ceux qui habitent sous le périphérique et au delà. Mais que voulez-vous en faire ? Sur Paris, on loge déjà des immigrés dans des immeubles pourris, et on n’a pas assez de logements pour ceux qui peuvent payer...

19/09/2005 

Et ça ne servira même pas pour "des chiffres et des lettres". 

Moi, j'essaie de me culturelurer.

Ou de me culturationner, comme on veut.

Parce qu'à force d'écrire des inepties dans ce Blog et ailleurs, et d'en dire à longueur de temps, j'ai besoin de me renouveler. Et comme la meilleure manière d'être inspiré est de se lever le cul de sa chaise et d'aller apprendre quelque chose, c'et ce que je fais brièvement avant de me rasseoir.

En général, mes pas me mènent droit à un livre, et il s'agit souvent du dictionnaire. Tout petit déjà, je ne l'avais pas appris par coeur... Aussi reste-t-il pour moi une source d'émerveillement toujours aussi forte, c'est à dire pas très forte quand même, mais plutôt sympa quand on y pense.

Je plains sincèrement celui qui n'éprouve plus le plaisir enfantin de dire "aujourd'hui, j'ai appris un nouveau mot". Parce que moi, là j'en ai appris un très chouette. Il s'agit du mot Ouananiche. C'est un saumon d'eau douce. Le mot vient de l'Indien Montagnais "annanish" et signifie "le petit égaré". Poétique, non ?

Je l'aurais appris plus tôt sans doute si j'avais été québécois ou fils de pêcheur, mais qui sait alors quels mots de mon vocabulaire j'aurais manqué ? Oh, on peut très bien se débrouiller sans "superfétatoire" ou même "nonobstant", je vous l'accorde, et je ne m'en serais même pas aperçu... Mais c'est l'incertitude qui me tue.

Bon, je vais arrêter de dire des idioties plus grosses que moi. Un autre jour je vous parlerai peut-être du mot Ouaouaron, le suivant dans mon petit Robert, un mot iroquois qui signifie "grenouille verte" et désigne une grenouille-taureau. A la réflexion, peut-être pas.

Chats-terton 

L'autre jour j'ai rencontré un couple délicieux. Deux petits mecs, jeunes et mignons, qui m'ont fait le plaisir de passer chez-moi pour une visite amicale par la suite et qui reviendront sans doute. C'est ce genre de couple devant lequel on ne peut que fondre : On dirait deux chatons qui se frottent.

Complètement dopés au contact physique de l'autre, comme avec de l'herbe à chats, ils se tiennent la main et s'embrassent avec à peine plus de retenue que dans une addition niveau cours préparatoire. Et c'est normal, puisque c'est une histoire toute récente et qu'ils ont 19 et 20 ans, ces petits minots...

J'ai vécu ça, on l'a tous vécu (du moins je l'espère pour vous), ça s'appelle des post-it. D'expérience et par ouï-dire, c'est toujours très intense et passionnel, voire sexuel... Et ça a le défaut de rarement durer toute la vie tant on est peu sûr de ses propres sentiments (et donc de ceux de l'autre). Mais tant que ça dure, quel pied !

Vous me trouvez pessimiste et médisant ? Peut-être suis-je même jaloux, je le reconnais volontiers. Qui sait, ça s'est vu, ce genre de relation peut muter en quelque chose de plus constructif, basé sur autre chose que de la passion, respect mutuel, amitié, bla, bla, bla, vous connaissez la chanson.

De toutes façons, que du bonheur pour les deux veinards en attendant la fin prophétisée par Aragon et les Rita Mitsouko... Mais laissons là les oiseaux de mauvais augure, l'amour c'est tout le mal que je leur souhaite et c'est déjà beaucoup !

18/09/2005 

Devant derrière 

Il y a des tas de choses peu ragoûtantes que l'on cherche à camoufler... Tout ce qu'il y a derrière les meubles, par exemple. C'est pour ça qu'on cloisonne les plans de travail... Pas pour que ça ne se salisse pas, mais plutôt pour empêcher de voir que c'est crade derrière et qu'il y a dix centimètres de cafards morts. Tous ceux qui ont plus ou moins refait une cuisine le savent, du moins.

Les derniers Habsbourgs avaient très bien compris que si les poêles à charbon étaient utiles pour chauffer les salles de bal, ça le faisait moyen quand des larbins noirs de suie traînaient des pelles et des sacs crasseux entre les invités et sur le tapis en velours pour augmenter la température. Aussi avaient-ils conçu pour leurs palais un réseau de couloirs de service entre les pièces pour alimenter par derrière les poêles de la maison, aveugles et sans trappes, mais très bien décorés sur leur face "réception".

Les dessous de table des parcs Disney sont rarement des poèmes, et pour que tout soit propre dans le royaume magique il faut des centaines de balayeurs et des machines crasseuses... Le résultat est que le château est toujours rose, les gens sont rasés de près, et le manque de sourire interdit. Tout ceci est dû à une politique draconienne en ce qui concerne les ressources humaines basée sur la carotte et le bâton. Surtout le bâton. Et aussi une sélection impitoyable à l'embauche.

D'une manière générale, quand tout a l'air propre et net, c'est qu'en dessous tout est sale. Les grands restaurants ont presque toujours des cafards. La haute société sophistiquée et sublime du XIXe siècle reposait aussi sur le travail inhumain des ouvriers de Zola, et sur le colonialisme... C'est Sir Michael Caine qui le disait : les cygnes ont l'air sereins, supérieurs et pleins de superbe, mais pédalent comme des dingues sous la surface de l'eau.

17/09/2005 

Sévèrement urné 

Qui n'a pas un jour parlé politique sans savoir ? J'en ai rencontré quelques uns, qui, pire que cela, avaient un discours sans queue ni tête. Ni fanfaronnade, ni réfutation d'opinion de ma part, loin de là... De droite ou de gauche, j'aurais été content s'il y avait seulement eu quoi que ce soit à réfuter.

Pensez qu'il n'y avait même rien de construit, et de temps à autres un argument d'autorité ou un "tout le monde le sait". Tout ceci a été mis en relief à l'occasion du récent référendum au sujet de la Constitution Européenne. Peu de mes amis on effectivement lu le traité reçu par la poste, même après en avoir discuté avec moi.

Outre que je m'interroge sur la capacité de pas mal de gens (y compris la mienne sur certains points) à comprendre le traité, ses tenants et aboutissants, ce qu'il change et ce qu'il présage, je pense que nous devrions tous être d'accord sur un point : On en donne pas son avis sur ce qu'on n'a pas lu, non ?

Certains votent par dépit, d'autres pour sanctionner des personnages en vue qu'ils n'aiment pas, ou alors parce que untel ou untel ont de bonnes têtes, d'aucuns admettent que "moi, à la politique, j'y comprends rien"... Tout sauf un programme, des idées, un projet, ne serait-ce qu'une orientation globale pour soi et son pays.

Pourquoi donner le droit de vote à des gens pareil ? La seule explication que je trouve est qu'il faut bien compenser les votes de ceux qui se font avoir avec de vaines promesses. Pour les rares autres, je ne sais pas... Tout ce que je sais c'est qu'on est toujours le con de quelqu'un d'autre.

16/09/2005 

Sexe, mensonge et bouillon de culture 

Je ne suis pas publicitaire et je ne m'y connais pas... Donc les propos que je vais tenir n'ont peut-être aucune valeur. Cela dit, il y a tout de même quelque chose qui me choque. Pourquoi, en France, les publicités pour les préservatifs font-elles peur ? Je veux bien qu'il soit préférable d'être déprimé qu'immunodéprimé, mais ne pourrait-on pas être ni l'un ni l'autre ?

A la télévision, j'en ai rarement vu, sauf dans d'autres pays, qui traitaient différemment la capote et le problème du SIDA. Je suis tout à fait d'accord pour qu'on informe sur le SIDA, et Dieu sait que ça n'est pas assez fait, mais faisons la part des choses. Certains me diront "non, il faut que les gens aient peur", d'autres me diront que ce n'est qu'une pub... Je ne sais.

Les Français, qui bénéficient pourtant d'une réputation flatteuse dans ce domaine, auraient-il peur du sexe ? La dernière publicité qu'il m'ait été donné de voir (et c'était il y a déjà quelques mois) rendait en vision subjective archi retouchée façon Predator les pérégrinations d'un jeune homme dans une soirée populeuse.

Les germes néfastes, que seul le spectateur peut voir, étaient stigmatisés sur les gens infectés par une masse grouillante et fluorescente... La musique et les effets sonores à l'avenant, ainsi que la lumière rougeâtre, contribuaient à l'effet général : attention, les envahisseurs sont là, ces gens ne sont pas humains.

On pense à une arme ou un appareil ignoble dans quelque monde d'horreur gothique, un monde noir dans lequel chacun serait obligé de mettre un masque à gaz pour sortir, dans lequel on pourrait dénoncer son voisin comme "malade"... J'ai eu l'impression que le préservatif pouvait protéger contre les invasions d'extraterrestres et la peste bubonique !

On n'en est pas encore là. Il faudrait arrêter de stigmatiser les malades. Même les irresponsables, même les drogués, ce n'est pas de leur faute s'ils ont contracté une sale maladie ! Le climat actuel est déjà assez paranoïaque sans qu'on présente le préservatif comme une contrainte, une privation, au lieu d'en faire un automatisme naturel, voire fun.

C'est vrai, si ça ne devient pas un automatisme, il y aura encore des gens pour croire que c'est optionnel... Des gens qui demanderont tout de go "tu es clean ?", comme si ce manque de tact empêchait de mentir ou prévenait quoi que ce soit chez ceux qui ne se savent pas porteurs... Quel besoin de demander, quand on sort couvert de toutes façons ?

En plus on dirait que c'est une époque de pénurie, de guerre, dans laquelle chacun peut être un traître. Et on en oublie les autres usages du préservatif, l'hygiène, retarder l'éjaculation, éviter les autres maladies plus guérissables, la contraception, éviter de tacher les draps, faire des bombes à eau... Euh, non, pas ça.

N'en faites pas des bombes à eau. Surtout au prix ou c'est. Il est loin le temps des capotes à un franc ! Aujourd'hui, pour faire l'amour douze fois, il faut débourser dans les 6 euros. Et on ne peut pas se passer de capote comme on se passe de cigarettes ou de chewing-gums... Ne pas avoir assez de sous pour se payer de quoi baiser, ça doit être ça, la misère sexuelle.

C'est vrai, les pubs, c'est bien, mais les baisses de prix, c'est mieux. Surtout que beaucoup plus de gens en demandent. L'amour est quand même la dernière chose qu'on devrait payer, non ? Encore heureux qu'on puisse aller ici et là se fournir en capotes gratuites, dans les associations, aux gay prides... Espérons qu'on puisse en distribuer plus dans les lycées, voire les boites de nuit.

15/09/2005 

Des maux rassis 

Le jour ou on oublie de se servir de la démocratie est le jour ou on la perd... C'est du moins ce qu'on m'a toujours dit, ce que tout le monde sait et ce que toutes les émissions de télévision et les films répètent à longueur de temps quand ils abordent le sujet (même ceux faits pas des apolitiques non-votants).

Soit. Ne rentrons pas dans un pseudo-débat facile sur les limites de ce système. Je voulais parler d'un doute qui m'assaille (et pas seulement, Peuhl aussi, et Tigréen. Ceux qui comprennent le calembour ont droit à toute mon estime et un caramel s'ils se signalent). Je me demande, en fait, si la démocratie existe bel et bien.

Aux Etats-Unis, pays parfois tiraillé par ses nombreux groupes de pression, qui règne ? Des familles, presque toujours les mêmes, qui fournissent l'exécutif, le législatif et le judiciaire à tous les niveaux de la société. Ces familles sont riches et font bénéficier leurs enfants d'une meilleure éducation que la moyenne.

Les fils de président riches et les blancs mariés protestants succèdent plus naturellement que d'autres au poste de Chef du Monde Libre. N'est-ce pas là un signe de monarchisme, ou tout au moins de ploutocratie, dans le pays qui se targue avec raison d'être la première république moderne au monde ?

En Ukraine, la corruption fait rage malgré la grogne du peuple, et le président semble dépassé par ce qui se trame partout en sous-main... L'impérialisme Russe du temps de l'URSS et même aujourd'hui n'est plus à prouver, et si quelqu'un appelle "démocratie" ce qui se passe en Chine, je pouffe.

La Corée du Nord est, chose contradictoire mais avérée, la première dictature communiste héréditaire de l'histoire, puisque Kim Jong Il a succédé à son père à la tête du pays (pas au même poste, il est vrai) tout en déifiant son géniteur à la manière des empereurs chinois, nouveau Tibère à l'orientale.

L'Europe, et je parle aussi de l'Union Européenne, compte plus de monarchies constitutionnelles que de républiques... Comptez-les : Le Royaume d'Espagne, le Royaume Uni, la Suède, le Danemark, la Belgique, la principauté de Monaco, le grand duché de Luxembourg, etc.

On ne compte plus les princes en fuite et les rejetons royaux, de Louis XX de France (un banquier en Espagne) au dernier né des Piedmont-Sardaigne... Les royaumes du monde sont légion : le Maroc, la Jordanie, le sultanat de Brunei qui se trouve en Indonésie, les îles Tonga...

Ce qui est drôle, aussi, c'est que le comité de l'ONU pour les droits de l'homme comporte des pays dont les dirigeants sont tellement remplis de compassion envers leurs habitants : La Chine, L'Arabie Saoudite... C'est à mourir de rire : Un pays ou les femmes sont bafouées sans cesse, donner des leçons là-dessus !

Le Moyen-orient est d'ailleurs toujours dirigé par des émirs, que ce soit à Dubaï (ou le Salon de l'Or côtoie celui de l'informatique) ou en Arabie Saoudite ou le niveau de vie moyen est absurdement élevé malgré les inégalités criantes... Le Qatar a son Prince, et le premier ministre n'est autre qu'un membre de sa famille.

Pour mémoire, l'aide accordée aux pays du Tiers-monde par les pays occidentaux, par an, s'élève à 70 milliards de dollars. Les profits de la vente de pétrole brut qui vont vers le même Tiers-monde s'élèvent à 100 milliards de dollars. Ces gains  profitent à... Mille familles. Ceux qui ont les puits ou dirigent le pays.

Inutile de dire l'importance des chefs de tribu dans le reste de la péninsule arabique, l'Afghanistan, et tout l'Afrique méridionale, périodiquement ravagée par des guerres meurtrières, ethniques, tribales et insensées. Je ne mets pas tout dans le même sac, loin s'en faut, mais j'essaie de résumer.

Vous vous dites sûrement que nous, en France, pays chéri des droits de l'homme, nous sommes épargnés... Que nous votons en masse ou au moins suffisamment, que nous pouvons changer les choses, la preuve en est que Le Pen ne s'est pas fait élire un certain 21 Avril...

Eh bien continuez de dormir en vous répétant que, non, ce ne sont pas toujours les deux mêmes partis qui gagnent et les mêmes quatre cent personnes qui se présentent aux postes importants, ni les mêmes qui restent hauts fonctionnaires lorsque la couleur politique des dirigeants change.

Oh, nous sommes mieux lotis qu'ailleurs, je n'en disconviendrai pas, et je suis le premier à jouir d'un système qui, s'il est loin d'être parfait, possède suffisamment de défauts charmants pour attirer les profiteurs. Mais force est de constater que globalement, le monde est, comme disait mon oncle croate, en Démocrature.

14/09/2005 

Licence Poétique 

Qu'on me permette ici de citer les maîtres, Rimbaud et Verlaine... Une fois n'est pas coutume. Avec quelques mots d'explication pour faire joli. Le poème fut publié non seulement dans le recueil posthume de Verlaine, mais dans un recueil de Rimbaud. Il n'a cependant pas été repris dans les Oeuvres Poétiques Complètes de La Pléiade... Allez donc savoir pourquoi.

L'Idole 

Sonnet du Trou du Cul 

Arthur Rimbaud et Paul Verlaine 

Obscur et froncé comme un oeillet violet 

Il respire, humblement tapi parmi la mousse 

Humide encor d'amour qui suit la fuite douce 

Des fesses blanches jusqu'au coeur de son ourlet. 

Des filaments pareils à des larmes de lait 

Ont pleuré sous le vent cruel qui les repousse, 

A travers de petits caillots de marne rousse 

Pour s'aller perdre où la pente les appelait. 

Mon rêve s'aboucha souvent à sa ventouse ; 

Mon âme, du coït matériel jalouse, 

En fit son larmier fauve et son nid de sanglots. 

C'est l'olive pâmée, et la flûte câline, 

C'est le tube où descend la céleste praline : 

Chanaan féminin dans les moiteurs enclos ! 

Sans commentaire.

13/09/2005 

Divers Tissements 

C'est dommage, personne ne veut plus jouer. Oh, bien sûr, tout le monde se presse pour voir les dernières sorties sur PC, et ce jusqu'à la trentaine attardée, bien souvent... Mais le jouet et l'accessoire ont remplacé, même chez nos jeunes enfançons, bien des jeux improvisés par la cervelle.

Bien que les gosses jouent encore à chat, aux devinettes et autres papa/maman, les adultes ont perdu le sens du jeu familial. Plus personne ne bannit la soirée télé ou vidéo au profit d'un paquet de cartes, ou même d'un Monopoly... N'importe quoi, pourvu qu'on y joue en famille, entre amis !

Quant aux divertissements des familles, pourtant toujours en vie il y a trente ans, ils ont disparu corps et âmes, malgré les émissions de Gilbert et Maritie Carpentier, "Les Grands Enfants". Envolés, les bouts rimés, les anagrammes, les charades, les télégrammes, et tous ces jeux de l'heure du thé de nos grands-mères...

Ce que des acteurs prestigieux comme Francis Blanche et Jacques Martin maintenaient autrefois à la télévision est tombé. Il ne suffit pourtant que d'un bout de papier et d'un crayon pour que revivent ces distractions. En voici une que vous pouvez pratiquer n'importe où et n'importe quand. Les Télégrammes, aussi appelés Acrostiches.

Prenez un mot, que vous aurez choisi au hasard dans un livre ou un journal. Puis, chaque joueur doit composer une phrase dont chacun des mots commence par une lettre du mot en question, dans l'ordre. Par exemple, avec le mot "Fond", on pourra écrire "Fesse Offerte, Nouille Dissimulée"... Une phrase dont le sens grivois ravira.

Avec "Angoisse", on obtient "Avec nervosité, Gros Organe Impuissant Stimule Ses Erections"... Avec "Fille", on a du "Fougueuse Italienne, Les Lèvres Entrouvertes", voire même du "Fesse Interdite, Les Lolos Engageants"... Et "Débauche" permet "Dany Est Bizarre Avec Un Cache-sexe Humide Etriqué..."

Comme ça, ça n'a l'air de rien, mais essayez d'y jouer à plusieurs en composant des phrases stupides ou salaces à partir de mots anodins... Si ça ne vous fait pas rire, essayer à deux heures du matin après quelques bières. A tous les coups, ça marche. Cela dit, à ce stade, ce n'est plus un divertissement "familial"...

11/09/2005 

Spam, spam, spam, spam, spam, spam, spam, humbug 

Qui ne connaît le Spam ? C'est cet agaçant courrier poubelle électronique que quiconque ayant laissé traîner son adresse e-mail en toute innocence reçoit dans sa boite, sanie logorrhéique multilingue qui mêle arnaques, intox, canulars, chaînes de lettres et autres publicités mensongères aux images tape-à-l'oeil.

Peu de gens hors des pays anglo-saxons savent qu'il s'agit aussi d'une marque de viande reconstituée, ersatz de crise américain d'aspect gélifié. Habituellement servi juste au sortir de sa boite en forme de pavé, on en coupe des tranches d'un rosâtre tout aussi écoeurant que son goût. Il en existe même plusieurs consistances.

C'est une nourriture sentimentale, un peu comme le tapioca ou la polenta : vous adorez si vous n'avez eu que ça à manger pendant votre enfance (génération pauvre), et vous détestez si on vous a forcé à en manger alors que vous aviez déjà goûté à quelque chose d'autre (peu importe quoi, tout est meilleur).

Rien d'étonnant à ce que les Américains, en connaissance de cause, aient appelé Spam cette bouillie rose qui se déverse sur nos machines... Rose car la plupart du temps issue de sites pornographiques, promettant un pénis deux fois plus grand, une éjaculation mesurable en litres, une érection perpétuelle et avec ça des ortolans frits.

Comme ça ne coûte rien et qu'ils sont couverts légalement (et de ridicule) à cause des fautes d'orthographes voulues, ils mettent même des garanties. Comme ça, si vous prenez une superpilule de machinchose et que votre bite devient elle aussi une bouillie rosâtre et tombe toute seule, vous êtes remboursé... Quelle joie.

Propos cavalier 

L'anniversaire de ce que les Américains considèrent comme Pearl Harbor II (Le Retour) me pousse à réfléchir sur la sécurité de notre monde, celui-là même que l'on jugeait, après la fin de la guerre en ex-Yougoslavie, plus sûr qu'il ne l'avait jamais été. Au vu de l'efficacité de l'ONU, il me semble que la guerre soit loin d'être abolie.

La mort est partout, et pas seulement du fait des hommes... Depuis quelques années et surtout quelques mois, les catastrophes naturelles se déclenchent de plus en plus, tempêtes, tsunamis, ouragans et séismes. Les accidents d'avion ont eu leur série noire, et je ne parle pas des canicules, inondations et autres sécheresses.

Un petit cousin du choléra menace la Louisiane, le SIDA continue de faire des ravages (et on ne voit pas pourquoi ça changerait), la grippe aviaire nous flanque la chair de poule, la syphilis revient en force avec l'armée des infections honteuses qu'on avait oublié, et de temps à autres un cas de prion se déclare mystérieusement.

Tout ça ne vous suffit pas ? Ajoutons à la liste des malheurs du monde le fait que l'aide humanitaire ne semble pas pouvoir régler le problème de la faim... Et la Corée du Nord se voit obligée de nourrir son peuple avec des nouilles en cellulose. Les trop pauvres qui ne peuvent pas se payer autre chose meurent de famine, mais rassasiés.

Par contre, le nombre de sectes suicidaire (façon temple solaire et autres vérités soi-disant suprêmes) a décru depuis qu'il ne s'est finalement rien passé en 2000 qui puisse annoncer une quelconque Apocalypse. Je n'ai jamais compris le but de la manoeuvre visant à se suicider juste avant que tout le monde meure, de toutes façons.

On pourrait penser que ces oiseaux de mauvais augure par trop influençables baliseraient un peu en regardant les quatre cavaliers de l'apocalypse à la télé, mais non... Tous ces cultistes ont la tête dans leur calendrier : Ils croient plus volontiers que c'est un bout de papier qui annoncera que la Terre craque de partout, plutôt qu'une série de désastres.

Je suis persuadé que, malgré la morosité générale due aux morts multiples et à la crise pétrolière, si on avait un Paco Rabanne ou deux en réserve pour amuser la galerie et prédire le pire, on s'apercevrait que tout ça est moins grave qu'on ne le pensait... Ou du moins que la Terre ne s'arrêtera pas de tourner.

10/09/2005 

Après Robocop, Robottom 

Pour un prix modique, du moins accessible à la classe moyenne aisée, on peut aujourd'hui avoir un robot pour enfant. Ces modèles programmables et dotés d'une pseudo intelligence artificielle sont autrement moins cher que le petit chien stupide que Sony avait lâché dans la nature et dans nos magasins pour environ 15000 francs.

Quelle joie si j'avais eu ça de mon temps ! Ce sont de nouveaux jouets qui viennent dans des formes pas encore très variées mais tout à fait ciblées : une espèce de grand singe avec des pinces à trois doigts, et un dinosaure. Leurs mouvements sont assez bien faits et différents, et leur comportement est simple mais très étudié.

Le dinosaure rugit, chasse ou joue à la balle, tandis que le robot humanoïde parle un simili langage, et accepte une programmation plus polyvalente... Enfin, disons qu'il a des membres capables d'exécuter d'autres ordres.

Les designers, ayant autrement fait un très bon travail dans des tons de gris, argent et noir, ont eu une pensée que nous dirons pleine de poésie en plaçant le bouton d'arrêt du dinosaure, comme disait Brassens, à "un endroit précis, que rigoureusement ma mère m'a défendu d'nommer ici".

Tout de même, en ces temps de pédophilie galopante et de porn-culture ou bien des gens se plaignent que les enfants soient exposés trop tôt à la sexualité, agissant en toute innocence, mon neveu allume son dinosaure en lui mettant un doigt ou je pense.

09/09/2005 

Fils de pupe 

Les poux. Est-il créature plus vile et plus basse que celle qui, profitant de son invisibilité relative, s'attaque à nos jeunes en masse pour en sucer le sang et transmettre des maladies ? Si vous avez été à l'école au moins une fois dans votre vie, vous les connaissez bien.

Ne niez pas, vous en avez tous eu, de ces sales petites bestioles vampiriques pompeuses de tête qui vous pourrissent la vie et pondent sur vos mioches. Encore heureux qu'à l'heure ou les rats sont mieux cachés, le pou, la puce et le morpion ne transmettent plus chez-nous l'amie tularémie.

Mais comment donc ces horribles bêtes prospèrent-elles chaque année dans les crèches et les écoles, se reproduisant dans des proportions qui forcent le respect ? Il existe pourtant à bon marché des traitements qui vous débarrassent en deux jours tout au plus des insectes, oeufs, larves et pupes...

On ne peut pas tout mettre sur le dos d'un ou deux petits malpropres qui ramassent ça auprès de clochards et que leurs parents ne lavent jamais. C'est vrai, même si c'était si courant que ça, les écoles pour gosses de riches (qui grouillent tout autant) sélectionnent à mort et refoulent les pauvres à l'entrée.

J'aimerais bien qu'un scientifique trouve le moyen de tuer une bonne fois pour toutes un certain nombre de parasites de ce genre, et foin d'écologie. Les poux, hein, pas les malpropres, n'exagérons rien... De toutes façons, ce serait sans doute moins grave que l'éradication des dodos.

C'est vrai, quoi. Quand mon neveu va à l'école, ce ne sont pas des dodos qui vont nidifier sur sa tête. Si au moins on pouvait éliminer les espèces qui nous arrangent plutôt que les autres... Les poux ce serait un bon début, et puis les poux de corps, les puces, certaines espèces de tiques. Pas grand chose, au fond !

A la réflexion, si on pouvait aussi se débarrasser des gens sales et des pauvres ce serait bien. Mais il n'y a pas de shampoing anti-pauvre et qui rend riche. Il y en a bien un qui, sur des juifs, a essayé la douche... Mais l'extermination, c'est quand même pêcher par excès. Minimum.

Gaëls just want to have fun 

J'ai retrouvé dans je ne sais quel fond de tiroir poussiéreux des proverbes bretons. Qu'on se le dise: les proverbes français classiques sont assez sophistiqués, issus d'une littérature élaborée en vers au XVIIIe siècle. A l'époque plus sévères, on les faisait apprendre par coeur ou copier en guise de pensums aux enfants rétifs. Aujourd'hui, après quelques siècles d'usage et d'incompréhension du proverbe, il s'agit de la maxime accorte qu'on dit d'un ton plus amusé que péremptoire... Une moralité qui vous excuse d'emblée, pour peu que vous la preniez dans le sens du poil, une historiette que de moins en moins de gens connaît.

Mais les proverbes bretons, c'est une autre histoire. La littérature bretonne n'a pas la même sophistication ampoulée que les fables de La Fontaine, et si ces proverbes ont été pour la plupart recueillis à la même époque et des mêmes sources médiévales, les bretonnants du XIXe siècle ont voulu préserver leur saveur.

Les bretons ont d'ailleurs une fausse réputation de "ploucs", et sont bien plus ouverts et cultivés qu'on ne veut bien le dire. Et pourquoi auraient-ils une proportion de cons différente du reste de la population ? A part un amour irrépressible du Gwen Ha Du et du biniou, je ne vois pas ce qu'on peut leur reprocher.

On sent la terre, pas seulement le terroir, à travers le langage sobre mais très beau de ces proverbes... On perçoit le crachin, voire la lande glacée et le chariot de l'Ankou. Eh oui, tout ça ! On sent même la traduction française du Breton ou du Gallo, faible par nécessité. Ou à dessein, ce genre d'abus n'est pas exclu.

Il faut vous dire qu'au XIXe siècle, toute la France a connu une montée en puissance des traditions villageoises et des patois avec la création du folklorisme, idée très romantique. On a même créé ou recréé de toutes pièces des langues et des cérémonies, se justifiant par des racines imagées... Et imaginées.

C'est ainsi que, pour cause d'extrapolation malheureuse à partir de monnaies anciennes venues d'Asie Mineure et présentant une branche "turque" des Celtes, on a inventé le mythe du Gaulois moustachu. Par ailleurs, c'est comme ça que le culte moderne des Druides s'est créé de toutes pièces. Il est un peu moribond depuis.

Pourtant, aujourd'hui encore, des andouilles s'habillent de blanc et portent la barbe façon Panoramix pour aller cueillir le gui. Les archéologues plus sérieux qui savent que la mode celte n'était en rien aussi pale en profitent pour se moquer d'eux, leur accordant le même crédit qu'aux survols touristiques colorés de Pline.

Les bretonnants enragés fans de harpe et d'Alan Stivell (et peut-être même de Riverdance ou de Dan Ar Braz, quelle horreur !) vont me huer en disant que ni eux ni moi n'étaient là pour voir les costumes de ces braves gens, et que rien n'interdit de moderniser les traditions... Médisance de ma part ? Peut-être.

Mais franchement, peu me chaut que de rares terroristes culturels massacrent la langue de Molière pour donner crédit à la leur. Les proverbes sont jolis, utiles de temps à autres lorsque la situation le permet, mais je pense avec une humilité qui ne m'est pas coutumière qu'il vaut mieux avoir une cervelle plutôt qu'une maxime.

Surtout quand on trouve dans le bouquin des phrases nazillonnes du style "Les Bretons, Race Forte !"... Alors qu'ils disent ce qu'ils veulent et qu'ils continuent à proférer en choeur des "slogans" (à l'origine un cri de guerre gaélique) dans leur coin. Moi j'ai appris l'Anglais. C'est plus facile et ça sert partout.

07/09/2005 

Butch Décadence 

Au temps des monarques absolus de France, plus les caisses de l'état étaient vides et plus les fêtes de Versailles étaient somptueuses. Au quattrocento, plus la peste était proche et plus les bals donnés par les nobles italiens étaient nombreux.

Plus la menace de la guerre de sécession se faisait sentir, et plus l'élite des propriétaires de grandes plantations sudistes se retranchait dans les convenances de leur mode de vie suranné. De même, les salles de garde des hôpitaux sont toujours plus agitées de blagues potaches lorsqu'il y a des morts au dehors.

Aujourd'hui, le pourcentage de gays contaminés par l'épidémie de SIDA à San Francisco est bien au delà de 50, voir 60%. Dans cette ville, le milieu gay est extrêmement hard, avec du cuir, des poils, des chaînes et des quadragénaires. Minimum.

Motif récurrent de désespoir devant une menace invisible et qui semble par trop inexorable ? Vivement qu'on trouve un traitement plus efficace, sinon dans dix ans je n'aurai plus aucune chance de rencontrer un gars bien sans être obligé de faire du SM.

06/09/2005 

Téflon-man 

Ce n'est une nouvelle pour personne, la course aux présidentielles a commencé... Pour une fois, je vais commenter l'actualité, enfin, à peu de choses près. Voyez le petit Nicolas S., élégamment surnommé le Napoléon de Neuilly par Alex Nikolavitch (Que Ses Descendants Soient Exonérés D'Impôts Sur Trois Générations).

Eh bien il y a lieu de l'admirer. Lui, un traître infâme à ses plus proches collaborateurs, un avorton arriviste. A la fois coulant comme une anguille et mielleux comme un kadaïf (mélange assez indigeste vous en conviendrez), il n'hésite pourtant pas à poignarder dans le dos ses ennemis, ses amis, sa famille politique... Tout le monde. Et après on dira que je critique moins la droite que la gauche dans ce Blog. Ha !

Ne parlons pas ici de promesses tenues... Certes, il n'y en a jamais beaucoup, mais tenues ou non tenues, c'est le propre de l'élu cauteleux. Tous les hommes politiques font ce que Mary Poppins appelle des promesses en pâte à tarte : facile à faire, facile à briser. Cela me chagrine, mais c'est ainsi.

On pourrait admirer son obstination, sa capacité à survivre alors que tout le monde le déteste, ce petit crapaud froid et gluant, cet être vénéneux et délétère... Mais voyez plutôt comment il s'en sort à présent. Un discours de clôture des universités d'été de son propre parti, applaudi à tout rompre, aux phrases clés reprises à la télé.

Les jours suivants, interviews sur interviews. La voix délicieusement grave et posée, la tête sur des épaules carrées, il répond aux questions prédéterminées par un discours équilibré et démagogique à souhait. Tout ça change du petit freluquet aux costumes tombants et à la voix nasillarde d'antan.

Et il redit ses phrases clés à la télé pour bien marteler. Il en profite pour glisser des mots du genre "je suis le numéro 2 du gouvernement, le premier ministre c'est le numéro 1", sachant que les téléspectateurs vont se dire, à tort et ne jouant sur les mots, que le président est le numéro zéro...

Le voilà qui annonce son programme, et, en redoublant de conviction, qui rappelle son engagement perpétuel depuis trente ans pour changer la politique d'il y a trente ans. Evitons les commentaires faciles du style "si seulement il s'en était souvenu avant", ils ne l'atteindraient pas : l'homme est inoxydable.

Comment fait-il ? Il a été aux finances et à l'intérieur, les deux ministères qui sont les plus impopulaires. Et il est le chef du parti de droite avec le plus de casseroles au derrière et le plus de députés à scandales... Pire encore, il habite Neuilly, et il en a été le maire avant de délaisser sans sourciller ses électeurs pour le gouvernement.

Il a une réputation de super réactionnaire, il dit qu'il va tout nettoyer au karcher dans les banlieues, et plutôt que de se faire lyncher comme n'importe quel borgne breton de base qui disait la même chose, il monte dans les sondages et cumule les honneurs et autres responsabilités gouvernementales.

Son discours a plu à mes amis américains, les démocrates ET les républicains, et pourtant... Et pourtant il continue de plaire en France. Il faut le faire ! En plus, il n'est pas beau du tout, cet animal-là. Même à côté de son copain de déjeuner public, notre premier ministre sans sourcils, on dirait un nain crochu de partout.

Il va dans les cités, et il s'en sort frais comme une rose alors qu'il commandait ceux qui y font des descentes, et ceux qui prenaient l'argent des habitants pour l'état. On étale ses ennuis de couple dans les journaux pour midinettes et il s'en sort sans même une tache de gras sur sa chemise.

Il faut vraiment dire bravo à ceux qui font sa campagne : Sa voix plus grave, sa carrure plus large, ses phrases plus clés, ses discours plus courts, ses apparitions savamment orchestrées pour qu'il ne soit jamais bien loin d'une caméra... Bref, sa cravate est plus bleue et lui, lave plus blanc. Un vrai miracle.

A quand l'évangile de Sarkozy pour se mettre en odeur de sainteté auprès des Français ? Je parle du prochain livre-minute du présidentiable, lequel ne manquera pas de préciser son engagement et son programme, et combien les autres sont nuls, et de combien il souffre, et la cause qu'il sert, et toutes ces sortes de choses.

Mais si, vous savez bien, tout le monde le fait de nos jours. Tous les hommes politiques sortent un livre de justification à chaque campagne et chaque coup dur. C'est sans doute depuis que ça a porté bonheur à cet Autrichien, auteur d'un livre sobrement intitulé "mon combat", homme qui avait auparavant la réputation d'être un peu sec. Notez que ça ne s'est pas vraiment amélioré par la suite.

Mais revenons à notre miraculé : En vérité, en vérité je vous le dit, cet homme est en téflon : les emmerdements glissent sur lui. Tout glisse sur sa carapace noire marron de petit cloporte graisseux, qui se hisse plus haut d'ordure en ordure. C'est super résistant un cafard, ça survit à presque tout. Et ça ne s'écrase jamais tout seul.

05/09/2005 

Un tort qui m'aida. 

En ces temps incertains et pleins à ras bord de violence, de mesquinerie et d'injustice, je vais vous parler d'un sujet qui me tient à coeur. Cet important propos ne souffre pour moi d'aucun retard, d'aucun délai, et passe en priorité loin devant tous les autres, du moins à mon sens... Je vais vous parler de moi. Oui. Encore.

J'en vois qui ne suivent pas, là-bas, dans le fond... On cesse de bailler ! Merci. Je disais donc...

J'aime à me complaire dans le luxe. Une chambre honteusement grande ne me fait pas peur, je ne recule pas devant un repas riche au point de pouvoir rembourser la dette d'un pays du tiers-monde à chaque bouchée. C'est pour moi une joie ineffable d'avoir des serviteurs au comportement obséquieux, des chiens larvaires aplatis devant moi comme des lombrics, voire de ne rien donner aux mendiants dans la rue.

Je n'irai pas jusqu'à dire que je dînerai aux chandelles avec un pauvre en train de se faire torturer devant moi (derrière une glace, hein, pour qu'on puisse entendre le pianiste par dessus les cris, et pour éviter l'odeur et les éclaboussures... faut pas déconner, non plus) mais bon... De toutes façons, n'en déplaise à Vlad Tepes, depuis des inventions comme la convention de Genève, le droit de grève et la compassion, on ne peut pas tout avoir...

Si la salle à manger est bien décorée, c'est le principal. Le snobisme, c'est la cerise sur le gâteau. Toujours est-il que c'est probablement à cause de ce mépris quasi souverain que des gens comme moi ne devraient jamais être appelés à régner. Au moins comme ça je les repère...

04/09/2005 

La case de l'oncle Tom 

Tout le monde sait qu'aujourd'hui, nous sommes sortis du moyen âge, cette ère obscurantiste (du moins dans l'inconscient collectif...) qui prônait la Société d'Ordres. Vous savez, une société de castes rigides dans laquelle l'individu est défini par les groupes auxquels il appartient : Roturier, noble, religieux, artisan, marchand, chef de feu, femme, journalier...

Il existe fort heureusement dans notre société quantité de compétences et de hobbys qui font la part belle à l'individualisme forcené de nos démocraties modernes. L'individu est Roi de notre monde, la télévision n'arrête pas de nos le dire : C'est vous qui comptez, vous et vos envies.

Tout de même. Ne serait-il pas de mauvais ton de découvrir, après tous ces progrès sociaux et humains, qu'un individu n'est toujours considéré que comme l'intersection de plusieurs groupes ? Nous avons aujourd'hui les juifs, les gays, les médecins, les 18-25, les trentenaires, les bourgeois bohèmes, les SDF, la classe moyenne, les nord-africains, les étudiants, les actifs de plus de cinquante ans, les retraités, les professions libérales, le secteur tertiaire...

Des tas et des tas de catégories arrangées logiquement de façon toute aristotélicienne, qui permettent de savoir, en fonction des groupes auxquels les gens appartiennent, ce qui peut les intéresser. Ce serait un comble qu'après tant de siècles de philosophie et d'expériences, après être enfin sorti de la monarchie, les gens rentrent encore dans des cases, non ?

On nous rabâche assez souvent qu'un être humain n'a pas de prix, qu'il vaut mieux que ça, qu'il faut être soi-même. Oui, enfin, nous sommes uniques génétiquement et intellectuellement. Tellement uniques que les publicitaires tombent juste sur leur cible par pure chance. Et pour les élections présidentielles, les candidats ne sont pas élus en courtisant tel ou tel électorat, mais uniquement à cause de leur brillante logique.

L'individu est irréductible, il est indépendant, il garde sa liberté de penser, parce qu'il le vaut bien. Mais bien sûr... Et sur les déclarations d'impôts, les cases c'est juste pour faire joli.

03/09/2005 

Les histoires d'amour finissent mal, en général 

Les Tchèques et les Slovaques ne s'aiment plus depuis longtemps déjà. Leur divorce à l'amiable en témoigne, suite au mariage à la Russe (à la Hussarde ?) des deux régions qui abritent ces peuples fiers. Chacun dans leur coin, les Tchèques bossent tôt et les Slovaques à leurs occupations.

La République Tchèque est aujourd'hui un pays de l'Union Européenne et Prague, grande ville touristique, a le cul bordé de nouilles et d'industries de pointe. Les villes de province sont pimpantes à souhait, et les routes riantes du pays sont si bien entretenues qu'on les croirait sorties des studios Disney.

Prague s'enorgueillit d'attirer les capitaux venus d'Hollywood et du monde du cinéma dans son ensemble grâce à ses studios modernisés défiant toute concurrence, sa main d'oeuvre qualifiée pour les décors et les costumes, et ses figurants à bas prix. Et les Tchèques sont beaux... Pas étonnant que tant de pornos soient tournés là-bas.

La Slovaquie, c'est tout le contraire de ce conte de fées consumériste. Européen de nom seulement, ce pays en friche exploite sa verdoyante forêt pour faire des meubles bon marché et des maisons hideuses, amas socialistes bétonnés à deux mètres de routes pleines d'ornières.

Quant aux Slovaques, ils se renfrognent en vieillissant prématurément. J'ai été confronté à des phénomènes du type péquenauds ignobles et gras du bide, le nez fraisé, a qui ça ferait sans doute un second trou au cul de faire un sourire. Peuple agricole et fier, le sel de la terre ? Oui. Les mots "sous-développé" viennent aussi à l'esprit.

Alors on pourra dire que les Slovaques se sentaient exploités, voire oppressés par leurs voisins qui refusaient obstinément de se mélanger à eux, que les Tchèques sont snobs et que les Slovaques les méprisent, que les Tchèque en avaient assez de payer des impôts pour financer la Slovaquie...

Et c'est vrai, du moins dans une certaine mesure. C'est vrai aussi que, dans un grand élan démocratique, chaque peuple a voulu décider pour lui-même de sa destinée. Mais moi je pense qu'il y a quand même des gens qui préfèrent être dans la merde que de partager, autant qu'être riche sans donner.

02/09/2005 

Mea coule pas, mea coule plus 

J'ai une confession à vous faire...

J'avais mis Amélie Nothomb dans ma liste des auteurs qu'on n'y arrive pas.

Je l'y avais mise parce que justement, je n'y arrivais pas. C'est vrai, j'ai essayé il y a déjà longtemps de lire un de ses ouvrages, et puis j'ai complètement décroché. Pourquoi ? Je me suis examiné dans ma glace mentale et je ne m'en suis pas souvenu. La jeunesse ? Autre chose à faire ? Un coup de cafard ?

Devant l'insistance de quelques uns de mes amis, j'ai donc cédé. Pourquoi pas, après tout. Tout ça ne me coûte rien, je ne pense pas que ça soit compromettre un de mes grands principes de toutes façons réversibles ni tomber victime d'une mode, et personne ne me lit de toutes façons.

Ils (et surtout elles, d'ailleurs... coïncidence ?) m'ont dit "arrête, ne dis pas du mal de notre Amélie chérie, le sabotage amoureux est une merveille, la métaphysique des tubes aussi, la biographie de la faim encore plus, et c'est facile à lire..." Et j'ai dit d'accord, c'est bon, ça va, vous avez gagné...

Qu'on ne m'accuse pas d'avoir un esprit fermé, je retire la petite Amélie de l'abysse sous réserve de pouvoir l'y replonger au besoin (ou la monter aux nues, n'excluons rien) quand j'aurai retenté l'aventure de la lire. Je ne sais pas si ça se fera tout de suite, mais quand ça se fera vous serez les premiers à le savoir.

Mais attention, si c'est mauvais ça se saura aussi.

01/09/2005 

Nec-rophilie 

La vieille garde des chanteuses mortes ou presque a encore frappé. Après le bref et claudiquant retour sur scène de Juliette Greco, on a eu droit aux reprises de Barbara par les chanteurs aseptisés de la Starac et compagnie. Tout de même, imaginez ce qu'on fait au nom de l'âge d'or de la chanson française... La pauvre Greco est aussi émaciée que les portraits du peintre homonyme. Une momie surannée qui rend son dernier souffle. "La plus belle ombre, ma chérie, ne peut donner que ce qu'elle a..."

Les chanteuses "à l'ancienne" sont soit mortes, soit des épaves. Il semble que la momie alcoolique ou médicalisée soit un créneau dans le show business. Voyez Line Renaud, l'emphysémateuse au boa, déjà canonique du temps de Thierry Le Luron. Elle était déjà star quand mon père avait deux ans. Ah, l'amie Line, notre Renaud nationale, sainte patronne de la variété, qui s'est longtemps accrochée à Las Vegas comme une moule à un pétrolier trop grand pour elle... Je ne me souviens plus si elle a cassé sa pipe, Line.

Autre soi-disant grande dame de la chanson, la Piaf était à peine médiocre. Sans doute émouvante et de toutes façons bel et bien morte, elle chantait presque juste avec son vibrato de quatre kilomètre. C'est à peine si la chèvre de monsieur Julien Clerc a fait mieux. Elle a fasciné les foules on ne sait trop comment, vu que la chanson c'était pas ça et que la mise en scène c'était pire : Elle se plante sur scène, et vogue la galère.

De temps en temps elle bougeait les bras, elle oscillait dans sa robe noire à pleurer. En plus elle était moche... Jeune ou vieille, elle avait des traits plus qu'ordinaires, des mains crochues et une chevelure façon mérinos. C'était aussi une clocharde aux moeurs douteuses. Une vraie, en plus, ramassée dans la rue par un imprésario ! Qu'on ne m'accuse pas de l'insulter gratuitement, on a assez capitalisé sur "la gosse des rues de Montmartre", "le lézard des murs", "la môme Piaf"... C'est ça qui émeut.

Barbara, autre morte célèbre, est une grande gigue fripée, maniaco-dépressive et anorexique très prisée pour les reprises en ce moment. On la voyait déjà à la limite du trépas de son vivant. Elle a composé deux chansons qui sont restées des classiques, mais n'a jamais réussi à les interpréter de façon claire, ni même audible. J'aurais regardé ses shows rien que pour savoir si elle allait cesser de respirer sur scène... Et si oui, si elle-même ou qui que ce soit d'autre s'en apercevrait.

Un peu plus fun que Barbara, on a Brigitte Fontaine. Pourtant, elle apitoie, elle aussi. Bien sûr, elle est vivante, mais c'est une épave, une alcoolique avouée, droguée jusqu'à l'os et ménopausée jusqu'à la moelle. C'est une clocharde, elle aussi, mais seulement à demi : elle le confesse dans ses chansons. Défoncée en permanence, mal fagotée, au pire elle fait ancienne fille de joie. La vieille n'est d'ailleurs plus capable d'articuler trois notes. Symbole de la bourgeoisie bohème, elle rote avec grande classe, ou croit le faire.

C'est l'apologie de l'immondice et de la dépravation, de l'amoralité, de la victime totale de ses propres penchants pour tous les vices disponibles. On aimerait nous faire croire que ce n'est pas un peu de sa faute, même si elle-même s'assume. Cette fille, devenue prisonnière de son personnage en même temps que de la drogue, vit, m'a-t-on dit, assez crûment alors que ses agents et ses dealers s'en mettent plein les poches.

La cohorte des vieillardes ne s'arrête pas là ! Régine et ses liftings sauvages à la Jean Claude Jitrois, les disques issus de sa gargote, ses cheveux et son décolleté toujours plus improbables... Michèle Torr a l'oeil torve souligné de botox lors de ses catastrophiques tournées dans les maisons de la culture et les supermarchés de province... Rika Zaraï, égérie gay que même ses bains de sièges hassidiques n'ont pas réussi à sauver des remixes techno, à tel point que cet autre juif, Alzheimer, la fait se promener sans chemise, sans pantalon et apparemment sans neurones...

Dalida, plus remixée et surtout plus blonde, avait au moins eu le bon goût de mourir avec un glamour un peu mieux conservé. Véronique Sanson, France Gall, Mylène Farmer, elles ont toutes une once de décence et se reconvertissent progressivement dans la production. C'est mieux que de nous rejouer "Zombi" de Romero en trimballant leur vielle peau en rideau froissé sur la scène ou des jeunes andouilles font suffisamment de dégâts. On ne les entend plus guère que dans les galas de charité à part Mylène qui sévit encore, hélas.

Oui, parce qu'en admettant qu'il y ait eu quelque chose au départ, c'est comme dans la chanson de cet autre vieil abruti à grosse tête, là, Florent Pagny : elle s'est cassée, la voix. Sans laisser d'adresse, en plus.

Toujours est-il que ces horreurs du passé, ces squelettes qui ne veulent pas rester dans leurs placards, ces vieilles neuves ou anciennes me les brisent. Menu. On l'aura d'ailleurs compris à l'extrême finesse de ce propos façon gros sel dans la carabine. En guise de conclusion, j'en profite pour mettre en garde contre les jeunes vieilles, ou les fausses jeunes : Les vieux mannequins reconvertis à la Carla Bruni, les jeunes bobos à la guitare sèche ou au piano à la Jeanne Cherhal, la nouvelle scène gainsbourgoide à la Arthur H, Les voix bancales tendance à la Vincent Delerm et Thomas Fersen, Les accordéons et le jazz manouche à la Sansévérino, et jusqu'à Zazie et ses molles mélopées... Les rides guettent !

Posté par Elromanozo à 17:18 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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